‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 108 sur 1042 · THURGOVIENNE · texte numérisé non relu

THURGOVIENNE

THUR1BULAIRE adj. {tu-ri-bu-lè-re — du lat. thuribulum, encensoir). Qui encense. Il Inus.

— Fig. Qui a rapport à la flatterie, à l'adulation : Qu'il exerce infatigablement ses (onctions thuribULaIReS au pied des autels de Voltaire. (Sabatier.) Il Inus.

THURIBULUM OU TUR1BULUM S. m. (turi-bu-loimu — mot lat. dérivé de t/ius, encens). Antiq. rom. Cassolette à brûler de l'encens dans les sacrifices.

— Encycl. Le thuribulum était de forme carrée, avait deux anses qui permettaient de le transporter d'un lieu a un autre, et des pieds qui rélevaient au-dessus du sol , de manière que l'air pût passer à travers la grille où étaient placés les charbons ardents. On prenait quelques grains d'encens dans Yacerra, ou vase à mettre l'encens, et on les laissait tomber sur le feu du thuribulum; la fumée qui s'en échappait alors remplissait le sanctuaire. Une peinture antique nous représente deux femmes romaines qui, placées chacune d'un côté de l'autel de Mars et ayant l'une et l'autre à côté d'elles un thuribulum, y laissent tomber de leur main entr'ouverte des grains d'encens. Winckelmanna supposé que ces femmes étaient Livie, la femme d'Auguste, et Octavie, su sœur, offrant le sacrifice dont parle Horace (Odes, III, xiv) : « Aujourd'hui César, de retour de l'Espagne, revient en vainqueur dans ses pénates. Que sa femme, dont un seul mari fait le bonheur, sorte pour offrir aux dieux

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un légitime sacrifice, et avec elle la sœur de l'illustre chef... »

Umco tfaudens mulier marito

Prodest justis operatti saeris.

Et soror clnri ducis...

Le thuribulum était souvent d'or ou d'argent et enrichi de pierres précieuses, comme on le voit dansle quatrième discours de Cicéron contre Verres, Chez les Grecs, il y avait un appareil de même genre, nommé thumiatêrion ; le trésor du Parthénon, à Athènes, en contenait qui étaient d'argent. L'usage du thuribulum n'était pas trèsrépandu. On brûlait plus fréquemment l'encens en grande quantité à la fois, et on se servait pour cela d'un assez large brasier, rond ou ovale, nommé chez les Latins foculus, et chez les Grecs eschara.

THURIFÉRAIRE s. m. (tu-ri-fé-rè-re — du lat. thus, encens, et de fero, je porte). Liturg. Clerc qui porte l'encens, qui encense, dans les cérémonies de l'Eglise.

— Fig. Flatteur, adulateur .- Les thuriféraires du pquvoir. Il y a une autre histoire que celle qu'on écrit pour flatter son siècle; celle-là parlera un autre langage que les thuriféraires du grand peuple et du grand soldat. (Lamart.)

THURIFÈRE adj. {tu-ri-fè-re — du lat.

thus, encens, et de fero, je porte). Bot. Qui

Froduit de l'encens ou une résine analogue à encens.

THURINGE, une des principales divisions de la Germanie au moyen âge.. Une fraction du peuple goth, les Thuringi, Thoringi ou DoringiJ s'établit, dès le me siècle ap. J.-C, entre l'Elbe et le Rhin, sur la vaste région alors occupée par les Cattes, les Chérusques, les Hermundures, s'incorpora proinptement les peuples vaincus, donna son nom à la région et forma bientôt une nation puissante 'dont Jornandès , Procope et Grégoire de Tours ont parlé à diverses reprises. Au v siècle, le royaume de Thuringe était circonscrit entre les monts de Bohême, la Saale et l'Elbe à l'E., le Danube au S,, les sources de la Lippe à l'O., les Saxons au N., et les Thuringiens se rendaient redoutables aux Francs, dont ils envahissaient les terres sous Clovis. Un des rois de Thuringe, Basin, est connu pour avoir donné asile a un autre roi franc, Childéric, chassé par ses sujets. A la mort de Basin, ses trois fils, Hermanfried, Berther et Baderik, se disputèrent le pouvoir. Hermanfried assassina Berther et, pour écraser Baderik, demanda le secours de Thierry, roi de Metz, un des fils de Clovis. Le royaume de Thuringe correspondait alors aux Etats suivants de l'Allemagne actuelle : partie sud du Hanovre, Saxe prussienne, Etats de Brunswick , de Hesse , de Reuss, d'Anhalt, de Schwarzbourg, duchés de Saxe et partie N.-B. delà Bavière; Scheindingen et Èrfurt en étaient les deux villes principales. Baderik vaincu et fait prisonnier, Thierry exigea, pour prix de son aide, le partage de la Thuringe. Hermanfried refusa; Thierry envahit les terres de son allié, battit les Thuringiens sur les bords de l'Unstrutt et décida Hermanfried à avoir une conférence avec lui à Tolbiac. Là, pendant une promenade sur les remparts de la ville, Hermanfried fut précipité du haut des murs par un homme de la suite de Thierry et expira sur-le-champ. Le royaume de Thuringe fut partagé ; la Thuringe septentrionale, au N. de l'Unstrutt et du Harz, échut aux Saxons; la Thuringe méridionale, ou Thuringe proprement dite, fut incorporée au royaume franc d'Austrasie.

