‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 109 sur 1042 · V. Harcourt-Thury · texte numérisé non relu

V. Harcourt-Thury

TU Ull Y (César-François Cassini de), astronome français. V. Cassini.

THORY (Hêricaht de), ingénieur et agronome français, V. Héricart.

TUUSIS ou TDS1S, en italien Tossana, bourg de Suisse (Grisons), dans la vallée de Doinlesch, au pied de la montagne du Heizenberg et au confluent du Rhin et du torrent de Nolla, à 30 kilom. S. de Coire; 600 hab. Tanneries; commerce en grains et bétail ; entrepôt de commerce entre l'Allemagne et l'Italie.

THUYA s. m. (tui-ia — du gr. thuia, arbre odoriférant). Bot. Genre d'arbres, de la famille des conifères, tribu des cupressinées, comprenant trois ou quatre espèces, qui croissent dans l'Amérique du Nord : Le thuya occidental ou du Canada est un bel arbre de forme pyramidale. (P. Duchartre.) Le bois du thuya est excellent pour les constructions. (Th. de Berneaud.) On multiplie le thuya de graines et de boutures. (Bosc) || Syn. de biota et de callitris, autres genres de conifères.

— Encycl. Les thuyas sont des arbres à tige droite, à rameaux nombreux, anguleux, articulés, distiques, portant des feuilles petites, en forme d'écaillés, opposées en croix, étroitement imbriquées sur quatre rangs et persistantes. Les fleurs sont monoïques , mais les mâles et les femelles sont portee3 sur des rameaux différents; .les unes et les autres forment de très-petits chatons ovoïdes terminaux. Le fruit est un petit cône ou strobile, à écailles presque coriaces, imbriquées sur quatre rangs et renfermant des graines ailées. Ce genre, depuis les démembrements qu'il a subis , ne renferme plus qu'un petit nombre d'espèces, qui croissent dans les régions tempérées de l'hémisphère nord. On les divise en deux groupes, les thuyas proprement dits et les biotes (biota) , que plusieurs auteurs regardent comme deux "genres distincts. Ces arbres sont fréquemment cultivés dans nos plantations d'agrément.

Le thuya d'Occident est uu bel arbre à cime • pyramidale, qui, dans son pays natal, atteint jusqu'à 17 mètres de hauteur sur 1 mètre de diamètre, mais qui dans nos cultures dépasse rarement la moitié de ces dimensions. Sa tige est couverte d'une écorce rougeàtre dans le jeune âge, brune dans la vieillesse; ses rameaux en éventail, bien qu'un peu lâches et pendants, forment une pyramide assez régulière ; ils portent des feuilles d'un vert foncé, très-résineuses et odorantes; ses cônes, composés d'écaillés lisses et obtuses, ressemblent en petit à ceux des sapinettes. Originaire du Canada et des Etats-Unis, il a été introduit en France sous François lor. Le premier pied, d'après L'Ecluse, fut planté dans le parc da Fontainebleau. Ce n'est que plus tard, en 1596, qu'il fut importé en Angleterre. Depuis, il s'est beaucoup propagé et naturalisé en Europe. Mais si l'horticulture d'ornement en a obtenu plusieurs variétés, on est loin d'en avoir retiré, sous le rapport économique, tous les services qu'ii peut rendre.

Le thuya aime les terrains frais et légers et peut croître à toute exposition. On le multiplie ordinairement de graines, qu'on sème au printemps, quand les gelées ne sont plus à craindre, dans une terre légère et ombragée, de préférence en terre de bruyère et à l'exposition du nord. On arrose fréquemment les jeunes plants pendant l'été ; au printemps suivant, on les repique en pépinière, à environ om,2 de distance, dans une terre ombiagée et bien préparée. Deux ans après, on les repique de nouveau, mais cette fois à In

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distance de 0<°,65. A l'âge de cinq k six ans, on peut les planter à demeure; mais on peut attendre bien plus longtemps, car ils supportent bien la transplantation, même à un âge trèsavancé. Il faut s'abstenir, autant que possible, d'enlever les branches inférieures, qui tombent d'elles-mêmes lorsque, par les progrès de l'âge, la sève se porte-plus abondamment vers le sommet.

On propage aussi cet arbre par boutures, qu'on peut taire en toute saison , en terrain irais et léger ; on gagne ainsi deux ans sur les sujets élevés de graines ; mais les pieds qu'on en obtient ne sont ni aussi beaux ni d'aussi longue durée. Les marcottes se font en automne et peuvent être relevées un an après; elles s'enracinent aisément dans les terrains humides. Cet arbre supporte parfaitement la taille; aussi est-il excellent pour faire des haies, des palissades et des berceaux, qu'on peut tondre tous les ans, comme les charmilles, sans inconvénients. Dans les pépinières et les jardins maraîchers, on l'emploie avec avantage h faire des brise-vent. Comme arbre d'ornement, bien qu'inférieur à beaucoup d'autres conifères, il fait aussi bien isolé qu en massif. Ses variétés naines , k rameaux pendants, a feuilles panachées de blanc ou de jaune, etc., font également un très-bon effet. Il réussit bien surtout dans les lieux frais et ombragés.

Mais ce n'est pas seulement comme espèce ornementale qu il se recommande et mérite d'être propagé en grand. Le Ikuya d'Occident, vulgairement appelé aussi arbre de vie ou cèdre blanc, a une croissance assez rapide. Son bois, moins dur que celui du sapin, est cependant d'un bon usage et presque incorruptible ; il répand une odeur forte et même désagréable quand on le travaille. On s'en sert peu pour les constructions ; mais on l'emploie beaucoup, au Canada, pour faire des palissades, des fortitications légères et des clôtures de jardin, parce qu'il résiste plus longtemps aux injures de 1 air et est moins sujet k la pourriture que tout autre bois. Les Canadiens en couvrent leurs maisons et s'en servent pour la construction de la quille de leurs bateaux. On l'emploie aussi dans la menuiserie. On fait avec ses jeunes branches des balais qui répandent une odeur agréable. En médecine, les diverses parties de cet arbre sont usitées comme sudoriliques et vermifuges. Elles donnent par distillation une huile essentielle analogue à l'essence de térébenthine. La teinture préparée avec ses feuilles es't employée en friction contre les douleurs ; on l'a préconisée aussi contre tes affections syphilitiques. Les rameaux fleuris, récoltés en avril et mai un peu avant la floraison , Bervent k préparer une teinture mère, dont la. médecine homœopathique fait un grand usage.

Le thuya gigantesque est un grand arbre, qui atteint et dépasse même la hauteur de 40 mètres sur 6 mètres de tour; son écorce, lisse, luisante, d'un brun roux, se détache en lames très-minces; ses rameaux sont plus ou moins dressés ou étalés, suivant les variétés. Cet arbre croit dans l'Amérique du Nord, notamment en Californie. Il dégage une odeur forte, pénétrante, désagréable, analogue à celle qu'exhalent certains genévriers. Introduit dans nos cultures depuis 1854, il s'est montré fort rustique. On le propage surtout par la greffe sur le thuya d'Orient ou sur les ckamsecyparis. C'est un très-bel arbre d'ornement. Ses propriétés sont peu connues, mais il y a tout lieu de croire qu'il pourrait rendre les mêmes services que le précédent. On peut en dire autant du thuya de Lobb ou de Menzies.

Le thuya d'Orient, devenu aujourd'hui pour plusieurs auteurs le type du genre biote ou biota, est un arbre qui atteint rarement la hauteur dé 10 mètres; il varie de port et d'aspect, mais forme en général une pyramide compacte et plus ou moins élancée.

Originaire de l'Asie orientale, il est introduit dans nos cultures depuis 1753. Cette espèce très-rustique a donné naissance k de nombreuses variétés, naines, k rameaux diversement disposés, dressés ou pendants, k feuilles glauques, dorées, panachées de jaune ou de blanc, k fruits tres-petits, etc.

Cet arbre est fréquemment cultivé au Japon, où on le plante autour' des temples.Peu difficile sur la nature du sol, il préfère néanmoins les terres chaudes, légères, sèches, calcaires et ne craint que les terrains argileux ou compactes. On le multiplie par semis ou par greffes, plus rarement par boutures. Son bois est très-beau et de longue durée; mais il est rare d'en trouver des échantillons assez forts pour pouvoir être employés utilement. Ses propriétés médicales sont peu connues. L'infusion de ses parties herbacées a été recommandée contre certaines affections de la ^poitrine ou de l'estomac. Beaucoup d'oiseaux, notamment les poules, sont très-friands de ses graines. Chez nous, l'utilité la plus réelle de cet arbre est de convenir beaucoup k l'or; neiiient des jardins paysagers; comme il supporte bien la taille, U sert aussi k faire des abris ; il a, sous ce rapport, le précieux avantage de n'être presque jamais attaqué parles vers blancs. Mais il lui faut surtout le grand air et le soleil.

Le thuya de A! eaux est un arbrisseau de 5 mètres de hauteur au plus, formant une pyramide étroite, arrondie, obtuse, très-compacte, k feuilles d'un vert glauque ou bleui-

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tre, prenant, durant l'hiver, une teinte rouge très-intense. L'origine de cette espèce est assez curieuse ; on l'a trouvée à Meaux, dans un semis de graines de l'espèce précédente. Le thuya articulé , qui fournit la sundaraque, forme aujourd'hi le type du genre callitris. V. ces mots.

