‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 1040 sur 1042 · V. Dzoungarib · texte numérisé non relu

V. Dzoungarib

ZOUPAN s. m. (zou-pan). Hist. Prince slave, gouverneur d une des douze zoupanies de la Croatie. Il On dit aussi JCPAN.

ZOUPANIE s. f. (zou-pa-nl). Hist. Gouvernement croate administré par un zoupan. tl On dit aussi JCPANtB.

ZOUPPA, district de la Dalmatie. V. Zuppa.

ZOU11KENIS, petites lies de la régence de Tunis, dans le golfe de Gabès, au S.-O. des Sles Kerkeni ; la plus grande est par 34<> 20' de latit. N. et 7» 47' de longit. E.

ZOURNAS (zour-nass). Sorte de tambourin double, en usage en Orient.

ZOOST (Gérard) , appelé parfois Sonx ou Soest, peintre allemand, né en AVestphalie vers 1637, mort en 1681. Il se rendit en Angleterre, où il acquit beaucoup de réputation comme peintre de portrait. Zoust était d'un caractère vaniteux, irritable et morose. • Comme il était d'ordinaire fort mal vêtu , il lui arrivait souvent d'aller ouvrir lui-même la porte à ceux qui venaient le voir et, lorsque le visiteur lui déplaisait, il le renvoyait en lui disant que son maître était sorti. On cite,parnii ses meilleures productions, son propre portrait, ceux du graveur Loggan, de sir John Trockmorton et d'un gentilhomme coiiTé d'une perruque noire, son chef-d'œuvre. 11 dessinait avec beaucoup de correction et de hardiesse. Son coloris était chaud ; il reproduisait avec beaucoup d'art les étoffes, surtout le satin; mais il était loin d'égaler la grâce de Lely dans ses portraits de femmes.

ZOUZOU a. m. (zou-zou). Pop. Zouave :

Un bataillon de ZOCZOUS.

ZOYSIE s. f. (zo-i-zî). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des andropogonées, dont l'espèce type habite l'Inde et l Australie. 11 On dit aussi zoydik.

ZOZ1MB s. m. V. zozimib et zozyme.

ZOZIME, dit Id Pnnopollluln OU 1© Philo-

•opiio divin, célèbre philosophe hermétique, né vers le milieu du in® siècle, mort au commencement du ivo. Initié dans les mystères de l'Egypte, il peut être regardé comme le chef ou le principal maître des alchimistes. Suivant l'historien Photius , Zozime avait écrit vingt-huit ouvrages d'alchimie et les avait dédiés a sa sœur Théodosie. Suidas confirme cette assertion et le désigne comme originaire d'Alexandrie. Les seuls manuscrits grecs de cet auteur qui aient été jusqu'à présent imprimés sont : De zythorum confections fragmentum nunc primurn grsce, ac latino editum a Ch. Grùner ; Fragmentum depersica cupri iinclura edidit S.-G. Schneider in animadversiones ac eclogas physicas. Bans la collection des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale de Paris, on trouve plusieurs écrits de Zozime le Panopolitain; nous citerons : Livre de Zozime sur les fourneaux et les instruments de chimie ; Du tribicus ou De l'appareil à trois ballons récipients. Cet ouvrage, dont les termes sont aussi explicites que possible, prouve que la connuissance de la distillation est très-ancienne. L'appareil dont il y est fait mention sous le titre de tribicus était ingénieusement construit. On doit encore à Zozime les ma- ■ nuscrits suivants : Traité du divin Zozime sur la vertu et la composition des eaux; c'est un fragment dans lequel est décrite en langage symbolique et mystique l'œuvre de purification ou de haute initiation; Sur l'eau dioine, écrit dans lequel Zozime rattache les opérations de l'achimie aux croyances mystiques et astrologiques; enfin le dernier manuscrit de Zozime, Sur l'art sacré de faire de l'or et de l'argent, montre que le fameux art sacré des Égyptiens n'était autre chose que l'alchimie. V. Hœfer, Histoire de la chimie; Fabricius, Bibliotheca yrœca ,-Maury, l'Astrologie et la magie.

ZOZIMIE s. f. (zo-zi-mî). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des peucédanées, formé aux dépens de3 berces, et comprenant trois ou quatre espèces, qui croissent en Orient. Il On dit aussi zozimb.

— Encycl. Ce nouveau genre, créé par Hoffmann, forme le passage naturel entre le genre berce et le genre tordylium. Son fruit épaissi sur le bord le distingue des berces, dont le fruit est plat. Quant aux tordyliums, ils ont aussi des fruits épais, mais tuberculeux sur le bord, ce qui n'existe pas pour la zozimie. Hoffmann avait fondé son genre sur la zozimie à feuilles d'absinthe ; on a depuis ajouté deux autres espèces.

ZOZIS s. m. (zo-ziss). Arachn. Genre d'à-

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ranéides, de la tribu des araignées, qui paraît devoir être réuni aux ulobores.

ZOZYME ou ZOZIME s. m. (zo-ri-me — nom d'homme), Crust. Genre de crustacés décapodes brachyures, de la famille des cyclométopes, tribu des cancériens, comprenant cinq ou six espèces, qui vivent dans l'océan Indien et les mers d'Australie.

ZRAZt s. m. (zra-zi). Art culin. Mets trèsestimé en Pologne, qui se prépare avec des tranches de bœuf très-minces et très-aplaties, sur lesquelles on étend un hachis de bœuf bouilli, de chair à saucisses, de mie de pain trempée dans du lait, d'œufs durs, de zestes de citron, etc., et que l'on fait cuire, roulées et ficelées, dans un mélange de bouillon, de vin et de vinaigre, relevé avec des épices.

ZUINY (Nicolas, comte de), général hongrois, ban de Croatie, de Dalmatie, de Slavonie et de Tavernicus, en Hongrie, né en 1503, mort en 1566. Il descendait de l'ancieune famille slave des comtes de Brebir, dont l'un des membres prit en 1347 le nom de Zriny, du château de Zrin. Dès l'âge de vingt et un ans , il s'attira , lors du siège de Vienne par les Ottomans, la faveur do l'emporeur Charles-Quint , qui récompensa sa valeur par le don d'un cheval de bataille et d'une chaîne d'or. Dans la suite, il se distingua pendant les campagnes contre Jean de Zapolya, qui disputait le trône de Hongrie au grand-duc Ferdinand, ainsi que dans celles contre le sultan Soliman, allié de Zapolya. ïl commanda presque toujours l'avant-garde ou l'arrière-garde et introduisit un grand nombre d'améliorations dans les manœuvres de la cavalerie légère. Sa taille gigantesque, son aspect martial, son activité infatigable et son esprit d'impartialité l'avaient rendu l'idole de ses soldats, que les entreprises les plus téméraires ne pouvaient faire reculer lorsqu'il était il leurj tête. En 1542, son arrivée soudaine sur le champ de bataille de Pestta, où la victoire était depuis plusieurs heures indécise, décida du triomphe des impériaux. En qualité de gouverneur de la Croatie, il défendit avec succès pendant douze ans cette province contre les Ottomans, qu'il battit à Szigeth en 1562; mais dans l'intervalle une grande partie de la Hongrie était devenue un pachalik turc, et le reste de la contrée payait un tribut à Soliman. Ce prince résolut en 1566 de inarcher de Belgrade à la conquête de Szigeth. Une défaite que Zriny fit essuyer à. son avantgarde près de Sizklos excita sa colère et le décida à une prompte attaque. Il se fit précéder dans sa marche par le célèbre grand vizir Méhémed-Sokolowitch, renégat croate, qui avait sous ses ordres une ttrm.ee de 65,000 hommes. Ce ne fut qu'au prix des plus grandes difficultés qu'un pont put être jeté sur la Drave, qui était gonflée par les orages et que les troupes turques mirent cinq jours à franchir (du îer au 5 août 1566). Zriny rassembla ses guerriers, dont le nombre ne s'élevait pas au-dessus de 2,500, et, à son exemple, ils jurèrent tous de mourir pour la foi, pour l'empereur et pour la patrie. La garnison de Szigeth ne comptait elle-même que 3,000 hommes ; ce qui pouvait lui venir en aide, c'était la situation de la ville entre deux ileuves, dans un terrain marécageux, sa division en vieille ville et en ville neuve , ainsi que la possession de plusieurs forts avec doubles fossés et doubles remparts. Les Turcs établirent des batteries en trois endroits différents et bombardèrent nuit et jour la vieille ville, qui n'avait qu'une seule enceinte de murs; mais les assiégés se défendirent par de vigoureuses sorties, repoussèrent plusieurs assauts et triomphèrent même dans un sanglant combat. Lorsque la vieille ville ne put plus tenir, ils la brûlèrent et se retirèrent dans la ville neuve, qui avait un fossé profond et garni d'eau, mais de peu de largeur. Les Turcs élevèrent alors des murs de terre, du haut desquels leurs batteries dominaient toute la ville. Zriny chercha surtout à empêcher que les fossés ne fussent comblés ; mais, grâce à leur nombre, les ennemis rétablissaient pendant la nuit Ie3 travaux qu'on leur avait détruits pendant le jour. Alors Zriny incendia aussi la ville neuve et se retira dans le château. Les assiégeants n'interrompirent pas leur feu et minèrent la forteresse. L'aga des janissaires, Ali-Bassa, ayant voulu détourner l'eau des fossés pour parvenir jusqu'aux bastions, les assiégés, au nombre de 400, firent une sortie qui fut couronnée d'un plein succès. Bu 26 août au 1" septembre, il ne fut pas donné, chaque jour, au château moins de sept assauts, qui furent tous repoussés. Zriny ne voulut écouter aucune des propositions que lui fit l'ennemi ; vainement même .le grand vizir le inenaça-t-il de faire mettre a mort, s'il ne se rendait pas, son fils, qui, disait-il, était prisonnier des Turcs; rien ne put ébranler la résolution du héros. La colère que causa à Soliman l'échec de ses armes fut telle, que ce prince mourut le 4 septembre, après avoir mis à prix la tète de Zriny. Le grand vizir cacha sa mort à ses soldats et réussit, le 5, à incendier la château extérieur; Zriny se réfugia alors avec les siens dans le fort intérieur; mais celui-ci ne renfermait ni provisions de bouche ni munitions, et sa conservation dépen . dait exclusivement de la possession du chà-

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teau extérieur. Le 7 enfin, les Turcs donnèrent un assaut général; le château brûlait déjà, lorsque Zriny, suivi de ses soldats, réduits à 600, se précipita au milieu des assiégeants; bien qu'il eut reçu presque aussitôt et coup sur coup deux blessures, il combattit jusqu'à son dernier soupir. Tous ses compagnons furent tués et refoulés en partie dans le château en flammes. Mais là, les magasins à poudre firent tout à coup explosion, et uu grand nombre de Turcs furent mis en pièces. Ce siège coûtait aux Turcs plus de 20,000 soldats. L'aga des janissaires fit couper la tête de Zriny , que l'on plaça sur une perche devant la tente du sultan ; mais, par respect pour la mort héroïque du défenseur de Szigeth, cette tête redoutable fut ensuite envoyée à Raab, au comte de Salm, général des troupes impériales. On peut voir encore aujourd'hui les ruines des murailles des forts, détruits par l'armée turque; elles sont plantées de vignes. Le siège de Szigeth, a été plusieurs lois mis sur la scène, notamment par Théodore Kœrner. Salomon a publié de nos jours, en Hongrie, un ouvrage intitulé les Premiers Zriny (Pesth, 1865).

