‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 128 sur 1042 · PI. TIERS-POTEAUX · texte numérisé non relu

PI. TIERS-POTEAUX

T1ETAR, rivière d'Espagne. Elle prend sa source dans la province d Avila, près du village du même nom, arrose celle de Cacerès et se jette dans le Tage, à 10 kilom. N. da ' Monroy, après un cours d'environ 220 kilom. Ses principaux affluents sont le Calzanes et le Guadierbas.

T1ÉTÉ, rivière du Brésil. Elle prend sa source à 50 kilom. de Saint-Paul, à l'extrémité occidentale de la serra do Mar, coule d'abord k l'O., puis au N.-O. et se jette dans le Parana, par la gauche, après un cours d'environ 750 kilom. Elle reçoit le Jundiahy, le Cupibary, le Pirassicaba, le Jacaré-Pipera, à droite ; le Pinheiros, le Sorocaba et le rio Lancoes, à gauche. Son cours est tortueux et d'une navigation difficile,

TIEULET s. m. (tieu-lè). Comra. Très-petit fagot.

TIEUTB s. m. (ti-eu-té). Bot. Espèce de strychnos, qui croît dans l'Inde et les îles voisines, et dont le suc est très-vénéneux.

TIFERNAS ou T1PHEBNAS (Grégoire), helléniste italien, né à Citta-di-Castello (le Tiphernum des anciens) vers 1415, mort eu 1465. Il substitua de bonne heure kson nom de famille, qu'on ne connaît pas, celui de sa ville natale, sous lequel on le connaît aujourd'hui.' Après avoir fait une étude approfondie des laugues anciennes, il professa avec beaucoup de succès le grec k Naples, & Milan et a Rome. Ce fut dans cette dernière ville que, à la requête du pape Nicolas V, il termina la traduction latine des œuvres de Strabon que Guarini avait poussée jusqu'au X« livre. Après la mort de ce pape (1455), Tifernas se rendit à Paris, où il ouvrit un cours de langue grecque ; mais ses leçons ne lui rapportèrent que des ressources insuffisantes, car cet idiome était alors à peu près inconnu en France. Aussi, à l'avènement du pape Pie II, il se hâta de revenir en Italie et s'établit à Venise, où il réunit un grand nombre d'élèves. 11 mourut empoisonné, dit-on, par les envieux que lui avait faits son talent. Les seuls ouvrages que l'on puisse lui attribuer avec certitude, outre la traduction de Strabon (Venise, 1472), sont une traduction latine du J)e regno de Dion Chrysostome et un recueil de vers, intitulé Hymnes et autres poésies^ publié à la suite d'Ausone (Venise, 1498, in-8°). Paul Jove lui attribue sans vraisemblance la traduction latine d'Hérodien, que Politien a publiée sous son nom.

TIFERNO ou B1FERNO, ancienne Tifernus, rivière du royaume d'Italie. Elle prend sa source dans la province de Sannio, à 1 O.-N.-O. de Bojano, et se jette dans l'Adriatique, après un cours d'environ 125 kilom. Ses eaux nourrissent des truites et des anguilles excellentes.

TlFERIStW, ville de l'Italie ancienne (Ombrie), sur le Métaure, dans le pays des Sénons. C'est sur son emplacement que se trouve aujourd'hui San-Angelico-in-Vado.

TlFBRNUMouTlPHERIN CM, ville del'Italie

ancienne, dans le pays des Samnites, célèbre par trois victoires qu'y remportèrent les Romains, en 305, 297 et 295 av. J.-C. Tifernum porte aujourd hui le nom da Citta-di-Castello.

T1FFAOGES, bourg et commune de France (Vendée), cant. de Mortagne-sur-Sèvre, arrond. et à 50 kilom. de La Roche-sur-Von, station du chemin de fer de Nantes à Niort, sur un promontoire escarpé qui domine la vallée granitique de la Sevrer 1,051 hab. Ce bourg occupe l'emplacement d un castrum romain élevé lors de la conquête des Gaules par le général Agrippa. Il doit, dit-on, son nom h. la tribu des Scythes Tiffaliens, auxiliaires des ar-

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mées romaines, qui le fondèrent en 418. Clovis accorda aux Tiffaliens des privilèges qui furent confirmés par ses successeurs. Tillauges fut brûlé par les Normands en 843, incendié denouveau au xesiècleet pillé parles Anglais pendant la guerre de Philippe-Auguste contre Jean sans Terre. La ville formait au Xive siècle la seigneurie du fameux Gilles de Retz (le Barbe-Bleue normand) dont nous décrivons le château ci-dessous. Après le supplice de Gilles de Retz, cette seigneurie passa dans la maison des vidâmes de Chartres, dont la postérité la conserva jusqu'à la Révolution. En 1793, les divisions vendéennes de Stofdet, Cathelineau, Béraud et La Roche- . jaquelein se réunirent à Tiffauges au mois d'avril et y organisèrent la résistance. Kléber réussit à chasser les insurgés du canton, et le village fut livré au* flammes le 6 février 1794. Il n'a actuellement d'autre importance que celle de ces grands souvenirs.

