‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 132 sur 1042 · TILE · texte numérisé non relu

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du côté de la mer. Elle est située vis-k-vis de Gravesend. Les premières fortifications de Tilbury remontent, dit-on , k 1402 ; mais c'est en 1539 seulement, sous le règne de Henri VIII, que fut érigée cette forteresse, vraiment capable de barrer la Tamise en cas d'invasion. Au moment où la fameuse Armada menaçait l'Angleterre, de nouveaux ouvrages de défense furent ajoutés, dit M. A. Esquiros. 10,000 hommes campèrent dans les environs sous les ordres du comte de Leicester. Il reste encore quelques traces de ce camp près de l'église d'Ouest-Tilbury, à peu de distance de la rivière. C'est lit aussi qu'Elisabeth passa en revue ses troupes, à cheval , revêtue d'une cuirasse et excitant ses soldats du geste et de la voix. « Je sais, dit-elle, que j'ai le corps d'une faible et misérable femme; mais j'ai le cœur d'un roi, et, qui plus est, d'un roi d'Angleterre. Plutôt que de subir le déshonneurde voir mes Etats envahis, je prendrai moi-même les armes, et je serai votre général, le juge et le distributeur des récompenses que vos vertus mériteront sur le champ de Bataille. » Plus tard, l'apparition de la flotte hollandaise, sous les ordres de l'amiral de Ruyter, attira de nouveau l'attention des Anglais sur le fort de Tilbury, qui, accru et développé d'époque en époque, forme aujourd'hui la principale défense de la Tumise.

TILDE s. m. (til-de — espagn. iilda, formé du lat. titulus, étiquette). Gramm. Signe ( ~ ) que les Espagnols mettent au-dessus de la lettre »i, quand ils veulent lui donner la valeur de notre gn mouillé.

TILDE, ÉE adj.(til-dé — rad. iiWe). Gramm. Qui est affecté, surmonté d'un tilde ; Un n

TILDE.

TILEI s. m. (ti-léi). Ichthyol. Poisson du genre cyprin, qui vit dans la rivière Kosi.

TILENUS (Daniel), ministre protestant allemand, né k Goldberg(Silé>ie) en 1563, mort à Paris en 1033. Il vint en France vers 1530 et fut chargé k son arrivée d'une éducation particulière. Passionné pour les questions théologiques, il eut avec l'évèque d Evrenx, Davy Duperron, une conférence qui commença sa réputation. En 1599, le duc de Bouillon l'appela à Sedan comme ministre et professeur. Plus tard, il lui confia l'éducatien de son fils, qui fut depuis le grand Turenne, Controversiste ardent, Tilenus eut une première dispute avec Dumoulin ; puis il s'engagSa dans la grande querelle des gomaristes et des arminiens, prit parti pbur les premiers et ne ménagea point aux seconds tes expressions virulentes qui étaient alors de mode. Mais Corvin, professeur à Leyde, lui ayant répondu, il fut tellement frappé des arguments fournis en faveur de l'arminianisme, qu'il passa subitement d'un camp à l'autre et déploya contre Gomar autant de vivacité qu'il en avait montré contre Arminius. Malheureusement, Gomar triompha au synode de Dordrecht. Dépouillé de tous ses emplois, Tilenus dut quitter Sedan et vint alors si Paris. Il soutint sas opinions contre les calvinistes Cappel et Caméron, à Orléans (18 avril 1620), et prononça ces paroles :« Si je me trouvais dans la nécessité de me faire mahométan ou calviniste, j'aimerais mieux être mahométan, car enfin les mahométans adorent un Dieu bon et miséricordieux, au lieu que les calvinistes nous proposent un dieu cruel et impitoyable qui damne ses créatures de propos délibéré. * Tilenus allait partir pour l'Angleterre, où l'appelait le roi Jacques Ier, lorsqu'il apprit que des ennemis l'avaient dénoncé au roi comme hérétique. Craignant un revirement dans l'esprit de ce prince, il se fixa k Paris, où il termina sa vie. On a de lui un grand nombre d'ouvrages ; nous citerons : Défense de la suffisance et perfection de l'Escriture suincte contre les cuviltalions du sieur Duperron ( La Rochelle, 1598, in-8°) ; Consideralio sentenlix J. Arminianii de prtedestinalione, graiia Dei et libero arbitrio (Francof., 1612, iu-8°) ; Traite de la causa et de l'origine du péché (Paris, 1621, in-8"); Examen d'un escrit intitulé: Discours des vrayes raisons pour lesquelles ceux de la religion en France peuvent en bonne conscience résister par armes k la persécution (Paris, 1622, in-8°), réfutation d'un ouvrage de La Milletière, qui fit grand bruit; Considérations sur le canon et serment des Eglises réformées conclu et arresté au synode national d'Alais pour l'approbation du synode de Dordrecht (1622, in-8"); la Doctrine des synodes de Dordrecht et d'Alais, mise à l'épreuve de ta pratique (Paris, iCSSjin-Soj.etc^

TILÉSIE S. f. (ti-lé-zî — de Tilesius, savant allem.). Ichthyol. Genre de poissons, do la famille des gadoïdes.

— Zooph. Genre de polypiers, dont l'espèce type est fossile dans le calcaire jurassique des environs de Caen.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des* composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croît à la Guyane,

TILESIUS, littérateur italien. V. Telbsio (Antoine).

TILESIUS DE TILENEAU (Guillaume-Théophile oii), voyageur et naturaliste allemand, né à Mulhausen (Thuringe) en 1769, mort dans la première moitié du xixe siècle. Il se fit recevoir docteur en médecine k Leipzig, puis s'adonna avec ardeur k l'étude des scieu-

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ces naturelles et entra, en 1803, au service du gouvernement russe qui l'attacha, comme naturaliste, à l'expédition que Knisenstern lit autour du monde. On lui doit : Muss paradisiacs icônes (Leipzig, 1792); Théorie des maladies dartreuses (1802); Annales d'histoire naturelle; résultats, en tant qu'histoire naturelle, de la première circumnavigation entreprise sous le commandement du capitaine Krusoislern (Saint-Pélersliourg, 1813, avec planches); diverses dissertations sur le Porcépie, le Rat d'eau, etc.