Zriny, drame allemand, de Théodore Kœrner (1814). Ce qui fait le génie de Kœrner, a dit un de ses biographes, c'est son patriotisme et son enthousiasme. C'est toujours un soldat, même la plume à. la main. Bans Zriny, ainsi que dans la Lyre et t'épée, son lyrisme est à la hauteur de son amour ardent de la patrie. C'est encore un héros et une victime de cet amour qu'il peint dans son drame. Zriny, le Léonidas hongrois, a été chargé par l'empereur Maximilien de défendre la forteresse Szigeth contre les attaques incessantes des hordes de Soliman. Le vaillant soldat a accepté cette tâche et a su inspirer à tous ceux qui l'entourent la courage dont il est animé lui-même. Juranitsch surtout, un de ses officiers qui aime sa fille Hélène, a juré de mourir avec lui. La ' position devient de plus en plus critique; il n'y a pluâ de secours à espérer de t extérieur, et les assauts réitérés des Turcs ont épuisé et décimé la garnison. Une dernière ressource, ressource héroïque, reste aux assiégés, et Zriny n'hésite pas un instant a l'employer. Pendant que lui et ses fidèles soldats font une sortie et trouvent une mort glorieuse sur le champ de bataille, l'épouse du grand capitaine fait sauter le château fort et s'ensevelit avecdes milliers d'ennemis sous ses ruines. Des sentiments tour à tour tendres et héroïques émeuvent et enthousiasment le lecteur. Zriny rappelle les caractères les plus beaux de l'antiquité , Régulus ou Léonidas ; sa femme, sa fille et Juranitsch sont a sa hauteur. Deux scènes surtout produisent le plus grand effet, l'une par son mérite littéraire, l'autre par la situation dramatique qu'ello dépeint. C'est d'abord le monologue de Zriny, qui se voit forcé de mourir et d'entraîner dans sa mort toute une ville qui dort paisible à ses pieds; puis la scène où Hélène demande b. son fiancé Juranitsch delà poignarder pour qu'elle ne tombe pas entre les mains des païens. La situation est horrible et ne serait pas acceptable, surtout avec son dénouaient, qui est la mort d'Hélène par la main de Juranitsch, s'il ne ressortait pas clairement des données précédentes que la vie, pour la jeune fille, c est la honte et le déshonneur, Kœrner s'est élevé dans cette scène à la hauteur des plus grands tragiques. Les vers sont d'une pureté remarquable, et, comme expression, d'une énergie peu commune. Représentée en 1314, ta tragédie de Zriny figure encore aujourd'hui dans le répertoire des théâtres allemands et se joue sans rien perdre au voisinage des grundes pièces de Schiller, de Gcmhe et de Lessing.

ZRINY (Nicolas), arrière-petit-fils du précédent, né en 1616, mort en lt>64. Il se distingua à la fois comme homme do guerre et comme diplomate et devint en 1647 gouverneur de Croatie. 11 lutta aussi avec succès contre les Turcs, mais ne put s'accorder avec Montecuccoli, son général en chef. Il périt victime d'un accident de chasse. Il avait écrit des poésies remarquables, qui parurent sous ce litre : la Sirène de ta mer Adriatique (Vienne, 1651). C'est dans ce recueil que se trouve le poème épique, la Chute de Szigeth, dans lequel il célèbre, en quinze chants, l'héroïsme de son aïeul. C'est la plus ancien(Jrépopée que possède la littérature hongroise. — Son lrère,PierreZRiNY,fut également gouverneur de la Croatie et, ayant pris partà la conspiration deWesselény, fut décapité en 1671, avec Nadasdy et Frangepan.Sa famille s'éteignit dans la personne de son fils Balthazar, qui mourut en 1703. — Sa fille Hbusnb épousa François I°r Rakoczy et fut la mère du célèbre François II Rakoczy. Etant devenue veuve, elle se remaria avec le fameux Etneric Tékéli, le suivit dans son exil et mourut a Nicomédie.

ZSC11ACKW1TZ (Jean-Ehrenfried), jurisconsulte allemand, né près de Naumbourg en 1669, mort en 1744. Il se livra à l'enseignement du droit à Cobourg et à Hildburghausen , fut cité devant le fiscal de l'empire pour avoir parlé trop librement dans un de ses ouvrages, De regimine Curolorum Cxsarum, et vrt son traité brûlé par la main du bourreau à Cobourg. Zsehaokwitz

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se retira à Halle, où il professa la philosophie et la jurisprudence. On lui doit plusieurs ouvrages estimés sur l'histoire et le droit public, notamment : Introduction aux prétentions que forment les souverains (Francfort, 1734, 3 vol. in-8°); la Science héraldique, avec des observations sur l'ancienne constitution militaire (Leipzig , 1735) ; Base sur laquelle s'appuient l'empire et la nation allemande (Leipzig, 1736, in-4o); Traité sur l'économie politique et l'administration des finances (Halle, 1739, in-8°); Origine des mai' sons électorales et princières (Zerbt, 1740) ; Sur le traité de paix de la Weslphalie, d'après les faitsde l'histoire (Halle, 1741, in-8"); Droit féodal de l'empire germanique (Halle, 1741, in-8»),

ZSCHINSKY (Ferdinand), homme d'Etat allemand, né à Borstendorf en 1797, mort à Dresde en 1858. Avocat distingué, il remplit successivement en Saxe les fonctions de directeur de la juridiction patrimoniale à Leipzig, d'assesseur à la Faculté des juristes (1828), de conseiller aulique (1829), de conseiller d'appel (1835) et do vice-président de la cour d'appel. En mars 1849, Zschinsky devint ministre de l'intérieur et, deux mois plus tard, ministre de la justice avec la présidence du conseil. Ce fut lui qui introduisit en Saxo la procédure orale. Il fit faire un nouveau code pénal, contribua à la réforme du code civil, à la réorganisation du notariat, de l'ordre des avocats, etc.

ZSCHOKKE (Jean-Henri-Daniel), littérateur allemand, né à Mngdebourg en 1771, mort à Aaiau en 1848. Il étiiit (ils d'un drapier, qui mourut lorsqu'il n'avait encore que huit ans. Fort jeune , Zschokke quitta la maison de ses parents pour s'en aller avec une troupe de comédiens, où, comme Shaltspeare et Molière, il était â. la fois auteur et acteur. Il ne mena cependant pas longtemps cette vie aventureuse, et, après s'être remis dans les bonnes grâces de sa famille, il alla continuer ses études à l'université de Francfort-sur-1'Oder. Toutefois, il ne laissait pas de s'occuper de littérature, et il fit représenter deux drames, Abellino le bandit (Berlin, 1793) et Jules de Sassen (Zurich, 179G), qui obtinrent un assez grand succès. Zschokke désirait obtenir une place de professeur ; niais ses opinions très-avancées étaient mal vues du gouvernement prussien ; il dut y renoncer et quitter même son pays. Successivement, il voyagea en Allemagne et en France et alla enfin fonder à Reiuhenau, en Suisse, une maison d'éducation qui compta bientôt un très-grand nombre d'élèves. L'invasion de la Suisse par les troupes françaises et la proclamation de la république helvétique l'obligèrent a quitter cette nouvelle position en 1798. Il alla se retirer à Aarau, où il se mêla au mouvement politique et poussa fermement à l'unification de la Suisse démocratique. De 1798 it 1800, il fut commissaire du directoire suisse dans le canton d'Unterwald, puis dans ceux do Berne et de Bâle, fonctions qu'il résigna en 1803, lors de la promulgation de l'acte de médiation.

A partir du jour où cessa la vie politique de Zschokke commença sa vie littéraire. Il quitta en 1808 le château de Biberstein, pour aller se fixer définitivement à Aarau, où il devait publier presque tous ses ouvrages. Nommé en 1803 membre de la direction. des forêts, il se démit en 1829, et dès lors n'exerça plus que les fonctions de membre du grand conseil et d'inspecteur des écoles à Aarau.

On a de lui : Histoire de l'Etat libre des trois ligues dans la Hhétie (Zurich, 1798); Histoire des combats et de ta chute des cantons montagnards et forestiers de la Suisse (Zurich, 1801), traduit en français par Briatte, à Paris, en 1802, et par Pictet, à Genève, en 1823; la Princesse de Wolfenbutiet, roman (1802, in-12); les Forêts des montagnes (Aarau, 1804, 2 vol.); les Forêts de la Suisse (Stuttgard, 1804) ; Histoire de ta nation bavaroise et de ses princes (Aarau, 1813-1818, 4 vol.) ; Histoire de la Suisse pour le peuple suisse (1822, in-8°); Contributions à l'histoire de notre temps (Aarau, 1817-1823) ; la Village des faiseurs d'or, trad. par Mme Gauteron (1819, in-8°) ; Contes suisses, trad. par Loève- Veimar (4 vol. in-18); Tableaux de la Suisse (1824-1825, 5 vol. in-8°) ; le Grison ou la Côte aux fées, épisode des troubles de la Suisse en 1799, trad, par Loôve-Veimar, ainsi que les ouvrages suivants : le Ménétrier ou Une insurrection en Suisse, histoire de 1653 (Paris, 1828,5 vol. in-12); Véronique ou la Béguine d' Aarau , histoire de 1644 (1828, 4 vol. in-12); Contes suisses («e série, 1828, 5 vol. in-12),; les Soirées d' Aarau (1829, 4 vol. in-12); le Galérien, trad. par Theil et Gaertner (1829, 2 vol. in-12); les Matinées suisses, trad. par A.-J. et J. Cherbuliez (1830-1832,12 vol. in-12); le Giesbach, scènes de la vie, trad. par J, Lepierre(183l, 4 vol. in-12) ; Nouvelles soirées d Aarau, précédé des mémoires sur la vie de l'auteur écrits par lui-même, trad. par Cheibuliez (lS33,4i vol. in-12); le Sorcier (1834, -5 vol. in-12) ; les Contes; les Matiuées de Brienx, trad. de Suekau (1832, 4 vol. in-12) ; Nouvelles allemandes, trad. par X. Marinier 1847, in-8°).

