V. TËILLIiUR, EUSE
T1LLI s. m. (ti-lli ; H mil.). Ornith. V. tilly.
T1LL1 (Michel-Auge), botaniste italien, né à Caslel-Fiorentiuo en 1Q55, mort à Pise en 1740, Reçu docteur en médecine dans cette dernière ville, il s'établit, en 1677, à Florence, entra en relation avec le célèbre Redi et dut àsa réputation d'habile praticien d'être nommé médecin des galères toscanes. A ce titre, il visita les îles Baléares, la Turquie, les îles de la mer Egée et l'Archipel, parvint à guérir, sous les murs de Vienne, le gendre de Mohammed IV, qui depuis longtemps s'était cassé une jambe, fut témoin de la déroute des Turcs par Sobieski (1G83) et revint eu Italie, apportant avec lui une grande quantité de semences exotiques et de documents relatifs à l'histoiie naturelle. Tilli fut alors chargé de professer la botanique k Pise et d'y prendre la direction du Jardin des plantes. Appelé à Tunis pour y donner des soins au boy, il profita de cette occasion pour herboriser sur les ruines de Cartilage, puis, une fois revenu à Pise, il se consacra entièrement à l'agrandissement du Jardin botanique, où, entre autres plantes exotiques, il introduisit le caféier et l'aloès, qu'un n'avait pas encore vus croître en Italie. On n'a de lui qu'un seul onvrage, le Catalogus plantarum horii Pisani (Florence, 1723, in-fol., avec 53 planches), qui renferme la description do plus de 5,000 plantes.
TILLI (Jean Tzerclaes, comte de), célèbre général allemand. V. Tilly.
TillicÈRE s. m. (ti-lli-sè-re; Il mil. — de tille, et du gr. keras, corne). Entoin. Genre d'insectes coléoptères pentainères, de la famille des malacoderines, tribu des clairoues, dont l'espèce type habite Java.
TILLIDE adj. (ti-lli-de; Il mil. — de tille, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au tille.
— s. m. pi. Famille ou tribu d'insectes coléoptères pentainères, ayant pour type le genre tille.
TILLIER (François), écrivain qui vivait dans la seconde moitié du xvio siècle. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il fut avocat à Tours. On lui doit un petit ouvrage curieux et recherché, intitulé : le Philogame ou Ami des noces (Paris, 1578, in-: 16), dans lequel il ix fait preuve de beaucoup d'érudition et a traduit en vers français des passages tirés de poètes anciens.
TILLIER (Antoine de), historien suisse, né à Berne en 1792, mor„t en 1854. Il fit ses études àGenèveetàléna, et joua un certain rôle dans les affaires politiques de son pays, dont il fut pendant quelque temps le premier magistrat et le représentant à la diète fédérale. Il fut aussi chargé d'importantes missions diplomatiques. Très-modéré de sa uature, i] ne fut jamais homme de parti. Dans les luttes politiques, il défendait la cause de la justice
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et observait un silence modeste et prudent dès qu'il ne s'agissait plus que de questions personnelles. Comme historien, il a montré une impartialité, une sincérité d'autant plus remarquables, qu'il a raconté l'histoire contemporaine de la Suisse où lui-même avait joué un rôle. Ses écrits sont très-utiles à consulter. Outre une Histoire du moyen âge (Berne, 1829, 4 vol. in-8°), on lui doit une série d'ouvrages qui constituent une histoire complète de la Suisse, depuis la Révolution française; ce sont : V Histoire de la république helvétique, années 1798-1803 (Berne, 1843, 3 vol. in-8°) ; Histoire de la confédération pendant la période de la médiation, années 1S03-1815 (1845-1846, 2 vol. in-go) ; Pendant la période de la Restauration, années 1815- 1830 (1843-1850, 3 vol. in-8<>); Pendant la période dite du progrès, années 1830-1848 (1854-1855, 3 vol.); citons enfin son Histoire de la république de Berne (5 vol. in-8°).
TILLIER (Claude), pamphlétaire et romancier français, né a Claniecy le 21 germinal an IX (11 avril 1801), mort à Nevers le 12 octobre 1844. Son père était un brave serrurier qui n'avait pour vivre et élever sa nombreuse famille que le produit de son travail. Aussi Claude n'eût-il pu recevoir d'instruction si lavilledeClamecy, qui entretenait une bourse au lycée de Bourges, ne l'eût choisi entre tous ses rivaux pour le faire bénéficier de cet avantage. Ses classes terminées, Tillier fut réduit par la modicité de sa fortune à embrasser la dure profession de maître d'étude, d'abord à Soissons , puis à Paris, où l'attirait l'amour des lettres, et sans doute aussi quelque espoir de renommée. Il a raconté dans des mémoires, en partie inédits, comment, «son bouquet de rhétorique au côté, comme un domestique à la Saint- Jean, il alla offrir ses services aux revendeurs de grec et de latin de la capitale. » Vingt fois congédié par cette terrible phrase : «Nous n'avons besoin de personne, » il finit par entrer dans une institution du quartier des Invalides, tout juste vis-à-vis d'une pension de chiens savants, auxquels on enseignait à rapporter et à donner la patte. Une fois installé, il dut apprendre à supporter les caprices d'une insolente marmaille. Il n'avait pour tout salaire que la nourriture, et la table.était maigre. Un acte de justice qu'il commit le fit renvoyer. « J'eus bientôt, ramassé mes hardes, dit-il. Je n'avais d'autre malle qu'une vieille cravate noire, nouée par les quatre coins, et il y avait dedans plus de papiers que de linge... Près de la grande porte était un enfant qui semblait attendre quelqu'un. C'était un petit écolier de quatrième, mon voisin de table dans la salle d'étude et que j'aidais souvent à faire ses versions. Aussitôt qu'il me vit, il courut à moi et, me présentant un rectangle enveloppé de papier blanc : > Je » vous en prie, monsieur, prenez cola; c'est ■ du chocolat à la vanille; je sais que vous » ne gagniez pas d'argent chez M. R...,cela » vous fera quelques déjeuners...» Au lieu de remercier ce charmant enfant, je me mis à pleurer et je m'enfuis vers la rue. » En 1821, Tillier tomba au sort et alla faire la guerre eu Espagne. En 1823, il était sous-officier dans le train de l'artillerie, et il a laissé un commencement de journal manuscrit de cette expédition. Après six années de dégoûts et d'ennuis passées au service militaire, Claude Tillier rentra dans ses foyers, s'établit maître d'école, se maria en novembre 1828 et, peu de temps après, fut nommé instituteur de l'école communale. Il a soulevé le voile qui recouvre les misères du maître d'étude; écoutons maintenant les amères et trop justes doléances du maître d'école : «... De vous, prélats, ou de nous autres maîtres d'école, lesquels gagnent mieux leur salaire? Nous sommes là du matin au soir, entre vingt groupes qui glapissent comme une meute, à faire marcher cette lourde et paresseuse machine qu'ils appellent une école mutuelle, à enfoncer, comme un manoeuvre enfonce un coin dans un tronc d'arbre, des lettres et des syllabes dans ces durs cerveaux d'enfants , à nous fêler la poitrine et à nous aigrir le sang dans des explications fastidieuses et cent fois répétées... Plusieurs d'entre nous sont doués de brillantes facultés; mais quand leur intelligence voudrait s'envoler vers de pures et hautes régions, il faut qu'ils la clouent par les ailes aux planches de leur estrade. Ils ont un outil d'or, et ils ne peuvent remuer avec que des fanges et des graviers. Vous cependant , nosseigneurs les évêques, que faites-vous pendant ce temps? vous pérorez dans une chaire, vous faites les petits dieux sous un dais... Pour cette rude besogne, le gouvernement vous alloue 10,000 francs par an. Vous voyagez une fois l'an; quand vous avez fait une cinquantaine de lieues, vous revenez, accablés de fatigue, vous reposer dans votre palais, et, pour cette pénible expédition, vous n'exigez pas moins de 2,000 fr. Vous appelez cela des frais de tournée. Hélasï combien d'entre nous seraient au comble de leurs vœux si, pour leur labeur de toute une année, ils recevaient seulement la moitié de ce que vous gagnez en huit jours, à déjeuner, à dîner et à fournir des courses triomphales 1 Birez-vous que c'est votre capacité qu'on rétribue si magnifiquement? Où avuz-vous pris qu'il faille plus de capacité pour être évoque que pour être maître d'école? Un bon instituteur doit tout savoir, uièiiie un peu de
théologie; mais un évoque,! la théologie exceptée, que faut-il qu'il sach£? Je parie que le roi ferait bien des évêques ; biais je le défie de faire un maître d'école. Prétendez-vous que c'est à l'utilité de vos fonctions qu'on proportionne le chiffre de vos appointements? Eh bien I détrompez-vous un£ seconde fois, de ce côté-là nous avons encore sur vous l'avantage. Le diocèse a été quatre mois sans évêque, personne ne s'en es4 aperçu. Les cloches sonnaient, la grand'nÇesse se disait, les femmes allaient à confessé, comme si de rien n'eût été. Il y avait enfville un prêtre de moins, et, depuis que vou4 êtes arrivé, il y a un prêtre de plus. Voilàf tout. Mais si le diocèse restait quatre mois Sans instituteurs, croyez-vous que ce serait l'a même chose?» C'est en 1831 que Tillier conîmença à se faire connaître, admirer et craindre comme écrivain, en collaborant activement au journal d'opposition l'Indépendante qui paraissait alors à Clamecy. Dès son 'coup d'essai, on jugea que Claude Tillier maniait une plume de combat, qui un jour ou l'autre deviendrait redoutable , les intéressés» se hâtèrent de frapper le maître d'école pour atteindre l'écrivain. On proposa à la commune un second instituteur qui devait partager la besogne et les appointements de Tillier. Celui-ci se défendit avec les armes qu'il avait reçues de la nature, armes dures et pointues qui ne se contentaient pas d'effleurer la peau des adversaires, mais la perçaient de part en part. Cette réponse aux administrateurs de la commune peut être considéréecomme le premier pamphlet de Claude Tillier et lui valut huit jours de prison. Dès lors, sa vocation est fixée ; le maître d'école ne sera plus qu'écrivain ; mais il neferaque changer de férulo, car c'est la plume du pamphlétaire qu'il prendra. Au lieu de fustiger les enfants, il fustigera les hommes: « J'ai passé, écrit-il quelque part, par les plus dures épreuves de la vie ; j'ai été écolier, maître d'étude, soldat et maître d'école. Avec ces professions, j'ai toujours cumulé celle de poëte. Le caporal, le chef d'institution, les enfants gâtés, les bonnes mères et l'hémistiche ont été pour moi cinq ennemis implacables qui m'ont incessamment poursuivi. Aujourd'hui, je suis pamphlétaire, pamphlétaire qui a la dent un peu aiguë et dont aucuns portent les cicatrices; mais je ne dirai jamais de la société autant de mal qu'elle m'en a fait. » Et comme on lui jetait à la face comme un opprobre ce nom de pamphlétaire : « Ce nom que vous me jetez, dit-il, je le ramasse, je m'en fais un titre de gloire. Dire la vérité aux hommes, c'est, quoi que vous écriviez, un noble métier. Peu m importe que quelques vieilles cigales et deux ou trois scarabées qui n'ont plus d'ailes fassent bourdonner autour de moi leurs petites colères; j'ai la conscience d'avoir fait un bon usage du peu d'intelligence que Dieu m'a réparti. J'aime mieux être en paix avec moi-môme qu'avec autrui, et je préfère mon estima à celle d'un ramas de badauds qui no me connaissent ni ne me comprennent. « A . ces fières paroles répondaient les encouragements de M. de Cormenin, qui lui écrivait : ■ Vous faites le plus noble des métiers en fabricant des pamphlets politiques et en don- 'nant des leçons de morale et de lecture, car c'est enseigner à la fois les enfants et les hommes. La réputation de Claude Tillier avait grandi rapidement, et les journaux de l'époque ne craignaient pas de le proclamer le Rabelais moderne, le petit-fils de Montaigne et le successeur de Paul-Louis Courier. En effet, raisonnement rigoureux et entraînant, hauteur de vues, ironie franche et gaie alliée parfois à l'énergie la plus âpre, à 1 indignation la plus sincère , originalité sans recherche, style net, incisif, souvent aussi gracieux et orné, simplicité nafve qui s'élève à l'occasion jusqu'au pathétique le plus déchirant, telles sont les qualités qui distinguent les pamphlets de Claude ,Tillier. Et pourtant, c'est le cas ou jamais de le dire : kabent sua fata libelli. La destinée des pamphlets de Tillier a été de ne point dépasser le département dans lequel Us sont nés. Nous nous trompons ; outre l'édition complète des Œuures de Claude Tillier, publiée à Nevers, une autre a été imprimée à Bruxelles en 1855, chez MM. Kiessling et Schnée, et la Belgique serait fortétonnee de savoir qu'en France on connaît à peine un nom qu'elle honore et un talent qu'elle admire. Rappelons-nous, il est vrai, que l'Arioste ayant communiqué son manuscrit de Roland le furieux au cardinal d'Esté : Dove auete pigliato tante coglionerie? lui dit celui-ci en le lui rendant. (Où avez-vous pris tant de... sottises?) Le poëte publia Roland, et l'admiration de l'Italie le dédommagea du mépris du cardinal. Espérons que le public français, à force d'entendre parler de Claude Tillier, voudra enfin le connaître et lui rendre la justice qui lui est due.