Sous les derniers Mérovingiens, de 630 à 717, elle forma un duché presque indépendant et, s'alliant alors aux Saxons, essaya, sous Charlemagne, de secouer le joiij des Francs. Les Thuringiens, battus par un des lieutenants de Charlemagne, furent contraints'de se soumettre et la contrée subit un nouveau partage ; sa partie la plus méridionale, le territoire compris entre le Mein supérieur, le Danube et les monts de Bohême, lut jointe, sous le nom de Nordgau, à la Bavière; le reste, érigé en comté, dépendit de la Franconie. Lors du démembrement de l'empire, en 843, la Thuringe fit partie du royaume de Germanie; elle fut de nouveau annexée à la France rhénane ou Frauconie de 849 à 911. Les empereurs saxons ou franconiens la divisèrent en plusieurs comtés, sous la dépendance du duené de Saxe. Au xie siècle, l'empereur Conrad reconstitua le duché de Thuringe au profit de Louis le B;irbu, descendant de la maison de Souabe et cousin de l'empereur par sa femme Giselle. Le petit-fils de Louis le Barbu, Louis III, fut élevé en 1130, pat Lolhaire II, au rang de prince souverain de l'empire; i! prit le titre de landgrave de Hesse et de Thuringe, qui resta à ses successeurs jusqu'en 1247, époque à laquelle le landgraviat fut partagé entre deux branches collatérales, la maison de Brabant et celle des landgraves de Misnie et de Lusace; la première eut la Hesse et la seconde la Tnuringe. A l'extinction des landgraves de Misnie et de Lusace (1439), la Thuringe passa il la Saxe et son histoire se confondit avec celle de la Saxe. Séparée de l'électorat en 1451 , en faveur d'une branche cadette, elle y fut réunie de nouveau en 1482, puis séparée encore une fois en 1554, l'électorat de Saxe passant à la bi-iinche dite Albortine, et la Thuringe à lu ligne Ernestine. Elle fut alors morcelée

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en trois principautés, celle de Saxe-Weimar- Eisenach, celle de^Saxe-Cobourg-Gotha et celle de Saxe-Altenbourg. La région nord de la Thuringe, sous le nom de cercle de Thuringe, resta incorporée à l'électorat de Saxe ; elle formait, à la fin du xvm* siècle, treize bailliages : Tœmstœdt, Pforta, Tautenbourg, Tieffurt, Weissenfels, Freyburg, Eekarsbarg, Sangerhausen, Saxenbourg, Weissensee, Wendelstein, Sittiehenbach et Langensalza; cette dernière ville était la capitale du cercle. Les traités de 1815 enlevèrent le cercle de Thuringe k la Saxe et le donnèrent à la Prusse ; réuni à quelques fractions de l'ancien landgraviat de Thuringe, précédemment rattachées à l'électorat de Mayeuce et incorporées à la Frusse dès 1803, il forma la régence d'Erfurt et partie de celle de Mersebourg.

THUR1NGERWALD (le), oultxforétde Thuringe, chaîne de montagnes boisées du centre de l'Allemagne, dans les duchés de Saxe. Large de 1 a 4 milles et longue de i5 milles, elle s'étend de la Saale à l'E. à la Werra à l'O., entre le Rhœngebirge (S.-O.), le Ficbtelgebirge (S.-E.) et le Harz (N.). Ses plus hauts sommets sont le Beerberg (i,023 met.), le Schneekopf (1,019 met.), l'Inselsberg (952 met.), le Finsterberg (985 met.), le Dreiherrenstein (997 met.), le Kulin (756 met.). • Le Thuringerwald, dit M. Adolphe Joanne, se compose de granit, de porphyre et d'argile schisteux. Presque entièrement couvert d arbres résineux, il n'a que trois cimes tout à fait nues, le Hermannsberg, près d'Ober- Sehœnau, le Trœhberg, prés de Wintorstein, et le Gerberstein, près d'Altenstein. De ses versants et de ses vallées descendent, au N,, la Geru, la Wipper, lTlm, la Sehwarza, la Lognitz et la Hœrsel; au S., la Werra, la Rodach, la Haslach, la Steinach et l'Iiz. On y trouve une grande quantité de fer et ses ruisseaux roulent des paillettes d'or. Les prairies y sont plus nombreuses que les champs. Si l'on y cultive peu de céréales, on y élève beaucoup de bétail. Les habitants, dont le nombre dépasse 250,000, se font re- ] marquer par leur vigueur corporelle , leur caractère franc, bienveillant, hospitalier; ils s'occupent principalement de l'élève du bétail, de l'exploitation des bois et des mines de leurs belles montagnes. Ses forets, ses rochers, ses eaux, ses curiosités naturelles, ses souvenirs du moyen âge, ses nombreux châteaux, les panoramas de ses points culminants rendent le Thuringerwald une contrée vraiment intéressante à explorer. Les piétons y passeront surtout plusieurs journées fort agréables. >

