SP
lu ;=; .
ce qui permet de calculer la section do la tige; on en déduit son diamètre
S'il s'agit d'une lige de pompe à double effet, aspirante et foulante, dont le piston est placé à une hauteur A au-dessus du niveau du liquide à élever et à une hauteur h' au-dessous du niveau auquel le liquide doit être élevé, la pression supérieure par unité de surface sera dfi! d'après la loi d'hydrostutique qui régit les variations de la pression en chaque point d'une pièce et qui consiste en ce qu'un liquide exerce sur un élément superficiel du vase qui le contient une pression égale au poids d'une colonne de même liquide qui aurait pour base cet élément superJiciel et pour hauteur la distance de cet élément au niveau supérieur du liquide. La pression inférieure sera — dh, d'où la pression effective sera pour ce cas la somme des deux pressions p = d[h + A').
Lorsqu'une tige est placée horizontalement, elle est, en outre, sollicitée à la flexion par son propre poids; cette flexion n'a cependant d'influence notable que pour les liges longues et minces. Soit / la longueur de la tige, v la distance du centre de gravité à la libre la plus éloignée, y- le moment fléchissant, I ie moment d'inertie ; la formule de résistance à, la flexion donne
Or, en ce cas,
et
lo poids de la tige par mètre couvant étant
égal
d' étant lo poids du mètre cube de fer
= 1,788), on aura
T.Wd'P
au milieu de la longueur, d'où l'on déduit
ot par suite
d'P 4N fj ^«b»'
2R TV Ui'^nR
Parmi les dispositions variées adoptées pour les ma jhines il vapeur, on donne le
TIGEÈ
nom de machines à tige-bielle à celles dont le but est d'éviter l'emploi d'un cylindre incliné pour le cas où Ut distance de l'arbre moteur au sol est comprise entre quatre et cinq fois le rayon de la manivelle. Ces machines sont de deux systèmes : 1<> celles dites à coffre ou à fourreau; 2° celles à couvercle mobile. Les premières consistent dans la substitution à la tige d'un cylindre creux, à section rectangulaire suffisante pour permettre l'oscillation de la bielle, qui s'attache alors directement sur le piston. Elles présentent un avantage spécialement appréciable dans la navigation, car elles exigent un très-faible poids de matière pour constituer un moteur très-puissant. Les secondes consistent a recouvrir d'un stuffing-box mobile la portion du couvercle qu'il faut rigoureusement percer pour permettre lès oscillations de la tige-bielle. Ces deux espèces de machines ont le défaut de nécessiter un raccourcissement de la course et une augmentation de diamètre au piston.
TIGE, ÉE adj. (ti-jé — rad. tige). Blas. Se dit des fleurs qui ont une tige, quand elles n'en ont pas ordinairement, et de celles dont la tige est d'un émail particulier. ; Le Febvre d'Ormesson : D'azur, à trois lis au naturel d'argent, feuilles et tiges de sinople.
TIGELLE s. f. (ti-jè-!e — dimin. de tige). Bot. Partie supérieure de l'axe de l'embryon, qui doit, en se développant, donner naissance à la tige : La tigellk est visible avant la germination dans la fève. (Th. de Berneaud.)
TIGELLÉ, ÉE adj. (ti-jèl-lé — rad. tigelte). Bot. Qui ost muni d'une tigelle.
T1GELL1N (Sofenius Tigellinus), favori de Néron, mort en 69 de notre ère. Il ne doit qu'à son infamie la place qu'il tient dans 1 histoire. Il était d'une naissance obscure et sa jeunesse ne présente qu'une suite de débauches. Exilé par Caligula (39) pour le scandale de son commerce avec Agrippine, rappelé par Néron à cause même de sa dépravation, il acheva de le corrompre, eut le commandement d'une partie des prétoriens après la mort de Burrhus, participa à toutes les cruautés de l'empereur, favorisa sa passion pour l'indigne Poppée, déploya la plus cruelle activité contre les complices de Pison et fut nommé préfet du prétoire. Il suivit Néron en Grèce et l'encouragea dans toutes les folies qui achevèrent de le perdre dans l'esprit du peuple; mais lorsqu'il vit la fortune tourner contre son maître, non-seulement il l'abandonna lâchement, mais encore il opéra la défection des prétoriens qui força l'empereur à se donner la mort. Grâce à cette trahison et à l'argent qu'il prodigua à un affranchi de Galba, il parvint à échapper U la mort sous ce prince , mais il perdit sa charge de préfet. Peu après, il se retira dans une campagne près de Sioùesse. C'est là qu'il se trouvait lorsque Otlion, ayant été élevé sur le trône par les prétoriens, résolut de frapper un homme devenu l'objet de l'horreur universelle. Il lui envoya l'ordre de se donner la mort, et Tigellin dut se couper la gorge avec un rasoir. Néron lui avait fait élever deux statues, l'une dans le Forum, l'autre dans le palais impérial. Personne n'avait poussé si loin que Tigellin tous les raffinements de la débauche. On sait que lorsque Rome fut réduite en- cendres, ce fut dans les jardins du favori de Néron que commença l'incendie, ce qui a fait croire que l'empereur n'était pas étranger à ce terrible événement.
TIGELLULAIRE adj. (ti-jèl-lu-lè-re — rad.
tigellule). Bot. Qui aies caractères des tigellules.
TIGELLULE s. f. (li-jèl-lu-le — dimin.de tigelle). Bot. Très-petite tige.
TIGEOl) (Jacques), théologien français, né dans l'Anjou, mort à Meiz en 1593. 11 se fit recevoir docteur en théologie à Reims, puis devint chanoine de Metz et chancelier du chapitre. On lui doit : Réponse à ceux qui demandent à vive en liberté de conscience, prouvant amplement que les hérétiques doivent être contraints par les lois et ordonnances d'embrasser et suivre l'union catholique (Paris, 1,573, iu-4°), ouvrage d'une odieuse intolérance; une traduction des Œuvres de saint Cyprien (1574, in-fol.); la traduction de la Conjonction des lettres et des armes des deux très-illustres princes lorrains Charles, cardinal de Lorraine, et François, duc de Guise, par N. Bouclier (1579, in'4"), etc. 11 a collaboré ù l'Histoire de ta vie, mort, passion et miracles des saints {Paris, 1579, 3 vol. in-fol,),
TIGERON s. in. (ti-je-ron — dimin. de tige). Techn. Tige très-courte, qui fait partie de l'axe d'une roue ou d'un balancier d'horlogerie.
TIGETTE s. f. (ti-jè-te — dimin. de tige). Archit. Espèce de tige ornée de feuilles, d'où sortent les volutes, uans le chapiteau corinthien.
T1G11E (Marie), femme de lettres anglaise, née en 1773, morte en 18H. Elle était fille d'un ecclésiastique irlandais et épousa, en 1793, un de ses parents, Henri Tighe de Woodstock. En 1805, elle publia un poème intitulé Psyché, qui a pour base l'épisode de Cupidon et Psyché dans l'Ane d'or d'Apulée, et qui est remarquable autant par la beauté des descriptions, la délicatesse et la pureté des
TIGN
sentiments qui y sont exprimés et le chrirmant dénoûment que l'auteur a su amener, que par la force de l'imagination poétique et par l'harmonie des vers. Ce poBme se trouve aussi dans un recueil publié après la mort de l'auteur et qui renferme, en outre, différentes pièces de poésie.
