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descendante et par cela même beaucoup plus rapide. C'est pourquoi on observe presque constamment le thrombus après la saignée à la superficielle thoracique, a la saphène, à la céphalique et aux autres veines des membres, dans lesquelles le sang, progressant contre la pesanteur, ne manque pas de s'échapper latéralement aussitôt qu il rencontre une ouverture, tandis qu'à la jugulaire, où le sang entraîné par son poids dans son cours naturel n'a aucune tendance à sortir du vaisseau, le tkrombus est l'exception et n'apparaît que sous l'influence d'actions extérieures plus ou moins énergiques. Toutefois, comme la jugulaire est la veine à, laquelle on saigne le plus souvent les animaux domestiques et qu'en outre elle siège à l'une des régions du corps les plus exposées à l'influence des causes extérieures, il n'est pas étonnant que, dans la pratique, ce soit sur cette veine qu'on observe le plus souvent cet accident. » Le thrombus se manifeste plus fréquemment chez les solipèdes que dans l'espèce bovine, parce que le cheval est exposé presque incessamment à des causes déterminantes de cette tumeur auxquelles le bœuf est toujours soustrait par la nuture de ses travaux et par son mode d'attelage. M importe encore de noter comme cause prédisposante du thrombus l'état du sang. Ainsi le voit-on Se produire trèsfacilement chez les animaux affaiblis, anémiques, chez les jeunes chevaux qui ont souffert de la gourme, enfin chez tous les sujets débilités par une cause quelconque.
Quant aux causes déterminantes du thrombus, ce sont : l'ouverture trop petite de la peau ; la perforation complète de la veine, soit par suite de la trop grande longueur de la flamme, soit par suite d'un coup trop fort, accident qui occasionne la sortie du sang par deux ouvertures a la fois; le frottement que l'animal exerce contre la partie malade; la compression de la veine lorsqu'on fait travailler l'animal trop tôt, avant que la plaie de la jugulaire ait eu le temps de se cicatriser ; alors le collier comprime inférieurement la veine et fait refluer le sang, qui s'échappe par l'ouverture; les grands mouvements que l'animal peut exécuter lorsqu'on le laisse en liberté; la toux forte, répétée, quinteuse, provenant d'une bronchite ou de toute autre cause, etc.
Au début, le thrombus se présente sous la forme d'une tumeur molle, circonscrite, arrondie ou demi-sphérique, sans chaleur ni douleur bien prononcées, oedémateuse et pré- ' sentant ensuite une sorte de fluctuation. Plus tard, la tuméfaction 'prend de l'accroissement, de l'étendue et l'apparence d'un phlegmon pendant un temps plus ou moins long, jusqu'à ce qu'elle aboutisse à une terminaisou quelconque. Lorsque le thrombus s'est beaucoup étendu par en haut, le mouvement des mâchoires est gêné, et celte gêne porte quelquefois l'animal à refuser les aliments
?ui lui sont offerts ; l'encolure est quelquebis roide et, si l'inflammation devient considérable et très-douloureuse, il y a un peu de tristesse etd'ubailement. Il arrive aussi quelquefois que l'engorgement comprime la trachée, interrompt la circulation, devient énorme, occupe tout le cÔLé de l'encolure et peut amener la mort par suite du développement de la gangrène. Lorsque l'etigcrgemeiit inflammatoire se propage sous la parotide, sous l'auge, presque toujours le mal est compliqué de phlébite, souvent d'ulcération et de suppuration dans l'intérieur de la veine. Les modes de terminaison les plus ordinaires sont : la résolution, la suppuration ou les abcès, la gangrène et le passage à l'état chronique. La résolution n est à espérer que dans le cas de tkrombus récent, consistant en un simple épanchement de sang dans le tissu cellulaire environnant la veine. La terminaison par suppuration survient lorsque la tumeur est inflammatoire. Elle est heureuse quand le foyer est sujierliciel, mais de inau- . vais augure s'il y a des trajets tistuleux. Quant à la gangrène, elle peut avoir lieu pendant les grandes chaleurs de l'été plutôt que dans les froids ou lorsque la température atmosphérique est modérée. Elle se déclare lorsque le thrombus est accompagné d'une inflammation très-intense; elle peut, en outre, être le résultat de toutes les circonstances capables d'exciter une vive inflammation. Enfin, la terminaison par l'état chronique a lieu lorsque l'inflammation occupe une grande I étendue et qu'elle persiste longtemps à un faible degré.
Le traitement du thrombus doit varier selon l'état pathologique du sujet et selon les complications qui peuvent s'y joindre. Lorsque le thrombus est récent, il faut en favoriser l'élimination pur les voies absorbantes par l'emploi de lotions réfrigérantes et astringentes sur la tumeur; mais il faut surtout laisser le sujet complètement au repos en le mettant avec le plus grand soin à l'abri de toutes les causes occasionnelles du thrombus ; en outre, on peut exercer une légère compression sur la tumeur sanguine, qui divise le . sang et en facilite l'absorption. On peut de la sorte faire disparaître un thrombus en deux ou trois jours. Si le thrombus persiste et si l' inflammation a commencé à paraître, il faut tenter la résolution par le vcsicatoiie. Avant de faire cette application, on rase le poil, puis on met une couche de vésicatoire; le lendemain, on en met une autre sans enlever la précédente, et plus tard même une
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troisième si les deux premières n'ont pas produit un effet suffisant. Pendant ce traitement, il faut avoir soin de tenir l'animal convenablement attaché à deux longes dans une stalle, autant pour s'o'pposer aux frottements que pour empêcher le sujet d'enlever le vésicatoire, et parce que, dans ce cas comme toujours, le repos absolu est de toute nécessité pour la guérison. Quand la tumeur prend la consistance d'un abcès, on l'ouvre; si la suppuration atteint la veine, on applique le traitement de la phlébite. La gangrène est combattue par les moyens usités contre cet état morbide : débridement, cautérisation, antiseptiques, etc. S'il survient des hémorragies, on les arrête par la compression, ou bien on applique un cautère olivaire, chauffé à blanc sur la plaie.
TURONSE, TUOENSES ou TROUSES, ville de Danemark, diocèse de Fionie, bailliage de Svendborg, sur la côte N.-E. de l'Ile de Toasinge, dont elle est le chef-lieu. Ecole de navigation, hospice, chantiers de construction ; petit port où il se fait un 'commerce assez actif; exportation de fruits et de combustible.
THHOSBY (John), écrivain anglais, né à Leicester en 1746, mort dans la même ville en 1S03. Il fut attaché comme clerc à une paroisse de sa ville natale et employa la plus grande partie de son temps à composer des ouvrages estimés, relatifs à la topographie et aux antiquités du comté de Leicester. On lui doit : Mémoires sur la ville et te comté de Leicester (1777, 6 vol. in-12); Vues choisies du comté de Leicester (1789- 1790, 2 vol. in-4», avec fig.) ; £fistoùe et antiquités de ('ancienne ville de Leicester (Londres, 1791, in-40) et une édition des Antiquités du comté de Nottingham de Thorton (Londres, 1797, 3 vol. in-40), avec des additions importantes et des dessins.
THROSQUE s. in. (tro-ske — du gr. thrdskein, sauter, bondir, s'élancer, que Curtius rattache à la même famille que thouros, thurios, violent, impétueux). Eutom. Syn. de
THIXAGUE.
THRUDA.une des Walkyries de la mythologie Scandinave. Sou nom veut dire persistance ou fermeté.
THKUDGELMER, géant "scandinave do la plus haute antiquité, être primordial. Il est le père du géant Bergelmer, qui seul se sauva avec sa femme dans un berceau, disent les uns, dans une huche à farine, disent les autres, alors que Ymer fut tué par Odin et ses frères et que son sang répandu produisit un déluge universel.
THItUDHEIM ou THHUDWANGER, nom du
palais qu'habitait le dieu Scandinave Thor dans Asgurd.
THKUDR, la fille de Sif et de Thor, dans la mythologie Scandinave. Cette déesse est sans attribution connue.
THRYALLIDE s., f. (tri-al-li-de — du gr. Ihruattis, plante dont les feuilles servaient à faire des mèches). Bot Genre de plantes grimpantes, de la famille des inalpighkicées, tribu des malpighiées, comprenant trois espèces, qui croissent au Brésil. Il Syn. de gal- I'iumic, autre genre de malpighiaeées.
TH11VM, le roi des géants, dans la mythologie Scandinave. Il enleva au dieu Thor sa massue , le célèbre Miôllner, et ne voulut le rendre que si on lui donnait la déesse Kreya pour femme. Celle-ci ne pouvant se décider à ce sacri!ioe,Thor se déguisa alors on femme et se rendit avec Loke à lotunheim pour célébrer les fiançailles. Tluym se laissa prendre à cette ruse et rendit la massue; aussitôt le dieu s'en empara et tua Thrym et toute sa race. Ce haut fait de Thor est raconté tou. au long dans le chant intitulé Thryms quida edr Hamarsheimt.
THRYOTHORE s. m. (tri-o-to-re ~ du gr.
thruon, jonc ; thoreôAe saute). Ornith. Genre de passereaux, de la famille des grimpereaux, type de la tribu des thryothorinées, comprenant une quinzaine d'espèces, qui habitent l'Amérique : La plupart des thryotuores fréquentent les lieux bas et humides. (Z. Gerbe.)
— Encycl. Ce genre a pour caractères : bec allongé, épais à sa basçj cylindrique, fléchi eu arc, délié, pointu et comprimé sur les côtés; mandibules égales; narines oblongues, en partie couvertes par une membrane ; ailes courtes, arrondies, concaves ; queue susceptible de rester relevée ; tarses assez forts. Ce genre, établi par Vieillot, qui a pris pour type le thryothore de la Louisiane, renferme vingtdeux espèces propres aux deux Amériques. Parmi ces espèces nombreuses et qui, d'ailleurs, se rapprochent toutes assez pour qu'on les confonde quelquefois, nous choisirons pour type le thryothore des roseaux. Cet oiseau habite les endroits marécageux; il se tient dans les roseaux et semble préférer ceux dont le pied est baigné d'eau ; il en parcourt sans cesse la tige, de la même manière que notre fauvette effarvatte, avec laquelle il a encore du rapport par son ramage et son babil continuels. Il ne se pose jamais sur les arbres ; il semble même éviter de s'arrêter dans les broussailles ou les buissons qui sont sur les bords de sa demeure habituelle. Son chant est une réunion non interrompue de cris poussés sur le même ton, d'une voix glapissante,
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enrouée et désagréable. 11 ressemble un peu au coassement des grenouilles. Vieillot compare ce ramage au bruit que l'on produit quand on marche sur des herbes brisées dans un terrain marécageux. Plusieurs couples se trouvent dans le même canton et les miles semblent prendre plaisir, comme les grenouilles, à crier plus fort les uns que les autres. Ils se font entendre ainsi tout le temps que durent les couvées, depuis le lever du soleil jusqu'à midi, pour recommencer le soir jusqu'à la tombée de la nuit. Ce thryothore est très-commun dans les marais qui avoisinent la ville de New-York; il y arrive au mois de mai et les quitte à l'approche de l'automne. Si la nature a donné a cet oiseau un chant très-désagréable, elle l'a doué, en revanche, d'une industrie rare pour mettre sa progéniture à l'abri des intempéries. Son nid est attaché à plusieurs tiges de roseaux et toujours au-dessus des plus hautes eaux. Les liens sont d'une telle solidité que le vent le plus violent ne peut les arracher. Sa forme est celle d'un melon allongé; l'entrée est Sur le côté, vers le milieu, et protégée par une sorte de petit toit qui empêche la pluie de pénétrer. Ce nid est composé de tiges d'herbes, de roseaux, de feuilles sèches, le tout cimenté avec de la boue ; l'intérieur est garni du plumes, de bourre et de toute sorte de matières molles. La ponte est de cinq ou six oanfs très-petits, d une couleur d'étain foncé. Parmi les autres espèces, nous ne ferons que citer le thryothore à long bec, le thryothore polyglotte, qui habite le Paraguay, et le thryothore des rivages, que l'on rencontre dans le centre et dans le nord de l'Amérique.
