‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 115 sur 1042 · THYS · texte numérisé non relu

THYS

des éditions estimées de Sailusle , de Justin, do Sénèque le Tragique, de Lactance, de Vetleias Paterculus, A'Aulu-Gclle, qui font partie de l'ancienne collection des Variornm, on lui doit : Exercitationes miscellanex (Leyde, 1639, in-12), au nombre de vingttrois ; Discursus politicus de mayistratibus Atheniensium (Leyde, 1645, in- 16), ouvrage qui fait suite au De republicar Atheniensium de Postel; Compendium historix Batavia a Julio-Cssare usque ad fisc tempora (Leyde, 1645) ; Memorabilia celebriorum veterum fterum publicarum ;. accessit traetatus juris publicidepotestateprincipis(l,eyde, 1646, in-16); Eistoria navalis (Leyde, 1657, in-4°), ouvrage qui renferme la description de toutes les grandes batailles navales livrées par les Bataves depuis les temps les plus reculés jusqu'au xviie siècle; De us tira et fœnore (Leyde, 1658, in-8°).

THYS (Gysbrecht), peintre hollandais, né à Anvers vers 16S5, mort vers la lin du xvue siècle. On ignore sous quel maître il étudia, et quoiqu il ait acquis dans le portrait un talent qui, au jugement même de ses contemporains, n'était pas inférieur à celui de Van Dyck, on ne peut supposer qu'il ait été l'élève de ce grand artiste, qui passa les dernières années de sa vie en Angleterre. Thys eût pu acquérir par ses travaux une fortune considérable dans sa patrie'; mais son inconduite l'empêcha de se axer jamais nulle part, et sa vie tout entière se passa à errer de ville en ville. Aussi, il est bien peu de cités des Pays-Bas où l'on ne trouve quelques-uns de ses portraits, dont plusieurs lurent vendus à l'étranger comme étant l'œuvre de Van Dyck. On cite, parmi les plus remarquables, le portrait de sa femme et celui du peintre Jean van Kessel. 11 avait aussi abordé avec succès le paysage et la peinture d'animaux.

THYS ou THYSSBNS (Pierre), peintre flamand, V. TUYSSKNS.

THYSANANTHE s. m, (ti-za-nan-te — du gr. thusanos , frange; anthos , fleur). Bot. Genre d'hépatiques, de la'trtbti des jongermanniées, comprenant quatre espèces, qui croissent sur tes écorces des arbres : Les THYSANANTHiis sonr des plantes exotiques. (<J. Montagne.)

THYSANE s. m. (ti-za-ne). Bot. Syn. de

TIIYSAKUS.

THYSANOCARPE s. m. (ti-za-no-kar-pe — du gr. thusanos, frange; knrpos, fruit). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des batidées, comprenant sept espèces, qui croissent dans les contrées occidentales de l'Amérique du Nord.

THYSANOCLADIE s. f. (ti-za-no-kla-dl — du gr. thusanos, frange; klados, rameau). Bot. Genre d'algues, du groupe des delisées.

THYSANOMITRION s. m. (ti-za-no-mitri-on — du gr. thusanos, frange; mitrion, mitre). Bot. Syn. de campylope, genre de mousses.

THYSANOPODE s. m. (ti-za-no-po-de — du gr. thusanos , frange ; pous, pied)! C'rust. Genre de crustacés stomapodes, de la famille des caridioïdes, dont l'espèce type vit dans l'océan Atlantique.

THYSANOPTÈHE adj. (ti-za-no-ptè-re — du gr. thusanos, frange \pteron, aile). Entom. Qui a les ailes frangées.

— s. m. pi. Ordre d'insectes, caractérisé surtout par les franges soyeuses qui bordent des ailes rudimentaires : Les thysaNûptèrhS vivent sur les végétaux et occasionnent souvent des dégâts assez considérables. (Blanchard.)

— Encycl. Les thysanoptères dans leur état complet ont quatre ailes membraneuses, fort étroites, sans pli, ni réticulation, mais garnies sur leurs bords de longs cils formant une frange d'une finesse, d'une élégance qui dépasse toute description. Ces insectes ont des mandibules longues et minces, des mâchoires et une lèvre munie de palpes. La conformation de la bouche les rapproche des orthoptères. La tête porte des antennes filiformes île longueur médiocre, de gros yeux latéraux, et ordinairement trois ocelles sur le front; les pattes de deux articles se terminent par une sorte de vésicule, propre à contracter adhérence sur les feuilles ou sur les pétales des Heurs.