TIGLAT-PILESEB, roi d'Assyrie. V. TÉglath-Phalasak.
TIGLINE s. f. (ti-gli-ne — rad. tiglium). Chim. Matière extraite du croton tiglium.
TIGLIUM s. m. (ti-gli-omm). Bot. Espèce de croton.
TIGNASSEs. f. (ti-gna-se;j?nmll. — Ce mot est probablement de là même famille que teigne, teigneux, et désigne sans doute proprement une chevelure teigneuse, une mauvaise perruque). Coiffe enduite d'onguent dont on recouvre la tète des teigneux.
— Fam. Mituvaise perruquo : Il y a laissé sa TIGNASSE. Il Chevelure longue et mal peignée.
— Par ext. Feuillage informe, ébouriffé : Par intervalles, de farouches tignasses d'ormeaux apparaissent brusquement à la clarté. (V. Hugo.)
TIGNES, village de la Savoie, au confluent de l'Isère et de deux torrents qui descendent, l'un du lac de Tignes, l'autre du col de la Colette, à 1,093 mètres d'altitude ; 1 ,037 hab. « En -hiver, dit M. Ad. Joanne, les habitants demeurent dans leurs écuries, à demi enterrés dans le sol. En face de Tignes, un torrent se précipite le long d'un rocher à peu près vertical et forme une puissante cascade. » Aux environs, carrières de marbre blanc non exploitées.
TIGNOL s. m. (ti-gnol ; gn mil.). Pêche. Petit bateau employé sur les côtes de Bretagne pour pêcher a la fouane.
TIGNON s. m. (ti-gnon ; gn mil.). Autre forme du mot CHIGNON.
TlGNONNER v. a. ou tr. (ti-gno-né; gn mil. — rad. tignon). Boucler, friser les cheveux, le tignon de : Tignonnuk une femme.
Se tiononner v. pr. Relever, boucler, friser son tignon : Elle passe des heures entières
à SB TlGNONNER.
— Se saisir par le tignon, se prendre aux. cheveux.
TtGSONVILLE (Guillaume, sire de), prévôt de Paris, mort en 1414. C'était un homme de beaucoup d'esprit et de savoir, qui devint successivement conseiller, chambellan de Charles VI et prévôt de Paris (1401). Il remplissait ces fonctions lorsque, en 1407, deux éeoliersclercs de l'Université de Paris s'étant rendus coupables de vol et d'homicide, il les lit arrêter, offrit à l'Université de les juger elle-même et, sur le refus de celle-ci de les reconnaître pour siens, les condamna à être pendus. Mais le duc de Bourgogne, qui avait dus motifs de haine personnello contre le prévôt, excita contre lui les étudiants de la nation de Normandie, à laquelle appartenait un des assassins. Bientôt, toute l'Université sa souleva, suspendit ses cours et demanda la destitution do Tignonville. Le roi, devant cette manifestation, destitua le prévôt et le remplaça par Pierre des Essarts, créature du duc de Bourgogne (1408). Peu après, néanmoins, de Tignonville fut nommé président de la chambre des comptes. 4 !a demande de Charles VI, il imita en français un livre intitulé De dictis et factis memarubilibus phitosopkorum , attribué à Guillaume de Somerset. Cette imitation, très-goûtée des contemporains, fut publiée sous le titre de Dicts muraulx des philosophes et premièrement des Sedechias (vers 1475, in-fol.).
TIGNONVILLE (Jeanne de), maltresse de Henri IV, qui descendait probablement du prévôt du même nom et vivait au xvic siècle. On sait peu de chose d'elle, surtout de sa naissance et de ses premières années. Dreux du Radier lui a forgé une généalogie qui semble toute de fantaisie. Il vaut mieux s'en tenir, à ce que dit Berger de Xivrey. Suivant cet érudit, elle se nommait Jeanna du Monceau de Tignonville et elle était tille de Lancelot du Monceau de Tignonville et de Marguerite de Selves. Sa mère était gouvernante de Madame , soeur du roï de Navarre , et c'est chez cette princesse que le Vert-galant vit Jeanne toute jeune encore, presque enfant. Or, il venait de rompre définitivement avec Mmû de Sauves; c'était vers 1576, c'est-ii-dire longtemps avant l'avénemeut de Henri au trône de Franco.
Voici ce que d'Aubigné dit dans ses Mémoires à propos de Jeanne de Tignonville : « De là , dit-il , le roi de Navarre lit son voyage en Gascogne..., sur ce point étant commencées les amours du jeune roi et de la jeune Tignonville, qui résista vertueusement à ses poursuites tant qu'elle fut fille. Ce prince voulut m'engager a être son entremetteur dans cette intrigue , persuadé que rien ne m'estoit impossible ; mais quelque vicieux que je fusse en d'autres choses et quoique je n'eusse peut-être pas refusé ce service à un mien compagnon, je pris par pur caprice une telle aversion pour cet emploi et le nom de ruiien, que je qtialifiois vice de besace, que je ne voulus jamais en cela complaire à mon maître, quoiqu'il me fît d'infinies caresses et promesses pour m'y engager jusqu'à se met-
TIGR
tre a gonoux devant moi las mains jointes afin de m'exciter a avoir cette complaisance pour lui. »
Mlle de Tignonville épousa, en 1581, François-Léon-Charles, baron de Pardaillan, comte de Pangeas, conseiller d'Etat, chambellan ordinaire du r.oi, chevalier de son ordre, gouverneur de l'Armagnac. C'est celui que Madame, sœur du roi, dont sa femme était dame d'honneur, appelle quelque part, selon Gully, « ce gros buffle de Pangeas. •
«Aussi opiniâtre que d'Aubigné, mais moins désintéressée, dit l'historiographe des amours du roi Henri, la jeune Tignonville avait persisté à attendre du mariage le droit d'avoir un amant; elle avait conservé sa réputation pour la mieux compromettre. La baronne do Pangeas répara, aux dépens du baron, les torts de M"° de Tignonville. Nous ne connaissons pas d'autres témoignages de cette fugitive passion que quelques ligues de Sully et de LaBeaumelle. On ne put convenir que d'une trêve, dit Sully, pendant laquelle le roi de Navarre alla eu Béarn, voir la princesse sa sœur, ou plutôt la jeune Tignonville dont il était amoureux, »
TIGNY (Martin Grostbte de), naturaliste français, né à Orléans en 1736, mort en 1799. Après avoir servi pendant quelques années, il succéda a sou père comme trésorier de France. Pendant ses loisirs, il s'occupa de botanique, puis à peu près exclusivement d'entomologie. Aidé par sa femme, qui partageait ses goûts, il forma une magnirique collection d'insectes indigènes. M°>8 Tigny , après avoir mis en ordre cette collection, entreprit d'écrire V Histoire naturelle des insectes pour faire suite à l'édition de Bufîoii abrégée pur Castel, et Brongniart composa l'introduction deeetouvrage,publiéeni80l (10 vol.
in-12). Cet ouvrage, estimé et plusieurs fois réédité, parut sous la nom da Tigny, et non sous celui de sa femme.
