‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 1041 sur 1042 · ZUNI · texte numérisé non relu

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ZUMPT (Auguste-Guillaume), archéologue allemand, né en 1815. 11 fit ses études k Francfort-sur-l'Oder, puis k l'université de Berlin. Il fut nommé professeur en 1837 et, en 1851, il a obtenu une chaire au collège Frédéric-Guillaume. On a de lui : une édition de Rutilius Numatianus (Berlin, 1840) ; De Caii Cxsaris cohniis (1840); De Lavinio et Lauremibus Lavinalibus (1845); De Augustalibus et Severis Augustaiibus (1845); De fasiorum campanorum fragmento ad Ù. B.

de Bossium epistola crilica (Berlin, 1854) ; Commentationes epigraphicx ad aniiquitates romanas pertinentes, e;uvrage dont Je premier volume (Berlin, 1850) est le tableau d» la municipalité de Rome, tandis que le second (1854) traite des provinces romaines; ce second volume a aussi attiré l'attention des théologiens, car il renferme de curieux renseignements sur l'année de la naissance du Christ. On a encore de M. Zumpt des dissertations d'un haut intérêt pour l'explication des auteurs anciens, entre autres : De Ciceronis et M. Bruti epistolis niutuis (Berlin, 1845) et De Lioianorum librorum inscriptione (Berlin, 1859). On estime aussi beaucoup, k cause de leur commentaire étendu, ses éditions de l'Oratio pro L. Murena (Berlin, 1859) et Oratioues ires de lege agraria (Berlin, 1861). Enfin, parmi ses publications d'une époque plus récente, il faut citer : Studia romana (Berlin, 1S59), savant ouvrage d'épigraphie et d'archéologie, et le Droit criminel de la république romaine (Berlin, 1865-1868, 4 parties). On lui doit aussi des traductions allemandes de plusieurs traités de Cicéron, et il a été l'un des collaborateurs les plus actifs des Annales de critique scientifique de Berlin.

ZUMSTEEG (Jean-Rodolphe), compositeur allemand, né à Sachseuflur, dans l'Oden- ■wald.en 1760, mort en 1802. Son père, valet de chambre du duc de Wurtemberg, lui fit faire ses études à-fEcoie militaire, puis le plaça dans l'atelier d'un sculpteur. Mais le jeune Zumsteeg renonça bientôt k cet art pour s'adonner entièrement k son goût pour la musique. Formé, par Foli, Borani, Mazzanti, il fit sous ces maîtres des progrès rapides et composa, étant encore élève, des cantates pour les fêtes de la cour, des messes à grand orchestre , des airs pour les chœurs des Brigands de Schiller, son ancien condisciple. Après avoir fait partie, comme violoncelliste, des musiciens du duc de Wurtemberg, il succéda k Poli comme maître des concerts de la chapelle ducale. Zumsteeg composa k cette époque la musique de la Fête du printemps de Klopstock, des ballades, etc., et ces compositions obtinrent un tel succès k la cour et dans le public, qu'il fut nommé en 1792 directeur de l'Opéra de Weimar et martre des concerts du grandduc. Il mourut dans la force de l'âge d'une attaque d'apoplexie. < Zumsteeg excellait , dit lJarisot, k rendre les impressions solennelles et graves, pathétiques et douces. Il y a dans l'ensemble comme dans les détails de son harmonie quelque chose de grandiose et de continu qui élève l'âme sans la faire sortir d'un calme auguste et plein de noblesse. Par un artifice trop rare de nos jours, sa musique satisfait k la fois le savant, qui aime k voir le compositeur se jouer autour des difficultés musicales, et le dilettante novice, encore inhabile k dégager le fond de la forme et l'idée musicale de lu broderie qui J'enveloppe et la varie, « Il fut le premier compositeur allemand qui écrivit des ballades avec accompagnement pour piano, et il tint longtemps le premier rang parmi ceux qui se firent bientôt ses imitateurs. Plusieurs de ses œuvres en ce genre ont conservé encore aujourd'hui toute leur valeur et se distinguent par un chant moelleux et large, gracieux et sublime. Nous citerons particulièrement : la Plainte d'Agar, Léonore, les Pénitents, la Fille du pasteur de Taubenheim, le Chevalier Togr/enburg, le Chevalier Charles d'Eichenhardt, le Chant mélancolique, etc. Ses chansons et ses romances sont également fort belles. Sa Kolma, eu particulier, est un chefd'œuvre du genre. Les plus réussis parmi ses opéras sont : l'Ile des esprits, la Fête des paons Etbondokani. — Sa liile, Emilie Zumsteeg, née en 1766, morte en 1857, est également connue comme auteur de morceaux de piano et de morceaux de chant.

ZUNGARO s. m. (zon-ga-ro — mot créole). Ichlhyol. Syn. de tiburon,

Zl/NGOLI, bourg du royaume d'Italie, province de la Principauté Ultérieure, district d'Arcano, mandement d'Ariano; 2,300 hab.

ZUNIGA, bourg d'Espagne, province de Navarre, à 50 kilom. S.-O. de Pampelune. Il a donné son nom k une famille noble qui a fourni plusieurs hommes distingués k l'armée, k l'Eglise et k l'administration.

ZDNlGA(don Diego Ortiz de), historien espagnol, né k Séville vers 1610, mort dans la même ville en 1680. Il appartenait k une ancienne famille de l'Andalousie et était chevalier de l'ordre de Saint-Jacques. Tout en remplissant des fonctions dans la magistrature de sa ville natale, il s'occupa beaucoup de recherches historiques et composa les ouvrages suivants : Discorso genealogico de los artizes de Stvilla (Cadix, 1670, in-4°); Tratado de la posteritad de Juan de Cespedes (Madrid, 1677, in- fol.); Annales ecclesiastico»

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y seculares de la eiudad de Sevilla (Cadix, 1677, in-fol.), ouvrage devenu très-rare et qui fait autorité.

ZUNZ (Léopold), écrivain allemand, né à Detmold en 1794. Il fit ses études à l'université de Berlin, fut ensuite, de 1820 k 1822, prédicateur de la synagogue, puis rédacteur île la Gazelle de Spener et directeur de l'école communale juive de Berlin et enfin , de 1833 à 1850, directeur de l'Ecole normale, M. Zunz jouit en Allemagne d'une réputation méritée comme hébraïsant. Les services rendus par ce savant à la cause isroélite lui ont obtenu de la commune Israélite de Berlin une pension viagère. On a de lui : De la littérature rabbinique juive (Berlin, 1818); Discours religieux des juifs (Berlin, 1832); les Noms des juifs (1836); Etudes historiques et littéraires (1845); la Poésie synagogale du moyen âge (1855); le Bit du service religieux synagogal exposé historiquement (1859); Histoire littéraire de la poésie synagogale (1865).

ZUPHIE s. m. (zu-fl). Entora. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des troncati pennes, comprenant sept espèces, qui, presque toutes, habitent l'Europe ou l'Afrique : Le zophiis odorant se trouve dans le midi de la France. (H. Lucas.)

ZUPPA ou ZOUPPA, district de la Dalmatie, qui fait partie du cercle de Cattaro, et qui, pendant les trois derniers mois de l'année 1869, a été le principal théâtre du soulèvement desDalmates contre l'Autriche. Ce district est une vallée qui a la forme d'un triangle, borné au S.*E. par une ligne de hauteurs qui se détachent des Alpes Dinariques et se prolongent jusqu'à la côte de l'Adriatique ; au N. et k l'E. par la même chaîne de montagnes, et a l'O. par la mer. Elle a une superficie d'environ 17 myriamètres carrés et compte 40,000 habitants. C'est une région excessivement fertîïe, qui est habitée par une race belliqueuse, intrépide et jalouse de son indépendance. Lorsque, en 1849, le gouvernement autrichien voulut introduire dans cette partie de la Dalmatie le recrutement et les impôts, les Zuppaniens opposèrent la plus vive résistance, et l'on se vit forcé de leur faire certaines concessions. Jadis, la Zuppa était divisée en quatre comtés, qui, du temps où les Vénitiens possédaient cette contrée, étaient administrés par des comtes. Chacun de ces comtés avait son comte particulier, que les habitants élisaient eux-mêmes, mais dont l'élection était confirmée par le gouvernement deVen ise. Ces comtes étaient presque toujours choisis dans les mêmes familles, et, bien que la dignité n'existe plus de nos jours, le titre s'est conservé et transmis dans différentes familles de la Zuppa. Le costume des Zuppaniens est aussi brillant que pittoresque. On ne les voit jamais sans armes. Outre des pistolets et un poignard à îa ceinture, ils portent, lorsqu'ils se rendent a Cattaro, un fusil dont le bois est garni d'ornements précieux, et une pipe au long tuyau ; mais le poids de tout cet attirail ne les empêche pus de gravir avec une grande légèreté les rochers et les montagnes et de franchir d'un bond de larges précipices. Le Zuppanien' montre pour sa femme plus d'égards que le Monténégrin et la traite plutôt comme sa compagne que comme sa servante. Les femmes, même lorsqu'elles se livrent aux travaux domestiques les plus ordinaires, sont parées des pieds à la tête. Elles ont toujours leur collier de perles autour du cou, leur peigne brillant dans tes cheveux et leur poyas (ceinture) autour delà taille. La ceinture d une riche Zuppanienne est d'ordinaire large d'un demi-pied , épaisse d'uu pouce et pèse autant qu'une cuirasse. Elle est garnie (le pierres, le plus souvent d'agates d'un rouge brun, incrustées dans de l'urgent doré oi délicatement ciselé. Le prix U'une ceinture de ce genre s'élève jusqu'à 80 francs. Les maisons des Zuppaniens sont, en général, grandes, spacieuses et propres. Partout régne une grande aisance, et cependant le pays est loin de rendre ce qu'une culture intelligente en pourrait tirer. On y cultive le blé avec succès, ainsi que des arbres fruitiers, des légumes, la vigne, l'olivier, le mûrier, le figuier, lé myrte, l'oranger et le citronnier; ces deux derniers arbustes y atteignent la taille et la grosseur de véritables aibres. Le palmier même pourrait y pousser; mais les habitants ne savent pas exploiter tous les avantages naturels du pays, et leur indolence naturelle les empêche de se livrer k tout travail trop fatigant. Us fabriquent l'huile et le vin d'une ftiçon toute primitive, et ces produits ne peuvent pas soutenir la concurrence avec ceux des marches européens. Le sol de la vallée est inhabité, parce que, pendant la saison des pluies, il est trop marécageux et est inondé par des torrents dont on ne cherche pas à détourner le cours. Les villages sont situés des deux, côtés sur la pente des montagnes, et la plaine semble ce former qu'un immense champ de maïs.

De tout temps, on a reconnu l'importance stratégique de la Zuppa, et les Vénitiens cherchèrent de bonne heure à l'enlever aux Turcs, sous la domination desquels elle se trouvait primitivement. Us y réussirent à la longue et en formèrent une division politique, qu'ils nommèrent Albanie vénitienne , pour la dis-

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tinguer de l'Albanie turque, située de l'autre côté des montagnes. Plus tard elle passa, avec le reste de la Dalmatie, sous la domination de l'Autriche, qui n'est jamais parvenue à soumettre ces montagnards aux lois qui régissent les autres contrées de l'empire. Aguerris par leurs luttes incessantes avec les Turcs et les Monténégrins, ils n'ont laissé échapper aucune occasion de reconquérir leur indépendance, et, eu octobre 1869, ce furent eux qui donnèrent le signal de l'insurrection' dulmate. Les premiers combats furent livrés près du fort Dragali , qui est situé au milieu des montagnes sur la frontière du Monténégro, et qui fut pris, a trois reprises différentes , par les insurgés. Après trois mois d'une lutte acharnée, les insurgés furent forcés de déposer successivement les armes et, un peu après le milieu de janvier 1870, le calme était complètement rétabli dans la contrée.

ZURA s. m. (zu-ra). Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des acariens. '

ZURANDALE s. f. (zu-ran-da-le). Hortic.

Variété de tulipe.

ZURÀWNO, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Galicie, cercle et à 31 kilom. E. de Stry, sur le Dniester; 8,700 hab. Ce bourg est célèbre par la belle défense de Jean Sobieski, qui, avec 10,000 Polonais, se soutint aux environs pendant vingt-trois jours contre 90,000 Turcs et 130,000 Tartares, et obligea ses nombreux ennemis à un traité glorieux.