Chez ces insectes, le développement est analogue à celui des orthoptères; les jeunes ont lu forme des adultes, seulement ils manquent d'ailes et leur corps est jaune pâle ou rougeâtie; après quelques mues se montrent des rudiments d'ailes; ce sont les nymphes; après uu dernier changement de peau, ce sont les adultes. Les thysanoptères courent vite, ils volent prestement ; avec leurs petites mandibules ils rongent les feuilles à la surface.

L'ordre des thysanoptères ne se Compose que d'une seule famille, la famille des thripsides, où l'on reconnaît deux types, selon que les espèces ont deux articles aux palpes et les ailes sans aucune nervure (phlœothripsines), ou trois articles aux palpes et deux nervures uux ailes' antérieures (thripsines). Parmi les dernières ; la plupart appartiennent au genre thrips. Lethrips ues céréales, d'une couleur brune avec les pattes et les antennes annelées de blanc, est signalé comme nuisible au blé, dans les circonstances où il

TIAR

s'est très - multiplié. Le petit insecte s'engage entre les valves et lu graine , se blottit dans le sillon du grain et le ronge. Il n'enlève pas beaucoup de substance à la fois, et cependant il détermine un appauvrissement très-sensible du grain.

THYSANOTE s. m. (ti-za-no-te — du gr.

thusanos, frange). Bot/Genre de plantes, de la famille des liliacées, tribu des athéricées, comprenant plus de vingt espèces, qui croissent en Australie.

THYSANOTHÉCION s. m. (ti-za-no-tè-si-on — du gr. thusanos, frange; thikê, étui). Bot. Genre de lichens, de la tribu des usnées, dont l'espèce type croît sur les vieux bois, à. la terre de Van Diémen.

THYSANOURE adj. (ti-za-non-re — dugr.

thusanos, frange; oura, queue). Entom. Qui a la queue frangée. Il On dit aussi "thysanurk.

— s. m. pi. Ordre d'insectes hexapodes, caractérises surtout par les organes locomoteurs, situés à l'extrémité de l'abdomen : Les thysanoures sont des névroptères frappés d'un arrêt de développement. (H. Lucas.)

— Eccycl. Les thysanoures ont le corps de forme très-variable, tantôt globuleux, tantôt plus ou moins allongé et même pîsciforme, le plus souvent couvert, d'écaillés ou de villosités, quelquefois nu ; les antennes sétacées, plus ou moins longues, formées de nombreux articles ; les yeux plus ou moins grands, constitués par la réunion d'un nombre variable de petits yeux lissas; la bouche composée comme celle des insectes broyeurs; le thorax offrant trois anneaux; l'abdomen terminé par un appendice particulier, qui joue le rôle d'un organe de mouvement et, en se détendant comme un ressort, permet à l'insecte d'exécuter des sauts considérables; six pattes grêles, à hanches très-grandes. Ces insectes, complètement dépourvus d'ailes, n'ont pas de métamorphoses et présentent par conséquent dès leur naissance la forme qu'ils conserveront toute leur vie; par ces deux caractères, ils semblent former la passage des vrais insectes aux myriapodes. Ils sont trèsagiles et échappent aisément, par la course ou par le saut, à qui veut les saisir. Les nombreuses espèces de cet ordre sont répandues dans les diverses régions du globe; elles vivent les unes à l'intérieur des habitations, les autres sous les pierres, dans les substances végétales décomposées, quelques-unes dans l'eau ou même dans la neige; la plupart sont nuisibles à l'agriculture ou à l'économie domestique. L'ordre des thysanoures comprend les genres suivants, groupés en deux familles: I. Lépisménes, lépisme, machile. — IL Podurelles , podure, sminthure. V. ces mots.

THYSANURE adj. (ti-za-nu-re). Entom.

Syn. de thysanourb.

THYSANUS s. m. (ti-za-nus — du gr. thusanos, frange). Bot. Genre d'arbustes, rapporté avec doute à la famille des connaracées, et dont l'espèce type croit en Cochinchine.

THYSAROLÈNE s. m. (ti-za-ro-lè-ne). Bot.

Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des panicées, dont l'espèce type croît dans l'Inde.

THYSBÉ s. f. (ti-sbé). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la tribu des colaspides, comprenant quatre espèces, qui vivent au Sénégal.

THYSÊLIN s. m. (ti-zé-lain). Bot. Section du genre sélin, de la famille des ombellifères.

T11YS1US, historien et philologue hollandais. V. Thys (Antoine).

THYSSÉLIN s. m. (ti-sé-lain). Bot. Section des peucedans, genre d'ombellifères.