THURIOT DE LA ROSIÈRE (Jacques- Alexandre), révolutionnaire français, mort à Liège en 1829. Il était. avocat à Reims avant la Révolution. S'étant rendu a Paris , il adopta uvec chaleur les idées nouvelles, prit part à la prise de la Bastille, devint juge du district de Sézanne en 1790, député du département de la Marne à la Législative (1791) et se signala bientôt comme un des membres les plus avancés de cette assemblée. C'est ainsi qu'il provoqua des mesures de rigueur contre les émigrés, les prêtres insermentés, demanda que la patrie lût déclarée eu danger, que les sections de Paris se tinssent en permanence, prit une part active dans les événements du 10 août, obtint la mise en accusation de d'Abancourt, ministre de la guerre, et poussa le peuple à mutiler les statues des rois. Son mandat lui ayant été renouvelé lors des élections de la Convention, il alla siéger à la Montagne, demanda, le 12 décembre 1792, que Louis XVI fût jugé sous trots jours, déclara à la tribune des Jacobins que si la •Convention usait d'indulgence avec le tyran il irait lui-même lui brûler la cervelle, et vota pour la mort sans appel ni sursis. Dumouriez, puis les girondins, trouvèrent en lui un ennemi acharné. En 1793, il devint président de la Convention et membre du comité de Salut public. S'étant, sur les entrefaites, brouillé avec Robespierre, il se vit accusé de modérantisine, puis exclu des jacobins. 11 se rangea alors dans le parti des thermidoriens et contribua beaucoup à la chute de Robespierre en lui refusant constamment la parole comme président à la fameuse journée du 9 thermidor. Néanmoins Thuriot désapprouva la réaction qui s'ensuivit, devint un des instigateurs de l'insurrection jacobine qui éclata contre la Convention en 1795, échappa par la fuite à un décret d'arrestation et reparut lors de l'amnistie, qui eut lieu l'année suivante. Peu après, il reçut les fonctions de cominisiaire prés le tribunal de Reims, puis lit partie du tribunal criminel de la Seine et lui nommé substitut du procureur général impérial près la cour de cassation, fonctions qu'il remplit jusqu'à la Restauration. Banni alors comme régicide, il alla s'établir à Liège, où il exerça la profession d'avocat.

THORIUM, ville de l'Italie ancienne (Lucanie), sur la frontière du Brutium. Elle était située près des ruines de Sybaris et avait été fondée par des Athéniens émigrés vers l'un 444 avant notre ère. En 286, elle tomba au pouvoir des Lucauiens et fut délivrée, quatre ans plus tard, par des Romains, dont elle reconnut la domination. Une colonie romaine vint s'y établir en 194, et Thurium prit alors le nom de Copia;. Elle s'appelle aujourd'hui Torre Brodognuto.

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TIIUIILES, bourg et paroisse d'Irlande, sur la Suir, dans le comté et à 124 kilom. S.-O. de Tipperary, 10,300 hab. Evèché et collège catholiques, La Suir la divise en deux parties égales. Ses habitants se livrent surtout au commerce des grains. Vers l'an 1300, la famille Butler y fonda un monastère, dont il subsiste une tour et quelques pans de murs sur la rive E. de la Suir. On remarque à Thurles plusieurs établissements d'éducation, notamment le collège de Saint-Patrick, fondé en 1836; les ruines d'un château ayant^ appartenu aux templiers et les restes d'une abbaye fondée en 1182 par Donald O'Brien, O'Brieu y défit les Danois et les Anglais au xe siècle. En 1850, un synode, composé de tous les évêques catholiques d'Irlande, a été tenu à Thurles.

THURLMÈRE, petite rivière d'Angleterre (Cumberland). Elle se jette dans la Derwent, près.de Keswich.

