‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 163 sur 1042 · T1TA · texte numérisé non relu

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et de leur étiquette formaliste; enfin, apothéose de l'âme, de la naïveté, de l'idéal, en opposition avec le matérialisme, les plaisirs sensuels et les ambitieuses luttes de l'intelligence : telle est la ciel' générale de ce bizarre livre, poËine épique mêlé de satire, de folie, de mysticisme et d'affectation, mais plein de grandeur, de vérité et de profondeur dans sa pensée intime et philosophique, >

TITANATE s. m. (ti-ta-na-te — rad. titane). Chim. Sel produit par la combinaison de l'acide titanique avec une base.

TITAN-COTTE s. m. (ti-tan-ko-te). Bot.

Nom indigène d'une espèce du genre strychnos

TITANE s. m. (ti-ta-ne — du gr. iitanos , plâtre). Entom, Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des prioniens, dont l'espèce type habite la Guyane.

— Chim. Elément que l'on a classé jusqu'à ce jour parmi les métaux, mais qui , d'après certains chimistes, intermédiaire entre les métaux et les métalloïdes, doit de préférence être classé parmi ces derniers, entre le silicium et l'étain. il On dit aussi titanium.

— Encycl. Chim. Le titane est un élément dont le symbole est Ti et le poids atomique 50. Longtemps on l'a classé parmi les métaux , Daice que son hydrate est susceptible de faire a double décomposition avec les acides en

donnant des sels peu stables; mais il était évident qu'on pouvait tout aussi bien te classer parmi les métalloïdes, puisque le même hydrate fait la double décomposition avec les bases et donne des titanates infiniment plus Stables que les sels de titane. Dès lors, il y avait lieu de se décider parles analogies qui unissent le titane aux autres corps simples. Cet élément étant tétratomique , comme l'étain dont il se rapproche sous tant de rapports, il y avait lieu de voir si ces deux corps sont plus voisins des métalloïdes tétratomiques (carbone et silicium) que des métaux tétratoiniques (fer, cobalt, nickel , manganèse, etc.). Or, une étude, même superficielle, montre tout de suite que l'étain et le titane sont plus voisins du silicium que du fer et doivent, par conséquent, l'un et l'autre être rangés dans la famille des métalloïdes tétratoiniques. Dans chaque famille de métalloïdes, les corps étant classés d'après la place qu'ils occupent dans la série électro-chimique, le titane prend rang entre le silicium et 1 étain, étant .moins électro-négatif que celui-là et plus électro-négatif que celui-ci.

Le titane a. été découvert en 1789 par Gregor dans la ménacanite (sable ferrugineux titanifère) de Coruouailles et nommé, a. cause de cette origine, ménachine par Kirwan. Klaproth, de son côté, découvrit dans le rutile un nouveau corps simple, qu'il décrivit comme un métal et auquel il donna le nom de titane. Plus tard, en 1797, de nouvelles investigations prouvèrent que le titane de Klaproth était identique avec la ménachine de Gregor, et le nom de titane fut alors universellement adopté. La préparation et les propriétés du titane, ainsi que les principaux composés de ce corps, ont été étudiés surtout par Berzélius, Wûhler et Rose.

Le titane est un des métalloïdes rares. On ne le rencontre nulle part à l'état de liberté. Ses minerais les plus importants sont le rutile, la brookite, l'anatase, qui tous trois sont constitués par de l'oxyde titanique TiO8, et les diverses variétés de fer titanifère qui consistent en titanate ferreux, quelquefois isolé, quelquefois mêlé d'oxyde ferrique ou ferroso-ferrique.

Ou rencontre encore le titane à l'état de titanate de calcium dans la perowskite, à l'état de silico-titanate de calcium dans le sphène ou tttanite, et à l'état de titanates de cérium, d'yttrium, etc., mélangés de tantalates et de niobutes, dans l'sescliynite, l'euxénite, la polymignite, la polyerase et le pyrochlore. De petites quantités de titane ont été également- trouvées dans plusieurs minerais de fer, et Mazade a décelé la présence de ce métalloïde dans les eaux minérales de Neyrac, département de l'Ardèche.

Lorsqu'on fond au haut fourneau des minerais de fer titanifère, on trouve dans les scories qui adhèrent à la partie inférieure du fourneau de petits cristuux cubiques d'une couleur cuivrée brillante. Pendant longtemps on a pris ces cristaux pour le titane libre; mais 'Wûhler a démontre qu'ils renferment, en outre, du carbone et de l'azote et qu'en fait ils sont constitués par une combinaison de cyanure de titane et d'azoture de titane TiCy2,3Az2TïS.

Pour obtenir le titane pur, on chauffe, dans un creuset couvert, le fluorure double de potassium et de titane avec du potassium. Le titane devient libre, la réaction étunt accompagnée d'une vive incandescence. On le sépare du fluorure potassique au moyen de l'eau qui dissout ce dernier sel. Ainsi obtenu, le titane est une poudre amorphe, pesante, d'un vert foncé, qui n'offre pas la moindre trace d'éclat cuivreux, même après avoir subi une forte compression. Au microscope, il ressemble à une masse agglomérée présentant la couleur et l'éclat du fer. On obtient encore ce métalloïde en mélangeant l'oxyde titanique avec un sixième de sou poids de charbon et en exposant ce mélange à la plus haute température que l'on puisse produire dans un

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fourneau à vent. Vauquelin, Lampadius et quelques autres l'ont obtenu par cette méthude sous la forme d'une poussière qui présente la couleur du cuivre ou la couleur de l'or. Mais il est possible que le charbon employé- ait contenu de l'azote et qu'il se soit formé un composé analogue a celui qui se dépose avec les scories dans les parties inférieures des hauts fourneaux et dont nous avons parlé plus haut.

Le titane^ pur, préparé au moyen du fluorure double, brûle avec un grand éclat lorsqu'on le chauffe "a l'air, et, lorsqu'on l'enflnmme. il. répand des étincelles brillantes à une distance très-considérable du lieu où sa trouve le corps en ignition. Chauffé au rouge dans une atmosphère d'oxygène pur, il brûle avec un éclat tel que la lumière qu'il produit est comparable à la lumière électrique. Le même phénomène se produit dans une atmosphère de chlore, et là, comme dans l'oxygène, l'inflammation ne se produit que si l'on favorise l'action du chlore par l'action de la chaleur. Mélangé avec du minium et chauffé, il brûle avec une telle violence que la masse est projetée hors du vase avec une très-forte détonutiun. Le titane ne décompose pas l'eau à la température ordinaire ; mais, si on le met dans l'eau portée à la température de l'ébullition, il décompose cette dernière et Use dégage des bulles d'hydrogène. L'ammoniaque ajoutée à la liqueur en précipite un oxyde noir. Si l'on chauffe alors le liquide, de l'hydrogène se dégage en abondance, tandis que le précipité noir vire au bleu et finit par se convertir en acide titanique entièrement blanc.

Le titane est, comme nou3 l'avons dit, tétratomique dans la plupart de ses composés. C'est ainsi qu'il forme un dioxyde TiO*, un hydrate TiH*0* et un chlorure TiCl* correspondant à l'anhydride silicique SiO*, à l'acide silicique SiH*0* et au chlorure de silicium SiCl*. Mais, de même que le silicium et le carbone, le titane peut, en se soudant à lui-même par une de ses affinités, former le groupe Tis hexatomique et donner naissance à des composés qui constituent une série parallèle k la série éthylique du carbone et à la série éthylique du silicium. Dans celte série se rangent le sesquioxyde Ti*03 et le sesquichlorure Ti^Cls, que l'on a longtemps considéré comme un trichlorure et écrit TiCl3.

— Alliages de titane. Très-voisin des métaux, le titane forme des alliages peu étudiés jusqu'à ce jour. On obtient un composé dé titane et d'aluminium Al3Ti en exposant pendant une heure à la température de fusion de l'argent un mélange de 10 parties d'oxyde;de,'(i'iaiie, de 30 parties de cryolithe et de 30 parties d'un mélange à poids égaux de chlorures potassique et sodique. On lave ensuite le produit à l'acide chlorhydrique cour dissoudre l'excès d'aluminium. Cet alliage forme des lamelles qui, dans l'acide chlorhydrique gazeux, se réduisent en chlorures de titane et d'aluminium.

COMPOSKS DU TITANE.

— Chlorures de titane. Le titane forme deux chlorures que l'on écrit généralement

TiCI3 et TiCl*,

mais que nous préférons écrire

Ti*Cl« et TiCl*.

Le premier porte le nom de chlorure titaneux et le second celui de chlorure titanique.

— Chlorure titaneux Ti2CI6. Ce chlorure, • découvert par Ebelmen , se produit dans l'action de l'hydrogène sur le tétrachlorure. Pour le préparer, on fait passer un courant d'hydrogène sec et pur à travers du chlorure titanique placé dans une cornue tubulée; le gaz arrive par un tube de dégagement qui plonge dans le liquide. Au col de la cornue on adupte un tube de verre entouré de clinquant, ou un tube de porcelaine qui traverse horizontalement un large fourneau et qui vient aboutir à un récipient tubulé-dans lequel se condense la portion inaltérée du chlorure titanique. Dès que tout l'air est expulsé de l'appareil, on chauffe au rouge le tube de verre ou de porcelaine et l'on applique une douce chaleur à la cornue. Le chlorure titaneux qui se forme vient se condenser dans la portion, qu'on a soin de faire très-longue, du tube qui dépasse le fourneau et qui est froide. On arrête l'opération dès qu'il ne reste plus de chlorure titanique dans la cornue. On chauffe ensuite modérément la partie du tube qui renferme le chlorure titaneux, en même temps que l'on continue de le faire traverser par le courant d'hydrogène, afin de le débarrasser des dernières traces de chlorure titanique, et, après refroidissement du produit dans l'hydrogène, on démonte l'appareil et on l'en retire.