Z5C1IOPAB, ville de la Saxe royale, cercle de Zwickau, bailliage et à 7 kilom. S. d'Augustusburg, sur la rive gauche de la rivière

ÏUHE

de son nom; 6,300 hab. Fabrication de colon et passementerie; impr raerie sur étoffes.

ZSCI10PAU, rivière ds la Saxe royale. Elle prend sa source au versant septentrional de l'Erzgeljirge, dans la partie méridionale du cercle do Zwickau, coule d'abord du S. au K-, puis k l'E. et se jette dans la Mulde, à 4 kilom. N.-O. deDobeln, après un cours de 112 kilom.

ZUALLART (Jean), vjyageur belge, né à Ath (Hiiinaut) vers te milieu du xvi« siècle, mort vers 1635. Il devint receveur du comté d'Autreppe (1580), puis 1 ailli de Silly, se rendit, en 1585, à Home avec Philippe de Mérode, dont il avait éti le précepteur, et passa de là à Venise, o j il s'embarqua pour la terre sainte avec ce jeune homme et plusieurs autres personnes (1580). Zuallart visita successivement Tr\\ oli, Jaffa, Jérusalem, Bethléem, et revint ei. Europe à la lin de cette même année. Par a suite, il remplit les fonctions de mayeur d i la ville d Ath. On lui doit, sous le titre d( Devotissimo viaggio di Gerusalemme (Rome, 1587, in-8°), une relation de son voyage, q t'il traduisit en français sous le titre de : jVès-déoot voyage de Jérusalem avec les figuns des lieux saints et plusieurs autres tirées au naturel (Anvers, 1C0G, in-4»), où il se montre prolixe, crédule, mais de bonne foi. Il a aissé, en outre, une Description de la villi d'Ath (Ath, 1610, in-8<>).

ZUAZNAVAR Y FRANCIA ( Jose-Maria) , historien espagnol, mort vers 1840. Il entra dans la magistrature et remplit pendant longtemps les fonctions de procureur de l'audience des Canaries et ( e membre du conseil royal. Ses principaux ouvrages sont : Catalogue des localités du district de l'audience royale des Canaries (P;.!ma, 1803); Notices historico - légales sur l audience royale des Canaries depuis la convuète de ces îles jusqu'à l'aimée 1735 (Madrid, 1815); Abrégé de l'histoire des Canaries (Madrid, 1816); k'ssai historique et critique su • la législation de la Navarre (Pampelune, 1820-1821, 2 vol.; 3« édit., 1827-1820, 5 vol.); Eloge historique d'Alphonse V d'Aragon (Madrid, 1832); Mémoires pour l'histoire di ma vie, etc.

ZUAZO (Alphonse), jurisconsulte espagnol, né à Olmedo vers 1461, mort à Saint-Domingue en 1527. 11 était professeur de droit à Valludolid et s'était a :quis une grande réputation de savoir et d'honnêteté, lorsque le cardinal Ximénès, nupiès de qui le célèbre Las Casas avait plaidé avec chaleur la cause des infortunés Indiens, résolut d'envoyer dans le nouveau monde, comme commissaires, trois moines hiéronymites, avec pleins pouvoirs pour décider en cernier ressort toutes les alfaires, et leur adjoignit le licencié Zuazo, chargé non-seul jment de régler l'administration de la juslice, mais encore de prendre part au gouvernement (1516). En arrivant à Saint-Domii gue, Zuazo et Las Casas commencèrent pu- rendre la liberté aux Indiens donnés aux courtisans espagnols et aux personnes qui nt résidaient point en Amérique. Cette mesure excita de telles clameurs parmi les col 3ns, que la commission ne crut pas devoir pousser plus avant l'œuvre d'émancipatior . Elle se borna k adoucir le sort des malheureux Indiens et k empêcher les mauvais traitements dont ils étaient l'objet. Zuazo s'attacha ù réformer les tribunaux, k ordonnîr aux juges de faire respecter les droits de l'humanité, à régler la police intérieure et à promulguer des ordonnances inspirées par les vues les plus droites. Cependant Las Casas fut mécontent de voir maintenir l'état de servitude, et, de leur côté, les colons me titrèrent une vive irritation contre la commission qui venait contrôler leurs actes. Ximénès ayant été forcé, sur ces entrefaites, de ;e démettre du pouvoir, les colons et Las Casas réunirent leurs elforts pour décrier le:, commissaires, pour attaquer leur conduite auprès du jeune roi Charles. Zuazo fut frafpé un des premiers; on le révoqua de ses fo lettons et on le remplaça par le jurisconsulte Figueroa. L'enquête qui suivit mit en pleine lumière la sagesse de l'administra .ion de Zuazo , et Charles-Quint le notrtmi gouverneur de l'Ile de Cuba (1522). Mais là encore l'honnête légiste vint se heurter contre tous ceux qui vivaient des abus et qui ne voulaient k aucun prix les voir détruire. Vainement il s'attira, par sa conduite, les bénédictions des malheureux, il ne put riformer l'administration comme il rentendi.it et se vit en butte a, une si violente opposition que le gouverneur de Saint-Domingua, don Diego, dut se rendre à Cuba pour y rotablir la tranquillité. Zuazo fut remplacé p:.r Velazquez et alla finir ses jours à Saint-Iomingue.

ZUBENEL-CHEMALI s. m. (zu-bé-nèl-chênia-li). Astron. Etoile de quatrième grandeur, qui fait partie do la constellation du Scorpion.

ZUBENEL-GENUBI S.f. (zu-bé-nèl-jê-nubi). Astron. Etoile de troisième grandeur, qui fait partie de la constellation du Scorpion.

ZUBER (Matthieu), poëte latin moderne, né à Neubourg, sur .e Danube, en 1570, mort a Nuremberg en 1623. Il professa la poésie au collège de Suizbach en 1616 et alla, trois ans plus tard, sef.xer à Nuremberg. Il

zoec

acquit beaucoup de répuiation par ses poésies grecques et latines, fort estimées de ses contemporains. Nous citerons de lui : Poemata varia (Francfort, 1598); Epigrammata (Strasbourg, 1605) ; Œolohyle seu epigrammatum aliorumque carminum poemata (Halle, 1613, in-8") ; lllustrium sententiarum latinarum ttnico versu expressarum centuries XIX (Nuremberg, 1622, in-8"), etc.

ZUBIENA, bourg du royaume d'Italie, province de Novare, district et à 6 kilom. N.-O. de Bielta, sur l'Elve ; 2,200 hab. Fabrication de toiles et de draps, commerce de bestiaux et céréales.

ZUCAPA, ville de l'Amérique centrale, dans la république de Guatemala; 8,000 hab. Industrie agricole.

ZUCCA s. m. (zn-ka— mot ital.q ui signifie courge). Bot. Genre de plantes, rapporté avec doute à la famille des cucurbitacées.

ZUCCAGNIE s. f. (zu-kagi ; gn mill — da Zuccagna, savant espagnol). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des légumineuses, tribu des césalpiniées, dont l'espèce type croît sur les montagnes du Chili. Il Syn. d'UKOPÉtale, genre de liliacées.

ZUCCALA (Jean), littérateur italien, né à Bergame en 1788, mort en 1836. Il reçut k Padoue une instruction très-variée et étudia la théologie tout en se livrant à l'enseignement au collège de Celana, puis à celui de Sainte-Justine, dans la même ville. Par ht suite, il devint préfet des études et professeur de rhétorique au collège de Morate (1814), professeur de langue et d'éloquence latine au collège de Calchi-Tuaggi (1818) et enfin professeur d'esthétique k l'université de Pavie (1819). On lui doit quelques bons ouvrages : Eloge historique de Melclàor Cesarotti ; De l'influence du commerce sur les beaux-arts et les lettres; Traité de l'art de composer; Leçonssur la solitude et la vie de Torquato Tasso (Milan, 1819); Principes d'esthétique. C'était un bon écrivain et un excellent professeur.

ZUCCA1ÎD1 (Ubertino), jurisconsulte italien, né à Uorregio vers 1480, mort en 1541. Il prit le grade de docteur, puis devint successivement auditeur de rote à Florence et à Sienne et professeur de droit Civil à l'Académie de Ferrare (1519). En récompense de son mérite, le duc Alphonse 1er l'exempta de plusieurs charges publiques, lui et ses descendants. On lui doit : Aurea et subtilia commentaria super legem fin. de edicto D. Adriani (Ferrare, 1537); Tractatus demissione in possessionem (Lyon, 1533); Consitia seu respousa (Venise, 1595, in-fol.),- liepetitiones, etc.

ZUCCARELL] (François), peintre et graveur italien, né k Pitigliano (Siennois) en 1702, mort en 1788. Après avoir reçu les leçons de J.-M. Morandi, il alla habiter Venise, où il se lit connaître comme un habile paysagiste et acquit la protection du consul anglais, Joseph Smith. Grâce k l'intermédiaire de ce dernier, plusieurs de ses tableaux furent envoyés en Angleterre et chèrement vendus. Zuccarelli se décida alors k partir pour Londres. Il exécuta pour de riches amateurs les plus beaux sites de la Tamise et devint un des fondateurs de l'Académie de peinture de Londres. Au bout de cinq ans, il retourna en Italie avec une belle fortune, mais n'en continua pas moins K cultiver son art. Ce fut à cette époque qu'il exécuta pour la galerie de Dresde deux tableaux fort remarquables, deux tableaux dont le roi.de Prusse voulut avoir des copies exécutées par lui. Ce remarquable artiste peignait constamment d'après nature et d'après le modèle vivant. C'était un excellent dessinateur. Ses paysages, k la touche facile et exécutés avec un soin extrême, offrent une admirable entente des couleurs; ses têtes sont belles et pleines de noblesse. Il a exécuté, en outre, des gravures à l'eau-forte, fort appréciées des amateurs. On remarque surtout, parmi ses estampes : la Statue de la Victoire, d'après Michel-Ange; les Vierges sages et les vierges folles, d'après Manozzi ; la Vierge, d'après Andréa del Sarto, etc.