THRYOTHORINÉ, ÉE adj. (tri-o-to-ri-nè — rad. thryothore). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte au thryothore.
— s. f, pi. Tribu de passereaux, ayant pour type le genre thryothore.
THRYPTOCÉRATÉ, ÉE adj. (tri-pto-séra-té — du gr. Uiruptê, je brise ; keras, corne). Entom. Qui a les antennes comme brisées.
THRYPTOCÈRE s. m. (tri-pto-sè-re — du gr. thruptô, je brise ; keras, corne). Entom. Genre d insectes diptères, de la famille des atbéricères, tribu des muscides, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Europe.
THRYPTOMÈNE s. in. (tri-pto-mô-ne — du gr. ihruptômenos, brisé). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des myrtacées, tribu des chamélauciées, dont l'espèce type croît en Australie.
THSAO-THSAO, ministre chinois, mort en 220 de notre ère. Il est regardé comme le véritable fondateur de la dynastie de Wei ou Guei, bien que le titre d'empereur n'ait été pris que par son lils. Thsao-thsao, dont le véritable nom était Hin-iieon, suivit la carrière des armes et eut pour la première fois l'occasion de se signaler en remportant une victoire éclatante sur une armée de rebelles appelés bonnets jaunes et commandés par un ambitieux charlatan nommé Tchang-hio.
Cette victoire ouvrit à Thsao-thsao le chemin des premières dignités. Après la mort de l'empereur Ling-ti (189), nu nouveau chef de révoltés, Toung-tcho, se fit proclamer gouverneur de l'empire, et, dans le but de gagner Thsao-thsao à sa cause, ii le nomma commandant de la cavalerie. Mais celui-ci refusa cette charge, leva des troujies à ses frais et commença une guerre civile qui se termina seulement en 192, lors de l'assassinat de Toung-tcho. Vers la même époque, les bonnets jaunes, qu'on croyait complètement dissipés, reparurent sous les ordres d'un nouveau chef ; Thsao-thsao parvint à les battre et à les soumettre, tira l'empereur Hian-ti, le dernier de la dynastie des Han, de l'état de servitude dans lequel le tenaient quelques grands de la cour, et se fit nommer par lui premier ministre et commandant en chef do toutes les forces de l'empire. A partir de ce moment, il s'attacha à réparer les maux causés**j'ar"fles calamités publiques, par une longue peste et par les guerres civiles, se lit de nombreux partisans par ses libéralités, par son esprit de justice, et, sans oser prendre le titre d'empereur, il conserva jusqu'à sa mort les honneurs et la puissance de la dignité suprême.
THSENG-TSEUouTHSENG-SEN, surnommé Tscu-iu, un des principaux disciples de (Jonfucius, né il Wou, dans la province actuelle de Chan-toung, vers 505 av. J.-C. Disciple assidu du célèbre philosophe, il apprit à fond sa doctrine et mit par écrit les réponses de Confucius, afin de pouvoir les méditer à loisir. On lut doit deux ouvrages devenus célèbres : le Taï-hio ou Livre de la grande science, sorte de traité de politique et de morale dans lequel Tsheng-tseu développe, d'après les principes de son maître, les devoirs de l'homme, de la famille et de l'Etat; et le liiao-king ou Livre de l'obéissance filiale, dans lequel il considère la piété filiale comme lu première des vertus et la base de la société. Le Tai-hio, qui a été l'objet d'un grand nombre de commentaires, a été traduit plusieurs fois en latin par des missionnaires. Ou en trouve des traductions dans les Analecla Vindobonensia, dans le Confucius Sinarum platosophus, dans les Libri classici sex de Noël. Le Père Cibot en a donné une paraphrase eu français, qui a été insérée dans la collection des mémoires de nos missionnai-
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res. Quant au Hiao-king, on n'en Irouve do traduction complète que dans les Libri classici de Noël.
THSE-TCHEOC, ville de Chine, province de Chan-si, sur la frontière de Ho-nan.
THSIN, dynastie chinoise, dont le nom est l'origine de celui que les Occidentaux ont donné à la Chine.
THSIN-CHl-HOUANG-TI ou HOUANG - TCIHNG, le plus grand des empereurs chinois et le seul peut-être qui ait montré un génie civilisateur, né l'an 260 av. J.-C, mort en 210. Il fut le fondateur de la dynastie des Thsin, hérita, l'an 247 av. J.-C-, de l'un des sept royaumes qui divisaient la Chine, écrasa successivement tous les princes rivaux, détruisit en partie le système féodal, fonda l'unité, conquit le territoire où s'élève aujourd'hui Canton et toutes les provinces jusqu'à la mer, et étendit les limites de l'empire de l'Ile de Haï-nan jusqu'aux déserts de la Tartarie, et depuis la presqu'île de Corée jusqu'au royaume d'Ava. Il divisa ses vastes possessions en trente-six provinces, dans lesquelles il envoya des gouverneurs, au lieu de les donner comme apanages à des princes, ce qui avait toujours produit le démembrement. Il combattit aussi avec la plus grande vigueur les hordes de Tartares qui, depuis une longue suite de siècles, désolaient par leurs incursions le nord de l'empire, et extermina en partie les féroces tribus des Hiong-nou (Huns). En même temps, il dotait la Chine d'immenses travaux d'utilité publique, canaux, routes, ports, forteresses, etc., et, afin de mettre un terme aux ravages dea Tartares, ordonna de réunir en une seule les parties de murailles construites par ses prédécesseurs, ce qui produisit ce monument unique qu'on nomme la Grande muraille.
Tant de bienfaits ne purent cependant le faire aimer des Chinois; ses innovations étaient repoussées par le génie même de la nation ; il eut sans cesse à lutter contre les grands, qui voulaient de nouveau morceler l'empire et établir le système féodal des Tchéou, ainsi que contre les lettrés, attachés minutieusement aux anciens usages, ot qui, chose bizarre I apparaissent, dans l'histoire de la Chine, comme les constants ennemis de tout progrès. Irrité de toutes ces oppositions, Thsin donna l'ordre de brûler tous les livres, à l'exception de ceux qui traitaient de la médecine et de l'agriculture, afin de détruire tous les vieux textes sur lesquels s'appuyaient ses ennemis pour combattre ses réformes. De précieux documents historiques périrent ainsi ; cependant les livres de Confucius furent sauvés. Thsin ne s'en tint pas là ; ce Louis XI asiutique dompta les résistances h force de ruse et de cruauté, et lit périr un grand nombre de lettrés et de grands. H mourut, laissant une mémoire exécrée, comme tous ceux qui, dans ce malheureux empire, ont commis le crime irrémissible de tenter quelque réforme.
THSIN-TCHKOU, ville de Chine, provinee de Houang-si, au confluent du Ngo-yu et du Lieu; fabrique d'étoffes. Aux environs, bois de fer.
T1IS1UAN-TCHEOU, ville de Chine, province de Eo-kien, à l'embouchure d'une rivière que les navires peuvent remonter jusqu'au delà de ses quais. Elle est régulièrement bâtie et renferme plusieurs monuments assez remarquables.
THSOUNG-UNG (montagnes des Oignons ou montagnes Bleues), chaîne de montagnes de l'empire chinois et de la Tartarie indépendante. Ces monts forment la partie orientale du Kuân-lun; ils se rattachent à l'O. au grand nœud auquel se rattachent le Bolor-tagh au N., le Kuen-Lun proprement dit h l'E. Les Thsouiig-ling séparent le Petit Thibet de la Petite Boukharie ; la chaîne du Karakoruiu s'en détuche à l'E.
THSOUNG-NING, lie de Chine, située dans le Tong-hai ou tuer Orientale, à l'embouchure du Ytui-tse-kiang. Elle produit des céréales, du riz, du coton, et particulièrement du sel, qu'on recueille en grande quantité dans ses lagunes salées.
THUBAN s. m. (tu-ban). Astron. Etoile de troisième grandeur, qui fait partie de la constellation du Dragon.