Le chlorure titaneux forme des écailles d'un violet foncé qui ont un grand éclat. Chauffé au contact de l'air dans une capsule de porcelaine, il répand des vapeurs de chlorure titanique, tandis que de 1 oxyde titanique reste pour résidu. Il est déliquescent à 1 air, à la température ordinaire, et y subit la même décomposition. L'eau le dissout en formant une liqueur d'un rouge violacé qui, petit à petit, se décolore en laissant déposer de l'acide titanique. Les alcalis caustiques ou carbonates précipitent, de ses solutions récentes, de l'hydrate titaneux d'un brun foncé ; le sulfure ammonique donne naissance au même précipité: l'acide sulfurique ne donne lieu à aucune reaction appréciable. La solu-

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tion du chlorure titaneux est un puissant agent de réduction ; elle précipite de leurs solutions les métaux nobles, elle convertit les composés cuivriques et ferriquesen composés cuivreux et ferreux respectivement, et elle sépare du soufre de l'acide sulfureux lorsqu'on la chauffe avec une solution de cet acide.

On obtient une solution violette de chlorure titaneux en faisant bouillir, ou simplement digérer, une solution de chlorure titanique dans l'acide chlorhydrique avec de l'argent très-divisé. *

— Chlorure titanique TiCl*. On obtient ce composé en chauffant le titane ou l'azoture de titane dans un courant de chlore. On opère aussi comme pour la préparation du chlorure de silicium, cest-à-dire en faisant passer le chlore sur un mélange d'acide titanique et de charbon chauffé au rouge, mélange préparé comme il a été dit à propos du silicium (v. ce mot), à cela près qu'on remplace ici l'acide silicique par l'acide titanique. On le rectifie sur du cuivre ou du mercure pour le débarrasser de l'excès 3e chlore. Quand on se sert, pour cette préparation, d'acide titaniquebrut (rutile natif), il se produit enmêjne temps du chlorure ferrique ; mais on sépare aisément ce dernier par décantation et rectitication.

Le chlorure titanique pur est un liquide lourd, incolore, transparent,d'une odeur acide et piquante ; il émet des vapeurs blanches à l'air. Sa densité égle 1,7609 à0°; il ne se solidifie pas à — 250; il bout à 135°. Sa densité de vapeur a été trouvée égale à 6,836 ; le calcul exigerait 6,653, ce qui ne laisse aucun doute sur la formule de ce corps. Exposé à l'air, il absorbe l'humidité atmosphérique et se convertit peu à peu en une masse solide de chlorure titanique hydraté, laquelle se dissout dans une plus grande quantité d'eau, comme c'est le cas pour le chlorure stannique. D'après Merz, ce produit ne serait plus du perchlorure de titane, mais un oxychlorure qui perdrait une partie de son chlore sur la chaux, une seconde partie sous l'influence d'une température de 100° et le reste à 180°, sous la forme d'acide chlorhydrique. Lorsqu'on mélange le perchlorure de titane avec de l'eau, la combinaison qui s'opère est si violente que la masse est violemment projetée hors du vase. Si l'on veut en obtenir une solution claire, il faut agiter l'eau par petites quantités de manière à éviter l'élévation de température ; si l'on chauffe, en effet, ou si on laisse la température s'élever par la réaction, il se dégage de l'acide chlorhydrique et il se forme de l'acide titanique. Lo chlorure titanique n'est pas décomposé par le potassium k son point d'ébullition: mais lorsqu'on fait passer sa vapeur sur du potassium ou du sodium chauffé au rouge, la titane se réduit avec incandescence et la chaleur de la réaction est telle que le verre fond au point où elle a lieu.

Le chlorure titanique forme un certain nombre de composés analogues, à ceux du chlorure stannique.

a. Avec l'ammoniaque TiCl*,4AzH3. lie gaz ammoniac est rapidement absorbé par le chlorure titanique avec grand dégagement de chaleur. Le composé saturé est une poudre rouge brun, suivant Rose, jaune pâle suivant Persoz ; cette poudre se décompose au contact de l'air. Chauffé dans un courant de gaz ammoniac sec, ce corps sa convertit en azoture de titane. Calciné dans un courant d'hydrogène, il donne un composé jaune. Chauffé seul dans un tube de verre, il perd de l'ammoniaque à l'état de chlorhy- j drate, puis de l'acide chlorhydrique et laisse i un résidu de titane métallique, en même temps qu'il se sublime un chlorure double d'ammonium et de titane d'un blanc jaunâtre renfermant 3AzH*Cl,TiCl* ou 6AzH*Cl,TiCl*, suivant le mode de préparation. Ce sel double est soluble dans l'eau.

p. Avec le chlorure de cyanogène. Ce corps est décrit au mot cyanure. V. ce mot.

7. Avec l'acide cyanhydrique. Ce corps est décrit à propos de l'acide cyanhydrique. V. ce mot.

S. Avec l'hydrogène phosphore. Le chlorure titanique absorbe l'hydrogène phosphore sec et forme, après saturation, un composé brun solide qui répand des fumées au contact de l'air. Ce corps est décomposé par l'eau, l'acide chlorhydrique , la potasse et l'ammoniaque, ainsi que par les carbonates alcalins; il perd alors de l'hydrogène phosphore avec effervescence. L'ammoniaque gazeuse en chasse également l'hydrogène phosphore à la température ordinaire, et le convertit pour la plus grande partie dans le composé ammoniacal décrit plus haut. Chauffé en -vase clos, le corps brun dégage un peu d'acide chlorhydrique et d'hydrogène phosphore- et donne un sublimé jaune qui renferme 3TiCl*,2PH3,2HCl: ce nouveau corps perd également de l'hydrogène phosphore tous l'influence de l'eau, des acides et des alcalis.

t. Avec le chlorure de soufre. On obtient ce corps en faisant passer du chlore sur du sulfure de titane, ou mieux eu saturant de chlore à une douce chaleur un mélange de chlorure de soufre et de chlorure titanique. Le produit est un chlorure titanosulfureux

TiCl*,SCl*.

Il se présente sous la forme d'une poussière

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d'un jaune de soufre, très-déliquescente, décomposable par la chaleur et soluble dans l'acide azotique étendu, avec formation d'acides sulfurique, chlorhydrique et titanique. Ç. Avec le chlorure de phosphore. Un chlorure titanophosphoriqueïiPCl» =TiCI*,PCl5, analogue au chlorure stannophosphorique décrit par Casselmann (SnCI*,PCl*), se produit, d'après Tùttschew, lorsqu'on chauffe un mélange intime de 1 molécule d'oxyde titanique

TiO*

(15 gr.) et de 3 molécules de pentachlonrre de phosphore (115 gr.) dans une cornue, en maintenant la chaleur longtemps encore après que la réaction est complète, afin de volatiliser l'oxychlorure de phosphore formé en même temps :

TiO2 -t- 3PC1B = TiCl*,PClS + 2POC13.

Anhy- Perchlo- Chlorure Oxychlo-

dride rure de titanophos- rure ds

tita- phos- phorique. phosphore,

nique. phore.

On obtient également ce corps, d'après Weber, par le mélange des deux chlorures constituants ou en faisant passer ensemble les vapeurs de ces chlorures à travers un tube de verre chauffé au rouge ; mais, dans ce cas, le produit est contaminé -par une certaine quantité des chlorures primitifs demeurés libres.

On obtient enfin ce corps pur en faisant passer un courant de chlore à travers un mélange de trichlorure de phosphore et de chlorure titanique en excès, et en chauffant vers la fin le produit dans un courant de chlore gazeux.

Le chlorure titanophosphorique est une masse indistinctement cristalline, d'un jaune citron, que l'éther dissout sans la décomposer et qui reste sous la forme d'une masse gommeuse lorsqu'on évapore la solution. Il se dissout aussi dans une petitequantitéd'oxychlorure de phosphore et ne peut plus être que très-difficilement retiré de cette solution. L'eau et l'air humide le décomposent rapidement. Placé sous une cloche avec de l'eau et de la chaux vive, il laisse au bout de quelques jours de l'hydrate titanique entièrement exempt d'acide phosphorique et renfermant k peine des traces de chlore. D'après Weber, lorsqu'on le chauffe, il se volatilise sans fondre et se condense en une poudre jaune par le refroidissement. Il est très-hygroscopique et se dissout dans les acides étendus en formant un liquide jaune qui laisse déposer au bout de quelque temps un précipité gélatineux.

Le composé TiCl*,PC130 prend naissance lorsqu'on projette de l'oxychlorure de phosphore dans un excès de chlorure titanique. On l'obtient pur en chauffant le mélange solidifié jusqu'à fusion complète et en décantant ce qui reste liquide après le refroidissement. La masse cristalline constitue le composé en question. C'est une masse incolore, très- fusible et très-hygroscopique.

— Bromure de titane. On ne connaît qu'un seul bromure de titane, le tétrabromure

TiBr*.

On le prépare en faisant passer de la vapeur de brome sur un mélange chauffé au rouge d'oxyde de titane et de charbon. Il distille sous la forme d'un liquide rouge qui se prend en masse cristalline dans le récipient. On le redistille sur du mercure pour le débarrasser de l'excès de brome. Il forme une masse couleur d'ambre, d'une belle structure cristalline, d'une densité de 2,6, fondant à 390 et bouillant à 230». Il absorbe promptement l'humidité et, au contact de l'eau, il se résout en acide bromhydrique et en acide titanique.

— Cyanures de titane. V. cyanure.

— Iodure du titane. Ce corps prend naissance : 1» lorsqu'on dirige de la vapeur d'iode sur du titane chauffé au rouge; 2« lorsqu'on dirige un courant d'acide iodhydrique sec à travers du chlorure de titane maintenu à son point d'ébullition jusqu'à ce que la transformation soit complète ; la petite quantité d'iode qui devient libre donne au produit une teinte violette, que l'on fait disparaître par deux ou trois distillations dans un courant d'hydrogène; 3° en faisant passer à travers un tube chauffé au rouge un mélange de vapeur d'iode, d'hydrogène et de chlorure titanique. L'iodure, qui n'est pas très-volatil, se condense dans les parties froides du tube avec une

franrle quantité d'iode libre qui rend trèsifficile la purification du produit. L'iodure titanique forme une masse cassante, d'une couleur brun rougeâtre et d'un éclat métallique. Il fond à 150» en un liquide brun qui reste à l'état de 'surfusion jusqu'à une température inférieure à 100<> et cristallise ensuite en octaèdres volumineux. Au bout de quelques jours , ces octaèdres se transforment en touffes de cristaux soyeux et prismatiques. Il a une certaine tension de vapeur à la température ordinaire et fume à I air. Il bout un peu au-dessus de 360° et distille sans décomposition. Sa densité de vapeur = 18,051 à 440°; le calcul exigerait 19,334. Le chiffre trouvé, qui est trop faible, semble indiquer que ce corps se dissout à une température élevée. La vapeur surchauffée de l'iodure titanique brûle à l'air avec une flamme brillante, en donnant des oxydes iodique et titanique.