Les ruines du château de Gilles de Retz dominent aujourd'hui la cime d'un coteau situé entre le bourg et les rives de la Sèvre- Nantnise. Elles embrassent une étendue considérable de terrain. Quelques archéologues n'hésitent pas à faire remonter la fondation de cette forteresse redoutable à l'époque gallo-romaine. Il est plus probable que le château de TiffUuges appartient à cette première époque du retour des croisades où les seigneurs rapportèrent d'Orient des modèles et des souvenirs que beaucoup d'antiquaires regardent comme l'origine de l'architecture ogivale. « La partie la plus ancienne du château, ait M. de Monlbail, ne remonte pas au delà de la seconde moitié du xme siècle, car on y trouve une infinité de moyens de défense qui n'étaient pas en usage avant cette époque, tels que les herses et les mâchicoulis. Du côté opposé au donjon, à l'extrémité de l'enceinte extérieure, il existe une tour de granit cyliutlrique d'une grande beauté; on la dirait faite d'hier, tant elle est bien conservée; on peut y monter par un sombre escalier dont l'entrée est une porte basse et étroite qui se trouve au pied de la tour; une petite salle est pratiquée Jdans l'épaisseur du mur. L'escalier conduit droit à une vaste salle voûtée en granit et ornée d'écussons, et dont les larges fenêtres en croix annoncent une époque plus rapprochée de nous que les ruines du donjon. La cheminée est spacieuse. Il existe dans cette tour un large chemin de ronde qui, à mon avis, est une merveille par sa dimension et sa solidité. Les mâchicoulis allongés et élégants de cette belle tour, cet escalier tournant, aux vastes salles, tout annonce le style de la tin du xtvc siècle et fait penser que cette tour a été bâtie par Gilles de Retz. On reconnaît dans sa construction la main d'un prince superbe et puissant. » On sait que des fouilles faites à Tiffauges lors du procès de son seigneur amenèrent la découverte, dans les souierrains du château, des cadavres et ossements de plus de cent enfants, victimes des atrocités de ce monstre légendaire.

tiffin s. ni. (ti-finn). Nom donné, dans l'Inde, au léger repas que les Anglais appellent LUNCH.

— Encycl. Le tiffin se prend ordinairement à midi pour attendre le dîner, lequel n'a pas lieu avant quatre heures, du soir. Toutefois, quand on du que le Iiffin est un repas léger, il faut s'entendre. L'Anglais est grand mangeur et grand buveur, même sous ce ciel dévorant, où la chaleur tropicale rend les excès de boisson si dangereux. Le tiffin se compose le plus généralement de viandes froides , d'eeufs, de tekapati, galette indigène de farine et do beurre fondu, et d'autres pâtisseries, puis de l'indispensable thé, de bière et de soda-water; on n'y boit pas de vin; ordinairement le vin est réservé pour les repas plus sérieux du matin et du soir; mais, bien que le tiffin ne soit pas considéré comme un repas sérieux, il n'est pas moins entré dans les habitudes de l'Anglo-Indou, dans quelque partie perdue de l'Inde qu'Use trouve, même s'il est en voyage. Tout ce qui est nécessaire est aussitôt tiré des bagages, le thé, le sodawater, la bière, que d'ailleurs l'Anglais trouverait difficilement dans ces régions peu fréquentées encore par les Européens. Partout le commissioner ou le simple touriste tiffiae aussi confortablement que s'il se trouvait à Calcutta ou à Bombay.

TIFLIS ou TEFL1S, en géorgien Thilis- Kalakhi, c'est-à-dire ville attx eaux chaudes, Tille forte de la Russie d'Asie, sur les deux rives de la Koura, jointes par un pont de pierre, à 1,928 kilom. de Moscou et à 2,602 kilom. S.-E. de Saint-Pétersbourg, à 272 kilom, S.-E. de la mer Noire, par 41° 42' de latit. N. et 42» 30' 10" de longit. E.; 49,000 hab., y compris 10,000 hommes de garnison. Cheflieu de la lieutenance de la Caucasie et du gouvernement civil de Tiilis ou de Géorgie. Résidence du gouverneurgénéraldelaTrans- Caucasie , archevêchés grec et arménien, exarchat ecclésiastique. Tribunal; gymnase noble, quatre autres collèges, un séminaire et ciuq écoles. Il y a à Tiuis treize églises pour le rit grégorien, une église catholique et deux mosquées, l'une pour les Perses de la secte d'Ali , l'autre pour les Tartares sunniies; une école arménienne, une assez riche bibliothèque, un cabinet d'histoire naturelle, un jardin botanique, un arsenal, deux théà- Li-es, un hôtel des monnaies, un grand bazar

