V. HÉTÉROMORPHE
La formation des tissus dits morbides ou des néoplasies organiques offre des pbéno-
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mènes analogues à ceux qui accompagnent la formation des tissus normaux ; les belles recherches de Schleiden, de Schwann, de Henle, de J. Mûïler, de Vogel et de Virchow ont mis ce fait hors de contestation. Au sein des tissus infiltrés par un exsudât plastique, appelé blastème ou lymphe plastique, se développent la plupart des éléments qui forment les néoplasies. Une diathèse spéciale détermine cette formation nouvelle; une vitalité locale inhérente à l'organe affecté imprime une direction spéciale aux métamorphoses que va Subir ce blastème. Là se forment les granulations et les granules qui vont donner naissance aux nucléoles et aux noyaux des cellules de la formation nouvelle; là se forme, autour des noyaux, la cellule sphérique, polygonale ou irrégulière, selon les (issus qu'elle doit former. Mais quant à la nature du tissu nouveau qui va naître de cette cellule, mille influences diverses peuvent la déierminer. Tantôt c'est le vice diathésique dominant; tantôt c'est la nature même du tissu dans lequel s'est épanché le blastème morbide; tantôt ce sont les tissus éloignés qui réagiront; tantôt enfin la nature du produit sera en rapport avec la cause qui a eugendrè le blastème.
Le tissu cellulaire peut former des néoplasies organiques; il se forme toujours aux dépens de la fibrine épanchée et s'observera communément dans les tissus atteints d'une solution de continuité, dans les tissus atrophiés, dans les fausses articulations, les fausses membranes, etc.
Le tissu glandulaire ne se produit anomalement qu'au sein même des glandes, qui sont alors atteintes d'hypertrophie; il y forme les tumeurs adénoïdes ou adénomes. Lorsque, au contraire, le tissu glandulaire s'est anomalementdèveloppé dans des tissus étrangers, il y a formation hétéradénique ou hétéradénoine ; c'est à cette production morbide que M. Robin a donné le nom de tissu hétéradénique.
Le tissu graisseux se développe anormalement dans le tissu graisseux lui-même, sous forme d'hypertrophie; c'est ainsi que s'engendre l'obésité. Mais il se développe aussi dans les tissus étrangers, occasionnant soit la dégénérescence graisseuse, comme on l'observe dans l'état gras du foie, le cœur des phthisiques, les muscles atrophiés, les reins atteints de néphrite albumineuse, etc. ; soit les tumeurs ou masses isolées connues sous les noms de stéatômes, lipomes et cholestéatômes.
Le tissu vasculaire se produit très-fréquemment d'une manière anomale; il suffit de citer comme exemple les vaisseaux de nouvelle formation des tumeurs vasculaires, des exsudats plastiques inflammatoires, des cancers, des tumeurs érectiles, etc.
Le tissu muqueux se produit, a-t-on dit, à la surface des parties molles baignées par le pus, dans les plaies avec perte de substance des surfaces muqueuses; mais sa production^ dans ces différents cas, est encore contestable, et ce point appelle de nouvelles recherches.
Le tissu musculaire se produit rarement en dehors de lui-même; c'est sous forme d'hypertrophie ou comme moyen de cicatrisation des muscles divisés qu'on l'observera le plus souvent. Cependant quelques tumeurs fibreuses, fibro-plastiques et cancéreuses présentent distinctement dans leur trame des éléments de ce tissu.
Le tissu nerveux se produit exclusivement comme moyen de régénération des nerfs divisés, et dans les lésions avec perte de substance, des centres nerveux ; il n'a pas été donné de retrouver le tissu nerveux anomal au sein d'autres tissus organiques.
Le tissu dermique ou cutané n'est pas dans le même cas. Des que la peau est atteinte d'une solution de continuité qui intéresse l'épaisseur totale du derme jusqu'à la couche cellulaire sous:jacente, la cicatrice n'est plus formée de tissu dermique, mais de tissu fibreux quelquefois recouvert d'épithélium cu- ; tané. Par contre, on a cru voir du tissu der- ! inique se développer à l'intérieur de kystes appelés dermoïcles. Pour M. Lebert, il y a là aberration de la nutrition et ce qu'il a ap- . pelé une erreur de lieu ou hétérotopie plastique; mais on doit convenir que, dans un ' grand nombre de cas, ces kystes, qui con- > tiennent des poils, des os, des dents, etc., ne sont que des cas de monstruosité par inclusion.
Le tissu épithélial ou épidermique est celui dont la production anomale est la plus commune ; ce tissu se produit avec la plus grande facilité , formant soit des couches protectrices de nouvelles formations, soit des granulations, soit de véritables tumeurs. Citons les cors, les durillons, les verrues, les épaississements épithéliaux qui caractérisent l'ichthyose, les productions cornées accidentelles; citons les couches épithéliales qui tapissent l'intérieur des kystes, les cicatrices muqueuses et cutanées et les granulations miliaires; citons enfin les cancroïdes ou épithéliomas, qui simulent les cancers vrais et constituent des tumeurs d'un volume quelquefois très-considérable.
Le tissu fibro-plastique n'existe pas dans l'économie autrement qu'à l'état de fibres isolées et disséminées ; dans l'état pathologique, au contraire, il forme des amas plus ou moins considérables, sous forme d'infiltra-
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tions, de granulations et de tumeurs, souvent aussi confondues avec les cancers vrais.