— Essence de thuya. Pour obtenir l'essence de tkuya, on distille avec l'eau les sommités des branches et les feuilles de thuya (thuya occidentalis). D'après Sohweizer, cette essence est un mélange de différentes huiles et renferme 77 pour ion de carbone, 10,9 d'hydrogène et U,4 d'oxygène. Fraîche, elle est incolore, mais elle jaunit rapidement k l'air. Elle a l'odeur du thuya, présente une densité inférieure k celle de l'eau, liquide dans lequel elle n'est que fort peu soluble, et se dissout dans l'alcool et dans l'éther. Lorsqu'on la soumet k la distillation fractionnée, la plus grande partie passé entre 190° et 197°. Le point d'ébullition s'élève ensuite rapidement a 20G°, et il reste en dernier lieu un résidu brun.

L'huile de thuya brute dissout de trèsgrandes quantités d'iode. Lorsqu'on chauffe cette solution, une réaction violente se produit, et il se dégage de l'acide iodhydrique en même temps qu'une huile très-volatile. Le résidu, chauffé plus fortement, donne k la distillation une huile visqueuse, puis des vapeurs d'iode, et laisse nu résidu de charbon.

Lorsque l'htiile légère dont nous venons de parler est distillée à différentes reprises sur l'iode, puis successivement sur de la chaux vive et'sur du potassium, elle devient incolore, est complètement exempte d'oxygène, ressemble k l'essence de térébenthine par son odeur et sa saveur, est plus légère que l'eau et bout entre 165° et 175». Ainsi purifiée, elle constitue la thuyone et la thuyène de Schweizer. L'huile visqueuse agitée avec une lessive de potasse abandonne du carvacrol à ce liquide alcalin, qu'on peut séparer par une addition d'acide sulfurique. La portion insoluble dans la potasse paraît être du oolophôiie.

L'huile do thuya ne s'altère pas sensiblement par une distillation sur l'anhydride phosphorique. L'acide sulfurique la résinilie immédiatement. L'acide azotique du commerce lui communique une couleur jaune foncé, mais ne l'enflamme pas. Le potassium la résinilie sans donner lieu au moindre dégagement d'hydrogène. L'hydrate de potassium résinilie immédiatement l'essence de thuya en partie, tandis,qu'une autre portion distille inaltérée. Une série de distillations avec la potasse de la partie qui a distillé diminue la quantité de celle-ci, maisn'en modifie pas sensiblement les caractères. Après cinq distillations, le produit distillé contient 78,87 pour 100 de carbone, 10,98 d'hydrogène et 10,15 d'oxygène. Le résidu noir de ces diverses distillations abandonne k l'eau un savon de résine qui se dissout dans l'eau pure, tandis que le carvacrol reste dans la liqueur alcaline.

THUVITE s. m. (tui-i-te — rad. thuya).

Bot. Genre de végétaux conifères fossiles, analogue aux thuyas.

THUYON s. m. (tui-ion — du gr. thuia, arbre odoriférant). Bot. Nom donné anciennement k un arbre résineux : On acrujus//u'ici que le thuyon pouoait être une espèce de genéorier. (Th. de Berneaud.)

THUYOXYLE s. m. (tui-io-ksi le). Bot. V.

THUYOXYLON.

THOYOXYLON s. m. (tui-io-ksi-lon — de thuya, et du gr. xulon, bois). Bot. Genre de végétaux fossiles, voisin des thuyas, u On dit aussi TUYOXYLUM.

THWAITÉSIE s. f. (touaï-tô-zl — de 2'huMites, bolan. arigl.). Bot. Genre d'algues, de la tribu des zygnémées, dont l'espèce type croît dans tes eaux dormantes de l'Algérie.

THY (Nicolas-Christiern ds) , officier et chimiste français. V. Milly.

THYADE s. f. (ti-ia-de — gr. thuas, de thuà, je suis en délire). Antiq. gr. Nom donné aux Athéniennes vouées au service de Bacchus.

— Encycl. V. Thtas.

THYAMIS s. in. (ti-a-miss — du gr.

thuêina, parfum). En ton:. Syn. de longitaksm

et TEINODACTYLE.

THYANA s. m. (ti-a-na). Bot. Syn. de thouinie, genre de sapindacées.

THYASs. m.(ti-ass — du gr. thuas, parfum). Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des acariens.

THYAS ou THYIAS, une des premières prêtresses de Bacchus, dans la mythologie grecque. Un la donnait comme lille de Castalios et d'une mère inconnue. Nourrie par son père dans le culte de Dionysos (Bacchus), c'est-k-dire adonnée au vin, elle s'attacha aux prêtres de ce dieu et fut l'institutrice des orgies célébrées par les bacchantes. C'est k elle qu'on attribuait la fondation à Athènes de la congrégation des thyiades, ainsi appelées de son nom. Ce nom, formé du mot grec Sud» (xstuo, bacchor), être en fureur, exprime les effets du vin tel qu'on le fabriqua d'abord en Grèce, condensé et réduit, au moyen de la cuisson, k la consistance d'un sirop, et les perturbations que les femmes surtout en éprou

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vaient quand elles en avaient bu avec excès, ce qui devint un usage, et un usage dont on sa faisait honneur. Au temps du poète Alcman, il n'y avait encore dans toute la Laconie qu'un seul canton peu étendu où l'on connut l'art de faire des vins, qu'on nommait apyres, parce qu'ils n'ataient pas été condensés au moyen du feu. Mais, même les vins apyres, qui devinrent depuis d'un usage général en Grèce, étaient, comme ils le sont encore, très-forts et très-propres kjeter dans l'ivresse pour peu qu'on en fit abus. Tout cela se rattache au culte de Bacchus. A thé' née exagère sans do'ute lors qu'il peint, dans les Dipnosophes (I. X, c. xm), les femmes grecques plongées dans une espèce d'ivresse continuelle; mais il est certain qu'elles éprouvaient de grandes perturbations, en faisant un usage immodéré des vins violents de la Grèce, et que, pour un certain nombre d'entre elles, cet usage devint une véritable affaire de religion. C'était rendre hommage k Bacchus qne de beaucoup boire. Les débauches des bacchantes, des thyades et des niénades n'avaient rien qui scandalisât ; c'était une manière d'honorer le dieu. De là la confrérie des thyades de l'Attique, des ménades de l'Arcadie, les dionysiates de Delphes et de Thrace, toutes bacchantes qui se rendaient furieuses, pour ainsi dire, par dévotion, en certains temps déterminés de l'année, pour fêter Bacchus.

Lorsque les bacchantes grecques avaient vidé plusieurs amphores de vin, en buvant selon une méthode particulière qu'on nommait amystis, laquelle consistait k boire k longs traits sans reprendre haleine, il leur était non-seulement permis, mais prescrit par leur institution, de manifester leur trouble et leur fureur bachique par des danses, par des chants et des cris, et de se répandre par troupes bruyantes et échevelées dans les campagnes. Ainsi faisaient les thyades d'Athènes , depuis les extrémités de l'Attique jusqu'au sommet du Parnasse, et les ménades de la Laconie, depuis la vallée de Lacédémone jusque sur les hauteurs du Taygète. Le mouvement rapide de leurs danses, animées par le bruit des cymbales et d'autres instruments, faisait succéder la frénésie k l'ivresse, au point que quelques savants ont cru y voir tous les caractères de la nymphomanie. Il est certain que par l'ivresse du vin les scènes de débauche devaient souvent se produire; mais la nymphomanie est une maladie, et les accès de ce mal ne pouvaient être assujettis k des retours périodiques et déterminés comme les Bacchanales , qui étaient des fêtes indiquées pur le calendrier, de telle sorte qu'on savait d'avance en quel jour de l'année les thyades de la Grèce seraient ivres, et en quel jour elles seraient furieuses.

Tout cela s'appelait un culte religieux, et les législateurs qui auraient osé toucher k une [institution si sacrée se seraient d'abord vus en butte k la colère d'un dieu terrible en ses vengeances, comme l'attestent le sort de Lycurgue de Thrace, et le sort plus funeste encore de Penthée. Et c'est ainsi que la religion venait en aide directement au libertinage , et indirectement au meurtre, par une ivresse fanatique. Euripide lui-même dut prendre de grandes précautions dans sa tragédie des Bacchantes, de peur d'être accusé d'athéisme ; il jette k peine un blâme discret sur la nature et lalicence de ce culte, qui lui semble un peu androgyne, où il était facile, dit-il, de construire autel sur autel et d'adorer une déesse en honorant un dieu (Eurip., Bacch., IV, 224).

Thyas, d'où sont sorties les thyades , les furieuses Bacahantes, peut être considérée comme une missionnaire du culte dyonisiaque. On la donne aussi comme amante d'Apollon, parce que le vin inspire des idées poétiques, et mère de Delphos, héros éponyme de Delphes, parce que Delphes joignait le culte de Bacchus à celui d'Apollon.

THYASIRE s. f. (ti-a-zi-re). Moll. Genre de mollusques, formé aux- dépens des amphidesmes.

THYATHYRE s. f. (ti-a-ti-re). Eniom.

Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des hadénides, comprenant deux espèces, qui habitent la France.