ZURBANO (Martin), général espagnol, né dans l'Amgon en 1780, mort en 1845. Lors de l'invasion de l'Espagne par les armées françaises, il se mit à la tête d'une bande de volontaires et se signala par son intrépidité et par son habileté à faire la guerre de partisans. L'étranger ayant évacué la péninsule, Zurbano dut déposer les armes et se fit contrebandier. Il exerçait encore ce métier lorsque la guerre éclata après la mort de Ferdinand VII. Zurbano alla offrir ses services à la régente Marie-Christine, qui lui donna le commandement d'un corps franc chargé de combattre et de poursuivre les carlistes dans les provinces basques. Le vieux guerrillero établit dans sa troupe une discipline d'une inflexible sévérité. * Infatigable et audacieux, dit Brunet, il excellait dans les surprises, les coups de main, les embuscades; les marches forcées qu'il faisait faire à sa troupe tenaient du prodige; il tombait brusquement à l'endroit où il était le moins attendu, frappait un coup vigoureux et disparaissait. » La grande part qu'il prit dans la défaite des partisans de don Carlos lui tit donner le grade de général. Zurbano servit le régent Espartero avec la même vigueur et avec le même dévouement que Christine, Il comprima plusieurs soulèvements, mais ne put venir à bout d'étouffer l'insurrection républicaine qui avait éclaté ii Barcelone, marcha contre Narvaez et d'autres généraux qui s'étaient prononcés contre le régent, se vit abandonné par ses troupes et s'enfuit dans les montagnes de l'Aragon. En 1844, il reparut tout à coup à la tête d'une bande de partisans ; mais il ne trouva poa d'appui dans la population, fut battu, vit ses deux fils pris et fusillés et se réfugia chez un de ses parents, qui le dénonça. Arrêté aussitôt, Zurbano subit le sort qu'il avait fait subir à tant d'autres; il fut passé par les armes.

ZURBARAN (Francisco), peintre espagnol, né à Fuente-de-Cantos (Êstramadure) en 1508, mort en 1662. Il étudia d'abord sous la direction de Morales et passa ensuite dans l'atelier de Juan de Las Roelas, qui était en i-éputation à Séville et qui avait rapporté d'Italie le coût de la couieur vénitienne. Sous ce protesseur habile et patient, Zurbazan fit de rapides progrès et devint bientôt maître à son tour. Dès ses débuts, dit M. Viardot, il s'imposa la loi de copier fidèlement la nature; jamais il ne peignait une figur'e saus avoir sous les yeux le modèle, et les ajustements mêmes étaient toujours disposés sur un mannequin avant qu'il les transportât sur la toile. Cette habitude, dont il ne ise départit jamais, explique la parfaite correction de dessin qui forme une de ses qualités les plus saillantes. Il ne se borna >pas, d'ailleurs, k reproduire avec une extrême vérité les apparences des choses ; il s'appliqua à peindre sous les vêtements la forme du corps, et sous les formes du corps les tourments les plus Keerets de l'esprit, les plus intimes émotions de l'âme. S'il montra une grande science pour peindre les draperies, et particulièrement les draperies blanches {con especialidad en los blancos), comme il en a été loué par Bermudaz, s'il n'eut pas son pareil pour imiter les robes de bure et les ceintures de corde des moines, il ne fut pas moins heureux dans l'art d'exprimer l'enthousiasme religieux et la dévotion ascétique. ■ Sous le linceul blanc, délice de ses études, dit M. Léon Gozlan, se cachait cette population hâve, triste, macérée, souffrante, décharnée, de moines, de capucins, de carmes, de mercenaires chaussés et déchaussés. Le jour qu'il le souleva, il découvrit au monde, mieux que si les murs de tous les couvents d'Espagne fussent tombés, les noires passions, la brutale piété, la stupidité innocente de tant de créatures étouffées par le cilice et les vœux exagérés.

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Zurbaran poétisa la douleur et la résignation. 11 est le Job de la peinture. Aucun de ses compatriotes n'a réduit son génie a Une plus dure unité, et il est douteux qu'il n'y eût pas le parti pris de la pénitence dans l'immobilité lugubre donnée h ses conceptions. • La vue de quelques tableaux du Caravage, qui avaient été apportés à Séville, inspira une vive admiration à Zurbaran et ne laissa pas sans doute d'influer sur sa manière de peindre; il s'est si bien rapproché, à certains égards, de ce maître véhément, qu'il a mérité d'être surnommé le Carnvnge espagnol. Mais, en lui donnant ce titre, s l'histoire, dit M. Ch. Blanc, n'a rendu qu'une incomplète justice à Zurbaran. C'est seulement par l'énergie de l'exécution que ce fier et puissant artiste ressemble au Caravage, car il lui est supérieur par l'élévation, par la dignité du sentiment. A ses figures, qui souvent sont communes à force d être vraies, il a su imprimer un caractère d'ardente foi, une expression de beauté morale et d'amour qui les rehausse jusqu'aux régions de la poésie. Par un de ces contrastes violents, particuliers à l'art de l'Espagne, il a été aussi mystique dans la pensée que brutal dans le maniement du pinceau, et l'on peut dire qu'il a ex primé comme Caravage et senti comme Lesueur. Entre ces deux peintres da la vie monastique, il y a pourtant une différence qui tient surtout au tempérament des deux nations espagnole et française. Sous la pâleur de Ses teintes, Lesueur nous montre l'austérité tendre du croyant qu'anime l'espérance d'une vie meilleure; Zurbaran, de son rude et mâle pinceau, représente les rigueurs de l'ascétisme et les tourments de chrétiens qu'épouvantent jusqu'au fond du cœur, les images de l'enfer. ■

En 1625, Zurbaran fut chargé par le marquis de Moîagon de peindre neuf tableaux pour la décoration du retable de la chapelle de San-Pedro, dans la cathédrale de Séville. 11 peignit ensuite pour l'église du collège de Saint-Thomas-d'Aquin un tableau consacré à ce saint docteur; c'est la plus vaste de ses compositions, celle où il a donné la plus haute mesure de son talent. Au sommet du tableau, le Christ et la Vierge trônent entre saint Paul et saint Dominique; au-dessous, saint Thomas, debout, entouré des quatre docteurs de l'Église latine, est assis sur les nuages ; plus bus, au premier plan, l'empereur Charles-Quint, accompagné d'une nombreuse escorte de chevaliers, et l'archevêque Deza, fondateur du collège, avec une suite de moines et de clercs, se tiennent dans l'attitude du recueillement et de l'adoration. « Dans cette composition, où tous les personnages sont plus grands que nature, dit M. Viardot, on admire également l'élévation du style, la sagesse de ^ordonnance, l'étonnant fini des costumes, la vérité des attitudes et la beauté des têtes, qui semblent autant de portraits. C'est une oeuvre admirable digne de rivaliser avec les plus grandes compositions de l'Italie et qui, seule, aurait popularisé dès longtemps le nom de son auteur, si quelque savant dessin l'eût reproduite et répandue. • Appelé plus tard à Guadalupe, Zurbaran peignit dans l'église de cette ville plusieurs grands tableaux, huit, entre autres, représentant YHistoire de saint Jérôme II revint ensuite k Séville, où il exécuta de nombreux ouvrages pour les églises des communautés religieuses, notamment pour la chartreuse de Santa-Maria-de-las- Cuevas, pour le couvent de los Mercenariosdesealzos, pour celui de San-Pablo, etc. En 1633, il acheva les peintures de la chartreuse de Xérès, consacrées pour la plupart à saint Bruno et k saint Hugues; sa signature, sur l'un de ces tableaux, étant suivie des mots pintor del rey, peintre du roi, on en a conclu qu'il était allô, dès cette époque, à Madrid et y aurait travaillé pour le souverain. Ce ne fut toutefois que beaucoup plus tard qu'il fit un assez long séjour dans cette capitale; il y fut appelé en 1650 par Velazquez, qui occupait a la cour de Philippe IV un poste analogue à celui de surintendant des beaux-arts, et il peignit dans le palais du Buen-Retiro une série de tableaux représentant les Travaux d'Hercule. On a raconté qu'une aventure sanglante avait troublé 1 existence de Zurbaran; qu'un duel dont il avait été le héros et dont les causes sontignorées, l'aurait fait condamner par le roi à se retirer dans un cloître; que la vie monastique avait développé en lui le goût de l'austérité et le talent d'en représenter les images; qu'il portait, en effet, le froc et la capuce quand il peignit les Visions de saint Pierre Nolasque. La même chose a été dite da notre Lesueur, qui se serait fait chartreux k la suite d'un duel. Ce sont là des « embellissements » biographiques, imaginés par des historiens plus désireux d'amuser que d'instruire, Ce qui paraît certain, c'est que Zurbaran fut employé, dans les derniers temps de sa vie, à la décoration des diverses résidences royales de Madrid et des environs, et qu'il gagna aces travaux une honnête fortune. Un acte du 14 décembre 1657, retrouvé par Cean Bermudez dans les archives du chapitre de la cathédrale de Séville, porte concession viagère par Zurbaran à l'une de ses filles d'une maison située rue de los Abades. Don Lazare Diaz del Valle nous apprend qu'en 1662 il reçut dans sa maison, à Madrid, le peintre Zurbaran, qui, suivant Palomino,

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mournt en cette même année, & l'âge de soixante-quatre ans.

Le musée royal de Madrid possède deux beaux ouvrages de Zurbaran, consacrés à saint Pierre Nolasque, le Sommeil de l'Enfant Jésus, Sainte Casilda, et les Travaux d'Hercule en dix tnbleaux, qui prouvent que l'artiste s'entendait mieux à peindre les saints du paradis que les dieux de l'Olympe. Les figures de Moines qu'on voit de lui au musée national du Fomento, dans la galerie de l'Académie de Madrid et dana celle da l'Académie de dessin de Cadix, sont excellentes. Cette dernière collection renferme, en outre, deux Saint Bruno, un Saint François d'Assise, la Mort d'Abel, etc. La cathédrale de Cadix possède une Adoration des mages; le musée de la Merced, k Séville, le Ravissement de saint Thomas de Villeneuve, le Chris! en croix, la Vierge de las Citevas (des Cavernes), Saint Hugues et saint Bruno, un Réfectoire de dominicains (chef-d'œuvre), deux Moines, le portrait d'un pape et celui d'un cardinal; l'hôpital de la Charité, k Séville, le portrait du fondateur de cet hospice; le musée de Valence, Saint Benoit tenant une tête de mort, et une Vierge. Les œuvres de Zurbaran sont assez peu répandues hors d'Espagne. Le Louvre en possède deux, depuis quelques années seulement, Saint Pierre Nolasque et saint Raymond et les Funérailles d'un évêque, provenant de la vente Soult (le premier de ces tableaux a été payé 19,500 fr. et le deuxième 5,000 fr.). Des figures de Saint François d'Assise, attribuées à Zurbaran, se voient dans les musées de Besançon, de Nantes, de Lyon. La pinacothèque du Munich a deux tableaux : Saint François eit extase et laVierjje et saint Jean sur le chemin du Golgotha; la galerie de Dresde, un Saint François d'Assise et Saint Célestin visité par un ange; le musée de Berlin, un sujet de la vie de Saint Pierre Nolasque et un Christ au prétoire; le musée de l'Ermitage, Saint Laurent; la National Gallery, Saint François en extase; la galerie du duc de Suthèrland : une Madone, le Christ à Emmaûs, des Moines; la collectioi: An M. W.Stirling, une Vierge, Sainte Juste et sainte Ruffine, le Mariage de sainte Catherine; la collection de miss Ford, en Angleterre, une Madeleine, le portrait du peintre et celui da sa fille; la galerie de lord Elcho, la Vierge dans une gloire; la galerie Stafford, des Moines, l'Enfant Jésus; la galerie Esterhazy, à. Vienne, une tête de Vierge,- la galerie du duc de Galbera, à Paris, Sainte Ursule et Sainte Euphémte (provenant de la vente Soult), etc.

ZURCENA, bourg d'Espagne, province de Grenade, à 22 kilom. N.-O. de Vera, sur l'Almanzora; 2,500 hab.

ZURCHRR (Frédéric), savant français, né k Mulhouse en 1816. Elève rie l'Ecole polytechnique, il entra ensuite dans la marine, servit avec distinction et devint lieutenant de vaisseau. Ayant quitté le service, M. Zurcher s'est adonné k des travaux scientifiques et s'est rangé dans le groupe des écrivains qui se sont attachés k vulgariser la science et k la rendre accessible k tous. Il a composé la plupart de ses ouvrnges en collaboration avec M. Elie Margollé, comme lui lieutenant de vaisseau en retraite. Outre une traduction de la Géographie physique de F. Maury, on lui doit : les Phénomènes de l'atmosphère (1862, in-16), faisant partie de la Bibliothèque utile; les Météores (1864, in-12, avec 23 vignettes sur bois); les Tempêtes (1804, in-12); les Glaciers (1867, in-18); Histoire de la navigation (1867, in-18). On doit encore k M. Zurcher : les Etoiles filantes (1870, in-18) ; Los Vénlisqueros (1870, in-18) ; le Monde sousmarin (1874, in-18); les Ascensions célèbres aux plus hautes montagnes du globe (1874, in-18), etc. Les ouvrages de ce savant vulgarisateur sont écrits dans un style simple, net, clair, qui convient particulièrement k ce genre de travaux.

ZDRI, île de l'empire d'Autriche, dans l'Adriatique, près des côtes de Dalmatie, dans le groupe de Sebenico, à 28 kilom. S.-O. de la ville de ce nom ; 10 kilom. de longueur sur l kilom. 500 de largeur. Elle est fertile en vignes et oliviers.