TILETANUS, théologien belge. V. Ravesteyn (Josse).

TILIACÉ, ÉE adj. (ti-li-a-sé — du lat. tilia, tilleul). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au tilleul.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre tilleul.

— Encycl. La famille des liliacées renferme des arbres, des arbrisseaux et des plantes herbacées, à feuilles alternes ou disques, rarement opposées, simples, entières, dentées ou lobées, munies de stipules eteouvertes de poils simples ou étoiles. Les fleurs, uxillaires ou terminales, solitaires ou réunies en grappes ou en eorymbes, présentent un calice de quatre ou cinq sépales, libres ou soudés à la base ; une corolle composée d'un nombre égal de pétales onguiculés, alternant avee les pétales; des étamines en nombre quelquefois double, le plus souvent indéfini, insérés sur le réceptacle, à filets libres ou soudés en un ou plusieurs faisceaux ; un ovaire libre, à plusieurs loges pluriovulées, surmonté d'un style simple, terminé par des stigmates en nombre égal à celui des loges. Le fruit est une baie on une capsule, à une ou plusieurs loges, renfermant des graines à tégument membraneux ou crustacé, à embryon entouré d'un albumen charnu, rarement dépourvu d'albumen.

Cette famille, qui a des affinités avec les malvacées et les théacées, comprend les genres suivants, groupés en deux tribus : I. T i liées : tilleul, christiane, grewic, béiotie, diplophracte, columbie, muntingie, berrya ; upeiba, luhea, mollia, héliocarpe, entêtée, sparmannie,clappertonie, corchorus (corète), triumfetta; hasseltie, ablanie, sloanée, dasynème. — II. Eléocarpées : éléocsirpe, monocère, friesie, beythée, acronodie ; vallée, tricuspidaire , crinodendron. Les iiliacées croissent surtout dans la zone tropicale, et quelques-unes s'avancent jusque dans les zone» tempérées.

T1LIACORE s. m. (ti-li-a-ko-re — du lat. tilia, tilleul,- et de aeore). Bot. Syn. de cocculus, genre de ménispermées.

TILIÉ, ÉE adj. (ti-li-é — du lat. tilia, tilleul). Bot. Qui ressemble ou se rapporte au tilleul.

— s. f. pi. Tribu de plantes, de la famille des tiliacées, ayant pour type le genre tilleul.

TILIN s. m. (ti-lain). Moll. Coquille dû genre cône.

TILING (Matthieu), médecin allemand, né en Westphalie.inorten 1SS5. Il passa son doctorat à l'université de Rinteln, où il obtint une chaire, puis devint médecin de la cour de Hesse et rit partie de l'Académie des Curieux de ia nature, sous le nom da Zrphy- »u« H. On lui doit un certain nombre d'écrits, dont quelques-uns ont été réimprimés. Nous citerons notamment : De admiranda rerum structura acusu (Francfort, 1672, in- 12); Auatomia lienis ad circulalionem sanguinis accommodata (Rinteln, 1673, in- 12); De vecidivis tractatus aureus (Minden, 1679).

TILING (Jean), médecin allemand , né à Brème en 1668, mort dans la même ville en 1715. Après avoir passé sou doctorat à l'université de Leyde, il retourna dans sa ville natale, ou il professa successivement la médecine, la physique, la logique et la métaphysique. Il reçut le titre de médecin de Brème avec une pension. On lui doit, entre autres écrits : De constitutione et usu bitis (Brème, 1695, in-4°); De fœtus in utero nutritione (Brème, 1698, in-4«) ; De lue venerea (Brème, 1711, in-4°).

TILIQUE s. m. (ti-li-ke). Erpét. Genre de reptiles sauriens, formé aux dépens des scinques.

TILL ou TEEL s. m. (til). Comm. Graine oléagineuse qu'on récolte dans l'Inde.

TILL, rivière d'Angleterre. Elle prend sa source dans le Northumberland, prés de la frontière d'Ecosse, coule à l'E., puis au N.-O., entre dans lo comté de Durhain et se jette dans la Tweed, à 5 kilom.au -dessous de Coldstream, après un cours d'environ 75 kilom.

TILL, TYLL ou TIL, autre nom du personnage légendaire Euiespiègle. V. Eulespiégle.

TILLAC s. m. (ti-llak; Il mil. — Diez et Chevallet font venir ce mot du germanique : Scandinave ihilia, thil, planche ; suédois tilja, anglo-saxon thitle, dldlle, vieux haut allemand thil, thili, dit, dili, allemand diele, planche, lambrissure, parquet, toutes formes qui paraissent se rattacher a la racine sanscrite dal, dar, fendre, séparer, diviser. Les Romains nommaient le tillac navigii tabulatum superius, plancher supérieur du navire. Quant au suffixe ac de tillac, c'est peut-être

TÎLL

l'effet d'une assimilation au bas latin astracurn , parmwt d'une maison. Scheler avait d'abord, d après Ménage, pensé à un type latin tegulacum, de tegere, couvrir;, mais ii avoue lui-même que ce type est un peu forcé. On pourrait, du reste, selon lui, admettre que tillac est issu de tille, qui signifie une portion de tillac, et dont l'étymologie, d'un type tegula, de tegere, pourrait être appuyée du diminutif tillette, qui signifie petite ardoise, et dont l'origine du latin tegula, tuile, ne parait pas contestable. Pietet croît que les formes germaniques indiquées ci-dessus avec le sens de planche appartiennent à la même famille que le latin tilia. Elles désigneraient proprement une planche de bois de tilleul. Le grec philurion, de phitura, tilleul et aubier, désignait de même une tablette de bois de tilleul). Ane. mar. Pont supérieur d'un navire : Se promener sur le tillac. Le Saint- Gôran parut alors à découvert, avec ses mâts de hune amenés sur le tillac. (B. de St-P.). Il Franc tillac, Pont complet, qui couvre le navire dans toute sa longueur. Il Faux tillac, Espèce de pont établi à fond de cale, pour la conservation des marchandises.