En 1841, Claude Tillier fut appelé à Nevers pour y diriger le journal V Association. Littérature et politique, il suffit à tout. En effet, Tillier n'est pas seulement un pamphlétaire, il est t'omancior à ses heures, et, sur les deux ou trois romans qu'il a composés, il a réussi à faire un chef-d'oeuvre, comme fond et comme forme, et qui a pour titre : Mon oncle Benjamin. L'Association ayant cessé de paraître, Claude Tillier, quoique déjà malade, ne se reposa pas. Il entreprit une série de vingtquatre pamphlets, uis une autre de douze,
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dont il ne devait pas voir achever la publication, car il mourut à la peine, âgé de quarante-trois ans. M. Félix Pyat, dont l'autorité en pareille matière est connue, a consacré à Tillier une longue étude qu'il termine ainsi : « Je trouve là, dit-il, un esprit complet, entier, à la fois puissant par lu forme et par le fond, philosophe et artiste, penseur et poôte, ni trop idéaliste comme l'Allemand, ni trop réaliste comme l'Italien, ayant bien le génie de notre nation, le bon sens, cet équilibre parfait du spirituel et du matériel, un véritable écrivain du xviu» siècle, un écrivain vraiment fiançais qui devait naître, comme il est né, au centre même de la France ; car si l'homme c'est le style, on peut dire aussi que la terre c'est l'homme. Telle patrie, tel génie ; tel pays, tel auteur. Le génie est comme le vin, il a une saveur particulière à Son cru, un goût sui generis qu'il doit au sol natal, au terroir. Or, Claude Tillier est né à Clamecy, au milieu de l'ancienne Gaule, non loin de cette zone centrale qui est comme la ligne de démarcation du pays des troubadours et de celui des trouvères, qui a produit tant de prosateurs à Kesprit narquois, à la raison caustique, a la verve moqueuse, qui a vu naître enfin Claude Tillier et Paul-Louis Courier, et le premier de tous les pamphlétaires, de tons les écrivains sardoniques, sarcastiques, satiriques, le père de Montaigne, de Molière, de Voltaire et des autres, le comique par excellence, le grand maître d'ironie, le railleur épique, le prince des philosophes et des poètes, le joyeux Homère de la vieille France, François Rabelais I Si la terre influe sur l'homme, la race y entre aussi pour quelque chose, et Claude Tillier est fils d'ouvrier. Il est né • de souche rude et noueuse, > comme il le dit lui-même, fait de ce bois dur dont on fait ce qui est fort. Enfin, l'éducation a aussi sa part dans l'ensemble L'enfant de la Révolution prend de bonne heure des habitudes de courage, et d'indépendance, qui le font homme de guerre avec la plume comme il eût été avec l'épée. Sa vie d'homme de lettres est un combat. Esprit sain, libre et résolu, le voilà bien avec les trois qualités essentielles et fondamentales qui le distinguent. Dans toutes les questions, vous le verrez du côté de la vérité, de la liberté et de la justice. Soit qu'il attaque la superstition et l'intolérance des prêtres, soit qu'il combatte l'égoïsme et la corruption des riches, dans ses pamphlets ou dans ses contes, dans la polémique sérieuse ou dans la fantaisie du roman, c'est toujours l'homme de la raison, de la Révolution et de l'audace. Sa pensée est toujours droite, généreuse et hardie ; on y retrouve toujours le triple élément que j'ai signalé : dialectique puissante, sentiment démocratique, instinct de lutte ; le philosophe, le peuple et le soldat : tout Claude Tillier.» L'édition complète des Œuvres de Claude Tillier, publiée à Nevers en 1846, comprend trente pamphlets politiques, philosophiques ou religieux, et quatre romans ou nouvelles : Mon oncle Benjamin; Belle Plante et Cornélius; Comment le chanoine eut peur; Comment le capitaine eut peur.
T1LL1ERES-SCR-AVRE, village de France (Eure), canton de Verneuil, arrond. d'Evreux, sur la rive gauche de l'Avre ; t,229 hab. Il est dominé par un château bâti au sommet d'une colline et environné d'un jardin en terrasses. La. voûte du chœur de l'église est chargée de belles sculptures et de pendentifs élégants.
TILLIÈRES (le comte de), diplomate français, qui vivait dans la première moitié du xviib siècle. Il n'est guère connu que par les Mémoires qu'il rédigea à la suite de son ambassade en Angleterre pour y négocier le mariage du prince de Galles (Charles I«r) avec la princesse. Henriette-Marie, sœur de Louis XIII. V, ci-après,
Tillières (MÉMOIRES DU COMTE LE VëNEUR
db), publiés par M. Ch. Hippeau(1862, l vol. in-12)v Le comte de Tillières , descendant d'une ancienne famille de Normandie, envoyé comme ambassadeur à Londres, sous Jacques Ier, par le marquis de La Vieuville pour négocier le mariage du prince de Galles, depuis Charles 1er, avec la sœur de Louis XIII, Henriette-MaHe, avait laissé sur la cour anglaise et sur les événements qui précédèrent la mort tragique de Charles 1er de curieux Mémoires, restés inédits, en la possession de la famille d'Hurcourt, alliée avec Le Veneur de Tillières. M. Ch. Hippeau les a recueillis et fait précéder d'une introduction relative au caractère de cette œuvre qui jette un nouveau jour sur les relations de la France et de l'Angleterre au commencement du xvu« siècle, sur les commencements de la révolution de 1648 et surtout sur les tiraillements intimes du ménage royal.
Henriette-Marie de France, née le 25 septembre 1609, fut mariée à Charles le il mai 1625, un mois après la mort de Jacques 1er. La cour de France avait conduit la jeune reine jusqu'à Amiens, et ce fut pendant ce voyage, au dire des chroniques, que le duc de Buckingham fit pour Anne d'Autriche toutes les folies qui lurent les semences de sa haine contre Richelieu et contre la France.
Le comte de Tillières nous montre Henriette dans les tristesses intimes qui inaugurèrent le malheureux règne de Charles I" et en rapporte surtout la cause au favori, à
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ce même Buckingham. Personne n'a mieux que lui retracé le caractère versatile, léger, soupçonneux, tour à tour faible et despotique du. monarque anglais, entiché,, comme son père, de la ■ prérogative royale, » caractère qui le conduisit à l'échafaud de White- Hall ; personne n'a mieux raconté les mesquines persécutions qu'il infligea à cette jeune princesse de seize ans, chez laquelle il aurait voulu trouver les complaisances d'une courtisane et à qui il reprochait sa dévotion, parce qu'elle répondait mal à ses désirs, lui dont on a fait un martyr du catholicisme. Rien de plus curieux que toutes ces scènes intimes. Henriette, pendant que le roi habitait une de ses maisons de chasse, résidait à Lichtfield. « Là, dit Tillières, le roi venait la voir d'ordinaire le samedi, et quelquefois il demeurait un jour ou deux avec elle. Pendaqt ce séjour, le roi et la reine eurent plusieurs froideurs ensemble; le roi se plaignait qu'elle lui faisait froid. » Tantôt c'était le roi lui-même qui faisait ainsi entendre Ses doléances singulières, tantôt son fidèle messager Buckingham. Un jour, entre autres, celui-ci vint dire à la reine » que, si elle ne changeait pas de style, le temps d'affliction était venu pour elle; qu'elle ne serait plus traitée .en reine , mais comme elle le méritait. » La reine, ne sachant que répondre à ces étranges ambassades, témoignait de son dévouement, de sa bonne volonté ; mais, faute d'explications catégoriques, les choses en restaient là. Une autre fois, le roi fut plus explicite. « Elle était un peu malade, ce dont il ne témoigna pas grand ressentiment (dans la langue du xvno siècle, cela veut dire : ce dont il ne parut guère touché), et il lui dit assez hors de propos :« Le duc de « Buckingham et le duc d'Hamilton m'assu- » rent que, si vous étiez leur femme, ils useo raient de leurs droits de mari bien plus » souvent que je ne le fais encore. Pour le » peu que j exige de vous, vous faites la dif- » ficile. Mais ce n'est pas en cela seulement • que j'ai à me plaindre de vous, mais en a beaucoup d'autres choses; j'attends que » vous soyez guérie pour vous en faire la ré- » primande.» La reine attendit vainement, le roi ne sut lui formuler aucun autre reproche. »
Ces détails donnent une assez triste idée de Charles 1er comme mari, et, comme roi, il était pis encore. Aussi infatué de sa «prérogative royale » que de ses droits de mari ; aussi insolent vis-à-vis du peuple anglais qu'en face de la jeune fille mise dans son lit, non pas par l'amour, mais par la politique, il s'aliéna tous les cœurs en donnant la haute main à son favori dans les affaires d'Etat, comme dans les affaires d'alcôve. C'est au moyen des mémoires particuliers que la vérité finit par se faire jour et par prévaloir dans l'histoire. Les historiens anglais, si abondants et si complets pourtant sur le règne de Charles, ont glissé rapidement sur ces détails, peut-être faute de documents authentiques. Ils les trouveront aujourd'hui dans ce. récit calme, froid, diplomatique et qui, malgré cela ou à cause de cela même, soulève l'indignation contre ce roi que le parti catholique a toujours voulu faire passer comme le plus noble et le plus chrétien des chevaliers.