ZURICH, en latin Turicum, Tigurum fit Duregum, ville de Suisse, ch.-l. du canton de son nom, sur la Liinmat, k sa sortie du lac de Zurich et k son confluent avec la Sihl, à 70 kilom. S.-E. de Bâle, k 87 kilom. N.-E. de Berne et à 37 kilom. N.-E. de Lucerne, par 47» 22' de latit. N. et 6« 48' de longit. E. ; 40,000 hab. Avant la révolution de 184S, Zurich était l'un des trois sièges ;ilternaiifs de la diète suisse et du gouvernement fédéral; tribunal suprême et tribunal criminel du canton, synode et directoire ecclésiastique, université , institut de sourds-muets , écolo fédérale polytechnique, institut de médecine et de chirurgie, bibliothèque publique, cabinets de médailles et d'histoire naturelle, jardin botanique, arsenal, maison de force et de correction. Zurich est surtout une ville manufacturière, et, parmi les différentes branches d'industrie dont elle est le foyer ou le centre, les deux plus importantes et les plus remarquables sont, sans contredit, la fabrication des étoffes de soie et les manufactures de coton, répandues sur tout le nord-est de la Suisse. Toutes les deux travaillent pria-

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cipalement pour l'exportation et font concurrence aux soieriei de Lyon et aux cotonnades anglaises sur les marchés du nouveau inonde comme sur cjux du Levant. A ces deux grandes, branchns d'industrie se rattachent un grand non bre de teintureries et d'ateliers pour impression sur étolfes. On fabrique, en outre, dans cette ville des draps, des casimirs et des fls.nelles, du cuir, du papier ordinaire et de t( nture, du tabac, savon, chandelles,vinaigie, kirsch, pianos, chapeaux de paille et des machines à vapeur. Cette ville est aussi le principal marché de la Suisse pour les soiei grèges et les autres matières premières cui alimentent son industrie, telles que cuton, teintures et drogueries, céréales, métaux, quincaillerie, mercerie , etc. L'acliviti commerciale de Zurich ne se borne pus à l'expédition et à la commission ; les opérations de banque et de recouvrement avec les principales places de l'Europe et d'Amériqi e y ont également leur importance. Unie par des voies ferrées avec toutes les parties de la confédération helvétique et les principaux centres commerciaux de l'Europe, elle se trouve dans une position intermédiaire des plun avantageuses pour le commerce avec l'Allemagne, la France et l'Italie,

Rien de plus ravissint que la situation de cette ville. Placée à .'extrémité septentrionale d'un lac délicieux, elle est entourée ù l'Jî. par une eiieeintu de coteaux fertiles, couverts de vignes e( couronnés de forêts; à 10. s'élèvent d'auties collines, ornées de vignes, de poiriers et de vergers, au-dessus desquels on découvre eHatliberg, qui forme la plus haute sommits de l'Albis; au N.-O. s'étend une plaine très-bien cultivée. LesRomainsavaienteréé dansées lieux un établissement et une étape. L'snceinte qu'occupait à une époque moins reculée la ville de Zurich, alors entièrement situce sur la rive droite de la Limmat, était indiquée par plusieurs tours. L'église cathédrale (Gross- Munster) et la demeure des chanoines se trouvent hors des murs et au milieu dt s vignes. Sur la rive gauche étaient la céljbre abbiye de Fraumunster et le Lindemiof, place où l'on rendait la justice; une pet te chapelle, consacrée à saint Pierre, s'éle vi.it dans le voisinage. C'est autour de ces bâtiments que se forma la partie de Zurich q l'on appelle la petite ville. Sur l'autre rive, la cathédrale et les vastes faubourgs de l'Oberdorf et du Niederdorf furent réunis a 1 » vieille cité, laquelle, ainsi que la nouvelle fut pour la seeoude fois entourée de murs et de tours. La ville de Zurich resta duns lis limites de cette enceinte jusqu'au milieu iu xvir8 siècle, où l'étendue qu'elle occupe aujourd'hui fut déterminée par les fortifications dont on la munit. De nos jours, ces fortifications ont été détruites pour agrandir la ville et élargir quelques-unes de ses principales rues. Malgré ces améliorations, la v ille est généralement mal bâtie ; ses rues son . étroites, irrégulières, mal pavées et ont consarvé tout le caractère des villes du moyen âge, Les deux parties de la ville communiquent enire elles par trois ponts sur la Limmat. Au milieu de ce fouillis de rues, de cette agglomération de maisons anciennes, on remarqua quelques beaux édifices : l'hôtel dé ville ou palais du gouvernement, construit au xviie siècle; la belle église de Fraumunster, riche et célèbre abbaye de femmes fondee par Louis le Germanique en 853 ; le3 oglises Gross Munster et Sankt-Peter, dans laquelle Lavater prêcha pendant vingt -trois ans; l'ancienne église des dominicains; la maison des orphelins, celle des aliénés; la tour de Waltemberg, qui s'élève en. uc point où la Limmat sort du lac.

Zurich existait, comne nous l'avons dit, au temps des Romains ; d îclarée ville libre impériale en 1218, elle na tarda pas à secouer le joug de la noblesse qui la gouvernait, et, après s'être alliée aux cantons de Schwitz, d Uri, d'Unterwald et de Lucerne pour lut- ■ ter contre les ducs d'Autriche, elle fut admise eu 1351 dans la ligue des cantons helvétiques. Mais, en liite a\ec Claris et Schwitz pour la possession du Tockemberg depuis 1436, elle s'allii avec l'Autriche en 1439 et ne rentra dans la confédération qu'en 1450. Zwingle y prêcha la Réforme dès 1516. Les ehviroiis de Zurich ont été illustrés pur deux victoires méinora Mes, la première remportée par les Suisses :.ur les Autrichiens le 22 juillet 1443; la seconde, par les Français sur les Russes les 25 et 26 septembre 1799 (v. ci-après). Patrie de Gessner , de Simler, as Lavater, de Fuesli et de Pestalozzi.

Zurich (BATAILLE DE),

sur les Russes les 25 Tandis que Bonaparte q séna occupait en Suiss mat, attendant toujour ble pour reprendre 1 Russes et les Autrichi le prestige de nos ar.

double défaite, à Novi ces entrefaites, le con: raisons que nous n'a1 ici, décida que l'archii rait en Suisse avec le kof, serait envoyé sur varow, qui agissait de Mêlas, irait le rempla les troupes de même

gagnée par Masséna at 20 septembre 1799.

uiltait l'Egypte, Mase la ligne de la Lnns un moment favoraoli'eusive contre les îus réunis et relever nés, affaibli par une

et à la Trebbia. Sur eil aulique, pour des 'ons pas à exposer lue Charles, qui opégénéral russe Korsa-

le Khin et que Sou-

oncert en Italie avec cer, de manière que

nation fussent reu-

ZURI

nies ensemble. Il fallait être bien aveugle pour ordonner un tel mouvement en présence d'un adversaire tel que Masséna. Celui-ci, en effet, entrevit avec une admirable justesse de coup d'œil l'espoir, la certitude même d'écraser les Russes de Korsakof après le départ de l'archiduc Charles et avant l'arrivée de Souvarow, car il était impossible que ce double mouvement s'exécutât simultanément et à jour fixe. Toutefois, l'ennemi crut parer à cet inconvénient en laissant sur la Lint le général Hotze avec le corps autrichien duVorarlberg, afin de tendre la main à, Souvarow arrivant d'Italie. Mais Masséna comptait bien déjouer cette disposition. Quoique inférieur en forces, il avait l'avantage de pouvoir concentrer sa masse sur le point principal, et il espérait bien, avec les 37,000 hommes qu'il avait sous la main, écraser Korsakof qui n'en avait que 26,000 à lui opposer, puis se rejeter sur Hotze, qui n'en avait que 25,000, et enfin accabler Souvarow lui-même, arrivant en Suisse avec 1S,000 hommes en face d'un adversaire vainqueur. Instruit des projets des ennemis, Masséna résolut de devancer d'un jour son attaque générale, qu'il fixa au 25 septembre (1799). Il prit ses dispositions de manière à masquer plutôt qu'il attaquer le point de Zurich, où Korsakof s'était concentré, en avant de la Limmat, après avoir laissé seulement 3 bataillons à Closter-Fuhr pour garder une position où cette rivière est plus accessible et avoir envoyé le général Durasof avec une division au confluent de la Limmat et de l'Aar, pour surveiller ce point.

A cinq heures du matin, Masséna commença son mouvement; la division Lorges, avec une partie de la division Mesnard, s'ébranla pour franchir la Limmat. à Closter- Fahr, passage pour lequel toutes les dispositions avaient été admirablement prises. Le général Foy, qui commandait l'artillerie à celte immortelle bataille, eut bientôt éteint le feu des 3 bataillons russes établis sur ce point; 600 hommes traversèrent intrépidement la rivière sur des barques et atteignirent bientôt l'autre rive ; puis le général Cazan leur adjoignant un renfort suffisant, on marcha sur les 3 bataillons, qui se défendirent vaillamment et se rirent tuer jusqu'au dernier homme. En quelques instauts, 15,000 Français se portèrent au delà de la rivière et furent disposés de manière à converger sur Zurich. A gauche, Mesnard avec une autre partie de sa division retenait Durasof sur la basse Limmat par ses démonstrations, tandis qu'a droite Mortier s'avançait sur Zurich par Wollishofen. Mais alors celui-ci se heurta contre la niasse des troupes russes et dut se replier jusqu'à ce que, renforcé par la division Klein et 4,000 grenadiers du général Humbeit, il eût rétabli le combat, refoulé les Russes et les eût enfermés dans Zurich. En même temps, Oudinot, avec les 15,000 hommes qui avaient franchi la Limmat à Closter-Fahr, remontait cette rivière, de sorte qu'à la fin de la journée Korsakof se vit bloqué dans Zurich avec 18,000 hommes devant lui et 15,000 sur ses derrières; un immense désastre l'attendait pour le lendemain.

« Korsakof, dit M. Thiers, s'était enfin aperçu de sa position et avait porté ses troupes dans l'autre partie de Zurich, en arrière de la Limmat. Durasof, sur la basse Limmat, apprenant enfin le passage, s'était dérobé et, évitant la brigade Boiitemps par un détour, était venu regagner la route de Winterlhur, Le lendemain, 4 vendémiaire (2ûseptembre),le combat devaitêlre acharné, car les Russes voulaient se faire jour, et les Fiançais voulaient recueillir d'immenses trophées. Le combat commença de bonne heure. La malheureuse ville de Zurich, encombrée d'artillerie, d'équipages, de blessés, attaquée do tous côcéSj était comme enveloppée de feux. De ce coté-ct de la Limmat, Mortier et Klein l'avaient abordée et étaient près d'y pénétrer. Au delà, Oudinot la serrait par derrière et voulait fermer la route à Korsakof. Celte route de Winterthur, théâtre d'un combat sanglant, avait été prise et reprise plusieurs fois. Korsakof, songeant enfin à se retirer, avait mis son infanterie en tète, sa cavalerie au centre , son artillerie et ses équipages a la queue. Il s'avançait ainsi formant une longue colonne. Sa brave infanterie, chargeant avec furie, renverse tout devant elle et s'ouvre un passage ; mais quand elle a passé avec une partie de la cavalerie, les Français reviennent à la charge, attaquent le reste de la cavalerie et des bagages et les refoulent jusqu'aux portes de Zurich. Au même instant, Klein, Mortier y entrent de leur côté. On se bat dans les rues. L'illustre et malheureux Lavater, voulant désarmer des soldats furieux, est atteint d'une balle et tué. Enfin, tout ce qui était resté dans Zurich est obligé de mettre bas les armes; 100 pièces de canon, tous les bagages, le personnel administratif, le trésor de l'armée et 5,000 prisonniers deviennent la proie des Français. Korsakof avait eu , eu outre, 8,000 hommes hors de combat dans cette lutte acharnée ; 8,000 et 5,000 faisaient 13,000 hommes perdus, c'est-à-dire la moitié de son armée. Les grandes batailles d'Italie n'avaient pas présenté des résultats plus extraordinaires. Les conséquences pour le reste de la campagne n'allaient pas être moins grandes que les résultats matériels!

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Korsakof, avec 13,000 hommes au plus, se hâta de regagner le Rhin. »

Tandis que la ville de Zurich était le théâtre de ces sanglantes péripéties, Soult franchissait la Lint au-dessus du lae de Zurich et abordait le corps autrichien de Hotze. Celui-ci accourut aussitôt au lieu du danger; mais presque au même moment il tomba frappé à mort. Le général Petrasch, qui lui succéda dans le commandement, essaya en vain d'arrêter nos soldats et de les rejeter dans la Lint; il fut obligé de battre en retraite sur Sainl-Gall et le Rhin, laissant entre nos mains 3,"000 prisonniers et une partie de ses canons. Ainsi donc, près de 60,000 hommes, après avoir éprouvé des pertes immenses, étaient rejetéa de la Limmat sur le Rhin.

Pendant ce temps-là, que faisait Souvarow? Parti d'Italie à la tête de 18,000 hommes, il était arrivé le 21 septembre au pied du Saint-Gothard, dont les passages étaient gardés par le général Lecourbe. Il réussit d'abord, grâce à la supériorité de ses forces, à se frayer une route à travers des défilés et des précipices affreux, où ses soldats, ne pouvant passer qu'un à un, étaient décimés par nos tirailleurs. Les sentiers de ces âpres montagnes étaient couverts d'équipages, de chevaux, de soldats mourant de fuim ou de fatigue. Bientôt, il se vit assailli en tête et en queue par Masséna, qui arrivait du cô:é de Schwitz avec la division Mortier, et par Molitor, qui occupait le défilé du Kloenthul, vers les bords de la Lint.