TILLADET (Jean- Marie de La Marque dk), écrivain français, né au château de Tilladet (Armagnac), vers 1650, mort à Versailles en 1715. Il avait suivi pendant quelque temps la carrière des armes, lorsqu'il entra dans la congrégation de l'Oratoire, à Paris, se lit ordonner prêtre, professa la philosophie, la théologie et s'adonna à la prédication. L'Académie des inscriptions le reçut au nombre de ses membres en 1701. On a de lui des dissertations Sur les géants, .Sur te culte de Jupiter Tonnant et sur diverses matières de religion et do philologie (Paris, 1712, 2 vol. in-12), par différents auteurs.

TILLAGE s. m. (ti-lla-je; Il mil.). V. teillage.

T1LLANCOURT (Edouard de), homme politique français, né à La Doultre,prèS de Château-Thierry (Aisne), en 1809. Il fut élevé à Paris, où il étudia le droit. Inscrit comme avocat au barreau de cette ville en 1831, il se fit remarquer dans plusieurs causes politiques, notamment dans un procès intenté à des ouvriers pour coalition. Vers 1831, M. do Tillancourt alla se fixer dans les grandes propriétés qu'il possède près de Château- Thierry. Tout en s'occupant d'agronomie, il ne négligea pas la politique. En 1846, il se porta candidat à la dépuiation en demandant des réformes et en se montrant trèshostile à la politique de M. Guizot. 11 ne fut point élu; mais, après la- révolution de 1848, les électeurs de l'Aisne l'envoyèrent siéger à l'Assemblée constituante. M. de Tillancourt prit place parmi les républicains modérés. Il proposa que la Chambre votât l'incompatibilité des fonctions publiques avec le mandat législatif, s'occupa de l'enseignement agricole, d'uu projet de code rural, d'une ea.issc de retraite pour la vieillesse, de l'institution des conseils de prud'hommes, de la liberté du commerce de la boucherie ; il se prononça pour une assemblée unique, adopta la constitution, repoussa la proposition Râteau et se montra hostile à la déplorable expédition de Rome. M. de Tillancourt ne fut pas réélu à l'Assemblée législative. Après le coup d'Etat du S décembre 1851, qu'il réprouva nettement, il renonça à la vie politique, se mit à voyager, puis s'occupa avec une nouvelle ardeur de ses exploitations agricoles, dont les produits lui valurent des récompenses à diverses expositions. M. Geoffroy de Villeneuve, député de la 4e circonscription de l'Aisne au Corps législatif, étant mort en 1865, M. de Tillancourt se porta candidat de l'opposition contre le candidat officiel Marsaux et fut élu, le 20 août, par 16,213 voix contre 13,055. Il devint à la Chambre un des membres du centre gauche, qui forma bientôt le tiers parti, signa l'amendement des 45 (1866) et prit une part des plus actives aux débats du Corps législatif. Il prononça des discours sur l'agriculture, le droit de réunion, la liberté de la presse, l'enseignement, sur les traités de commerce ; se rangea avec M. Thiers parmi les adversaires du libre échange, porta à la tribune et défendit plusieurs amendements, notamment sur les postes, les télégraphes, la simplification des uniformes de l'armée, la réduction de la taille du soldat, etc. A cette époque, M. de Tillancourt apportait au milieu "des travaux les plus sérieux un entrain, une bonne humeur qui lui rirent une réputation d'homme spirituel, jovial, lançant des mots plus gais que mordants et ayant la passion du calembour. Pendant un temps, il ne se débita pas une drôlerie, il ne se dit pas un mot plaisant qu'on ne les attribuât à M. de Tillancourt. Les journalistes eux-mêmes lui fireut endosser la paternité de toutes les calembredaines qu'ils inventèrent. Réélu aux élections de mai 1869, toujours comme candidat de l'opposition, contre MM. de Montesquieu et Waddington, il signa l'interpellation des 116, qui provoqua un retour au gouvernement parlementaire, prononça de nombreux discours et vit plusieurs de ses amendements adoptés. M. de Tillancourt ne lit point une opposition tranchée au ministère Ollivier; mais il se joignit à la gauche et à M. Thiers pour empêcher qu'on ne déclarât inconsidérément la guerre à la Prusse. Rentré dans la vie privée après la révolution du 4 septembre 1870,

