THYS
THYRSE s. m. (tir-se — latin thyrsus, grec thursos, du radical (Au, qui est dans thuei'i, agiter, être agité, se précipiter, bondir, thunein, thuaein, thuazein, bondir, se précipiter avec fureur, thunos, impétuosité, thuella, ouragan , tempête. De la même racine vient thuas, thyade, bacchante). Mythol, gr. Javelot entouré de lierre et de pampre, qu'on donne a Bacchus, et que les bacchantes portaient dans les cérémonies publiques :
Tantôt écheve!ée, impétueuse, ardente.
Le thyrse dans sa main, s'élance une bacchante; Ses longs cheveux aux vents flottent abandonnés; Son regard est brûlant, ses cas désordonnés.
Delillb.
— Bot. Sorte de panicule rameuse et dressée, comme dans le lilas ou le marronnier d'Inde': /-«thyrse n'est à proprement parler qu'une modification de la grappe- (Th. do Bemeaud.)
— Encyci. Mythol. Dans les fêtes qui se célébraient dans la Phônicie en l'honneur de Bacchus, après les vendanges, on portait des branches de vi^ne, chargées de raisins, et on y joignait des bâtons de pin qui servaient de torches pour éclairer la nuit ceux qui foulaient la vendange. Les Egyptiens avaient légué cet usage aux Phéniciens, qui eux-mêmes levaient introduit en Grèce. Les habitants dii ce dernier pays s'étaient habitués a remplacer le bâton de pin par une branche d'olivier ou de laurier, et souvent même ils liaient l'un à l'autre ces deux bâtons. Plus tard, la tradition donna à Bacchus et a son armée un dard enveloppé de pampres qui en cachaient la pointe. On donnait encore le thyrse à Bacchus parce que les ivrognes ont besoin d'un bâton pour se soutenir. Quoi qu'il en soit do la raison pour laquelle on a mis un thyrse dans la main de ce dieu, toutes ses figures lereprésentent armé d'une lance ou d'un bâtoa de pin environné de pampres ou de lierre et orné de bandelettes.
Le thyrse était aussi appelé rameau da noces en Italie. Sur un bas-relief de la villa Borghèse, représentant l'entretien de ProtésilaUs et de son épouse Laodamie, on voit deux thyrses attachés au chevet du lit. lia désignent le lit nuptial des nouveaux époux.
Le thyrse avait d'ailleurs deux significations bien opposées. Terminé en fer de lance, il désignait la ruse du guerrier qui dissimulo son arme. Lorsqu'il se compdsait d'un bâton de pin, il était le symbole de la vie pacifique. L'usage du thyrse 'était commun à tous les peuples qui avaient eu des relations avec les Phéniciens. Les Juifs eux-mêmes , si éloignés des coutumes étrangères, avaient l'habitude d'en porter un pour rendre grâce h leur dieu de la prise de Jérusalem par Macchabée. Ensuite, ils ordonnèrent qu'à l'avenir toute la nation célébrerait chaque année la même fête en portant des thyrses et des „ rameaux de palmes vertes devant Jéhovah.
THYRSIE s. f. (tir-st — du gr. thursos, thyrse). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères , de la famille des longicornes, tribu des prioniens, dont l'espèce type vit au Brés41.
THYRSIFÈRE adj. (tir-si-fô-re — du lat.
thyrsus, thyrse; fera, je porte). Bot. Qui a des fleurs en ihyrse : Plante thyrsifere.
THYRSIFLORE adj. (tir-si-flo-ro — du lût. thyrsus, thyrse; flos, fleur). Bot. Syn. de
THYRSANTHE.
THYRSINB s. f. (tir-si-ne — dimin. de thyrse). Bot. Syn. de cytinbt ou hypocistb, genre type des cytinées.
THYRSITE s. m. (tir-si-te — du lat. thyrsites, même sens). Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des scombéroïdes , voisin des tassards, et comprenant trois espèces, dont la principale vit dans les parages du Cap de Bonne-Espérance.
— Encycl. Les thyrsites sont caractérisés par un corps allongé , des dents comprimées et pointues et la queue dépourvue de caréné latérale. Le thyrsite atun, espèce type, acquiert d'assez grandes dimensions; il vit dans les parages du Cap de Bonne-Espérance. Au commencement de son apparition, il se vend fort cher; mais, pendant la belle saison, il devient très-abondant, et son prix baisse beaucoup. Pendant l'hiver, il se rend sur le banc des Aiguilles. On le prend aveu un appât qui présente grossièrement la forme d'un calmar; mais il est si voraee qu'il so jette avec avidité sur un simple morceau de drap rouge attaché il l'hameçon. Sa chair est blanche et rappelle assez par son goût celle de la morue ; elle forme souvent une ressource pour les navigateurs.
THYRSOÏDE adj. { tir-so-i-de — du gr.
thursos, thyrse; eidos, aspect. Bot. Qui est en forme de thyrse.
THYS (Antoine), en latin Tbyiin*, historien et philologue hollandais, no à Harderwyck vers 1603, mort à Leyde en 1665. Son père, qui était un profesieur de théologie de mérite, lui fit apprendre les langues mieiennes, l'arabe, l'hébreu, puis l'envoya à Leyde, où il reçut les leçons de Heiusius. Antoine Thys se rit recevoir docteur en droit, probablement dans la même ville, et y obtint en 1635 une chaire de poésie, qu'il quitta plus tard pour enseigner l'éloquence et le droit. Il succéda, en outre, k Heinsius en 1655, comme bibliothécaire de l'université. Outre