THUCYDIDE, illustre historien groc, né à Athènes, dans le démo d'Halimous, en 471 av. J.-C, mort assassiné à Skapté-Hylé, près de Thasos, en Thrace, vers 395. 11 était parent de Cimon, fils de MiUiade, le héros de Marathon, et se trouvait en même temps allié aux rois de Thrace, Cimon ayant épousé la tille de l'un d'eux, Otoros. Le père de Thucydide s'appelait également Oloros et le futur historien épousa, jeune encore, une femme fort riche de Skapte-Hylé, qui possédait des mines d'or à Thasos. On raconte que lorsque Hérodote lut aux Jeux olympiques, eu 450, des fragments de son Histoire, les applaudissements qu'il reçut enflammèrent l'enthousiasme de Thucydide, alors âgé de quinze ans et qu'il résolut dès lors de marcher sur les traces du père de l'histoire grecque. Sa vocation mit néanmoins du temps à se manifester, et à l'âge de quarante-cinq ou quarante-six ans, Thucydide n'était encore connu que pour un des plus opulents personnages de son temp3. Ses richesses, eu donnant Heu à toutes sortes de défiances, finirent par
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lui faire perdre la faveur populaire. Dans la huitième année de la guerre du Péloponèse (424 av. J.-C), il était chargé d'un commandement militaire en Thrace et résidait à Thasos. La Thrace était alors en partie sous la domination athénienne. Amphipolis, assiégée par Brasidas, implora le secours de Thucydide qui, au dire de ses adversaires politiques, mit la plus grande lenteur à rassembler ses troupes, ne put empêcher Aniphipolis d'être prise et réussit à grand'peine a sauver Eion, où il s'était renfermé et où vint l'assiéger Brasidas. Thucydide, au contraire, affirme que sa conduite fut sans reproche; qu'il sacrifia une partie considérable Se sa fortune à équiper les troupes et à hâter l'armement; que s'il ne put sauver Amphipolis, c'est que Brasidas, redoutant sou approche, acheta à prix d'or des principaux citoyens la reddition de leur ville dès qu'il sut le général athénien campé près d'Kton et rendit ainsi inutile le secours que celui-ci amenait aux assiégés. Quoi qu'il en soit , Cléon, le charcutier démagogue tant raillé par Aristophane, accusa Thucydide et obtint facilement une condamnation contre un homme dont les talents militaires paraissaient douteux et que ses immenses richesses rendaient en tout cas suspect. Thucydide fut condamné a l'exil. La plupart des biographes disent qu'il se retira dès lors à Thasos et entreprit la rédaction de cette Histoire de la guerre du Péloponèse qui l'a rendu immortel; mais Thasos resta encore treize ans, jusqu'en 4U, sous la domination d'Athènes et le séjour de cette ville dut être naturellement interdit à l'exilé. Il est probable que Thucydide passa ces treize années dans le Péloponèse même, c'est-à-dire chez l'ennemi, comme Xénophon qui, exilé aussi par la démagogie athénienne, se réfugia à Scillonte. Il dit d'ailleurs qu'il fut très-bien informé des affaires de Lacédémone « à cause de son exil, » et, en historien véridique et consciencieux, il devait tenir à visiter scrupuleusement le théâtre des faits qu'il se proposait de raconter; il rassembla à grands frais pour son Histoire une masse de témoignages et. de documents qu'il no put avoir si complets que sur les lieux mêmes.
Il passa ses dernières années à Thasos et & Skapté-Hylô, où il avait de grands domaines, et y mit la dernière main à son livre, dont il poussa la rédaction seulement jusqu'à la vingt-deuxième année de la guerre du 'Péloponèse ; Théopompe et Xénophon la reprirent à l'endroit même où il l'avait laissée.
Les biographes sont tous d'accord sur le genre de mon de Thucydide; il périt assassiné par des voleurs; mais Plutarque place le fait à Skapté-Hylé, Cratippe et Zopyre plus vaguement en Thrace, Pausanias sur la route de Thrace à Athènes, Didyme à Athènes même où Thucydide serait revenu, en 403, quand Thrasybule restaura le gouvernement démocratique et fit proclamer une amnistie; Etienne de Byzance dans une ville d'Asie qu'il nomme Parparon ; Timée dit qu'il fut. assassiné en Italie, où il voyageait. L'incertitude de ces renseignements prouve au moins qu'il n'est pas mort à. Athènes, où la mémoire de l'événement se serait sans doute mieux conservée; l'opinion de Plutarque ou celle de Pausanias paraissent les plus plausibles. Thucydide avait été rappelé dans sa patrie par un décret spécial, rendu sur la proposition d'Œnobios à qui, pour ce fait, une statue fut élevée dans l'Acropole, à ce que rapporte Pausanias. La date de ce décret est inconnue, mais on doit le placer vers 403, après le renversement des Trente tyrans ou même à une époque postérieure; il fallait un décret spécial, parce que Thucydide, comme descendant des Pisistratides, se trouvait excepté de l'amnistie générale. Il ne voulut pas ou ne put profiter de ce décret, et ses ossements seuls furent rapportés à Athènes.
Le seul ouvrage écrit par Thucydide est son Histoire de la guerre du Péloponèse ; il a suffi pour lui acquérir, une légitime illustration. Cet ouvrage n'est pas, comme celui d'Hérodote (dont il est la continuation), une sorte de poëme où l'on trouve les traditions des peuples sur leur origine, l'analyse de leurs usages et de leurs mœurs, la description des pays qu'ils habitent, etc. Ce sont des annales. Instruit à fond des événements qu'il raconte et dont il était le témoin, possesseur de riches matériaux rassemblés à grands frais chez les peuples qui avaient pris partit la lutte, doué d'une grande pénétration et d'un sens politique presque toujours juste, militaire, homme d'Etat et philosophe tout à la fois, il sait démêler les causes, prévoir les conséquences, exposer méthodiquement les faits sans descendre jusqu'aux anecdotes, peindre les personnages avec leur physionomie propre, apprécier les actes avec une impartiale gravité et tirer du récit des événements des conséquences souvent inattendues qui sont comme autant de leçons pratiques. Toutefois, quoiqu'il fût Athénien, il montre en certains endroits un peu de partialité en faveur des Spartiates, protecteurs du parti de l'oligarchie, auquel il appartenait. Son style est concis, sobre, énergique, parfois un peu dur.
« L'absence complète de tout développement périodique, l'usage fréqueut de l'ellipse, les associations insolites de mots, dit M. Zévort, donnent au style une apparence lyrique qui rappelle la manière de Piiidare
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et des tragiques. On ne peut pas dire <jue la lumière manque ; elle jaillit, au contraire, de tant de points à la fois, qu'on est quelque temps à se reconnaître... Quand on est assez familiarisé avec la langue et la pensée de Thucydide pour le suivre sur les escarpements où il aime à se tenir, on éprouve un plaisir analogue à celui du savant qui, maître enfin de la clef d'une science, avance désormais avec assurance et voit se découvrir devant lui des horizons infinis. Chaque pas est pénible encore; mais la fatigue est largement payée : ce qui était obscurité au début, devient énergique précision ; la composition des mots, si embarrassante dans toutes les lan-
fues par le vague qu'elle intraduit dans le iscours en groupant les idées et en les présentant synthétiquement et par masses, ne nuit en rien, chez Thucydide, à la netteté et à l'exacte détermination des contours; elle ajoute même à la vigueur de la pensée et à l'effet général, comme ces instruments qui semblent multiplier la lumière en concentrant tous ses rayons sur un seul point. L'antithèse, dont il l'ait un usage trop fréquent peut-être, suivant les habitudes du temps, ne forme pas du moins disparate avec sa manière habituelle; car, saisissant les objets par leurs, points culminants , les opposant pour les éclairer mutuellement, elle s'harmonise sans peine avec un style dont le procédé général est la mise en relief et comme la notation accentuée des choses. Ces oppositions, d'ailleurs, sont toujours simples, naturelles; elles naissent du sujet, sans affectation et sans recherche. Thucydide prodigue les inversions, au mépris de la logique ordinaire, souvent même de l'harmonie; il groupe les mots plutôt qu'il ne les arrange ; il les jette par grandes masses et semble les violenter pour les faire entrer dans l'exécution de son plan, comme on voit, dans une nature bouleversée, les éléments les plus divers, les rochers les plus abrupts, concourir à d'admirables effets d'ensemble. L'aspect général est heurté, sauvage, sans aucune trace d'arrangement artificiel : il n'y a rien à faire, avec un pareil guide, pour le lecteur qui ne cherche que le plaisir. Mais l'effet est saisissant, l'impression durable, pour qui ne se laisse point décourager : du choc des mots et de leur désordre apparent, la pensée jaillit pressée, grave, imposante, terrible. >
• Parmi les éloquents témoins de l'antiquité, dit Prévost-Paradol, il n'en est pas de plus imposant, de plus sage et en même temps de plus impassible que celui qui a raconté pour toujours, comme il le dit lui-même avec un juste orgueil, la guerre du Péloponèse. Le premier trait de ce ferme génie, c est d'avoir senti, dès le début de cette guerre, et avant même qu'elle eût éclaté, qu'elle serait un des plus importants épisodes de l'histoire du monde et qu'elle méritait, plus que tout ce qui s'était passé jusqu'alors en Grèce, d'être fidèlement transmise à la mémoire des hommes... Il voulut donc tout savoir pour tout écrire, et la passion de la vérité égalait eu lui les dons merveilleux qu'il avait reçus pour nous l'apprendre.;. Il ne peut souffrir aucune fable, aucune erreur, aucune négligence dans une œuvre qui doit durer toujours. Il n'y peut souffrir non plus aucune injustice, et, sans prendre la peine de nous en avertir, il s'élève à une telle hauteur audessus de toute haine et de tout amour, de tout éloignement et de toute préférence, que le mot d'impartialité parait faible lorsqu'il s'agit d'exprimer cette impersonnalité presque surhumaine de Thucydide. Il est Athénien et il l'oublie; il est exilé et il l'ignore; il s'anéantit à vrai dire, et si l'on sent qu'il est contemporain des événements de son histoire à la façon dont il les rocome, on sent aussi qu'il s'est, pour ainsi dire, reculé au fond de la plus lointaine postérité à la façon dont il les juge. Le plus souvent il nous laisse le soin de les juger, et lorsqu'il a fait agir et parler sous nos yeux tous les acteurs de cette sanglante mêlée, il les abandonne à notre arrêt. »
En donnant à l'histoire une physionomie nouvelle, il conçut aussi l'idée d y introduire les proclamations, les harangues de tribune, les messages des ambassadeurs , les plaidoyers des peuples suppliants, et c'est ce qui distingue l'époque à laquelle il vivait et les mœurs des peuples qu'il mettait en scène, Hérodote était allé interroger les prêtres d'Egypte et de Chaldée ; dans Thucydide, la tribune a remplacé le trépied, rassemblée du peuple a remplacé le sanctuaire. Ce qui domine, c'est la politique et la guerre. Quant à l'authenticité de ces discours (ils forment presque un cinquième de l'ouvrage), on a pu la révoquer en doute, quant à la lettre, mais on ne saurait entreprendre de prouver qu'ils sont entièrement supposés. Ecrivain contemporain, Thucydide n'aurait pu prêter aux hommes de son temps des idées, des sentiments, une influence, des moyens qu'ils n'auraient pas connus. 11 a sans doute donné plus de précision et d'ensemble à leurs véritables discours; mais il ne lui eût pas été possible de leur donner des opinions étrangères à leur caractère et à leur époque. Et c'est ce qui distingue ces harangues de celles que composèrent plus tard des historiens qui affectèrent de prendre Thucydide pour modèle et de s'assimiler sa manière. Le nombre des éditions, des traductions, ainsi que des commentaires de ce chef-d'œuvre, est incalcu-
l'Hua
table. La plus ancienne édition du texte est celle de Venise (1502, in-fol.). Parmi les traductions françaises, nous citerons celles de Seyssel (1527), de Perot d-Ablancourt (1662), de Lévesque \l79ô), de Gail (1807), de Zévort (1853), de Betant (1863). L'une des meilleures est celle de M. Ambroise-Firmin Didot (Paris, 1838, 4 vol. in-8»).