TIGIÎANE ou D1KRAN I", roi d'Arménie, de la dynastie des Haïganiens, mort en 580 av. J.-C. I! succéda en 565 à son père, Erovant Ier. C'était un prince doué de qualités brillantes et qui le premier fit connaître sa nation aux peuples étrangers. Cyrus, forcé do fuir les persécutions d'Astyage , roi des Mèdes, étant venu lui demander asile, il l'accueillit favorablement , se Ha avec lui d'amitié et lui donna en mariage une do ses sœurs. Bientôt après les deux princes firent la guerre au roi des Mèdes, qui voulait se défaire de l'un et de l'autre, le vainquirent à plusieurs reprises et, d'après Moïse de Khoran, Tigrane dans une dernière bataille tua Astyuge de sa propre main. Le roi d'Arménie fit alors monter Cyrus sur la trône deMédie, l'aida à combattre les rois de Lydie et de Babylone, dont ils se partagèrent les dépouilles et ajouta à ses possessions le Caucase, la Géorgie, la Cappadoce et l'Albanie. On lui attribue la fondation de la >ille da Tigranocerte.
T1UIUNE ou MKRÀN II, dit le Grand, roi
d'Arménie, de la fumille des Arsacides, mort en 36 avant J.-C. Il était fils d'un des plus grands princes de l'Arménie, Ardasehès I°r à qui il succéda en 89. C'était un prince plein d'ambition et de courage, qui eût fondé un grand empire s'il n'était venu échouer contre la formidable puissance romaine. Après avoir étendu sa domination sur les provinces voisines de l'Arménie , il conquit successivement la Syrie, la Célésyrie, la Mésopotamie, l'Atropatène , une partie do l'Asie Mineure et prit le titre de llol de» rai». Ayant épousé Cléop&tre , fille de Miihndate, roi de Pont, il rétablit sou beaupère dans lu Cappadoce, que les Romains lui avaient enlevée. Mais bientôt Mithridute , ayant battu les Romains, déplut par son orgueil uu roi d'Arménie , qui se regardait comme le monarque de l'Orient. Aussi Tigrane ne l'aida que faiblement dans ses nouvelles guerres et si, après sa défaite, il lui donna un asile, il refusa du moins de le voir. Toutefois, lu lierlô avec laquelle Lucullus vint réclamer Muhridate, réconcilia le roi d'Arménie avec sou beau-père. Tigrane rôsûlut de le venger et réunit une armée considérable; mais la fortune tourna contre lui at .Lucullus le battit à plusieurs reprises (89-68). L'hiver ayant suspendu les hostilités, Tigrane en profita pour reprendre ses anciennes provinces, et il commençait à rétablir ses affaires lorsque sou propre fils, Tigrane, so révolta contre lui, passa du côté des Romains et conduisit Pompée au coeur de l'Arménie (GO). Se voyant perdu, le vieux roi se rendit auprès do Pompée et se jeta à ses pieds. Le général romain lui laissa le titre de roi avec l'Arménie et la Mésopotamie, mais lui enleva la Syrie, la Cappadoce, la petite Arménie, la Phénicie et lui imposa une énorme contribution de guerre. Depuis ce moment jusqu'à sa mort, il fut le fidèle allié des Romains et, dans les dernières années de sa vie, il associa ù son pouvoir son iils Artabaze ou Artavasde, qui lui succéda.
TIGUANE 111, roi d'Arménie, petit-fils du précédent, mort vers l'an 6 avant J.-C. Fait prisonnier avec son père Artavasde, il fut conduit par Marc-Antoine ou Egypte, où il passa son enfance, puis envoyé à Komo après la bataille d'Actium. Auguste consentit à le plaiiersur la trône d'Arménie; mais, devenu roi, Tigrane ne voulut pas consentir a être
TIGR
l'instrument docile des Romains. Il s'allia contre eux avec les Pannes et mourut au moment où une armée romaine marchait contre lui.
T1GRANE IV, roi d'Arménie, fils du précédent, mort l'an 2 avant J.-C. Il succéda à son père et s'efforça de défendre l'indépendance de son pays. Exclu du trône par les Romains, il rentra en Arménie avec le secours des Parthes, chassa Artaverde, qui s'était fait proclamer roi, et périt dans une expédition contre une peuplade limitrophe de son pays.
TIGRANE V, roi d'Arménie, mort en 34 de notre ère. Il était petit-fils d'Hérode, roi de Judée. Il futélevé dans les idées polythéistes, à Rome, puis nommé par les Romains roi ou plutôt gouverneur de la Judée ; ayant entretenu des intelligences avec les Parthes, il fut mis à mort par ordre de Tibère.
TIGRANE VI, roi d'Arménie, qui vivait au ier sièula de notre ère. Neveu du précédent, il fut élevé à Rome et nommé pur Néron roi d'une partie de l'Arménie, en remplacement de Tiridate vaincu pur Corbulon ; mais les Arméniens, soutenus par les Parthes, le chassèrent en 61 et rappelèrent Tiridate.
TIGRANE VII, roi d'Arménie. Il succéda à son frère Diran vers 142. Pendant son règne, qui dura vingt ans, il ne fit rien de remarquable et fut renversé en 161 par Lucius Verus.
TIGRANE VIII, roi d'Arménie, au commencement du ve siècle. Fils d'Arsuce IV, il lui succéda comme roi d'Arménie vers -408, concurremment avec son frère Arsace. Des dé- .nélés s'étant élevés peu après entre les deux frères, Tigrane céda ses droits au roi de Perse, Arsace céda les siens à l'empereur Théodose, et l'Arménie fut démembrée après de longs troubles.
TIGRANOCEUTE , ancienne ville de la Grande-Arménie, fondée par le fils de Mithridate, Tigrane 1er. Ce prince la peupla k l'origine de 300,000 prisonniers et la choisit pour capitale. Cette ville, très-forte, acquit une grande importance, qui décrut rapidement après que Lucullus s'en fut emparé (G9 av. J.-C). Sur son emplacement se trouve, selon les uns, Kard-Amid, selon d'autres Sert.
TIGRE s. m. (ti-gre — latin et grec iigris. Ce mot, venu eu Grèce de l'Orient, parait être d'origine aryenne. Benfey, s'appuyant de témoignages anciens qui donnent le sens do flèche au fleuve du Tigre, à cause de sa rapidité, rapporte tigris à une forme zend hypothétique tighra, de la racine sanscrite tir/, aiguiser, avec le sens secondaire de rapide.) Mutmn. Grand mammifère du genre chat :
TiGRud'Afrique. Tigre d'Asie. Peau de tigre. Le tigre fait mouvoir ta peau de sa face, grince des dénis, frémit, rugit. (Bulf.) Un seul tigrb échappé de la forêt suffit pour alarmer tout un peuple, (Buff.) La peau des tigres est très-eslimée en Chine (E. Desmarest.) Le tigre, quoique rassasié de chair, semble toujours, altéré de sang. (V. de Boniare.) Il Tigre noir, Tigre rouge, Noms vulgaires de deux espèces de couguar. Il Tigre chasseur, Nom vulgaire du chat à crinière. Il Tigre barbet ou frisé. Nom vulgaire du guépard. || Tigre chat. Nom vulgaire du serval et de l'ocelot. Il Tigre loup, Nom vulgaire de l'hyène, il Tigre des Iroquois, Nom vulgaire du couguar. Il Tigre du Brésil, Nom vulgaire du juguar. Il Tigre marin, Nom vulgaire d'une espèce de phoque.