THYAT1RA, ancienne ville du N. de la Lydie, sur Je Lycus, entre Sardes et Pergame, fondée par Séleucus Nicator. Ses habitants fabriquaient de belles étoffes de pourpre.

THYELLINE s. f. (ti-èl-li-ne — dimin. du gr. thuelta , tempête). Ichthyol. Genre de poissons, du groupe des squales, et très-voisin des roussettes, dont l'espèce type est fossile du terrain crétacé.

THYESTE, fils de Pélops et d'Hippodamie. Il était frère d'Atrée, dont il séduisit l'épouse Europe. Plusieurs enfants naquirent de ce commerce adultère, et Atrée, puur se venger, les fit massacrer secrètement et fit servir leurs membres dans un festin k Thyeste, leur véritable père. Transporté de rage, Thyeste poussa Egisthe, tils qu'il avait eu d'un commerce incestueux, k donner la mort k Atrée, pendant que celui-ci faisait un sacrifice. Après ce meurtre, Thyeste monta sur le trône d Argos; mais il fut bientôt renversé par ses neveux Agamemnon et Ménélas, et se sauva alors dans l'Ile de Cythère.

Thj<o>tc, tragédie de Sénèque. Le sujet de

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cette pièce est ce malheur si célèbre dans l'antiquité, celui de Thyeste dévorant ses propres enfants.

On trouve dans cette pièce de beaux sentiments, exprimés dans de beaux vers, des scènes ou des parties de scène vraimentdraînatiques', quelques traits sublimes ; mais on regrette que le mauvais goût de Sénèque lui ait fait oublier l'avertissement sisensé d'Horace : « qu'Atrée ne fasse pas dévorer sur lu scène les entrailles encore fumantes de ses enfants. ■ Aucune pièce ne montre peut-êtro

,plus clairement que Thyeste combien il est facile de reconnaître Sénèque le philoîophe dans Sénèque le tragique. Nous citerons, comme preuve k l'appui, le chœur qui termine le second acte, choeur où le poète se met complètement k son aise, et oublie le sujet, l'action, les personnages, pour donner aux souverains une leçon de haute morale : • Eniin cette noble maison, cette race de l'antique Inachus, a pacilié des haines qui divisaient des frères! Quelle fureur vous pousse k verser tour k tour le sang l'un de 1 autre, k vous disputer le sceptre par des forfaits ? Vous ignorez, hommes avides de dominer d'en haut, où réside la royauté. Ce qui fait un roi, ce ne sont pas les richesses, ni lacouleur d un vêtement de Tyr, ni le diadème qui pare son front, ni des portes resplendissantes d'or. Celui-là est roi qui s'est dégagé de toutes les craintes, de toutes les misères d'un cœur coupable-, celui que ne troublent point l'ambition insensée, ni la faveur toujours inconstante d'un peuple passionné, celui qui méprise tout ce que l'Occident arrache de ses mines, tout 1 or que roule le Tage dans son lit éclatant, toutes les moissons que la Libye bat sur l'aire brûlante ; celui que n'ébranlera pas la foudre qui tombe en sillonnant obliquement la nue, ni l'Eurus bouleversant la mer, ni la tempête terrible gonflant les flots courroucés de l'Adriatique; celui qui résiste k lu lance du soldat et k la pointe menaçante du glaive ; celui qui, placé dans une légion sereine, voit sous ses pieds toutes choses, court avec joie au-devant du, trépas et ne se plaint pas de mourir. En vain se conjureraient contre lui les rois qui possèdent au loin les bords de la mer Rouge, de cette mer empourprée par le reflet brillant des pierres précieuses, ou ceux qui ouvrent aux Sarmates belliqueux les montagnes caspiennes. En vain lutteraient contre lui les peuples qui foulent d'un pied intrépide les glaces du Danube. L'âme d'un homme de bien possède la royauté. Le sage n'a nul besoin de coursiers, nul besoin d'armes, ni de ces traits sans vigueur que le Parthe, dans sa fuite

-simulée, l'ait pleuvoir de. loin sur son ennemi ; il n'a nul besoin de renverser des villes k l'aide de ces machines qui lancent au lohules rochers. Est roi celui qui ne craint rien; est roi celui qui ne désire rien. Cette royauté, chacun se la donne. Qu'un autre k son gré se tienne debout au faite périlleux de la puissance et de la faveur; pour moi, qu'un doux repos comble mes vœux ; que je goûte, dans une condition obscure, un calme loisir ; que ma vie s'écoule en silence, inconnue de tous les citoyens. Ainsi, après que mes jours auront passé sans bruit, je mourrai vieillard, confondu avec le vulgaire. La mort tombe pesante sur celui qui, trop connu de tous, meurt inconnu k lui-même. •

N'est-ce pas lk le commentaire poétique d'une Lettre à Lucilius ?

THYION, nom d'un lieu particulièrement consacré k Bacchus, k huit stades de la villa d'Elis, et où se célébrait en son honneur la fête nommée "Thyia. Il y avait dans tous ces noms de Thyia, thyades, Thyion, spécialement affectés au culte dionysiaque, une idée de délire, de joie sans doute, mais aussi de fureur, effet naturel du vin sur des hommes et des femmes qui en buvaient avec excès, en quelque sorte par dévotion. Bacchus avait k Elis, entre la place publique et te Menium, un temple orné de sa statue, ouvrage de Praxitèle. C'était un des dieux pour qui les Eléens avaient le plus de vénération. Au Thyion, on lui faisait faire un petit miracle, le jour où se célébrait la fête nommée Thyia. Les prêtres, au rapport de Pausanias, y portaient trois chaudières qu'ils déposaient vides dans l'édifice sacré, en présence des habitants et même des étrangers, s'il s'en trouvait quelqu'un dans le pays. Les prêtres apposaient leur sceau sur les portes, ainsi que toutes les autres personnes qui voulaient faire de même. Le lendemain, chacun pouvait aller reconnaître son sceau et le trouvait intact; on entrait ensuite dans le temple et on trouvait les trois chaudières pleines devin. « Plusieurs Eléens tres-dignes de foi, et même des étrangers, dit Pausanias, m'ont assuré en avoir été témoins. Pour moi, je ne me suis pas trouvé sur les lieux dans le temps de cette fête. Les habitants d'Andros disent aussi que tous les ans, aux fêtes de Bacchus, le vin coule spontanément de son temple. U faut en croire les Grecs sur ce point, et, par la même raison, croire aussi ce que lesEthiopiens qui sont au-dessus de Syeué débitent au sujet de leur table du Soleil. •

Pour un dieu, il faut convenir que les miracles que Bacchus faisait au Thyion de l'Elide et dans son temple d'Andros n'avaient rien de trop extraordinaire, La liquéfaction du sang de saint Janvier, k Naples, semble exiger des procédés plus compliqués, et la

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merveilleuse bouteille inépuisable de Robert Houdin dépasse tout cela de beaucoup.

THYLACANTHE s. m. (ti-la-kan-te — du gr. ihutax , sac ; anthos , fleur). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des légumineuses, tribu des eésalpiniées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent au Brésil.

THYLACHIE s. m. (ti-la-chî— du gr. tkulax, sac, enveloppe). Bot. Genre d'à: bres et d'arbrisseaux, de la famille des cappuridées, tribu des capparées, comprenant sept e.-péces, qui 'habitent le sud-est de l'Afrique et les lies voisines.

THYLACINE s. m. (ti-la-si-ne — du gr.

thnlax, sac, bourse). Mamm. Genre de mammifères marsupiaux carnassiers, dont l'espèce type habite l'Australie : Ou a trouvé dans les plâtriéres des environs de Paru les débris d'un thylacinb fossite, (E. Desmarest.)

— Encycl. Les thylacines ont pour caractères principaux : une tête conique, trèspointuu; les oreilles médiocres, velues; la gueule très-fendue; huit dents incisives a la mâchoire supérieure, six à l'inférieure, rangées en demi-cercle et séparées au milieu par un espace vide, toutes égales, sauf l'extérieure de chaque côté, qui est plus forte; deux canines à chaque mâchoire, graudes, fortes, larges, courbées et pointues; sept molaires de chaque côté, à chaque mâchoire, les trois dernières hérissées de trois tubercules obtus et il bord externe saillant et tranchant, comme dans les carnassières des chiens et des chats; la queue longue, comprimée, non prenante, velue sur les côtés; point de poche abdominale chez les femelles; cinq doigts aux pieds de devant, quatre à ceux de derrière, tous armés d'ongles forts, robustes, à peu près droits et propres a fouir. Ce genre, qui a beaucoup d'affinités avec les dasyures, les phascogales et les péraméles, ne comprend qu'une seule espèce vivante. Le thylucinc de Barris, appelé par les anciens dasyure cynocéphale , est de la taille d'un jeune loup, mais beaucoup plus bas sur pattes ; il a lu tête très-large, les oreilles larges à ia base et arrondies au sommet, les yeux à peu près de face, le museau long et comme étranglé sur les côtés, la queue plus courte que le corps et terminée eiuauie comprimée, arrondie et obtuse; son pelage, lisse, court, rude, coin pléteinent dépourvu de poils laineux, est d'un gris brun jaunâtre eu dessus, zébré de seize bandes noires transversales sur la croupe, et d'un blanc grisâtre en dessous. Cet animal, le plus grand carnassier du continent austral, habile la Nouvelle-Hollande et la terre de Van-Dièmen ; il vit dans les rochers qui bordent la mer et se retire dans les cavernes et les antre» les plus escarpés ; il se nourrit de petits mammifères, de crustacés, etc. Une autre espèce a été trouvée à l'état fossile dans les piâtriéres de Paris.