L'iodure de titane se dissout rapidement

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dans l'eau en donnant une élévation moins forte que ne le fait le chlorure. Ses solutions aqueuses brunissent & l'air et donnent de l'acide titanique.

— Fluorures de titane. On connaît un fluorure titaneux Ti*Fl8, un fluorure titanique TiFl* et un grand nombre de fluorures doubles renfermant du titane.

— Fluorure titaneux Ti^Fl6. On l'obtient, mais impur, à l'état de poudre violette en calcinant du fluorure potassico-titarîique dans un courant d'hydrogène et en reprenant le résidu par l'eau pour en séparer le fluorure de potassium.

— Fluorure titanique TiFl*. On l'obtient en distillant un mélange de spath fluor et d'oxyde titanique avec de l'acide sulfurique fumant dans un appareil de platine. I| distille sous la forme d'un liquide fumant incolore. Il se dépose également des cristaux d'un fluorure titanique lorsqu'on évapore une solution d'acide titanique dans l'acide fluorhydrique. L'eau résout ces cristaux en fluorure hydrotitanique soluble et oxyfluorure titanique insoluble.

— Fluorure hydrotitanique ou fluorure double de titane et d'hydrogène

H*TiFl« = TiFl» — 2HF1.

Ce corps prend naissance, comme nous venons de le dire, dans l'action de l'eau sur le fluorure titanique; il se proiluit encore^ lorsqu'on dissout l'acide titanique dans l'acide fiuorhydrique aqueux. C'est un acide qui, neutralisé p»r les bases, donne des fluorures doubles renfermant du titane et répondant à la formule générale 2M'Fl,TiFl* ou

M"Fl*,TiFl*. ' On connaît les fluorures titanico-aramonique (AzH4)2TiF!«,

titanico-potassique K2,TiFl8, titanico-sodi" que, titanico-calcique, titanico-cuprique, titiinico-ferrique, titanico-magnésique, titanicoplombique et titanico-nickélique.

— Azotures de titanb. Lorsqu'on soumet l'airimoriio-ehlorure de titane a l'action de la chaleur seule, ou mieux qu'on le calcine dans un courant de gaz ammoniac sec, il se forme une substance de couleur cuivrée que l'on a prise au début pour du titane libre et qui consiste en azoture de titane Ti3Az* ou TiSAzS = 3TiAz2,TisAzî.

Ce corps est plus rouge que les cristaux cubiques des hauts fourneaux qui ont une teinte jaune. Il se produit un autre azoture de titane TiAz8 lorsqu'on calcine fortement de l'oxyde titanique dans un courant de gaz ammoniac. C'est une poussière violet foncé avec teinte cuivrée. En morceaux, il présente un reflet cuivré et un éclat métallique très-prononcés. Enfin, il se forme, suivant Rose, un troisième azoture de titane

Ti»Az« = 2TiAz2,Ti»AzS,

lorsqu'on soumet le premier azoture décrit à l'action d'un courant d'hydrogène à une trèshaute température. Il a un éclat métallique et une couleur d'or. On l'obtient encore en calcinant l'oxyde de titane dans un courant de gaz cyanogène ou d'acide cyanhydrique en vapeur. Ces trois azotures de titane supportent, sans se décomposer, une température au moins égale à celle de la fusion de l'argent. Mêlés à l'état de poudre et chauffés avec les oxydes de cuivre, de plomb ou de mercure, ils donnent une flamme livide et ramènent ces oxydes à l'état métallique. Avec la potasse fondue, ils donnent lieu à un dégagement d'ammoniaque.

Wôhler" et Deville, en chauffant du fluorure titanico-potassique ou titaniuo sodique dans une atmosphère d'azote et en faisant bouillir la masse refroidie avec de l'acide chlorhydrique, ont obtenu de l'azoture de titane sous la forme d'une poudre d'un- brun foncé, composée de lamelles d'un juune brillant et de prismes. Lorsqu'on dirige des vapeurs du chlorure titanique à travers un tube de verre fortement chauffé, dans la première partie duquel on place des fragments de sel ammoniac, de manière que les vapeurs de ce sel se mêlent à celles du composé titanique, il se forme immédiatement de l'acide chlorhydrique et de l'azoture de titane (l'azote provenant de l'air). Ce dernier se dépose sur les parois du tube et forme une couche cuivrée. Enfin, on obtient encore de l'azoture de titane en chauffant un mélange de fluorure titanico-potassique, de chlorure de sodium et de chlorure de potassium avec de l'aluminium, ou en chauffant un mélange de chlorure de titane et d'aluminium dans un courant gazeux composé d'hydrogène et d'azote.

— AZOTtVJYANURE DE TITANB TiCy^, 3Ti3Az*.

C'est le composé cuivré à base de titane qui se dépose dans les hauts fourneaux et que l'on a pris pendant longtemps pour du titane métallique.

— Oxvoks de titanb. On connaît avec exactitude deux oxydes de titane : l'oxyde Ti20* et l'oxyde TiCÂ II existe probablement aussi un jirotoxyde TiO.

— Protoxyde de titane TiO(?). Cetoxyde parait se former lorsqu'on expose l'oxyde titanique, dans un creuset brasqué, aux plus hautes températures d'un fourneau à air. Là où l'oxyde est en contact avec le charbon, il

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se forme une couche de titane métallique ; mais, a l'intérieur, il se forme une masse noire, insoluble dans les acides, inattaquable par eux et qui s'oxyde difficilement lorsqu'on la chauffe au contact de l'air ou qu'on la fond avec dû nitre. Ce même oxyde paraît se former par voie humide sous la forme d'une poussière pourpre foncé lorsqu'on plonge du fer on du zinc dans une solution chlorhydrique d'acide titanique ; mais l'oxyde ainsi préparé absorbe rapidement l'oxygène atmosphérique, ce qui rend difficile l'étude de ses propriétés. La ïomposition que nous lui avons assignée est par suite hypothétique. Peut-être ce corps est-il un. composé de T,0 avec ZnO ou FeO.

— Sesquioryde de titane ou oxyde titaneux Ti*03. On obtient cet oxyde en faisant passer un courant d'hydrogène se.: sur de l'oxyde titanique chauffé au rouge. C'est une poudre noire qui, à une haute température, absorbe l'oxygèïie de l'air et se transforme de nouveau en oxyde titanique. Los acides azotique et chlorhydrique ne l'attaquent pas ; l'acide sulfurique le dissout en se colorant en violet.Il se forme un hydrate titaneux lorsqu'on dissout de l'acide titanique dans de l'acide chlorhydrique et qu'on fuit digérer le liquide avec du cuivre aux environs de 40°. La solution bleu violet qui se produit ainsi étant versée dans l'ammoniaque donne un précipité brun foncé d'hydrate titaneux, tandis que le chlorure ammonio-cuivreux reste en solution. On peut, dans ctitte préparation, remplacer la cuivre par l'argent précipité au moyen du zinc. D'après Ebelmen, il se. forme également de l'hydrate titaneux lorsqu'on précipite une solution de chlorure titaneux par les alcalis. Le précipité brun ainsi produit devient noir, puis bleu, puis blanc en dégageant de l'hydrogène. La couleur bleue parait due à une formation passagère de titanate de titane. L'oxyde titaneux se dissout dans les acides en formant des solutions violettes ; mais le sulfate est le seul de ses sels qu'on ait obtenu a l'état solide. Les solutions des sels titaneux sont, comme le chlorure titaneux décrit plus haut, de puissants agents de réduction. Ils donnent tous un précipité brun d'hydrate titaneux par les alcalis,

— Dioxyde de titane. Anhydride ou oxyde titanique Ti< >2. V. titanique.

— Rechercha et dosage du titanb. Les oxydes de titane ne se réduisent pas- à l'état métallique au chalumeau, sur le charbon, ce qui leidistingue des oxydes d'étain.

Avec le borax ou le sel de phosphore, l'oxyde titanique forme une perle incolore dans la flamme extérieure du chalumeau; tlans ia flamme intérieure, cette perle devient jaune h. chaud et violette à froid. Tous les sels de titane donnent cette réaction lorsqu'ils ne contiennent pas d'autre métal pouvant la masquer.

L'acide titanique et les titanates neutres sont insolubles dans l'eau, mais solubles dnns l'acide titanique et l'acide sulfurique. par l'ébullition, l'acide titanique se précipite de nouveau. Cette séparation est complète avec ia solution sulfurique, incomplète avec la solution chlorhydrique. Les alcalis précipitent également de l'hydrate titanique gélatineux de ces solutions. L'infusion de noix de galle donne un précipité orangé, le ferrocyanure de potassium un précipité brun foncé; l'étain métallique dégage de l'hydrogène, communique à la liqueur une teinte violette et finit par en précipiter du protoxyde de titane si le liquide n'est pas trop étendu. La liqueur violette prend une teinte rose, qui persiste pendant plusieurs semaines, lorsqu'on l'étond d'eau. Cette réaction est très-sensible.

L'oxyde titaneux se dissout dans les acides en formant des solutions violettes, d'où les alcalis et les carbonates alcalins précipitent de l'hydrate titaneux brun. Le carbonate calcique précipite complètement l'oxyde titaneux de ses solutions. L'acide sulfurique ne donne aucune réaction ; le sulfure ammonique en précipite de l'hydrate titaneux; les solutions mercurique, argentique, auiique sont ramenées à l'état métallique par les solutions titaneuses. Le chlorure titaneux précipite du chlorure cuivreux de la solution du chorure cuivrique et réduit les sels ferreux à l'état de sels ferriques.

— Dosage du titane. On précipite l'acide titanique de ses solutions acides par l'ammoniaque, en évitant un excès de cette base qui redissoudrait en partie le précipité; on lave, on calcine et on pèse. Le produit calciné renferme 60 pour 100 de titane.

Nous ne pouvons entrer ici dans la description des méthodes qui .servent à séparer, le titane des autres métaux. Nous renvoyons pour cela au Traité d'analyse quantitative de Henri Rose.