THURLOE (Jean), homme d'Etat anglais, né dans le comté d'Essex en 1616, mort en 1668. Admis en 1647 au barreau de Lincoln's Inn, il devint, l'année suivante, receveur des amendes de la chancellerie et, après l'exécution de Charles I«, renonça au barreau pour suivre la carrière politique. Attaché d'abord comme secrétaire à l'ambassade anglaise près les Provinces-Unies, il fut nommé secrétaire d'Etat en 1653, puis, deux ans plus tard, directeur du service intérieur et extérieur des ports, et, en 1656, fut envoyé au Parlement par le bourg d'Ely. Membre du conseil privé et gouverneur du Charter-House en 16=7, il devint, l'année suivante, chancelier de l'université de Glascowet conserva tous ses emplois jusqu'à la restauration de Charles IL Emprisonné à cette époque, sous l'inculpation de haute trahison, il recouvra peu après sa liberté et vécut dès lors dans la retraite, sans vouloir accepter aucune fonction publique, malgré les offres qui lui furent faites à plusieurs reprises de la part du souverain. Il consacra ses loisirs à former un recueil de toutes les négociations qui avaient eu lieu entre l'Angleterre, la France et l'Espagne depuis le protectorat jusqu'à la restauration. Ce recueil, qui ne fut publié que vers le milieu du siècle suivant par le docteur Birch, sous le titre de Papiers d'Etat (1742, 7 vol. in-fol.), renferme une foule de documents importants pour l'histoire de l'Angleterre pendant cette période de la république.

THURLOW (Edouard), homme d'Etat anglais, né dans le comté de Suffolk en 1732, mort en 1808. Il fit ses études de droit à l'université de Cambridge, fut inscrit en 1754 au barreau de Londres et acquit rapidement une grande réputation comme avocat. En 1761, il obtint le titre de king's counsel, fut envoyé, sept ans plus tard, au Parlement par le bourg de Tanvworth et succéda, en 1771, à Dunniug dans les fonctions de solicitor gênerai. 11 se concilia, à cette époque, les bonnes grâces de George III par le zèle et l'énergie qu'il mit à soutenir la politique de lord North au sujet de la guerre d'Amérique. Aussi, lorsqu en 1778 le lord chancelier Bathurstse retirades affaires, ce fut Thurlow que le roi choisit pour lui succéder ; il l'éleva, en outre, à la pairie, sous le titre de baron Thurlow d'Ashlield, dans le comté de Suffolk. Lord North ayant quitté le pouvoir quatre ans plus tard, pour céder la place au cabinet éphémère Rockingham, Thurlow conserva la garde du grand sceau, sur la volonté expresse du roi et en dépit de l'opposition de Fox, ce qui offrit l'exemple d'un fait sans précédent dans l'histoire d Angleterre, celui d'un lord chancelier conservant ses fonctions sous une administration aux tendances politiques de laquelle il était radicalement opposé. Et il ne se contenta pas de différer seulement d'opinion avec ses collègues, il ne se donna même pas la peine de cacher son hostilité à leurs principes et, dans la Chambre des lords, fit une opposition constante aux mesures qu'ils soutenaient à l'unanimité. Cependant, à la mort de Rockingham et à la chute du ministère, qui en fut ia suite (février 1783), il dut résigner ses fonctions, quel que fût le désir du roi de le maintenir. Il n'en demeura pas moins un de ceux que Junius appelle ■ les amis du roi » et passe pour avoir été le conseiller secret et le confident de ce prince •pendant le court règne du ministère de la coalition. A la chute de ce ministère, vers la lin de la même année, Pitt, qui devint alors premier ministre , rendit les sceaux à lord Thurlow, qui devait les conserver pendant neuf ans. Jusqu'à l'époque de la démence du roi (1788), il parut vivre en bon accord avec les autres membres du cabinet ; mais, lorsque cet événement eut rendu probable l'établissement d'une régence et une transformation de ministère, il entra secrètement en rapport avec le prince de Galles et avec les whigs, indisposa ainsi Pitt contre lui et ne craignit pas de lui faire, en toute occasion, une opposition déclarée au sein de lu Chambre, en sorte qu'enfin le chef du cabinet, poussé à bout, mit le roi en demeure de choisir entre lui et lord Thurlow (1792). Ce dernier fut sacrifié. Il ne prit plus dès lors aucune part aux affaires publiques et ne parla qu'accidentellement à la Chambre des lords sur des questions de peu d'intérêt; et encore, dans ces occasions, fit-il preuve de cette mobilité qui avait marqué toute sa carrière. Tans les dernières années de sa vie, cependant, il était

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consulté confidentiellement par les membres <la la famille royale, surtout par le prince de Galles (depuis George IV) , qui eut recours à ses conseils lors des accusations portées en 1805 par lady Douglas contre la princesse de Galles.