THYLA.CIS s. m. (u-la-siss — du gr. thu-fax, bourse). Mamm. Syn. de péramélb, genre de mammifères marsupiaux.

THYLACITE s. in. (ti-la-si-te — du gr.

ihutax, sac). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famile des charançons, tribu des brachydérides, comprenant une quinzaine d'espèces qui presque toutes habitent l'Europe australe.

THYLACOSPEftME s. m. (li-la-ko-spèr-me — du gr. thulax, sac; sperma, graine). Bot. Genre de plantes, de la famille des caryophyllées, tribu des alsiuées, dont l'espèce typa croit au Népaul.

■ THYLACOTHÉhlUM s. m. (ti-la-ko-té-rio m m — du gr. thulam, sac; thêricm, auimal). Mamin. Genre de mammifères marsupiaux fossiles.

THYLODRIAS s. m. (ti-lo-dri-ass). Entom.

Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des malacodermes, tribu des lampy rides, dont l'espèce type vit eu Circassie.

THYM s. m. (tain — latin thymus, mot dérive du grec thumos; de thuô, parfumer, proprement agiter la fumée de l'encens ; du radical thu, qui est aussi dans t/tuma, thuos, encens). Bot. Genre d'arbrisseaux et do sousarbiisseaux, de la famille des labiées, tribu dessaunéiées, compreuaiitenviroii cinquante espèces, répandues dans les régions tempérées de l'ancien continent : Pur la distillation, on oùtient un esprit de thym dont l'odeur est fort ayiéatile; (Tu. do Berneaud.) La culture du. thym est des plus faciles. (V. ue Boinare.) Le thym commun se trouve dans lesparties méridionales de f Europe, (Bosc.) Je vols fuir aussitôt toute la nation

Des lapins qui, sur la bruyère, L'œil éveillé, l'oreille au guet, S'iJgaynient et de thym parfumaient leur banquet.

Là Fontaine.

Il Thym bâtard, Nom vulgaire du serpolet. Il Thym blanc, Nom vulgaire de lagermaiidiée de inoniagne. Il Thym de Crète, Nom vulgaire de la sarriette, Il Thym de savane, Nom vulgaire du turnère de montagne. Il Thym sauvuge, Nom vulgaire du serpolet.

— Encycl, Le genre thym renferme des sous-arbrisseaux, à tige ligueuse ou sous-ligneuse, portant des feuilles opposées, petites, entières, veinées; les fleurs, blanches, rosées ou purpurines, groupées en gloméru-

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les pauciflores, tantôt écartés, tantôt rapprochés en tête ou comme en épi, présentent un calice ovoïde ùrcéolé, à deux lèvres, la supérieure étalée, tridentée, l'inférieure bifide, ciliée, à gorge velue à l'intérieur; une corolle également à deux lèvres, la supérieure droite, presque plane, échancrée, l'inférieure étalée, à trois lobes; quatre étamines presque égales ou didynames, dressées, distantes; un ovaire libre, surmonté d'un style bifide au sommet; le fruit se compose de quatre akènes lisses, ovoïdes arrondis. Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, presque toutes propres aux régions méridionales, mais dont plusieurs peuvent être cultivées en pleine terre sous le climat de Paris.

Le thym, commun est un sous-arbrisseau qui atteint tout au plus om,?5 de hauteur; ses racines sont ligneuses, dures, ramilièes, tortueuses; ses tiges, ligueuses à la base, herbacées au sommet, à quatre angles à peine 'marqués, rameuses, diffuses, portent des feuilles opposées, sessiles, très-petites, blanchâtres en dessous ; ses fleurs roses, rarement blanchâtres, sont réunies en petits bouquets axillaires, dont l'ensemble constitue des grappes terminales' feuillées. Il est trèsrépandu dans les régions méridionales de l'Europe et croît dans les localités montueu- Ses, sèches, rocailleuses, exposées au soleil. On ne le cultive guère qu'en bordure, dans les jardins maraîchers. Il lui faut, surtout dans le Nord, une exposition méridionale, une terre légère et chaude. Un le propage de graines, semées à l'exposition du levant, quand les gelées ne sont plus à craindra, et plus souvent par la division des tourtes, opérée vers la tin de l'hiver. On a soin de tundre les bordures après la floraison et de les renouveler, en les changeant de place, tous les trois à cinq ans.

On emploie, en médecine et en économie domestique, les feuilles et les sommités fleuries de cette plante ; un doit les récolter à l'époque de la pleine floraison, c'est-à-dire depuis le mois de mai jusqu'en août, du inoins quand on veut les faire sécher pour les conserver; niais on peut, au besoin, en tirer parti toute l'année, car les feuilles sont persistantes. On lie les rameaux .en petits paquets et ou en fait des sortes de guirlandes, que l'on suspend au séchoir ou a l'air libre; ils perdent très-peu de leurs propriétés par la dessiccation. Le thym a une odeur aromatique, forte, pénétrante, mais agréable; sa saveur est amere, chaude, un peu piquante, même dans les fleurs, et aromatique. Il renferme un principe amer, un peu astringent, forme de tanin et d'une matière extractive, et un autre principe aromatique, dû à la présence d'une huile essentielle. Celle-ci s'obtient en distillant les plantes fraîches au contact de l'eau ; agitée avec une dissolution concentrée de potasse, elle se sépare en deux corps ; le thymène, liquide, incolore, formant avec l'aciue chlorhydrique un camphre artiliciel, ' et le thymol, cristallin, soluble dans l'alcool et l'éther, peu soluble dans l'eau; tous les deux possèdent une odeur de thym très-agréable.

Le thym a des propriétés excitantes qui le font employer dans les cas où l'on veut stimuler l'organisme ; il occupe la première place parmi les aromatiques et les stimulants persistants; ou ne s'explique pas qu'ayant une action semblable à celle du serpolet, mais plus énergique, il soit moins souvent employé que celui-ci. On l'a surtout recommando comme stomachique dans les affections de l'estomac accompagnées de débilité ; on l'administre, en infusion légère, contre l'atonie du tube digestif, les fiatuosités, les catarrhes chroniques, les affections asthéniques,- qui sont causées par un défaut d'énergie des organes, telles que l'aménorrhée, la leucorrhée, etc. On donne aussi sa poudre et sou huile essentielle. A l'extérieur, on a employé avec succès le thym en fumigations contre le lumbago; les lotions faites avec sou infusion additionnée de vinaigre contre la gale, l'infusion aqueuse ou vineuse poulie pansement des ulcères atoniques et dans les engorgements indolents, l'huile essentielle sur les dents cariées. Le tliym entre aussi dans les espèces aromatiques qu'on applique à l'extérieur en cataplasme ou en dèeouiiou ; il agit alors comme résolutif; enfin, on en prépare des bains qui produisent de bous effets dans la goutte atonique, le lyinpliatisme et les rhumatismes chroniques. La médecine homœopathique emploie quelquefois le thym comme excitant général; on en prépare une teinture mère.

Cette plante est employée dans la parfumerie; mais c'est surtout dans l'art culinaire qu'on en tire parti comme assaisonnement. Le thym est brouté par les lièvres et les 'lapins, et ses fleurs sont recherchées par les abeilles. A ce genre appartieut aussi le serpolet. V. ce mot.

THYMALE s. m. (ti-ma-le — lut. thymallus, gr. tliumallos, même sens). Ichthyol. Nom scientifique des ombres. 11 On écrit aussi thymallk.

— Entom, Genre d'insectes lépidoptères diurnes, formé aux dépens des papillons. Il Syn. de peltis, genre d'insectes coléoptères : La seule espèce que l'on ait découverte en France est le thymalis bordé. (H. Lucas.)

— Encycl. Entom. Les tkymales sont des coléoptères caractérisés par un corps tantôt plus ou moins ovalaire et déprimé, tantôt

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presque hémisphérique ; des antennes terminées en une massue de trois articles ; la bouche découverte en dessous; les palpes plus grosses à leur extrémité; les tarses a premier article court, les trois suivants étant allon- . gés, entiers, égaux et simplement velus en dessus. Ces iusectes ont beaucoup de rapports avec les nictidules. On les trouve sous les écorces des arbres, dans les champignons qui croi .sent sur leur tronc, dans les bois pourris, etc. Leurs mœurs et leurs métamorphoses sont peu connues. Ce genre ne renferme qu'un petit nombre d'espèces, qui habitent la centre et le nord de l'Europe. Le thymale bordé est long de ûm,01, d'un brun bronzé assez brillant, avec les élytres bordés de brun rougeâtre.

THYMALI.E s. m. Ichthyol. V. thymale.

THYMBRA s. m. (tain-bra — du gr. thumbra, plante aromatique ; de thuô, je parfume). Bot. Genre de plantes, de la famille des labiées, tribu des inélissinées, dont l'espèce type croît en Orient.