TITANE, ÉE adj. (ti-ta-né — rad. titane). Miner. Qui contient du titane. Il Fer titane, Combinaison de titane et de protoxyde de fer.

TITANÉPHUE s. f. (ti-ta-né-flî — du gr.

titanos, plâtre ; phloios, écorce). Bot. Genre d'algues, de la tribu des corallinées.

TITANEUX- adj. m. (ti-ta-neu — rad. titane). Chim. Se dit d'un oxyde, d'un chlorure, d'un fluorure et d'un hydrate de titane

TITA

inférieurs aux composés titaniques correspondants.

— Encyol. V. titane.

T1TAN1E, reiiie des fées, personnage du Songe d'une nuit d'été, comédie-féerie de Shakspeare. V. Obéron.

TITAN1CO, préfixe qui vient de titanique, et qui s'emploie dans certains mots composés, pour indiquer la présence d'un sel titanique combiné avec un autre sid : Sel ti-

TITA

TMnco-ammonique, TiTANlco-C!««>-i<?«e, ti-

TANlCO-SO'/iÇlie.

TITANIDES S. m. pi. (ti-ta-ni-de — rad. titane). Miner. Famille de corps qui comprend le titane et ses combinaisons,

T1TANIE s. f. (ti-ta-nl). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des pyralides.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des pleurothallées, dont l'espèce type croît à l'île Norfolk.

TITANITÈRE adj. (ti-ta-ni-fè-re — de titane, et du lat. fera, je porte). Miner. Qui renferme du titane.

TITANIQUE adj. (ti-ta-ni-ke). Qui appartient, qui est propre aux Titans; démesuré, gigantesque : Orgueil, ambition TITANIQUE, Entreprise titanique. Des journées entières se sont passées dans ce labeur titanique. (Alex. Dum.) Il a donc fallu, pour monter si haut ce titanique édifice, une continuité d'efforts. (Miehelet.)

TITANIQUE adj. (ti-ta ni-ke — rad. titane). Chim. Se dit de tous les composés au maximum du titane : Chlorure titanique, bromure titaniquf, oxyde titanique.

— Encycl. L'adjectif titanique sert à désigner les composés au maximum du titane, tels que le chlorure TiCl*, le bromure TiBr*, l'iodure Til*, le fluorure TiFl*, l'oxyde ou anhydride titanique TiO1; en un mot les composés qui répondent à la formule générale TiR'* ou, ce qui revient au même, TiR"2. Tous ces composés ont été étudiés au mot titane, à l'exception de l'oxyde ou anhydride titanique TiO*, de l'acide titanique qui en dérive et de ses sels, les titanates. C'est de ces corps que nous allons traiter dans le présent article.

— Oxyde on anhydride titanique T108. Cet oxyde se rencontre à l'état natif sous trois formes : le rutile et l'anatase, qui appartiennent au système dimétrique, et la brookite, qui appartient au système trimétrique. Le rutile est le minerai de titane le plus commun ; sa densité varie de 6 à 6,5; sa dureté est de 4,18 a 4,25. Il possède l'éclat métallique et adamantin tout à la fois. Sa couleur est le brun rougeàtre passant au rouge, quelquefois au jaunâtre et même au noir. Sa poussière est d'un brun pâle. Il est tantôt subtransparent, tantôt opaque ; sa cassure est snbconchoïdale et inégale.

L'anatase, la variété la plus pure d'oxyde titanique, quoique appartenant au même système cristallin, a une forme incompatible avec celle du rutile, dont elle diffère encore pardon mode de clivage, son poids spécifique, sa dureté et par d'autres caractères physiques.

La brookite ou arkansite consiste en anhydride titanique mêlé à 3 ou 4,5 pour 100 d'oxyde ferrique. Elle est trimétrique.

— Préparation, On se sert du rutile pour préparer l'anhydride titanique pur. On peut aussi employer les diverses variétés de fer titanifère ; dansce dernier cas, il faut d'abord éliminer la plus grande partie du fer par une ébullition prolongée du minéral en poudre avec de l'acide chlorhydrique.

M. Rose fond le minéral réduit en poudre fine par trois fois son poids de carbonate de potassium et reprend par l'eau la masse fondue qui renferme le titanate potassique. Ce liquide dissout aussi l'excès d'alcali, en même temps que le silicate, le manganate et le stannate de potassium. Le titanate de potassium demeure, au contraire, dans le résidu insoluble avec l'oxyde ferrique et peut-être do petites quantités d'oxyde stannique. On continue le lavage de ce résidu jusqu'au moment où les eaux de lavage commencent à filtrer laiteuses, et on le dissout ensuite dans l'acide chlorhydrique concentré. Pour retirer l'acide titanique pur de ce liquide, Berthier étend celui-ci de beaucoup d'eau, y fait passer un courant d'acide sulfhydrique pour en précipiter la totalité de l'étain, le filtre et l'additionne d'assez d'ammoniaque pour qu'une nouvelle addition de ce réactif ne fasse plus naître aucun précipité. Le précipité produit est formé par de l'acide titaniquey contaminé par des sulfures de fer et de manganèse. Pour le débarrasser de ces deux impuretés, on le traite par l'acide sulfureux aqueux, qui les dissout et qui est sans action sur l'acide titanique, qu'on recueille sur un filtre et qu'on lave. On peut encore faire bouillir la solution chlorhydrique avec du sulfure d'ammonium, jusqu à ce que le précipité cesse de s'accroître. Le fer et le manganèse restent alors en dissolution, et le précipité consiste en acide titanique pur, que l'on doit laver à l'abri de l'air pour éviter une précipitation d'oxyde ferrique. De quelque manière que l'on ait opéré, on calcine finalement l'icide titanique pour le convertir en anhydride.

Wflhler, au lieu de reprendre par l'acide chlorhydrique le titanate potassique impur, qui résulte de la fusion du rutile avec le carbonate de potassium, traite ce produit par l'acide fiuorhydrique. Il se forme alors du fluorure titanico-potassique, qui se dépose en cristaux. On dissout ces cristaux dans l'eau bouillante et l'on filtre la liqueur aussi chaude que possible. A la condition de ne pas employer un excès d'acide, on peut opérer dans des vases en verre. Le sel qui cristallise par le refroidissement est lavé a l'eau froide et purifié complètement par une sene de nouvelles cristallisationsdans l'eau chaude. On le dissout ensuite une dernière fois et l'on traite sa solution bouillante par l ammoniaque, qui en précipite dn titanate d'ammonium. Calciné, ce sel se transforme avec effervescence en oxyde titanique pur.

Une autre méthode, qui fournit de l'acide titanique très- pur, consiste à faire passer un courant de chlore sur un mélange intime de rutile et de charbon chauffé au rouge, et à décomposer par l'eau ou l'ammoniaque le chlorure titanique qui en résulte. L'hydrate ainsi préparé donne l'oxyde anhydre par la calcination. L'anhydride titanique, obtenu par la calcination de l'hydrate précipite, forme des morceaux d'un brun rougeàtre, qui ressemblent d'autant plus au rutile par leur éclat et leur couleur qu'ils ont subi 1 action, d'une température plus élevée. On peut obtenir ce corps cristallisé en faisant passer a travers un tube chauffé au rouge un mélange d'eau et de chlorure titanique en vapeur. D'après Ebelmen, on l'obtient en longues aiguilles en exposant à la température d un four à porcelaine un mélange d'oxyde amorphe et de sel microcosmique. Suivant Deville et Caron, on peut obtenir artificiellement du rutile pur en décomposant un titanate fusible, et spécialement le titanate Stanneux, par la silice à une température élevée. Enhn, Deville a. découvert que l'oxyda amorphe se convertit en cristaux quadratiques (rutile ou anatase) par la calcination dans un courant de gaz acide chlorhydrique sec. Ces cristaux sont colorés en bleu par une petite quantité d'un oxyde inférieur qui se forme en même temps. Hautefeuille a préparé les cristaux d'oxyde titanique par deux méthodes : c*, en décomposant le chlorure ou le fluorure titanique par la vapeur d'eau ; 6, en faisant cristalliser l'oxyde amorphe dans une atmosphère d acide chlorhydrique ou fiuorhydrique. Cette seconde méthode n'est d'ailleurs qu'une modification de la première, parce qu il se forme d'abord du chlorure ou du fluorure da titane qui sa décompose ensuite. Lorsqu on opère avec l'acide clilorhydrique, la cristallisation ne se fait qu'à une très-haute température, et les cristaux formés présentent toujours la forme du rutile. Avec l'acide fiuorhydrique, au contraire, la cristallisation se produit à des températures plus busses, et il sa forme de l'anatase ou de la brookite si 1 on chauffe davantage ; si la température devient très-élevée, c'est du rutile qui se forme, comme lorsqu'on emploie l'acide chlorhydrique. L'oxyde anhydre TiO* fond seulement à la température du chalumeau oxhydrique. Il est complètement insoluble dans l'eau et dans tous les acides, l'acide sulfurique concentré excepté. Chauffé jusqu'à siccité avec ce dernier acide, après avoir été réduit en poudre, il laisse un résidu soluble dans l'eau après refroidissement. Si l'on fond l'oxyde anhydre avec six fois son poids de sulfate potassique, on obtient une masse d'un jaune clair que l'eau tiède dissout aisément, en donnant une liqueur limpide.

Le potassium et le sodium réduisent l'oxyda titanique à la chaleur rouge, avec formation, d'oxyue alcalin et d'une masse noire, qui n'acquiert pas l'éclat métallique par le frottement et qui parait être un mélange de titane libre et d'oxyde titanique ou titaneux. Le charbon réduit au blanc l'oxyde titanique à l'état de titane libre. Le sulfure de carbone, à une forte chaleur rouge, réduit le ! dioxyde de titane en sulfure de titane, uvee formation simultanée d'oxyde de carbone et d'anhydride carbonique. Le chlore gazeux n'attaque l'oxyde titanique que si ce corps est mélangé avec du charbon et chauffé au rouge ; il se forme alors du chlorure de titane TiCl*. L'oxyde fondu avec les carbonates alcalins donne des titanates alca-

La gaz ammoniac convertit au rouga brillant l'anhydride titanique en azoture de titane TiAz*.