THORMANN (Gaspard), bibliographe allemand, né à Rostock en 1634, mort à Hambourg en 1704. 11 étudia la littérature ut la jurisprudence dans la plupart des universités de l'Allemagne, se fit recevoir docteur à Francfort en 1660 et exerça la profession d'avocat. En 1682, le duc de Saxe-Lauenbourg lui donna le titre de conseiller. Après la mort de ce prince, il habita plusieurs villes, s'occupant surtout d'enrichir sa bibliothèque et de rédiger des compilations bibliographiques. Nous citerons de lui : Traité des lettres de change; Bibliotkeca academica de rébus et juribus academiarum, doctorumt eruditorum et universs rei literariss (Halle, 1700, in-4°), recueil curieux, mais qui contient des nomenclatures trop sèches ; Bibliothecacanonicorum, in qua de canonicis eorumque eollegiis traclatur (Halle, 1700, in-4°): Duelliea, seu de barbaru et belluina duellandi cotisuetudine (Halle, 1700, in-4») ; Bibliotkeca stalistica , sire auctores pr&cipui qui de ratione status scripseruni (Halle, 1701); Jiibliotlieca Salinarium physico - theologico -politico -juridica (Halle, 1702) ; De l'utilité des dissertations académiques, etc.

THUHMANN (Jules), géologue et botaniste, né à Neuf-Brisach en 1804, mort en 1855. Il suivit les cours de l'Ecole des mines de Paris , puis se rendit en Suisse , où il entra comme officier* dans le génie fédéral, et devint professeur de muthéinatiques et de sciences nuturellesàPorenlruy (IS32). Quatre ans plus tard, il prit la direction de l'Ecole normale du Jura. On lui doit : Essai sur les soulèvements jurassiques de Porentruy (1832- 1836, 2 part. in-4«); Essai de philoslalique ou Etude de la dispersion des plantes vascutaires (1848); Esquisses orographiques du Jura (1852, in-8»).

TUUlLMliU (Joseph), architecte allemand, né à Munich en 1789, mort en 1833. Il ne commença à s'adonner à l'étude de l'architecture qu'en 1817, époque où il devint l'élève du professeur Fischer, chez lequel il eut pour compagnons d'études Gartner, Ziebland, (Elilmùller et autres qui, depuis, se sont fait uu nom plus ou moins éminent dans les arts. L'année suivante, il se rendit à Rome et partit ensuite, avec Hubsch, Heger et lioeh, pour la Grèce, où il employa cinq inuis à étudier ou à dessiner les resies des édifices d'Athènes. Il publia à «on retour une punie de" ces dessins, sous le titre de Vues d'Athènes et de ses monuments (1823-1820). Il entreprit ensuite avec Gutensohn la publication d'un Recueil d'études architecturales et de décorations des édifices de Itome du xve et du xvie siècle, dont la première partie parut en 1826. Mais l'ouvrage n'ayant pas rencontré le succès qu'il méritait, les Ueux artistes en abandonnèrent la publication. Il eut du moins l'avantage de mettre Thurmer en lumière et il fut invité à la fois à se rendre à Francfort et à Dresde. Il préféra cette dernière ville, y devint professeur extraordinaire, puis, un 1832, premier professeur à l'Ecole d'architecture et exerça par ses leçons, malheureusement trop tôt interrompues, une heureuse influence sur les progrès de l'art et sur le perfectionnement du goût artistique. 11 n'a l'ait construire dans cette ville que deux édifices, la Poste et la Grande-Garde, et encore cette dernière fut-elle exécutée d'après les plans de Seh'uikel ; mais le grand nombre des dessins qu'il a laissés et qui portent tous le cachet d'une véritable originalité et d'un sentiment délicat de l'art montre ce qu'il aurait pu faire s'il n'était mort à un âge aussi peu avancé. Ses amis et ses élèves lui élevèrent en 1838, à l'Académie des beaux-arts de Dresde, un monument surmonté de son buste.

THUBNEISSER (Jean-Jacques), graveur suisse, ué à Bàle en 1636, mort eu 1718. Il reçut les leçons de Pierre Aubry, puis étudia la manière de Claude Melan et fut, soua quelques rapports, notamment au point de vue de la fermeté et du brillant du burin, supérieur à ces deux maîtres. Après avoir habité successivement la France, l'Italie et l'Allemagne, il revint, en 1699, se fixer dans sa ville natale. Son oeuvre se compose d'une foule de planches qu'il serait presque impossible de • cataloguer. Sandrart eu a reproduit, dans son Académie, quelques-unes des plus remarquables, entre autres celles de Laocoon, de Latone et à' Antinous. — Son fils, mort en 1730, le seconda dans ses travaux et fut également habile graveur.