— Fig. Homme impitoyable, cruel: C'est un tigke, un vrai tigre. C'était un tigke quand lu colère le dominait. (Le Sage.)
Tigre altéré de sang qui me défends les larmes !
, Racine.
Ah 1 barbare ennemi, tigre que je caresso !
Voltaire.
— Groom de très-petite taille: Il résolut d'avoir un élégant cabriolet et le tigre obligé. (Balz.) Le jeune monsieur de Soûlas ne pouvait se dispenser d avoir un tigre. (Balz.) Une draperie se souleva, et un diminutif de groom, ce qu'on appelle un tigre en Angleterre, montra sa taille de petit Pouce? et sa livrée rouge galonnée d'or. (P. Féval.)
— Etre jaloux comme un tigre, Etre jaloux jusqu'à la rage.
— Astron. Fleuve du Tigre, Petite constellation située entre les constellations du Tigre et du Serpentaire.
— Erpét, Nom vulgaire d'un python du Bengale.
— Icuthyol. Nom vulgaire d'une espèce de squale qui vit dans les mers de l'Inde et de la Chine : Le tigre a, des appendices vermiformes aux narines' (V. de Boniare.)
— Entom. Tigre puce, Tigre punaise ou simplement Tigre, Nom vulgaire du tingis du poirier. Il Tigre de l'asperge, Nom vulgaire du criocère de l'asperge.
— Moli. Nom vulgaire de deux coquilles des genres cône et volute,
— Hortic. Maladie qui attaque la tige des arbres.
— Adjectiv. Syn. de tigré : Cheval tigre. Chien tigre.
— Encycl. Mairan. Le tigre a pour caractères spécifiques : le corps tres-allongé, les jam-
TIGR
bes courtes ; la tête petite; la queuetrès-tongue ; le pelage assez ras, à l'exception des côtés des jambes, qui sont garnis de grands poils ; les parties supérieures du corps d'un jaune fauve; le bout du museau, le cou, les joues, la face interne des oreilles, la gorge, la poitrine et le ventre d'un beau blanc ; des bandes noires transversales en nombre variable de vingt à trente, assez étroites, partent de la ligne moyenne du dos et s'étendent parallèlement entre elles sur les flancs; la queue est marquée de quinze anneaux noirs, sur un fond blanc jaunâtre ; les premiers anneaux se partagent en plusieurs lignes; il existe quelques bandes transversales et doubles sur la face externe des pieds de derrière ; deux ou trois bandes obliques sur les pieds de devant, à la face externe et à la face interne; quelques mouchetures noires sur le fond et le dessous de l'œil ; les papilles sont rondes, La femelle ne diffère pas du mâle. Les individus de moyenne taille ont une longueur de 111,50 depuis le bout du museau jusqu'à la naissance de- la queue; celle-ci a près de 1 mètre ; leur hauteur moyenne est de 0m,70; mais on connaît des individus beaucoup plus grands. Les jeunes individus présentent la même disposition de couleur que les adultes, mais en diffèrent par leurs nuances, le blanc étant mêlé de gris, le noir de brun, et le jaune d'une teinte plus obscure.
Ce carnassier, qui depuis longtemps porte le nom de tigre royal, était le tigris des Romains, qui le virent pour la première fois dans le cirque sous le régne d'Auguste, et il a été cité par plusieurs naturalistes. Aristote en dit quelques mots, et Pline raconte une histoire fabuleuse sur la manière dont on parvieutà s'emparer de ses petits. Dans les temps modernes, Buffon, Lacépède, F. Cuvier s'en sont occupés.
11 habite le Bengale, le royaume de Siam, celui du Tonquin, la Chine, Sumatra et en général toutes les contrées de l'Asie méridionale situées au delà de l'Indus et s'étendant jusqu'au nord de la Chine. On a cherché à y former plusieurs espèces particulières, ou tout au moins des variétés distinctes, qui ne différent que par quelques variétés de la coloration de leur pelage; c'est ainsi que Lesson y distingue le felis tigris mongolica, propre à la Mongolie et à la Boukarie, aux steppes des Kirghiz, etc.; nigra, de Sumatra, et alba : lu première noire et la seconde blanchâtre. Ce n'est qu'avec douta que l'on doit regarder comme simple variété delà même espèce le tigre ondulé, dont les tâches noires, au lieu de former des lignes transversales, se recourbent pour enceindre de grandes taches d'une eouleur plus claire; cet animal a vécu trois ans à Londres, où il avait été amené de Canton. La force prodigieuse et les goûts sanguinaires du tigre en ont fait la terreur des pays qu'il habite. Excepté l'éléphant, aucun animal ne. peut lui résister. Il emporte un bœuf dans sa gueule en fuyant et l'éventre d'un coup de griffe. On ne saurait peindre sous de trop vives couleurs sa férocité, les ravages qu'il cause, l'effroi qu'il inspire; mais tout ce qu'on a dit de son naturel intraitable, de la fureur qui l'agite sans cesse; du besoin insatiable qu'il a de répandre le sang, de son insensibilité aux bons traitements, de son ingratitude envers ceux qui le soignent, n'est qu'un tissu d'exagérations ou d erreurs; sous tous ces rapports, le tigre ressemble aux autres chats. En général, #n l'apprivoise aussi aisément que le lion; il devient très-familier avec ceux qui le nourrissent, et il les distingue de toutes les autres personnes ^lorsqu'il n'a aucun besoin et qu'on ne l'effraye pas, il reste très-calme, et, dès qu'il est repu, il pusse presque entièrement son temps à dormir; il aime à recevoir des caresses et il y répond d'une manière très-douce et très-expressive; il ressemble beaucoup dans ce cas au chat domestique ; il voûte de même son dos, fait à peu près le même bruit, se frotte de la même manière, en un mot a les mêmes dispositions naturelles. Notre ménagerie du Muséum en a possédé plusieurs, et tous se ressemblaient pour les mœurs, comme par les proportions du corps, la grandeur et le pelage. On a vu k Londres un tigre mâle et un tigre femelle s'accoupler et produire. Lu portée fut de cent et quelquesjours.