— HYDRATES OU ACIDES TITANIQUES. Il parait exister deux modifications de l'acide titanique, analogues sous tous les rapports aux deux modifications de l'acide stannique. L'une de ces modifications porte le nom d'acide titanique et l'autre celui d'acide métatitanique.

On obtient l'acide titanique en précipitant le chlorure TiCl* par l'ammoniaque en solution dans l'eau. C'est une poudre blanche, dont la densité varie de 3,8 à 3,93, suivant la température à laquelle on l'a exposée. A chaud, ce corps prend une couleur jaune; mais cette couleur est fugace et disparate par le refroidissement. A une haute température, l'acide titanique se convertit en anhydride avec une vive incandescence. Les acides sulfurique, azotique et chlorhydrique étendus dissolvent l'acide titanique; mais ces

TIïA

solutions soumises a l'ébullition laissent déposer de l'acide métatitanique.

L'acide métatitanique ainsi obtenu est une poudre blanche et molle qui, de même que l'anhydride, est à peu près insoluble dans tous les acides, l'acide sulfurique concentré excepté. Par la calcination, il se convertit en anhydride, mais sans donner lieu, comme l'acide titanique, au phénomène de l'incandescence.

L'acide tilanique se transforme encore en acide métatitanique par des lavages prolongés à l'eau chaude ou par la dessiccation à une température relativement élevée.

D'après Weber, une solution aqueuse récemment préparée de chlorure tilanique n'est pas troublée par les acides sulfurique, azotique ou cblqrhydrique ; mais les acides phosphorique, àrsénique et iodhydrique y font naître un précipité immédiat. Le dichromate potassique agit de même. Toutefois, si l'on fait bouillir la solution précédente pendant quelques secondes seulement, elle devient précipitable par tous les acides, qui en séparent de l'acide métatitanique insoluble, et par le dichromate potassique, qui y fait naître alors un précipité jaune orangé. L'acide métatitanique ainsi précipité se redissout dans une grande quantité d'eau après que l'excès d'acide a été -enlevé par les lavages; mais une addition d'acide à la liqueur fait renaître le précipité.

L'acide tilanique desséché sur l'acide sulfurique a, d'après Rose, pour formule TiH*03. D'après Merz, le même acide, desséché vingtquatre heures à l'air, renferme TiH203,2H20, et TiH503,HsO lorsque la dessiccation a duré plusieurs semaines. Desséché sur l'acide sulfurique, il perd sa dernière molécule d'eau et présente alors la composition signalée par Rose. Si la dessiccation sur l'acide sulfurique est très-prolongée ou qu'on porte le produit à 60°, le corps qui reste comme résidu répond k la formule (TiH203)3TiO* et finalement, à 100», k la formule TiH^TiO*.

L'acide métatitanique, déposé par l'ébullition de sa solution sulfurique et desséché sur l'acide sulfurique, répond à la formule TiH*03. A 60», il contient TiH*03,Ti02 ; à 100», TiH203,2TÏO*; k isoo, TiH203,3TiO* et à 160° TiHï03,4TiO*. En somme, l'acide métatitanique perd son eau plus facilement que l'acide tilanique.

Lorsqu'on soumet kla dialyse une solution chlorhydrique d'hydrate tilanique, il reste sur le dialyseur un hydrate titanique gélatineux insoluble. Une solution chlorhydrique préparée à froid de cet hydrate gélatineux contenant l pour 100 de TiO* seulement laisse, par une nouvelle opération de dialyse, de l'acide tilanique liquide, lequel, soumis à l'action de l'alcool ou d'autres liquides, forme des composés analogues à ceux qui se produisent de la même manière, avec l'acide silicique.

D'après Tûtscheff, l'hydrate qui résulte de l'action de l'air humide sur le chlorure double de titane et de phosphore, que nous avons décrit au mot titane, présente, après dessiccation sur l'acide sulfurique, la composition TiH503,H20, que Tûtscheff écrit ïiH>0\ en considérant ce corps comme l'acide tilanique normal. Entre 110» et-l20°, cet acide normal perd une molécule d'eau et se convertit dans son premier anhydride TiH^CR Par son aspect, 1 hydrate normal ressemble à celui qu'on obtient par ébullition avec l'acide sulfurique et il présente la même composition. Ce dernier (acide métatitanique), chauffé à 120o, laisse l'hydrate Ti8H90i° et, à woo, l'hydrate TiSH*0». L'hydrate obtenu par précipitation au moyen de l'ammoniaque renferme, d'après Tûtscheff, après dessiccation dans le vide,Ti3H«09 au lieu de Ti3H10O", formule que lui attribuait Demoly. A 140», il se convertit dans l'hydrate Ti'H.205.

De ces résultats, et C est le point important de ses travaux, Tiitscheff conclut qu'il existe une série d'hydrates polytitaniques analogues aux hydrates polysiliciques (v. silice) et dérivés de l'hydrate titanique normal, suivant l'équation générale

HTiH*04 — mH*0 = TinH4ï,-2m04r,-m-

— Sels titaniquks. L'hydrate titanique agit à la fois comme acide et comme base faible. En sa qualité d'acide, il fait la double décomposition avec les bases et fournit les titanates ; en sa qualité de base, il fait la double décomposition avec les acides et fournit les sels titaniques. Ces derniers sels sont fort instables. L'oxalate, le phosphate et le sulfate ont été étudiés par Rose; le sulfate, le phosphate et l'azotate par Merz.

— Azotate titanique. L'acide titanique se dissout dans l'acide azotique concentré, et la solution, évaporée sur la chaux vive, se recouvre d'abord d'une couche irisée , puis donne une masse de lames brillantes qui renferment

(TiOS)8Azï05>6H20 = 5H*Tï03,2AzH03.

Ce sel est soluble, quoique imparfaitement, dans l'eau. Sa solution claire laisse déposer de l'acide titanique lorsqu'on la chauffe à 100°.

— Phosphate titanique. Lorsqu'on ajoute du phosphate d'ammonium à une solution chlorhydrique d'hydrate titanique, la presque totalité du titane se précipite sous la forme d'uue masse gélatineuse blanche. Celle-ci,

TITE

lavée et desséchée, prend un aspect de porcelaine et présente la composition

(Ti02)2p20&.

D'après Merz, le précipité original contiendrait TiC-î.PSO» ; mais une partie de l'acide phosphorique serait enlevée pendant les lavages.

— Sulfate tilanique. La solution sulfurique de l'hydrate titanique laisse déposer cet hydrate quand on l'étend d'eau. L'acide titanique humecté d'acide sulfurique concentré s'échauffe et se dissout complètement sous l'influence de l'ébullition. Par le refroidissement, la solution se prend en gelée ; mais si l'on évapore une portion de l'acide, il reste une poudre blanche qui, desséchée sur une tuile poreuse, puis portée à 180°, renferme

TiO!,S03 = Ti(S02)"03.

Ce sel abandonne tout son anhydride sulfurique k la chaleur rouge ou sous l'iirfluence de l'eau. L'acide chlorhydrique le dissout lentement à froid, plus facilement à chaud.

— Titanates. Ces sels n'ont point été bien étudiés. Plusieurs d'entre eux peuvent être représentés par les formules M'^TiO* et

M'ïTiOS,

formules analogues à celles des orthosilicates et des métasilicates. Les titanates de calcium et de fer se rencontrent k l'état de minéraux naturels. Les titanates alcalins se forment par la fusion de l'acide titanique avec les hydrates alcalins, les carbonates alcalins ouïes sulfates acides des mêmes métaux. On peut aussi les préparer par voie humide. Finement pulvérisés et lévigés, ils se dissolvent dans l'acide chlorhydrique concentré modérément chaud ; mais si l'on fuit bouillir le liquide, la majeure partie de l'acide titanique dissous se précipite. Les titanates alcalins neutres (métutitanates) TiM'*03 sont insolubles dans l'eau , mais solubles dans les acides. Les titanates terreux et les titanates des métaux lourds sont insolubles et peuvent être préparés par précipitation. Hautefeuille en a obtenu quelques-uns. cristallisés avec des formes et des caractères physiques identiques à ceux que présentent les mêmes composés que l'on rencontre il l'état de minéraux naturels.

Le titanate de calcium porte en minéralogie le nom de perov/skite.

Le titanate ferreux constitue le minéral connu sous le nom d'ilménite, et aux diverses variétés duquel on applique les noms de crichtonite, ménacan, ménacanite, kibdelophane, etc.

TITANITE s. f. (ti-ta-ni-te — rad. titane). Miner. Variété de sphène de couleur brune ou rouge brun, qu'on trouve dans les granits de Passau et d'Aschaffenbourg, en Bavière, ainsi que dans le gneiss et les syénites zirconiennes d'Arendal, eu Norvège.

— Oxyde de titane de couleur rouge brunâtre, qu'on trouve en Europe, en Amérique, etc., dans les granits, les gneiss, les pegmatites, et en général dans tous les terrains antérieurs au terrain carbonifère.

— Encycl. La titanite a d'abord été regardée comme un minéral particulier. C'est Cordier qui a mis en évidence l'analogie de sa composition chimique avec celle du sphène, et Rose qui a prouvé l'identité des deux substances sous le rapport cristailographique. D'après une analyse de Rosalès, la titanite renferme 31,80 de silice , 40,92 d'acide titanique , 22,25 de chaux et 5,06 d'oxyde ferreux.

Il a déjà été question, au mot rutile, de l'oxyde de titane appelé titanite.

TITANOKÉRATOPHYTE s. m. (ti-ta-noké-ra-to-ti-te — du gr. titanos, plâtre; keras, corne; p nu ton, plante). Zooph. Syn. de GOR- GONE, genre de polypiers.

TITANOXYDE s. m.' (ti-ta-no-ksi-de — de titane, et de oxyde). Chim. Oxyde de titane.

Tu» et Bérénice, tragédie de Corneille, en cinq actes et en vers. Le sujet de cette pièce est le même que celui de la Bérénice de Racine. Ce fut un mauvais tour que lui joua innocemment, par l'entremise de Dangeau , cette Henriette d'Angleterre qui avait su vainere sa passion pour Louis XIV, son beaufrère. Elle voulait voir développer sur la scène les sentiments qu'elle avait eu à combattre, et elle en chargea simultanément et k l'insu l'un de l'autre le jeune Racine et le vieux Corneille, qui devait succomber dans cette lutte. De l'aveu même de Pontenelle, la victoire demeura à Racine. Corneille a mis plus d'action dans sa pièce que son rival ; mais l'amour est mieux exprimé dans la Bérénice de Racine, et c'était 1k le point essentiel.