ZUCCARINIE s.f. (zu-ka-ri-ni— de Zuccarini, botan. ital.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des rubiacées, tribu des cinebonées, dont l'espèce type croît à Java, il Syn. de jackib, autre genre de rubiacées.

— Encycl. La zuccarinie macrophylle, sur laquelle Blurae a fondé le genre , est un bel arbre k feuilles distiques, elliptiques, oblongues, ayant plus de 3 décimètres de long, ce qui a valu son nom à l'espèce. Les Heurs de cet arbre sont sessiles, agrégées, ont des capitules solitaires sur un réceptacle hémisphérique. Les fruits qui succèdent à ces fleurs sont des baies stipulées, biloculaires. Le genre de Blume est assez naturel pour qu'il nous paraisse opportun d'abandonner le genre zuccarinie de Sprengel, qui fait double emploi avec Je genre jackie, et qui est d'ailleurs assez incomplètement étudié pour que sa place dans la famille des rubiacées ne puisse être encore nettement assignée.

ZUCCARO ou ZUCCHEHO (Taddée), peintre italien, né à San-Augelo-in-Vado en 1529, mort en 1566. Il eut pour maîtres Pompeo da Fano et Giacomo da Faenza, puis se rendit k Rome, où il exécuta pour les marchands un nombre considérable de tableaux

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qui se ressentent de la rapidité de l'exécution. Dans les toiles qu'il exécuta avec plus de soin, il montra de la facilité, du talent, mais un style peu élevé. «Ses peintures, dit Artaud, offrent comme des collections de portraits. Les têtes sont soignées; les nus ne sont ni fréquents ni maniérés, comme on le voulait alors dans l'école florentine ; les vêtements sont proprement de l'époque, ainsi que les ornements et le mouvement de la barbe et des cheveux. Il répète souvent les mêmes physionomies et ses propres traits. Il est encore moins varié dans les pieds, dans les mains, dans les plis des draperies, et nécessairement ce défaut lui ôte un certain bon goût qui réveille l'attention.» Outre quelques bons tableaux religieux, on cite comme ses meilleures œuvres les fresques qu'il exécuta au château de Caprarola, près de Viterbe, et qui représentent les faits les plus remarquables de la vie des Farnèse. Ces peintures, qui décorent un des chefs-d'œuvre de Vignole, ont été gravées en 1748 et décrites en 1741 par Sébastian!.

ZUCCARO ou ZUCCHERO (Frédéric), peintre italien, frère du précédent, né en 1542, mort k Ancône en 1609. Il reçut les leçons de son frère, qu'il suivit à Rome et après la mort duquel il termina des peintures laissées inachevées par lui k la Trinité-du-Mont. Appelé k Florence pour y peindre la grande coupole de la cathédrale, il y exécuta des ligures hautes de 50 pieds et un Lucifer tel-: lement colossal, que près de lui les autres personnages ressemblaient à des enfants. Bien que ce travail fût médiocre, il fut chargé, à son retour à Rome, de décorer la voûte de la chapelle Pauline et d'achever une peinture commencée par Michel-Ange. Quelques propos inconsidérés qu'il avait tenus ayant été rapportés au pape Grégoire XIII, Zuccaro exécuta son tableau de la Calomnie, dans lequel il avait représenté ses accusateurs avec des oreilles d'âne. Ceux-ci se plaignirent vivement de cette vengeance artistique, et Zuccaro dut sortir de Rome. Il voyagea alors en Flandre, en Hollande, en Angleterre, revint en Italie, et, après avoir séjourné quelque temps à Venise, il retourna à Rome, où il rentra en grâce après du pape. Peu après, il passa en Espagne, sur l'invitation de Philippe II; mais les peintures qu'il exécuta k Madrid parurent très-médiocres et furent bientôt effacées. Toutefois, le roi, pour le consoler d'un échec qui devait lui être si sensible, lui donna une forte pension. Vers 1595, il devint prince de l'Académie de Saint-Luc. Il fit alors un nouveau voyage en Espagne, se rendit ensuite à Venise, à Turin et mourut à Ancône. où il était tombé malade. Cet artiste avait l'esprit cultivé et des manières charmantes, qui avaient beaucoup contribué à ses succès. Il avait amassé une fortune immense, mais il la perdit en partie par son excessive générosité. En somme, co no fut qu'un peintre de décadence. 11 avait publié, sous le titre de ldca, de' pittori, scultori e archiletti (Turin, 1607, in-fol.), un traité d'un style dogmatique et plein d'emphase.

ZUCCARO (Mario), médecin italien, né à Naples, mort en 1634. Il professa avec une grande distinction la médecine dans sa ville natale et légua en mourant tous ses biens k l'hospice des incurables. Zuccaro croyait fort peu à l'efiicacité de la médecine et pensait que le praticien doit se borner à aider ]a nature, k laquelle seule on doit rapporter la guérison. On lui doit, entre autres ouvrages : De vera ac methodica nutriendi ratione Neapoli usurpata pro curandis morbis (Naples, . 1602) ; De morbis puerorur.i tractatus (Naples, 1604, in-4<>); Methodus occurrendi venenatis corporibus compendiosa traciatio (Naples, 1611, in-40); De morbis partis animalis (Naples, 1623, in-4").

ZUCCHELLI (Antoine), capucin et missionnaire italien, né dans la seconde moitié du xvne siècle, mort à une époque inconnue. Il partit de Gênes en 1697, passa k Lisbonne, d'où il se rendit k San-Salvador, dans le Brésil, puis s'embarqua pour Loauda-de-Saint- Paul-d'Angola et se livra k l'œuvre des missions dans les royaumes d'Angola, de Congo et surtout dans la province deiiogno, k l'embouchure du Zaire, où il résida longtemps. .De retour en Europe en 1704, il rentra dans son couvent de Gradisca, et depuis lors on n'entendit plus parler de lui. Zucchelli a écrit une três-naïve et très-curieuse relation de ses voyages, que Walckenaer a publiée dans son Histoire générale des voyages. Cet ouvrage, divisé en vingt-trois parties, est écrit uans un style clair et avec ordre. On y trouve d'intéressants détails sur les mœurs des habitants, sur les localités, les productions des pays qu'il visita. On y voit aussi de quel fanatisme aveugle étaient animés les missionnaires capucins. «C'est en les soumettant au supplice de la question, dit Walckenaer ; c'est en les faisant déchirer à coups de fouet ou en les meurtrissant à coups de bâton ; c'est en les réduisant en esclavage et en les condamnant aux travaux des mines que les révérends pères prétendaient convertir les nègres k la foi de Jésus-Christ. Non contents d'outrager sans ménagement, sans préparation tout ce que révéraient ces peuples superstitieux, les missionnaires, excités par une sorte de délire religieux, réduisaient en cendres les temples et les idoles en présence de la foule ou en secret et dans

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l'ombre des nuits. Souvent le feu, allumé par leurs mains incendiaires, consumait des villages entiers, et les habitants fuyaient épouvantés de tant de violence. »

ZUCCHEIXIE s. f. (zu-kèl-iî-de Zucchelli, voyageur ital.). Bot. Genre de plantes, de la famille des asclépiadées, tribu des périplocées, dont l'espèce type erolt k Angola.

ZUCCHERO, peintre italien. V. Zuccaro.

ZUCCHI (Jacques), peintre italien, né à Florence, mort vers 1590. Après avoir reçu les leçons de Vasari, il se rendit a Rome vers 1572 et trouva un chaud protecteur dans le cardinal Ferdinand de Médicis. Un tableau représentant la Pêche du corail, et dans lequel il avait eu soin de mettre les portraits des plus belles dames de Rome, obtint un très-grand succès et le mit complètement en évidence. A partir de ce moment il obtint de nombreuses commandes et acquit une grande fortune. On cite de lui des fresques qu'il exécuta au Vatican et dans diverses églises, et surtout son Saint Grégoire célébrant la messe. Dans ce tableau, il a représenté, par un anachronisme volontaire, les principaux membres du sacré collège, notamment son protecteur, le cardinal de Médicis. — Son frère et son élève, François Zucchi, mort vers 1620, s'adonna d'abord k la peinture de fleurs et de fruits, puis s'appliqua à la mosaïque et acquit une grande réputation dans cet art. On admire surtout les belles mosaïques qu'il exécuta dans la coupole de Saint-Pierre, d'après les dessins du Josépin.

ZUCCHI (Barthélémy), littérateur italien, né k Monza (Milanais), d'une famille patricienne, vers 1560, mort dans la même ville en 1631. Il entra dans les ordres, puis se rendit à Rome, où il devint secrétaire du cardinal Mondovi, entra en relation avec les savants les plus distingués et eut des rapports d'amitié avec le cardinal Baronius. En 1597, il retourna dans sa ville natale, y continua ses travaux littéraires et y mourut pendant une épidémie. Ses principaux ouvrages sont : VIdea del segretario (Venise, 1606, in-4»), traité de style épistolaire; Jsloria di Teodolinda, reina de' Longobardi (Venise, 1613, in-4»); lstoria délia corona ferrea (Venise, 1619); vita di Marcello Cantinelli (Venise, 1619, in-8°); Esercesi per ordinamento delta vita (Brescia, 1623). On lui doit aussi quelques traductions. Zucchi était passé maître dans l'art de la calligraphie.