TllUKNEISSEU DE THUBN (Léonard), célèbre alchimiste et astrologue , né à Bàle en 1531, mort en 1596. 11 fut d'abord apprenti chez un orfèvre, mais dut s'enfuir de sa ville natale, à l'âge de dix-huit ans, pour avoir vendu à uu juif un morceau de plomb doré pour de l'or. Il se rendit d'abord en France, puis en Angleterre, et enfin en Allemagne, où il s'engagea dans l'armée du margrave de Brandebourg. Ayant été fait prisonnier l'année suivante, il renonça définitivement à l'état militaire, visita les mines et les fonderies de l'Allemagne et du nord de la France et arriva, en 1551, a Kostuitz, où il reprit sa première profession. Laréputationqu'ils'éiait

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acquise pour tout ce qui touchait à la science des mines le fit envoyer dans le Tyrol pour diriger les travaux de quelques-unes de celles de cette contrée; il arriva en 1558 à Tarenz, dans la vullée supérieure de l'Inn, et y établit, ainsi qu'àSaint- Léonard, àson propre compte, des fonderies pour la purification du soufre. Le succès qu'il y obtint accrut encore sa célébrité, et 1 archiduc Ferdinand, dont la confiance en lui s'était accrue d'autant, l'envoya voyager en Ecosse, dans les lies Orkney, en Espagne et en Portugal. Il visita aussi les côtes de la Barbarie, l'Ethiopie, l'Egypte, l'Arabie, la Syrie et la Palestine et revint dans le Tyrol en 1567. Deux ans plus tard, à la requête du même prince, il alla explorer les mines de la Hongrie et de la Bohême. Afin de surveiller la publication de ses ouvrages, il se rendit ensuite à Munster et à Francfort-sur-1'Oder et se lia dans cette dernière ville avec l'électeur de Brandebourg, dont il guérit l'épouse gravement malade et qui résolut de l'attacher k son service dans 1 espoir qu'il découvrirait dans ses Etats quelques trésors minéraux cachés. Thurneisser accepta l'emploi de médecin de ce prince et le suivit à Berlin, où par son adresse à profiter des préjugés et de la faiblesse de ses contemporains, ainsi que par son habileté à exploiter tous les secrets du charlatanisme, il parvint rapidement non-seulement à acquérir une grande fortune, mais encore à passer pour l'un des hommes les plus savants de son temps. Enfin, cependant, lu haine de ses envieux et plus encore sa propre imprudence firent découvrir ses impostures, et, en 1584 , il fut forcé de quitter Berlin. Il se rendit successivement à Prague, à Cologne et à Rome et, après avoir mené pendant plusieurs années une vie errante, finit par mourir dans un couvent de Cologne. 11 a laissé un grand nombre d'écrits, mais ils sont de peu de valeur et connus seulement d'un petit nombre de bibliophiles. On en trouvera la liste dans la Biographie médicale, a laquelle nous avons emprunté les éléments de cette notice.

TUUHN1ÎH (A.), musicien et écrivain français contemporain. 11 s'est fait Connaître comme pianiste en jouant dans des concerts, et comme compositeur en publiant un certain nombre de morceaux de genre pour le piano.. En tant qu'écrivain, il a collaboré à plusieurs journaux, notamment à la France musicale, a la Reçue et gazette musicale de Paris et au Grand Journal. 11 a publié aussi sous ce titre : les Transformations de i' Opéra-Comique (Pâtis, 1864, ifi-12), un livre qui ne manque point d'intérêt, mais où l'on remarque malheureusement une connaissance incomplète du sujet traité eu ce qui concerne le côté" historiquu, malgré la compétence évidente de l'auteur au point de vue musical et ses réelles qualités littéraires.

THURNMA1BR (Jean), dit A«entlu, historien allemand , ué à Abensberg , ancien Aventinum, d'où son surnom, vers 1476, mort en 1534. Le duc de Bavière le chargea, eu 1512, de diriger l'éducation de ses enfants. Tburninaier a écrit une histoire de la Bavière sous le titre d'Annalium Boiorum lib. Vil (Munich, 1554, in-fol.). Cet ouvrage, regardé lors de son apparition comme un livre fort remarquable, a été abrégé et traduit en allemand (Francfort, 1566, in- fol.).

