Tissu électrique, dans quelques poissons
27. Tissu cartilagineux et fibro-cartilagineux des cartilages et des fibro-cartilages.
28. Tissu osseux et fibro-osseux des os du squelette et des concrétions particulières décrites sous le nom d'os du cœur.
Malgré leur diversité apparente, la composition anatomique fondamentale da tous nos tissus est toujours la même : fibre, tube ou cellule, tels sont les éléments primordiaux qui les composent tous. Encore lu fibre et le tube ne sont-ils peut-être qu'une forme secondaire de la cellule, due à son élongation ultérieure. S'il faut admettre les théories de Schvrann et de Schleiden, de Raspail et de Mirbel, l'origine^de tous nos tissus est la cellule, protoplasma primordial aux dépens duquel s'est formée la trame organique. Au début de la vie embryonnaire; la structure organique apparaît, en effet, dans son plus grand état de simplicité : elle est uniformément utriculaire. Puis les tissus apparaissent peu à peu avec leur structure propre, et leur séparation s'opère en même temps que de nouvelles propriétés apparaissent. Ces propriétés fondamentales sont, à vrai dire, le seul trait caractéristique qui les sépare, car elles apparaissent, en quelque sorte, avant que la délimitation définitive soit opérée. Après l'entier développement de l'être, il en est autrement : tout tissu a sa structure; tout tissu a sa composition chimique propre ; tout tissu a ses propriétés. Sur ces bases immuables repose la classification des tissus, et nous nous attacherons à distinguer les groupes qu'elle renferme.
Au point de vue de la structure, on a distingué deux ordres de tissus normaux :
1° les tissus proprement dits, composés de fibres, de cellules ou de fibres cellules; 2° les tissus parenchymateux. Au point de vue pathologique, cette classification ne manque pas d'une certaine valeur, quand on considère que les premiers ne peuvent guère être affectés que d'hypertrophie, tandis que les seconds servent ordinairement de gangue aux tissus anomaux, si tant est que l'existence de ces derniers soit acceptée. Mais, au point de vue physiologique, aucun trait particulier ne sépare le groupe des tissus proprement dUs de celui des parenchymes. On a distingué les tissus en constituants ou fondamentaux, et en accessoires ou séparables. C'est à ce dernier groupe qu'appartiennent, suivant M. Ch. Robin, les tissus non vasculaires et comme superflus, qui ne sont ni sensibles, ni contractiles : les épidémies, le tissu cératinien des ongles , les tissus squameux , pileux, chitonéal et pigmentaire , l'ivoire et l'émail des dents, le tissu du cristallin et de sa capsule, de la membrane de Demours, de la membrane de Ruysch et des tubes demicirculaires de l'appareil auditif. Enfin , on a distingué les tissus en normaux et anomaux, et dans ce dernier groupe M. Robin place le tissu hétéroplastique, le cancéreux, l'éthéradénique et la matière typhique. Ces divisions sont contestées par quelques histologistes modernes. Pour qu'il put se produire un tissu anomal, hétéromorphe, c'est-à-dire différent, par sa structure, sa composition chimique et ses propriétés, des /issus normaux de l'organisme, il faudrait, disent ceux qui ne partagent point l'opinion de M. Robin, admettre que l'organisme lui-même a la faculté d'engendrer des éléments anatomiques nouveaux. Or, suivant M. Virchow, il est aussi impossible à un oiseau de produire des cheveux qu'à un homme de produire des plumes ; nul être ne peut engendrer que des tissus semblables a ceux qu'il a produits, et l'expression de tissu anomal ne peut s'appliquer à un tissu hétéromorpiie qui ne saurait exister. Toute affection pathologique d'un tissu rentre dans les trois cas suivants : ou le tissu normal a subi une altération de structure ou de composition chimique ayant pour conséquence une altération dans ses propriétés; ou le tissu normal s'est anomalemenfc développé en dehors de ses limites naturelles; ou enfin un tissu normal s'est développé en un lieu de l'organisme qui n'en contenait pas primitivement. Le premier cas répond aux lésions de nutrition, le second aux hypertrophies, le troisième aux néoplasies organiques. En aucun cas il n'a été démontré qu'il eût pu se produire un tissu absolument étranger à ceux qui composent primitivement l'organisme normal.