« Souvarow, après avoir livré des combats sanglants et meurtriers, coupé de toutes les routes, rejeté sur Glaris, n'avait d'autre ressource que de remonter la vallée d'Engi pour se jeter dans celle du Rhin. Mais cette route était encore plus affreuse que celle qu'il avait parcourue. Il s'y décida cependant, et, après quatre jours d'efforts et de souffrances inouïes, il atteignit Coire et le Rhin. De ses 18,000 hommes, il eu avait à peine sauvé 10,000. Les cadavres de ses soldats emplissaient les Alpes. Ce barbare, prétendu invincible, se retirait couvert de confusion et plein de rage. En quinze jours, plus de 20,000 Russes et 5,000 à 6,000 Autrichiens avaient succombé. Les armées prêtes a nous envahir étaient chassées de la Suisse et rejetées en Allemagne. La coalition était dissoute, car Souvarow, irrité contre les Autrichiens, ne voulait plus servir avec eux. On peut dire que la France était sauvée.

» Gloire éternelle à Masséna, qui venait d'exécuter l'une des plus belles opérations dont l'histoire de la guerre fasse mention, opération qui nous avait sauvés dans un moment plus périlleux que celui de Valmy et celui de Fleurus 1 11 faut admirer les batailles grandes par la conception ou le résultat politique ; mais il faut célébrer surtout celles qui sauvent. On doit l'admiration aux unes et la reconnaissance aux autres. Zurich est le plus beau fleuron de Masséna, et il n'en existe de plus beaux dans aucune couronne militaire. «(Thiers, Histoire de la Révolution.)

Zurich (traité db), conclu le 10 novembre 1859 entre la France et l'Autriche. Ce traité, qui n'était que la suite des préliminaires de paix arrêtés à Villafranca, mettait fin à cette guerre d'Italie qui, d'après la solennelle déclaration de Napoléon III, devait avoir pour résultat l'affranchissement de l'Italie tout entière, depuis les Alpes jusqu'à l'Adriatique. Au lieu d'en faire l'analyse, pour que nos lecteurs en aient une connaissance plus exacte et plus complète, nous le reproduisons ici textuellement :

Article Ie'. 11 y aura, à l'avenir, paix et amitié entre Sa Majesté l'empereur des Français et Sa Majesté l'empereur d'Autriche, ainsi qu'entre leurs héritiers et successeurs, leurs Etats et sujets respectifs, à perpétuité.

Art. 2. Les prisonniers de guerre seront immédiatement rendus de part et d'autre.

Art. 3. Pour atténuer les maux de la guerre et par une dérogation exceptionnelle à la jurisprudence généralement consacrée, les bâtiments autrichiens capturés qui n'ont point encore été l'objet d'une condamnation de la part du conseil des prises seront restitués.

Les bâtiments et chargements seront rendus dans l'état où ils se trouveront lors de la remise, après le payement de toutes les dépenses et de tous les frais auxquels auront pu donner lieu la conduite, la garde et l'instruction desdites prises, ainsi que du fret acquis aux capteurs ; et, enfin, il ne pourra être réclamé aucune indemnité pour raison de prises coulées ou détruites, pas plus que pour les préhensions exercées sur les marchaudises qui étaient propriétés ennemies, alors même qu'elles n'auraient pas encore été l'objet d'une décision du conseil des prises.

Il est bien entendu, d'autre part, que les jugements prononcés par le conseil des prises sont détinitifs et acquis aux ayants droit.

Art. 4. Sa Majesté l'empereur d'Autriche renonce pour lui et tous ses descendants et successeurs, en faveur de Sa Majesté l'empereur des Français, à ses droits et titres sur la Lombardie, à l'exception des forteresses de Peschiera et de Mantoue, et des territoires déterminés par la nouvelle délimitation qui restent en la possession de Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique.

La frontière, partant de la limite méridio-

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nale du Tyrol, sur le lac de Garda, suivra le milieu du lac jusqu'à la hauteur de Bardolino et de Manerba, d'où elle rejoindra en ligne droite le point d'intersection de la zone de défense de la place de Peschiera avec le lac de Garda.

Cette zone sera déterminée par une circonférence dont le rayon, compté à partir du centre de la place, est fixé à 3,500 mètres, plus la distance dudit centre au glacis du fort le plus avancé. Du point d'intersection de la circonférence ainsi désignée avec le Mincio, la frontière suivra le thalweg de la rivière jusqu'à Le Grazie, s'étendra de Le Grazie, en ligne droite, jusqu'à Scorzarolo, suivra io thalweg du t'ô jusqu'à Luzzara, point à partir duquel il n'est rien changé aux limites actuelles telles qu'elles existaient avant lu guerre.

Une commission militaire, instituée par les gouvernements intéressés, sera chargée d'exécuter le tracé sur le terrain, dans le plus bref délai possible.

Art. 5. Sa Majesté l'empereur des Français déclare son intention de remettre à Sa Majesté le roi de Sardaîgne les territoires cédés par l'article précédent.

Art. 6. Les territoires encore occupés en vertu de l'armistice du S juillet dernier seront réciproquement évacués par les puissances belligérantes, dont les troupes se retireront immédiatement en deçà des frontières déterminées par l'article 4.

Art. 7. Le nouveau gouvernement de la Lombardie prendra à sa charge les trois cinquièmes de la dette du Monte-Lombardo- Veneto.

Il supportera également une portion de l'emprunt national de 1854, fixée entre les hautes parties contractantes à 40 millions de florins (monnaie de convention).

Le mode de payement de ces 40 millions de florins sera déterminé dans un article additionnel.

Art. 8. Une commission internationale sera immédiatement instituée pour procéder à la liquidation du Monte-Loiubardo-Veueio. La partage de l'actif et du passif de cet établissement s'effectuera en prenant pour base la répartition de trois cinquièmes pour le nouveau gouvernement et de deux cinquièmes pour 1 Autriche.

De l'actif du fonds d'amortissement du Monte et de sa caisse de dépôts consistant en effets publics, le nouveau gouvernement recevra trois cinquièmes, et 1 Autriche deux cinquièmes; et quant àla partie de l'actif qui se compose de biens-fonds ou de créances hypothécaires, la commission effectuera lo partage en tenant compte de la situation des immeubles, de manière à en attribuer lu propriété, autant que faire se pourra, à celui des deux gouvernements sur le territoire duquel ils se trouvent situes.

Quant aux différentes catégories de dettes inscrites jusqu'au i juin 1S59 sur le Mouie- Lombardo-Veneto et aux capitaux places à intérêt à la caisse de dépôts dufond., d 'amortissement, le nouveau gouvernement se charge pour trois cinquièmes et l'Autriche pour deux cinquièmes, soit de payer les intérêts, soit de rembourser le capital, conformément aux règlements jusqu'ici en vigueur. Les titres de créance des sujets autrichiens entreront de préférence dans la quote-part de l'Autriche, qui, dans un uélai de trois mois à partir de l'échange des ratifications, ou plus lot, si faire se peut, transmettra au nouveau gouvernement de la Lombardie des tableaux spécifiés de ces titres.

Art. 9. Le nouveau gouvernement do la Lombardie succède aux droits et obligations résultant de contrats régulièrement stipules par l'administration autrichienne pour des objets d'intérêt public concernant spécialement le pays cédé.

Art. io. Le gouvernement autrichien restera chargé du remboursement de toutes les sommes versées par les sujets lombards, par les communes, établissements publics et corporations religieuses dans les caisses publiques autrichiennes, à titre de cautionnements, dépôts ou consignations.

De même, les sujets autrichiens, communes, établissements publics et corporations religieuses qui auront versé des sommes, a tara de cautionnements, dépôts ou consignations, dans les caisses de la Lombardie, nerout exactement remboursés par le nouveau gouvernement.

Art. il. La nouveau gouvernement de la Lombardie reconnaît et confirme les concessions de chemins de fer accordées par le gouvernement autrichien sur le territoire cédé, dans toutes leurs dispositions et pour toute leur durée, et nommément les concessions résultant des contrats passés en date des 14 mars 1856, S avril 1857 et £3 septembre 1858.

A partir de l'échange des ratifications du présent traité, le nouveau gouvernement est subrogea tous les droits et à toutes les obligations qui résultaient, pour le gouvernement autrichien, des concessions précitées, en ce qui concerne les lignes de chemins de fer situées sur le territoire cédé.

En conséquence, le droit de dévolution, qui appartenait au gouvernement autrichien à l'égard de ces chemins de fer, est transféré au nouveau gouvernement de la Lombardie.

Les payements qui restent à faire sur la

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somme due à l'Etat par les concessionnaires en vertu du contrat du 14 mars 1856, comme équivalent des dépenses de construction desdits chemins, seront effectués intégralement dans le trésor autrichien.

Les créances des entrepreneurs de constructions et des fournisseurs, de même que les indemnités pour expropriations de terrains, sa rapportant à la période où les chemins de fer en question étaient administrés pour la compte de l'Etat et qui n'auraient pas encore été acquittées, seront payées par le gouvernement autrichien, et, pour autant qu'ils y sont tenus en vertu de l'acte de concession, par les concessionnaires, au nom du gouvernement autrichien.

Une convention spéciale réglera, dans le plus bref délai possible, le service international des chemins de fer entre les pays respectifs.

Art. 12. Les sujets lombards domiciliés sur le territoire cédé par le présent traité jouiront, pendant l'espace d'un an, à partir de l'échange des ratifications, et moyennant une déclaration préalable à l'autorité compétente, de la faculté pleine et entière d'exporter leurs biens meubles en franchise de droits et de se retirer, avec leurs familles, dans les Etats de Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique; auquel cas la qualité de sujets autrichiens leur sera maintenue. Ils seront libres de conserver leurs immeubles situés sur le territoire de la Lombardie.

La même faculté est accordée réciproquement aux individus originaires du territoire cédé de la Lombardie, établis dans les Etats de Sa Majesté l'empereur d'Autriche.

Les Lombards qui profiteront des présentes dispositions ne pourront être, du fait de leur option, inquiétés, do part ni d'autre, dans leurs personnes ou dans leurs propriétés situées dans les Etats respectifs.

Le délai d'un an est étendu a deux, ans pour les sujets originaires du territoire cédé de la Lombardie qui, à l'époque de l'échange des ratifications du traité, se trouveront hors du territoire de la monarchie autrichienne. Leur déclaration pourra être reçue par la mission autrichienne la plus voisine, ou par l'autorité supérieure d'une province quelconque de la monarchie.

Art. 13. Les sujets lombards faisant partie de l'armée autrichienne, à l'exception de ceux qui sont originaires de la partie du territoire lombard réservée à Sa Majesté l'empereur d'Autriche par le présent traité, seront immédiatement libérés du service militaire et renvoyés dans leurs foyers.

Il est entendu que ceux d'entre eux qui déclareront vouloir rester au service de Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique ne seront point inquiétés pour ce fait, soit dans leurs personnes, soit dans leurs propriétés.

Les mêmes garanties sont assurées aux employés civils originaires de la Lombardie qui manifesteront 1 intention de conserver les fonctions qu'ils occupent au service de l'Autriche.

Art. 14. Les pensions, tant civiles que militaires, régulièrement liquidées, et qui étaient à la charge des caisses publiques de la Lombardie, restent acquises à leurs titulaires, et, s'il y a lieu, à leurs veuves et à leurs enfants, et seront acquittées à l'avenir par le nouveau gouvernement de la Lombardie.

Cette stipulation est étendue aux pensionnaires, tant civils que militaires, ainsi qu'à leurs veuves et enfants, sans distinction d'origine, qui conserveront leur domicile dans le territoire cédé, et dont les traitements, acquittés jusqu'en 18 1 4 par le ci-devant royaume d'Italie, sont alors tombés à la charge du trésor autrichien.

Art. 15. Les archives contenant les titres de propriété et documents administratifs et de justice civile, relatifs soit à la pa-rtie da la Lombardie dont la possession est réservée à Sa Majesté l'empereur d'Autriche par le présent traité, soit aux provinces vénitiennes, seront remises aux' commissaires de Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique aussitôt que faire se pourra.

Réciproquement, les titres de propriété, documents administratifs et de justice civile concernant ie territoire cédé, qui peuvent se trouver dans les archives do l'empire d'Autriche , seront remis aux commissaires du gouvernement de la Lombardie.

Les hautes parties contractantes s'engagent à se communiquer réciproquement, sur la demande des autorités administratives supérieures, tous les documents et informations relatifs à des affaires concernant à la fois la Lombardie et la Vénétie, ■

Art. 16. Les corporations religieuses établies en Lombardie pourront librement disposer de leurs propriétés mobilières et immobilières, dans la cas où la législation nouvelle sous laquelle elles passent n'autoriserait pas le maintien de leurs établissements.

Art. 17. Sa Majesté l'empereur des Français se réserve de transférer a Sa Majesté le roi de Sardaigne, dans la forme consacrée des transactions internationales, les droits et obligations résultant des articles 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, U, 15 et 16 du présent traité.