— Encycl. Le genre thymbra renferme des sous-arbrisseaux, à feuilles opposées, linéaires lancéolées, ponctuées, persistantes ; les fleurs, généralement pourprées, accompagnées de grandes bractées, sont groupées en faux verticilles, dont i'ensemLde constitue quelquefois une sorte d'api terminal;' elles présentent un calice un peu comprimé sur les côtés; une corolle à tube presque cylindrique, à limbe bilabié ; quatre étamines didynaines; un ovaire quaunlobé. Ces végétaux se rapprochent des mélisses par leurs caractères ; mais ils ont beaucoup plus d'analogie avec les thyms par leur port et surtout pur leurs propriétés actives ; néanmoins, ils sont très-peu employés. Ce genre comprend un petit nombre d'espèces, qui croissent surtout dans les endroits secs et p.urreux des régions méridionales ; elles sont ties-ttroinatiiiues. On distingue, entre autres, le thymbra en épi et le thymbra verticillé.

THYMBRE s. f. (tain-bre). Bot. Syn. de

TBYMUKA.

THYMBRÉE, ancienne ville de la Troade.

Elle possédait un temple d'Apollon, dans lequel Paris tua Achille.

TIIVMDRBE, anciennement Thymbrium , lieu de Phrygie, au.S.-K. d'ipsus. Ce fut la que Cyrus remporta sur Crésus une victoire célèbre dont nous allons parler.

Iiijmbpce (bataille du), gagnée par Cyrus, roi de Perse, sur Crésus, roi de Lydie, l'an 548 av. J.-C. C'est la première grande expédition militaire dont les auteurs anciens nous aient transmis les détails. Crésus venait de conquérir presque toute l'Asie Mineure, lorsqu'il se heurta contre un autre conquérant qui devait arrêter le cours de ses exploits. Sur la foi d'un oracle équivoque, affirmant que, «si Crésus passait l'Halys, il ruinerait un grand empire,» il franchit le fleuve et ruina, eu effet, un grand empire; mais c'était le sien. Autant eu arriva plus tard à Pyrrhus. L'armée de Crésus s'élevait, dit-on, à 420,000 hommes, tant d'infanterie que do cavalerie. Il la rangea sur une seule ligne de trente hommes de profondeur, espérant envelopper l'ennemi au moyen de cet immense développement de front; il plaça l'infanterie au centre et la cavalerie sur ses deux ailes. Cette infanterie puisait sa principale force dans les troupes égyptiennes, formant douze corps séparés, de 10,000 hommes chacun, ordre de bataille qui venait de leur pays. L'infanterie et la cavalerie de Cyrus ne s'élevaient qu'à. ÎOO,OOC hommes environ; mais elles avaient un homme de génie pour les commander. De plus, Cyrus flanqua son front et ses ailes de trois cents chariots de guerre armés de faux, dont chacun était conduit par quatre chevaux bardes à l'épreuve du trait. Sur les derrières de l'armée, il rangea d'autres chars beaucoup plus grands portant des tours roulantes, dont chacune renfermait vingt archers et qui formaient comme des redoutes mobiles à l'abri desquelles ses troupes pourraient se rallier en cas d'échec. Chaque tour était traînée par* seize bœufs attelés de front; enfin, derrière cet attirail formidable pour le temps, venaient 2,000 hommes d'infanterie, 2,000 chevaux et un assez grand nombre de chameaux, sur chacun desquels se tenaient deux archers arabes. Cyrus devina facilement que l'intention de son adversaire était de l'envelopper ; pour parer à ces dispositions, il étendit lui-même son front, auquel il ne donna que douze hommes de profondeur, de manière que chaque extrémité de sa ligne n'était débordée que d'un quart de lieue environ par celle des Lydiens.

Avant d engager l'action, Cyrus, en capitaine habile, pourvut aux besoins moraux et physiques de ses soldats. Il leur fit tervir un repas copieux, puis offrit des sacrifices aux dieux de la Perse. Ayant entendu en ce moment un coup de tonnerre sur sa droite : «Nous te suivons, souverain Jupiter l s'écria-t il d'un air de confiance; mes amis, courons à une victoire assurée : les dieux sont pour nous. • Il se mit alors en mouvement, tjuand les deux armées furent en présence, le centre des Lydiens lit halte, taudis que les deux ailes continuaient à s'avancer en formant, à droite et a gauche, un vaste demicercle pour enfermer les troupes de Cyrus

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comme dans un étau. Cette mnnœuvra effraya d'abord les Perses; niais Cyrus, purcourant les rangs, les eut bientôt rassurés par ses paroles, son sir de confiance et sa gaieté. 11 donna alors le signal et, pour encourager lui-même ses soldats par son exemple, il se mit à la téta d'un corps de cavalerie soutenu par des troupes d'infanterie, fondit sur les Lydiens, qu'il prit en flanc, et les jeta dans un désordre complet. En même temps, les chariots de guerre, lancés impétueusement contre leurs bataillons, achevèrent la déroute. Pendant ce temps-là, les troupes' de l'aile gauche assaillaient de leur côté les Lydiens, entraînant avec eux les chameaux, suivant l'ordre qu'ils en avaient reçu de Cyrus. A l'aspect de ces animaux, dont les chevaux ne pouvaient supporter l'odeur, la confusion se mit dans la cavalerie lydienne, qui fut aussitôt culbutée et dispersée. Abradate, qui commandait les chariots de guerre placés sur le front de l'armée, s'élança alors sur les ennemis et y sema d'affreux ravages. Knivré de ce succès, il se tourna contre les Egyptiens, qui se tenaient vaillamment à leur poste, espérant en avoir aussi bon marché. Mais ces soldats d'élite, su tenant serrés les uns contre le.i autres et se couvrant de leurs boucliers, reçurent le choc sans s'émouvoir. Dans la mêlée, le char d'Abradate fut renversé et lui-muiiiu fut tué aussitôt. A cette vue, les Egyptiens, poussant des clameurs do joie, se précipitent à leur tour sur l'infanterie des Perses, la font plier et la rejettent jusque sous ses tours. Mais alors la scène change : les Egyptiens sont accueillis par une grêle de traits "et de javelots, tandis que Cyrus accourt à tonte bride, prend les Egyptiens par derrière et ébranle leurs masses profondes. Au fort de la mêlée, son cheval est tué sous lui; il tombe, mais ses soldats se ruent autour de lui, lui font un rempart de leurs corps et l'urracheut au danger. Cependant, les Egyptiens ne pouvaient résister plus longtemps aux efforts de toute une armée victorieuse, et ils allaient infailliblement succomber, lorsque Cyrus, admirant le courage de ces vaillants soldats et ne pouvant se résigner à les voir massacrer par ses troupes déjà enivrées de sang ennemi, leur lit proposer des conditions honorables s'ils consentaient à se rendre. Les Egyptiens, qui se voyaient hors d'état d'être secourus et désespéraient de ressaisir la victoire, acceptèrent avec empressement des conditions généreuses qui n'entachaient point leur honneur, et leur soumission mit lin à la bataille. Quant à Crésus, il s'était retiré précipitamment à Sardes, sa capitale-, où il s'enferma avec les débris de son armée. Mais, dès le lendemain, le vainqueur alla l'y assiéger; il pénétra dans cette ville presque sans résistance. C'est dans cette circonstance que le fils de Crésus, qui était muet, voyant un Soldat prêt ii fendre la tête de son père d'un coup de sabre, éprouva un tel sentiment de frayeur filiale que les liens de sa langue se rompirent et qu'il s'écria : « Soldat, ne tue pas (Jrcsiusl » Ce trait singulier est rapporté pur Hérodote. Crésus tomba ainsi outre les mains de Cyrus, qui l'épargna; mais l'oracle n'en uvait pas moins raison : Crésus avait détruit un grand empire.

T1IYMUU1S, rivière de l'ancienne Phrygie, qui se jetait dans le Sangarius. Elle porte aujourd'hui le nom de Piusek.

THYMÉIDE s. t. (ti-mé-ide). Chira. Nom donne par Lallemand à la timoquinhydrotie.

— Encycl. V. THYMOL.

THYMÉLÉ s. m. (ti-mé-lê — grec thumelê, proprement le lieu où l'on sacrifie ; de thuein, sacrifier). Antiq, gr. Autel, il Temple. Il Palais des prytanes, à Athènes. Il Espèce d'estrade qui se trouvait au devant et au milieu du proscenium des théâtres grecs, et où se plaçaient les musiciens pour guider les évolutions des choeurs, qui se faisaieut dans l'orchestre.

— Encycl. Comme le chœur fut. chez les Grecs le premier élément d'où sortit le drame, l'orchestre» fut originairement ia plus importante partie de leur théâtre. On sait que cet orchestre, avec la scène qui eu était un segment, formait un cercle parfait. Au centre de ce cercle s'élevait une sorts d'autel, éloigné' des spectateurs d'un rayon de cercle, et par conséquent plus rapproché de la scène : c'était la thymélè, primitivement autel de Bacchus. Le choeur se plaçait généralement dans l'espace compris entre la scène et le thy.-ûêlé. Une espèce de pluta-forino faisait la base du thymélé. Le chef du choeur se tenait quelquefois sur cette plate-forme. Le joueur de flûte et le moniteur (hypoboleus) s'y tenaient aussi, mais faisant face k la scène, de manière à n'être pas vus des spectateurs, auxquels ils tournaient le dos. Le thymélé était de forme Carrée et entouré de gradins. 11 servait, suivant les pièces qui étaient jouées, à représenter un autel, un tombeau, un monument expiatoire, etc.