ZUCCHI ou ZUCCO (dom Marc-Antoine), célèbre improvisateur italien, né à Vérone, mort en 1764. Il se signala par une grande précocité intellectuelle, acheva ses études à treize ans et soutint publiquement des thèses sur la philosophie. Etant entré dans la congrégation de Mont-Olivet, il s'adonna avec un grand succès k la prédication et se lit remarquer par un talent extraordinaire d'improvisation, soit en prose, %oit en vers. «Lorsque Zucchi composait des vers, dit Weiss, il n'avait pas besoin, pour s'animer, du secours de la musique, comme les autres improvisateurs. Il récitait jusqu'à cent tercets de suite sur un sujet donné par ses auditeurs, et si l'un d'eux lui proposait un sonnet pour modèle, il en composait cinq ou six sur les mêmes rimes. Pendant vingt ans il visita les principales villes d'Italie et fut accueilli partout avec le plus vif enthousiasme.» Zucchi devint abbé de Mont-Olivet, puis visiteur général de sa congrégation. Les poésies de cet improvisateur n'ont point été imprimées, mais il en existe un certain nombre manuscrites. On trouve dans plusieurs recueils une traduction faite par lui sur le Vent Sancte Spiritus.

ZUCCHI (Antoine), peintre italien, né à. Venise en 1726, mort k Rome en 1795. Après avoir appris le dessin de son père, il étudia la peinture sous Fontebasso et J. Amigoni. L'architecte Robert Adam, dont il lit connaissance, l'emmena avec lui en Angleterre, où il exécuta un grand nombre de peintures. décoratives, k l'huile et à fresque, dans les châteaux de l'aristocratie britannique. Il réussissait principalement dans la représentation des sujets mythologiques et des ruines, peignait avec une grande facilité et donnait à ses œuvres, qui manquent de correction et de fini, beaucoup d'agrément. Ses tableaux les plus estimés se trouvent au château d'Osterley et k l'ancien hôtel Buckingham. Il avait été reçu membre de l'Académie royale de Londres. Après une longue résidence en Angleterre, il alla terminer ses jours en Italie.

ZUCCH1NI, chanteur italien, né à Bologne vers 1820. Après avoir joué avec beaucoup de succès comme primo bulîo au théâtre de la Scala, k Milan, et sur d'autres scènes importantes en Italie, il vint à Paris, en 1855, recueillir en tremblant la succession de L.iblache. Il débuta le 9 octobre à la salle Ventadour, dans la Cenerentota. «Quelques minutes avant lejever du rideau, dit M. A. de Rovray, on eût juré qu'il ne serait pas en état de paraître et de se tenir debout devant la rampe, tellement ses jambes flageolaient sous lui. Il entre, plus mort que vif; sa figure prévient en sa faveur; il a la physionomie ouverte, riante, sympathique, le masque extrêmement mobile, les traits animés, la bouche un peu grande, il dit les premières notes du fameux air : Miei rampolh femminili ; une

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voix juste, franche, pleine, bien timbrée, de la gaieté, de l'accent, du goût. Les bravos éclatent de toutes parts ; il prend courage, et le voila lancé. Il chante et joue son air et tout son rôle, surtout le grand duo avec Dandini, de la façon lu plus magistrale et la plus triomphante. On le rappelle, on l'applaudit, on le rappelle encore, il est délinitivement adopté. » Il aborda ensuite Bartholo d'il Barbiere di Siviglia, et selon le même critique, il fut aussi vrai, aussi naturel, aussi amusant que Lablache, dont il est cependunt la vivante antithèse, physiquement parlant. 11 a parfaitement chanté et d'une voix trèsagréable et très-juste l'air de Romani, que Rossini intercalait au premier acte; dans le finale, ce n'est pas un homme, c'est la statue de l'étonnement, de la bêtise et de la stupeur. Il créa avec non moins de verve et de justesse d'expression dans le chant don Magnifico de Fiorina, opéra semi-seria en trois actes, de Charles Pedrotti. Il interpréta tour à tour :en 1856, la Gasza ladra; en 1857, Don Pasguale, incarnation heureuse, même après Lablache; Yltatiana in Algeri; en 1858, Tristano de Marta; Don Desiderio du prince Poniatowski ; en 1859, Taddeo d'Cii Curioso accidente, opéra bouffe en deux actes, arrangé sur la musique de Rossini; en

1860, Geronimo d'il Mutrimonio segreto ; en

1861, Leporello de Don Giovanni; en 1802, Isidore de Matilde di Shabran; en 18G3, Y IIlisir d'amore, \nLinda di Cliamounix; en 1805, Don Bucefalo de Cagnoni, un de ses meilleurs rôles. En 1866, il chanta avec le plus vif succès, à côté de la Patti, Crispino e la comare, des frères Ricci. Devenu le pensionnaire de M. Bagier, il n'attendit pas la fin de la gestion de ce directeur et partit pour l'étranger. Il fut engagé, au mois d'août 1870, au Circo de Barcelone, où il chanta pendant une saison. De retour à Paris, il fit sa rentrée aux Italiens le 7 octobre 1873 et se montra successivement dans les quatre principaux rôles de son répertoire : Don Pasquole, le Barbier de Séville, Don Juan et Ceuiirillon. Au mois de mars 1876, il alla chanter à Moscou les duos bouffes û'Elisir d'amore et de Don Ducefulo, avant do se rendre à Vienne, où l'appelait un brillant engagement.

ZUCCOLO (Siinéon), littérateur italien, né à Cologna. Il vivait au xvio siècle. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il est auteur d'un ouvrage, aujourd'hui très-rare et rempli de remarques érudites et curieuses, intitulé : la Pazzia del ballo (Padoue, 1549, in-4°). Dans ce livre, divisé en douze chapitres, Zuceolo examine les diverses opinions émises sur l'antiquité et l'origine de ce qu'il appelle »la folie de la danse » et prétend que l'amour, le vin et la musique sont les trois principales causes qui ont amené de tout temps les individus des deux sexes h se réunir dans des bals.

ZUCCOLO (dont Vital), écrivain et religieux italien, né à Padoue en 1550, mort à Vienne en 1630. Il entra dans l'ordre des camaltlules à Venise, se livra avec passion k l'étude et devint successivement abbé du couvent de Saint-Michel dans cette ville et procureur général de son ordre. Zuceolo a écrit un très-grand nombre d'ouvrages qui, pour la plupart, sont restés manuscrits. Parmi ceux qui ont été imprimés nous citerons : Discorsi sopra le ciugutuita conclusioni del Tasso (Bergitme, 1588, in-4<>); Dialorjo délie cose meteorologiche seconda i filosofi (Venise, 1590, in-4«); Enarrationes in Evangelia D. Marci et D. Lucas (Veuise, 1605-1617, 2 vol. in-4°),

ZUCCOLO (Louis), littérateur italien, né à Faenza (Romagne) vers 1570. La plus grande partie de sa vie s'écoula à la cour des ducs d'Urbin, où il entra en relations amicales avec les hommes les plus distingués du temps. Il s'occupa principalement de littérature et de philosophie morale et composa plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : Il Gradenigo, dialogo contre ait' amor platonico e intorno aqueto del Petrarcha (Bologne, 1008, in-80); Dialoglti ne' quali si scuoprono vari peusieri filosofici morati epolitici (Pérouse, 1615, io-S"j; Consideruzioni politiche e morati (Venise, 1621,in-4°); Discorso délie ragioni del numéro del verso italiano (Venise, 1623, in-4°) ; Nobillà commune ed eroicu (Venise, 1025, in-4°),

ZUCCOLO (Louis), jurisconsulte italien, né a. Santa-Croce, près de Carpi, mort en 1868. Après avoir passé son doctorat k Bologne (1017), il remplit à Carpi diverses fonctions municipales, puis devint auditeur de la rote de Florence (1037) et fut nommé par le duc de Modène, eu 1640, conseiller de justice et auditeur général. On lui doit tin traité de politique intitulé : De ratione status (Hambourg, 1603, in-8°).

ZUCHETTE S. f. (zu-chè-te — de l'Haï.

zucchettti, petite courge). Bot. Espèce de concombre.

ZUCHETTI s. m. pi. (dzou-kètt-ti). Art culin. Mets italien préparé avec des oranges et de petites courges.

ZUCKERT (Jean-Frédéric), médecin allemand, né à Berlin en 1737, mort en 1778. 11 étudia d'abord la pharmacie, puis commença en 1750 l'étude de la médecine. En 1758, il se rendit à l'université de Fraucfort-surl'Oder, où il prit le grade de docteur (1760). Il parcourut alors diverses parties de l'Allé •

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magne, et, de retour h, Berlin en 1701, il fut agrégé au collège supérieur des médecins de Berlin ; mais la faiblesse de sa santé ne lui permit point de se livrer beaucoup à la pratique. En revanche, il s'adonna aux travaux de cabinet et publia de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Anatomico-medica dissertatio de morbis ex alieno situ partium ihoracis (Vienne, 1760, in-4°); Maleria aliment aria in gênera, dusses et species disposita (Berlin, 1769, in-4°); De insomniis ut signa in medicina, etc.

ZUCKMANTEL, ville de l'empire d'Autriche, dans la Silésie, cercle de Troppau, à 35 kilom. N.-O. de Jagerndorf; 3,200 hab.. Fabrication importante de toiles; commerce de toiles et de fils. Aux environs, mines d'or, dont l'exploitation est abandonnée,

ZUÉLANIE s. f. (zu-é-la-nl). Bot. Genre d'arbres, de la famille des bixacées, dont l'espèce type croît aux Antilles. Il On dit aussi

ZUÉLANDIE.

— Encycl. A. Richard, dans sa Flore de Cuba, donne le nom de zueiania lœtioides à une espèce de bixacées qui se distinguerait par ses fleurs apétales, étroitement agrégées dans l'aisselle des feuilles; ses feuilles alternes, elliptiques, cotonneuses en dessous, marquées en dessus de ponctuations transparentes. Mais plusieurs botanistes expriment le doute que ce genre doive être maintenu comme réellement distinct.

ZUEItA, en latin Zurononium, bourg d'Espagne, province et à 19 kilom. N. de Saragossa, sur le Gallego; 2,000 hab.

ZUEUOS, bourg d'Espagne, province de Cordoue, à 13 kilom.- N. de Lucena, à la source de la Marbella; 3,200 hab.