THUES-ENTHE-VALLS, village et commune de France (Pyrénées-Orientales), cant. d'Olette, arrond. de Prades, à l'embouchure du ravin de Carença, dans un petit bassin où se montrent quelques arbres et que dominent de grands pics k la cime boisée; S74 hab. Industrie métallurgique.
THUEYTS, bourg et commune de France (Ardèche), ch.-l. de cant., arrond. de Largentière, sur un plateau formé de laves et d'autres débris volcaniques, près de la rive gauche de l'Ardèche et du confluent du Médéric; pop. aggl., 646 hab. — pop. tôt., 2,568 hat>. On y remarque l'ancien château de la famille de Blou et plusieurs maisons avec tourelles et façades sculptées. «A l'entrée du bourg, dit M. Joanne, sur le torrent de Médéric, est un pont à deux rangs d'arcades superposées, appelé le pont du Diable ou la Gueule d'enfer. Au-dessous, par une rampe raboteuse et escarpée, se précipite une grande cascade à deux chutes, d une hauteur de plus de 100 mètres (à la fin de l'été elle n'a malheureusement que très-peu d'eau). Au pont du Diable commence le Pavé des géants, la plus belle chaussée basaltique qu'il y ait dans le Vivarais (65 mètres environ de hauteur moyenne). Ses parois s'élèvent k pic comme les remparts d'une forteresse, et le diamètre des colonnes qui la composent grossit en proportion de leur élévation. 300 mètres plus haut, à droite, se trouve l'Echelle du roi, escalier en laves brisées, pratiqué dans une espèce de fissure ou de cheminée naturelle qui s'ouvre dans la paroi verticale, haute en cet endroit de plus de 80 mètres. Après les pluies, cet escalier est glissant et dangereux, mais c'est le seul chemin pour se rendre de Thueyts dans un petit vallon voisin, d'un aspect trèsriant et dominé par deux petites collines appelées les monts de Vénus. Dans les environs île Thueyts, on visite, en outre, au N., le volcan de Thueyts, dont le cratère renferme aujourd'hui le hameau de Prat, et le volcan de la Gravenne, l'un des mieux caractérisés de la France. ■
THUG s. m. (tugh). Membre d'une association d'Indous qui se livrent à la pratique des sacrifices humains.
— Encyçl. Le thuggisme a ses prêtres, ses mystères, ses rites ; il a ses initiations et ses fonctions diverses. Son organisation remonte aune antiquité des plus reculées. Il s'attribue, , comme toutes les autres religions d'ailleurs, une origine divine, La déesse Kâli, qui, dans la mythologie indoue, représente l'un des deux principes sur lesquels repose le système de l'univers, le principe de la destruction, institua, paraît-il, pour lutter avec avantage contre le principe de la création, l'ordre des thugs. Ceux-ci auraient donc reçu une mission analogue à celle des insectes, des oiseaux et des carnivores, chargés par la nature de réprimer l'excédant de sa production végétale et animale. La déesse Kâli révéla donc elle-même anx thttgs l'art sacré de la strangulation ; de plus, étendant sa protection sur ces pieux missionnaires de son culte,dont les impies pouvaient méconnaître le but méritoire et trois fois saint, elle se chargea de faire disparaître les traces de leurs sacrifices bénis. Le malheur voulut qu'un jour des adeptes, des novices sans doute, poussèrent l'indiscrétion jusqu'à épier les faits et gestes de la déesse Kâli. Ils la surprirent au moment t>ù, descendue sur la terre, elle enlevait les corps des victimes offertes en holocauste. Comme il est d'usage parmi les divinités de punir, de génération en génération, en la personne de tous les pauvres humains, les escapades fugitives d'un seul ou de quelques-uns, les thugs furent condamnés, h compter de ce jour, à faire disparaître eux-mêmes les preuves compromettantes de ce que les incrédules persistaient à appeler leurs meurtres. Loin de ralentir le zèle religieux des sectateurs de la déesse Kâli, cette condamnation ne fit que l'accroître. Il en résultait des dangers de plus k courir 1 Tant mfcux pour les âmes dévotes ; et le thuggisme ne fit pas seulement des prosélites parmi les lndous, il en fit aussi parmi leurs vainqueurs, parmi les raahométans.
■ Qui sait même, se demande M. Léon de Wailly à qui nous empruntons une partie de ces renseignements, s il n'y aura pas eu quelques Anglais aussi qui se seront laissés aller à la tentation? ■ Un gentleman poursuivi de pays en pays par le spleen et réduit, après avoir épuisé toute la somme des émotions d'ici-bas, à se faire étrangleuren vue du ciel, voilà certes une surprise de haut goût,
La cérémonie de l'initiation des profanes au thuggisme a lieu de la manière suivante : on baigne le néophyte afin de le purifier, on le revêt de vêtements neufs et on le présente, dans. le cérémonial prescrit en pareil cas, à ses futurs complices, c'est-à-dire à ses futurs frères; puis on se rend dans un lieu consacré, où le gourou invoque la déesse Kâli, et la supplie de déclarer par quelque signe visible si elle daigne accueillir au nombre de ses fidèles le candidat étrangleur. Il n'y a
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guère d'exemple que l'aspirant ait jamais été repoussé; la déesse est pleine de complaisance, et elle a toutes sortes de façons de manifester sa volonté. Le vol d'un oiseau, le cri d'un animal quelconque indiquent que le récipiendaire est digne d être admis. On rentre alors dans la maison d'un initié, et, mettant aux mains du nouveau membre la hache de fer, symbole significatif de l'association, le gourou lui fait prononcer ses vœux. Aussitôt qu'il a prêté le serment solennel qui le lie, le prêtre lui met sur la langue un morceau de sucre consacré, et tout est dit.
' Il n'est pas permis aux thugs de répandre i le sang, et c'est en les étranglant qu'ils font périr leurs victimes. Celui qui répand seulement une goutte de sang tombe dans le plus profond mépris; il est banni de sa caste et abandonné même par ses compagnons. Chaque sacrifice humain est précédé de cérémonies en l'honneur de la déesse, et sa part du butin est fidèlement remise k ses ehams ou prêtres, qui seuls sont initiés aux mystères de son culte. On n'est purifié du meurtre que par cet abandon volontaire, auquel on a soin d'ajouter un petit cadeau pour le prêtre personnellement.
Dans son Voyage d'une femme autour du monde, Mme Tc)a Pfeiffer raconte qu'étant a Calcutta et se proposant de poursuivre sa route au delà de Delhi, on cherchait par d'effroyables récits k lui faire peur des thugs. Selon elle, ils forment une société à part; ils vivent de meurtre et de brigandage et, comme les bandits italiens, sont prêts, si on les paye, à commettre tous les crimes. ■ Beaucoup de voyageurs, dit-elle, prétendent que les thugs appartiennent à une secte religieuse et qu'ils ne tuent pas par cupidité ou par vengeance, mais, suivant leurs idées, pour accomplir un acte méritoire. J'ai pris beaucoup d'informations, et partout on m'a dit que ce n'était pas une loi religieuse, mais la naine, la vengeance ou la cupidité qui les poussaient à de tels crimes. Ces étrangleurs ont besoin pour leur épouvantable métier d'une adresse extraordinaire, et aussi d'une patience et d'une persévérance infatigables; ils poursuivent souvent leur victime durant un mois entier, et l'étranglent dans son sommeil ; ou bien ils lui jettent par derrière, autour du cou, un mouchoir tordu ou une corde qu'ils tirent si brusquement et avec tant de force que la mort est instantanée. A Delhi, on me donna des nouvelles plus consolantes^ on m'assura qu'on m'avait fait de ces dangers une peinture exagérée, qu'il était généralement très-rare dans les Indes qu'on attaquât les voyageurs, et que la nombre des thugs avait considérablement diminué. D'ailleurs ils n'osent rien entreprendre contre les Européens, parce que le gouvernement anglais dirige contre les coupables les poursuites les plus sévères. • Cette dernière ligne de Mme Ida Pfeiffer nous amène à rappeler que le thuggisme est un des arguments favoris de l'Angleterre et de ses partisans contre les lndous. Comment respecter la nationalité d'un peuple qui compte dans son sein une pareille association ? Ne serait-ce pas, toutefois, selon la remarque de M. de Wailly, faire acte de justice que de ne pas rendre 180 millions d'individus responsables des excès auxquels le fanatisme religieux peut entraîner une portion relativement minime de la population? Doit-on confondre la victime avec l'assassin, avec les thugs ceux qu'ils étranglent?