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M. de Tillancourt fut nommé le 8 février 1871 député de l'Aisne à l'Assemblée nationale par 59,339 voix. Dans cette chambre, M. de Tillancourt continua à se montrer un partisan de la liberté et se rangea parmi les hommes qui comprirent la nécessité de fonder le gouvernement de la République. Membre des groupes du centre gauche et de la gauche républicaine, il soutint la politique de M. Thiers, et, après la chute de ce dernier, il se rangea dans l'opposition qui lutta contre le gouvernement de combat et de réaction à outrance, dirigé par M. de Broglie et ses successeurs. Lorsque les monarchistes menacèrent la France d'une restauration monarchique, M. de Tillancourt répondit nettement qu'il s'opposait de tout son pouvoir au retour de la royauté et qu'il considérait la République comme le seul gouvernement possible. Le député de l'Aisne a voté pour la paix, contre l'abrogation des lois d'exil, pourla validation de l'élection des princes d'Orléans, pour la proposition Rivet, pour le retour de l'Assemblée à Paris, contre la pétition des évêques, contre le maintien des traités de commerce, pour M. Thiers dans la journée du 24 mai 1873, contre le septennat (19 novembre), contre M. de Broglie dans le vote du 16 mai 1874 qui amena sa chute, pour la proposition Périer et Malleville (juillet 1874), pour la constitution du 25 février 1875, pour la dissolution de l'Assemblée, etc. M. de Tillancourt a prononcé à l'Assemblée nationale de nombreux discours, entre autres sur les allumettes, sur le volontariat d'un an, sur le travail des enfants dans les manufactures, sur les indemnités aux départements envahis, sur les jeux de Bourse, sur les nouveaux impôts, notamment sur un impôt sur le gaz, sur les pensions civiles, les fermes écoles, les théâtres, la pêche fluviale, etc. Après 'la dissolution de l'Assemblée (décembre 1875), il a posé sa candidature à la dénutation dans l'arrondissement de Château-Thierry pour l'élection du 20 février 1876, en affirmant une fois de plus sa ferme conviction de la nécessité d'aiferinir les institutions républicaines. Il a été élu.

TILLANDSIACÉ, ÉE adj. (ti-llan-dsi-a-sé; Il mil.). Bot. Syn. de tillandsie, éb.

TILLANDSIE s. f. (ti-llan-dsl; Il mil. — de Tillands, botan. suédois). Bot. Genre de plantes, de la famille des broméliacées, type de la tribu des tillandsiées, comprenant un assez grand nombre d'espèces, qui croissent surtout- dans l'Amérique centrale,

— Encycl. Les tillandsies sont des plantes à feuilles grandes, lancéolées, radicales, engainantes, à fleurs accompagnées d'une spathe et d'écaillés vaginales et occupant le 3ommet d'une hampe, où elles sont réunies en épis ou en grappes pyramidales. Leur port varie singulièrement; les unes ressemblent en petit aux ananas, d'autres aux agaves ; quelques-unes ont une hampe flexueuse ; il en est qui vivent en épiphytes ou en fausses parasités sur le tronc des arbres. Ces végéiaux habitent tous l'Amérique et abondent surtout dans les contrées équatoriales.

La tillandsie usnoïde a des tiges grêles, filiformes, portant des feuilles blanchâtres et velues. Son port rappelle assez celui des mousses. Elle croit dans la Caroline et aux Antilles, sur les arbres. Elle sert à nourrir quelques animaux domestiques. Ses tiges , dépouillées de leur'écorce friable et réduites à leur axa ligneux, ressemblent k des crins de cheval. On emploie cette sorte de crin végétal pour faire des cordes, garnir les matelas, rembourrer les coussins, les fauteuils et autres meubles quelconques. Les emballages des caisses d'arbres qu'on nous envoie des Etats-Unis sont faits en grande partie avec cette plante, qui conserve souvent assez de vitalité pour que, à son arrivée chez nous , ses fragments puissent être mis en terre et s'enraciner. Toutefois, sa culture ne réussit pas bien sous le climat de Paris, qui n'est ni assez chaud ni assez, humide pour elle.

La tillandsie utriculée est très-remarquable parles espèces de réservoirs que forment ses feuilles : l'eau qui s'y amasse fournit, au sein des forêts brûlantes , une boisson excellente et toujours fraîche pour l'homme et les.animaux. Cette plante croît aux Antilles; en Europe, elle ne peut être cultivée qu'en serre chaude, de même que les espèces suivantes. La tillandsie recourbée croit au Pérou ; les indigènes la broient avec du saindoux et eu font une pommade qu'ils emploient avec succès contre les affections hémurroïdales. La tillandsie agréable est une plante très-élégantes par ses grandes bractées purpurines et par ses épis de fleurs vertes, marquées de bleu a l'extrémité des trois divisions internes du périanthe ; elle est aussi épiphy te. La tillandsie éclatante a des feuilles coriaces, zébrées sur les deux faces, du centre desquelles s'élève un long épi comprimé, formé de bractées imbriquées , d'un beau rouge écarlate, entremêlées de longues fleurs jaunes uxillaires.

TILLANDSIE, ÉE (ti-llan-dsi-é ; U mil. — rad. tillandsie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la tillandsie.

— s. f. pi. Tribu de la famille des broméliacées, ayant pour type le genre tillandsie.

TILLAU s. m. (ti-lio; M mil.). Bot. Nom vulgaire du tilleul à petites feuilles

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TILLAYE (Jean-Baptiste-Jacques), chirurgien français, né à Rouen en 1752, mort à Paris en 1822. Il commença ses étude3 médicales sous Lecat, dans sa ville natale, ei vint les terminer k Paris. Après avoir été quelque temps prévôt de l'école pratique, il devint, en 1784, membre du collège et de l'Académie royale de chirurgie. A la fondation de l'Ecole de santé de Paris, il y fut nommé professeur et conservateur des collections, puis il occupa la chaire consacrée à la démonstration des drogues et des instruments de chirurgie. Nous lui devons un ouvrage qui a été assez longtemps classique et qui a pour titre : Traité des bandages et appareils (Paris, 1815, in-8<>).

TILLE s. f. (ti-lle; Il mil. — lat. tilia, proprement tilleul). Liber du tilleul, dont ou fait des cordes.

— Ecorce du chanvre. V. teille.

TILLE S. f. (ti-lle, Il mil. — VT TILLAC). Mar. Sorte de demi-pont ménagé à l'avant et à l'arrière d'un bâiiment non ponté. Il Petit compartiment réservé à l'avant et à l'arrière d'une barque, pour serrer les objets de ceux qui la montent.