T1AGOR (tiagur) , ville et forteresse de l'Indoustan anglais, dans le Kurnatic, sur une montagne. Les Français s'en emparèrent en 1760, mais les Anglais la reprirent l'année

T1AIIUANACC, village de la Bolivie, sur la rive méridionale du lac Titicaca. Il doit sa célébrité aux ruines et aux monuments gigantesques qui se trouvent dans ses environs. Ces monuments, extrêmement curieux, datent des premiers temps de la civilisation péruvienne.

T1AMUCHY, rivière de l'Amérique du Sud (Bolivie). Elle prend sa source dans le département de Moxos, se dirige au N.-E. et, après un cours d'environ 260 kilora., se jette dans le Maroré.

T1ARA (Pierre), médecin et érudit hollandais, né à Workum en 15U, mort en 1586. Après avoir fait à l'universé de Harlem des études fort étendues, il visita successivement l'Allemagne la Fiance et l'Italie, se fit recevoir, dans cette dernière contrée, docteur en médecine et revint, vers 1553, s'établir à Louvain, où, tout en exerçant la pratique de son art, il ouvrit des cours de grec. Le succès qu'obtint son enseignement le fit appeler à des chaires de la même langue successivement à l'académie de Douai (1560), et aux universités de Leyde (1575) et de Franeker (1585). Outre des traductions latines du Sophiste de Platon (l.ouvain, 1533, in-12), de la Alédée d'Euripide (Utrecht, 1543, in-12) et des Sentences de Pythagore (Franeker, 1589, in-12), on a de lui : Poiemation de nobilitate

TIAR

et disciplina militari veterum Frisiorum (Franeker, 1597, in-12), poème patriotique dans lequel l'auteur excite ses compatriotes à la guerre contre l'Espagne, et De nobilitate ejusque veris insignibns, autre poème qui fait partie des Déliais poetarum Belgicorum de Griiter; ce dernier a aussi inséré dans le même recueil le poSme précédent. Une biographie étendue de Tiara se trouve dans les Vitm Belgarum qui latina carmina scripserunt de Peerckamp (Bruxelles, 1822, in-8tt).

TIARE s. f. (ti-a-re — grec tiara, mot qui est sans doute d'origine persane. Quelquesuns, cependant, le l'ont venir du verbe tiô, honorer et aussi punir, venger, de la racine sanscrite ci, venger, qui aurait produit le grec timê, estimation, valeur, rétribution, récompense, punition; l'irlandais cia, rétribution, récompense, cain, amende; l'ancien slave ciniti, mettre en ordre, cinu, ordre, rang, cinoviniku, prince, citaii, honorer, etc.). Ornement de tête qui était un des symboles de la souveraineté chez les Perses et les Mèdes : La tiare des anciens Persans, entourée d'un bandeau, nous parait l'origine du turban de nos musulmans modernes. (M.-Br.)

— Bonnet orné de trois couronnes, que porte le pape dans les grandes solennités.

— Fig. Dignité papale : Se montrer digne de la tiare.

— Porter la tiare, Etre pape : Il porta la tiare vingt ans. (Acad.)

— Mettre, poser la tiare sur la tête de quelqu'un, Le faire pape.

— Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, du groupe-des sabots. Il Autre genre de mollusques, du groupe des volutes. Il Tiare bâtarde, Autre espèce de volute.

— Acal. Genre d'acalèphes mèdusaires, du groupe des nucléifères.

— Encycl. La tiare des Orientaux était un bonnet rond, droit, quelquefois en pointe, ou recourbé, tel qu'on le voit sur les figures d'Atis et de Mythra. On la fixait sur la tête à l'aide de deux bandelettes qui se nouaient sons le menton. En Grèce, la tiare était l'ornement de tète des prêtres de Cybèle. Les tiares dont les rois de l'Asie sont coiffés sur les médailles étaient une coiffure de parade, car, ordinairement, on portait la mitre.

La iiare de Xerxès se composait d'un diadème entourant un bonnet dont l'extrémité retombait sur les épaules. Les rois du Perse étaient si jaloux du droit de porter seuls une tiare relevée et droite, qu'il y avait peine de mort pour quiconque aurait osé se l'attribuer; ils conféraient le droit de porter la tiare comme un privilège honorifique; ainsi, le Lacédémonien Démarate, après avoir donné un utile conseil à Xerxès, demanda, pour toute récompense, le droit de faire son entrée publique dans la ville de Sardes avec la tiare droite sur la tête. Les médailles représentent plusieurs formes de tiares. Celles des rois d'Arménie se terminaient par une espèce de cercle surmonté de plusieurs pointes. Celles des rois parthes se distinguaient par leurs ornements. Malgré leur titre de roi des rois, les monarques parthes ne portèrent, comme on le voit sur leurs médailles, qu'un diadème à leur tiare. Le seul qui se servit de la double tiare fut Artabane,le dernier d'entre eux. Les satrapes portaient une tiare sans diadème. On a des médailles de Marc- Antoine qui ont pour type, au revers, une tiare à peu près semblable à celle des Perses; elle symbolise la réduction de l'Arménie par les armes romaines. Dans la villa du cardinal Albani, on voyait, sur un inarbre, une Cérès coiffée d'une tiare. Il existait aussi à Sparte une J unon portant la même coiffure.