THUliOCZ (comitaxdk), eu hongrois Turoczvarmeye, division de la Hongrie, cercle au delà au Danube, entre 4s° 45' et 49° 12' de latit. N. et entre 16° 13' et 10* 49' de longit. E. ; borné au N.-E. par celui d'Arva, à l'E. pur celui de Liptan , au S.-E. par celui de iSohl, au S. par celui de Bars, au S.-E. par celui de Neustra et au N.-O. par celui de ïrentsin ; 55 kilom. sur 25 ; 1,155 kilom. carr. ; 45,000 liab. Chef-lieu, Szent-Martdny. < Il est limité de tous côtés, excepté au N.-E. et au N.-O,, dit un écrivain, par d'assez humes montagnes, qui dépendent de la chaîne des Karpathes, envoient dans l'intérieur de nombreuses branches et donnent naissance à une foule de petits cours d'eau, dont le principal, le Thurotz, traverse le pays du S. au N. et va se joindre au Vag, qui en arrose la partio N. Le sol est trop montagneux pour être uien fertile; on y récolte cependant une grande quantité de blé, mais pas de vin. Les moutons, les fromages et le bois sont les autres richesses de cette contrée. Réuni au coinitut d'Arva en 1853. »

TUUROCZ ou TUDHOCZI (Jean) , historien hongrois, né vers 1420, mort on ne sait à quelle époque, il appartenait à l'état ecclésiastique et se lit une grande réputation comme prédicateur. Mais son titre principal aux yeux de la postérité est son Chronicon regum Huugariœ, dont la première édition parut à Augsbourgen 148S. C'est une histoire de la Hongrie , compilée en majeure partie , de l'aveu luème de l'auteur, d'après ies premiers chroniqueurs hongrois, et qui s'étend du règne d'Attila, au v<s siècle, jusqu'au couronnement de Mathias Corvin en 1464. Les Hongrois regardent cet ouvrage connue une des sources les précieuses de leur histoire nationale, surtout parce qu'on y trouve des extraits d'anciennes chioniques aujourd'hui perdues. Le Chronicon de ïhuroez a été inséré dans les Hunyaricarum rerum scriptores de Bûiigurs (1600), ainsi que dans les Scriptores rerum hunyuricarum veteres ac yenttini (Vienne, 1746).

THUR

THDROCZ (Ladislas), historien hongrois du xvmo siècle. Il descendait de la famille du précédent et entra dans l'ordre des jésuites. Il n'est guère connu que comme l'auteur d'une histoire de Hongrie, intitulée : Hungaria cum suis regibus (Tirnau, 1729, in-fol. ; Tirnau, 1772, in-4", 2e édit. augmentée). Ecrit dans une langue concise et élégante, cet ouvrage est surtout utile pour la connaissance de la topographie de la Hongrie et renferme, en outre, une foule d'anecdotes que l'on chercherait vainement dans tout autre; enfin l'auteur y a réparé plusieurs omissions commises par les historiens qui l'avaient précédé.

THURON s. m. (tu-ron). Mam m. Un des noms vulgaires de l'aurochs.

THUROT (François), célèbre corsaire et marin français, né à Nuits (Bourgogne) eu 1727, mort en 1760. Il s'embarqua comme chirurgien sur un corsaire de Dunkerque , tomba peu après entre les mains des Anglais' qui le conduisirent à Douvres, apprit l'anglais pendant sa captivité et parvint un beau jour à s'échapper en traversant le pas de Calais sur une barque. Loin d'être dégoûté de la marine par les périls qu'il avait courus, Thurot s'enrôla comme matelot, devint au bout de peu de temps capitaine et se signala par sa bravoure dans plusieurs combats contre les Anglais. La paix de 1748 le contraignit de naviguer pour le commerce. Mais au début de la guerre de Sept ans les armateurs le sollicitèrent de recommencer ses courses et lui confièrer.1 le commandement de "plusieurs navires, avec lesquels il ruina le commerce anglais dans les mers du Nord. Ces brillantes expéditions lui valurent d'entrer dans lu marine royale. Nommé commandant de la corvette la Friponne, il croisa dans la Manche , livra de nombreux combats à l'ennemi et prit environ soixante navires de commerce. Le maréchal de Belle-Isle, qui depuis longtemps avait été à .même d'apprécier son mérite, lui lit confier, en 1757 , le commandement d'une division, à la tète de laquelle il se couvrit de gloire, fit un grand nombre de prises dans la Manche et sur les côtes de la Norvège et balaya toute la nier du Nord. En 1758, il battit quatre navires anglais, puis mit eu déroute une flotte de dixsept pirogues armées en guerre, échappa aux poursuites de trente vaisseaux anglais et revint à Dunkerque, après avoir fait un tort énorme au commerce ennemi et s'être cou- ■ vert de gloire. S'étafit rendu à Versailles, où il reçut le plus honorable accueil , il proposa de faire une descente sur les côtes de la Grande-Bretagne et parvint a faire adopter son projet. Appelé au commandement d'une escadre composée de cinq frégates et d'une eorvelte, avec un corps de 1,500 hommes, il opéra une descente en Irlande (1759), fit le siège de Carrick-Fergus et s'en empara. Mais à son retour, attaqué par des forces supérieures, il se défendit héroïquement et fut tué dans l'action, Thurot avait à peine trentetrois ans.