Le tigre qu'on voyait en 1835 k la ménagerie de Paris s'était promené, dit-on, librement sur le pont du navire qui l'amenait er. France. Les mousses dormaient entre ses jambes, la tête appuyée sur ses flancs, gui leur servaient d'oreiller. On a vu à Francfort un très-beau tigre que son maître avait habitué à faire divers exercices, et tout le monde sait que les dompteurs Martin, Hermann et plusieurs autres entraient dans lu cage de plusieurs de ces animaux et les caressaient, les contrariaient même, sans qu'il en soit jamais résulté d'accident. Chez les anciens, Héliogabale se fit voir dans le cirque, placé dans un char traîné par deux de ces carnassiers. Le tigre est loin d'avoir ce courage indomptable que beaucoup d'auteurs lui attribuent. Quand il s'approche d'un village pour y ravir sa proie, il est tapi contre terre, s'avance en rampant et fuit au moindre bruit. Son courage ne se montre pas mieux lorsqu'il est attaqué ouvertement. On trouve dans le Voyage des Jésuites à Siam le récit du combat d'un tigre contre des éléphants, dans lequel l'animal féroce se laissa vaincre,
' TIGR
pour ainsi dire, sans se défendre; il chercha d'abord à faire quelque résistance ; mais, dès qu'il sentit le danger, il se tint dans le plus grand éloignement de ses ennemis, qui le tuèrent bientôt après sans aucune peine. Gr.uidpré rapporte avoir vu un tigre s'élancer à l'eau et s'avancer à la nage pour attaquer et enlever un homme de son équipage. La peau du tigre est très-estimée, surtout en Chine, où les mandarins militaires en couvrent leurs chaises dans les marches publiques. En Europe, ces peaux, quoique rares, n'ont pas un prix très-élevé. Au reste, c'est la' seule utilité que l'on puisse retirer de cet animal.
— Entom. V. tingis.
— Iconogr. Le tigre figure presque toujours dans les peintures et les bas-reliefs antiques représentant le Triomphe de Bacchus; d'ordinaire, le char de cedieu est traîné par des tigres. Quelquefois, on voit Bacchus ou une bacchante faisant manger des raisins k un tigre ou à une panthère. Ces divers sujets indiquent, suivant les mythographes, que les caractères les plus terribles, les plus indomptables, sont subjugués par l'ivresse ; d'autres pensent que la présence des tigres dans les fêtes bachiques signifierait que l'excès du vin nous porte à la fureur. Le tigre a été donné pour attribut k la Colère étala Cruauté. Un tigre déchirant un cheval était, chez les Egyptiens, l'image de la vengeance la plus cruelle.
Au musée du Vatican, dans la salle des Animaux, il y a deux beaux groupes de marbre antique, dont l'un représente un Tigrequi déchire un agneau, et l'autre un Tigre furieux tenant une proie; ce dernier ouvrage a été trouvé dans la villa d'Adrien, à Tivoli. Les sculpteurs modernes ont excellé dans les représentations de ce genre. Dans les jardins de Versailles, sur le bord d'un bassin, on voit un assez beau groupe d'un Tigre terrassant un ours, qui a été modelé par Jacques Houzeau et fondu en bronze par les Keller. Nul n'a égalé Barye pour rendre la souplesse dé mouvement et les divers caractères du tigre. Nous avons consacré un article spécial au chef-d'œuvre que ce maître a exposé au Salon de 1831 sous le titre de Tigre dévorant un crocodile, et qui appartient a l'Etat ; M. Lenormaut a dit de ce groupe : « La vérité de ce morceau est telle qu'on se sent poursuivi, après l'avoir vu, par une odeur de ménagerie. Tout est original et fort dans ce morceau, qu'on peut comparer aux plus parfaits ouvrages qui nous soient restés de l'antiquité dans ce genre... Je ne ferai qu'un bien léger reproche à M. Barye, c'est d'avoir choisi pour son crocodile une espèce k nez bossu dont le caractère n'est peut-être pas assez régulier. Il faut laisser, je crois, à la nature ces jeux bizarres de formes dont elle abuse si souvent. Ce qui fait la joie du zoologue ne doit pas être recherché de même par le sculpteur. » Le reptile dont il s'agit ici est un gavial. Deux groupes en pierre, de proportions colossales, représentant l'un et l'autre un Tigre déchirant un cerf, ont été sculptés par Barye pour la décoration de la grille monumentale du palais de Longchamp, à Marseille ; ils sont d'une grandeur de style et d'une vérité admirables. On connaît encore, de Barye, plusieurs petits bronzes représentant des tigres; un Tigre qui marche, un Tigre surprenant une gazelle, un Tigre dévorant unegaselle, un Tigre dévorant une antilope, etc.; on a vu figurer aussi à l'exposition posthume du maître des peintures k l'huile et de superbes aquarelles représentant des Tigres au repos, un Combat de tigres, des Tigres couchés, un Tigre enlacé par in* boa, un Tigre sur lepoint d'attaquer un serpent, un Tigre altéré, un Tigre en marche, un Tigre dévorant un homme, etc.
Divers sculpteurs de notre temps ont cherché k imiter Barye dans la représentation des tigres, mais bien peu l'ont égalé. Fratin a exposé au Salon de 1836 un Tigre terrassant une proie, de qui Gustave Planche a dit : « Le Tigre de M. Fratin a dans la tête l'expression d'un portier mécontent. Ce n'est pas précisément une tête humaine, à coup sûr ce n'est pas une tête de tigre. » Au Salon précédent (1835), Fratin avait exposé un Tigre terrassant un jeune chameau. Un beau Tigre à l'affût a été exposé par M. A. Jacquemart au Salon de 1850. M. Ed. Delaurierre a sculpté un Tigre royal déchirant un jeune crocodile (Salon de 1852), un Tigre aux prises avec un serpent (Exposition universelle, 1855), un Tigre du Bengale (Salon de 1S65). D'autres tigres ont été sculptés par M-M. Hipp. Heizler (Salon de 1865), Louis Vidal (Salon de 1867), Isidore Bonheur (Salon de 1868), etc. Une Famille de tigres, groupe colossal exécuté par M. Auguste Caïn et exposé au Salon de 1873, est une œuvre digne d'éloge; elle appartient à l'Etat.
La robe bigarrée et les allures ondoyantes du tigre ont séduit plus d'un coloriste. On voit au musée de Dresde un tableau de Rubens représentant des Tigresses et leurs petits. W. Hollar a gravé d'après le même maître des Tigres et des enfants. Eugène Delacroix a exposé au Salon de 1831 une superbe étude de Tigres. Nous avons décrit au mot combat un très-beau tableau de Decamps, le Combat d'un tigre et d'un éléphant.. Henri Régnai^ l'auteur de la Salamé, a fait des études de Tigres d'une énergique couleur.
TIGR
Onaremarqué un Tigre buvant (Salon de 1868) et un Tigre (Salon de 1870), tous deux de Lançon. Des Chasses au tigre ont été gravées par R. Earlom (d'après Zoffani), J.-J. Filipart (d'après F. Boucher), Th. Landseer (d'après Trench), etc. Citons entin une gravure de J. Huerlimann d'après Ledieu (1834), représentant un Cheval sauvage surpris par des tigres.
Tiçre dévorant un crocodile, groupe de
M. Barye. V. combat d'un tigre et d'un crocodile.
Tigre et l 'éléphant (lk), tableau de Decamps. V. combat d'un tigre et d'un ÉLÉ- PHANT.