Le colonel Sleeman, qui fut chargé de diriger les poursuites de la police spéciale instituée pour la répression du thuggisme, raconte, dans ses Promenades et souvenirs, une anecdote qu'il tenait d'un thug même, et qui fait voir avec quelle astuce persévérante ces missionnaires du meurtre accomplissent leurs vœux. Ce n'est ni l'intérêt ni la couleur orientale qui manquent k ce récit, comme on- va le voir :
« Un officier mongol, de noble contenance et de belle figure, se rendant de Punjab dans la royaume d'Oude, traversa un matin le Gange près de Meerut, pour prendre la route de Barcilly. Il était monté sur un beau cheval turcoman et accompagné de son domestique et de son palefrenier. Sur la rive gauche du fleuve, l'officier rencontra un groupe d'hommes de respectable apparence qui suivaient la même route que lui; ces derniers l'accostèrent avec les formes les plus humbles et. cherchèrent k entrer en conversation ; mais le Mongol était sur ses gardes contre les thugs; il ordonna aux voyageurs de le laisser continuer seul sa route. Les étrangers s'efforcèrent de dissiper ses soupçons, ce fut en vain. Les narines du Mongol s'enflèrent, ses yeux lancèrent des éclairs, et il intima aux voyageurs, d'une voix tonnante, l'ordre de s'éloigner; ils obéirent. Le lendemain, le Mongol rejoignit sur la route le même nombre de voyageurs; mais ces hommes présentaient un aspect diffèrent de ceux de la veille. C'étaient tous des musulmans qui s'ap« prochèrent de lui très-cérémonieusement, lui parlèrent des dangers de la route et lui demandèrent la faveur de se mettre sous sa protection. L'officier ne répondit pas k ces ouvertures, et, comme les voyageurs persistaient à s'attacher a ses pas, ses narines s'enflèrent de nouveau, ses yeux lancèrent des éclairs ; il plaça la main sur son sabre €t leur commanda de s'éloigner, s'ils ne voulaient pus voir leurs tètes voler de dessus leurs
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épaules. C'était un formidable cavalier; il portait a son dos un are et un carquois plein de flèches, une paire de pistolets k sa ceinture et un sabre à son côté; aussi les pauvres gens obéirent en tremblant. Le soir, un autre groupe de voyageurs, logea dans le même caravansérail que le Mongol, lièrent connaissance avec ses domestiques, et au matin, en les rejoignant sur la route, ces voyageurs cherchèrent à entrer en conversation avec le maître; mais, malgré les prières de ses serviteurs, pour la troisième fois les narines du Mongol s'enflèrent, ses yeux lancèrent des éclairs, et il commanda impérieusement aux étrangers de demeurer en arrière. Le quatrième jour, le Mongol, continuant sa route, était arrivé au milieu d'une plaine déserte ; ses domestiques le suivaient à distance, lorsqu'il se trouva en présence de six pauvres musulmans qui pleuraient sur le corps d'un de leurs compagnons, mort au bord du chemin; c'étaient des soldats de Lahore qui revenaient à Lucknow pour revoir leurs femmes et leurs enfants après une longue absence. Leur compagnon, l'espoir et la joie de sa famille, avait succombé aux fatigues du voyage, et ils allaient déposer son corps dans la fosse béante ouverte par leurs mains; mais, pauvres gens illettrés qu'ils étaient, aucun d'eux n'était capable de lire les prières du Coran, et, si l'officier voulait rendre ce dernier hommage à la mémoire du défunt, il ferait là un acte de bienfaisance dont il lui serait tenu compte en ce monde et dans l'autre.Le Mongol ne résista point à cet appel fait "k sa religion et descendit de cheval. Le corps avait été placé dans la fosse de la manière présente par le Coran, la tête tournée vers La Mecque. Un tapis fut étendu devant l'officier ; il ôta d'abord son carquois, puis son sabre et ses pistolets, qu'il déposa au bord de la fosse. Une fois désarmé, il se lava la face, les pieds et les mains, pour ne pas dire les prières en état d'impureté, et, se mettant à genoux, commença k voix haute le service des morts. Deux compagnons du défunt, age- . nouilles près du cadavre, priaient en pleurant; les quatre autres s'étaient portés à la rencontre des deux domestiques, pour que leur arrivée ne vint pas interrompre les prières du bon Samaritain... Soudain, à un signal, les mouchoirs sont jetés, et, au bout de quelques minutes, le Mongol et ses deux serviteurs étaient empilés dans la fosse béante. Tous' les voyageurs que le Mongol avait rencontrés appartenaient à une même bande de thugs du royaume d'Oude qui, désespérant de capter sa confiance par de mielleuses paroles, avaient imaginé ce stratagème pour le tuer et s'emparer de son or et de ses bijoux. Le Mongol, homme de forte corpulence , mourut sur le coup ; ses serviteurs ne firent aucune résistance. •
Le prince Alexis Soltykofl* raconte, dans son voyage, avoir vu à Delhi des sculptures en plâtre colorié et extrêmement bien faites, représentant des scènes de massacres de toute espèce par les thugs. L'artiste, qui était un Indou de la basse classe, venait régulièrement dans la prison où les Anglais en tenaient enfermés, et sculptait, d'après nature, les scènes que jouaient les thugs, se mettant en posture avec une certaine joie, car c'était un souvenir des prouesses de leur vie libre. Ces petits groupes étaient d'une vérité si frappante qu ils faisaient frémir. Un artiste hongrois, M. Schœft, a exposé au Salon de 1857 un tableau exécuté par lui d'après une représentation de ce genre à laquelle il avait assisté.
La corporation des thugs se divise en trois catégories, dont chacune a ses fonctions distinctes : les soothas, qui fout tomber la victime dans le piège; les boutkotes, qui étranglent avec le mouchoir ; les lughas, habiles a creuser des tombes invisibles.
Citons en terminant les renseignements suivants, empruntés au colonel Sleeman : • Quand j'étais chargé, dit-il, de la magistrature et de l'administration civile du district de Mersingpour, dans la vallée de la Nerbudda, il ne se commettait pas un meurtre, pas le plus petit vol par un bandit ordinaire, dont je n'eusse immédiatement connaissance ; il n'existait pas d'outlaw si redoutable ou de si mince filou dont je ne connusse immédiatement le gîte, le caractère et les antécédents, et dont je ne pusse suivre à volonté tous les mouvements. Si quelqu'un était venu me dire k cette époque qu'une bande d'assassins, faisant du meurtre sa profession héréditaire, demeurait dans uu village à moins de 400 mètres de ma cour de justice; que les admirables bosquets du bourg de Mundesoar, à une journée de marche de ma résidence, sur la route de Sangor à Bhopac, étaient un des plus effroyables entrepôts d'assassinats qui existassent dans l'Inde ; que des bandes nom- ■ breuses venant de l'Oude et du Deoan se donnaient annuellement rendez-vous sous les ombrages, s'y réunissaient des semaines entières de chaque saison, pour exercer leur effroyable vocation sur toutes les lignes de route qui viennent se croiser dans cette localité, à la connaissance et avec le concours des deux fermiers généraux héréditaires dont les ancêtres avaient planté ces massifs: j'aurais pris cet individu pour un fou ou un imbécile qui s'était effrayé par des contes à dormir debout. Et cependant rien n'était plus vrai. Des centaines de voyageurs étaient enterrés chaque année sous les bosquets de
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Mundesoar I Toute une tribu d'assassins vivait à ma porte, pendant que j'étais magistrat suprême de la province, et ils étendaient leurs dévastations jusqu'aux cités de Pouna et d'Haiderabad. Le jour où Feringha, chef de ces meurtriers, devenu dénonciateur public, me lit ses premières révélations, ma raison révoltée refusait encore d'y ajouter foi, quand tout k coup il fit exhumer du sol même que couvrait le tapis de ma tente, treize cadavres, à divers degrés de décomposition, et m'offrit d'en faire sortir de terre tout autour de moi un nombre illimité. Cette exhibition funéraire frappa comme d'un coup de foudre mon esprit consterné; il fallut bien alors me rendre à l'évidence, et ajouter foi aux effroyables drames dont les preuves se dressaient devant moi comme le spectre de Banco 1 Grâce au fil donné par le dénonciateur, je parvins à envelopper les légions nombreuses de thugs qui s étaient déjà réunies dans la Rajpoutana pour commencer leur campagne de l'année. Ayant traversé en chasseur et rapidement le plateau boisé qui sépare Asurghur du bassin de la Nerbudda et qui abonde en gibier de toute sorte, je fus obligé d'attendre quelques jours à Mundleysir, station anglaise sur ce dernier fleuve, l'arrivée de ma caravane laissée en arrière. Pendant mon séjour, j'obtins de l'officier qui commande ce district non-seulement la confirmation des détails qui précèdent, mais des renseignements nouveaux sur l'état du thuggisme depuis sa découverte et sur celui des contrées eu proie k cette peste morale. L'Européen qui ignore comment est constituée la société en Orient ne pourra comprendre, me disait mon informateur, comment une semblable association a pu se développer sans .que son existence ait été connue ou au moins soupçonnée des populations au sein desquelles elle recrutait ses professeurs et ses affiliés ; mais celui qui a un peu étudié l'Asie, qui connaît le fractionnement de son territoire, l'indolence de ses gouvernants despotiques, la corruption, l'arbitraire de son administration et l'envieuse jalousie qui a toujours empêché ces morcellements de peuples de se liguer entre eux pour assurer en commun la sécurité des voies publiques et la police des transits ; celui qui sait que les mœurs et les coutumes des natifs s'opposent également à ce qu'il se fonde dans l'Inde des moyens de transport réguliers à l'usage du public, celui-là conviendra que tontes les tentations et toutes les conditions possibles se réunissent dans cette contrée pour former des bandes de brigands et assurer-leur impunité. Aussi l'Asie en a-t-elle enfanté de tout temps et sous mille dénominations diverses ; mais aucune d'elles n'a été si nombreuse, si unie, si discrète et partantsi dangereuse que celle des thugs. Il a été démontré, par les recherches qui ont suivi les révélations en 1S30, que, dans l'Inde moyenne, une grande partie des zemindars ou fermiers généraux, des jaghirdars ou propriétaires-fermiers, et même des pattels ou autorités municipales des villages, étaient en rapport direct, de père en fils, depuis plusieurs générations, avec la société des thugs, leur fournissant des espions, des receleurs, des secours et des asiles 1 Qu'on songe maintenant à l'effroyable consommation de vie humaine qui devait se faire dans l'Inde avant la découverte de ce prodigieux mécanisme 1 Combien de familles ont dû périr annuellement sous les coups de plus de cinquante mille assassins régulièrement organisés, procédant avec ensemble et méthode et dans des régions où les pèlerinages, la superstition et les mœui'srendent l'homme essentiellement nomade I Là, bien plus que dans les ravages passagers des guerres des Mahrattës et des autres, est le secret des vastes solitudes qui séparent aujourd'hui les populations et de leur faiblesse numérique en proportion du sol. L'attention du gouvernement anglais, une fois éveillée sur ces horreurs, ne s'est plus assoupie. Le gouverneur général commença une croisade qui fut continuée avec enthousiasme par toute la magistrature de la colonie. Un bureau spécial d'inquisition, coinposé des officiers les plus versés dans les langues et les habitudes du pays, fut chargé de traquer la secte infernale de repaire en repaire, et il fonctionne encore. Depuis vingt ans, plus de sept mille thugs ont été arrêtés, transportés ou pendus; près d'un millier d'autres ont été admis comme dénonciateurs publics, mais la plaie est loin d'être fermée. Le mal n'est que stationnaire, et le moindre relâchement de la part de l'administration le verrait déborder avec une nouvelle fureur. S'il faut en croire les assertions des condamnés, confirmées d'ailleurs par les aveux des membres du tribunal des recherches, le thuggistue fait encore aujourd'hui, même au pied des échafauds, de nouveaux prosélytes. C'est en frémissant que plus d'un juge anglais a entendu ces suppôts de l'enfer parodier ainsi les paroles de Tertullien aux persécuteurs du christianisme : « Vous avez beau nous détruire, nous nous multiplions autour de vous, nous remplissons vos campagnes, vos villes, vos armées, vos mosquées et vos pagodes; nous siégeons même dans vos cours de justice; nous ne vous laissons que vos temples européens t '
THUGGISME s. m. (tu-ghi-sme). Association , et aussi doctrine des thugs.
— Encycl. V. THUG.