ZUFFI (Jean), jurisconsulte italien, né à Final, duché de Modène, mort en 1644. 11 alla se iixer à Rome, où il acquit la réputation d'un éloquent avocat et d'un savant juriste. On lui doit des ouvrages longtemps estimés : Tractants de criminalis processus legitimalione (Rome, 1605, in-fol.); Instilutioves criminules, quibus judiciorum materia, judiciali oc prucïica methodo libris quatuor comprelienditur (Rome, 1667, in-8°),

ZUG, anciennement Tugium, ville de Suisse, chef-lieu du canton du même nom, sur le bord oriental du lac de Zug, à 80 kilom. E.-N.-E. de Berne, par 47" 9' 57" de latit. N. et par 60 10' 50" de longit. E.; 3,800 hab. Gymnase, bibliothèque, théâtre, hôpital, arsenal; papeteries. Commerce de bétail, bois, kirseliwasser, cidre, vins, fruits, châtaignes, fruits séchés. On y remarque l'église Saint-Oswald et l'hôtel de ville. En 1795, une partie do la ville fut détruite par un incendie.

ZUG (canton de), un des vingt-deux cantons de la Suisse, entre 47» 5' et 47° 13' de latit. N-, et 6° 4' et G» 19' de longit. E. Situé au centre de la république, il est borné au N. par le canton de Zurich, à l'O. par ceux de Lucerne et d'Argovie, au S. et à. l'B. par celui de Schwitz, Le plus petit de tous les cantons, il n'a que 239 kilom, carrés. D'après le recensement de novembre 1870, sa population est de 20,933 hab., dont 20,082 catholiques et 851 protestants. Chef-lieu, Zug. Dans la partie S.-E., le pays est montagneux ; toutefois, les cimes les plus élevées ne dépassent pas 1,666 mètres d'altitude. Parmi les montagnes de cette région, dont les habitants s'occupent principalement de l'élève du bétail, nous citerons les monts Rossberg et Morgarten. La partie N.-O. du canton est généralement plate. Elle produit beaucoup de grains et de fruits, Les principaux cours d'eau sont la Reuss, la Litnmut, la Loretz. On y trouve deux lacs, celui de Zug et celui d'Egeri. Le climat est généralement doux, ce qui permet de récolter des grains, des fruits, des légumes, etc. Les châtaigniers y sont abondants et la vigne y réussit. Les principaux objets d'exportation sont : le bétail , le cidre, le kirsch-wasser, les fruits secs, etc. L'industrie y est restreinEe. On trouve quelques filatures de soie, des papeteries, des tanneries, des fabriques de tissus en paille. Les habitants parlent l'allemand. Le canton de Zug est le 6» de la Suisse par ordre d'admission. Il fut admis dans la confédération en 1352. Par l'étendue, il est le 22e et par la population le 2U. Sa constitution, qui date de 1814, mais qui a été successivement révisée en 1848 et 1874, est complètement démocratique. Le pouvoir souverain appartient à une assemblée nationale, qui se réunit chaque année le 1er mai, procède à l'élection des fonctionnaires et examine les comptes des fonctionnaires en exercice. Le pouvoir exécutif et judiciaire appartient à un landamman, assisté d'un conseil. Le pouvoir législatif est exercé par un grand conseil, qui élit les députés à la diète fédérale. Du temps des Romains, le pays de Zug était habité par les Tugeni. Au moyen âge, il appartint successivement aux comtes de Lenzbourg, de liybourg et de Habsbourg. Ce fut sur les bords du lac Egeri, à Morgarten, que les Suisses remportèrent, en 1315, une victoire qui contribua à leur indépendance, et obtinrent un avantage sur les Français en

ZUG (lac de), lac de Suisse, compris au N. dans le canton de son nom et au S. dans le canton de Sclrwitz. Il s'étend du N. au S. sur une longueur de 18 kilom., avec une lar-

ZULI

geur moyenne de 4,500 mètres; il a 200 mètres de profondeur, et son niveau est à 434 mètres au-dessus de celui de la mer. Ce lac est compris dans le bassin du Rhin, ou ses eaux affluent par l'intermédiaire successif de la Lorze, de la Reuss et de l'Aa. Son principal affluent est la Lorze, qui sort du lac Egeri, traverse dans son cours le lac de Zug, et en sort au N. pour porter ses eaux à la Reuss.

ZU1CHEM D'AYTA (Vigile ce), célèbre jurisconsulte.V. Ayta. (Zuiehem d'),

ZUIDEBZÉë, golfe formé par la mer du Nord. V. Zuyderzêe.

ZUINGLE (Ulric), célèbre réformateur suisse, V. Zwinqlis.

ZUINGL1EN s. m. V. ZWINGUEN,

ZUJAI1, bourg d'Espagne, province de Grenade, à 13 kilom. N.-O. de Baza, près de la Barbata; 2,800 hab. Sources sulfureuses et mines de cuivre.

ZULATTI (Angelo), médecin, né à Lissmi, Ho de Céphalonie, en 1732, mort en 1798. Après avoir passé son doctorat à Padoue en 1750, il exerça avec beaucoup de succès son art à Bologne, se rendit en 1754 à Constautinople en qualité de médecin de l'ambassade de Venise, puis revint à Venise, où il devint médecin en chef de l'hôpital militaire (1702). I! se signala par son dévouement pendant une épidémie de fièvre scarlatine maligne qui Ht, cette même année, de grands ravages à Venise. Ce médecin fut un des premiers qui se servit de l'électricité dans le traitement des maladies nerveuses, et il obtint quelques cures par ce procédé. On lui doit plusieurs ouvrages estimés. Nous citerons particulièrement : Lettera ad un medico sopra le riflessioni sut vitto Pitngorico di Giuseppe Pujali (Florence, 1752), où il soutient que Pythagore connaissait ia forme spliériquo de la terre, les véritables lois astronomiques, les principes de la génération des animaux, etc. ; Cornpendio di medicina pratica, nel quale si descrivuiio le principali malattie del corpo umano (1758 et 1764); Description d'un tétanos observé à Bologne en 1751 (1762); Afixli pariler generis scarlatina maligna et epidemica (1763), travail curieux, etc.

ZULATTI (Jean-François), médecin, fils du précédent, né. à IJssuri (Céphalonie) en 1762, mort en 1805. Il compléta son instruction scientifique par des voyages, devint un praticien habile, fut gouverneur de l'Ile d'Itaca, puis médecin en chef de l'hôpital de Corfou pendant la possession des Iles Ioniennes par les Français, et reçut par la suite de l'empereur de Russie Alexandre I« le titre de conseiller aulique. Zulatti s'occupa beaucoup d'hygiène et de l'influence que la musique et la danse peuvent exercer sur les maladies. Nous citerons do lui, entre autres écrits qui attestent une véritable érudition : Saggio délia virtu febbrifuga dell' ipoeastano; Saggio sopra aïeuni fenomeni délia peste, ta natura del contagio; Dei danni che recano ait' agricoltura deli' isola di Cefalonia lo smembramento, la dispersions e la lontananza dei poderi (1794).

ZULFÉCAK-EFFEND1, diplomate turc, né à Constantinople. 11 vivait au xvne siècle et dut probablement à sa réputation d'habileté et d'adresse son surnom de Zuifécar, sous lequel il est connu, et qui est le 'nom de l'épée à, .deux tranchants du fameux Ali. Ce personnage tenait le registre des janissaires, un emploi des plus lucratifs, et s'était fait remarquer du sultan Soliman III, lorsque ce prince le chargea avec Maurocordato, en 1688, d'aller négocier la paix avec l'empereur Léopold 1er. Mais la cour de Vienne, qui venait de remporter de grands succès et de s'emparer de Belgrade, posa des conditions tellement exagérées et inacceptables que les négociations ne purent aboutir, Soliman recommença la guerre, fut de nouveau battu et donna l'ordre à ses ambassadeurs de faire de nouvelles ouvertures de paix en insistant sur la remise de Belgrade. Mustapha Koproli fut appelé alors aux fonctions de grand vizir et aussitôt les choses changèrent de face. Ne voulant point négocier en vertu des instructions données à Zulfécar et à Maurocordato, il écrivit à Vienne pour désavouer ces deux agents, entra en campagne, remporta de brillantes victoires et mourut au milieu de son triomphe (1690). Rappelés à Constantinople, les deux négociateurs engagèrent le nouveau vizir k continuer la guerre avec l'Autriche épuisée, lui assurant qu'il lui serait facile d'arracher à cette puissance un© paix avantageuse. Leurs prévisions ne tardèrent pointa, se réaliser; mais Zulfécar mourut avant la signature du traité de Carlowitz. Il laissait ses immenses richesses à son lilsOsman-Aga, qui devint lieutenant, du grand vizir,

ZUL1A, rivière de l'Amérique du Sud, dans la république de Venezuela, affluent du lac de Maracaïbo. Elle donnait son nom à un département de la Colombie, qui a furmé dans la république les quatre provinces de Maracaïbo, Truxillo, Coro et Merida.

ZUL1ANI (François), médecin italien, né en 1743, mort en 1806. 11 étudia successivement la philosophie, le droit, la médecine, alla pratiquer cette dernière science à Milan, puis à Brescia et entra en relation avec les savants les plus remarquables de la pénin-

ZULT

suie. L'Académie de Gœttingue l'avait admis au nombre de ses membres. On lui doit : De apoplexia prmsertim nervea comment arhtt (Brescia, 1789, in-80}; De qnibusdam cordis a/fectionibus, ac prsasertim de ejusdein', ut aiunt, prolapsu spécimen (Brescia, 1S05, in-4<>). — Son frère, André Zuliani, enseigna en 1804 le droit k Brescia. Outre une traduction des œuvres de d'Aguesseau (1780, 6 vol. in-8°) et la révision d'une traduction des Lois étoiles de Domat (1793, 9 vol. in-8°), il a publié : Lettre aux peuples libres de l'Etat de Venise (Milan, 1797, in-12).