La tioi c pupale se composait autrefois d'un bonnet rond, élevé, ayant une couronne à sa base. Boniface VIU, trouvant que cet ornement n'était pas assez somptueux pour un successeur de saint Pierre, ajouta une seconde couronne à la première (xive siècle) ; presque aussitôt, Benoît XII une troisième, et depuis lors la tiare papale garda ces trois couronnes pour désigner la triple royauté du chef de l'Eglise catholique,- royauté spirituelle sur les âmes, temporelle sur les Etats romains et mixte sur tous les rois. Quand le pape va officier, il porte la tiare et il se coiffe de lu. mitre eu officiant.

Le trésor pontifical était assez riche autrefois en tiares de diverses époques; il en possédait au moins une dizaine. A l'époque des guerres de la Révolution quelques-unes fuient enlevées du Vatican par nos soldats, et on n'a jamais pu savoir au juste ce qu'elles étaient devenues. Il en restade fort riches et de fort belles, telles que celle de Jules II, celle de Paul Farnèse, celle de Grégoire XIII et celle de Clément Aldobrandini. Au traité de Tolentino, Pie VI les donna en payement de plusieurs millions, et n'en conserva qu'une, en carton.

Napoléon, après le Concordat, fit cadeau d'une tiare nouvelle à Pie Vil; c'est celle qui servit à Pie IX; elie porte le nom de tiare napoléonienne, vaut envirou 220,000 fr. et pèse 8 livres. Sa coupole est formée de huit rubis, de vingt-quatre perles et d'une émeraude. La croix se compose de douze brillants; les queues sont en rubis et en perles. Deux cordons d'or la maintiennent sur la tête du pape, qui ne la porte que fort rarement. Cachée soigneusement en 1348, elle a reparu après l'entrée de l'armée française à

TIAR

Rome en 1849. Une autre tiare, portée également par Pie IX, est celle que l'ex-reine d'Kspagne, Isabelle, fit fabriquer pour lui en 1855 et que l'on appelle tiare isabélique. Elle vaut 300,000 francs et ne pèse que 3 livres. Les trois couronnes sont semblables, tandis qu'elles sont variées dans la tiare de Napoléon. On y compte dix-neuf pierres précieuses. La coupole est faite d'un saphir-, elle est plus gracieuse que la tiare napoléonienne, mais elle est bien moins majestueuse. Pie IX, pour les cérémonies les moins solennelles, s'est fait fabriquer une troisième tiare, en imitation.

Lorsqu'on couronne un pape, le cardinal chargé de lui déposer la tiare sur le front lui adresse ces paroles : « Rtcevez cotte tiare ornée d'une triple couronne, et sachez que vous êtes le père, le prince et le roi, le recteur de la terre, le vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ.»

TIARELLE s. f. (ti-a-rè-le — dimin. do tiare). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, du groupe des volutes.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des saxifragées, comprenant cinq espèces, qui habitent l'Asie et l'Amérique du Nord.

— Encycl. Bot. Les tiarelles sont des plantes vivaces, à tiges dressées, nombreuses, buissonnantes, à feuilles cordiformes ou trifoliolées, d'un vert gai; les fleurs, blanchâtres ou d'un jaune pâle, sont petites et disposées en grappes terminales ; le fruit est une capsule comprimée, uniloculaire, s'ouvrant en deux valves inégales et renfermant de nombreuses graines ovoïdes et luisantes. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent les régions montueuses du nord de l'Asie et de l'Amérique; on en cultive plusieurs dans nos jardins; elles se plaisent dans les terres fraîches, un peu humides et ombragées, tracent beaucoup et s'étendent fort loin presque au niveau du sol; on les emploie avantageusement pour faire des bordures, pour orner les rocailles, les grottes et les plates-band«s. Elles se propagent facilement d'éclats faits au printemps ou mieux à la fin de l'été. La tiarelle à feuilles en eceur est la plus répandue.

Tl ARET, poste militaire de l'Algérie. V. Ti-

Page 1