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THUGUT ( François - Marie , baron de ) i homme d'Etat et diplomate autrichien, né à Lintz en 1734, mort k Vienne en 1818. Son père, un pauvre batelier, parvint k le faire entrer, en 1752, dans l'école des langues orientales de Vienne, où il se signala par ses rapides progrès. Attaché en 1754 à l'ambassade de Constantinople, il devint trois ans plus tard interprète de l'internonce autrichien, puis fut nommé chargé d'affaires auprès de la Porte (1769) , ministre plénipotentiaire (1771) et fit preuve d'une grande habileté au congrès de Fokchani (1772)/ En récompense de ses services, l'impératrice Marie-Thérèse, dont il s'était acquis 1b protection, lui donna le titre de baron en 1774. Thugut remplit ensuite des missions diplomatiques importantes à Versailles (1777), à Berlin (1778), à Varsovie (1780), k Naples (1787) et administra la Valaehie et la Moldavie de 1788 a 1730, pendant la guerre contre la Turquie. Après avoir assisté au congrès de Jassy, le baron de Thugut se rendit à Paris avec le titre de ministre plénipotentiaire, entra en relation avec plusieurs des chefs du parti révolutionnaire et contribua beaucoup, par l'intermédiaire du comte de Mercy, à opérer un rapprochement entre Mirabeau et „Ia cour (1790). Rappelé à Vienne cette même année, après la mort de Léopold, il détermina l'irrésolu François II à entier activement dans la coalition contre la France et se signala à partir de ce moment comme un des adversaires les plus acharnés de la Révolution française. François II lui donna la direction générale de la chancellerie d'Etat (1793) et l'appela, l'année suivante, à Succéder au prince de Kaunitz comme premier ministre, chargé du portefeuille des affaires étrangères. Malgré les revers éprouvés par l'armée autrichienne, Thugut obtint la continuation de la guerre contre la France, signa un traité avec l'Angleterre et engagea -une nouvelle campagne, bien que la Prusse se fût retirée de la coalition. Mais l'Autriche fut encore une fois vaincue et n'échappa à la mine qu'en signant le traité de Leoben (1797), dont une des clauses secrètes était le renvoi de Thugut. Celui-ci, en quittant le pouvoir, conserva tout son crédit près de l'empereur, qui lui rendit le portefeuille des affaires étrangères lors de la seconde coalition en 1799. Cette coalition, dont il avait été le plus infatigable instigateur, fut brisée par les armes victorieuses de la République, et, après la paix de Lunéville (1800), il dut encore une fois quitter le pouvoir. Thugut fut néanmoins sur le point de reprendre la direction des affaires en 1806; mais on se borna k lui confier la direction d'une branche du département des affaires étrangères, et, à partir de 1808, il vécut dans la retraite. C'était un diplomate habile, un homme d'esprit et de talent, mais complètement dépourvu de principes moraux et politiques et qui se croyait tout permis dans le choix des moyens. » Poussant la violence jusqu'aux limites du crime, dit M. Ch. de Gagern. il étalait en même temps un égoïsme effronté et cédait volontiers k l'amour de l'intrigue et k une espèce de passion d'embrouiller les affaires, o La haine que cet homme du peuple, parvenu aux plus hautes dignités, ressentait pour la démocratie française l'aveugla au point de lancer son pays dans des aventures qui pouvaient amener sa ruine.
THUIA s. m. (tui-a). Bot. V. thuya.
THUISCARPE s. m. (tui-é-kar-pe — du lat. thuix, génitif de thuia, et du gr. karpos, fruit). Bot. Prétendu genre de conifères, fondé sur une forme monstrueuse du genévrier commun.
THUIAIRE s. m. (tui-è-re). Zooph. Syn. de bisùriairk, genre de polypiers, formé aux dépens des cellaires ou des sertulaires, et dont l'espèce type habite les mers d'Europe. il On dit aussi thhiarie.
THOIE s. f. (tuî). Agric. Buissons que l'on coupe, dans les Laudes, pour servir d'engrais.
TBU1LERIES (Claude du Moulinet, abbé dus), érudit français. V. Moulinet.
" TllUlLLEUIE (Jean-François Juvenon, dit), acteur français. V. La Thuillërik.
THUILLERIE (Gaspard CoiGNET DB La), diplomate français. V. Coiqnkt.
THUILLIER (Vincent), érudit français, né à Coucy-le-Chàteau, diocèse de Laon, en 1685, mort à Paris en 1736. 11 entra dans l'ordre des bénédictins de la congrégation de Saint -Maur en 1703, se prononça d'abord pour les doctrines jansénistes, k propos des querelles sur la bulle Unigenitus, fit partie des appelants, puis se rétracta, ce qui indisposa contre lui ses confrères, mais lui valut une pension de 400 livres du cardinal de Bissy, et passa plusieurs années à la campagne de ce prélat, pour y écrire, d'après son ordre, une histoire de la bulle Unigenitus, qui est restée manuscrite. Thuillier retourna ensuite k l'abbaye de Saint-Germaiii-des-Prés, dont il devint sous-prieur. Nous citerons de lui : une traduction de l'Histoire de Polybe, avec un commentaire par Folard (1727-1730, S vol.) ; Histoire de la nouvelle édition de saint Augustin, donnée par les bénédictins (1736, in-4°); la traduction des Livres d'Origène contre Celse (1733.), etc. Il a édité les tEuores posthumes de Mabillon et de Ruiuart (1724).
THUILLIER (Jean-Louis), botaniste fran-
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çais, né à Creil (Oise) en 1757, mort k Paris en 1822. Il fut jardinier au couvent des jésuites k Paris, puis il devint inspecteur du marché aux champignons k la Halle de Paris, ainsi que des végétaux qu'on y vendait. Dépourvu de toute instruction ; ignorant les classifications et les systèmes, il fut beaucoup moins, à vrai dire, un botaniste qu'un collecteur de plantes. Grâce k une perspicacité singulière, il arriva à connaître parfaitement les plantas de la banlieue de Paris, fit des herbiers qu'il vendait pour vivre et enseignait à trouver et, à reconnaître les plantes sur les lieux où elles croissent. Thuillier s'adonna k l'ivrognerie, et son inconduite, jointe à un caractère insupportable, finit par le jeter dans la misère et 1 isolement. H fournit des renseignements à A. de Saint-Fargeau pour écrire une Cryptagamie des environs de Paris, que celui-ci n'acheva pas. Bien qu'il ne fût pas en état de rédiger un livre, il a publié deux ouvrages dus à des plumes inconnues : la.. Flore des environs de Paris (Paris, 1790, in-8"), et le Botaniste voyageur aux environs de Paris (Paris, 1807, in-12).
THUILLIER (Pierre), paysagiste français, né à Amiens en 1799, mort dans la même ville en 1858. Cet artiste est un des paysagistes les plus intéressants de l'école moderne. Novateur hardi, il osa montrer la nature dans sa plus naïve expression, la nature vraie, et fut en ce sens le premier réaliste, le précurseur de Corot et de Daubigny. Appartenant k une famille de magistrats, Thuillier fut destiné d'abord au barreau, lit de brillantes études universitaires et fut reçu avocat. Mais bientôt des instincts nouveaux s'éveillèrent en lui, et il entra dans l'atelier du graveur Watelet, puis dans celui du peintre de marine Gudin. Après les études techniques indispensables, le jeune artiste sentit l'impérieux besoin de travailler d'après nature; il parcourut la Suisse, l'Italie, l'Espa? gne, l'Afrique, l'Allemagne, la Belgique, la Hollande, etc. A son retour de ces pérégrinations, les cartons pleins des meilleures études que puisse faire un paysagiste, il alla s'installer k Amiens, dans la maison paternelle, où il se mit à exécuter de nombreux tableaux qu'il envoyait aux Salons, et dont îa plupart sont restés parmi les bonnes peintures de l'époque. Il débuta d'abord par copier absolument , sans y rien changer , ses études d'après nature. Ces paysages, d'une grande vérité d'impression, commencèrent k paraître vers 1830. Peu soutenu par ceux qu'il dépassait en hardiesse, le novateur dut essuyer le fondes classiques, indignés de ne pas trouver dans ses compositions les éléments ordinaires du paysage traditionnel, le temple grec, la colonnade en ruine, les moutons et les bergers d'Arcadie. Il tint, tête k l'orage et vint s'installer à. Paris, au milieu des envieux; mais il n'eu fut pus mieux accueilli et il mourut de chagrin à cinquante-neuf ans, dans toute la force de son talent. Entre autres déboires de sa vie, il faut compter le refus humiliant de l'Institut, où il se présenta plusieurs fois, de 1846 à 1850, sûr d'y mériter une place distinguée et par ses succès nombreux et par les récompenses qui les avaient consacrés : médaille de 3« classe en 1835, de 2« en 1837, do iro en 1839, chevalier de ta Légion d'honneur en 1843; il fat constamment écarté.
Voici, par ordre chronologique, ceux de ' ses tableaux que l'on à le plus remarqués . Vue générale de la vallée du Drac (Dauphiné) cl Ruines du château de Champ, dans lequel Daijurd passa ses premières années (Salon de 1835, actuellement au musée d'Amiens) ; Entrée d'une forêt dans les Ardennes (musée de Lyon, 1836) ; les Rochers de Freilly, route de Dinant (Belgique) [musée d'Amiens, même Exposition]; futaie près de Château- Renard (musée de Boulogne-sur-Mer) ; Ancienne abbaye de Doue, près du Puy (galerie de M. le duc d'Aumale, Salon de 1837) ; le Château et le pont de ta Vuûte-sur- Loire (musée du Puy, 1833); Ancienne 'voie Tiburtine, prés de Tiuo/i(l843); Le Puy-eu-Velay, vue prisa au pied des rochers d'Espaly (1844) ; les" Rives de ta Durulle, vue prise à Thiers (musée de Lyon, 1845); Vuepriseà Elbiar,prèsa" Alger ; la Source, vue prise dans les montagnes du Var (ministère de l'intérieur, 1848) ; Pâturages dans les montagnes du Dauphiné (maison de Napoléon III, 1853); le Lac d'Annecy (inusée de Genève, 1854), etc. La veuto organisée à la mort de l'auteur mit de plus en lumière deux ou trois morceaux de grand mérite, tels que la Vallée de Thuily, dans le Dauphiné, que l'artiste n'avait jamais voulu vendre, parce qu'elle perpétuait sans doute un bon souvenir.
THUILLIER (Louise), femme peintre française, fille du précédent, née à Amiens en 1829. Elle reçut des leçons de son père, qui l'einmena avec lui en Italie, puis k diverses reprises en Algérie. M"» Thuillier débuta k dix-huit ans en envoyant au Salon de 1847 deux tableaux, le Pont el Cantara, à Constantine et une Lisière de bois, ainsi que des dessins représentant quatre chefs arabes, qui lui valurent une médaille de 3e classe. Parmi les tableaux qu'elle a exposés depuis lors, nous citerons : l'Entrée du désert; un chemin viaure aux environs d'Alger; Miette, etc. (1848) ; Rêverie; Portraits (1850); les Bords de la Rourbre; Lendemer, près de Cherbourg (1867); la Source, à Tourlaville ; les Lilas
THUJ
(IS"i4) ; le Chemin des carrières, à Cherbourg , la Marée basse, près de Cherbourg (1875). Devenue Mme de Mornard, elle a exposé sous ce nom plusieurs de ses tableaux.