Zulime, tragédie en cinq actes, de Voltaire ; Théâtre-Français, 8 juin 1740. « Le sujet, dit l'auteur lui-même dans une lettre au comte d'Argental, est un père trahi par une fille dont il est l'idole et qui en est idolâtre. C'est une fille malheureuse, sacrifiant tout à un amour effréné, sauvant la vie à son amunt, quittant tout pour lui et abandonnée par lui ; c'est un combat perpétuel de passions; ce sont des crimes presque involontaires et des passions insurmontables. Figurez r vous un peu de Chimène, de Roxane et d'Ariane ; ces trois situations s'y trouvent, la même personne les éprouve. Je ne réponds pas du reste, mais j'ai l'intention de vous faire pleurer. • Bénassar, roi des Maures, a été attaqué; il est sauvé par Raniire, un captif espagnol; mais, après la défaite des ennemis, les Maures, ingrats, réclament la mort du héros ; Zulime, la fille de Bénassar, a conçu pour lui un amour insensé , qu'il tente en vain d'amoindrir, car il est maria avec Atide, une autre captive de sa race. Zulime, aveuglée pur la passion, ne comprend pas sa froideur et, d'un autre côté, Rumire, qui a besoin de l'aide de Zulime pour éviter la mort et regagner sa patrie, ne peut lui dire ouvertement la vérité. Zulime est décidée k fuir nvec Ramire et Atide, lorsque Ramire jure à Bénassar, sur la tète d 'Atide, de ne pas emmener sa fille. Mais, pendant leur entretien, Zulime est montée sur le vaisseau qui doit les emporter, et son père, croyant Ramire traître à sa.parole, l'attaque. Un combat s'engage, dans lequel le héros ménage les jours de Bénassar. Il se voit offrir, en récompense de sa générosité, le trône et la main de Zulime. Poussé dans ses derniers retranchements, il avoue la vérité; Atide, pour lui rendre la liberté, veut se frapper d'un poignard, mais Zulime le lui arrache et se perce le cœur en s'écriant :

C'est a moi de mourir, puisque c'est toi qu'il aime t

Telle est la fable de Zulime, Dans le principe, Voltaire avait fait tomber Bénassar sous les coups de Ramire, et c'est Atide qui se tuait pour le laisser à l'amour de sa rivale. Le public goûta peu ce dénoùment, et Voltaire le changea, en écrivant au comte d'Argental : « La mort du père tue la pièce, parce que l'intérêt change, et cela fait une pièce double. Le cœur n'aime pas k se voir dérouté; et, quand une fois il est plein d'un sentiment qu'on lui a inspiré, il rebute tout ce qui se présente k la traverse. D'ailleurs, les passions qui régnent dans Zulime ne sont plus assen neuves. • Ce dernier point est capital; le défaut de Zulime est d'ètro le même sujet que Bajaset et Ariane. En reprenant la même fable que Corneille et Racine, Voltaire voulut que ni le héros, ni l'amante abandonnée, ni l'amante préférée ne fussent avilis. C'est d'après cette idée que toute sa pièce aété combinée. La fuite de Zulime, sa révolte contre son père sont des crimes, mais il n'y a dans ces crimes ni trahison ni cruauté. Ses emportements sont ceux d'une âme entraînée par son amour, mais née pour la vertu, que les passions ont pu égarer, mais qu'elles n'ont pu corrompre. Ce rôle était k cette époque le seul rôle de femme de ce genre qu'il y eût dans nos tragédies, et Voltaire est le premier qui ait marqué sur le théâtre la différence des fureurs de la passion aux véritables crimes de l'amour. Le père de Zulime était également une nouveauté intéressante, ce père qui avait à punir une fille unique d'un amour criminel. Le rôle de Rumire est faible et la médiocrité de ce personnage se répand sur toute la pièce. « Un héros, disait Voltaire à Mlle Clairon, qui ne joue d'autre rôle que celui d'être aimé ou amoureux ne peut jamais émouvoir; il cesse dès lors d'être un personnage de tragédie, ce qu'on peut reprocher à quelques héros de Racine. » Ce qui relève Zulime, c'est le cinquième acte et lu catastrophe de Zulime, qui sont d'une grande beauté , puis l'élégance facile du style et enfin quelques vers énergiques.

ZULL1CHAU, ville de Prusse, province de Brandebourg, régence et à 89 kilom. Ë. de Francfort-sur-1'Oder, chef-lieu du cercle de son nom; 6,000 hab. Gymnase; maison d'orphelins. Fabrication de draps, lainages; eaude-vie et vinaigre,

ZULPICH, ville de Prusse, province du Rhin, régence et à 33 kilom. S.-O. de Cologne, cercle d'Euskirchen; 1,500 hab. Tanneries; fabrication de lainages. Cette ville est regardée comme l'ancienne Tolbiac, près da laquelle Clovis défit les Atlemanni eu 409.

ZULTAU, duc de Hongrie. V. Zoi/tau.

ZULTEPEC, ville du Mexique, dans l'Etat et à 45 kilom. S.-O. do Mexico; 2,000 hab. Mines d'argent.

ZUMA

ZULUFLU-BALTArGI s. m. (zu-lu-flu-balta-dji). Hist. ottom. Garde du sérail.

ZULZ, ville de Prus;e, province de Silésie, régence d'Oppeln, cercle et à 13 kilom. N.-E. de Neustadt, sur'la Biala; 2,800 hab. Distilleries, Beau château.

ZOMALÀCÀRIiEGin (Tomaso), général espagnol, né k Ormaizt ;gui, dans la province de Guipuzcoa, en 1783, mort à Cegaraa, en Biscaye, en 1835. 11 ippartenait à une famille noble, mais pet tortunée. Lors de la première invasion rraiçaise, il était étudiant en droit à l'université de Pampelune, qu'il quitta aussitôt pour s' engager comme volontaire. Il prit part k 11 première défense de Saragosse (1808) et, passé sous les ordres de Jaureguy, il obtint rapidement le grade de capitaine. Par la suite , il fut attache en qualité d'aide de camp au capitaine général des provinces basques, Aieizuga, puis il reçut le commandement d'un bataillon d'infanterie. En 1820, il se maria, nais continua k servir dans l'armée. Zumalïcarreguy était un intrépide soldat, doué dj remarquables talents militaires; mais, cornue la plupart des Espagnols, son esprit é'ait absolument fermé aux idées de progrès. Catholique ardent, considérant la royauté ccmme un dogme indiscutable, incapable de comprendre la nécessité qui s'impose aux peuples qui ne veulent pas tomber dans une irrémédiable décadence de marcher dans la voie de la liberté, il embrassa avec ardeur ta cause de l'odieux roi Ferdinand, un des types les plus parfaits des tyrans abrutis et sanguinaires. Pour défendre la cause de cet hcunne contre les justes revendications des libéraux, Zumalacarreguy prit du service dam; l'armée de la foi, coicmandée par Quesada, qui le mit k la tête du go bataillon des volontaires de Navarre. Dnranteette campagne, i put apprécier l'excellente organisation de .'armée française, et il profita plus tard de ses observations, lorsque, après I abolition de la constitution, il eut obtenu le grade de lieutenant-colonel du 1er régiment d'infanterie Lgère, en 1825. tl fut ensuite nommé colonel du 3° régiment de la même arme, puis pass;i avec ce grade au régiment d'Estramadure, puis au M" de ligne. 11 fut encore rais en d.sponibilité, k cause de ses opinions carlistes, lors de la dernière maladie de Ferdinand VII et se retira momentanément à Pampidune. Il y était lors de la mort de ce prince, qui fut le signal des hostilités entre les carlistes et les partisans de Christine. A l'appel de don Carlos, frère de Ferdinand, les partisans de l'absolutisme royal se soulevèrent dt ns la Biscaye, l'Alava, le .Guipuzcoa, et coin nencèrent cette lutte fanatique qui devait précipiter encore la décadence de l'Espagne et contribuer k sa ruine. Au début de la guerre civile, le grade de brigadier général fut offert à Zumalacarreguy, k la condition qu'il reconnaîtrait le gouvernement de la leine Isabelle; mais il refusa et, s'étant échappé, il alla rejoindre, le 30 octobre 1833, les insurgés en Biscaye, où il prit le commande! aent de bandes carlistes qui comptaient environ 1,500 hommes. Actif, audacieux, e méprenant, le chef carliste donna bientô; aux opérations de guerre une vigueur qti jusque-là leur avait manqué, i Aidé du colonel Eraso, qui avait commande jusqu'à ce j sur les bundes navarraises, dit un écrivain , il organisa la junte chargée de régulariseï l'ensemble du mouvement insurrectionnel et l'administration intérieure de la province et distribua le peu d'hommes dont il disposait dans le sens d'une guerre défensive, la st;ule que la disproportion numérique de ses (orces lui permit d entreprendre. Son chéti: contingent était à peine réuni, quand la députation de Biscaye appela en toute hâte Zumalacarreguy au bucours de Bilbao, menacé par le général ehristino iSaarsfield. Bilbao était la seule place importante qui fût restée au pouvoir du frère de Ferdinand. Le chef carliste obéit à regret, pressentant l'insuffisance de son concours. Il n'arriva, en effet, que pourjassister k une défaite si complète que la cause de don Carlos parut k ce mon ent perdue sans retour. Zumalacarreguy i e céda point à 1 abattement général. Il se hîtta de rassembler ses soldats dispersés et, secondé par Bruno Villaréal, il parvint, pre sque sans ressources, par le seul ascendant d<i son énergie et de su ténacité, à constituer et peu de jours l'armée carliste basco-navarmise. Cependant les christinos se montraient impatients de profiter de leur dernière victoire. Le général Espelata, qui commandait l'Aragon comme capitaine général, ordonn i au colonel Oraa de se réunir à Saarslield pour consommer l'extermination des bandes carlistes.

» Le 29 décembre 1833, Zunialucurreguy, ayant réussi à attirer deux chefs ennemis, Lorenzo et Oraa, dans li vallée de Berrueza, leur présenta la bâta lie entre Nazar et Asarta avec 2,500 homues environ, mal armés, mais généraleme ît bien commandés.