— Techn. Instrument qui peut servir à la fois de hache et de marteau ; Tille de tonnelier, de couvreur, il Outil dont on se sert pour fouiller le fond des formes à sucre. Il Sorte de terre dont on fait des creusets.

— s. m. Entom. Genre d'insectes coléoptères pentaraères, de la famille des malacodermes, tribu des clairones, comprenant six espèces, dont trois appartiennent à l'Europe.

— Encycl. Entom. Les tilles sont caractérisés par un corps allongé, presque cylindrique; des antennes longues, en forme de scie, insérées devant les yeux, qui sont ronds et un peu éehancrés en avant; les palpes maxillaires filiformes, les palpes labiales terminées par un grand article sécuriforme ; la tête courte, assez étroite, arrondie, inclinée; le corselet long et cylindrique ; l'écusson petit ; les élytres convexes, allongés, un peu élargis vers l'extrémité; les pattes assez grandes. Les larves des tilles vivent généralement dans les vieux bois et spus les écorces ; c'est là aussi qu'il faut chercher l'insecte parfait, qui ne s'éloigne pas du lieu où il a subi ses métamorphoses. Les espèces de ce genre Sont peu nombreuses et presque toutes habitent la France. Le tille unifascié, long de près de om,01, noir, avec une tache rouge à la base de3 élytres.'se trouve aux environs de Paris.

TILLE, rivière de France (Côte-d'Or). Elle prend sa source à 4k'loml509 de Grancey, se dirige du N.-O. au S. -E., et, après un cours de 85 kilomètres, se jette dans la Saône à' 6 kilotBjSoo N.-E. de Saint-Jean-de-Losno.

TILLÉE s. f. (ti-llé ; Il mil. —de Tilli, botan. ital.). Bot. Genre de plantes, de la famille dea crassulacées, tribu des crassulées, comprenant environ vingt-cinq espèces, qui croissent dans les lieux humides ou inondés.

TILLEMONT (Sébastien Le Nain de), historien, né a Paris en 1637, mort en 169S. Elevé dans les petites éeoles de Port-Royal, il reçut les leçons de Nicole. La lecture de Tite-Live et des Annales de Baronius lui inspira pour les études historiques une passion qui ne fit que se développer en lui et détermina sa véritable vocation. Heureux de chercher les fondements de la foi dans les sources mêmes, il se mit à étudiera dix-huit ans la Bible, les Pères et recueillit, dès cette époque, des extraits qui lui servirent plus tard pour ses ouvrages. L'évèque de Beauvais, Buzanval, l'ayant pris en amitié, le pressa d'entrer dans les ordres, le tonsuraet le garda pendant quelques années dans son séminaire. Mais, malgré les sollicitations de ce prélat, Tillemont hésita longtemps à suivre la carrière ecclésiastique. En quittant lo séminaire, il alla habiter chez un ami d'Arnauld, Godefroi Hermant, chanoine de Beauvais, puis retourna à Paris, et ce fut seulement en 1676 que, vaincu par les instances de son confesseur, Isaac de Sacy, qui voulait lui léguer la direction spirituelle de Port- Royal, il consentit à recevoir la prêtrise. Tillemont se fit alors construire un petit logis à Port-Royal-des-Champs; mais, après la dispersion des solitaires de cette maison, il alla vivre (1679) dans son petit domaine do Tillemont (entre Montreuil et Vincennes). Il fit un voyage en Hollande en 1635, pour visiter Arnauld et les autres réfugiés, et passa le reste de ses jours dans sa retraite studieuse, uniquement occupé de ses études, de ses travaux et de ses recherches. < C'estoit, dit Perrault, un homme savant, éclairé et de grande réputation, réservé à décider et toujours prêt d'avouer que ses lumières ne pénétroient pas toutes les difficultés... Son exactitude à ne rien faire dire à ceux q^u'il cite que ce qu'ils disent précisément va jusqu'au scrupule... On ne peut pas disconvenir que son style ne soit un peu sec; mais, au milieu de ia sécheresse des discussions auxquelles son travail l'a engagé, on sent toujours beaucoup d'onction dans les réflexions courtes et vives qu'il fait quelquefois sur les événements principaux." Aune érudition profonde, Tillemont joignait une rare modestie. Il était toujours prêt à communiquer à ceux qui venaient le consulter les résultats de ses laborieuses et instructives recherches, et il col

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labora activement aux écrits de plusieurs solitaires ou amis de Port-Royal, notamment aux Vies de suint Athanase, de saint Basile et de saint Grégoire de Nazianze (1671-1674) de God. Hennant; à l'Histoire de tertullien et d'Origène (1675) de Thomas du Fossé, etc. Ce fut a cinquante-trois ans qu'il mit au jour son premier ouvrage, travail qui l'a classé au premier rang de nos érndits et qui est le guide le plus sûr pour l'histoire des empereurs. Il est intitulé : Histoire des empereurs et des autres princes qui ont régné pendant les six premiers siècles de l'Eglise (Paris, 1690-1738, 6 vol. in-4°), dont les quatre premiers volumes seulement parurent de son vivant. C'était la première fois qu'on publiait en fiançais une histoire véritablement critique , puisée.dans les sources et composée de récits originaux. Il fit paraître ensuite : Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles (1693-1712, 16 vol. in-4t>). C'est le plus savant travail qui existe sur cette époque, et il n'en est aucun qui ait autant d'étendue, de profondeur et d'ex*actitude. Le style de Tillemont est précis, sévère, mais touche à la sécheresse. Il avait aussi préparé les matériaux d'une Vie de saint Louis, qui a été publiée en 1847. Après sa mort on a publié, aussi de lui : Lettre à l'abbé de Rancé (Nancy, 1705) et Réflexions sur divers sujets de morale, à la suite de -sa Vie par Tronctiay (I70S). Plusieurs ouvrages de lui sont restés inédits.

TlLLER v. a. ou tr. (til-lé; Il mil.). Econ.

rur. V. TEILLER.