Tigre (le), pamphlet de Fr. Hotman. V.
EpÎtre au Tigre de France.
TIGRE (du latin Tigris, grec Tigris. Les anciens nous apprennent que ce nom signifie flèche et qu'il était donné au Tigre k cause de sa rapidité, ainsi que nous l'avons expliqué on donnant l'étymologie du quadrupède de même nom), fleuve de la Turquie d'Asie, appelé Didjteh pur les Turcs. Il descend du versant méridional de la chaîne du Taurus (Arménie), coule au S.-E., parallèlement à l'Èuphrate, arrose l'eyu le t de Bagdad, qu'il traverse dans toute sa longueur, forme plusieurs îles, communique par deux canaux avec l'Euphrate et se joint à ce fleuve à Korna, pour former le Chât-el-Arab, après un cours d'environ 1,250 kilom. Les eaux réunies du Tigre et de l'Euphrate se jettent " dans le golfe Persique. Le Tigre reçoit comme tributaires les eaux qui découlent des monts du Kurdistan , le grand Sub ou Mechnoun, le petit Sab ou Altunsuji, l'Odorneh, le Diala, le Kerah, le Khabour, etc. Les principales villes qu'il arrose sont Mossoul, Bagdad et Korna. Les eaux du Tigre sont généralement très-rapides, se grossissent considérablement en avril, par suite de la fonte des neiges de l'Arménie, et en novembre, lors des pluies périodiques de ce pays. Il est navigable au-dessus de Bagdad pour de petits navires et facilite le commerce entre cotte ville et Mossoul. Les Orientaux regardent le Tigre comme la principale source du Chât-el-Arab, et une de ses sources porto chez eux le nom de Chat, c'est-à-dire fleuve par exce'lence. Ce fleuve est un des quatre que l'on faisait naîire dans l'iiden ou paradis terrestre. Il fut surtout célèbre dans l'antiquité pour avoir eu sur ses bords les villes de Ninive, de Séleucie et de Ctésiphon.
TIGRE ou PIG'JENA, rivière de Colombie (Nouvelle-Grenade). Elle prend sa source dans le département de l'Equateur, sur le versant oriental des Andes, coule au S.-E. et va se perdre#dans la Tnnguragua, après un cours d'environ 500 kilom.
TIGRE, fleuve du Mexique. Il naît dans l'Etat de Cohahuila, traverse ceux de Léon et de Tamaulipas et se jette dans le golfe du Mexique, non loin du lac Madré.
TIGRE ou SIKIANG, un des principaux cours d'eau de la Chine méridionale. 11 naît dans la province de Kouang-si, coule k l'Ë., reçoit les eaux du Houg-kiang ou Teienkiang et du Pe-kiang, et se jette dans le golfe de Canton par plusieurs bras qui forment un grand nombre d'îles. Les Portugais ont donné à une partie du golfe de Canton le nom encore usité de Bocca Tigris ou embouchure du Tigre.
TIGRÉ, ÉE (ti-gré) part, passé du v. Tigrer. Moucheté comme la peau d'un tigre : Fourrure tigrée. Cheval tigré. Chien tigré. Ce vêtement était tigré de taches profondes.
(Fr. Soulié.)
TIGRÉ (royaume de), contrée de l'Abyssinie, dans le bassin du Tacazzé, entre le pays des Changallas, ceux de Daukali etd'Arkiko, le pays des Gallas, le royaume d'Amhara et la Nubie, par no°-16<> de latit. N. et par 340-39» de longit. E. ; 450 kilom. sur 400. Ch.-L, Axoum. Sa surface est entrecoupée de chaînes de montagnes élevées et de vallées de l'aspect le plus pittoresque, arrosées par un grand nombre de rivières et de torrents, parmi lesquels on remarque surtout le Tacazzé, le Mareb et l'Angrah, qui toutefois n'y ont qu'une partie de leur cours. Le sol y est en général si fertile, que deux ou trois labours suffisent pour mettre une terre en friche en plein rapport. Les terres cultivées s'étendent particulièrement le long des rivières et des ruisseaux ; on y recueille du blé, de l'orge, des fèves, beaucoup de coton, des pommes de terre et des fruits en abondance. On y élève du gros et du menu bétail, des chevaux d'une belle espèce, des porcs et de la volaille. Parmi les animaux sauvages qui abondent dans cette contrée, nous citerons le léopard, qui fait de grands ravagea dans les troupeaux, le singe et le porc, qui tous les deux sont très-nombreux dans le voisinage des montagnes et portent la dévastation dans les champs cultivés. Il y existe un grand nombre de reptiles et de serpents qui atteignent des dimensions prodigieuses. Les oiseaux de proie y sont très-communs. L'abondance du coton y a fait adopter pour monnaie courante des pièces de cotonnade dont les plus longues sont de la valeur de 5 francs. Le Tigré est placé sous l'autorité
TIGR
d'une foule de petits chefs , toujours en guerre entre eux, et qui sont un véritable néa,u pour la contrée.
TIGRER v. a. ou tr. (ti-gré — rad. tigre). Orner, marquer de mouchetures semblables à celles de la peau du tigre : Tigrer une fourrure, une peau, TrGRKR une étoffe, un ta- ■ pis. Il fallait avant tout nous débarrasser des puces gui tigeaient de leurs piqûres les plis de nos pantalons blancs. (Th. Gaut.)
TIGRERIE s. f. (ti-gre-rî — rad. tigre). Fam. Caractère de tigre, cruauté comparable à celle du tigre :
Dieux I que j'aime la tigrerie!
C'est le métier des beaux esprits.
M>»c de Grignan.
TIGRESSE s. f. (ti-grè-se — rad. tigre). Femelle flu tigre : La tigrësse produit , comme la lionne, cinq ou six petits. (Buff.)
— Fam. Femme d'une vertu farouche : Je viens voir si je ne pourrai point adoucir ma tigressb par une sérénade. (Mol.) La dame n'était pas une tighesse, elle prêta volontiers l'oreille aux conseils de la vieille. (Le Sage.)
TIGRETIER s. m. (ti-gre-tié). Pathol.
Sorte de chorée constatée en Abyssinie, et à laquelle on a trouvé des rapports avec le tarent! sme.
TIGRIDIE s. f. (ti-gri-dl — du gr. tigris, tigre ; eidos, aspect). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papitionides.
— Bot. Genre de plantes bulbeuses, de la famille des iridées, dont l'espèce type croît au Mexique.
— Encycl. Bot. La tigridie œil-de-paon est une belle plante bulbeuse, à tiges dressées, flexueuses, hautes de 0">,30 à om,50, accompagnées de feuilles ensiformes aiguës, d'un beau vert clair. Elles se terminent par une ou plusieurs fleurs qui sortent successivement d'une spathe. La fleur, large de 0°»,1 et plus, a un périanthe à six divisions, alternativement plus grandes et plus petites, réunies à la base en forme de coupe"; les trois grandes divisions externes sont violettes à la base, marquées de zones jaunes mouchetées de pourpre et d'un beau rouge éclatant k l'extrémité ; les trois divisions internes, plus petites, sont jaunes et tachetées de pourpre; au centre s'élèvent trois stigmates d'un rouge pourpre. Cette plante présente des variétés à fleurs plus grandes, atteignant prés de 0^,2, a couleurs plus éclatantes et où le rouge domine. Une espèce voisine est la tigridie à fleurs en coupe, d'un jaune uni, et dont la coupe seulement est maculée de pourpre.