Art. 18. Sa Mujesté l'empereur des Français et Sa Majesté l'empereur d'Autriche s'engagent à favoriser de tous leurs efforts la création d'une confédération entre les Etats italiens, qui serait placée sous la présidence honoraire du saint-père, et dont le

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but serait de maintenir l'indépendance et l'inviolabilité des Etats confédérés, d'assurer le développement da leurs intérêts moraux et matériels, et de garantir la sûrelé intérieure et extérieure de l'Italie par l'existence d'une armée fédérale.

La Vénétie, qui reste placée sous la couronne de Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique, formera un des Etats de cette confédération et participera aux obligations comme aux droits résultant du pacte fédéral, dont les clauses seront déterminées par une assemblée composée des représentants de tous les Etats italiens.

Art. 19. Les circonscriptions territoriales des Etats indépendants de l'Italie qui n'étaient pas parties dans la dernière guerre ne pouvant être changées qu'avec le concours des puissances qui ont présidé à leur formation et reconnu leur existence, les droits du trand-duc de Toscane, du duc de Modèna et u duc de Parme sont expressément réservés entre les hautes parties contractantes.

Art. 20. Désirant voir assurés la tranquillité des Etats de l'Eglise et le pouvoir du saint-père ; convaincus que ce but ne saurait être plus efficacement atteint que par l'adoption d'un système approprié aux besoins des populations et conforme aux généreuses intentions déjà, manifestées du souverain pontife, Sa Majesté l'empereur des Français et Sa Majesté l'empereur d'Autriche uniront teurs efforts pour obtenir de Sa Sainteté que la nécessité d'introduire dans l'administration de ses Etats les réformes reconnues indispensables soit prise par son gouvernement en sérieuse considération.

Art. 21. Pour contribuer de tous leurs efforts à la pacification de3 esprits, les hautes parties contractantes déclarent et promettent que, dans leurs territoires respectifs et dans les pays restitués ou cédés, aucun individu compromis à l'occasion des derniers événements de la Péninsule, de quelque classe et condition qu'il soit, ne pourra être poursuivi, inquiété ou troublé dans 3a personna ou dans sa propriété, à raison do sa conduite ou de ses opinions politiques.

Art. 22. Le présent traité sera ratifié, et les ratifications en seront échangées à Zurich dans l'espace de quinze jours, ou plus tôt, si faire se peut.

— Article additionnel. Le gouvernement de Sa Majesté l'empereur des Français s'engage envers le gouvernement da Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique à effectuer pour le compte du nouveau gouvernement de la Lombardie, qui lui en garantira te remboursement, le payement des 40 millions de florins (monnaie de convention) stipulés par l'article 7 du présent traité, dans le mode et aux échéances ci-après déterminés :

8 millions de florins seront payés en argent comptant, moyennant un mandat paya- Ole à Paris, sans intérêts, à l'expiration du troisième mois, à dater du jour de la signature du présent traité, et qui sera remis aux plénipotentiaires de Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique lors de l'échange des ratifications.

Le payement des 32 millions de florins restants aura lieu à Vienne en argent comptant et en dix versements successifs à effectuer, de deux mois en deux mois, en lettres de change sur Paris, à raison de 3,200,000 florins (monnaie de convention) chacune. Le premier de ces dix versements aura lieu deux mois après le payement du mandat de 8 millions de florins ci-dessus stipulé. Pour ce terme, comme pour tous les termes suivants, les intérêts seront comptés à 5 pour 100 à partir du premier jour du mois qui suivra rechange des ratifications du présent traité.

Le présent article additionnel aura la mémo force et valeur que s'il était inséré mot à mot au traité de ce jour.

Il sera ratifié en un seul acte, et les ratifications en seront échangées en même temps.

Le même jour, 10 novembre 1859, un autre traité fut conclu entre la France et la Sardaigne, pour la cession de la Lombardie à cette dernière puissance. Voici les termes de ce second traité :

Article 1er. L'objet de cet article est de rappeler les conventions établies entre la France et l'Autriche par la traité précédent.

Art. 2. Sa Majesté le roi de Sardaigne, en prenant possession des territoires à lui cédés par Sa Majesté l'empereur des Français, accepte les charges et conditions attachées à cette cession, telles qu'elles sont stipulées dans les articles 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15 et 16 du traité conclu en date de co jour entre Sa Majesté l'empereur des Français et Sa Majesté l'empereur d'Autriche, qui sont ainsi conçus (comme aux articles précités).

Art. 3. Par l'article additionnel au traité conclu en date de ce jour entre Sa Majesté l'empereur des Français et Sa Majesté l'empereur d'Autriche, le gouvernement français s'étant engagé vis-à-vis du gouvernement autrichien à effectuer, pour le compta du nouveau gouvernement.de la Lombardie, la payement des 40 millions de florins (monnaie do convention) stipulés par l'urticlo 7 du traité précité, Sa Majesté le roi de Sardaigne, en conséquence des obligations qu'il a acceptées par l'article précédent, s'engage à rembourser cette somma à la France de la manière suivante ;

Le gouvernement sarde remettra à celui

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de Sa Majesté l'empereur des Français des titres de rente sarde 5 pour 100 au porteur, pour une valeur de 100 millions de francs. Le gouvernement français les accepte au cours moyen de la Bourse de Paris du 29 octobre 1S59. Les intérêts de ces rentes courront au profit de la France à partir du jour de la remise des titres, qui aura lieu un mois après l'échange des ratifications du présent traité.

Art. 4. Pour atténuer les charges que la France s'est imposéesdansladernière guerre, le gouvernement de Sa Majesté le roi de Sardaigne s'engage a rembourser au gouvernement de Sa Majesté l'empereur des Français une somme de 60 millions de francs, pour le payement de laquelle une rente S pour 100 de 3 raillions sera inscrite sur le grand-livre de la dette publique de Sardaigne. Les titres en seront remis au gouvernement français, qui les accepta au pair. Les intérêts de ces rentes courront, au profit de la France, à partir du jour de la remisa des titres, qui aura lieu un mois après l'échange des ratifications.

Art. 5. Le présent traité sera ratifié, et les ratifications en seront échangées a Zurich dans un délai de quinze jours, ou plus tôt, si faire se peut.

En foi de quoi, les plénipotentiaires respectifs l'ont signé et y ont apposé le sceau de leurs armes.

Fait a Zurich le dixième jour du mois da novembre de l'an da grâce mil huit cent cinquante-neuf.

ZURICH (canton de), un des vingt-deux cantons de la confédération helvétique, au N. Il est compris entre le grand-duché de Bade et le canton de Schaffhouse au N., lus cantons d'Argovie à l'O., de Zug et de Sehwitz au 8., de Saint-Gall et de Thurgovieàl'E., par 470 9' -470 51' de latit. N. et 60 2' - 6« 29' de longit. 15. 11 mesure 54 kilom. du N. au S. et 40 kilom. dans sa plus grande largeur; superficie, 1,723 kilom. carrés. D'a- ■ près le recensement de décembre 1870, la population du canton est de 284,000 hab., sur lesquels on compte ■ 263,000 protestants et 17,000 catholiques. A l'exception de quelques montagnes peu élevées, le sol de ce canton se compose de collines et de plaines; aucune hauteur n'atteint la limite des neiges. Il y a trois chaînes de montagnes qui traversent le territoire de Zurich : sur la frontière orientale , celle de l'Altmann , de laquelle le Hornli est ordinairement considéré comme la plus haute sommité ; la seconde chaîne, celle du Lagern, qui forme un embranchement du Jura, entre dans le canton à l'O.; la troisième, celle de l'Albis, à l'O. du lac de Zurich et parallèle à la direction de ce dernier, se prolonge vers le canton d'Argovie. Dans la partie où l'Altmann commence a s'abaisser, on trouve au N.-E. la contrée qui est la plus fertile de tout le pays; les belles plaines dont elle est composée s'étendent entre laToss, la Tour, la Mourgue et le Rhin jusqu'à Sehatfhouss. A l'O. do l'Altmann se déploie une large vallée, arrosée par la tranquille ûlatt. On y remarque les lacs da Greit'ensée et de Pfaffigen et quantité de beaux villages et de campagnes fertiles ; elle s'étend jusqu'aux bords du Rhin dans la partie où 1 uue des dernières ramifications du Jura vient également aboutir. Elle est séparée par une chaîne de collines d'avec le bassin du lac de Zurich et de la Limmat. A l'opposite de cette chaîne s'étend celle de l'Albis ; l'espace contenu entre cette double chaîne de montagnes forme la délicieuse vallée qui renferme le lac de Zurich, ses bords enchanteurs et la capitale du canton. C'est aussi dans cette vallée que coule l'impétueuse Sihl et la Limmat, seule rivière navigable du canton, qui appartient tout entier au bassin du Rhin.

Le climat du canton de Zurich est tempéré, mais sujet à des changements fréquents et subits; on ne trouve dans le canton ni glaciers ni neiges perpétuelles. Le sot, naturellement peu fertile, est très-bien cultivé ; dans aucun des cantons de la Suisse l'agriculture n'est plus avancée que dans celui de Zurich. On y récolte des céréales à peu près pour la consommation des habitants, des pommes de terre, fourrages, fruits, vins rouges; la sylviculture y est très-avancée et très-productive; élève importante de gros bétail, moutons, porcs, chèvres; fabrication considérable de beurre et de fromages. Les richesses minérales de Zurich ne sont ni variées ni importantes; mentionnons cependant quelques exploitations de houille, tourbe, pierre U chaux hydraulique, terre k potier, marne et gypse. L'industrie manufacturière y est trèsavancée et a son centre principal dans la capitale du canton, qui est aussi, avec Baie et Genève, une des trois cités les plus commerçantes de la Suisse. Le canton de Zurich est le cinquième par l'ordre de son admission dans la confédération, le deuxième par sa population et le septième par son étendue. Sa constitution actuelle, toute démocratique, date de 1839 et a été revisée en 1863 et en 1809. La souveraineté appartient au peuple et est déléguée à un grand conseil de 212 membres, qui se renouvellent par moitié tous les deux ans. Ce conseil rédige les lois et décrets et nomme les députés à la diète fédérale. Le pouvoir exécutif est confié à un petit conseil composé de 25 membres

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élus directement par le peuple; son président est le premier magistrat du canton. Tout citoyen est électeur à vingt ans, éligible à trente et tenu au service militaire jusqu'à quarante ans. Depuis 1863, le canton de Zurich a remplacé le système représentatif par le vote direct du peuple entier, c'est-û-dire de tous les citoyens actifs, sur les projets de loi.

ZURICH (lac de), lac de la Suisse, situé dans les cantons de Zurich, de Schwitz et de Saint-Gall. Sa forme allongée et assez étroite offre plutôt l'aspect d'un grand fleuve que celui d'un lac; il s'allonge du N.-O. au S.-E. en formant un vaste croissant dont la convexité est tournée au S.-O.; Sa longueur est de 40 kilom. et sa plus grande largeur n'est que de 8 kilom. L'endroit le plus étroit est coupé par le pont de Rapperschwyl. Ce lac reçoit la Linth par son extrémité S.-E.; l'Aa y tombe à Lachen, au S.; enfin, la Limmat en sort par son extrémité N.-O., à Zurich môme. Le niveau moyen des eaux du lac est de 426 mètres au-dessus du niveau de la mer; en quelques endroits il a 200 mètres de profondeur. Le poisson y abonde. Ses rives sont riantes, bien cultivées et animées par une nombreuse population. La rive occidentale, escarpée et couverte en partie de forêts da sapins, se trouve dominée par la chaîne du l'Albis; la rive orientale offre des coteaux d'une pente plus douce et presque entièrement couverts de vignobles et d'innombrables habitations, qui semblent n'en faire qu'un immense et magnifique village.

ZURICHOIS, OISE s. et adj. (zu-ri-koi, oi-ze.) Géogr. Habitant de Zurich; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les Zurichois. La population zurichoise.

Des bisets zurichois font l'exercice sur vue petite place voisine de l'hôtel que j'habite, (V. Hugo.)

— s. f. Comm. Sorte de toile peinte.

Zurichois à Strn*bou»-çpour le (il* célébra

on §59« (arrivés diîS), tableau de Théophile Scliuler. Ce tableau, dû à un peintre alsacien de grand talent, parut au Salon de 1857 et obtint une mention honorable; il est aujourd'hui au musée de Strasbourg. C'est une grande toile, où figurent de très-nombreux personnages : au centre, sur un piédestal, est un vase couronné de (leurs qui contient le vin d'honneur offert selon 1 usage aux étrangers par leurs hôtes; au premier plan, on remarque des groupes soigneusement disposés-, le seul reproche qu'on pourrait faire au tableau, c'est de manquer d'unité ; il attire les regards sur trois points différents; pourtant la scène principale est bien en relief, et les petits épisodes qui l'encadrent ne la font jamais absolument perdre de vue. C'est plus encore par le dessiti que par la couleur que ce tableau est remarquable. Il n'est petit personnage, perdu dans cette foule immense, que le peintre n'ait dessiné avec le plus grand soin. Le souci de la ligna est apparent. Quant k la vérité historique, elle est aussi très-fidèlement observée.

