‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 130 sur 1042 · TIGE · texte numérisé non relu

TIGE

— Objet mince et allongé : Une tige de fer. La tigk d'une plume.

— Fig. Objet qui donne naissance à des objets semblables, comme les branches naissent de la tige : Israël a été la tige sur laquelle s'est greffée la foi du genre humain. (Renan.) il Premier père duquel sont sorties toutes les branches d'une famille : Une tigk illustre. Sortir de la même tige. Abraham fut choisi pour être la tige de tous les croyants. (Boss.)

— Faire tige, Avoir une lignée,- des descendants. Il On dit plus ordinairement i-'airu souche.

— Arboric. Arbre d'un seul jet. Il Demi-lige, Arbre qu'on ne laisse croître qu'à 1 mètre ou lm,50 de hauteur. 11 Arbres à haute lige ou Hatttes tiges. Arbres fruitiers dont on laisse la tige s'élever, li Arbres à basse tige ou Basses tiges, Arbres dont on empêche la tige de s'élever.

— Aichit. Fût d'une colonne, il Sorte de branche qui part d'un fleuron et qui porte le fuuillage d'un rinceau d'ornement. Il Pied qui supporte la vasque, la coupe d'où jaillit l'eau d'une fontaine.

— Techn. Partie longue et cylindrique qui est entre l'anneau et le panneton d'une clef.

Il Corps d'un clou, partie comprise entre la tête et la pointe. Il Verge à laquelle est fixé le piston d'une pompe. H Arbre très-mince d'une roue de montre. Il Partie carrée située en dehors du tourillon d'un cylindre de laminoir, et sur laquelle sont fixés les organes intermédiaires du mouvement. Il Partie d'un flambeau qui va du pied jusqu'à la bobèche. 11 Partie d une botte qui enveloppe la jambe. Il Partie d'un bas comprise entre le pied et le genou. Il Carabine à tige, Carabine dont la culasse est munie d'une petite verge entre laquelle se tasse la poudre et sur laquelle pose la balle,

— Encycl. Bot. La tige constitue le système ascendant, ordinairement aérien, de l'axe du végétal ; croissant en sens inverse de la racine, elle semble se diriger vers l'air et la lumière et sert de support aux feuilles, aux fleurs et aux fruits, dans les plantes qui sont pourvues de ces organes. Presque tous les végétaux, si l'on en excepte les cryptogames inférieurs, ont une tige; mais souvent elle est si peu développée et tellement courte qu'elle semble ne pas exister; les espèces qui présentent cette disposition sont dites acaules. Certaines tiges, à cause de leur organisation spéciale et de leurs caractères extérieurs, ont reçu des noms particuliers; tels sont le chaume, le rhizome ou la souche, le stipe, le tronc, etc.

Sous le rapport de la consistance et de la durée, on distingue la tige herbacée, sonsligneuse ou ligneuse, d'où la division des végétaux en herbes, sous-arbrisseaux, arbustes, arbrisseaux et arbres. L>a.tige peut encore être solide ou pleine, flstuleuse, spongieuse, molle, ferme ou rigide, flexible, cassante, charnue, laiteuse, etc. Sous le rapport de la forme, on distingue la tige cylindrique, effilée, cannelée, comprimée, triangulaire ou trigone, quadrangulaire ou tétragone, pentagone, hexagone, anguleuse, noueuse, articulée, grêle, filiforme, etc. Enfin, la tige peut être simple ou rameuse, dichotome, trichotome; fouillée ou aphylla, écailleuse, ailée; unie, glabre, lisse, pulvérulente; glauque, maculée, ponctuée; rude, verruqueuse, subéreuse, striée, sillonnée, crevassée ou fendillée; rubescente, velue, laineuse, cotonneuse, soyeuse, ciliée, hispide, épineuse; droite, couchée, ascendante, volubile, etc.

La structure de la tige présente de trèsgrandes différences, suivant que celle-ci est herbacée ou ligneuse, et surtout suivantqu'on l'observe dans les dicotylédones ou dans les monocotylédones. Dans le premier de ces groupes, elle offre, de dedans en dehors, la moelle, le bois proprement dit, l'aubier, le liber, l'écorce, l'épidémie, les lenticelles, etc. Certaines fa mi lies ou certains groupes, comme les conifères, les lianes, etc., offrent même sous ce rapport des particularités remarquables. On trouve une tout autre structure dans les monocotylédones ou endogènes et les acotylédones ou cryptogames. Dans les premiers temps de son développement , la tige prend toujours une direction opposée à celle de la racine, c'est-à-dire verticale ou dressée ; mais souvent, elle est ensuite trop faible pour se soutenir ainsi par elle-même, et elle devient couchée, ascendante, traçante, grimpante ou volubile.

Les fonctions de la tige sont presque uniquement passives et se réduisent à peu près à celles qui intéressent la circulation ou les mouvemeuts de la sève. On en a tiré parti, dans la science, pour mieux approfondir certains points de physiologie végétale et, dans l'industrie, pour faire pénétrer dans le bois des substances salines qui modifient sa couleur, augmentent sa consistance et ses conditions de durée et le rendent propre à des usages plus variés. Nous devons ajouter toutefois que les jeunes écorces peuvent, jusqu'à un certain point, jouer le rôle d'organes d'absorption, de respiration ou de transpiration. Dans l'exposé qui précède, nous avons dû nous borner à un simple résume, tous les détails ayant été suffisamment développés dans des articles spéciaux, auxquels nous renvoyons.

TIÔË

11 nous reste maintenant, pour compléter ce sujet, a dire quelques mots des usages des liges. Celles de plusieurs vêgétau-x herbacés servent, avec d'autres organes, à la nourriture de l'homme pu des animaux; d'autres renferment des matières textiles ou colorantes, qui les font rechercher pour les arts industriels. Celles de la canne à sucre, du maïs, du sorgho, fournissent cette substance si répandue dans le commerce sous le nom de sucre. La tige des végétaux ligneux est presque entièrement constituée pur le bois, dont les usages sont si étendus et si multipliés dans les travaux "publics, l'industrie et 1 économie domestique. Beaucoup de ces bois sont utilisés par la teinture. Plusieurs écorces, notamment celle du chêne, des sumacs, etc., sont riches en tanin et en acide gallique el servent à la préparation des cuirs et des peaux. Sous le rapport des propriétés médicales, les tiges, les bois et les écorces occupent un rang distingué dans la thérapeutique. Enfin, dans la culture, les liges fournis sent un moyen très-usité de multiplication.

— Mécan. Les tiges forment, avec Jes ar bres, les pièces fondamentales du mouvement dans les machines ; elles affectent toujours le mouvement rectiligne. Elles sont généralement des pièces cylindriques en fer forgé, tantôt destinées à transmettre le mouvement d'un piston à vapeur, tantôt à mettre en, mouvement un piston de pompe. A cet effet, elles sont toujours terminées par deux têtes, dont l'une, conique, inférieure, se loge dans une douille de piston, l'autre cylindrique, supérieure, entre dans une douille ordinaire. Les tiges sont toujours soumises à. des forces parallèles à leur longueur et dont l'évaluation varie avec le genre de machine. S'il s'agit d'une tige de piston de vapeur et si l'on désigne par N la résultante de ces forces, par p la pression effective de la vapeur sur 1 mètre superficiel do piston (c'est la différence des pressions réelles sur les deux faces du piston), par S la surface de ce dernier, on a

N = Sp.

Soient R l'eiTurt résistant par unité do section qu'oppose la tige aux forces extérieures et u 1 aire de la section de la tige, on a

N = Ro; égalant ces deux relations, on a

Sp = Ko; d'où

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