Le tissu se développe anoraalement avec la plus grande facilité ; on le trouve dans toutes les hypertrophies et les tissus enflammés; dans les kystes et autour des corps étrangers; enfin, à l'état de tumeurs plus ou moins volumineuses appelées fibromes.
Le tissu cartilagineux est plus rarement anomal. Cependant on peut le considérer comme formant le cal provisoire après les fractures des os; on le retrouve dans quel-
?;ues kystes, et c'est encore ce tissu qui orme les tumeurs désignées sous le nom d'enchondrômes ou ostéochondrophytes de M. Cruveilhier.
Le tissu osseux est abondant à l'état normal. On le trouve au voisinage des os dans les tumeurs appelées ostèophytes, dans les concrétions osseuses; il forme aussi le cal définitif des fractures. Disons enfin que les fractions anomales désignées sous le nom de tumeurs à myèloplaxes ne sont que des accumulations au sein des tissus d'un élément normal de la constitution des os, qui existe dans la substance médullaire et dans la moelle des aréoles du tissu spongieux des os longs.
Le tissu dentaire est d'une production plus rare à l'état anomal. 11 forme cependant les odontômes, tumeurs développées sur les os maxillaires, décrites d'abord par Am.Forget, analysées par Ch. Robin et étudiées par M. Broca dans ces derniers temps.
Le tissu mélanique ou pigment noir existe normalement à l'état de granulations disséminées dans la peau, les poils et l'enduit choroïdien. On le retrouve encore, mais beaucoup moins répandu, dans divers points de l'économie; mais, à létat anomal, accumulé en quantité plus considérable, il constitue la mélanose et apparaît sous forme de taches, de plaques, de marbrures, etc. 11 colore les tissus morbides des productions cancéreuses, tuberculeuses et fibro-plastiques, et donne ainsi naissance à des variétés pathologiques très-distinctes par leur coloration.
Nous arrêtons ici cette énumération et nous ne parlons pas des tissus anomaux décrits comme formations spéciales sous les noms de tissu cancéreux, tissu tuberculeux, etc. ; ces tissus ne sont, en effet, formés que d'éléments normaux de l'organisme, et leur formation -n'est due qu'à l'hétérotrophiede ces éléments. Nous renvoyons donc aux articles spéciaux dans lesquels ont été abordées les questions d'origine de ces productions morbides. V. CANCER, TUBERCULE, KYSTE, etc.
— Anat. végétale. Les tissus des végétaux, bien moins compliqués que ceux des animaux, sont constitues par la réunion des organes élémentaires qui leur donnent leurs noms particuliers. Ainsi la tissu cellulaire, appelé aussi parenchyme, résulte de la réunion des cellules, qui laissent entre elles des intervalles nommés méats ou lacunes. Le tissu fibreux, désigné aussi sous le nom de prosenchyme, est formé par l'agglomération des fibres. Enfin, le tissu ou réseau vasculaire est formé par l'ensemble des vaisseaux. 11 est rare que chacun de ces tissus existe seul, sauf le premier, qui constitue exclusivement tous les végétaux dans le jeune âge, et même un grand nombre d'entre eux pendant toute la durée de leur existence. Ces tissus présentent, d'ailleurs, de nombreuses modifications. V. les mots cités.
TISSULAIRE adj. (ti-su-lè-re — rad. tissu). Qui a rapport aux tissus organiques : Ahûtomie TISSULAIRE.
TISSURE S. f. (ti-su-ra — rad. tisser). Liaison, qualité de ce qui est tissu : Tissure serrée. Tissure lâche. La tissure de cette étoffe n'est pas égale.
— Fig. Disposition, ordre, agencement:
La tissure dun discours, d'un poème. Il Peu usité.
— Syn. Tiature, comcitnre, texture, etc. V. CONTEXTURE.
TISSUTER1E s. f. (ti-su-te-rt — rad. tissutier). Techn. Art du passementier et du ru-
baiiiei".
TISSUTÏER s. m. (ti-su-tié — rad. tissu). Techn. Ouvrier oui fait des tissus pour la passementerie et la rubanerie:
TISTRE v. a. ou tr. (ti-stre — lat. iexere. V. TissiiR, N'est plus usité qu'au participe passé tissu et aux temps composés). Tisser : La toile que sa main a tissub.
11 est de mes chevaux, je l'ai tissu moi-même.
— Fig. Combiner, machiner : Les intrigues qu'il a tissuus. Une femme hardie a tissu le fil de cette perfidie. (Volt.)
TISZA-FUBED, ville de Hongrie (Szolnok), sur la rive gauche de la Theiss ; 4,000 hab.
Sellerie.
TITs. m. (titt). Ichthyol. Espèce de cyprin, des environs de Calcutta.
TITJENE s. f. (ti-tè-ne — du gr. titainô, je cours). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la tribu des hélopiens, comprenant trois espèces, qui habitent 1 Australie.
TITAN s. m. (ti-tan — nom mythologique donué à des géants qui tenter* rrt d'escalader
TITA
le ciel et de détrôner Jupiter). Personne ou objet qui a un caractère de grandeur gigantesque :
Dans l'histoire, où tu luis comme en une fournaise! Reste seul a jamais, Titan Quatre-vingt-treize.