Enfin, Buckingham, dont la malignité s'amusait de tous les déplaisirs causés à la reine et qui voulait surtout parvenir à faire renvoyer d'auprès d'elle toute 'sa maison française, à laquelle elle tenait beaucoup, Buckingham trouva moyen de monter une petite intrigue assez bien réussie. A travers le langage diplomatique de Tillières et les obscurités volontaires du cardinal de Richelieu, qui a résumé cette aventure dans ses mémoires, il est assez facile de deviner la scène qui fut jouée. Buckingham alla trouver une des dames d'honneur de la reine, la dame du lit, et lui dit, sans plus d'ambages, que le roi se plaignait de la trop grande retenue de la reine avec lui, qu'il désirait d'elle, suivait l'expression de Richelieu, « des caresses plus grandes. » A quelques jours, ou plutôt à quelques nuits de là, le roi trouva ou s'imagina trouver, car ici les relations deviennent fort embrouillées, de notables progrès. En bonne logique, le roi aurait dû être content et de la reine et de la dame du lit; mais ce fut là précisément le joli tour joué par Buckingham; il persuada au roi qu'il fallait chasser une femme qui enseignait le libertinage k la reine, et avec elle toute la maison française. Et le roi entra si bien dans les idées et les passions de son ministre, qu'il résolut de chasser de Londres tous les serviteurs et femmes de chambre, tous les officiers laïques ou ecclésiastiques de la reine. Trois lettres de Charles Ier à Buckingham sur ce sujet sout conservées au British Muséum (Harleian mss. nu6988). Voici la traduction de la plus expressive, datée du 7 août 1626. « Steenie (c'est le nom familier que le roi donnait à son favori), j'ai reçu votre lettre par Die Gream. Voici ma réponse : Je vous com- •mande de renvoyer tous les Français de Londres demain matin. Si vous ne pouvez y parvenir par des moyens de conciliation (ne perdez pas toutefois le temps de discuter avec eux), employez la fpree pour me débarrasser 'de ces bêtes féroces. Embarquez-les, et que le diable les emporte. Charles. R. » c
Ce fut le roi lui-même qui se chargea 'de signifier k In reine l'arrêt de bannissement
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porté, malgré les stipulations du contrat, contre tous ses serviteurs français. » Après que la reine eut dîné, il vint la trouver dans sa chambre, accompagné du duc de Buckingham, et lui témoigna désirer qu'elle vînt dans la sienne. Elle, qui avait déjà eu vent de l'affaire, le pria de l'en excuser et lui dit que ce qu'il aurait à lui dire, il le lui dirait aussi bien dans sa chambre que dans la sienne. Il répliqua alors qu'il voulait qu'elle fît sortir deux femmes de chambre qui étaient avec elle. Quand elles furent dehors, il ferma au verrou toutes les portes et puis s'approcha d'elle et lui prononça l'arrêt de bannissement. Il le faisait, ajouta-t-il, parce que les Français placés à côté d'elle l'empêchaient de la posséder entièrement. • C'était, comme on voit, toujours le même refrain, et cela donne une singulière idée des mœurs conjugales de Charles 1er. La suite de la scène est des plus violentes.
« A ces fâcheux discours, poursuit M. de Tillières, la reine ne répondit rien qu'avec des cris, des pleurs et des sanglots qui la privèrent longtemps de la parole. Quand elle l'eut un peu recouvrée, se jetant à ses genoux, elle le conjura, avec des paroles qui eussent ému les pierres de pitié, de vouloir bien lui laisser ses pauvres serviteurs; elle jura et protesta qu'ils ne lui avaient jamais donné de conseils contraires à son contentement et a son service ; s'il ne voulait les lui laisser tous, qu'il lui en laissât du moins une partie; que s'il avait trop d'aversion pour M"" de Saint-Georges (la dame du lit), il lui laissât la comtesse de Tillières, à qui il avait témoigné tant de bonne volonté. Il ne fléchit aucunement pour cela et continua toujours dans la résolution de chasser tout. La reine tomba dans le désespoir et poussa des cris qui faistiient fendre le cœur de ceux qui les entendaient. Elle demanda la liberté de dire adieu a ses serviteurs; on la lui refusa. Au travers des portes, ses femmes, qui entendaient cette rumeur, voulurent approcher d'une fenêtre pour voir ce qui se passait, et la reine qui les entendait voulut aller leur dire un dernier adieu. Pour y parvenir, elle rompit les vitres. Le roi la suivit pour l'en empêcher; elle prit, les barreaux de fer qui étaient à la fenêtre pour s'y accrocher j mais il la retira si rudement, qu'il lui déchira sa robe et lui écorcha les mains. »
La joli ménage royal 1 Et par surcroît Buckinghum était là, contemplant la scène de son air sournois et railleur. Ses machinations avaient enfin abouti. Mais M. de Tillières remarque que ces violences, bientôt connues à Paris, et l'infraction au contrat qui stipulait, pour la reine, le droit de conserver sa maison française, allumèrent la guerre entre les deux grandes nations. La guerre,
?ui devait aboutir à la prise de La Rochelle, ut le résultat de la folie et de la vanité de Buckingham, en même temps que de la vengeance de Richelieu. « L'un et l'autre s'étaient piqués pour des suscriptions de lettres et autres bagatelles de peu de conséquence, ce qui me fait trouver bien raisonnable le dire d'un certain Italien, que la plupart des hommes ne savaient pas con quanto poco cervello si governava il mondo; car ces deux personnes, ministres de deux grands Etats, les brouillaient pour des choses qui n'auraient pas obligé deux servantes de cuisiné à. s'injurier.
■ Cette mauvaise conduite du duc de Buckingham, ou son malheur, ou son destin, poursuit Tillières, lui lit dans ce temps-làrencontrer la mort à Portsmouth, par les mains d'un Anglais qu'il avait offensé en particulier et qui voulait venger aussi les maux qu'il faisait à son pays. La reine d'Angleterre fut une des personnes qui gagnèrent le plus à sa mort. •
Le roi, en effet, avait une grande inclination pour elle, et, après la mort du favori, il parut s'en rapprocher. J'hais ce fut alors la reine qui donna à Charles et à la nation de vifs sujets de plaintes. Quelque délicatement que Tillières touche à ce sujet, il ne peut s'en taire, et ce n'est pas la révélation la moins piquante de ses mémoires : « Pendant' le gouvernement de sir Richard Weston, ait-il (Weston, créature de Buckingham, lui avait Succédé), commencèrent les affections « in- » nocentesi de la reine pour sir Henri Jermyn, le petit Montaigu et sir Thomas Perny, affections fort importantes pour elle et pour l'Etat et qui ont donné le branle en partie aux brouilleries qui troublent maintenant l'Angleterre. Elle les prit, je le dis sans flatterie, mais avec vérité, par un seul désir de se divertir dans la conversation et sans autre dessein que de se servir de leur esprit pour son contentement. Pourquoi les prit-elle pour cela plutôt que d'autres? Je ne puis le dire. Les princes ont des goûts aussi bizarres que les particuliers, et peut-être que le sien était de cette nature-là. • La reine, qui plus tard, veuve de Charles l" et veuve d'une façon si tragique, épousa précisément l'un de ces tr*ois favoris, sir Henri Jermyn, et vécut avec lui au château de Colombes, a réduit elle-même à néant toutes ces disculpations du prudent diplomate. C'est en vain qu'il représente comme des calomnies les bruits qui coururent alors et soulevèrent les rumeurs des rigides puritains; en vain il trouve dans la continuation de ces relations, malgré les clameurs publiques, une preuve de leur innocence, l'innocence pouvant seule, dit-il,
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donner à la reine une telle assurance; l'événement semble avoir justifié les suppositions contraires. Du.moins doit-on dire que Tillières ne ménage pas à la reine les sages conseils, et, lorsqu'il parle des remontrances que lui firent à ce sujet quelques serviteurs dévoués, on doit penser que c'est lui-même qu'il a en vue. « De tous ces avis elle fit peu de cas, ajoute-t-il, croyant qu'aux personnes de sa qualité toutes choses sont permises quand elles ne sont que dans l'apparence, ou préférant son divertissement à tout. » Il est avéré que les puritains prirent texte de cette situation, qu'ils traitaient de scandaleuse, pour miner la royauté.
Les Mémoires du comte de Tillières sont complétés par une série intéressante de pièces justificatives. Outre les Négociations secrètes de Richelieu avec les catholiques d'Ecosse (1628), on y trouve des lettres de Marie de Médicis, de Louis XIII, de la reine Henriette, du connétable de Luynes, du duc de Chaulnes, de Bassompierre, dont de Tillières épousa la sœur, et du cardinal de Richelieu. L'orthographe originale de ces documents, fidèlement reproduite, montre que la reine d'Angleterre traitait l'orthographe avec le plus royal dédain.
TILLIOT (Jean-Baptiste Lucotte, seigneur du), philologue français. V. Du Tilliot.
TJLLOCH (Alexandre), inventeur et publiciste anglais, né à Glascowen 1759, mort en 1825. Ses premières recherches se portèrent sur les perfectionnements de l'arttypographique,et il trouva un procédé qui avait beaucoup d'analogie avec la stéréotypie. Il l'exploita
f tendant quelque temps en commun avec Fouis, imprimeur de l'université de Glascow, mais il y renonça, en apprenant qu'il avait été précédé dans cette découverte par un bijoutier d'Edimbourg, qui, quelque cinquante ans avant lui, avait aussi fait de semblables essais. Il acquit alors à Londres le journal The Star, dont il fut pendant plusieurs années l'un de3 collaborateurs les plus actifs. Il fonda en outre, dans la même ville, le Pldlosophical Magazine, recueil périodique pour les sciences mathématiques et physiques, qui prospéra beaucoup sous sa direction et qui passa ensuite sous celle de Taylor. 11 continuait en même temps ses recherches relatives à l'art typographique et avait trouvé un procédé pour empêcher la contrefaçon des bank-notes; n'ayant pu le faire accepter au gouvernement anglais, il sa^endit eu France, où l'on cherchait alors à empêcher la contrefaçon des assignats ; mais le discrédit dans lequel tomba rapidement ce papier-monnaie empêcha qu'on eût recoursa son procédé.
Enfin, vers la fin de sa vie, il s'était occupé du perfectionnement des machines à vapeur et avait même pris un brevet dans ce but.
TILLOÏDE s. m. (ti-llo-i-de; Il mil. — de tille, et du gr. eidos, aspect). Entom. Genre d'insectes coléoptères, voisin des tilles.
TILLOT s. m. (ti-Ilo; Il mil). Bot. Nom vulgaire du tilleul des bois ou à petites feuilles.
TILLOT (Guillaume-Léon du), marquis DE FiïLino, homme d'Etat, né à Bayonne en 171 l, mort à Paris en 1774. Il obtint un emploi dans les bureaux ministériels, où il se fit remarquer par son activité et par son intelligence des affaires, puis devint lintendant de Philippe, duc de Parme (1749). Du Tillot s'attacha à provoquer d'utiles réformes, à combattre les prétentions de la cour de Rome et à rétablir l'ordre et l'économie dans les finances. Mais, sur ce dernier point, ses conseils ne furent point écoutés et, par suite des prodigalités de la duchesse Elisabeth, Philippe de Parme se vit bientôt chargé de grosses dettes. Louis XV, roi- de France et beau-père de ce prince, consentit à payer ses dettes, mais à la condition que du Tillot serait chargé a\p ministère des finances. Ce dernier se montra à la hauteur de sa mission. Il créa des manufactures, fonda une école militaire pour les jeunes nobles, une école des beauxarts, restaura les monuments publics, mit des entraves à l'accaparement des biens par le clergé et reçut du duc Philippe, en récompense de ses services, le titre de marquis de Felinoen 1765. Ce prince étant mort cette même année, du Tillot prit la direction générale des affaires sous le jeune duc Ferdinand. En 1768, il publia un arrêté par lequel tout écrit venant de Rome ne pouvait être valable qu'après l'exequatur ducal; Clément XIII ayant déclaré cette disposition nulle et téméraire, et affecté de mettre dans ses lettres : « nos duchés de Parme et de Plaisance, » du Tillot répondit au pape en chassant les jésuites, en abolissant l'inquisition et en supprimant plusieurs monastères. Vers la même époque, il fonda à Parme une université, dans laquelle il attira les professeurs les plus distingués de l'Italie et qui devint bientôt célèbre. Du Tillot avait tait de Parme une brillante Athènes, lorsque ses ennemis, soutenus par le duc Ferdinand, parvinrent à le faire remplacer comme ministre par l'Espagnol Llano. Il se rendit alors à Madrid, puis à Paris, où il termina sa vie. Cet homme d'Etat avait de la dignité, de l'éloquence, de la politesse et toutes les qualités qui rendent un homme parfait, dit M. botta. ■ Econome avec magnificence, dit de son côté'Cantu, ferme avec douceur, désintéressé, du Tillot savait descendre dans les moindres
TILL
détails, comme s'il eût géré un patrimoine privé ; cependant il ne perdait jamais de vue l'unité de l'administration, et non-seulement ses faibles revenus purent suffire à tous ses besoins, mais il trouva moyen de les faire servir à la splendeur du duché. »
TILLOTIER s. m. (ti-llo-tié ; Il mil — rad. tillotte). Pêche. Batelier pêcheur qui se sert habituellement d'une tillette.