— Mai-. Faire une tille, des tilles à : TiLlek une embarcation.

T1LLET (Matthieu), agronome français, né à Bordeaux vers 1720, mort en 1791. Il devint directeur de la monnaie de Troyes, s'occupa d'une façon toute particulière d'agriculture, se livra à des expériences intéressantes et devint membre de l'Académie des sciences en 1758. On lui doit un assez grand nombre d'écrits, parmi lesquels nous citerons : Dissertation sur ta ductilité des métaux et les moyens de l'augmenter (Bordeaux, 1750, in-40); Essai sur la cause qui corrompt et noircit les grains dans les épis (Bordeaux, 1755); Précis des expériences faites à Trianon sur la cause qui corrompt tes blés (1756, in-8») ; Histoire d'un insecte qui dévore les grains dans l'Angoumois (Bordeaux, 1763); Observations faites sur les cotes de la Normandie au sujet des effets pernicieux qu'on prétend être produits par la fumée du varech (1772, in-40); Expériences sur le poids du pain au sortir du four (1781, in-8°); Observations de la Société, royale d'agriculture sur l'uniformité des poids et vtesures (1790, in-s<>).

T1LLET (du), nom de plusieurs personnages français. V. Dutillkt.

TILLETTE s. f. (ti-llè-te; «mil. — rad. tille). Constr. Espèce d'ardoise d'échantillon.

TILLEUL s. m. (li-lleul; Il mil. — lat. tilia. On ne connaît pas de noms sanscrits du tilleul, mais Pietet signala dans l'arménien une coïncidence d igné d'attention. L'arménien diliai, en effet, répond au latin tilia, à l'irlandais teite, teileog, et à l'armoricain til. 11 n'est guère à croire qu'il y ait eu emprunt, soit d'un côté, soit de l'autre. Le latin tilia désigne aussi le liber du tilleul, et c'est % sans doute, sa signification primitive. Cette substance, souple, douce et tenace servait à faire des cordes et des nattes, et tilia se retrouve avec le .sens de corde dans le persan MÛ. Une analogie plus remarquable encore 'est celle du grec tilas, fibre déliée, tilion, tilma, charpie, de tillâ, teiller. L'armoricain til désigne de même l'écorce fine du chanvre, la teille. En kymrique, fiVsignifieêtre onctueux, doux, humide. La source première de ces termes divers, et cette série'd'unalogies indiquent que le tilleul doit avoir-reçu son nom primitif de son liber, qui aura été utilisé de très-bonne heure. Ce nom du tilleul semble encore se retrouver dans l'anglo-saxon thil, Scandinave thil, thili, thilia, ancien allemand dit, dilo, qui n'a plus le sens que de planchette mince. On sait que le grec philurion, de philura, tilleul et aubier, désignait une tablette de bois de tilleul, ce qui explique la transition germanique). Bot. Genre d'arbres, type de la famille des tiliacées, comprenant une dizaine d'espèces, répandues dans l'hémisphère nord : Les feuilles des tilleuls étaient utilisées comme fourrage pour le bétail par les Romains. (P. Duchartre.) On a conservé la tradition de plusieurs tilleuls d'une grosseur extraordinaire. (Th. de Berneaud.) Les fleurs du tilleul sont estimées eéphaliques. (V. de Bomare.) Il Fleur du tilleul à grandes feuilles, dont on fait des infusions, 11 Infusion' faite avec ces fleurs; Prendre un bol de tilleul.

— Encycl. Les tilleuls sont de grands arbres, a feuilles alternes, simples et cordiforines; les fleurs sont groupées en corymbes, avec la nervure médiane d'une bractée ovale allongée qui accompagne l'inflorescence ; une corolle à cinq pétales; des étamines hypogynes, en nombre indéfini ; un ovaire libre, a cinq loges, surmonté d'un style et d'un stigmate simples; le fruit est une capsule globuleuse, indéhiscente, à cinq loges, dont chacune renferme une ou deux graines. Ce genre comprend une dizaine d'espèces, qui croissent eu Europe et dans l'Amérique du

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Nord, et qui, presque toutes, sont cultivées en plein air sons nos climats.

Le tilleul commun ou d'Europe est un grand arbre, à racines traçantes; la tige, haute de 15 à 20 mètres, cylindrique, droite, régulière, couverte d'une écorce épaisse et grisâtre, se divise en branches et en rameaux rougeàtres, portant des feuilles alternes, arrondies, cordiformes à la base, acuminées au sommet, glabres ou pubescentes, et des fleurs d'un jaune blanchâtre, d'une odeur faible, mais agréable. Il présente deux variétés principales, que plusieurs auteurs ont élevées au rang d'espèces : l'une (tilleul sauvage) à petites feuilles, l'autre {tilleul de Hollande) à grandes feuilles. Le tilleul est abondamment répandu dans toute l'Europe ; la première variété surtout est commune dans les bois des régions montagneuses, où elle constitue quelquefois des massifs d'une assez grande étendue; la seconde, un peu moins rustique, est plus rare dans les bois ; mais, par contre, elle est plus recherchée pour les avenues et les plantations d'agrément.

Le tilleul est un arbre d'un tempérament vigoureux ; il s'accommode de toutes les expositions, bien qu'il préfère celles du nord et du nord-ouest. Il n'est pas non plus difficile sur la nature du sol ; il végète dans les terrains les plus ingrats, excepté dans les fonds glaiseux ou marécageux; mais il croît bien plus vigoureusement dans les sols argileux ou argilo - siliceux suffisamment ameublis, et mieux encore dans, les terrains sablonneux, profonds et frais. Ces observations s'appliquent surtout au tilleul à, petites feuilles.