Ce faible corps ue put tenir longtemps contre les nombreux bâta lions des deux chefs christinos; mais cette action montra pour la première fois la possibilité de résister aux troupes de la reine, et le nombreux volontaires vinrent s'enrôler sous les ordres de Zumalacarreguy, qui avait rallié en bon ordre les débris de sa petite irmée au village de Santa-Cruz-de-Campezo. » A partir de ce moment, il se mit à harceler les partisans de

ZUMI

Christine et parvint, k force d'habileté et de promptitude, à suppléer a son infériorité numérique. Au mois d'avril 1831, don Carlos lui adressa une lettre dans laquelle il lui donnait de pleins pouvoirs pour la conduite de la guerre. En ce moment, il venait de rompre des négociations entamées avec Quesada. Prenant aussitôt l'offensive , il marcha contre ce général, le rencontra près de Segura et lui livra un sanglant combat, à la suite duquel il fit fusiller ses prisonniers. Quesada, qui dut se replier devant lui, fut remplacé par Bodil au mois de juin 183-1. Ce dernier réunissait environ 40,000 hommes sous ses ordres. Par contre, les soldats de Zumalacarreguy manquaient de tout, même de cartouches, et avaient encore à veiller sur le prétendant don Carlos, qui s'était rendu au milieu d'eux. Le général carliste battit complètement k Olegria, le 27 octobre 1834, le général O'Doyle, qui tomba entre ses mains et qu'il lit fusiller, puis, le lendemain, le général Osnio. De nouvelles troupes ayant été dirigées contre lui, il décida don Carlos à parcourir la province, sous la conduite d'Eraso, afin de diviser les forces de l'ennemi, en l'obligeant de se mettre k sa poursuite. Bodil commit la faute de tomber dans ce piège, et il permit à Zumalacarreguy de repousser ses lieutenants jusque dans la Vieille-Castiile, où il parvint à pénétrer. Inquiet des succès deZumalacarreguy , le ministère recourut alors aux talents militaires de Mina, qui vivait dans la retraite ; mais le vieux général ne fut pas plus heureux que ceux qui l'avaient précède. Il fut battu par Zumalacarreguy, le 27 octobre, près de Vittoria, à Alegria, ce qui ouvrit à ce dernier la route d'Elcharri- Arancea (19 mars 1835). Après la prise de cette place, Mina donna sa démission et fut remplacé par Valdès , le ministre de la guerre. Valdès, prenant l'offensive {20 avril), s'avança vers Contrasta, où il rencontra le chef carliste; mais il fut repoussé et dut se replier derrière l'Ebre. Zumalacarreguy , marchant de succès en succès, prit successivement Trevino, Estella, Villafranca et contraignit les christinos k abandonner ïolosa, Vergura, Eybar, etc. Sur l'ordre de don Carlos, il marcha alors sur Bilbao avec 14 bataillons et 7 canons, afin de s'emparer de cette ville. Mais cette entreprise n'avait aucune chance de réussir, car les troupes assiégées étaient bien supérieures en nombre à celles des assiégeants. Le moment venait où l'audace seule ne pouvait suffire aux carlistes. L'assaut était leur dernière ressource ; niais la brèche ouverte, les munitions vinrent k manquer; on dut remettre l'assaut au lendemain. Dans une reconnaissance que Zumalacai reguy fit ce jour même de la place, il fut atteint d'une balle k la jambe droite et mourut quelques jours après. La mort de ce général fut le signal de la défaite générale des carlistes. C était un homme de guerre tout k fait remarquable , au coup d œil prompt, à l'esprit plein de ressources et qui semblait né pour le commandement. « Quelque resserré qu'ait été le théâtre sur lequel s'est présenté Zumalacarreguy, écrivait en 1835 Armand Carrel, et bien qu'il n'ait commandé que de petites armées et n'ait livré que de petits combats , l'histoire ne pourra pas lui ravir le titre de héros que va lui décerner l'opinion qu'il a servie et dont il était k la fois la tête et l'épée. Sa guerre était dirigée par des principes tellement k lui, que ceux qui, de loin, auraient voulu la juger, n'ont pu admirer que l'infaillibilité de ses résultats. »

ZOMATE s. f. (zu-ma-te — du gr. zumê, levure). Chiin. Syn. de nancéate.V. lactique.

ZUMBO (Gaétan-Jules), célèbre modeleur italien, né à Syracuse en 1656, mort en France en 1701. Il manifesta de très-bonne heure d'étonnantes dispositions pour les arts, apprit sans maître la sculpture, étudia l'anatomie à Renie et k Bologne, puis se mit k modeler avec de la cire, colorée pur lui, des compositions extrêmement remarquables qui lui acquirent en peu de temps beaucoup de réputation. S'étant rendu k Florence k l'appel du grand-duc, qui lui donna un traitement trèsélevé, il exécuta pour ce prince plusieurs ouvrages, dont le plus célèbre est celui qui est connu sous le nom de la Corruzione et qui comprend cinq pièces représentant un moribond, un mort, un mort qui commence à se corrompre, un corps k demi corrompu et un cadavre rongé par des vers. De Florence, Zumbo passa k Gênes, où il modela une Descente de croix et une Nativité, regardées comme des chefs-d'œuvre. Vers cette époque il entra en relation avec un chirurgien français, nommé Desnoues , et s'associa avec lui pour la reproduction de pièces anatomiques. Puis il se rendit k Marseille et k Paris, et présenta en 1700 k l'Académie des sciences une tête en cire, où l'on trouvait avec une admirable exactitude les veines, les artères, les nerfs, les muscles. Cette tête fut achetée par Louis XIV, qui en fit don k son premier chirurgien, Maréchal. Zumbo mourut peu de mois après.

ZUME-LAZUU s. m. (zu-me-la-zu-li). Alchim. Pierre d'azur, appelée aussi zemach.

ZUIVUNE s. f. (zu-mi-ne — du gr. zumê, levure). Chim. Nom scientifique du ferment,

ZUMIQUE adj. (zu-mi-ke — du gr. zumê.

levure). Chim. Se dit d'un acide qui se pro-

ZUMP

duit dans la fermentation des matières végétales.

— Encycl. L'acide zumique a été découvert au commencement de 1815 par Braconnot, qui l'appela acide nancéique, du nom de la ville de Nancy, qu'il habitait. Cette dénomination trop impropre a été changée par Pelletier et Caventou en celle d'acide zumique, indiquant assez bien que cet acide est un des produits des matières végétales qui passent k la fermentation acide (Çi|M) i en grec, signifie levain ou ferment). Pour obtenir cet acide, Braconnot abandonna à la fermentation acide un mélange de riz et d'eau. Cette liqueur, filtrée, fut soumise k la distillation ; il en tira de l'acide acétique et eut pour résidu une matière d'apparence gommeuse , d'une saveur très-acide. Il la traita par le carbonate de zinc et obtint un zumate de zinc soluble dans l'eau bouillante. La dissolution de ce sel fut décomposée par ta baryte en excès. Dans cette liqueur filtrée, il versa avec précaution de l'acide sulfurique affaibli jusqu'à ce qu'il cessât d'en troubler la transparence. Le dépôt formé et séparé, la liqueur fut évaporée en consistance sirupeuse et laissa l'acide incristalliaable, presque incolore. 11 se procura encore le même acide par la fermentation acide du jus de betterave, des haricots bouillis dans l'eau. Cet acide, traité k feu nu, donne de l'acide acétique, du charbon et pas une trace, un indice d'azote. Il ne précipite aucun des métaux de leurs dissolutions, si ce n'est le zinc, des dissolutions concentrées de ce métal. Si l'on compare les propriétés de l'acide zumique avec celles de l'acide lactique, on voit qu'ils en possèdent plusieurs qui leur sont communes. Les différences principales qui existent entre eux consistent dans le mode de cristallisation de leurs sels, et cette différence, suivant Thomson, pourrait bien provenir de ce que l'acide lactique serait altéré par la présence de quelques matières animales. Vogela, de son côté, fait plusieurs expériences nouvelles qui sembleraient Confirmer cette opinion, aussi bien que l'identité de ces deux acides, qui ne devraient plus être considérés que comme de l'acide lactique plus ou moins pur.

ZUMPT (Charles-Timothée) , pédagogue et humaniste allemand, né à Berlin vers 1792, mort k Carlsbad en 1849. Il étudia dans les collèges de sa ville natale sous Gedieke, Spalding et Buttmann, entra en 1809 k l'université de Heidelberg et fut, l'année suivante, un des premiers élèves de celle de Berlin, qu'on venait d'organiser. Dès l'âge de vingt ans, il débuta dans l'enseignement secondaire, où il eut un grand succès et un rapide avancement. En 1824, il reçut de l'université de Bonn le titre de docteur honoraire et, depuis lors, il fut successivement professeur d'histoire k l'Ecole militaire (1825), professeur extraordinaire (1827) et professeur titulaire k l'université (1838). L'Académie de Berlin l'avait admis au nombre de ses membres en 1837. Zumpt n'était pas un de ces érudits qui mettent toute leur gloire k publier de gros livres. Faisant passer avant tout ses devoirs de professeur, il ne perdit jamais de vue l'intérêt d.rect de ses élèves et rédigea quelques ouvrages classiques qui ont eu de nombreuses éditions et où 1 on remarque surtout un grand sens pratique. Les quelques auteurs qu'il a publiés sont commentés avec beaucoup de soin et d'intelligence; on sent qu'il n épargnait ni la peine ni le travail. En/in, il a donné k l'Académie de Berlin d'excellents mémoires sur différentes questions d'antiquités et l'on trouve de lui, dans les journaux littéraires de l'époque, beaucoup d'articles critiques et de comptes rendus fort bien faits. Deux voyages en Italie (1831-1842) et un voyage en Grèce (1835), où il faillit avoir le sort d'Ottfried Millier, avaient complété ses éludes ; mais il n'en lit aucune relation spéciale, se contentant de profiter de ce qu'il avait vu pour mieux expliquer les auteurs. Ou a de lui : une Grammaire latine (1818), souvent réimprimée et traduite en anglais eu 1823; des Thèmes latins, ou morceaux traduits des meilleurs auteurs anciens ou modernes (1816); un Manuel de chronologie ancienne, rédigé sur un plan très-net, en latin ; Annales veterum populorum et regnorum , prssertim Bomanorum (1819, in-4°). Il a donné k la nouvelle édition de l'Horace de Heindotf (1843) une Vie et une Chronologie du poôte; c'est à lui qu'on doit en partie l'achèvement du Quintilien de Spalding, Luimême a fait pour les écoles une édition du texte de cet auteur (1831). Son Quinte-Curce, avec un commentaire latin qui est un chefd'œuvre de philologie, parut en 1846; c'est, avec le De officiis de Cicéron (1838), avec notes latines, son meilleur travail. Il donna aussi les Discours contre Verres (1831). Parmi ses dissertations, il f»ut citer celle sur le Décret municipal de Trieste (inscription latine), qui a montré en lui un excellent épigraphiste ; De legibus judiciisgue repetundarum (1845-1847, 3 fasc); De equitibus romanis (1840) ; en allemand, le Vote des comices par Iribus et M. Curius (1837) ; les Ecoles philosophiques d'Athènes et la série des scholarques (1843) ; Origine et compétence du tribunal des centumvirs à Home (183s) ; De l'état de la population et de son augmentation dans l'antiquité (1841).

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