TITE ou TITUS {saint), disciple de saint Paul. Il vivait au ier siècle de notre ère et fut converti au christianisme par saint Paul, qu'il suivit au concile de Jérusalem (5i) et à Ephèse. Après avoir rempli seul une mission à Corinthe (56), il rejoignit Paul en Macédoine et fut chargé par lui de porter une épltre aux Corinthiens (58). Quatre ans plus tard, Tite devint évêque de Crète, où il mourut dans un âge avancé, vers 105. Saint Paul lui adressa une épltre qui nous est restée. Plusieurs reliques de ce saint ont été transportées dans l'église Saint-Marc, à Venise. L'Eglise l'honore le 4 janvier.

Tl«e (ÉPÎTRB DE SAINT PAUL A). V. ÉPITRE.

TITE

TITE (William), architecte anglais, né à Londres en 1802. Il fit ses études, sous la direction de Laing, dans sa ville natale ; mais, bien qu'il eût été chargé d'un grand nombre de travaux, il ne fut guère connu avant la construction de la nouvelle Bourse royale de Londres, magnifique édifice qu'il fit élever de 1841 a 1844 et qui coûta 3,750,000 francs. C'était là une œuvre remarquable sous tous les rapports et qui suffit pour établir la réputation de l'artiste. Parmi les autres travaux dont il a dirigé, la construction, citons encore : l'Eglise écossaise, à Londres (1828); les Banques de Londres et de Westminster; lés gares du Vauxhall, à Londres, de Southampton, de Blakwall, du Chemin central calédonien, un grand nombre de stations sur cette ligne et sur plusieurs autres, etc. Viceprésident de l'Association de la réforme administrative, M. Tite a été élu membre du Parlement, pour Bath, en 1854 et 1857, et est, en outre, président de l'Institut des architectesanglais, membre de la Société royale depuis 1835, ainsi que des Sociétés archéologique et géologique.

TITE-LIVE (Titus Livius), célèbre historien latin, né a Padoue, d'une famille patricienne, ' l'an 59 av. J.-C., mort sous Tibère, l'an 19 de l'ère chrétienne. On a peu de détails sur lui. On croit qu'il passa une partie de sa vie dans le silence et la retraite. Quelques ouvrages philosophiques et des dialogues qu'il dédia à Auguste le tirent connaître- à Rome et à la cour, et lui tirent confier l'éducation du jeune Claude. Il partagea son temps entre Rome et Naples, occupé de la composition de son grand ouvrage sur l'histoire des Romains. Le vainqueur d'Actium l'admettait dans cette intimité où les entretiens de Virgile et d'Horace le délassaient des soins de l'empire. Cette amitié de l'empereur n'altéra point l'impartialité de l'historien, qui donna des louanges à Brutus, à Cassius et particulièrement k Pompée, au point qu'Auguste l'appelait en badinant lu Pompéien. A l'avènement de Tibère, il revint dans sa cité natale et y passa le reste de ses jours. Il ne reste de lui que 35 livres de son Histoire romaine (elle en avait 140), qui embrassait les années écoulées depuis la fondation de Rome jusqu'à la mort de Drusus. Cet ouvrage est un des chefsd'œuvre de la littérature latine, bien qu'Asinius Pollion ait reproché à l'auteur un peu de patavinité, c'est-à-dire un tour de style qui sentait encore le terroir de Padoue. Ses récits sont clairs, nobles, admirablement ordonnés ; ses peintures sont énergiques et saisissantes ; son style est simple, élégant et pur. Ses harangues, multipliées peut-être en trop grand nombre, sont des chefs-d'œuvre d'éloquence. Dans la ferveur de son patriotisme, il recueille avec un soin religieux les traditions nationales, traditionsdontplusieurs ont été contestées, mais qui étaient alors les plus chères croyances de la société romaine. Il est le plus souvent favorable aux Romains contre leurs ennemis, aux patriciens contre la démocratie ; .mais il n'est cependant point sciemment et de parti pris inexact et partial.

« Comme Virgile, ditM. D.Nisard,Tite-Live est tour à tour chacun des personnages qu'il aime ; il est Rome elle-même dans toutes ses fortunes, Rome que le poste appelle la plus belle des choses, rerum pulcherrima, par le même enthousiasme tendre qui fait dire à l'historien, dans son éloquente préface, que l'empire romain est le plus grand après celui des' dieux. La sensibilité de Tite-Live a la plus forte part dans cette connaissance du cœur humain dont le loue le moins favorable de ses juges, le savant Niebuhr. C'est même par les passions dont son cœur lui a donné le secret qu'il arrive k connaître les intérêts et qu'il pénètre dans les complications des affaires. D'autres écrivains, qui ont mérité le même éloge, n'ont porté dans le cœur humain que la lumière de la raison. Leur propre cœur est resté indifférent, soit qu'ils 1 eussent fait taire pour ne pas troubler ledr jugement, soit "plutôt que l'expérience l'eût desséché. Aussi leur science instruit, mais ne rend pas meilleur. Ils fournissent des expédients et ôtent des scrupules k ceux qui, nés avec de l'ambition, cherchent dans leurs études des moyens d'empire sur les hommes. Tite-Live est l'historien des âmes généreuses; il apprend k ceux qui ne sont pas faits pour commander comment on honore l'obéissance. Sa science n'instruit guère moins, mais elle touche et donne du respect. On en dirait autant de Virgile, ce maître si profond et si doux dans la science de la vie. Plus je compare ces deux hommes, plus je les trouve frères. Virgile pourtant est le premier, parce que son cœur, le pius tendre de l'antiquité, aressenti encore plus profondément le contrecoup des choses humaines. Ou voudrait croire qu'ils se sont connus et aimés; que dans ce palais d'Auguste, qui leur était si hospitalier, ils se sont entretenus de Rome, de sa gloire passée, de ses grands hommes et que, sans médire d'Auguste, ils se sont quelquefois attendris pour Pompée et exaltés pour Catoa. s

« C'est un écrivain plein de sens et de tact, unissant k un degré inconnu avant lui' et après lui l'élégance et la grandeur, l'éloquetice et le naturel, dit M. L. Joubert. Il voulut offrir k ses contemporains une narration claire et intéressante qui tiattàt leur orgueil sans choquer la vraisemblance. Discuter les récits des cinq premiers siècles de

TITE

Rome était tout à fait contre son but; il les raconta d'un air moitié sceptique moitié crédule. La foi et le doute se combinent chez lui si intimement qu'il serait ridicule de 1rs vouloir distinguer; lui-même ne démêlait pas bien ces deux sentiments, ces deux nuances qui se fondent en une seule couleur. Il pensait que la grandeur providentielle de Rome rend croyables tous les prodiges rapportés par la tradition ; il pensait aussi que, dans l'incertitade générale des cinq premiers siècles, les prodiges ne sont pas plus incertains que les autres événements. Il ne jugea donc ni utile ni possible de porter l'investigation critique sur des époques dont les monuments authentiques ont péri. Il se contenta de choisir avec goût, dans les historiens précédents, les traits d'un tableau du développement de Rome primitive. Il n'altéra point les récits traditionnels par de gauches interprétations, il les polit et enleva les aspérités qui auraien t rebuté ses contemporains. Sa narration coule avec une puissance calme et continue, gagnant toujours en largeur et en profondeur... Malheureusement, la partie authentique a péri presque entièrement, et l'introduction, douteuse de l'aveu de l'auteur, nous est arrivée intacte. Ce hasard a détruit les proportions de l'ouvrage et obscurci le but de 1 historien. On a oublié qu'il s'était proposé surtout de raconter des faits avérés, rapprochés de son siècle ou même contemporains. On a regardé l'historien de la lutte de César et de Pompée comme un historien des antiquités romaines. Ses récits de l'époque primitive ont pris une importance qu'il ne leur avait jamais attribuée; il est devenu l'autorité souveraine pour des événements auxquels il ne croyait pas lui-même. •

La science historique regrettera beaucoup la perte d'une partie considérable de l'œuvre de Tite-Live. A diverses reprises, on a annoncé la découverte du complément de cette histoire mutilée de la vieille république romaine; on avait même prétendu, sur la foi d'un voyageur de la fin du siècle dernier, que les archives du sérail de Constantinople en gardaient un manuscrit complet ; mais tout s'est borné jusqu'ici k la découverte de quelques fragments nouveaux.

Freinsheim a comblé les lacunes du texte par des Suppléments, considérés comme supérieurs k ses Suppléments de Quinte-Curce. Les éditions de Tite-Live sont innombrables. Les principales sont celles de Doujat, Ad usum Delphini (1676 et 16S0); de Crevier (1735-1742); deDrakenborehStuttgardt^lSSO); de Deux-Ponts (1784); de Lemaire (1822- 1825); d'Ernesti et Schaefer (Leipzig, 1801- 1804), etc. Les principales traductions françaises sont celles de MM. Dureau de La Malle et Noël (18Î0-181S); de MM. Liez, Dubois et Verger (dans la collection Panckoucke, 1830-1833); de M. D. Nisard (dans la Bibliothèque latine), etc.

Tite-Live (DISCOURS SDR LA PREMIÈRE DÉ- CADE bk), par Machiavel, publiés après la mort de l'auteur (1532, in-4°). C'est un des ouvrages les plus importants du célèbre publiciste florentin et l'un de ceux qui témoignent avec le plus d'éclat de la profondeur de son intelligence et de la fermeté de son génie. L'esprit en est bien différent de celui qui anime le fameux traité du Prince; ici, ce n'est plus l'ambitieux qui parle, mais le philosophe, et il se prononce énergiquement pour la liberté contre le despotisme, pour le peuple contre les aristocraties.