T1LLOTSON (Jean), théologien anglais, né à Sowerby (comté d'York) en 1630, mort à Londres en 1694. 11 fit ses études à l'université de Cambridge, et, en 1661, abjura les doctrines calvinistes, dans lesquelles il avait été élevé, pour adopter celles de l'Eglise anglicane. Le talent extrêmement remarquable dont il fit preuve dans la prédication lui valut, en 1672, le doyenné de Cantorbéry ; mais son zèle à opérer des conversions le fit mal voir de la cour, et il indisposa contre lui Jacques II, en s'opposant de toutes ses forces au rétablissement de la religion catholique. Il jouit, en revanche, de la faveur de Guillaume III et de Marie, sous le règne desquels il devint successsivement doyen de Saint- Paul de Londres, secrétaire royal (1689) et archevêque de Cantorbéry. Ses Sermons ont été souvent réimprimés; on estime surtout l'édition en 12 volumes qu'en a donnée Warburton,et celle du docteur Bireh (1820, 10 vol. in-8«). L'historien Thomas Birch a écrit la biographie de Tillotson (Londres, 1752, in-8°), souvent rééditée. Ce théologien est regardé à juste titre comme un des plus grands prédicateurs de l'Angleterre. Son éloquence simple, élégante, élevée, à la dialectique claire et serrée, a quelque analogie avec celle de Massiilon. « Outre l'étude qu il avait faite des mouvements oratoires qui conviennent le mieux à la chaire et des divers genres d'érudition qu'elle exige, dit M. P. Louisy, il eut pour principale règle de fuir l'exagération , la grossièreté , le mauvais goût qui avaient tant contribué au discrédit des sectes puritainesl Son langage fut clair, précis, émouvant sans affectation, élevé saus violence ni fausse pompe, assez élégant pour plaire aux gens du monde, mais d une simplicité qui ne dépassait pas l'intelligence du peuple. C'est ce rare degré d'excellence qui lui gagna les applaudissements de tous ceux qui l'entendirent et qui attirait en foule autour.de lui les membres des nombreuses congrégations où ii fut invité à exercer son ministère. » La version française que Barbeyrac a donnée de ses sermons (1722) n'est le plus souvent qu'une paraphrase.
TILLOTTE s. f. (li-llo-tejM mil. — rad. iiller). Instrument dont on se sert pour broyer le chanvre.
— Pêche. Petit bateau léger, terminé en pointe, dont on se sert pour pêcher dans les endroits où il y a peu d eau.
TILLOTTER v. a. ou tr. (ti-llo-té — rad. tillotte). Briser, rompre avec la tillotte : TiLlotter le chanvre.
TILLY s. m. (ti-lli; Il mll.).Ornith. Espèce de grive, qui habite les Antilles.
TILLY-SCR-SEULLES, bourg et ccmmune de France (Calvados), ch.-l. decarit,,arrond. de Caen, dans une jolie vallée boisée ; pop. aggl., 439 hab.,— pop. tôt., 1,127 hab. Eglise en partie du XI0 siècle; magnifique château du xvme sièele, entouré de beaux paysages.
TILLY (Jean Tzerclaes, comte de), un des plus célèbres généraux de la guerre de Trente ans, né au château deTilly (Brabant) en 1559, mort à Ingolstadt en 1632. Il porta d'abord l'habit de jésuite, puis se fit soldat, combattit en Hongrie contre les Turcs et reçut, au début de la guerre de'Trente ans, un commandement de Maximillien de Bavière, chef de la ligue catholique. Il se distingua à la bataille de Prague (1620), battit ensuite Ernest de Mansfeld et lui enleva plusieurs places, triompha du margrave de Bade à Wimpfen, puis de Christian de Brunswick à Hœchst (1622) et à Stadtloo (1623), écrasa l'armée danoise à Lutter (1626), ce qui lui valut une lettre flatteuse du pape Urbain VIII, conclut la paix de Lubeck avec le Danemark (1629) et remplaça "Wallenstein dans le commandement en chef des armées impériales (1630). Après avoir secouru Francfort-Sur-l'Odèr(l63l), il emporta Magdebourg et la dévasta. Là fut le terme de ses succès. Le roi de Suède, Gustave-Adolphe, gagna sur lui la décisive bataille de Leipzig (1631), la repoussa en Souabe, puis en Bavière, où il voulut en vain barrer à son terrible ennemi le passage du Lech ; vaincu et blessé mortellement pendant l'action, il mourut peu de jours après à Ingolstadt, laissant la réputation d'un des meilleurs généraux de son siècle. Il excellait à opérer d'habiles manœuvres, et exécutait ses plans avec une rapidité et une vigueur étonnantes. Au courage il joignait la ruse, mais aussi la cruauté. Les horreurs qu'il laissa commettre sous ses yeux, surtout lors de la prise de Magdebourg (1631), laissent sur son nom une tache ineffaçable. Aveuglé par son fanatisme religieux, il ne reculait devant aucune mesure pour arriver à l'extirpation de l'hérésie et se montrait impitoyable. Sa sévérité et sa rudesse lui avaient fait donner par'GuStave-Adolphe le surnom de Vleu* caporal. Il était sobre, continent, ennemi du luxe et de la représentation, d'un désintéressement extrême, qui lui fit refuser la principauté de Kalenberg ,
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dont l'empereur voulait lui faire don. Au physique, il était de taille moyenne et d'un aspect repoussant.
TILLY (Jacques-Pierre-Alexandre, comte de), littérateur français, né au Mans en 1764, mort par suicidé h Bruxelles en 1816. Il fut d'abord page de Marie- Antoinette, puis officier de dragons, mais ne tarda pas à abandonner la carrière des armes. Lorsque la Révolution eut éclaté, il manifesta avec chaleur ses opinions royalistes dans des articles insérés dans les Actes des Apôtres est la Feuille du jour, et émigra après la journée du 10 août. Après avoir séjourné successivement en Angleterre, aux Etats-Unis, à Hambourg, en Prusse (1801), où il devint chambellan du roi, il obtint, vers 1807, de rentrer en France, où il mena, comme avant la Révolution, une vie orageuse et déréglée. Uno action coupable, que lui fit commettre sa passion pour le jeu, le porta à se donner la mort. C'est à lui qu'on doit ce distique si connu sur Louis XVI :
Il ne But que mourir, aimer et pardonner; S'il avait bu punir, il aurait su régner. On lui doit: Œuvres mêlées ("Paris, 1785, in-8"); Lettre à M. Philippe d'Orléans (Paris, J790, in-8°); Lettre d Louis XVI (Paris, 1793, in- 8°); De la Révolution française en 1791 (Londres, 1795, in-8°); Mémoires pour servir A l'histoire des mœurs de la fin du xvme siècle (Londres, 1828, 3 vol. in-S°). C'est un tableau assez fidèle de la société dissipée de co temps-là.
TILLY (comte de), général français, d'une autre famille que le précédent, né en Normandie, mort à Paris en 1822. Il suivit do bonne heure le métier des armes, adopta avec chaleur les principes de la Révolution, devint colonel de cavalerie en 1792, aide do camp de Dumouriez, se conduisit brillamment à la défense de Gertruydenberg, dont il avait reçu le commandement, et fut nommé, bientôt après, général en chef de l'armée des côtes de Cherbourg, où il remporta plusieurs avantages. Tilly servit ensuite à l'armée du Nord et à celle de Sambre-et-Meuse, devint gouverneur de Bruxelles en 1796, combattit sous l'Empire en Autriche, en Prusse, en Pologne, en Espagne et fit partie, pendant les Cent-Jours, de la Chambre des députés, à laquelle ii avait été envoyé par le département du Calvados. C'était un officier brave, mais peu capable de commander une armée.
TILODÉE s. f. (ti-lo-dé — de tille, et du gr, eidos, aspect). Entom. Syn. de tille, genre d'insectes.
T1LCEE ou DJELDOEB, Ho de Norvège, sur la côte du Nordland, dans le golfe de Salem. Elle n'est visitée que par des pêcheurs et des pâtres. Bredsdorf, auteur d'une dissertation surl'ultima Thulé i\e3 anciens, pense que cetto lie pourrait bien être celle dont parle Pythéas, son nom ayant assez de rapport avec Thulé.
TILSIT ou TILSE, ville de Prusse, au confluent de la Tilse ou Tilsola, et du Niémen, que l'on y passe sur un pont de bateaux, à 60 kilom.N.-N. -O.de Gumbinnen; 16,000 hab.; ch.-l. du cercle; bureau principal dédouane, gymnase évangélique, tanneries, brasseries, distilleries; centre des relations commerciales entre l'Allemagne et la Russie; commerce important en bois, grains, etc.; grand marché aux chevaux. Le château et le gymnase sont les édifices les plus remarquables de Tilsit. Patrie du poète Max Schenkendorf. Cette ville est surtout fameuse par l'entrevue qui y eut lieu et par le traité qui y fut conclu en 1807, entre l'empereur Alexandre, le roi de Prusse, Guillaume III, et Napoléon I«r. Nous allons en parler ci-après.
Tliaii (entrevue et traitb de). Après la bataille de Friedland (juin 1807), les troupes russes se hâtèrent de mettre le Niémen entre elles et l'armée française, qui les poursuivait l'épée dans les reins. Napoléon s'établit à Tilsit, petite ville située en deçà du fleuve, et y signa une suspension d'armes avec le prince de Labanoff et le maréchal de Kalkreuth, agissant au nom de leurs souverains, l'empereur Alexandre et le roi de Prusse. Ces derniers ressentaient plus vivement encore la nécessité d'ouvrir des négociations pour une paix définitive, et le prince de Labanoff s'en ouvrit franchement à Napoléon en lui laissant entrevoir le désir qu'éprouvait son maître de s'entendre directement aveu un homme qu'il avait appris à admirer autant qu'à redouter. Napoléon souscrivit à ce vœu avec empressement, et l'entrevue fut fixée au lendemain 25 juin. Un large radeau fut établi par ses ordres au milieu du Niémen, à égale distance des deux rives du fleuve, portant un pavillon destiné à recevoir les deux monarques. Le jour fixé, à une heure de l'aprèsmidi, Napoléon monta de son côté dans uno barque, accompagné de Murât, Berthier, Bessières, Duroc et de Caulaincourt , tandis qu'Alexandre quittait l'autre rive avec le grand-duc Constantin, les généraux Benningsen et Ourvanvw, le prince Labanoff et le comte de Lieven. En s'abordant, Alexandre et Napoléon se jetèrent cordialement dans les bras l'un de l'autre. Napoléon et Alexandre entrèrent ensuite dans le pavillon et en vinrent ii dé franches explications sur les motifs qui leur avaient mis les armes ù la main. Pourquoi se faisaient- ils la guerre, si ce n'est au profit de l'égoïste Angleterre,
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qui en recueillait les bénéfices sans en courir les risques? Napoléon, avec sa sagacité, sa connaissance des hommes, eut bien vite démêlé chez son interlocuteur quel était le mobile secret de toutes ses actions. C'était l'orgueil, l'ambition de jouer un grand rôle, et le vainqueur de Friedland, avec son irrésistible puissance de séduction, s'attacha à faire miroiter aux yeux d'Alexandre les plus brillantes perspectives.