THUBOT (Jean-François) , philosophe et helléniste français, né à Issoudun en 1768, mort à Paris en 1832. Il alla achever ses études à Paris, entra, en 1785, à l'Ecole des ponts et chaussées, devint, en 1789, sous-lieutenant dans la compagnie des pompiers de Paris et fut désigné, eu 1794, pour faire partie de l'Ecole normale, qui venait d'être fondée. En 1802, Thurot accepta la direction d'une maison d'educution, appelée Ecole des sciences et des belles-lettres, et y professa l'histoire et les lettres. Etroitement lié avec Cabanis , Destutt de Tracy et les autres philosophes qui composaient la société de Mm<> Helvétius à Auleuil , il avait fuit une étude approfondie de la philosophie et appartenait à leur école. En 1811, il devint professeur suppléant de philosophie à la Faculté des lettres de Paris et, l'année suivante, fut appelé à occuper uu collège de France la chaire do langue et de philosophie grecques. En 1830, l'Académie des inscriptions admit au nombre de ses membres cet érudit, qui fut emporté deux ans plus tard par le choléra. Thurot a laissé de bonnes traductions, d'une fidélité scrupuleuse, d'un style simple et aisé et pour la plupart accompagnées d'un travail critique. Telles sont les suivuutes : Hermès ou Recherches philosophiques sur la grammaire unioersfilté, par W. Harris (Paris, 1796, in-8u), traduction qui lui avait été demandée par lu commission de l'instruction publique ; Vie de Laurent de Alédicis, par W. Roscoe (Paris, 1797, 2 vol. in-8") ; Apologie de Socrate, d'après Platon et Xénophon (Paris, 1806, in-S°); la Morale et la politique d'Aristote, avec notes historiques et critiques (Paris, 1823-1824, 2 vol. iu-8°); le Manuel d'Epiclète et la Harangue de Lycurgue contre Léocrate, traduits pour les éditions de Coray, En philosophie, Thurot partageait les idées de Locke, de Reid, de Destutt de Tracy. Il pratiqua avec beuucoup de soin la méthode d'observation appliquée aux faits de la conscience et explora avec une perspicatité simple, logique et brillante les secrets du mystérieux organisme de l'intelligence. Nous citerons de lui : Qu'est-ce que la philosophie ? (Paris, 1819, in-4") et De l'entendement et de la raison; Introduction à l'étude de laphilosophie (Paris, 1830,2 vol.in-8°), son ouvrage capital, à qui l'Académie française décerna, en 1830, le prix de 6,000 francs fondé par Montyon pour l'ouvrage le plus

THUY

utile aux mœurs. Dans ce livre , qui résume toule la philosophie depuis Epicure jusqu'aux hardis penseurs du xvme siècle, on trouve un grand nombre de remarques fines et ingénieuses. On doit, en outre^ k Thurot ; Rapport sur la nouvelle édition du Thésaurus linguse grœeœ d'Henri Estienne (Paris, 1831, in-fol.); Œuvres posthumes; Leçons de grammaire et de logique; Vie de Reid (Paris, 1837, in-80) ; enfin de nombreux articles insérés dans la Décade philosophique, la Revue encyclopédique, le Mercure, etc. — Son frère, Alexandre-Pierre Thurot, né à Issoudun en 1786, mort à Paris en 1847, s'est fait connaître par la traduction du Manuel de l'histoire ancienne par Heeren (Paris, 1823, in-8°) et des Discours d'Epiclète, recueillis par Arrien (Paris, 1839, in-8").

THURSES ou THUSSES, géants ou dieux secondaires adorés chez les peuples Scandinaves.

T11URSO, ville d'Ecosse, comté de Caithness, sur la rivière du même nom, à son embouchure dans la mer du Nord, à 31 kilom. N.-O. de Wick ; 5,000 hab. Manufactures de toiles, lainages, cuirs; pécha de hareng et da saumon.

THURSO , rivière d'Ecosse, comté de Caithness. Elle est formée sur les confins du comté de Sutherlaud par la réunion de plusieurs sources, traverse le lac More et, après un cours impétueux de 50 kilom., se jette dans la buis de Dunnet. Elle est navigable pour des navires de 200 tonneaux jusqu'à la ville de sou nom.

THORUS s. m. (tu-russ). Mamm. Syn. de

THURON.

THCRV-UARCOURT, ville du Calvados.

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