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et sept caravansérails. Tiflis présente le magnifique panorama d'une cité asiatique. On y entre par une longue et superbe rue, la perspective de Golowinn. Les maisons, avec terrasse au lieu de toiture, se collent aux rochers escarpés sur lesquels la ville est posée. De toutes parts s'élancent les coupoles coniques des églises, des bains, des minarets. Des treilles verdoyantes se découpent sur la blancheur des murs. Tiflis longe la gorge qui suit les sinuosités de la Roura. Cette situation empêche d'embrasser la perspective d'un seul coup d'œil. Le voyageur admire successivement les ruines du vieux château fort, le jardin botanique, le pittoresque défilé de Salalak, le théâtre avec ses trois étages de galeries superposées, l'hôtel du gouverneur, celui de l'état-major avec son horloge, l'édifice du premier gymnase, le couvent de Saint-David, ' situé sur la montagne de Tsmimlo, dite Montagne sainte, sur laquelle on montre la tombe du célèbre Griboïyedov, et enfui le bazar, où se coudoient pêle-mêle Européens, Tartares, Lesghiens, Kourdes et Géorgiens. A côté de ce tohu-bohu d'une ville asiatique, on est tout surpris de trouver le confort d'une ville française : des fiacres, des hôtels parfaitement tenus, de magnifiques maisons à. trois et quatre étages, propres et bien meublées, des rues larges, un bon pavé, un éclairage au gaz, des milliers de boutiques, d'élégants magasins, un théâtre russe, un opéra indien, des bals chez le lieutenant du Trans- Caucase, où se réunit une société de choix et dans les salons duquel on rencontre jusqu'à six cents invités; enfin des soirées charmantes, où les radieuses Géorgiennes rivalisent de grâce et d'amabilité avec lesdames russes.- Avec la perspective de Golowinn et la rue de l'Hetman , il faut citer, au nombre des lieux les plus accentués et les plus pittoresques, le bazar arménien, la place de la cathédrale de Sion et, par-dessus tout, la célèbre place du Maîydann, où se concentre la vie commerciale, financière et industrielle de toute la contrée. C'est la Bourse de Tiflis, le point où viennent aboutir les nouvelles des cinq parties du monde. C'est là que se pavane l'Asiatique aux moeurs efféminées, depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher; c'est là qu'il achète, vend , troque, change, fume, étale son luxe et, dans son langage diffus et imagé , prononce en dernier ressort son jugement sur tout le monde et sur tou'.e chose. Les quartiers de Navtlongh, d'Avlabara, do la Porte des bains, de la vieille ville et de Garétouban aboutissent par diverses rues à ce marché curieux. La place est toujours pleine de monde à pied ou à cheval, ceux-ci en" charrette ou à dos de chameau, ceux-là en brougham ou à âne, les uns en drojki, les autres en Victoria, C'est un tapage, une cacophonie de langues, d'idiomes et de dialectes à en perdre la tête. Au fond de la place 3' élève la prison Metch, sur un roc qui surplombe le cours rapide de la Koura. En face de la rue qui mène au vieux pont se trouve le grand caravansérail, édifice à trois étages, dont tout le rez-de-çhausséeest garni de boutiques. A Tiilis, les caravansérails sont quelque chose dans le genre de l'hôtel du Louvre et du Grand-Hôtel, à Paris. On trouve dans les boutiques absolument tout ce qu'on peut désirer en ce monde, depuis les comestibles de tout genre jusqu'aux vêtements de toute espèce, depuis les jouets d'enfants jusqu'aux objets de luxe, tes plus recherchés.

La ville jouit d'un climat comparativement salubre, grâce à l'élévation de sou plateau, Sa ceinture de jardins et de vignobles lui donne une physionomie pittoresque et riante ; ces vergers sont d'un grand rapport et produisent des quantités considérables de fruits de toute nature, raisins, pèches, abricots, grenades, coings, poires, prunes, pastèques, melons, etc., dont l'usage immodéré ne contribue pas peu à déterminer chez les étrangers des maladies graves. Le séjour de Tiflis est fort agréable ; la vie y est à très-bon marché; les habitants sont renommés pour leur caractère doux, enjoué et hospitalier. Des routes unissent Tiflis à toutes les villes de la TransCaucasie; mais un terrain montagneux et accidenté et le mauvais état de ses chemins rendent les transports fort pénibles. Dans beaucoup de localités, les marchandises sont transportées à dos de bêtes de somme. Néanmoins, malgré le manque de voies de communication et le mauvais état des chemins qui existent, la ville de Tiflis est le véritable centre du commerce de toute laTranscaucasie et sert d'entrepôt aux produits du pays aussi bien qu'à ceux de la Russie et de l'étranger. Elle communique avec l'intérieur de l'empire par Astrakhan, Nijni-Novgorod et Moscou, avec la Perse par Bakou, sur la mer Caspienne, et par Nakliit-Cheven, sur la frontière terrestre; avec l'Europe par Redout-Iialé. Le commerce extérieur ûe Tiflis et de la Trunscaucasie, en général, se trouve entre les mains des marchands arméniens, établis à Tiilis même. Elle tire de l'intérieur de la Russie les draps, les cotonnades, les tissus de lin et de chanvre, les soieries, la papeterie, des articles en étain, de la verrerie, île la faïence et de la porcelaine, de la mercerie fine, des boissons et autres marchandises. Le sucre en pain constitue le principal article de l'importation. A Tiflis se trouve une douane d'entrepôt qui admet toutes sortes de marchandises européennes, coloniales et asiatiques, tant à l'acquittement que pour

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