TU D1LL1ÈRES, village de France (Vosges), aux environs de Contrexéville, cant. deVittel, arrond. de Mireoourtj 311 hab. Ce village est dominé par une haute colline rocheuse, que couronne l'ermitage de Notre- Dame de-Consolation, fondé par un seigneur de Monthureux. ■ C'est, dit le Guide dans les Vosges et les Ardennes, une élégante chapelle, d'architecture sarrasine, flanquée d'une tourelle. Du sommet de la colline, le regard embrasse un vaste horizon. »
T11UIN, ville de Belgique (Hainaut), dans un tond de difricils accès, sur la droite da la Sambra, un çeu au-dessous du confluent de la Biemelle, à 16 kilom. S.-O. de Charleroij 8,500 hab. Collège ; tanneries, corroieries, fabriques de draps communs et de lainages,
taillanderie. Mines de fer aux environs. Thuiii, dont on aperçoit de loin le clocher qui domine une hauteur en amphithéâtre, se divise en ville haute, assise sur un rocher élevé, et en ville basse. Au ix° siècle, c'était une simple bourgade, qui fut donnée en 8S8 à la cathédrale de Liège, avec l'abbaye de Lobbes. Le 15 juin 1815, le lieutenant général Reille, presque nu sortir de ses bi vacs, donnait à Thuin sur les avant-postes prussiens, k quatre heures du matin, et les chassait après une courte résistance; la campagne de Belgique était commencée; elle se terminait trois jours après à Waterloo.
THCIOPSIS s. m. (tui-o-psiss — do ihuia, et du gr. opsis, aspect). Bot. Genre d'arbres, de la famille des conifères, tribu des cupressinées, dont l'espèce type croît au Japon. Il On dit aussi thuiopsidk s. f.
TU U1I1, ville de France (Pyrénées-Orionta'.o.s), cli.-l. de cant., arrond. et à 13 kilom. de Perpignan, dans une belle et riche plaine, à 100 mètres de hauteur moyenne au-dessus de la mer et renommé pour ses poteries ; pop. Ç1'! 2,162 hab. — pop. tôt., 2,407 hab. Grand commerce de poteries. Cette ville, dont il est fait mention dès 985, était jadis fortifiée. Elle fut prise et reprise pendant les guerres du Rouss.llon et devint le quartier général de Condé pendant le siège de Perpignan, en l'an 1G42. En 1793, un combat sanglant se livra sous ses murs entre les Français et les Espagnols. Ce bourg est encore entouré de ses vieilles murailles flanquées de tours rondes. La place publique est ornée d'une belle fontaine en marbre. Près de Thuir se trouve la ferme école départementale de Germainville, créée en 1849.
TI1U1SKON, TWISKO, TUISTO, TEOTO, TEUTATKS, le dieu des anciens Germains.
Tacite, dans son ouvrage sur la Germanie (liv. 11, ch. xvn), dit que les Germains célèbrent dans tous leurs enants lu dieu Tuiskon , issu de la Terre, et son fils Mann, comme pères et ancêtres de leur race. Thuiskon était législateur et poëte; on le représentait sous la ligure d'un vieillard, babillé de fourrures. Ou l'adorait dans dus bois sacrés, et fort souvent on lui offrait des sacrifices humains.
THUJA s. f. (tu-ja). Bot. Ancienne orthographe du mot THUYA.
— - Cbim. Essence de Ihuja, Essence qui distille avec les vapeurs d'eau, lorsqu'on fait bouillir avec co liquide les sommités des branches et les feuilles de thuya.
THUJÊNE s. f. (tu-jè-ne — rad. ihuja).
Chim. Essence de tnuya.
THOJÉTINEs. f. (tu-jé-ti-ne — rad. thuja). Chim. Composé qui se produit eu même temps que du sucre cristallisable, dans un dédoublement de la thujine.
— Encycl. La thujétine C^HMONJ. prenj naissance en même temps que du sucre cristallisable dans le dédoublement qu'éprouve la thujine (glucoside) sous l'influence des acides étendus. Le liquide, qui est d'abord vert , jaunit après quelque temps lorsqu'on le chauffe et devient ensuite incolore. Après évaporation, ce liquide abandonne des cristaux de tlwjétine. La thujétine s'obtient aussi dans la préparation de la thujine et de la thujigénine, préparations qui seront décrites a ces mots. La thujétine est presque insoluble dans l'eau, mais se dissout dans l'ylcool et dans l'éther. L'acido chlorhydrique et l'acide sulfurique étendus ne l'altèrent pas. En solution alcoolique, elle prend une magnifique teinte d'un bleu tirant sur le vert, par l'addition de l'ammoniaque; avec la potasse, elle prend une teinte verte qui pu^se ensuite au jaune, puis au rouge brun. La solution donne alors un précipité rouge floconneux par les acides. Elle forme des précipités rouges avec des acétates neutres ou basiques de plomb, communique au perehlorure de fer une couleur d'encre et y fait naître un précipité brun foncé au bout de quelque temps. Elle colore le chlorure staunique en jaune foncé, l'azotate d'argent et le chlorure plutinique eu gris noirâtre.
THUJÉTIQUE adj. (tu-jé-ti-ke — rad.
thuja). Chim. tie dit d'un acide qui renferme trois molécules d'eau de inoins que la thujétine.
— Encycl. L'acide thujétigue répond à la formule <Js»iI«0>i»[ï]Ou l'obtient : l° en fai-
TIJUJ
sant bouillir de la thujétine avec de l'eau de
baryte, ajoutant de l'acide sulfurique au bout de quoique temps, puis de l'alcool, et filtrant le liquide pendant qu'il est chaud ; l'acide thujétique se sépare alors en cristaux microscopiques; 2° on l'obtient encore, mêlé avec du sucre cristallisable, en faisant bouillir la thujine avec de l'eau de baryte dans une atmosphère d'hydrogène jusqu'à ce qu'il se forme un précipité rougeàlre. On fait passer du gaz carbonique à travers le liquide, ou tiltre, on lave le précipité et on le soumet ensuite à l'action de l'acide acétique. Le carbonate de baryum se dissout et l'acide thujétique reste à l'état insoluble. Il forme des aiguilles microscopiques d'un jaune citron qui sont solubles dans l'alcool, d'où l'eau les précipite.
THUJIGÉNINE s. f. (tu-ji-jé-ni-ne — de thujine, et du gr. gennaâ, j'engendre). Chim. Composé qui est contenu en petite quantité dans les t'euilles de thuya, et qui prend surtout naissance dans le dédoublement de la thujine.
— Encycl. La thujigénine C*8H240>* se rencontre en petite quantité dans les frondes ou parties vertes du thuya occidental, et se produit en même temps que du sucre cristallisable lorsqu'on chauffe la thujine avec des acides étendus.
— I. Préparation. On fait bouillir les frondes de thuya avec de l'alcool, après les avoir ré luîtes en poudre, on passe la solution et on la laisse refroidir. On sépare la cire qui se dépose et l'on distille l'alcool, après quoi l'on mêle le résidu avec de l'eau, a laquelle on ajouie quelques gouttes d'acétate neutre de plomb pour faciliter la liltration. On précipite entièrement le liquide filtré par l'acétate neutre de plomb, l.e précipité x jaune qui renferme de la thujine et de la ihujétine sert pour la préparation de ces deux substances. Le liquide filtré, mêlé avec du sousacétate plombique, fournit un second précipité qui renferme la thujigénine (p).
a. Préparation de la thujine. Le précipité a est lavé à l'eau et dissous dans l'acide acétique étendu; la liquide est filtré, ce qui le débarrasse u'uue purtion indissoute, et précipité ensuite par le sous-acétate de plomb. Ou lave le nouveau précipité et on le décompose ensuite sous l'eau par un courant d'acide sulfhydrique ; on porto le liquide a l'ébullitiou et on le filtre bouillant. Le sulfure de plomb est lavé avec un peu d'eau chaude ; on réunit les eaux de lavage a la liqueur, on débarrasse le tout d'acide sulfhydrique et on l'évaporé ensuite dans le vide sur l'acide sulfurique. Le liquide , après plusieurs jours, abandonne alors des cristaux do thujine. O.i recueille ces cristaux, on les dissout dans l'eau bouillante alcoolisée et on les laisse cristalliser de nouveau. Enfin , on répète ces cristallisations jusqu'à ce que la subàtanoo dissoute dans l'alcool faible ne prenne plus aucune teinta verte par l'ammoniaque. Le sulfure de plomb retient toujours une petite quantité de thujine, qu'on peut en extraire en le faisant bouillir avec de l'alcool.
b. Préparation de la thujigénine. Le précipité p produit parle sous-acétate de plomb esc lavé, mis en suspension dans l'eau et décomposé par un courant d'acide sulfhydrique. On porte le liquide à l'ébullitiou et ou le filtre chaud. Le liquide chauffé dans un courant d'anhydride carbonique , puis abandonné à l'évaporation dans le vide, abandonne des cristaux de thujigénine.
c. Si l'on se propose comme but principal d'obtenir la thujigénine, on évapore ensemble les deux liquiues qui résultent de l'action de l'acide sulfhydrique sur les précipités a et p provenant de l'action des acétates neutre et basique de plomb, jusqu'à ce que la thujine et la thujigénine commencent à se déposer. On li'.tre et l'on ajoute de l'acide ohlornydrique au liquide filtré. On chauffe le mélange au bain-marie jusqu'à ce qu'un trouble se produise, et on le refroidit brusquement. 11 se dépose alors de la thujigénine que l'on peut recueillir, dissoudre dans l'alcool et précipiter par l'eau. Eu chauffant plus fortement le liquide d'où la thujigénine s'est séparée et eu le refroidissant ensuite, ou obtient de la thujétino souillée par une substance rouge, dont ou peut la débarrasser en la faisant dissoudre à plusieurs reprises dans l'alcool et la précipitant chaque fois par l'eau.
— II. Propriétés ht réactions. La thujigénine forme des aiguilles microscopiques, ires-peu solubles dans l'eau, mais solubles dans l'alcool, d'où l'eau la précipite presque complètement. Bouillie avec du chlorure u'acétyle, elle rougit et se convertit, par une action prolongée, en acetyl-thujigéniiie
C28H2î(CîH3O)0«, corps résineux précipitable par l'eau. L'étude de la thujigénine est encore incomplète. Il reste k rechercher si l'on peut obtenir artificiellement cette substance et jusqu'à quel point elle s'éloigne de la thujétine. Il est probable qu'elle constitue un premier degré de Saponification de la thujine et que la thujétine provient d'une saponification plus profonde.
THUJINE s. f. (tu-ji-ne — rad. thuja).
THUL
Chim. Glucoside cristallisable, que l'on trouve dans les parties vertes du thuya.