Cet ouvrage est une étude approfondie des institutions de la république romaine, qui depuis Polybe, et avant Montesquieu, n'avaient jamais été si bien comprises et si bien expliquées. La distribution exacte des pouvoirs entre les consuls, le sénat elle peuple, la politique du sénat, l'esprit de suite qu'il porte dans ses entreprises, tous ces points sont mis en pleine lumière, avec une sagacité digne de la critique moderne. Le premier, peut-être, Machiavel a montré que la sagesse si vantée du sénat n'aurait rien produit si le peuple ne l'avait secondée pur son courage et sa fermeté. Il fait voir combien était nécessaire la puissance des tribuns, et il prouve que, dans les luttes entre les plébéiens et les patriciens, la justice était le plus souvent du côté du peuple.

< Un peuple, dit-il, garde mieux la liberté d'un Etat que l'aristocratie, toujours prête k usurper le pouvoir. Un peuple porte dans l'exécution des traités plus de fidélité qu'un souverain, et c'est du côté des princes que l'histoire montre le plus souvent d'éclatants exemples d'ingratitude. Un peuple encore aime naturellement la vertu, et dans des choix particuliers il agit avec plus de discernement qu'un prince, car il cherche partout les gens de bien, et d'ailleurs il est moins sujet k se laisser tromper. •

Il soutient aussi, à propos des luttes qui se produisent dans les Etats républicains, que les agitations des partis, quand elles ne vont pas jusqu'à violer les lois, sont nécessaires k un Etat pour entretenir et développer l'énergie des citoyens. En un mot, il réfute toutes les objections banales par lesquelles on combat les gouvernements libres eu justifiant le despotisme.

Ennemi des usurpations et des coups d'Etat, il prend le parti de Brutus contre César, juge ce dernier, non-seulement par ses actes, mais encore par l'exemple qu'il donne, ne ie

TITH

séparant pas des usurpateurs qui l'ont suivi et faisant retomber sur sa tête la responsabilité de tous les malheurs qui ont perdu /'empire.

La page suivante donnera une idée de l'éloquente énergie avec laquelle le secrétaire de la république de Florence juge le fondateur de l'empire romain.

• Que personne ne se laisse séduire par la gloire de César, en le voyant hautement célébra par les écrivains; car ceux qui le louent sont corrompus par la fortune et épouvantés par la durée de l'empire, qui, se continuant sous ce nom, ne permettait pas

. aux écrivains de parler librement. Ceux qui veulent savoir oe qu'en auraient dit des hommes libres n'ont qirà voir ce qu'ils disent de Catilina.Ils peu vent voir encore quelles louanges on accorde k Brutus ; ne pouvant pas attaquer César tout-puissant, on loue son

ennemi L'histoire de cette époque, si

elle est bien étudiée , servira de leçon à tout prince, pour lui montrer le chemin de la gloire ou de la honte, du salut ou de la terreur; car, des vingt-six empereurs qui ont régné de César à Maximin, seize ont été assassinés, dix sont mort naturellement, et si parmi ceux qui ont été assassinés, il y en eut quelques-uns de bons, comme Oallus ou Pertinax, ils ont été victimes de la corruption que leurs prédécesseurs avaient. Uiisséa dans 1 armée... Le lecteur de cette histoire apprendra encore comment on peut établir un bon gouvernement : tous les empereurs arrivés au trône par hérédité, excepté Titus, furent méchants; ceux qui l'eurent par adoption furent bons, comme on le voit de Nerva à Marc-Aurèle, Dès que l'empire retourna à ses héritiers, il retomba en ruine. Qu'un chef d'Etat se mette donc devant les yeux les temps de Nerva et de Marc-Aurèle, pour les comparer à ceux qui précédèrent et à ceux qui suivirent, et qu'il décide à quelle époque il aurait mieux aimé naître et commander. Sous le bon empereur,

'il verra un prince tranquille au milieu de ses citoyens tranquilles, le monde plein de paix et de justice, le sénat avec son autorité, les magistrats avec leurs honneurs, les riches

•jouissant de leur fortune, la noblesse et la vertu honorées, partout la sécurité et le bonheur. De l'autre côté, la fureur, la licence, la corruption et l'ambition apaisées. C'est un âge d'or, où chacun peut penser comme il l'entend et défendre son opinion; il verra enfin le monde heureux, le prince couvert de gloire et de respect, les sujets pleins d'amour et de confiance. S'il veut considérer les temps opposés, il apercevra des guerres atroces, des . discordes, des séditions, des princes cruels dans la paix et dans la guerre, force empereurs assassinés, les guerres civiles s'ajoutant aux guerres étrangères, l'Italie toujours affligée de nouveaux malheurs, les cités ruinées et saccagées; il verra Rome incendiée, leCapitole détruit par la main des citoyens, les anciens temples dévastés, les cérémonies corrompues, les \:ités pleines d'adultères ; il verra la mer remplie d exilés, les écueils couverts de sang; il verra se succéder dans Rome des cruautés sans nombre, la richesse, les honneurs, la noblesse et pardessus tout la vertu punis de la peine capitale; il verra les accusateurs récompensés, les esclaves corrompus contre leurs maîtres, les affranchis contre leurs patrons, et ceux qui n'ont pas d'ennemis perdus par leurs amis; il saura alors exactement quelles obligations ont k César Rome, l'Italie, le monde entier. ■

Tite-L'We (essai sur), par M. Taine.(1855). Tite-Live n'est, d'après M. Taine, que ce qu il devait être, orateur, et il a écrit dans un beau langage une histoire qui n'est qu'une suite de harangues. Ne lui demandez pas le sens politique , il ne le possède pas ; ne lui demandez pas le sens critique, l'appr'éciation des témoignages, ils répugnent k sa nature. Initie dès son jeune âge k la discussion oratoire dans sa patrie, il ne pouvait pas ne pas mettre l'éloquence au-dessus de toute chose. Orateur toujours et partout, il n'appartient pas à l'histoire, quoiqu'il soit rangé parmi les historiens ; on a eu tort jusqu'ici de conserver cette erreur de tradition. Les grandes actions racontées par Tite-Live dans une langue digne de leur grandeur ne, sont que des thèmes oratoires. 11 obéit k la nécessité; son- éducation l'a condamné k l'éloquence forcée, et, comme Ovide, essayant d écrire en prose, composait des vers, Tite-Live récitait malgré lui une harangue en voulant entreprendre une narration. Tel est le résumé de Y Essai sur .Tite-Live, et le portrait de l'historien ne nous parait pas plus ressemblant que celui de La Fontaine jugé au même critérium.

TITÉE, femme d'Uranus. Elle fu^la mère de dix-sept Titans.'On lui rendit, chez les Grecs, les honneurs divins, et, comme son nom signifie terre, on l'identifia avec la Terre ellemême.

T1TEL, bourg des Etats autrichiens (Confins militaires), ch.-l. du district régimentaire des Csaykistes, sur la rive droite de la Theiss; 3,000 hab. Arsenal; chantiers de construction pour la flottille du Danube.

TITHÉNIDIES s. f. pi. (ti-té-ni-dl — gr. tithênidia; de tithênê, nourrice). Antiq. gr.

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Fête des nourrices et des enfants à la mamelle, qui se célébrait à Sparte.

— Encycl. Dans la fête des tithénidies, les nourrices des enfants mâles appartenant aux citoyens Spartiates portaient ces enfants hors de la ville, au temple d'Artémis, surnommée Corythaltia, qui était situé sur le bord du golfe Tiassos, dans le district de Clëte. Lk, les nourrices offraient des sacrifices à la déesse, pour obtenir la santé des enfants et voir lheureuse réussite des soins qu'elles leur donnaient. Cette cérémonie religieuse était suivie d'un banquet dans lequel on servait probablement aux nourrices la chair des victimes. Athénée ajoute qu'elles la mangeaient avec du pain c cuit au four. >

TITHON s. m. (ti-ton). Entom. Papillon du genre satyre.

TITHON, prince troyen, fils de Laomédon et frère de Priara, d'autres disent frère de Laomédon. Jeune et d'une grande beauté, il fut aimé de l'Aurore, qui lenleva dans son char. Il devint alors son époux et la rendit mère de Memnon etd'Emathion. A la prière de l'Aurore, Jupiter lui accorda l'immortalité; mais sa divine épouse ayant oublié de demander en même temps pour lui une jeunesse éternelle, il eut bientôt à subir tous les maux da la décrépitude, au point qu'il fallut l'emmaillotter comme un enfant. Les dieux le métamorphosèrent alors en cigale.

TITHONICITÉ s. f. (ti-to-ni-si-té — de Tithon, époux de l'Aurore, dans la mythologie grecque). Physiq, Propriété chimique des rayons du spectre.

TITHONIB s. f. (ti-to-nl). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées,'comprenant plusieurs espèces qui croissent au Mexique.

TITHVMALE s. m. (ti-ti-ma-le — lat. tithymatus, gr. tithumalos, même sens). Bot. Ancien nom du genre euphorbe, réservé aujourd'hui k quelques espèces de ce genre : Les chèvres et d'autres animaux broutent avec plaisir te tithymale. (V. de Bomare.)

— Encycl. Le nom de tithymale, fréquemment employé, autrefois surtout, comme synonyme à'euphorbe, s'applique plus particulièrement k certaines espèces de ce genre. Telles sont notamment l'euphorbe cyprès, plante vivace, haute de ou»,20 à 0mJ40, à fleurs petites, d'un jaune verdâtre ; l'euphorbe exiguë, espèce annuelle, deux fois plus petite que la précédente ; l'euphorbe des marais, etc. Ces plantes sont abondamment répandues dans toute l'Europe. Les deux premières croissent dans les lieux stériles et sablonneux, les prés secs, au bord des chemins et des fossés, dans les bois, plus rarement dans les endroits humides ou marécageux, qui forment au contraire l'habitat presque exclusif de la troisième. Les tithymales ont les mêmes propriétés médicales et jouent en agriculture le même rôle que les euphorbes.

TITHYMALOÏDE adj. (ti-ti-ma-lo-i-de — de tithymale, et du gr. eidos, aspect). Bot. Qui ressemble ou se rapporte aux tithymales.

— s. m. Bot. Syn. de pédilanthe, genre d'euphorbiacées, formé aux dépens des euphorbes.

— s. m. pi. Ancien nom de la famille des euphorbiacées.

TITI s. in. (ti-ti). Jeûna ouvrier des faubourgs de Paris : Le titi est fier de sa nature, surtout quand il a le moyen de mettre à une soirée théâtrale le prix d'une stalle d'omnibus. (F. Mornand.)