Dans les, théâtres construits par les Ro- » mains, l'orchestre ne forma plus un cercle, mais seulement un demi-cercle, dont lu ligne bornant la scène fut le diamètre. Cet orchestre n'eut point de thymélé et fut destiné à recevoir les sièges des sénateurs et d'autres personnages de distinction, comme tes ambassadeurs des nations étrangères. C'est ce qu'on appela le premier ordre des sièges.

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THYMÉLÉ, ÉE adj. {ti-mé-lé — rad. thymélée). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la thymélée.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, syn. de daphnoIdbes, et ayant pour type le genre thymélée ou daphné. Il Groupe de plantes dicotylédones, comprenant les thymélées proprement dites et les familles voisines.

— Encyol. La famille des thymélées renferme des arbrisseaux et des plantes herbacées, à feuilles alternes ou opposées, simples, entières, dépourvues de stipules. Les fleurs, quelquefois diclines par avorteraent, sont axillaires ou terminales, solitaires ou groupées en faisceaux, en épis ou en capitules quelquefois munis d'un involucre. Elles sont dépourvues de corolle et présentent un calice coloré, tubuleux, caduc ou persistant, parfois se désarticulant k sa base, à limbe divisé ep quatre ou cinq lobes imbriqués, à gorge m jou munie d'écaillés pétaloïdes; des étamines ordinairement en nombre égal et alternant avec les lobes du calice, quelquefois en nombre double, d'autres fois réduites k deux, k filets libres, périgynes, souvent trèscourts, à anthères introrses; un ovaire libre, en général à une seule loge uniovulée, surmonté d'un style presque terminal ou un peu latéral. Le fruit est une baie ou une capsule, renfermant ordinairement une seule graine à test mince, à embryon dépourvu d'albumen et muni de cotylédons churnus.

Cette famille, qui a des affinités avec les éléagnées et les protéacées, comprend les genres suivants : dirca, daphné, daphnopsis, schœnobiblos, dais, lachnée, passenne, diarr thron, drapète, pimélée, struthiole, gnidie, thyinéline, lasiosiphon, linostome, cansjère, ériosélène, wickstrœmie et lagette. Les thymélées habitent les régions chaudes ou tempérées du globe, surtout dans l'hémisphère austral. Plusieurs renferment un principe acre, qui leur communique d'énergiques propriétés émétiques, purgatives et vésieantes. D'autres ont une éeoiee tenace, susceptible de quelques applications industrielles.

THVMÉLÉACÉ, ÉE adj. (ti-mé-lé-a-sé). Bot. Syn. de thymélé, ék.

THYMÉLÉE s. f. (ti-mé-lé — gr. thumelaia; de t/tumos, thym, et de elaion, huile). Bot. Syn. de daphné, genre type de la famille des thymélées : Le bois de la racine de thymélée colore en jaune. (V. de Boinare.)

— Encycl. Le nom de thymélée, employé souvent comme synonyme de daphné, s'applique plus spécialement à l'une des espèces de ce genre. C'est un petit arbrisseau, k tiges courtes, divisées en mmeaux nombreux, efrilés, longs de on», 35, portant des feuilles lancéolées, d'un vert glauque, très-rapproohées. Ses fleurs, d'un blanc jaunâtre, quelquefois dioïques, sont solitaires a l'aisselle des feuilles inférieures et groupées en petit nombre dans celle des feuilles supérieures, de manière à constituer une sorte d'épi feuille. Le fruit, par son enveloppe sèche et membraneuse, se rapproche de ceux des passerines. Cet arbrisseau croît dans les plaines ou sur les collines des régions méridionales de l'Europe. Ses fleurs, qui paraissent en avril, sont peu brillantes ; néanmoins la plante n'est pas dépourvue d'agrément.

THYMÉLICIEN s. m. (ti-mé-li-si-ain — gr. thumelîkos; de'thumelê, thymélé). Aatiq. gr. Celui qui occupait le thymélé dans les théâtres grecs.

— Prosod. anc. Pied de vers composé d'une longue, de trois brèves et d'une longue.

THYMÉLINE s. f. (ti-mô-li-ne — diinin. de thymélée). Bot. Genre de plantes, de la famille des thymélées, comprenant plusieurs arbrisseaux, qui croissent au Cap de Bonne- Espérance.

THYMÉTÈS,roid'Athènes.llétaitfilsd'Oxyiitlias et fut le dernier descendant de Thésée qui régna en Attique. Il perdit le trône pour avoir refusé de se battre en combat singulier cou ire le roi de Béotie Xanthus.— Un po'fc te grec du même nom, contemporain d'Orphée, composa des hymnes en l'honneur de Bacchus,

THYMIAMATE s. m. ( ti-mi-a-ina-ta — gr. thumiama ; de thuiniaô, je brûle des parfums). Antiq. gr. Offrande d'encens.

THYMIATECHN1E s. f. (ti-nii-a-tè-knî — du gr. thumiama, parfum ; techné, art). Art de composer des parfums.

— Mêd. TAymiatechnie médicale, Emploi, application méthodique des fumigations aromatiques.

THYMIATÉRION s. m. (ti-mi-a-téri-on — gr. thumiutêrion; de thumiuô,- je brûle des parfums). Antiq. gr. Sorte de coffre dans lequel on mettait l'encens destiné aux sacrifices. Il Cassolette dans laquelle on brûlait l'encens. Il Autel sur lequel on brûlait l'encens.

THYMIFLORE adj. (ti-mi-flo-re — du lat.

thymus, thym ; jtos, fleur). Bot. Qui a les fleurs semblables à celles du thym.

THYMIQUE adj. (ti-mi-ke — rad. thymus).

Anut. Qui appartient, qui a rapport au thymus : Veines, artères thymiquks.

— Pathol. Asthme thymique, Maladie des enfants, analogue à l'asthme, mais qui se produit par des accès rapidement mortels.

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TBYMOCYMÈNE s. m. (ti-mo-si-mè-ne — dethymol, et de cymène). Chim. Hydrocarbure isomère du cymène, que Carstaujen a préparé au moyen du thymol

— Encycl. V. THYMOL.

THYMOÏLAMIDE s. f. (ti-mo-i-la-mi-de — de thymoite, et de arnide). Chim. Amide de thymoïle, ou plus exactement de la thyinoquinone.

— Encycl. V. thymol.

THYMOÏLATE s. m. (ti-mo-i-la-te — rad.

thymoïle), Chim. Sel de l'acide thymoïlique.

— Encycl. V. thymol.

THYMOÏLE s. m. (ti-mo-i-le — rad. thymol). Chim. Nom que Lallemand avait donné à un homologue supérieur de la quinone, obtenu au moyen de l'essence de thym, dont il ignorait la composition véritable, et qui n'est autre que la thymoquinone.

— Encycl. V. thymol.

THYMOÏLIQUE adj: (ti-mo-i-li-ke — rad.

thymoïle). Chim. Acide qui se trouve dans l'action de la soudej an contact de l'air, sur la thymoquinone, autrefois appelée thymoïle.

— Encycl. V. THYMOL.

THYMOÏLOLs. m. {ti-mo-i-Iol — rad. thymoïle). Chim. Nom donné par Lallemand, qui ignorait sa vraie formule, à l'hydrothymo-

quinone.

— Encycl. V. THYMOL.

THYMOL s. m. (ti-raol — rad. thym). Chim. Homologue du phénol qui est, vis-k-vis du cymène, dans les mêmes relations quo le phé nol ordinaire vis-à-vis de la benzine et le crésylol vis-à-vis du toluène.

— Encycl. Le thymol, encore connu sous le nom d'hydrate t/tymyligue, ù'ulcool thymyligue, à'acide ihymylique, de camphre ou de stéaroptène d'huile de thym, existe sous deux modifications isomériques que les chimistes ont distinguées par les lettres a et p. La modification a. existe toute formée dans les essences de thym de l'espèce de menthe dite menthe sauvaye, et dont le nom botanique est monarda punctata, et du ptycholis ajowan , plante ombellifere de l'est de l'Inde, qui a été chimiquement étudiée par Stenhouse et par Haines. La modification p n'est autre que le phénol cymylique obtenu syntbétiquement au moyen du cymène par le procédé Wurtz, Kékulé, Dusart.

— 1. Extraction, synthèse. I» Extraction du thymol a. On exlrait le thymol de l'essence de thym, dont il forme à peu près les 50 centièmes , au moyen de la distillation fractionnée, en recueillant ce qui passe entre 225» et 235". La portion de liquide qui bout au-dessous de 225», et qui est un mélange de thymène et de thymol, renferme toutefois des quantités considérables de thymol. Pour les en extraire, on agite le liquide avec une lessive concentrée de soude ou de potasse et l'on sépare, au moyen d'un entonnoir à robinet, l'huile indissoute de la solution alcaline ; on étend d'eau cette dernière et on la sursature par l'acide chlorhydrique. Le thymol mis en liberté vient former k la surface du liquide une couche huileuse qu'on recueille k l'aide d'un entonnoir. Quelquefois des cristaux de thymol se déposent spontanément dans l'essence de thym. On purifie dans tous les cas ce corps en le faisant recristalliser dans l'alcool. L'extraction de l'essence de menthe sauvage ou de l'essence du pLychotis ajowan est identique k celle que nous venons de décrire.