Les tigridies, originaires du Mexigue, se recommandent par ia beauté exceptionnelle de leurs fleurs, qui malheureusement sont de courte durée; elles s'ouvrent, en eifet, le matin pour se refermer dans l'après-midi et ne plus se rouvrir ; mais si l'on a soin de planter ces végétaux en toutfes assez serrées, on peut obtenir une floraison successive et continue depuis juillet jusqu'en septembre. D'un autre côté, on ne connaît pas assez la rusticité de ces plantes, qui égale au moins celle des glaïeuls ; dans le centre et l'ouest de la France, à plus forte raison dans le midi, les bulbes peuvent très-bien passer l'hiver en pleine terre, pourvu que le sol soit sain et abrité et qu'ils y soient suffisamment enterrés. Sous le climat de Paris et dans les régions du Nord, il est prudent, surtout dans les terres fortes et fraîches, de les couvrir de feuilles mortes ou de litière pendant les saisons des pluies ou des grands froids; mais il vaut mieux encore relever les bulbes à l'automne, pour les rentrer k la cave.
Les tigridies méritent donc d'être plus répandues qu'elles ne sont. Elles réussissent aux expositions fraîches et demi-ombragées, mais mieux encore au grand air et en plein soleil ; c'est là surtout qu'elles épanouissent bien leurs magnifiques fleurs. Elles croissent dans tous les sols légers, frais, perméables ou bien drainés; la terre franche, mélangée de terreau ou de terre de bruyère, est celle qui leur convient le mieux. On peut multiplier les tigridies pur semis, si l'on veut obtenir une grande quantité de bulbes ou des variétés nouvelles. On sème en terre de bruyère, sur couche, vers la fin de l'hiver; on repique les jeunes plants sur couche jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour être mis en place; à l'automne, on relève les jeunes bulbes. Quelques amateurs sèment à 1 air libre et se contentent d'éclaircir le semis quand il est trop épais, de recouvrir les bulbes de litière à l'automne, pour les arracher au printemps et les replanter aussitôt. Le plus souvent, on multiplie les tigridies par caïeux, qu'on sépare des bulbes, pour les repiquer en pépinière. Quelque moyen qu'on ait employé pour obtenir les bulbes, on les plante, au printemps, à la distance de 0m,l5 à 0<n,20 en tous sens et à 0">,06 ou om,08 de profondeur. Il est bon d'arroser lorsque les boutons à fleurs commencent k paraître.
TIGRINE s. f. (ti-gri-ne). Coinm. Sorte d'étoffe souple et légère, mélangée de soie et de cachemire : Une robe de tigrink.
— Moll. Coquille du genre venus.
TIGRISOME s. m. (ti-gri-so-me — du gr.
tigris, tigre; sôma, corps). Or ni th. Genre
TIJU
d'oiseaux échassiers, formé aux dépens des hérons, et ayant pour type X'ardea pavonina.
T1GURINI, ancien peuple de l'Helvétie, qui fit de fréquentes incursions dans le pays des Allobroges et repoussa avec succès le consul LuciusCrassus. Ils envahirent la Gaule Transalpine ; mais, après la défaite des Cimbres, leurs alliés, par Marius, ils rentrèrent dans leur patrie.
TIHARET ouTIARET, poste militaire d'Algérie, province et à 220 kilora. S. d'Oran ; 700 hab. environ, y compris les indigènes. Caserne d'infanterie et de cavalerie, magasins, hôpital , fontaines et lavoirs publics. Riches plantations d'arbres; terres généralement fertiles; on cultive avec succès les pommes de terre et le tabac. Le bois et l'eau y sont en abondance. Marché arabe tous les lundis; les laines, les céréales, les troupeaux de moutons y donnent lieu à des transactions fort importantes, ainsi que les tapis, les haïks, les œufs et plumes d'autruche et les objets de sellerie. Tibaret, construit sur les limites du Tell et des hauts plateaux, est la clef du pays des Chotts; il est situé sur un point culminant d'où l'on embrasse un horizon très-étendu, au milieu duquel on distingue le Djebel-Goiuljila, le Djebel-Amour et le Nador, qui sont les derniers contre-forts de l'Atlas. Tout ce pays, habité par des peuplades sahariennes, les Havars et les Ouled- Naïls , offre d'immenses pâturages à d'innombrables troupeaux de moutons, dont la laine et la chair sont très-esti niées, et aux admirables chevaux qu'on appelle chevaux du désert. C'est un point des plus importants du Sahara algérien ; les caravanes du Sud y viennent, chaque année, échanger leurs produits contre ceux du Tell.
« Tiharet, dit M. Louis Piesse, occupe l'emplacement d'un établissement romain 'qui représente probablement, selon M. Mac-Carthy, l'ancienne Tingartia, siège d'un évêché au va siècle de notre ère; M. le docteur Leclerc y a recueilli des inscriptions de lombes chrétiennes remontant a la même époque.
Plus tard, la tribu arabe des Berkadjennas éleva en cet endroit un château fort, nommé Tihert-la- Vieille; El-Bekri ruconte que cette peuplade, ayant entrepris de bâtir Tihert, trouva chaque matin 1 ouvrage de la veille renversé; c'est alors que les Berkadjennas coustruisirentTihert-es-Sofla, la basse Tihert, laquelle était Tihert-la-Neuve, à 5 milles O. de Tihert-la-VieiUe. Le Tiharet français date de 18*3. Au début de la belle et décisive campagne de cette année, pendant que le maréchal Bugeaud fondait Orléansville sur les ruines romaines d'El-Asnam , près du Chélif, le général de Lamoricière commençait, en relevant aussi les ruines romaines à Tiharet, le rétablissement de cette ligne de postes de la frontière du Tell, base d'opération d'où Abd-el-K.ader s'élançait contre nous, à l'origine de la lutte. Ces établissements à la limite des terrains cultivables, ces haltes k l'entrée du désert allaient nous permettre soit de prendre l'ennqim à revers s'il pénétrait sur les derrières de nos colonnes, soit de retrouver, sur ces points éloignés, de nouvelles forces pour le poursuivre s'il s'enfonçait dans le Sud.
» Tiharet, fondé le 21 avril 1843, sur un groupe qui appartient aux dernières pentes du Djebel-Guezzoul, entre deux ravins, forme • deux quartiers distincts renfermés dans une enceinte bastionnée, percée de trois portes. On entre dans le quartier des colons par la porte du N. ou de Maskara; cette partie de la ville se compose d'une grande rue principale, dans laquelle on trouve un marché de vingt-quatre boutiques et un caravansérail pour les juifs. »
Tl-HOu s. m. (ti-ou). Instrument de percussion chinois.