ZURITA ou ÇUR1TA (Jérôme), en latin Suriin, historien espagnol, né d'une famille noble à Saragosse en 1512, mort dans la même ville en 1580. Envoyé à l'université d'Alcala, où il eut pour maître le savant Nuflez de Guzman, il y fit de brillantes études, attira par son mérite l'attention de Charles-Quiut, devint, en 1530, gentilhomme de la chambre du roi, chef des municipalités de Balbastro et d'Huesca, succéda par la

Garcias de Olivan,

suite a son beau -père,

comme secrétaire de 1 inquisition à Madrid et devint, en 1543, membre du conseil suprême de Castille, qui la chargea d'une mission en Allemagne. A son retour, il fut nommé par les certes historiographe d'Aragon, charge qui venait d'être créée (1549). A partir de ce moment jusqu'en 1567, Zurita s'oceupa exclusivement de remplir, à Ut satisfaction des états, ses devoirs d'historien. Il explora non-seulement les bibliothèques et les collections de l'Aragon , mais encore celles de l'Italie, de la Sicile, où il recueillit un nombre considérable de documents de la plus haute importance pour l'histoire d'Espagne, et Philippe II, parvenu au trône, rendit une ordonnance enjoignant à toutes les municipalités et à toutes les abbayes de ses Etats de lui ouvrir leurs archives et de lui communiquer tous leurs papiers seerets. En 1567, Zurita devint secrétaire particulier du roi, et, l'année suivante, le grand inquisiteur le chargea de toute la correspondance du saint office. Vers la fin de sa vie, il se retira au couvent des hiéronymites de Saragosse et légua en mourant sa riche bibliothèque aux chartreux de la même ville ; mais, en 1626, la plus grande partie des ouvrages dont elle se composait fut transportée k la bibliothèque de l'Escurial. Zurita est un des historiens les plus éminents de l'Espagne. Il apporta dans l'examen des preuves historiques un calme impartial, également éloigné d'une légèreté téméraire et d'une crédulité aveugle. Il s'était fait une idée juste do la manière de traiter l'histoire en philosophe et eu politique; il possédait les qualités qui font les grands historiens; malheureusement, son style n'est pas irréprochable, et il a encouru avec raison le reproche de prolixité. Il esta regretter, en outre, que les circonstances daus lesquelles il se

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trouvait placé et qun la crainte d'encourir la colère du soupçoi neux Philippe II ne lui aient pas permis de se débarrasser complètement des préjugés de religion et de parti. Le plus important de ses ouvrages a pour titre : Anales de la cironn de Aragon (Saragosse, 1562-1569, 6 vil. in-fol.). Ces annales s'étendent depuis les temps les plus reculés de l'histoire d'Espagne jusqu'à la mort de Ferdinand le Catholique et forment le plus riche recueil de documents que l'on possède sur cette période. Zurita y a montré particulièrement, par un enchaînement lumineux de faits, comment était :iée et comment s'était perfectionnée la corstitution nationale des provinces aragonaises. Ces annales ont été continuées par B.-L. d'Argensola et par V. de Blasco-Lanuza (1622, 2 vol. in-fol. j et ont été plusieurs foi.! rééditées. On doit, en outre, à Zurita : In lices rerum ab Aragonix regibus geslarum ab initiis regni ad annum 1410 (Saragosse, 1578, in-fol.), contenant un abrégé des Annales et une histoire de la conquête de 11 Sicile par les Normands ; Progressos dit la historia en el regno de Aragon de 1512 è 1580 (Saragosse, 1580, in-fol.), pour faire s-iite aux Annales; Enmiendas y advertencuis en las coronicas de los rets de Caslilla qie escrivio don Lopes de Ayale (Saragosse, i;,83). Il a laissé manuscrite une Historia l'el rey D, Henrique III de Caslilla. C'est Zuiita qui a découvert le Chronicon Alexandrh um que Du Cange a publié parmi les œuvres des historiens byzantins.

ZURITA {Alonso î qui vivait au xvi° si' dix-neuf ans, entre i:

de l'Amérique conu fonctions administrât pagne. On a de lui pi un a été traduit par sous le titre de /}a classes des chefs de la ris, 1839, in-8<>). Cet gauisation sociale de au Mexique, renferm ments sur les origir pays.

■b), historien espagnol scie. 11 habita pendant 40 et 1560, divers Etats iilo, où il remplit des ves, puis revint en Esusieurs ouvrages, dont M. Ternaux-Compans ■>port sur tes diverses Nouvelle-Espagne (Puauvrage, relatif à l'orla population indigène i de curieux renseignées de l'histoire de ce

ZURLA (Placide) , cardinal et écrivain italien, né à Legnag> en 1769, mort à Païenne en 1834. Il entra dans l'ordre des bénédictins, se lit conraitre par des travaux qui attestent de longues recherches et une solide érudition, reçu, de Pie VII le chapeau de cardinal (1823), devint vicaire général de Léon XII, présida pe.idant plusieurs années le collège de ia Propagande et mourut en Sicile pendant une inspection des monastères. On lui doit : Il Mappamondo di fra Mauro descrilto ed iduslrato (Venise, 180C, in-fol.) ; Dissertazione intorno di viaygi e scoperte setlentrionali de' fratelli Zeni (Venise, 1808); iJei viagg? e delte scoperte africane di Cadamosto (Venise, 1814); Di Marco Polo e dègli allri vijgiatori veneziani (Venise, 1SI8-1819, 2 vo.. in-4o). Citons encore de ce savant prélat Des avantages que les sciences et surtout la géographie ont retirés de la religion chrétienne (Rome, 1823), ouvrage dans lequel il parle di l'utilité du collège de la Propagande.

ZOKLAUBEN, nom d'une noble famille suisse, dont les uiemtres, qui portèrent d'abord le uom de La Tcur-Châtillon, reçurent ie titre de barons de l'.jmpire sous l'empereur Othon le Grand, furei t longtemps eu guerre avec les habitants di Valais, de Berne et de Fribourg et jouèrent un rôle important en Suisse. Nous allons donner de courtes notices biographique i sur les principaux membres de cette fa raille. Parmi ceux qui ont porté le nom de La Tour-Châtillon, nous mentionnerons les suivants : — Pierre de La Tour-Châtillon, qui vivait au xiv<= siècle, excita contre lu, l'inimitié du roi des Romains, Frédéric de Bavière, en se prononçant contre lui. A l'instigation de ce prince, les Bernois firsnt la guerre à Pierre, qui les vainquit' en 13 16, mais il se rit battre à son tour en 1350, el les Bernois détruisirent ses châteaux de .Vlunneberg et de Laubeck. Cinq ans plus taid, Pierre lit un voyage en France, et l'on ni: sait ce qu'il devint a partir de ce moment. — Son lils, Antoine, mort en 1402, entra en lutte, en 1375, avec son oncle Guichard, évêque et prince de Sion. Pendant la gutrre qui s'ensuivit, les vassaux d'Autoine ptirent d'assaut un château fort où se trouv lient le prélat et son chapelain, qui furent précipités du haut des tours. Le Valais a to ijours été un pays essentiellement catholkue, et partant docile au joug clérical. Les' habitants, furieux, se réunirent en grand nombre et jurèrent de venger la mort de leu: évéque ; une terrible bataille s'ensuivit, a Antoine subit une sanglante défaite au bord du Rhône, près de Sion. Antoine se rend t alors à la cour du duc de Savoie, où il mourut après avoir abandonné ses droits à ce prince. — Son fils, Balthaear, après la défaile essuyée par Antoine, se cacha dans les boiii pour ne pas tomber aux mains de i'ennemi, qui n'auruit pas manqué de lui faire un mauvais parti. «Le nom de La Tour-Châtillon leur étant odieux, dit Gley, il s'en lit un tu lieu de sa retraite, se nommant du mot allemand Laube (feuille d'arbre), Zurlauben ot. Zur-Lauben {ad frondem), marquant par H. que lus feuilles de la

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forêt lui avaient servi d'asile, i Quelque temps après, il se réfugia chez son frère, Conrad, chevalier dans une commanderie de Saint-Lazare du canton d'Uri, et ce fut là qu'il termina ses jours. — OswaldDE Zurlauben, arrière-petit-fils du précédent, mort à Zug en 1549, fut capitaine dans les troupes suisses au service des papes Jules II, Léon X et de Maximilien Sforza. Il combattit à Novare, à Ravenne, àiPavie, à Bellinzona et à Marignan. Après avoir servi quelque temps François Ier, roi de France, il revint dans sa pairie, où il fut nommé, vers 1531, major général des troupes du canton de Zug. Ce fut en partie grâce à sa bravoure et à sa tactique que les cantons catholiques furent vainqueurs des cantons protestants dans la bataille où Zvringle périt. Il dirigea le gouvernement de son canton jusqu'à sa mort. — Antoine de Zurlauben, tils du précédent, né en 1505,' mort en 1584, prit du service de fort bonne heure dans 1 armée française. Il reçut trois blessures à la bataille de Blaville (1567), où son fils lui sauva la vie, servit Charles IX, roi de France, et combattit encore à Dreux, à Saint-Denis, à Jarnac, à Moncontour. On a de lui, en allemand, une relation de ces événements militaires auxquels il avait pris part, et une Histoire des troubles arrivés à Zug en 1585, et une Relation d'un voyage à la terre sainte. Ces deux ouvrages restèrent manuscrits.

Antoine remplit à Zug d'importantes fonctions administratives. — Jean III, son fils, et Oswald II, son petit-tils, entrèrent dans la même carrière. Oswald II mourut en 1641 sans laisser de postérité. — Béat 1er de Zurlauben , d'une autre branche que les précédents, était fort jeune quand il entra au service de la France. Il se signala par sa bravoure dans divers combats, notamment à Moncontour. Sa compagnie, après la réforme du régiment , resta attachée à Charles IX et à Henri III sous la nom, célèbre depuis, de gardes-suisses. Béat s'étant retiré à Zug fut nommé Undaniman et mourut en 1596. — Conrad, fils aîné du précédent, mort à Zug en 1629, fut militaire et diplomate. Il remplit des missions auprès de Henri IV (1602) et de Louis XIII (1619), servit avec distinction dans la Valtelino (1626), pacifia ce pays ainsi que te Valais et fut fait chevalier de Saint - Michel par Louis XIIL II se montra sage, avisé et prudent au sein des conseils des treize cantons helvétiques. Il a laissé un traité, De concordia fidei, — Henri, fils du précédent, mort à Zug en 1650, donna de brillantes preuves de bravoure et de sang-froid au siège de Hesdin (1639), à ceux d'Aire (1641), de Piombino (1647) et reçut de Louis XIV une pension de 3,000 livres. Ce capitaine retourna à Zug, où il mourut. — Béat II de Zurlauben, frère du précédent, mort àZugen 1663, rem-

Elit d'importantes missions politiques et de auts emplois administratifs à Zug. Il fut envoyé auprès de Louis XIII pour sauvegarder la neutralité helvétique compromise par le voisinage de l'armée suédoise, apaisa la révolte de Lucerne (1637), les troubles des Grisons (1644); enfin il pacifia Glaris, Zurich et Berne (1656). Ses compatriotes catholiques le surnommèrent Père de la patrie et Colonne de la religion. Cet homme politique remarquable a écrit l'histoire de ses ancêtres et, ce qui est beaucoup plus intéressant, l'histoire des négociations auxquelles il avait pris part ou qu'il avait menées seul à bonne fin. Cette relation intéressante n'a pas été publiée, bien qu'elle renferme sur la cour de Louis XIII des notes qui ne sont pas sans valeur. — Béat-Jacques 1er de Zurlauben, mort à. Zug en 1690 , se montra fidèle aux tra- ] ditions de sa race. Il fut placé, en 1638, ' par les cantons catholiques, à la tête de j 800 hommes pour surveiller les mouvements des Suédois sur la frontière, puis il coin- I manda un régiment au service du grand-duc de Toscane. Il commanda également les troupes des cinq cantons catholiques armés contre Zurich et Berne, battit les Bernois et, à cette occasion, fut décoré de l'Eperon d'Or par le pape Alexandre VII; enfin, comblé d honneurs par ses compatriotes reconnaissants, il futundes deux chefs de l'armée helvétique d'observation lors de la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV et en- j suite alla complimenter ce prince en Alsace. Le canton de Lucerne lui adressa des remerciements et celui de Zug lui confia les plus hautes fonctions administratives. Sur ia fin de sa carrière, en 1681, il renouvela l'alliance qui avait été conclue avec le canton du Valais, puis, trois ans plus tard, celle qui existait entre le canton de Zug et le duc de Savoie. — Conrad de Zurlauben, frère du précédent, mort à Perpignan en 1682, fut d'abord lieutenant aux gardes - suisses de Louis XIV. Il devint, en 1675, colonel du régiment de Furstenberg, puis fut gouverneur du château de Zwo!le,en Hollande,, et brigadier de l'armée française. En 1677, ilfitgloneusement la campagne de Catalogne et fut nommé inspecteur général d'infanterie dans le Roussillon et la Catalogne. Louis XIV lui fit don de deux terres seigneuriales en Alsace et le nomma chevalier de Saint-Michel. — Béat- Gaspard de Zurlauben, neveu du précédent, mort à Zug en 1706, servit d'abord le duc de Savoie et gouverna la province d'Asti. Ayant quitté le service, il revint dans sa patrie où, en 1695, il occupa le poste élevé de laudam-