— 2» Synthèse du thymol p. On le prépare en fondant le sel de potassium de l'acide cymyl-sulfureux ou sulfo-cymolique, préparé indistinctement avec le cymène de camphre ou de l'essence de cumin (v. le mot cymène) avec de l'hydrate de sodium. La masse refroidie est dissoute dans l'eau, décomposée par l'acide sulfurique et distillée dans un courant de vapeur. Le ^-thymol passe alors sous la forme d'une huile légère qui surnage audessus de l'eau et qui, bien que visqueuse, ne peut être solidifiée ni par le froid ni lorsqu'on la met en contact avec un cristal de thymol a.

— II. Propriétés, io Propriétés du thymola. Le thymola cristallise en larges plaques rhoinboïdales transparentes, ayant des angles de 97" 30', striées parallèlement aux faces latérales et souvent agrégées en tables irrégulièresk six pans. Extrait du plychotis ajowan, le thymol a. cristallise, d'après Miller, en cristaux rhomboédriques ; au sein d'une solution alcoolique, ce phénol se dépose en plaques minces qui paraissent être monocliniques k cause de l'extrême développement des deux faces parallèles du rhomboèdre.

L'a-thymol possède une saveur douce, qui, suivant Lallemand, est bien distincte de celle de l'huile de thym, en même temps que poivrée et aromatique. Solide, il est un peu plus lourd que l'eau. Sa densité égale 1,0285; à l'état liquide, au contraire, il est un peu plus léger que ce liquide qu'il surnage. Son point de fusion est mal établi. D'après Lallemand, ce corps fond à 44« en un liquide incolore qui demeure liquide longtemps après que le refroidissement en est complet, mais qui se solidifie immédiatement, s'il est pur, dès qu'où le touche avec une baguette solide. D'après Arppe, il ne fond qu'à 48» et ne se solidifie plus qu'à 270. Suivant Haines, le thymol extrait de l'essence de ptychotis ajowan fond k

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53», tandis que Stenhouse indique 440 pour le point de fusion du thymol extrait de la même source. h'a.-lhymol bout à 230° d'après Doveri et Lallemand, à 231° suivant Haines, à 2220 suivant Stenhouse, et distille sans décomposition; sa densité de vapeur observée est de 5,4. Sa formule est Ci°Hi*o et la densité de vapeur calculée pour cette formule est égale à 5,2.

Un-thymol se dissout dans environ 300 parties d'eau; il est très-soluble dans l'alcool, l'éther et l'acide acétique fumant. L'eau ne le précipite pas de sa solution alcoolique. L'ammoniaque aqueuse est sans action sur lui ; mais il absorbe de grandes quantités de gaz ammoniac en se liquéfiant; le gaz se dégage ensuite peu à peu et le liquide se solidifie alors de nouveau. Les lessives de potasse et de soude le dissolvent en formant des sels solubles dans l'eau et dans l'alcool, mais assez instables pour être décomposés par les acides les plus faibles, même par l'anhydride carbonique de l'air, avec séparation d o.-thymol.

Lorsqu'on dirige Va-thymol en vapeur sur de la chaux sodée chauffée au rouge, il ne se dégage aucun gaz et il se forme du thymolute de sodium C'0Hi3NaO qui fond lorsqu'on le chauffe et qui. étant ensuite dissous dans l'eau, précipite le chlorure mercurique et l'azotate d'argent. Le corn posé mercurique, qui est un sel basique Cî0HSBHg''Oî,Hg"O, a une couleur violet grisâtre et n'est décomposé à la température ordinaire ni par l'acide sulfurique ni par l'acide azotique ; l'acide chlorhydrique au contraire le décompose avec formation de chlorure mercurique et séparation de thymol. La solution alcoolique du thymol ne précipite pas la solution alcoolique de l'acétate neutre de plomb ni celle de l'azotate d'argent, même après une addition d'ammoniaque. Par une série de distillations successives, le thymol s'altère et de vient inoins riche eu carbone; mais on ne connaît pas les substances qui se forment dans ces conditions. Chauffé avec de l'anhydride phosphorique, il se résout très-complètement et très-facilement en propylène et en y crésol (v. les crésols ou crésylols au mot phénol ) , ainsi qu'Engelhardt et Latscilinow l'ont démontré. L'acide sulfurique concentré à 40» ou 50" le dissout complètement et facilement; la solution ne se trouble pas par l'eau, le thymol étant entièrement converti en acides sulfoconjugués que nous étudierons plus bas; a 240°, si la proportion d'acide sulfurique est très-forte, il parait se former aussi de l'acide sulfodraconique. Dissous dans l'acide acétique cristallisable, puis additionné d'acide sulfurique, l'a-thymol forme, suivant Lallemand, l'acide uoétoihymyl-sulfurique dont la formule est (CSHSO)(C10HI')(SO*). L'*-thymol est facilement oxydé par l'acide chromique ou par un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèse. Il donne alors à la distillation de l'acide formique et du thymoïle CiaH160*. Il reste en même temps un résidu formé par un acide brun, solide et friable à la température ordinaire et susceptible de se dissoudre dans l'alcool auquel il communique une couleur rouge foncé. L'acide azotique, soit étendu, soit concentré, l'attaque violemment en dégageant des gaz nitreux et carbonique et en formant de grandes quantités d'acide oxalique en même temps qu'un certain nombre de produits résineux pour la plupart. Le chlore agit violemment sur le thymol même h la lumière diffuse ; la température s'élève, des vapeurs d'acide chlorhydrique se dégagent et la masse prend dès le début de l'action une couleur rouge de vin. Si l'on évite une trop forte élévation de température, le produit consiste en trichlorothyniol ; puis, si l'on continue à faire passer du chlore à la lumière directe du soleil, il se forme une huile très-visqueuse, au sein de laquelle il se dépose peu à peu des cristaux d'a-thymol pentachloré. L'huile de thym distillée avec S parties de chlorure de chaux et 24 parties d'eau donne du chloroforme. Le brome, aux rayons directs du soleil, convertit l'a-thymot en pentabroinothymol. Le thymol n'est pas altéré par l'acide chlorhydrique liquide. Lorsqu'on le soumet à l'action de cet acide gazeux, il prend une couleur brune qui devient pourpre après que l'excès du gaz a été éliminé. Mais, en prenant cette teinte, le thymol n'augmente guère de poids que dans la proportion de 2 ou 3 pour 100, même à chaud. Par la distillation du produit, il passe d'abord du ihymolinuKérè, puis une substance rouge. Chauffé à 130° avec du sodium dans un courant de gaz anhydride carbonique, l'atliymol absorbe les éléments de ce dernier corps et forme k la fois de l'acide thymol carbonique

CUH»O3 = COJ^10H13

et de l'acide thymotique ou thymycilique

ClîHl403=Cn£*20J0S,

acide successivement étudié par Kolbe et Lautemann et par Alfred Naquet, qui en a aussi décrit l'anhydride. V. thymotiquk et thymotidk.

— 2U Propriétés du $- thymol. Le p- thymol ayant été moins étudié que le thymol a, nous nous bornerons à signaler les différences qui distinguent l'un de 1 autre ces deux isomères. A. Le thymol p ne se solidifie à aucune température. B. Comme le thymol a, il se dissout |

THYM

facilement et complètement dans l'acide sulfurique concentré, mais une partie très-faible seulement se convertit en acide sulfoconjugué, même à 100». Par l'addition de l'eau, la plus grande partie de l'huile se sépare inaltérée. La solution aqueuse neutralisée par le carbonate de baryum donne un sel barytique qui répond k la formule (Cl°H13SOi)2Ba" et qui cristallise en aiguilles unbydres. Pour toutes ses autres propriétés, au moins pour celles de ces propriétés qui ont été observées, le thymol $ se confond avec le thymol a.

DÉRIVÉS DU THYMOL.

— Pentabromothymol CKWBtôO. Lorsqu'on fait agir le brome sur le thymol en favorisant la réaction déjà commencée par l'influence de la lumière solaire directe, ce phénol se convertit intégralement en une masse solide, blanche, terreuse de pentabromothymol qu'on peut faire cristalliser dans l'éther. Le pentabromothymol fond k une température relativement élevée, en commençant k se décomposer avec dégagement d'acide chlorhydrique et, probablement, sans qu'il se forme en même temps des hydrocarbures.

— Chlorothymols. a-trichlorothymol

CIOHUCISO.

On l'obtient en faisant passer du chlore gazeux dans le t/iymoiaklaluinière diffuse, en ayant soin "d'éviter que la température ne s élève trop, jusqu'à ce que le thymol ait absorbé une quantité de chlore égale aux 2/3 de son poids. En laissant reposer le produit, il se forme de longues aiguilles jaunes, et finalement le tout se solidifie. Il reste cependant dans cette masse entièrement solide en apparence un liquide que l'on exprime; après quoi on fait cristalliser le produit dans l'alcool.

Le trichlorothymol cristallise en prismes obliques d'un jaune citron, qui appartiennent au système rliombique. Il fond àBl» et possède une odeur toxique. A 180°, il se décompose. Chaulfé à 1U0° avec de l'acide sulfurique concentré, il se convertit en un liquide incolore qui ilutte à la surface de l'acide. Ce liquide se solidifie par le refroidissement. Si ou le dissout alors dans une lessive de potasse caustique, qu'on l'eu précipite ensuite au moyen de l'acide chlorhydrique et qu'on le dessèche, il se forme des flocons soyeux qui ont l'aspect du talc. Ces flocons ont d'abord une agréable odeur de benjoin, fondent à 45° et distillent sans altération à 250°. L'ammoniaque les dissout et forme un sel qui cristallise en aiguilles déliées. 11 est probable qu'ils sont constitués par du trichlorophènol. Les chiffres qu'ils donnent k l'analyse s'accordent avec celte hypothèse.