— Encycl. La thujine C20H22O12 0u mieux CM>nwos'>
est un glucoside cristallisable, que l'on rencontre dans les parties vertes du thuya occidentalis. Le mode de préparation de cette substance a été décrit à l'article thujigknink. 120 kilogr. de frondes de thuya ne donnent guère que quelques grammes de thujine.
La thujine forme des cristaux brillants, d'un jaune citron, qui, vus au microscope, paraissent constitués par des tables à six faces. Elle possède une saveur astringente et elle est soluble dans l'alcool. Sa solution alcoolique est colorée en jaune par la potasse ou l'ammoniaque et en rouge brun sous l'influence de l'air. Elle donne un précipité jaune fin par l'acétate neutre et par le sous-acétate de plomb. Le chlorure farrique la colore en vert foncé. Le sulfate de cuivre, le perchlorure de platine et l'azotate d'argent ne la : précipitent pas. La solution argentique prend une teinte gris noirâtre Sous l'influence de l'ammoniaque.
| — Décomposition. i« La thujine brûle, ' lorsqu'on la chauffe sur une feuille de platine, en laissant un résidu charbonneux, qui brûle ensuite lentement, mais complètement. 20 Lorsqu'on chauffe sa solution alcoolique avec de l'acide sulfurique ou avec de l'acida chlorhydrique, elle verdit, puis jaunit et se convertit en thujétine qui se sépare, et en sucre cristallisable. 100 parties de thujine absorbent 7,3 parties d'eau et donnent 40,48 parties de sucre et 66,78 parties de thujétine. L'eqnation suivante rend compte de ce dédoublement :
C40H'.H)^ + 4H*0 = 2C8HI208 -f C23H2SOIB Thujine. Eau. Glucose. Thujétine.
La thujigénine paraît aussi prendre naissance lorsqu'on chauffe la thujine pendant très-peu de temps avec do 1'e.cide chlorhydrique. 3° La thujine se dissout dans l'eau de baryte en formant une liqueur jaune qui, lorsqu'on là chauffe, laisse déposer un précipite jaune orangé d'acide thujétique, qui devient jaune rougeâtre si l'ébullition se prolonge ; du sucre reste en solution :
C40HMO24 -f H2Q = CS3H^013 + 2C8H1Î06 Thujine. Eau. Acide thu- Glucose.
jtUique.
THUJONE s. f. (tu-jo-ne — rad. thuja).
Chim. Essence de thuja. V. ce dernier mot.
THULDEN (Théodore van), peintre et graveur flamand, né à Bois-le-Uuc en 1607, mort en 1676. Il suivit à Paris Rubens, dont il était un des meilleurs élèves, et fut employé par lui dans l'exécution des peintures des galeries du Luxembourg. Pendant son séjour Uans cette ville, il exécuta, pour le couvent des Mathurins, une série de petits tableaux représentant les principaux traits de la vie de Jean de Matha, fondateur de l'ordre des rédemptoristes. On ignore ce que sont devenus ces tableaux; mais il nous reste les gravures à l'eau-forte par Thulden lui-même, et formant un recueil de vingt-quatre planches (1633). Cette même année, l'artiste flamand mit au jour des estampes représentant les peintures exécutées à Fontainebleau par Niccolo dell' Abbate ; mais le dessin en est lâché et il reproduit médiocrement la grande allure et la grâce des tableaux de ce peintre. De retour en Flandre, il peignit tour à tour avec un égal succès des tableaux d'histoire et des scènes familières dans le goût de Teniers. En 1636, il fut nommé directeur de l'Académie d'Anvers; mais, après la mort de Rubens, il quitta cette villeet alla se fixer dans sa ville natale. C'était lin artiste inégal, doué de beaucoup d'imagination, mais négligé dans son dessin, bien qu'il travaillât avec lenteur et opiniâtreté. Quoique de beaucoup inférieur à Rubens par la correction et le coloris, il est celui de ses élèves qui s'en est le plus approché par la manière de composer et de peindre. Il fut nu des artistes qui exécutèrent les peintures mythologiques qu'on voit à la Maison-de-Bois, près de La Haye. Ses chefs-d'œuvre sont : le Martyre de saint Adrien, à Gand ; Jésus-Christ recevant sa mère dans le ciel, à Bruges ; Saint Sébastien, à Malines; Jésus apparaissant à sa mère, au musée du Louvre ; le Christ à la colonne, au musée de Bruxelles, et la Continence de Scipiun. Il a gravé à l'eau-forte des estampes recherchées, d'après ses propres compositions, bien que plusieurs portent le nom de Rubens.
THULDEN (Chrétien-Adolphe), théologien et historien allemand, mort k Cologne, où il était professeur de théologie et chanoine de l'église Sainte-Marie, vers 1680. On a de lui : Historia ab ait no 1652 in pr&sens usque tempus, qua décent Germaniss in sanclo llomaito imperio circuli, ocloviri electores aliique principes cum siugulorum religionibus amœnissime describuntur (1656, 2 vol. in-8u); historia nostri lemporis ab unno 1652 ad annum 1659 (Cologne, 1659, iu-8°); Historia uninersatis ab anno 1618 ad annum 1071 (Cologne, 1672, 2 vol. in-12); Tractatus hislorico-pulilici ab anno 1618 (Cologne, 1679, S vol. in-12).
THULDEN (Diodore), jurisconsulte hollandais qui vivait dans le xvil» siècle. Il fut conseiller à la cour royale de Malines et pu-
THUM
blia plusieurs ouvrages qui ont conservé un
certain mérite jusqu'à nos jours. Tels sont, entre autres, son Tractatus de principiisjuris et son Commentarius ad codicem Jtistinianasam (Louvain, 1650; 1701, in-fol., 41 édit.). THULÉ, Ile d'une position indéterminée, qui était pour les Romains l'extrême limite septentrionale du inonde connu. L'épithète de ultima lui était invariablement attachée : « Soit que tu veuilles que Thulé, la dernière des terres du monde, t obéisse..., • dit Virgile,
. . . Tibiservial ultima Thule.
La première connaissance que les Romains aient eue de cette lie est due à Pythéas do Marseille. Dans le périple hors des Colonnes d'Hercule, qu'il entreprit pour découvrir les côtes occidentales et septentrionales de l'Europe, le hardi navigateur, poussant au delà des lies Britanniques et continuant sa marche vers le nord, découvrit une lie qui, au solstice d'été, avait le jour sans nuit, et au solstice d'hiver la nuit sans jour. Le récit de Pythéas parut incroyable à bien des gens ; on ignorait alors presque complètement la diminution progressive des nuits d'été vers le pôle. Depuis Pythéas, on parla beaucoup de Thulé; à s'en tenir au récit du marin, on la trouve dans l'Islande, dont la côte septentrionale est dans le cercle polaire. Cependant Tacite raconte qu'une flotte, ayant fait le tour de la Bretagne (les îles anglaises), soumit les Orcades et crut avoir retrouvé Thulé (Tacite, Agricola, ch. x). Thulé se confondraitalorsavecles îles Shetland. Les poètes et les géographes, à force d'en parler d une manière vague, obscurcirent les traditions; Thulé devin tune contrée fabuleuse, fut assimilée aux terres Scandinaves, et Procope la déclara dix fois plus grande que la Bretagne ; il y place les Finlandais « que le soleil éclaire pendant quarante jours de suite. »
Sènèque, s'emparant de ces traditions, fait prononcer au choeur de Médée des paroles en quelque sorte prophétiques, dans lesquelles il prévoit que de nouveaux univers seront un jour connus et que Thulé ne sera plus la 11- . mite du monde:
Ventent annù secula jen'i
Quibus Oceanus vincula rerum
Laxet, et inijens patent teltus,
Tethysque noooa deterjat orbes,
Nec sit terris ultima Thule.
THULÉ AUSTRALE, la plus méridionale des îles comprises sous le nom de Terres de Sandwich, découvertes par Cook en 1773.
Elle est par 59° 20' de latit. S. et 29° 30' de longit. O.
THULEMEYER (Henri-Gonthier), jurisconsulte et archéologue allemand, né à Lippstadt en 1612, mort en 1714. Il professa le droit à l'université de Heidelberg et, par son enseignement autant que par ses ouvrages, il acquit une telle réputation que l'empereur d'Allemagne' le roi de Danemark et plusieurs autres souverains eurent souvent recours à s:s lumières. Soupçonné en 1713 d'entretenir une correspondance secrète avec le" maréchal de Villars, il fut arrêté par ordre de l'empereur et finit ses jours dans une forteresse. On a de lui : M. Labeonis homicida excusatus (Nuremberg, 1679), commentaire sur les lois romaines relatives à l'homicide ; De siciis et talentis Mebrsorum (Erfurt, 1676)'; Continualio juris Europsi a Siagemeiero cœpti (Francfort, 1681); Freheri cecropistromachia, antiqua duelli gladiaiorii scutptura (1681, in-4u) ; De bulla aurea, argenlea, ptumbea et cerea, et in specie de aurea bulla Caroli IV (1682, in-4°); Virorum elarorum ad Goldaslum epistola (Francfort, 1688); Octoviratus seu de sancli Germani imperii electionibus (Heidelberg, 1683), etc.
THULEN (Jean-Philippe van), peintre flamand, né à Malines en 1618, mort .en 1667. Il appartenait k une famille noble qui lui lit donner une excellente éducation. Poussé par son goût pour les arts, il entra dans l'atelier de Daniel Seghers, dont il devint le meilleur élève et l'ami et qu'il ne tarda pas à égaler. Ses productions sont exécutées avec autant de facilité que de soin ; la transparence et la légèreté de sa touche sont admirables et son coloris est agréable., Cet artiste, dit Périës, a représenté le plus souvent des guirlandes de fleurs d'espèces différentes, sur lesquelles on voit diverses espèces d'insectes peints avec beaucoup de soin et de délicatesse. Le milieu représente des figures de saints ou de petits sujets historiques que des peintres habiles, tels que Poelenburg et autres, peignaient le plus souvent. Il signait ordinairement ses tableaux du nom de Conrenberg.
THUI.IENS (les), monts de la Norvège, dans la chaîne Scandinavique. Les points culminants sont le Sognerteld (2,200 mètres), le Langtield (2,000 mètres) et le Gouster (1,000 mètres).
THDL1N, bourg de Belgique, province da Hainaut, arrond. de Mous, sur le chemin da fer de Quiévraia n Bruxelles; 2,309 hab. Elève de bestiaux, houille.
THUM (Théodore), théologien allemand, né à Hauseu (Wurtemberg) eu 1586, mort en 1630. Nommé, en 1618, professeur de théologie à l'université de Tubingue, il y acquit bientôt une telle réputaiion pur son enseignement et par la vivacité avec laquelle il se mêlait aux controverses religieuses de son époque, que, de tous les points de l'AUema-