Au point de vue de la composition chimique, les tissus élémentaires normaux ont été divisés en deux classes : la première comprend les tissus simples, c'est-à-dire ceux qui sont composés d'une seule substance; la seconde comprend les tissus composés, c'est-àdire ceux qui sont constitués par la réunion de plusieurs principes immédiats unis a. un plus ou moins grand nombre de substances minérales. A la première division appartien-
TISS
nent le tissu cellulaire, le tissu élastique et le tissu épidermique; à la seconde, les tissus musculaire, nerveux, cartilagineux, osseux. Il est important de noter, à propos de cette seconde classe de tissus, que leur composition chimique se caractérise par un trait général qu'il est impossible de passer sous silence, et qui peut se formuler de la manière suivante ; tout tissu composé est constitué par la réunion d'un plus ou moins grand nombre d'espèces chimiques associées dans des proportions à peu près fixes et déterminées dans l'état normal, et qui oscillent autour, d'une moyenne constante. En dehors de cette condition absolue de constitution, tout tissu est altéré, anomal, en un mot malade. Un autre fait important k noter, c'est le mode d'union des diverses substances qui entrent dans la constitution d'un tissu composé, mode d'union tout à fait spécial, qui réalise, jusqu'à un certain point, la solidité de constitution des composés chimiques, alors que le microscope réussit pourtant à montrer la séparation absolue des principes constituants du tissu.
Au point de vue des propriétés qui les caractérisent, il n'est pas aussi facile d'établir une division rationnelle de nos tissus. En tant que corps, tous jouissent de propriétés physico-chimiques ; en tant que corps organiques, tous jouissent, en outre, suivant une certaine école, de propriétés vitales. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, il n'est pas moins certain que ces propriétés dépendent, en premier lieu de la composition chimique du tissu, c'est-à-dire des éléments qui le composent; en second lieu, de la texture du tissu , c'est-à-dire de la disposition de ces mêmes éléments; en troisième lieu, enfin, de conditions particulières difficiles à déterminer. En ce qui concerne les propriétés d'ordre physico-chimique, aucune d'elles ne peut donc servir de base a l'établissement d'une classification puisqu'elles sont communes à tous nos tissus.; tous possèdent, en effet, à des degrés divers, la consistance, la ténacité, la rétractilité, l'extensibilité, l'élasticité, l'hygrométricité, la faculté de s'assimiler par voie chimique un certain nombre d'éléments, etc.
En est-il de même des propriétés qu'on a voulu classer dans l'ordre vital ou organique? Au premier abord, c'est-à-dire à uu examen superficiel, il semble qu'il n'en soit pas ainsi. Si la nutrition, quoique avec une activité très - variable , semble appartenir à tous les tissus, il semble que quelques propriétés affectent une localisation plus marquée : la contractilité, dit-on, est l'apanage du tissu musculaire et sarcodique ; l'innervation, du tissu nerveux. Mais à un examen plus attentif, quand on descend à l'analyse des propriétés dévolues aux éléments anatomiques mêmes des tissus,'oii s'aperçoit qu'il n'est pas une seule propriété qui puisse être regardée comme exclusive k un seul tissu. Elles se révèlent avec plus ou moins d'énergie dans les uns et les autres; elles peuvent être accusées d'une manière plus ou moins accentuée; mais, en somme, une propriété dite vitale, quelle qu'elle soit, la contractilité par exemple, est démontrable dans les éléments primordiaux de tous les tissus, et sou existence ou son absence apparentes ne peuvent en aucun cas servir de base à l'établissement d'une classification. De là résulte qu'il n'existe entre les tissus aucune subordination, et que toute classification entre eux est nécessairement arbitraire. Nous ne voulions qu'établir ce point extrêmement important de l'histoire des tissus, et, quant au reste, nous devons renvoyer aux articles spéciaux qui ont été consacrés à chacun d'eux. V. cellulaire, MUSCLE, NERF, etc.
— Pathol. Production des tissus morbides. L'économie est le siège de productions morbides auxquelles les pathologistes donnent le nom de néoplasies organiques. Ces néoplasies, composées d'éléments de formes différentes, suivant la nature des tissus affectés et suivant la nature de l'impression morbifique, résultent, soit de la coagulation de la fibrine épanchée, soit d'un trouble de la nutrition interstitielle. Elles se présentent sans forme définie, à l'état de dissémination ; telle est la graisse, dans l'obésité ; tel est le tissu libro-plastique, dans les indurations, l'épithélium, dans l'ichthyose, etc. Dans d'autres cas, c'est à l'état de masses circonscrites formant alors des tumeurs : tels sont les lipomes, les enchondrômes, les cancroïdes, les épithéliomas, etc. Ces tumeurs sont toujours, au reste, le résultat d'un simple développement hyperplasique des tissus normaux, ou d'une altération pathologique de ces mêmes tissus, qui se présentent sous des formes et des aspects différents. Dans le premier cas, les tumeurs et les tissus dont elles sont formées étaient dits homœomorphes ; ils étaient dits hétéromorphes dans le second cas. Aujourd'hui, plusieurs pathologistes repoussent l'opinion des micrographes de l'école de Lebert, qui affirment l'existence de tissus hétéromorphes ; les néoplasies organiques ne sont vraisemblablement composées que de tissus normaux plus ou moins dégénérés ou dé veloppésendes points de l'organisme qui n'étaient
fias leursiége habituel. Cette question a, d'aileurs, été traitée dans un précédent article.