On propage ordinairement, le tilleul par graines, que l'on sème aussitôt après leur maturité; comme elles sont souvent infécondes et toujours très-exposées aux atteintes des mulots et autres animaux, on doit faire le semis très-dru, à la volée d'après certains auteurs , en rayons suivant d'autres. Les deux méthodes donnent de bons résultats, si elles ont été pratiquées avec intelligence; on attend quelquefois au printemps pour semer; mais alors il est rare que les graines lèvent avant la seconde année. Quand les jeunes plants sont assez forts, on les repique en pépinière, et on recèpe rez terre ceux qui poussent mal, afin de leur faire produire un jet plus droit et plus robuste; l'hiver suivant, on les taille, en laissant des crochets que l'on a soin de supprimer plus tard, dans le courant de l'été; on donne d'ailleurs les soins ordinaires. Vers la huitième ou au plus tard la dixième année, les jeunes sujets peuvent être plantés à demeure.

On multiplie très -souvent le tilleul par marcottes; dans les pépinières bien pourvues, on a un certain nombre de gros pieds, que l'on coupe tous les ans roz terré, pour eu Coucher les rejetons au printemps; ces rejetons prennent racine dans le courant de l'été; l'hiver suivant, on les relève pour les repiquer en pépinière, a la distance de om,50 à O^es, suivant leur force, et on les trnito comme il vient d'être dit. Les sujets ainsi obtenus produisent des arbres moins beaux et do moindre durée que ceux qui proviennent de graine; mais ils ont une croissance bien plus rapide, et l'on peut, par ce moyen, gagner plusieurs années. Les rejetons ordinaires reprennent très - bien ; mais ils ont l'inconvénient dé donner des arbres à racines trop traçantes; quant aux boutures, elles réussissent rarement; aussi ces deux derniers modes de multiplication sont-ils peu usités dans les pépinières,

^ Le tilleul peut être transplanté jusqu'à un âge très-avancé ; on a vu réussir des sujets qui avaient plus de cinquante ans. C'est sur un de ces arbres que Duhamel a fait sa célèbre expérience : en plantant un sujet la tète en bas, il a vu les branches mises en terre émettre de3 racines, tandis que les parties souterraines exposées à l'air produisaient des rameaux et des fleurs. La croissance de cet arbre est très - rapide , sa longévité trèsgrande, et, par conséquent, il peut atteindre a des dimensions colossales. Les tilleuls dont la tige a 10 mètres de tour existent dans plusieurs localités, en France et a l'étranger. Mais, avec l'âge, cet arbre a l'inconvénient de se creuser à l'intérieur. Aussi n'y a-t-il aucun avantage Èr le cultiver en futaie; par contre, il forme d'excelienCs taillis. On le propage surtout dans les plantations d'agrément, pour faire des avenues, des quinconces, des bererçaux, des palissades, etc., bien que ses feuilles soient sujettes à être attaquées par les pucerons.

Le bois à»- tilleul est blanchâtre, léger, tendre, d'un grain fin et égal, peu sujet à se gercer et à se tourmenter et peu exposé à la vermoulure. Son peu de consistance fait qu'on e travaille aisément; néanmoins, il est assez liant. On ne l'emploie pas dans la charpente, et il est peu propre a la menuiserie proprement dite, parce qu'il se mâche sous le rabot. Mais il est bon pour les ouvrages de tour et surtout pour la sculpture et la boissellerie ; on en fait des sabots, des vases et autres menus objets. Réduit en planches minces ou voliges, il peut s'employer à fabriquer des caisses , des fonds d'armoires, etc.; mais il faut qu'il soit bien sec, car tl est sujet à se voiler dans le cas contraire. Comme bois de chauffage, il est médiocre, brûle aisément, mais trop vite, et donne peu de chaleur. Le charbon qu'on en obtient est aussi de qualité inférieure; néanmoins, il est

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assez bon no^ir la fabrication de la poudre à. canon, et il pè}ut remplacer le fusain pour les esquisses. En médecine, quelques praticiens le préfèrent à celui de peuplier pour le traitement des dyspepsies et des gastralgies. La poudre a été, recommandée pour le pansement des plaies et des brûlures.

La sève du tilleul, obtenue par des incisions faites à sa tige, figurait autrefois parmi les remèdes antiépileptiques; on en retire du sucre, et, en là faisant fermenter, on obtient une boisson alcoolique d'une saveur assez agréable.

La partie intérieure de l'écorce, ou le liber, renferme une matière textile très-résistante. Pour en tirer le meilleur parti possible, on exploite le tilleul en taillis, à l'âge de dix à quinze ans, suivant la nature et la richesse du sol. L'exploitation se fait au moment de l'ascensiou de la sève; on enlève l'écorce sur toute la longueur des brins et on la fait sécher en bottes ; l'épiderme se sépare aisément par suite de cette opération. Quand on veut fabriquer les cordes, on met eus écorces dans l'eau, en les y laissant quelques jours; puis on les réduit en lanières, que l'on file comme les cordes de chanvre. Comme les fibres sont résistantes et peuvent séjourner longtemps dans l'eau sans se pourrir, on les emploie avantageusement pour fabriquer des câbles et des cordes à puits. On peut en faire aussi des toiles d'emballage, des nattes, des filets et même du gros papier ; on se sert fréquemment de lames de ce liber pour entourer et lier les paquets de cigares.

Les jeunes rameaux de tilleul peuvent remplacer l'osier pour les ouvrages de vannerie. Leur décoction a été préconisée contre l'hydropisie. Les feuilles servent à la nourriture des bestiaux, qui les aiment'beaucoup ; on les ramasse, dans certains pays, pour les faire sécher, comme fourrage d'hiver; toutefois, d'après Linné, elles communiqueraient au lait une mauvaise qualité; pendant l'été, elles se couvrent d'une exsudation mielleuse que les abeilles recherchent beaucoup. Eltes renferment, ainsi que les écorces, une matière mucilagineuse assez abondante; les unes et les autres ont été vaniées, en médecine, comme apéritives, digestives et détersives. On a attribué aussi quelques propriétés aux jeunes bourgeons ; mais ils sont aujourd'hui inusités.