Il est fort difficile, pour ne pas dire impossible, de savoir exactement la nature des entretiens qui eurent lieu k Tilsit, entre Alexandre et Napoléon. Une foule de commentaires ont été faits à ce sujet. Nous suivons ici la narration de l'éloquent historien du Consulat et de l'Empire, qui a pu, mieux que personne, baser son récit sur des documents authentiques.
Les deux souverains convinrent de continuer leurs entrevues à Tilsit, qu'on neutraliserait à cet effet. Restait» entamer la cause de ce malheureux roi de Prusse, qu'Alexandre avait entruîné dans cette guerre funeste, et qui se trouvait à son quartier général. Comme les deux'souverains devaient se rencontrer encore le lendemain sur le Niémen, en attendant que les préparatifs fussent terminés à Tilsit, il fut convenu qu'Alexandre serait accompagné de son allié. Napoléon accueillit ce dernier avec les égards dus à son rang et à ses malheurs, mais en lui faisant clairement entendre que les frais de la guerre seraient lourds pour la Prusse. Ce même jour (26 juin), l'empereur de Russie se rendit à Tilsit, où il fut reçu par Napoléon, et le lendemain les deux empereurs passèrent en revue la garde impériale française. C'est dans cette circonstance qu'Alexandre, apercevant un vétéran à la figure toute balafrée, qui leur présentait les armes sur leur passage, s'arrêta un instant et parut le contempler avec curiosité. « Sire.'dit Napoléon en saisissant l'k-propos, que dites-vous de soldats qui survivent k de pareilles blessures ? — Et vous, sire, riposta Alexandre avec esprit, que dites-vous de ceux qui les font? — Ils sont morts 1 » dit fièrement le soldat, évitant à Napoléon l'embarras d'une réponse, et se mêlant ainsi, par ce mot simple et héroïque, à la conversation des plus puissants potentats du monde. "Sire, dit Alexandre en s'inclinant avec courtoisie, vous êtes partout le vainqueur. — C'est que la garde a donné, » reprit Napoléon en riant et faisant de la main un signal amical k son vieux grognard.
Napoléon n'ignorait certes pas l'ambition traditionnelle qui a toujours tenu les regards de la Russie tournés vers l'Orient, et il se promettait bien de faire vibrer cette corde dans le coeur d'Alexandre.. En ce moment même, il apprit que le sultan Séliin, son allié, venait d'être précipité du trône par une révolte des janissaires, ce qui le rendait tout à fait libre du côté de la Turquie. On en vint bientôt a l'éventualité du partage de l'empire turc; mais Napoléon n'entendait céder Constantinople k qui que ce soit, et un jour,M. de MénevaljSon secrétaire, l'entendit s'écrier : i Consttmtinople 1 Constantinople 1 jamais I C'est l'empire du monde ! » Toutefois, comprenant que, pour s'attacher son nouvel allié il fallait, avec les perspectives brillantes qu'il lui ouvrait du côté de l'Orient, lui assurer des garanties plus positives aux portes de son empire, il lui faisait entrevoir la Finlande et les provinces danubiennes comme prix du concours de la Russie aux projets de la France. Une alliance intime, a la fois offensive et défensive, fut dès ce moment convenue entre la France et la Russie, qui s'engageaient à, n'avoir à l'avenir que les mêmes amis et les mêmes ennemis. Les deux puissaats souverains se faisaient d'avance la part du lion. Quant à la Prusse, quoique l'alliée d'Alexandre, elle allait payer cet arrangement de la moitié de ses provinces. Frédéric-Guillaume eut k cet égard, avec Napoléon, une scène des plus vives, où il laissa éclater toute l'amertume de ses ressentiments; mais cette protestation désespérée ne devait éveiller aucun sentiment dans l'âme obstinée du conquérant. Son siège était fait, il lui fallait la moitié des Etats prussiens pour remplir les exigences de ses combinaisons. Etonnons-nous, après cela, des haines implacables que nous avons soulevées de l'autre côté du Rhin I
Le 8 juillet 1807 fut signé ce fameux traité de Tilsit, qui a été l'objet de tant de commentaires de la part des historiens, des publicistes et des pamphlétaires. Laissons ici la plume à M. Thiers, qui a nettement reproduit les principales clauses du traité.
» Il y eut trois genres de stipulations :
» Un traité patent de la France avec la Russie, et un autre de la France avec la Prusse ;
» Des articles secrets ajoutés k ce double traité -,
» Enfin un traité occulte d'alliance offensive et défensive entre la France et la Russie, qu'on s'engageait k envelopper d'un secret absolu, taut que les deux parties ne seraient pas d'accord pour le publier.
> Les deux traités patents entre la France, la Russie et la Prusse contenaient les stipulations suivantes ;
• Restitution au roi de Prusse, en considération de l'empereur de Bussie, de la vieille Prusse, de la Poméranie, du Brandebourg, de la haute et basse Silésie ;
TIMA
» Abandon à la France de toutes les provinces à la gauche de l'Elbe, pour en composer, avec le grand-duché de Hesse , un royaume de Westphalie, au profit du plus jeune des frères de Napoléon, le prince Jérôme Bonaparte ;
> Abandon des duchés de Posen et de Varsovie, pour en former un Etat polonais, qui, sous le litre de grand-duché de Varsovie, serait attribué au roi de Saxe, avec une route militaire à travers la Silésie, qui donnât passage d'Allemagne en Pologne ;
« Reconnaissance par la Russie et par la Prusse de Louis Bonaparte en qualité de roi de Hollande, de Joseph Bonaparte en qualité de roi de Naples, de Jérôme Bonaparte en qualité do roi de Westphalie; reconnaissance de la confédération du Rhin et, en général, de tous les Etats créés par Napoléon;
» ...Enfin, médiation de la Russie pour rétablir la paix entre la France et l'Angleterre;
» Médiation de la France pour rétablir la paix entre la Porte et la Russie.
» Les articles secrets contenaient les stipulations suivantes :
» Restitution aux Français des bouches du Cattaro;
» Abandon des Sept-Iles, qui devaient désormais appartenir à la France en toute propriété;
• Promesse, k l'égard de Joseph, déjà reconnu roi de Naples dans le traité patent, de le reconnaître aussi roi des Deux-Siciles, quand les Bourbons de Naptes auraient été indemnisés au moyen des Baléares ou de Candie ;
• Promesse, en cas de réunion du Hanovre au roya-jine de Westphalie, de restituer à la Prusse, sur la gauche de l'Elbe, un territoire peuplé de 300,000 ou de 400,000 habitants;
» Traitements viagers, enfin, assurés aux chefs dépossédés des maisons de Hesse, de Brunswick, de Nassau-Orange.
> Le traité occulte, le plus important de tous ceux qui étaient signés dans le moment, et qu'on se promettait d'envelopper d'un secret inviolable, contenait l'engagement, de la part de la Russie et de la France, de faire cause commune en toute circonstance, d'unir leurs forces de terre et de mer dans toute
fuerre qu'elles auraient à soutenir; de prenre les armes contre l'Angleterre si elle ne souscrivait pas aux conditions que nous avons rapportées, contre la Porte si celle-ci n'acceptait pas la médiation de la France, et, dans ce dernier cas , de soustraire les provinces d'Europe aux vexations de la Porte, excepté Constantinople et la Roumëlie. Les deux puissances s'engageaient à sommer en commun la Suède, le Danemark, le Portugal, l'Autriche elle-même, de concourir aux projets de la France, et de la Russie, c'està-dire de fermer leurs ports k l'Angleterre et de lui déclarer la guerre. »
Le lendemain (9 juillet) de la signature de ce traité, qui constituuit la France et la Russie'les deux arbitres du monde, Napoléon et Alexandre se tirent leurs adieux et s'embrassèrent une dernière fois, sur les bords du Niémen, au milieu des acclamations enthousiastes des deux armées.
On peut dire que Tilsit marque l'apogée de la gloire et de la puissance de Napoléon; mais quelques années k peine devaient suffire à renverser l'édifice colossal qu'il y avait élevé. C'est que rien de durable ne se fonde par la force : il faut au monument les assises éternelles de la justice et du respect dû aux légitimes aspirations des peuples.
T1M , rivière de la Russie d'Europe. Elle prend sa source dans le gouvernement de Koursk, district et à 10 kilom. de Tim, coule d'abord à l'E., en passant par la ville de son nom, tourne au N., entre dans le gouvernement d'Orel et se jette dans la Sosna , k 25 kilom. de Livni, après un cours de 150 kiloin.
TIM, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et k 70 kilom. de Koursk, ch. -1. de district, sur la rivière de son nom; 2,500 hab.
TIMA s. m. (ti-ma — du gr. timè, honneur). Acad. Genre d'acidèphes médusaires, dont l'espèce type vit dans la mer des Açores.
T1MAGEM5, historien grec, né à Alexandrie, vivait au icr siècle avant notre ère. Il fut fait prisonnier quand Gabinius vint assiéger cette ville pour rétablir le roi Ptolémée Aulète (55 av. J.-O), amené k Rome et vendu comme esclave à Faustus , fils de Sylla, qui l'affranchit. Sa détresse le contraignit-d'exercer tour à tour les métiers de cuisinier, de porteur de chaise et de rhéteur. L'amitié d'Asinius Pollion lui procura la faveur d'Auguste; mais son penchant à ta raillerie le fit chasser du palais impérial. Il avait composé l'Histoire d'Auguste, qu'il livra aux flammes après sa disgrâce, une Histoire des rois (Alexandre et ses capitaines), une Histoire des Gaules et un Périple. Tous ces ouvrages sont perdus.
TIMAL1E s. f. (ti-ma-lî). Ornith. Genre d'oiseaux, formé aux dépens de3 brèves et des fourmiliers : .M. de Lafresnaye a publié un mémoire fort intéressant sur les timalies. (Z. Gerbe.)
T1MAN ( a TIMOAN, île du détroit de Malacca, prèi de la côte E. de la péninsule de
TIMA
ce nom , par 2° 45' de latit. N. et 106<>35' de longit. E.; 1S kilom. de longueur sur 12 de largeur. Sa surface est montneuse et couverte de bois. Habitée par les Malais.
TIMANA, ville de l'Amérique du Sud (Nouvelle-Grenade), département de Cundinamarca, province de Neyba, k peu de distance des sources de la Magdalena ; 2,500 hab. Commerce i jnsidérable des nombreux produits de son territoire.
TIMANDRE s. m. (ti-man-dre). Entom.
Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des phalénides ou des géomètres,
TIMANNI, royaume de la Nigritie occidentale, sur la côte de Sierra-Leone, au S. du territoire des Mandingues. Ce pays, qu'arrosent la Rokelle et ses affluents, renferme d'épaisses forêts. Chaque chef de village y esta peu près indépendant: la volonté du chef suprême cède devant les volontés réunies des citoyens et des chefs subalternes, et ceux-ci paraissent élus par le peuple. Les principales localités deTinianni sont Rokon, Roketcik, Malboung et Mayosse.
TIMANTHE, célèbre peintre grec, rival de Parrhasiu», né probablement à Cythnos, une des Cyclades, vers 400 av. J.-C. On ne sait rien rie la vie de cet artiste, qui paraît avoir excellé dans l'art de traduire, de la façon la plus satisfaisante, les passions qu'il voulait exprimer. Etant entré en lutte avec Parrhasius, dans la ville de Samos, il remporta le prix avec un tableau intitulé : Ajax outré de colère contre les chefs de l'armée grecque, gui avaient adjugé à Ulysse les armes d'Achille. Son chef-d'œuvre était son fameux Sacrifice d'Jphigénie, qui se voyait encore à, Rome sous le règne d'Auguste, Près de la jeune fille qui va être immolée, Timanthe avait représenté Calchas, Ulysse, Ménélas et le père de la victime, Agamemnon. Avec un art infini, il avait donné aux trois derniers une expression de douleur qui variait selon leurs caractères propres. Quant au dernier, il lui avait voilé la face, dans l'impossibilité où il se trouvait, au dire des anciens, de donner à sa douleur paternelle une expression suffisante. Parmi ses autres œuvres, ou cite un Héros, qu'on voyait encore du temps de Vespasien dans le temple de la Paix, k Rome ; le Cyclope endormi et Palamède tué par surprise, dont l'expression saisissante remplissait Alexandre d'admiration.