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man (chef du canton). « Il renouvela, dit Gley, l'alliance avec l'évèque de Mie et le canton de Valais. Louis XIV lo nomma chevalier de Saint-Michel. L'empereur Léopold ayant, en 1701, élevé Placide, frère de Béat- Gaspard, à la dignité de prince de l'empire, celui-ci fut nommé maréchal héréditaire de l'abbaye de Mûri. ■ — Béat-Jacques II de Zurlauben, fils cadet de Béat-Jacques 1er, mort à Zug eu 1717, concourut, en 1689, aux sièges de Perpignan et de Girone. Revenu à Zug en 1692, il y occupa les fonctions de landamman. Ce fut lui qui renouvela l'alliance, pour le service militaire appelé depuis capitulations, avec Philippe V, roi d'Espagne et avec Louis XV, roi de France (1715).— Béat-François-Placide de Zurlauben, fils du précédent, mort en 1770, servit dans plusieurs corps, devint lieutenant général des armées françaises (1745) et, dix ans après, il reçut la grand'eroix de l'ordre de Saint-Louis. Il suivit Louis XV dans les campagnes de 1744 à 1747. Cet officier supérieur s'était trouvé aux batailles de Ramillies etd'Oudenarde,aux sièges de Menin, d'Ypres, de Fribourg , d'Oudenarde et de Dendermonde, D'autres membres de cette illustre maison se distinguèrent au service de la France, le plus remarquable est le suivant :

ZURLAUBEN ( Béat-Fidèle-Antoine-Jean- Dominique, baron de La Tour-Châtillon de), général suisse au service de la France, né a Zug en 1720, mort en 1795. Elevé au collège des Quatre-Nations, il fut l'objet des soins tout particuliers du célèbre Rollin, ami intime de son onole. Ayant terminé brillamment ses études, il entra dans le régiment do Zurlauben et fit plusieurs campagnes, depuis 1742, ce qui lui permit de se distinguer aux batailles de Fontenoy et de Raucoux, aux sièges de Tournay, d'Oudenarde et de Maestricht. Créé brigadier des armées du roi, il obtint en 1758 une compagnie dans le régiment de Zurlauben, en survivance de son oncle, colonel du régiment. Les nombreux ouvrages qu'il publia lui valurent d'être nommé membre associé de l'Académie des inscriptions et belles-lettres de Paris (1749), membre de l'Académie de Zurich, de celle des Arcades de Rome, etc. Il était lieutenant général et conseiller du roi lorsque, en 1780, il obtint du roi une pension de retraite de 13,000 livres, De Zurlauben se retira alors dans une campagne des environs de Zug et s'y livra jusqu'à sa mort k l'étude des antiquités suisses. On lui doit les ouvrages suivants : Histoire militaire des Suisses au serviee de la France, avec les pièces justificatives, dédiée à S. A. II. M S1 de Bombes, colonel général des Suisses et Grisons (Paris, 1751-1753, 8 vol. in-12), ïtjitijyixôt-ofoi , ou la Science du général d'armée, par Onosander, trad. du grec (Paris, 1754, Nuremberg, 1761,- in-fol.) j Mémoires et lettres de Henri, duc de Itohan, sur la guerre de la Valtetine, publiés pour la première fois et accompagnés d'observations historiques (Genève [Paris], 1758, 3 vol, in-12) ; Code militaire des Suisses, pour servir de suite à l'histoire militaire des Suisses au service de France (Paris, 1758-1764,4 vol. in-12); Principes du droit public d'Allemagne, par Muscow , traduit du latin en français ( Paris , 1752); Histoire diplomatique des eommanderies de Saint-Lazare à Seedorf et Géfenn en Suisse (1769, in-fol.); Différentes pièces du Themrdank, poëtne héroïque, appartenant aux anciens temps de la poésie allemande, traduit en français avec des remarques (Paris, 1776) ; Bibliothèque militaire historique et politique (Paris, 1760, 3 vol. in-12, avec figures); Mémoires sur l'origine de l'auguste maison de Hapsburg- Autriche, en français et en latin (1760, in-4o); Lettre sur Guillaume Tell, adressée au président Hénault (Paris, 1767, in-12); Tables généalogiques des maisons d'Autriche et de Lorraine et de leurs alliances avec la maison de France (Paris, 1778, in-8°j; Tableaux topographiques, pittoresques, physiques, historiques, moraux, politiques et littéraires de ta Suisse (Paris, 1780-1786, 4 vol. in-fol.), avec 420 gravures, représentant les vues les plus remarquables de la Suisse , réimprimés sous ce titre : Tableaux de la Suisse ou Voyage pittoresque fait dans les treize cantons du corps helvétique (Paris, 1784-1788, 12 vol. in-4°), une troisième édition est sans gravures; le Soleil adoré par les Taurisques sur le mont Gothard (Zurich, 1782, in-4») ; Mémoire sur l'inscription d'une colonne militaire au bourg de Saint-Pierre- Montjoux, en Valais (Paris, 17S2, in-fol.); Mémoire sur tes Alpes Pennines et sur le dieu Pennin ou Pœninus ; Mémoire sur deux documents passés sous Rodolphe II, roi de Bourgogne, ayant rapport à Genève, à Lausanne et au Payus equestricus , avec des notes géographiques et diplomatiques, en allemand (1784); Observations sur la Valteline et sur les terres que l'abbaye de Saint-Denis, en France, possédait dans ce pays, sous lempire de Chartemagne et de ses successeurs, dans les Preuves des tableaux topographiques, etc., de la Suisse (Paris, 173!, in-fol.); Observations sur un titre original de l'an 1255, dans lequel sont nommées les villes de Zurich, de Lucerne, de Zug, de Klingenau et de Meyenberg (en allemand); dans le Muséum de la Suisse (Zurich, 1787, in-8<>). Outre ces ouvrages d'érudition et de haute science, Zurluuben a produit un nombre si considé-

ZUYD

rable de notices archéologiques et historiques, de mémoires, etc., qu'il nous faut renoncer et en donner ici la liste.

ZURLITE s. f. (zur-li-te — du nom d'un homme d'Etat napolitain, le comte Zurlo). Miner. Substance jaune, demi transparente, à éclat vitreux, qu on trouve dans les roches de la Somma, au Vésuve, et qui, après avoir été d'abord considérée comme une espèce particulière, a été ensuite reconnue identique avec la humboldtilite. Il On dit aussi zurlo-

HITB et ZUHLÉRITE.

ZUBLO (Joseph), comte d'Altamura, célèbre ministre napolitain, né à Naples en 1759, mort en 1822. Il était fils d'un simple bourgeois, qui lui fit embrasser la carrière du barreau. Nommé, en 1783, membre de la commission chargée da visiter la Caiabre, dont les provinces venaient d'être victimes de terribles tremblements de terre , Zurlo rédigea, a. cette occasion, un remarquable rapport qui le mit en évidence, lui valut une place dans la magistrature, et le portefeuille des finances en 1798. A la suite de l'invasion française, qui eut lieu pe.u après, il suivit la cour en Sicile, revint avec elle après !a chute de la république parthénopéenne , fut destitué par l'influence du ministre Acton, subit une détention momentanée et accompagna de nouveau Ferdinand en Sicile en 1806; mais, revenu à Naples an bout de deux ans, il accepta de Murât le ministère de l'intérieur. II travailla avec énergie au renversement delà féodalité, ne respectant pas même la prescription centenaire établie par Napoléon dans le royaume d'Italie pour le partage des biens féodaux. Il déployait une activité incroyable : on raconte qu'il ne dormait presque pas, dînait en cinq minutes, marchait presque en courant, montait les escaliers de son ministère comme s'il était poursuivi par des voleurs, appelait les chefs de bureaux qui se précipitaient dans son cabinet pour prendre ses ordres. C'est à Murât qu'il doit le titre de comte. En 1815, il accompagna à Trieste la reine fugitive, reparut à Naples en 1818, et reprit le portefeuille de l'intérieur lors de la révolution du 6 juillet 1820.Porté au pouvoir comme l'homme du peuple, mais devenu l'homme du roi, une sorte de coup d'Etat qu'il voulut accomplir entraîna sa chute. Il fit afficher un soir que Ferdinand sa rendait à Leybach pour y négocier avec le congrès une nouvelle constitution pour le royaume. C'était prononcer, de fait, l'abolition de la constitution libérale existante. Une effervescence redoutable s'ensuivit qui força le cabinet à se retirer en masse. Zurlo, dépouillé ainsi de cette popularité qui l'avait soutenu pendant sa vie publique, termina ses jours dans la retraite.

zurnaba s. m. (zur-na-ba — mot arabe).

Marnât. Nom vulgaire de la girafe , en Orient. H On dit aussi zurnafa et zurnapa.

ZUKZACH, bourg de la Suisse, dans ie can- ■ ton d'Argovie, chef-lieu du district de son nom, à 15 kilom. N.-E. de Bruek, près du Rhin; 1,200 hab. II y avait jadis une abbaye célèbre, lieu d'un pèlerinage très-fréquenté. Antiquités romaines et ruines du château de Kussenberg. Foires importantes.

ZUT interj. (zutt). Pop. Exclamation usitée chez le peuple de Paris, pour exprimer une sorte de dépit, et particulièrement un mécontentement de voir impossibles ou inacoeptées les combinaisons que l'on a proposées : Ta ne viens pas avec nous? — Impossible. — Oh.' zut alors!

ZUTPHBN, ville forte du royaume de Hollande, dans la province de Gueldre, chef-lieu de l'arrondissement de son nom, à 24 kilom. N.-E. d'Arnheim, à 14 kilom. S. de Deveuter, sur l'Yssel, qui la divise en deux parties et y reçoit le Berkel; 14,000 hab. Ecole latine; Société des sciences physiques. Fabrication de papiers, huiles, toiles, cuirs, toiles cirées. Commerce de grains. Ou y remarque l'église Saint - Walbruge , surmontée d'une haute tour, l'hôtel de ville et l'ancien palais des comtes. Zutphen était autrefois une ville libre, membre de la ligue hanséatique; elle devint la capitale d'un comté , passa aux ducs de Gueldre, fut prise et pillée par les Espagnols en 1572 et 1583; prise par Maurice de Nassau en 1591 et en 1692 par les Français, qui la démantelèreut. Peu après ses fortifications furent réparées; elle tomba de nouveau au pouvoir des Français en 1795, mais fut prise par les Prussiens en

ZUTTIBI1R, idole des Wendes et des Polonais; on l'adorait surtout dans un bois sacré près de Mersebourg. C'était probablement un dieu des forêts.

ZUV1A, bourg d'Espagne, province et à 4 kilom. S. de Grenade, sur la rive gauche du Xénil ; 3,800 hab.

ZUYDEBZÉB, c'est-à-dire mer da Sud, golfe du royaume de Hollande, formé par lu mer du Nord, entre les provinces de la Hollande septentrionale à l'O., d'Utrecht au S., de Gueldre au S.-E., d'Over-Vssel et de Frise à l'E., fermé en partie nu N. par les îles de Texel, de Vlieland, de Ter-Scnelling et d'Ameland, entre lesquelles s'ouvrent des détroits qui livrent passage aux vaisseaux. Entre les avancements de terre de Stavoren, dans la Frise, et d'Enkhuizen. dans la Hollande, la Zuyderzée n'a que 17 kilom. de largeur; plus au sud, il forme un vaste bassin circulaire ou

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Zuyderzée proprement dit qui a 75 kilom. de largeur; sa longueur totale est de 220 kilom. Au sud-ouest, il s'avance profondément dans les terres, où il forme le petit golfe de l'Y, qui communique au Zuyderzée par le canal de Pampas et sur le bord méridional duquel s'élève Amsterdam. L'entrée de ce golfe est parsemée de bancs de sable; le Zuyderzée proprement dit en renferme moins; cependant les côtes en sont bordées. On y trouve les petites Iles de Sehokland à l'B., d'Urk au milieu, de Marken au S.-O. LYssel, branche du Rhin, la Zwarte-Water, et la Vecht, autre brandie du Rhin, sont les principaux tributaires du Zuyderzée.

A l'époque romaine, le Zuyderzée n'était ^ue le lac Flevo , qu'une inondation confondit avec la mer en 1282. Cette inondation submergea 72 villes ou villages , noya 100,000 personnes et enleva ta portion de terre qui séparait du côté du nord ce lac de la mer. Sous le premier Empire français, de 1810 à 1814, le Zuyderzée donna son nom à un département formé de la Hollande septentrionale et de la province d'Utrecht, avec Amsterdam pour chef-lieu.

11 est depuis longtemps question de dessécher le Zuyderzée. Au mois d'août 1875, la Chambre des députés des Pays-Bas a voté un crédit de 8,000 florins pour faire faire de nouveaux sondages et pour s'assurer de la qualité des terres qui se trouvent au fond de cette mer, particulièrement dans la partie méridionale, qu'on se propose de dessécher seulement aujourd'hui.