— ■ Encycl. Cet instrument est composé d'une sorte de cuisse eu bois léger, garnie de chevilles, sur laquelle ou frappe pour en tirer des sons. Le savant Fu-bi, fondateur de la monarchie, imagina de mêler aux instruments destinés aux fêtes religieuses ceux qui faisaient entendre lus sons propres du bois considéré comme le sixième des corps sonores. Il lit d'abord le ciu ou ti-hou, comme le premier et le plus simple de ces instruments, puisqu'il n'est composé que d'une caisse légère montée sur un pied, qu'il suffit de frapper pour obtenir des sons.
TII s. in. (ti-i). Nom que les habitants des îles de la Polynésie, et particulièrement ceux de Taïti, donnent à la racine de marante, de laquelle ils retirent par fermentation une liqueur spiritueuse.
TI1S-SOE, lac du Danemark, diocèse de Secland, à 30 kilom. S.-O. de Holbek, dans la partie occidentale de l'Ile de Seeland. De forme à peu près ovale, il a environ 7 kilom. du N. au S. sur 5 kitom. de l'E. à l'O. 11 reçoit l'Hal!ebye-aae, qui en sort à l'O.
. TUÉ s. m. (ti-jé). Ornith. Nom indigène du manakin noir huppé.
TIJUCA s. m. (ti-ju-ka). Ornith. Genre d'oiseaux, de la famille des corvidées, dont l'espèce type vit au Brésil.
TUUCO (SANTO-ÀNTON10-DE-), ville du Brésil (Minas-Geraes), dans le centre du district des diamants, k 550 kilom. N. do kio-Janeiro; 6,000 hab. Elle s'élève en amphitbôâ-
TILB
tre sur une montagne'de la sierra Espinhaco, près de la source du Jequitinhouha. Cette ville florissante est le siège d'un tribunal appelé Junta diamentine, chargé de tout ce qui a rapport k l'exploitation des mines de diamants.
TI-KANG, le dieu des enfers chez les Chinois. Cinq juges et huit ministres sont chargés d'exécuter ses ordres suprêmes et de juger les âmes de3 mortels. Ceux qui sont condamnés sont livrés aux démons; ceux qui sont absous, grâce à leurs actes de dévotion passée, entrent par un pont d'or dans l'Elysée.
TIKANTO s. m. (ti-kan-to). Bot. Syn. de cbsalpinib, genre type des césalpiniées.
T1KHAÏA-SOSNA, rivière de la Russie d'Europe. Elle naît à 20 kilom. de Livensk, dans le district de Birioutch, dont elle arrose le ch.-l., baigne Ostrogojsk, entre dans le district de Korotaîak et se jette dans le Don, par la rive droite, après un cours d'environ 175 kilom. généralement au N.-E.
TIKHV1N, ville de la Russie d'Europe, sur la Tiklivinka, gouvernement et à 190 Kilom. N. de Novgorod; 5.000 hab. Fonderie de suif et tannerie; commerce en blé, miel, cire, cuir, peaux, planches et bois. Une image de la Vierge, que l'on voit dans un de ses couvents, y attire constamment une afiluence de pèlerins. Foire de huit jours pendant le grand carême.
T1KHVINE, canal de la Russie d'Europe.
Il unit la Tikhvinka au Volga, par les rivières Soumia, Gourounia.Tchagodaet Mologa.
Projeté par Pierre le Grand, il a été exécuté par l'empereur Alexandre.
TIKLIN s. m. (ti-klain). Ornith. Espèce du genre râle, qui habite l'Inde.
TIKSA, lac de la Russie d'Europe, gouvernement d'Arkhangel, par 66<>26' de latit.N. et 29» 10' de longit. E. ; il a 21 kilom. du , N.-O. au S.-E. et s'écoule dans le lac Pija par la Chadra; on y remarque plusieurs petites îles.
T1L s. m. (til). Bot. Ancien nom du tilleul.
TIL (Salomon van), théologien hollandais, né en 1644, mort en 1713. Il commença à l'université d'Utrecht ses études qu'il alla continuer k Leyde; cette ville se trouvait alors agitée parles querelles religieuses des coccéiens et des voétiens. lise rangea parmi les premiers, remplit ensuite les fonctions de ministre protestant dans diverses paroisses et, en dernier lieu, à Dordrecht, où il fut, en outre, nommé professeur d'histoire et d'herméneutique sacrée. Il passa de là, en 1702, à une chaire de théologie de l'université de Leyde, qu'il occupa jusqu'à sa mort. On a de lui un grand nombre d ouvrages, parmi lesquels nous citerons seulement les suivants : la Paix de Salem affermie en charité, en confiance et en ' vérité (Liordrecht, 1687, in-4°), écrit dans lequel l'auteur essaye de calmer les différends qui existaient entre les coccéiens et les voétiens; la Poésie et la musique des anciens, des Hébreux principalement, éclaircies par des recherches curieuses sur l'antiquité (Dordrecht, 1692, in-12), plusieurs fois réédité; to Parvis des gentils ouvert à tous les incrédules (Dordrecht, 1694, in-40); Phosphorus propheticus seu Mosis et Habakuki valicinia, e/c.(Leyde, 1700, in-4°) ; Théologie utriusque compendium, cum naturalis tum reoelatx (Leyde, 1704, in-4o); Antidolum viperinis morsibus D.J. oppositum (Leyde, 1707, in-4<>), écrit dirigé contre D. Joncourt, qui avait cherché a ridiculiser le coccéianismo, etc.
TILA s. m. (ti-Ia). Ichthyol. Poisson du genre cyprin, qui vit dans le nord du Bengale.
TILAPIA s. m. (ti-la-pi-a). Ichthyol, Genre de poissons, du groupe des chromis, qui vit dans le sud de l'Afrique.
TILDOHGH (Gilles van), peintre belge, né à Bruxelles vers 1625, mort vers 1C7S. On ne sait que fort peu de chose sur la vie de cet artiste. On croit qu'il reçut des leçons de Teniers et qu'il habita pendant quelque temps la Hollande, où il connut Adrien van Ostade. Il fut admis dans la corporation des peintres de Bruxelles en 1654. Ce peintre reproduisit de préférence des scènes d'intérieur, de taverne, des danses rustiques, des corps de garde. Ses tableaux sont bien dessinés, d'une touche facile et spirituelle, d'un coloris vigoureux et pleins de vérité dans l'expression. Outre ses tableaux de genre, on cite de lui : les Princes de Ligne, Ue Ckimay et de Ilubempré et le Duc d'Arenberg sortant à cheval du palais des ducs de Brabant, au musée de Bruxelles.
TILBURG, ville du royaume de Hollande (Brabant septentrional), près de la rive gauche du Ley", au milieu de landes, à 24 kilom. S.-O. de Bois-le-Duc; 15,000 hab. Nombreu- ; ses fabriques de draps, qui emploient 6,000 ou- : vriers et livrent au commerce des draps fins, des casimirs, du castor, des draps militaires, etc.
TILBURY s. ta. (til-bu-ri — mot angl., qui est le nom de l'inventeur). Espèce de cabriolet léger et découvert : Les TiLBURïS sont des voitures légères récemment importées en France par les Anglais. (Balz.)
TILBURY, forteresse qui protège Londres