TIMANTHE DE CLÉCKNE, célèbre athlète dont parle Pausftiiias. Il fut plusieurs fois couronné aux jeux Olympiques, et on lui consacra, dans le bois d'Olympia, une statue, ouvrage de Myron d'Athènes, Timanthe, dit Pausanias, finit ses jours d'une manière extraordinaire ; voici comment on raconte sa fin : • Il avait quitté, dit Pausanins, la profession d'athlète, à cause de son grand âge ; mais, pour conserver ses forces par un exercice convenable, il tirait de l'arc tous les jours, et son arc était fort difficile à manier. Etant obligé de faire un voyage, il interrompit quelque temps cette habitude ; quand il voulut la reprendre, son arc était trop dur à tendre ; il n'eut plus la force de s'en servir. Ne se retrouvant donc plus luimême, il en eut taut de déplaisir, qu'il alluma son propre bûcher et se jeta dedans, action qui, à mon avis, tient plus de la folie que du courage. ■
Ce trait peut rappeler la conduite de ces vieux artistes qui, chagrins d'avoir perdu leur talent, ne dressent pas leur bûcher comme Timanthe, mais s'éteignent de langueur et d'ennui.
TIMAR s. m. (ti-mar — mot turc). Bénéfice accordé k un soldat turc, à la charge de s'entretenir et d'entretenir un nombre déterminé de cavaliers.
— Encycl. Les timars avaient été le fruit de la spoliation des seigneurs chrétiens et du clergé. Les timars faisaient vivre 150*000 hommes,-dont un- tiers de cavalerie et le reste d'infanterie. A peine un timar était-il vacant par le décès du possesseur, qu'une foule de postulants s'empressaient de solliciter le même usufruit aux mêmes conditions. Le Grand Seigneur prononçait en faveur des héritiers ou à son gré. Les timars de classe supérieure, possédés par les dignitaires de l'Empire,, étaient au moins de 500 acres et se nommaient ziamehts; las timars de seconde classe étaient de 300 à 500 acres.
TIMARCHE s. m. (ti-mar-che). Entom.
Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des cycliques, tribu des chrysomèles, comprenant une quarantaine d'espèces, dont le type est répandu en Europe.
TIMARCHIE s. f. (ti-mar-chî — gr. timarchia; de timé, honneur, et archia, commandement). Hist. gr. Dignité de timarque.
TIMARIOT s. m. (ti-raa-ri-o — rad. timar). Soldat turc qui jouit d'un timar.
— Encycl. Lorsque le timar s'élevait audessus de 15,000 aspres, le timariot s'appelait subassi. Il y avait, en outre, des timanots bernobets, ikmalers, isels. Comme les timariots étaient riches, la loi leur faisait un devoir de s'armer, de s'équiper, de servir à leurs frais, et d'amener en campagne un certain nombre de leurs gens. Le temps de leur service était fixé par un firman. Dans les cas de désobéissance, les limariots étaient soumis à des' amendes assez dures. Les lima-
' TIMB
riots de Natolie qui ne répondaient pas à l'appel étaient privés d'une année de leurs revenus. Ils étaient subordonnés, par circonscription, k un sandjak ou àunbey. Lacréation des janissaires avait eu pour but de remédier k la débilité de l'infanterie fournie par les timars, car l'organisation des timariots tomba rapidement en décadence. Depuis longtemps, il est à peu près impossible d'avoir recours à leurs services. Les cavaliers de ces troupes féodales recevaient le nom de zaïms, de bégliers. Par opposition à ces timariots, on nommait rayas les musulmans non obligés au service féodal et qui formaient une sorte de milice communale.
TIMARQUE s. m. (ti-mar-ke — gr. iimarehos, de timé, honneur, et archos, chef). Hist. gr. Titre des premiers magistrats de certaines républiques.
TIMARQUE, orateur athénien, célèbre par le plaidoyer qu'Eschine composa contre lui. Il vivait au ive siècle avant notre ère. Démosthène avait entrepris de traduire Eschine devnnt les tribunaux athéniens, pour lui faire rendre compte de son ambassade k Philippe; depuis longtemps, il le soupçonnait de s être laissé corrompre par l'or macédonien ; enfin il avait obtenu action contre lui, et Timarque, qui quoique jeune avait obtenu un poste important dans la république, s'était joint à, lui pour le seconder. Avant que l'affaire eût été déférée aux tribunaux, Eschine, ne pouvant pas arrêter Démosthène, voulut du moins écarter l'un des accusateurs, et accusa hardiment Timarque; il le ' dénonça comme infàjna et prodigue, il l'accusa de s'être prostitué et. d'avoir dissipé son patrimoine , double inculpation dont le succès tendait k écarter de tout emploi public et k priver de la parole tout citoyen qui en était l'objet.
Dans l'exorde, Eschine explique sa situation ; il fait connaître les motifs qui l'ont décidé k poursuivre Timarque. Il montre que les lois maintiennent et confirment le gouvernement démocratique et que, quand on vit sous une pareille constitution, on ne saurait être trop attentif k observer les lois. Les législateurs ont tous eu soin de faire des lois pour la discipline des mœurs : k ces lois si justes, et qui doivent être si sévèrement observées dans une démocratie, il oppose comme contraste le tableau des mœurs infâmes de Timarque. Son discours comprend quatre parties. Dans la première, il énutnère et développe les lois de discipline, il en montre les effets salutaires ; dans la seconde, il peint avec des traits énergiques, mais aussi avec des mots trop crus, la conduite licencieuse de Timarque. Dans la troisième, il réfute d'avance les raisons qu'on pourrait faire^ valoir en faveur de Timarque ; il prévoit les finesses et les subtilités de la partie adverse. ■ Enfin, dans la péroraison, il exhorte les juges k être sévères dans l'iniérêlde la république et dans leur intérêt particulier. Quand Eschine réfute d'avance ses adversaires, c'est Démosthène qu'il vise, et il le proclame bien haut; raisonnement serré, railleries piquantes, invectives véhémentes, il emploie tout pour attaquer l'ennemi du roi de Macédoine, Il demande la condamnation de Ti- .înarque dans l'intérêt même des enfants, qui ont sous les yeux de si mauvais exemples. Quant à ceux qui osent le défendre, ce sont les fauteurs et les complices de ses désordres. Timarque fut condamné par le tribunal athénien et par l'opinion publique, que le récit de toutes ces turpitudes avait émue. Son nom passa dès lors en proverbe, et, pour dire un infâme débauché, on disait un Timarque. Il ne put, dit-on, survivre k un pareil déshonneur, et se pendit de désespoir.
Ce plaidoyer fut composé un an ou deux avant la harangue sur la Fausse ambassade, vers la fin de la eu a olympiade (342 ou 341 av. J.-C). Ce discours renferme les imputations les 'plus cyniques et les plus révoltantes ; la lecture blesse notre goût et salit l'imagination; c'est un monument déplorable de la corruption des mœurs dans l'antiquité. Cependant on y trouve de l'éloquence, de grandes beautés et des détails curieux sur la vie de ta jeunesse athénienne.
TIMAVO, anciennement Timavus, rivièr9 du Frioul. Elle est formée de plusieurs sources qui sortent près et au N.-E. de Montefalcone, coule auS.-S.-E. et se jette dans l'Adriatique, sur la côte N. du golfe de Trieste, & 2 kilom. N. - O. de Duino, après un cours de 5 kilom. seulement, mais tout entier navigable. Il est question du Timave dans le livre I (vers 242 et suiv.)de Y Enéide, où Virgile le représente s'échappant par neuf bouches, et précipitant à travers la campagne ses flots retentissants.
TIMBAL (Louis- Charles), peintre, né à Paris en '1821. Elève de DrOlling, il s'est adonné k peu près exclusivement kla peinture religieuse, en suivant la voie ouverte de notre temps par Orsel, Périn, Flandrin, Cornu, etc. Après avoir débuté par un portrait (1847), il exposa, au Salon de 1848, le Christ porté au tombeau et la Vierge et la Madeleine au pied de la croix, tableaux qui lui valurent des éloges d'Ingres et une médaille de 2° classe. Il produisit successivement ensuite : ['Agonie du Christ au mont des Oliviers ; Portrait de l'abbé M. (1849); Vieillesse de saint Jean l'Evangéliste (1850) ; les
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Juifs captifs à Babylone ; la Résurrection de la fitle de Jaïre (1852); la Sainte Vierge au prétoire pendant la flayellatiou, et deux portraits (1853) ; Jésus-Christ montant- au Calvaire; Portrait du cardinal Donnet, à l'Exposition universelle de 1855 ; la Vierge au pied de la croix; Saint Jean V Evangéliste préchant à Ephèse; Savonarole (1857); les Funérailles ; la Messe à Saint-Pierre de Borne ; V Eglise triomphante, frisa pour l'église de Pierrefitte; portraits (1859); Un sermon de sainte Rosalie de Viterbe ; YElude ; Un sculpteur florentin (1861), tableaux qui lui valurent une ire médaille ; Jeune fille florentine au xv= siècle ; la Vénitienne (1863) ; la Présentation de la sainte Vierije au Temple, pour une chapelle de l'église Saint-Etienne-du- Mont(l865); la Muse et le poète; Joanina, Florentine du xv» siècle (1866); V Agonie du Christ; Esquisse de la chapelle Sainte-Geneviève, à Saint-Sutpice (1867) ; Portrait du vicomte H. de Laborde (1808) ; Yllalie au. xvte siècle ; Y Angleterre au xvie siècle, études (1869). Depuis" cette époque jusqu'en 1875, M. Timbal a cessé d'exposer aux Salons pour s'adonner à un immense travail, son œuvre capitale, qu'il fut chargé d'exécuter à l'église de la Sorbonne, lorsqu'il eut achevé sa remarquable chapelle de Saint- Sulpice. La composition qu'il a terminée à la Sovbomie, en 1875, représente l'histoire de la théologie, mais surtout l'histoire de la théologie en France. Au sommet, tenant de la main gauche le flambeau do la foi, tandis que de la droite elle presse l'Evangile sur sa poitrine, est assise la figure emblématique de la Théologie. De chaque côté sont assis les Pères de l'Eglise grecque et les Pères de l'Eglise latine. Sur le devant de la composition, au centre, sur l'autel, est exposé le saint sacrement. Autour de lui, l'artiste a groupé les plus grands théologiens de la France : Bossuet, saint François de Sales, ainsi que Descartes, Malebranehe, saint Vincent de Paul, Pascal, Fénelon, etc., etc. ■ M. Timbal a exposé clairement et simplement son sujet, dit M. Ch. Clément ; il n'a pas multiplié outre mesure les épisodes et les détails. Sans artifices visibles, il a su attirer l'attention sur les personnages importants, sur les points capitaux et significatifs. Sa composition, librement et largement conçue, est remplie sans surcharge symétrique et pondérée sans affectation systématique, et elle parait parfaitement remplir les conditions exigées par la peinture monumentale. » M. Timbal a été décoré en 1864.
TIMBALAIUON s. m. (tain-ha-la-ri-on) — rad. timbale). Mus. Instrument formé do tambours et de timbales, qu'on assemble sur une charpente de bois de forme circulaire.