L'idée première de cette vaste entreprise a été conçue en 1865 par M. Rochusen , ministre d'Etat de Hollande. M. Heemskerk s'y intéressa vivement et nomma une cnmniission d'ingénieurs du waterstaat pour lui en faire un rapport. En 1866 , la commission s'acquitta de sa mission , et on arrêta le» bases du projet définitif. Toutefois, ce projet paraissait condamné à rester à l'état de lettre morte, lorsque M. Heemskerk entra de nouveau aux affaires. Il s'en occupa si sérieusement, que le roi de Hollande a annoncé dans le discours d'ouverture des Chambres, en l«75, le projet arrêté du dessèchement. En effet, la commission déclara unanimement le plan exéeuiable, mais aux frais de l'Etat, car les énormes dépenses d'un pareil travail exigent des capitaux tels qu'ils ne seraient pas à la portée d'une entreprise privée.

En jetant un coup d'œil sur la carte des Pays-Ba.s, on se fera aisément une idée des travaux qu'il s'agira d'exécuter. Avant qu'il puisse être question du dessèchement proprement dit de Kampen, sur l'Yssel, jusqu'à Enkhuizen, sur l'autre rive du Zuyderzée, soit sur une distance de 41 kilomètres, une énorme digue devra être établie dans la mer, afin d'empêcher l'eau de pénétrer dans les terres. Cette digue aura 7 mètres de hauteur au-dessus du niveau de l'eau, avec un sommet de 5 mètres, une largeur de 3 mètres et une benne extérieure de 5 métrés; elle sera formée de sable et de terre glaise; le pied sera protégé par des claies ou fascines; les talus seront inunis d'un fort revêtement en pierre. Les dimensions transversales adoptées seront suffisantes pour éviter dans l'avenir tout danger de rupture. La dépense par mètre courant sera de 1,100 francs environ. On entreprendra la construction de cette digue sur quatre points à la fois, savoir à Enkhuizen (Nord-Hollande), son point de départ des deux côtés de l'île d'Urck, et à Kampen, point où elle se termine; de cette manière, les travaux n'exigeront qu'une durée de sept à huit ans.

La benne intérieure de la digue servira de chemin de halage.etplus tard elle pourra être utilisée pour une voie ferrée. En dehors de i.ette digue, qui coûtera plus de 53 millions de

I ran es, on devra établir de grands bassins pour recueillir l'eau extraite de la mer et, afin de rendre la navigation possible, une dizaine de grands canaux avec de nombreuses écluses; le tout aménagé de façon a pouvoir être mis en ri-pport avec le chemin de fer.

Un premier canal de ceinture partant d'Uitermeer, près de Menden, suivra les côtes méridionale et orientale du Zuyderzée par Naarden, Huisen, ;Nijkerk, Hardervick, Elburg et débouchera dans le golfe au Ketel.

II sera formé de deux biefs et pourvu d'écluses à son embouchure; ce canal recevra les euux de l'Ainsiel, du Vecht, de l'Eein et du versant septentrional du Veluwe. Sur la côte septentrionale du Zuyderzée, un autre canal lie ceinture, partant d'Ilpendam, empruntera jusque près d'Edam le canal de Puriner, qu'on élargira, puis se dirigera sur Schardnm, Hum et Enkhuizen, pour déboucher dans le golfe au Ven. Son embouchure sera munie d'écluses. Un service de machines à épuisement pourvoira a l'insuffisance des canaux de ceinture et maintiendra les niveaux constants pendant les crues exceptionnelles. En outre, on élargira le canal d'Amsterdam à la mer et on y établira une machine à vapeur de 300 chevaux. L'ensemble des travaux nécessaires pour assurer l'écoulement des eaux fluviales coûtera de 30 à 35 millions de francs. Les canaux de ceinture seront navigables.

Après avoir desséché le polder du Zuyderïée, on s'occupera de son aménagement hydraulique intérieur. Les canaux destinés à recueillir les eaux puisées dans ce solder

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par les machines élévafoircs seront établis en relief sur le sol, sur des digues ou levées. Un de ces canaux de décharge partira de Schellingwoude, à peu de distance d'Amsterdam, passera par Marken et aboutira au Ven. Sa largeur sera de 150 mètres. Deux immenses réservoirs seront établis, l'un sur les mauvais terrains dos bancs d'Enkhuizen, l'autre dans le bassin d'Urck; ils communiqueront ensemble par un canal de 100 mètres de largeur, qui se prolongera jusqu'à la côte d'Over-Yssel en suivant la digue de barrage. Un autre canal collecteur de 70 mètres de largeur, établi dans le sud du polder, passera près de Huizen et aboutira à Harderwiok. Tous ces canaux auront une profondeur de 3 mètres a 4m, 50, ce qui les rendra accessibles aux bâtiments de mer d'un tonnage moyen. Des machines spéciales de 800 chevaux serviront à maintenir le niveau des canaux de décharge ou collecteurs à 0m, 40 au-dessous de l'étiage d'Amsterdam. On construira d'autre part, dans l'intérieur du polder, divers canaux de communication avec écluses de 8 mètres de largeur. Les deux principaux iront respectivement de l'Eem au bassin d'Urck et d'Amsterdam au canal que longe la digue de barrage en face de l'Ile de Sehokland. Des voies ferrées seront établies sur les digues de ces deux grands canaux intérieurs, sur celles du canal de ceinture de Hoorn à Enkhuizen, enfin sur la digue de barrage. On pourvoira le polder de canaux, fossés et rigoles d'écoulement secondaire. Il ne'restera plus qu'à le parceller. La dépense à faire pour exécuter tous ces travauxd'améiiagement sera de 60 à 80 millions de francs.

L'étendue qu'il s'agit de dessécher est de 195,000 hectares, dont il convient de défalquer 19,000 hectares pour les chemins, canaux, etc., en sorte que 176,000 hectares pourront être rendus a la culture. Pour se faire une idée exacte de l'entreprise, il suffira de connaître l'étendue des onze provinces du royaume, qui contiennent :

Le Brabant septentrional. 512,370 hect.

La Gueldre SOS, 960 —

La Hollande méridionale. 503,540 —

L'OVer-Yssel 332,010 —

La Friso . 327,060 —

LaHollandeseptentrionale 2(57,520 —

Le Drenthe 265,670 —

Groningue 234,890 —

Le I.iinbourg, . 220,550 —

La Zélande 165,700 —

Utrecht 138,560 —

Par conséquent, la nouvelle province de Zuyderzée, d'une étendue de 195,000 hectares, serait la dixième province. Elle augmenterait d'un dix - huitième le sol du royaume.

Les frais de cette grande entreprise sont évalués à 250 milions de francs. Chaque hectare desséché revient donc à environ 1,440 francs. Des milliers de sondages et de nombreuses analyses ont prouvé que les terrains du Zuyderzée sont d'une qualité trèssupérieure à celle des terrains du lac de Harlem. Ces derniers sont évalués aujourd'hui k 2,000 francs l'hectare en moyenne, En décembre 1874, on a vendu 350 hectares de Wykerineer au prix de 760,294 florins, ce qui fait 2,173 fr. 50 par hectare, La Con-

3uète du polder du Zuyderzée parait donc eyoir être une bonne opération au point de vue financier. Au surplus, si l'Etat perd momentanément, il recouvrera bientôt la dépense par les impôts de toute espèce que la nouvelle province produira.

11 y a divergence d'opinion sur la temps qu'il faudra pour l'exécution des travaux. Les uns disent qu'en douze ans tout pourra être terminé; d autres prétendent qui! faudra seize ans. La profondeur moyenne du Zuyderzée étant de 4<a,50, on estime que la quantité totale d'eau à retirer est de 5 milliards 850 millions de mètres cubes. Les machines à vapeur , d'une force totale de 9,440 chevaux, retireront 4,500 mètres cubes par minute. Le dessèchement même ne durerait donc guère plus de deux ans.

La conquête du Zuyderzée sera la plus gigantesque des entreprises de dessèchement que tes Hollandais aient faites depuis trois siècles dans leur pays envahi par la mer.

Sous le titre de Voyage aux villes mortes du Zuyderzée, M. Henry Havard a publié un ouvrage fort intéressant, dans lequel on trouve la description des paysages curieux, des sites pittoresques, des villes ignorées, des cités perdues qu'il a découverts en explorant cette mer intérieure, en compagnie du peintre Van Heemskerch.

ZUYLEN VAN NYEVEI.T (Hugo, baron de), homme d'Etat hollandais, né à Rotterdam en 1781, mort eu 1S53. Il entra de bonne heure dans la diplomatie et devint, en 1805, secrétaire particulier do Gérard Brantsen, ambassadeur de Hollande à Paris. De cette ville, il passa en Espagne, d'abord somme secrétaire de légation (1807), puis comme chargé d'affaires (1809). Mais l'incorporation de la Hollande à la France vint interrompre pendant plusieurs années sa carrière. Aussi prit-il une part active aux efforts qui furent faits pour secouer le joug de Napoléon. En janvier 1814, Zuylen fut envoyé en qualité de commissaire général près des généraux des armées alliées on Belgique et suivit, à ce titre, l'état-major du général prussien de Bulow; mais il fut

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bientôt rappelé suivies réclarr.Ltions de l'Angleterre, qui l'accusait de chercher à former, au profit du roi Guillaume 1er de Hollande, un parti complètement indépendant des puissances alliées. Nommé alors ambassadeur à Stockholm, il passa, deux ans plus tard, à Madrid en la même qualité, conclut dans cette ville le traité d'Aleala et joua surtout un rôle important dans les négociations relatives au règlement des affaires commerciales de la Hollande. Les événements de l'année 1822 amenèrent son rappel. En 1825, il devint ambassadeur à Constantinople, et lorsque les représentants de l'Angleterre, de la Franee et de la Russie eurent quitté cette ville après la bataille de Navarin, il prit sous sa protection les sujets de ces trois puissances, puis négocia la reprise des relations diplomatiques avec lu Porte. Do retour à La Haye en 1829, il déploya l'année suivante, lors de la révolution belge, une rare activité, et devint, avec Verstolk de Soelen, l'âme de la politique hollandaise jusqu'à la conclusion du traité définitif avec le nouveau royaume, Zuyteu fut ensuite envoyé avec Falk à la conférence de Londres et ce fut lui qui rédigea, jusqu'en février 1833, la plus grande partie des notes et documents politiques adressés par son gouvernement à cette conférence ; mais la vivacité des termes dans lesquels quelques-unes de ces notes étaient conçues motiva son rappel (1833). Nommé à son retour en Hollande ministre d'Etat, il fut chargé à diverses reprises, par intérim, du portefeuille des affaires étrangères. L'activité qu'il déploya pour amener la conclusion de la convention au sujet des droits des agnats de Nassau et l'habileté dont il fil preuve dans deux missions à Paris et à Bruxelles faisaient supposer qu'il succéderait, en 1841, au ministre Verstolk qui venait de se retirer ; mais ce ne fut encore que par intérim qu'il prit son portefeuille. En mars 1842, il devint ministre des cultes pour la confession protestante et conserva ce poste jusqu'en 1848, époque où il rentra dans la vie privée.

zuz s. m. (zuz), Mètrol. Nom égyptien et hébraïque de la drachme,

ZUZARE s. m. (zu-za-re). Crust, Genre de crustacés isopodes, de la famille des sphéromiens, réuni par plusieurs auteurs aux sphéromes.

ZUZZER1 (Jean-Lue), numismate et archéologue italien, né à Raguse en 1716, mort à Rouie en 1746. 11 entra dans l'ordre des jésuites, acquit une vaste érudition en archéologie, fit un voyage k Paris, et découvrit à son retour en Italie, dans les ruines de Tusculutn, plusieurs restes précieux d'antiquités. On lui doit : D'una antica villa scoperla sul dosso del Tuscala (Venise, 1746, in-4o); Sopra una medat/lia di AtlaUi Filadelfo, e sopra una parimente d'Anuia Faustina (Venise, 1747, in-4°).

ZVOIINIGOROD, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement de Moscou, cheflieu du cercle de son nom, à 53 kilom. S.-O. de Moscou, sur" la rive gauche de la Moskowa; 1,300 hab.

ZVOUN1K. ou 1SVORIS1K, ville de la Turquie d'Europe, dans la Bosnie, chef-lieu de livah, sur la Drina, à 140 kilom. N.-E. de Travnik; 15,000 hab. Commerce de bois. Mines de plomb aiix environs.

ZWANZ1GER (Joseph-Chrétien), philosophe allemand, né à Leutschau (Hongrie) en 1732, mort en 1808. Il professa les mathématiques et la philosophie à l'université de Leipzig et écrivit plusieurs ouvrages dans la plupart desquels il combat les idées de Haut. Les principaux sont:/?e eo quod libertatem et nécessitâtes interest (Leipzig , 1765 , in-4<> ) ; Doutes élevés contre certains aphorismes philosophiques de Platner (Leipzig, 1768, in-â"); Théorie des »toïciens et des académiciens sur la perception et le probabilisme, d'après la doctrine de Cicêron (Leipzig, 178S, ii>8°); Commentaire sur la Critique de la raison pure de Kant (Leipzig, 1792, in-8°); Commentaire sur la Critique de la raison pratique de kant (Leipzig, 1794, in-8"); Examen impartial de la doctrine de Kant sur les idées et tes antinomies (Leipzig , 1797, in-8») ; Religion du philosophe et son symbole (Dresde, 1799, in-S°).

ZWANGIS s. m. (eouan-jiss). Espèce de sorcier moluquois qui évoque lès esprits.

ZWARTE -WATER , rivière de Hollande.

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