— Peiituchlorothynwt a C'WCi50. Lorsqu'on expose pendant longtemps le thymol k l'action du chlore gazeux à la lumière directe du. soleil, il se forme une huile glutineuse d'un jaune rougeâlre, dans laquelle, au bout de quelque temps, on voit apparaître des cristaux de pentachiorothyinol. On peut purifier ces derniers eu les faisant cristalliser dans l'éther. Le peutachlorothyiuol forme des cristaux incolores, très-durs, qui ont la même forme que ceux du u ichtorothymol et fondent k 98°. ii Se décompose k 200° avec dégagement d'acide chlorhydrique et de gaz iritylèue (propylène) C3H*, pendant que dans ie col de la cornue vient se déposer un produit solide, le ttichlorotolueiiol CH»Ci30, et que dans la cornue elle-même il reste du charbon. Cette décomposition peut être exprimée par l'équation suivante ;

2C10H9C15Q .= C'HSCISQ + C3I1« Pentachloro- Trichloroto- 4 Propy-

thymol. iuénol. ' lene.

-f- 7HC1 + CO + 9C

Acide Oxyde Char-

chlorhydri- de car- bon.

que. bone.

Dans une expérience fuite avec du pentachiorothyinol tout à fait pur, l'oxyde de carbone dégagé vers la du de l'opération était mélangé de gaz des marais, et le produit solide de la distillation fondait k 150", cristallisait en aiguilles dans l'alcool et présentait la composition du tétruchlorotoluenol. L'equatiou était donc probablement la suivante :

4C10H9CI50 Pentachlorothymol.

= 2CH4CHO + 2C3H6 + 12HC1 Tétruchloro- Propy- Acide

toluénol. iène. chlorhy-

drique.

+ CH* + 2CO + 1-C Gaz Oxyde Char-

des de car- bon.

maruis- boue.

Du pentachiorothyinol impur a donné aussi k la distillation une grande quantité d'un produit liquide qui, débarrassé des produits solides par un lavage au moyen d'une lessive faible de potasse, bouillait a 265« (k 365° suivant les premières déterininaiions de Lallemand) et qui présentait la composition du dichlorocumène C9Hi0ClSi.

— Nitrothymols a. Ces composés, qui possèdent des propriétés acides, se forment probablement par l'action directe de l'acide azotique sur le hymot a. ; mais on les obtient plus f-tcilement en partant de l'acide thymyl-sulfurique, comme c'est du reste le cas pour

THYM

presque tous les composés nitrés de substitu-

— Dinitrothymol a. ou acide dinitrothymique C'0Hi2(AzO2)2O. Lorsqu'on verse goutte à goutte de l'acide azotique dans de l'acide thymyl-sulfurique , ou dans la solution d'un thymyl-sulfate, le liquide s'échauffe un peu et laisse déposer le dinitrothymol sous la forme d'une huile rougeâtre qui ne tarde pas à se prendre en cristaux. Ce composé fond à 550, est peu soluble dans l'eau et se dissout en toute proportion dans l'alcool et dansl'éther. Un mélange d'acide sulfurique et d'acide azotique le convertit en triuitrothymol ; un mélange d'acide sulfurique et d'alcool le transforme en dinitrothymolate d'éthyle.

Avec les bases, il forme des sels qui cristallisent en aiguilles soyeuses, détonent à 150<> et ne se dissolvent que dans l'eau h laquelle ils communiquent cependant une forte coloration. Le sel de potassium est jaune orange lorsqu'il est anhydre, rouge à i'état hydraté et très-peu soluble dans l'eau. Le sel de plomb C20Hî2pb"(AzO2)4Oi est fort peu soluble dans l'eau, 11 en est de même du sel d'argent .

Ci0H»Ag(AzO2)ïO.

— Trinilrolhymol a. ou acide tnnilrolhymique CWH"(AzO*)'0. Pour préparer ce composé, on dissout le dinitrothymol dans l'acide sulfurique et l'on y ajoute peu a peu une petite quantité d'acide azotique en ayant soin que le mélange ne s'échauffe pas. En étendant ensuite d eau la liqueur, on voit se précipiter des flocons jaunâtres de trinitrothymol qu'on peut faire recristalliser dans l'eau bouillante. Ce corps forme de belles aiguilles jaunes, qui fondent à 100° et se décomposent brusquement à une température plus élevée. Il se dissout un peu dans l'eau froide, facilement dans l'alcool et dans l'éther. Un mélange d'alcool et d'acide sulfurique concentré le convertit très-rapidement en trinitrothymate d'éthyle solide.

Le trinitrothymol se combine avec les bases en formant des sels jaunes ou jaune orangé. Ces sels détonent à 150u et se dissolvent dans l'eau beaucoup plus facilement que les dinitrothymates. La solution aqueuse du trinitrothymate de potassium précipite les sels des métaux lourds. Le trinitrothymate de plomb renferme 28,83 pour 100 d'oxyde de plomb, ce qui conduit pour ce sel à la formule CS0HS0pb"(AzO2)6O2.

— Méthyl-tkymol a. C'OH«0,CH3. On obtient ce corps en chauffant une solution alcoolique de parties égales de thymol et d'hydrate potassique avec de l'iodure de méthyle. La réaction est la suivante :

C10H13OH + KHO + CHSI Thymol a Potasse. lodure

de méthyle.

= Kl + HÎO + Ci°H«,0{UH3) lodure Eau. Méthyl-thymol a.,

le potassium.

Précipité de sa solution alcoolique par l'eau, le vaèthyUthymol ou thymate de méthyle doit être traité par la potasse, puis rectitié. 11 forme un liquide huileux, d'une odeur aromatique et d une saveur brûlante. 11 bout à 2050. L'eau ne le dissout pas. Il se dissout au contraire avec facilité dans l'alcool et l'éther. Sa densité déterminée à la température de 18° sst égale a 0,941 (Engelhardt et Latschinow).

— Ethyl-thymol a C10H»30C2HB. On l'obtient en chauffant dans un tube scellé du thymate de sodium avec de l'iodure d'éthyle, ou en faisant bouillir avec le même iodureune solution alcoolique de thymol et d'hydrate potassique, ce qui revientd' ailleurs au même, parce que, en présence de la potasse, le thymol se convertit en thymatede potassium. C'est un liquide mobile, incolore, d'une odeur aromatique, analogue à celle des carottes, et d'une saveur extrêmement brûlante. Il est insoluble dans l'eau, facilement soluble dans l'alcool et l'éther, bout-sans décomposition à 222° et s'oxyde lentement à l'air. La potasse caustique est sans action sur lui, même à chaud. L'acide sulfurique concentré le transforme en un composé soluble, analogue probablement a celui auquel donne naissance l'anisol dans des conditions pareilles.

— Amyl-thymol o CWHl3,OC»Hii. On l'ob- •lent comme le composé éthylique. C'est un ■ iquide huileux, insoluble dans l'eau et qui bout entre 238" et 243° en subissant une décomposition partielle.

— Benzoyl-thymol a G'l0Hl3,OC7H6O. Ce corps se forme lorsqu'on chauffe du thymol avec du chlorure de benzoyle. On lave le produit avec une lessive alcaline. C'est une huile qui distille sans décomposition et ne se soliditie pas dans un mélange réfrigérant, mais iinit par se prendre en une masse cristalline fusible à la chaleur des mains lorsqu'on l'abandonne pendant longtemps à ellemême. Il est soluble dans l'éther, et, lorsqu'on le chauffe avec de l'acide sulfurique ordinaire, il se résout en acide benzoïque et en acide a-sulfothymolique.

— Cymylêne-thymol «

' (CWH«3O)*((;i0H»2)".

Syn. Cumol-tltymol. Lorsqu'on chauffe deux molécules de thymol avec deux molécules d'hydrate de potassium, et une molécule de

THYM

chlorure de cymylène CiOH'ïClï, préparé par l'action du pentachlorure de phosphore sur l'aldéhyde cuminlque, il se sépare du chlorure de potassium, et la'solution alcoolique, car on opère dans l'alcool étendu d'eau , donne une huile insoluble dans la potasse, qui, au bout de quelque temps, se prend en masse cristalline. Le cymylène-fAymof cristallise en tables rhombiques fusibles a 15"°. Lorsqu'on chauffe une solution alcoolique de trois molécules de thymol et de trois molécules d'hydrate de potassium avec une molécule de chloroforme, il se dépose du chlorure potassique, et la liqueur alcoolique étendue d'eau laisse déposer une huile brune. Le chlorure de benzylène chloré C6HS,CC13, obtenu par l'action du perchlorure de phosphore sur le chlorure de benzoyle, donne dans les mêmes conditions des produits »nalogues. L'huile brune quo l'eau précipite de la solution alcoolique se résout en acide benzoïque et en acide a sulfothyinolique lorsqu'on la chauffe avec de l'acide sulfurique ordinaire.

— Phosphate de thymyle

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