TIMBALE s. f. (tain-ba-le — du lat. tympana, pluriel de Ujmpanum, qui représente le jrec tumpanon. La terminaison aie de iim- 'iale présente, il est vrai, quelque difficulté; cependant, pour l'expliquer, il n'est pas précisément nécessaire d'y voir une assimi-
ation à cymbale, la mutation de n en l étant un fait assez fréquent dans les langues romanes. Ainsi orphelin pour orpheniu, Barcelone pour Barcenone. Un ne saurait rattacher, dans tous les cas, timbale au persan tabala, espèce de tambour, k moins que l'on ne trouve dans la vieille langue une l'orme tambale. Le grec {umpaiio'i, tupanon, vient de tuptâ, frapper). Instrument de percussion formé de deux bassins semi-sphériques en cuivre, recouverts d'une peau tendue, sur laquelle ou frappe avec deux petites baguettes ; Une paire de timbales. Battre des timbales. Les timbales servent à accompagner des symphonies, des ouvertures , et autres morceaux de musique à grand effet. (Sicaid.)
I! PI. Jeu d'orgue qui imite le son des timbales.
— Gobelet de métal qui a la forme d'un verre sans pied : Timbale eu argent. Quant à l'accouchée, vous ne pouvez vous dispenser de lui faire cadeau d'une petite timbale en vermeil. (Scribe.)
— Fait). Marmite.
— Faire bouillir la timbale, Fournir aux dépenses de la cuisine.
— Art culin. Moule en cuivre ayant la forme d'une casserole : Un moule à charlotte est une timbale. Il Préparation culinaire qui a été cuite, enveloppée d'une croûte de pâte, dans une timbale, et en a conservé la forme: Macaroni en timbale. Timbale de macaroni. Timbale: de viande.
— Jeux, Nom donné à de petites raquettes couvertes de peau, dont on se sert pour jouer au volant. ■
— Encycl. Mus. La timbale est un instrument dont on ignore l'origine. Les uns le font indien, les autres arabe. Mais il est prouvé que la plupart des hommes primitifs en ont connu 1 usage. Les nègres, les Péruviens, lés Hottentots, les Japonaisont eu des instruments analogues, et certes ils n'avaient point emprunté cet instrument aux Arabes ou aux Indous. H y a eu des timbales d'infanterie aussi bien que de cavalerie ; mais alors elles avaient plu3 de rapport avec le tambour de basque.
Les timbales se composent de deux espèces de grands bassins de cuivre rouge ou d'airain, ronds et couverts par-dessus d'une peau de bouc , qu'on fait tenir par le moyen d'un cercle de fer et de plusieurs écrous atta-
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chés. Les timbales sont attachées ensemble au moyen d'une courroie passant dans deux anneaux, l'un placé devant le pommeau de la selle et l'autre derrière. Les timbales sont garnies de deux tabliers, soit en satin , soit en drap ou en damas. Ces tabliers portaient dans nos régiments les armoiries du colonel, du prince on du mestre de camp.
On' bâties timbales avec des baguettes de bois ou de buis, longues de 8 à 9 pouces. Elles ont chacune une petite rosette de la grandeur d'un éeu, et l'extrémité de ces petites rosettes frappe la timbale, ce qui lui fait rendre un son plus agréable que si elle était frappée avec une baguette de tambour.
11 est bien entendu que les timbales dont nous donnons ici la description sont celles que l'on a employées en France ; car tous les peuples ont possédé des timbales de formes variées. Celles des Péruviens étaient en bois et allongées ; celles des* Hottentots étaient en terre et larges; celles des Japonais sont en forme de uouieille dont le foïid est garni en peau ; on les tient d'une main, on les frappe de l'autre.
Quoi qu'il en soit, les timbales que nous avons employées en Europe sont une imitation des musiques sarrasines. Les sectaires de Mahomet en plaçaient d'énormes sur le dos des éléphants, des chameaux ou des chevaux.
Voici comment on les a introduites en France : Ladislas, roi de Hongrie, ayant envoyé, en 1457, des ambassadeurs en France, nous eûmes le premier spectacle de timbales ; l'usage ne s'en répandit pas, mais on parla longtemps, k la cour et dans le peuple, de ces instruments. ■
Au xvne siècle, l'usage s'en était répandu en Pologne et dans toute l'Allemagne. Déjà les Anglais avaient appris a s'en servir. On voit, à la Tour de Londres, le tambour de Marlborough ; c'est un char portant une paire de timbales. Brantôme nous dit, en parlant de l'entrée de Borgia à Chinon en 14B8, qu'on usait alors, à la suite d'un grand seigneur, de tambours, « comme aujourd'hui font les grunds seigneurs d'Allemagne et- les généraux d'armée, qui usent de leurs timbales quand ils marchent, comme fit le baron d'Orme, par ostentation; mais inons de Guise les lui cassa. J'ai vu le roi de Navarre, père de notre roi (Henri IV), en user de même, lorsqu'il fut lieutenant de Charles IX, ce qu'il faisait beau voir k la guerre sonnant toujours devant lui. ■
Les timbales n'étaientdonc alors employées que par les grands seigneurs. Les guerres ne Louis XIV servirent à les populariser. Comme on en prenait journellement aux Allemands, les régiments qui s'en emparèrent eurent l'autoris.ition de s'en servir en souvenir de leur victoire ; de là vint l'usage de regarder les timbales comme des insignes qu'il était déshonorant de se laisser enlever dans un' combat. D'ailleurs, il n'était pas permis aux régiments d'en avoir d'autres que celles qu'ils avaient prises sur l'ennemi.. Plus tard, il en fut donné k la cavalerie de la maison du roi ; puis ensuite à toute la grosse cavalerie, excepté aux mousquetaires et aux dragons, qui avaient des tambours.
Les timbales furent supprimées par ordonnance sous le règne de Louis XVI (25 mars 1770), sauf dans les gardes du corps. Mais, loin d'obéir k cette ordonnance, les régiments conservèrent cet instrument de musi-
La Révolution avait autre chose k faire qu'à combattre et à détruire les abus de la musique militaire. Le Consulat et l'Empire trouvèrent donc les timbales dans un grand nombre de corps de cavalerie de ligne et légère. Toute la cavalerie de la garde consulaire, et plus tard de la garde impériale, eut des timbaliers, jeunes garçons vêtus avec* recherche. Les timbaliers étaient flanqués de deux cavaliers qui menaient en laisse la monture. C'était une glande dépense de chevaux, et il fallait, en outre, deux vieux soldats pour faire t bouillir le chaudron,» comme disaient ironiquement les vieux grognards. Dans quelques milices, on emploie des nègres pour servir de timbaliers. 11 ne faut pus croire que la partie de timbale puisse être confiée au premier venu. Il est nécessaire d'avoir les premières notions de la musique instrumentale, pour changer l'accord des instruments suivant le ton des morceaux, et savoir nuancer l'intensité du sou de manière k produire les effets voulus.
Les timbales modernes se composent de deux bassinssphériquesen cuivre, recouvertsd'une peau fortement tendue et fixée par un cercle de fer ; à ce cercle sont adaptés un certain nombre d'écrous à vis, terminés par des clefs en fer ; en tournaut ces clefs soit à droite, soit à gauche, on serre ou l'on desserre la peau, et, par l'effet de cette plus ou moins grande tension, on modifie le s'on de l'instrument. Chaque timbale ne peut donc donner qu'une note à la fois, mais on peut varier cette note selon les besoins de la tonalité, et l'on peut accorder l'instrument de plusieurs manières.
On frappe, ou plutôt on blouse les timbales (c'est l'expression consacrée) avec deux petites baguettes de bois très-léger, que l'exécutant tient dans chaque main. Ces baguettes sont de trois espèces : les baguettes sèches, dont le bout, en forme de bouton, est aussi en bois, et qui servent pour jouer trèsfort ; les baguettes de peau, ainsi nommées
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parce que le' bout est recouvert d'un petit morceau de peau, et avec lesquelles la force et la rudesse du son se trouvent un peu at- . . ténuèes; enfin, les baguettes d'épongé, dont le bout est comme enveloppé dans une petite éponge, et par lesquelles on obtient un jeu doux et sourd. Lorsque l'exécutant joue avec ces dernières, on dit des timbales qu'elles sont voilées, parce que le son rendu par elles a lo même caractère que celui du tambour sur lequel un crêpe est étendu. Sans doute on obtenait jadis ces sons étouffés k l'aide d'un voile posé sur l'instrument; mais le procédé factice employé aujourd'hui produit exactement le même effet.
Nous avons dit que les timbales pouvaient s'accorder k l'aide des clefs qui terminent les écrous et qu'on pouvait ainsi modifier le son rendu par elles. L'une des deux est plus petite que l'autre (c'est toujours celle qui est placée à droite de l'exécutant), et c'est celle, naturellement, qui donne la note la plus &iguë. L'accord ordinaire des timbales donne la tonique et la dominante; parfois la dominante est au-dessus de la tonique, mais le plus souvent c'est le contraire qui a lieu. Il arrive aussi que cet accord change, selon les besoins ou le caprice du compositeur. La timbale est d'ailleurs un instrument très-utile, même dans un petit orchestre, en raison de son caractère particulier et de l'aide qu'il vient donnera la basse. De plus, on obtient avec lui des effets d'une nature tout k fait singulière. Quelques compositeurs n'ont même pas dédaigné d employer plus de deux timbales, pour créer et produite de nouveaux effets. Au troisième acte de Robert le Diable, dans la grande scène entre Alice et Bertram, Meyetbeer a placé quatre timbales dans son orchestre, et, ne se bornant plus k un simple accompagnement, il leur a fait entonner, eu solo, la phrase dominante. Berlioz, dans une de ses grandes œuvres, son Te Ùeum, croyonsnous, n'a pas craint d employer jusqu'à huit paires de timbales, }0\iées par huit timbaliers. On ne'saurait nier que les effets produits ainsi sont étranges, singuliers eî parfois frappants. D'ailleurs, dans un passage dramatique, un roulement de timbales fait h propos peut faire frissonner l'auditeur : Weber dans ses opéras, Beethoven dans ses symphonies ont employé les timbales d'une façon surprenante et ont trouvé en elles de puissants auxiliaires.
On donne aussi le nom de timbale k un jeu d'orgue dont les tuyaux sont en bois, et qui sonne l'unisson du bourdon de seize pieds. En accordant ce jeu des timbales un peu plus haut que ceux des bourdons, on obtient une sorte de tremblement qui ressemble assez au roulement des timbates véritables. C'est là ce qui lui a valu son nom.
— Art culin. La timbale est une pièce importante de .la pâtisserie; elle demande, pour être bien réussie, autant et même plus de soin que le pâté, avec lequel elle offre une certaine analogie. La pâte se compose de fariue, de beurre, de jaunes d'œufs, de sel, comme la pâte k dresser. Cette pâte est mise dans un moule à timbale. On a soin de beurrer le moule. Nous allons donner quelques détails Sur les principales timbales obtenues par les pâtissiers. Mais disons d'abord, en général, que l'on peut servir les timbales avec les différentes garnitures du pâté chaud et du pâté froid.
— Timbale milanaise. «Faites, dit Gouifé, une timbale dans un moule d'entrée uni, que
" vous aurez légèrement beurré et décoré avec de la pâte d'oflice abaissée très-mince; foncez avec du feuilletage à gâteau de roik sept tours; faites pocher du macaroni daiis du grand bouillon; égouttez-le et assaisonnez-le de sel, poivre, parmesan râpé et pointe de muscade; garnissez le moule, faites cuire et démoulez. Faites une ouverture sur le dessus et laissez un bord de 0m,03; enlevez k l'intérieur la moitié du macaroni, que vous remplacerez par un ragoût k la milanaise, composé d'escalopes de blanc de volaille , de truffes, de langues k l'ècarlate, de champignons émincés et de crêtes de coq ; garnissez de manière que la garniture excède la croûte de 0">,Q4 ; rangez sur le bord de la timbale douze filets mignons de poule, piqués et glacés; disposez autour du plat une bordure en pâte k l'anglaise ; placez une grosse crête sur le milieu et servez. » Au lieu du ragoût à la milanaise, on peut mettre des escalopes d'esturgeon, de saumon, etc.