Les fleurs du tilleul sont au nombre des parties les plus utiles de cet arbre ; elles possèdent une odeur très-agréable. L'analyse chimique y a trouvé une huile essentielle très- odorante, du tanin, du sucre, de la gomme, de la chlorophylle, une matière colorante, etc. On les récolte quand elles sont bien épanouies; il- faut pour cela choisir un temps sec et les faire sécher rapidement au soleil; si l'opération est bien conduite, elles conservent leur couleur jaunâtre, mais perdent en grande partie leur bonne odeur; mal desséchées, elles deviennent rouges ou noirâtres. 11 faut les conserver dans des sacs bien fermés, mis dans un endroit sec, à l'abri de la lumière. On les trouve le plus souvent, dans le commerce, accompagnées de leurs, bractées ; mais il faut préférer celles qui sont inondées, c'est-à-dire débarrassées de ces appendices.

Les fleurs do tilleul sont prescrites en infusion aqueuse, à laquelle on ajoute du sucre, ce qui en fait une boisson assez agréable ; mais, si les fleurs sont accompagnées de leurs bractées, celles-ci étant à peu près inertes, il faut augmenter la dose. On met souvent dans l'infusion quelques feuilles d'oranger, ou bien on ajoute à chaque tasse un peu d'eau de fleurs d'oranger. On prépaie avec les fleurs de tilleul une eau distillée, qui, malgré le peu d'énergie de son action, sert le plus souvent de véhicule aux potions antispasmodiques et calmantes.

Ces diverses préparations sont regardées comme antispasmodiques et légèrement sudoriliques; elles agissent comme le thé dans les indigestions ; on en fait aussi un fréquent usage contre les affections nerveuses, telles que la cardialgie, l'hypocondrie, l'hystérie, les vomissements, etc. Bans ces différents cas, on emploie souvent cette infusion à l'extérieur, sous forme de bains prolongés. Dans les Pyrénées, notamment à Cautereis, on se sert de ce moyen pour calmer l'excitation passagère produite par les eaux; on en aobtenu d'excellents effets contre les spasmes. On a contesté cette propriété du titteut; on n'a vu dans son infusion qu'un moyen un peu meilleur que les dissolvants ordinaires pour favoriser l'action des antispasmodiques plus puissants. Toutefois, il ne faut pas se dissimuler que son action, quoique faible, est excitante; il ne faut donc auininistrer ce médicament que dans les cas où l'état du système nerveux n'exclut aucun stimulant. Il produit do bons effets dans l'atonie, la pâleur, les céphalalgies, les vapeurs, etc.

Les graines, ou mieux les amandes du titleul, sont assez riches en huile pour pouvoir être utilisées à des usages très-variés, s'il n'était pas si difficile de les retirer de leurs capsules. On les a indiquées comme propres à suppléer le cacao dans la fabrication du chocolat. Pulvérisées et prises comme sternutatoire, en guise de tabac, elles ont été préconisées comme souveraines contre les hémorragies nasales.

Le tilleul de Hollande se distingue du précédent par ses jeunes rameaux d'un vert jaunâtre, Ses feuilles plus grandes et velues

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en dessous, ses fruits plus gros et marqués de cinq côtes saillantes; il y a une variété à feuilles panachées; cet arbre se trouve surtout dans le nord de l'Europe, mais il y est peu répandu; on le rencontre rarement dans les bois ; il est recherché surtout pour les plantations d'agrément, à cause de son port plus élégant et de son feuilluge plus touffu; mais il a le grave inconvénient de perdre promptement ses feuilles dans les terrains secs.

Le tilleul de Corinthe est intermédiaire entre les deux précédents; ce n'est probablement qu'une variété ou un hybride, bien que plusieurs auteurs le considèrent comme une espèce distincte; on le trouve surtout dans la- péninsule hellénique. Le tilleul corallin se reconnaît facilement à ses rameaux d'un ronge vif; il croît dans l'Europe orientale. Le tilleul lacinié est une simple variété, remarquable surtout par l'élégante découpure de ses feuilles.

Le tilleul argenté est une très-belle espèce, caractérisée surtout par ses feuilles presquo .rondes, cordiformes à la base, légèrement sinuées, dentées, presque verticillées, couvertes d'un duvet argenté d'abord sur leurs deux faces et, plus tard, sous la face inférieure seulement; elles persistent beaucoup plus longtemps que dans l'espèce commune ; ses fleurs sont plus tardives, mais d'une odeur plus suave. Originaire du bassin de la mer Noire, il commence à être répandu dans les jardins paysagers, où il produit toujours un très-bel elfet. Outre les moyens ordinaires, on le multiplie, comme la plupart des espèces et des variétés exotiques, par la greffe en éeusson, ou mieux en fente, sur le tilleul commun.

Le tilleul d'Amérique est un très- grand arbre, à feuilles très-amples, glabres, coriaces, presque arrondies, à dents aiguës et à fleurs verdâtres, auxquelles succèdent des fruits ovoïdes; il croît dans les parties froides de l'Amérique du Nord et se cultive depuis longtemps dans nos jardins. Le tilleul liétérophylle, l'une des plus belles espèces du genre, est un arbre de moyenne grandeur, à feuilles très-grandes, d'un vert foncé en dessus, cotonneuses et roussâties en dessous et à fleurs blanchâtres; il croît aux Etats-Unis. On peut citer aussi les tilleuls pubescent , luxiftore, du Alississipi, etc., qui sont également originaires de l'Amérique du Nord.

TlLLEUR, EUSE s. (ti-lleur, cu-ze ; Il mil.).

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