— Timbale de chasseur. Après avoir enlevé la moitié du macaroni , on ajoute une escalope de lapereau et un émincé de truffes cuites au vin de Madère ; on sauce avec une espagnole réduite, et ou range sur le bord de la timbale des champignons tournés.
— Timbale à la financière. Vous masquez le fond et les bords de la timbale avec des bardes de lard ; vous l'emplissez de graisse de bœuf hachée; vous la couvrez d'une abaisse que vous soudez avec le bord de la timbale[; vous reployez le bord de la soudure sur le couvercle, que vous mouillez et que vous masquez ensuite d'une seconde abaisse du diamètre exact du moule. Dorez légèrement le dessus; faites un petit trou au milieu; mettez au four gai. Après une heure et demie de cuisson, retirez la timbale du muule, coupez le couvercle k 3 lignes (lu bord ; ôtez-le , videz la timbale, bouchez-la avec un peu de
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pâte, et au moment de servir garnissez k demi de quenelles de volaille, de gibier ou de poisson, et versez par-dessus un ragoût de crêtes, de rognons de coq, de foies gras, de riz d'agneau, de truffes et de champignons, le tout saucé d'une demi-espagnole; recouvrez, glacez le dessus et le tour de la timbale. « Cette entrée , dit Carême , ne diffère du pâté chaud que parce que la timbale est moulée et qu'on la sert avec son couvercle, tandis que le pâté chaud se sert presque toujours découvert, pour faire valoir sa riche garniture. •
— Timbale à la parisienne. « Beurrez grassement, dit Carême, un moule k timbale avec du beurre d'écrevisses bien rouge, afin de teindre convenablement le macaroni, que vous employez très- long et que vous placez en formant volute. Vous le ressuyez entièrement en lo roulant k mesure sur la serviette; vous coupez ensuite les petites pointes carrément, pour que chaque partie réunie ne forme plus qu'une seule et même bande. Le moule étant ainsi masqué au fond et autour, vous commencez à couvrir avec soin le macaroni du fond d'un poucffde farce k quenelle* de gibier un peu mollette; vous masquez ensuite le • tour de la même épaisseur de farce; vous garnissez ensuite la timbale, à 6 lignes près de sa hauteur, d'une bonne escalope de filets de mauviettes, de perdreaux rouges, de faisans ou de lapereaux de garenne, avec trulFes ou champignons, saucés d'une espagnoli; parfaite. Ce ragoût doit être mis k froid. Vous le masquez de cette manière : vous dorez légèrement la surface du macaroni, afin que la farce à quenelle puisse s'y fixer; ensuite, vous formez sur un rond de papier beurré un rond de farce de 4 pouces 1/2 de diamètre et de 0 bonnes lignes d'épaisseur; puis vous renversez ce papier en plaçant la farce sur le ragoût, et, pour détacher cette farce du papier, vous posez dessus, une' seconde seulement, un couvercle de casserole un peu chaud. Aussitôt que le beurre est fondu , vous enlevez aisément le papier, et, avec la pointe du couteau , vous soudez le bord de la farce , de façon que le ragoût so trouve complètement enveloppé de farce. La timbale terminée, vous la placez dans une casserolée d'eau bouillante. Faites attention que l'eau ne doit pas bouillir pendant la cuisson, qui est de cinq quarts d'heure k peu près. Au moment du service, vous posez le plat d'entrée sur le moule, que vous retournez sens dessus dessous, et vous la servez tout de suite. •
— Timbales garnies de grosses pièces. On se sert d'une pâte à dresser très-fine ; on beurre un grand moule à côtes; on moule soigneusement la pâte après l'avoir abaissée k environ 1 pouce d'épaisseur; on masque le fond et le tour de bardes de lard très-minces, on étend au fond une couche de farce line, et l'on garnit soit de perdreaux rouges désossés et garnis de galantine , soit, pour une très-grosse timbale, d'une dinde également en galantine. Ou emplit les intervalles avec de la farce ; on couvre de bon beurre manié ; on met des feuilles de laurier et on recouvre de bardes de lard bien minces, puis d'un couvercle de pâte; on soude; ou fait un trou au milieu du couvercle; on le dore; ou mot au four gai ; trois ou quatre heures de cuisson sont nécessaires k la timbale, que l'on aura eu soin de couvrir de quelques feuilles de papier ; elle doit être d un beau blond. Après la cuisson, on y verse, par le petit trou du couvercle, deux ou trois verres de consommé de volaille bien réduit et bouillant; on bouche le trou avec de la pâte; on laisse refroidir un peu; on démoule et on tient en lieu froid.
— Timbales mignonnettes de nouilles à la"
fmrée de gibier. On a un litre de pâte à nouiles. Blanchissez vos nouilles, égomtez-les, sautez-les dans ie beurre ; mettez-les dans uu plat k sauter beurré. Couvrez les nouilles d'une feuille de papier beurré e.t sur le tout mettez un couvercle 'pesant qui presse les nouilles; au besoin , placez un poids sur le couvercle. Laissez refroidir les nouilles, coupez-les avec un coupe-pâte de 1 pouce de largeur tout au plus; passez-les k lceuf, passezles k la mie de paint égalisez-les avec la lame du couteau, coupez le dessus à la profondeur de 0m,005 pour faire le couvercle ; faites frire. Les timbales doivent être bien fermes et d'une couleur blond cendré; on enlève le couvercle pour vider avec soin, afin que la croûte n'ait que 0"n,005 d'épaisseur, et on garnit l'intérieur avec de la purée de gibier.
— Timbales sucrées. On fonce un moule d'entrée avec une pâte fine abaissée très-mince,
.et l'on met dans cette timbale Soit du riz au lait d'amandes, soit du riz au lait d'avelines, en y ajoutant des macarons amers en poudre, du sucre, des jaunes d'œufs, le tout bien mélangé ; on peut y ajouter des blancs d'œufs battus, de la crème fouettée. Il faut une heure et demie de cuisson au four. Cet entremets se sert chaud. On fait, d'après des procédés analogues, des timbales de riz au café moka, au raisin de Coriulhe, au cédrat confit, au muscat, aux pistaches, aux marrons, etc. On obtient des timbales de vermicelle, en jetant du vermicelle dans du lait bouillant; ajoutez sucre, sel, beurre lin; puis, lorsque le mermicelle est renflé, des macarons pulvérisés, deux œufs entiers et quatre jaunes d'œufs. Remuez, mêlez deux blancs d'œufs fouettés
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avec de la crème de Chantilly; versez dans la timbale. On peut obtenir, par le même procédé, des timbales de semoule, de sagou, de fécule de pommes de terre, etc.
— Timbale de fruits. «Foncez, dit Gouffé, un moule d'entrée uni, avec pâte à brioche de l'épaisseur de 0™,005 ; coupez en quartiers cinq poires de bon-chrétien; rangez-les dans un plat à sauter, beurré de beurre clarifié ; puis saupoudrez-les de sucre en poudre; faites cuire à feu doux dessus et dessous ; préparez cinq pommes de calville que vous faites cuire feu dessus et dessous, et vingt-quatre mirabelles confites; coupez-les en deux; retirez les noyaux; faites-les bouillir deux minutes dans le sirop; égouttez pommes, poires et prunes; puis garnissez le moule de ces fruits en les mêlant; couvrez la timbale d'un couvercle de pâte k brioche ; faites, sur le milieu, un trou de 0™,01 de largeur; faites cuire la timbale, et lorsqu'elle est cuite, démoulez. Introduisez par le trou une sauce que vous ferez avec 4 décilitres de sirop de sucre et 2 décilitres de liqueur de noyau; boucliez le trou avec une cerise confite et servez. »
On obtient par le même procédé la timbale de macédoine de fruits, d'oranges, d'ananas, de cerises, de pommes, etc.
Timiinie d'nrgeut (la) , opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. A. Jainie et Jules Noriae, musique de M. Léon Vasseur; représenté aux Bouffes-Parisiens en avril 1872. Le succès extraordinaire qu'a obtenu cet ouvrage est caractéristique. Le livret est absolument immoral et la musique fort médiocre. Les auteurs semblent avoir fait la gageure de faire accepter au publie les situations les plus audacieuseirient indécentes; ils ont gagné leur pari ; leur pièce a obtenu un succès d'enthousiasme et leur a rendu beaucoup d'argent. Les citoyens d'un canton du Tyrol ont perdu leur voix et dans les concours d'orphéons n'ont pu réussir à gagner le prix, qui consiste en une timbale d'argent; le juge de l'endroit, Raab, qui est aussi directeur . dé l'orphéon , pour stimuler leur zèle, promet au chanteur le plus habile la main de sa nièce Molda, avec une belle dot. Dans le canton voisin, un autre juge nommé Barnabe a imposé aux garçons le célibat, aux maris la continence, dans l'intérêt de la conservation de leur voix. Un transfuge de ce canton, le jeune Mùller, aime Molda; mais il a juré d'observer fidèlement les statuts de son canton; il remporte le prix et, ne pouvant se parjurer, il prendra la fuite aussitôt. Le lendemain, le juge Raab demande compte à Millier de sa conduite à l'égard de sa nièce. Tout s'explique et il paye la rançon de 3,000 florins qui dégage le jeune chanteur de ses serments et lui permet de consommer son union avec Molda. Voilà à quelles insanités des auteurs sont contraints de descendre lorsque, au lieu de soumettre au jugement du public une œuvre littéraire personnelle et éclose dans leur imagination, ils prennent pour collaborateurs les vices de ce public, et bornent leur travail à les exposer sur la scène. On peut se rendre compte de ce que sont les détails de la pièce. Certains couplets chantés par Mme Judic et redemandés chaque soir dépassent en crudités les chansons les plus lestes du répertoire de Mlle Théiésa ; en raison de ces couplets si bien accueillis par les amateurs de choses graveleuses , le nom de M'»e Judic est devenu célèbre et a brillé en grosses lettres sur les murailles et les kiosques de Paris et même des villes de province. On pourrait croire que l'élégance et la valeur de l'œuvre musicale ont servi de prétexte à la vogue de la pièce; il n'en est rien; Ie3 idées sont peu originales, la mélodie est contournée, 1 orchestration bruyante. < On y remarque de fréquentes imitations des ' phrases ascendantes familières au style de M. Gounod. Les couplets sont même bien inférieurs à ceux des vaudevilles. Au troisième acte, il y a un duo à l'unisson auquel des cris violents ne donnent pas ce qui lui manque; a peine existe-t-il dans cette pièce un joli solo de violon avec sourdine au deuxième acte et un chœur bien traité : Bonne nuit, il est minuit, chanté par Désiré, Miaes Judic etPeschard.
TIMBALIER s. m. (lain-ba-l'ié — rad. timbale). Celui qui joue des timbales.
TIMBALIER (baie du), baie des Etats- Unis d'Amérique (Louisiane), dans le golfe du Mexique, à 22 kilom. S. de Tibaudeauxville. Ellea 45 kiloin.de longueur suris de largeur.
TlMBO s. m. (tain-bo). Bot. Espèce de liane, qui croit nu Brésil : Le timbo grimpe en s'entortillant jusqu'au sommet des plus grands arbres. (V. de Bomare.)
TIMBO ou TIMBOU, ville de la Sénégambie, ch.-l. du Fouta-Djalo, au pied d'une haute montagne, par 10" 25' lat. N. et ]2o 54' long. O ; 9,000 hab." On y fabrique d'étroites étoffes pour les vêtements des naturels, et l'on y travaille le 1er, l'argent, le bois et le cuir.
TIMBOUCTOU, ville d'Afrique. V.Tombouc-