— Sorte de déguisement de carnaval, qui est une imitation élégante du costume des titis : Il était, travesti en Tm. (1 Masque qui porte ce costume : Elle dansait avec un titi.

— Mamm. Nom vulgaire des ouistitis dans certains pays. Il Nom vulgaire du douroucouli, singe du genre nocthore.

— Ornith. Un des noms de la fauvette d'hiver.

TITI ou TITO (Santi di)s peintre et architecte italien, né à Borgo-San-Sepolcro (Toscane) en 1538, mort k Florence, en 1C03. Il prit des leçons- d'Angelo Bronzfno, puis se rendit à Rome, où il adopta complètement les traditions de l'école de Bandineili. Ses peintures sont surtout remarquables par la pureté et la correction du dessin, par la vérité, la force et tout à la fois la grâce de l'expression. Comme il possédait une connaissance approfondie de l'architecture et de la perspective, il savait donner aux scènes que représentaient ses tableaux quelque chose de grand et de majestueux. On cite, comme ses compositions les plus remarquables, à Florence : la Résurrection de Jésus, les Pèlerins d'Emmaus, k l'église Sainte- . Croix ; l'.Entrée de Jésus à Jérusalem, à l'Académie; les Sœurs de Phaéthon changées en peupliers, à la Galerie publique ; le Baptême de Jésus, au palais Corsini; à Pise : une Descente de croix, Saint François stigmatisé ; k Pistoja : une Annonciation] au musée de Berlin : la Mise au tombeau. Comme architecte, il construisit quelques villas.

TITI (Robert), littérateur italien, né à Borgo-Sau-Sepoloro (Toscane) en 1551, mort k Pise en 1609. Il reçut une brillante éducation k Pise, où il se fie recevoir docteur(1576),

TITI

puis se rendit à Florence, pour y suivre la carrière d'avocat; mais il y renonça bientôt pour se vouer tout entier k la littérature. Titi débuta par quelques pièces de vers qui furent très-bien accueillies. Une querelle fort vive qu'il eut avec Scaliger, an sujet de certains passages controversés, contribua particulièrement k attirer sur lui l'attention publique. La modération avec laquelle il répondit aux invectives de son adversaire lui gagna tous les suffrages. Il était depuis quelques années professeur k Bologne, lorsque, vers 1600, le grand-duc Ferdinand de Toscane lui offrit k l'université de Pise une chaire de belles-lettres, qu'il occupa jusqu'à sa mort.. Ses principaux ouvrages sont: Carminum liber primus, publié avec les poésies latines de Gherardi (Florence, 1571, in-8«); Locorum controversorum libri decem in quibus plurimi veterum scriptorum loci conferuntur, expticantur et emendantur (Florence, 1583, in-4°), ouvrage qui lui attira de vives attaques de Scaliger j Pro suis lotis controversis assertio adversus Yvonem quemdam Villiomarum (Florence, 1589, in-4°) ; Nereus, carmen (Florence, 1589, in-40), épithalame pour célébrer le mariage de Ferdinand de Médicis ; des poésies latines et italiennes insérées dans divers recueils, etc.

TITIANE (Flavia Titiana), impératrice romaine qui vivait vers la fin du n* siècle. Fille du sénateur Flavius Sulpicianus, elle fut unie k Pertinax, élevé à l'empire après Commode, l'an 193. Titiane ne le céda en rien, pour le dérèglement de ses mœurs, aux filles et aux femmes des Césars ; son existence n'est qu'une suite de scandales et de débauches. Pertinax, son mari, fermait les yeux sur ses débordements. On sait que cet empereur fut tué par les prétoriens en 195, après quatre-vingt-sept jours de règne. Sa femme Titiane le vit poignarder sous ses yeux. Elle fut épargnée et alla cacher dans la vie privée, non ses remords, mais sa honte.

T1TIANESQUE adj. (ti-si-a- né-ske). Qui est propre, qui ressemble k la manière du Titien ; qui rappelle cette manière : Le reflet que l'eau projetait sur ce corps humide était d'un ton titianesque. (G. Sand.) Il offrait aux regards une tête chauve, d'une couleur titianesque. (Balz.) Vois notamment le corps de l'enfant, qui semble ciselé de la main du Titien, sans répéter pourtant le style titianesque. (J. Rousseau.)

T1TICACA ou CHDCUITO, grand lac situé sur la limite du Pérou et de la Bolivie, sur un plateau élevé d'environ 4,000 mètres audessus de la mer, par l5O30'-no 20' de latit. S. et par 71» i5'-73° 12' de longit. E. ; 10,000 kilom. carrés; 880 kilom. sur 11Q. Il reçoit plusieurs rivières; mais son unique écoulement a lieu par le Desaguadero, espèce de canal naturel dont le nom espagnol pourrait se traduire en français par déversoir. Le Desaguadero, dit l'Austand, a de 200 k 500 pieds de largeur, un lit très-sablonneux, et il va se perdre dans un second lac qui s'appelle Aullagas, Huallagas ou Pansa... Par un phénomène curieux, Te Titioaca ne reçoit pas des torrents qui l'alimentent kciel ouvert une quantité d'eau égale k celle que lui enlève incessamment le Desaguadero.

Même, on a, calculé que la masse d'eau qui fuit par le Desaguadero est presque deux fois plus considérable que le débit réuni de tous les affluents. Il faut donc supposer que leTlticaca est maintenu k son niveau par des sources sous-lacustres inconnues. Les tempêtes qui soufflent souvent du côté des Andes rendent la navigation du grand lac difficile et dangereuse. Les eaux sont troubles et d'une saveur amère; néanmoins, les bestiaux en boivent, ainsi que les Indiens. Elles abondent en truites et autres poissons; ses rives pittoresques sont fréquentées par d'immenses troupes d'oies sauvages.

Le lac de Titioaca doit son nom à l'île principale qu'il renferme. C'est dans cette île que, conformément aux croyances des indigènes, Manco-Capac fit sa première résidence et qu'il eut la révélation de la mission que le Soleil lui réservait. C'en était assez pour assurer k ce coin de terre la vénération deces peuples crédules. Les souverains incas y construisirent un temple magnifique dont les murs étaient couverts d'or. Comme chaque Péruvien était obligé de visiter une fois par an ce lieu de pèlerinage et d'y apporter quelque offrande qui pût être agréable k la divinité, il en résulta dans le temple une accumulation prodigieuse de richesses. Quand le pays l'ut envahi par lés Espagnols, les Indiens, pour les empêcher de s emparer de la demeure sacrée, en rasèrent les murs et jetèrent dans le lac tous les trésors qu'il contenait. Telle est, du moins, la tradition. Il n'existe aucune trace de ce temple, dont la grandeur et la magnificence ne peuvent être appréciées; suivant Alcedo, il aurait occupé l'emplacement sur lequel s'élève aujourd'hui le célèbre sanctuaire da Notre-Dama-de-Capac-Arana. L'Ile a 16 kilom. de longueur sur 6 kilom. de largeur; elle est située k 1 mille du rivage. Fertile", quoique en grande partie iaculte, elle abonde en fruits et se couvre, dans la belle saison, de fleurs parfumées. Elle sert de refuge k de nombreux troupeaux, qui y trouvent des pâturages verdoyants. Près de l'extrémité méridionale du lac, les rives se resserrent et forment une baie qui se termine par le rio Desaguu-

TITI

dero. Cette rivière, ou plutôt ce canal, a environ 100 mètres de largeur ; l'eau s'y précipite avec impétuosité. Capac Yupanqui , cinquième inoa , y fit jeter un pont de bois, au moyen duquel l'armée péruvienne put marcher à la conquête de Charcas.

TITIEN adj. m. (ti-ti-ain). Antiq. rom. Se dit de certains prêtres qui accomplissaient des rites religieux rappelant ceux des anciens Sabins.

— s. m. Membre d'une des trois tribus patriciennes de Rome.

— Encycl. Le collège des prêtres titiens (sodales titii) représentait la seconde tribu des Romahas primitifs, celle des Titienses, qui, composée de Sabins, s'unit, sous la conduite du roi Tatius, aux Ramnenses latins de Romulus. Suivant certains auteurs, c'est Tatius lui-même qui institua les titii sodales, afin de perpétuer le culte rendu aux dieux par la nation sabine. On trouve cette opinion dans les Annales de Tacite (I, 54); mais le même historien, dans un passage de ses Histoires (II, 95), donne une autre origine à ce collège sacerdotal : il en parle comme d'une institution faite par Romulus en l'honneur du roi Tatius, k qui on rendit un culte divin après sa mort. II semble plus probable que Romulus sanctionna l'institution des titii sodales et leur prescrivit de joindre le culte de Tatiua aux cérémonies dont celui-ci les avait chargés. Varron, qui donne le nom à'oiseaux titiens (titiœ aves) aux oiseaux d'après lesquels le collège des titii sodales prenait les augures, fait entendre que ces prêtres n'observaient pas, dans ce genre de prédiction, les rites en usage parmi les autres prêtres, et que les augures des Titienses restèrent assez longtemps distincts de ceux des autres tribus. Après l'établissement de la république, il y eut peu k peu une fusion des rites religieux appartenant k chacune des trois tribus primitives, et un culte unique s'établit. Alors disparut la collège des titii sodales, et leur nom ne se trouve plus mentionné. On le voit reparaître sous l'empire ; on lui appelle, k cette époque, titii sodales ou sodales titienses , ou sacerdoces titiales flaviales. Ce nouveau collège n'avait rien de commun avec celui qu'avait établi Tatius. Sesfonctions consistaient, comme celle du collège des augustales, k accomplir les cérémonies d'un culte institué pour décerner à un empereur les honneurs divins.

TITIEN (Tiziano Vkceluo, dit le), illustre peintre de l'école vénitienne, né àPieve-de- Cadore (anciens Etats vénitiens) en 1477, mort de la peste, k Venise, le £7 août 1576. Son premier maître fut un mosaïste, Sebastiano Zuccato, qu'il quitta pour entrer dans l'atelier de Gentile Bellini, puis dans celui du frère de ce maître, Giovanni, connu en France sous le nom de Jean Bellin. Chez ce dernier, il se lia avec G. Barbarelli, dit le Giorgione, qui était exactement de son âge et dont le talent précoce eut beaucoup d'influence, sur le sien. Tous ses premiers tableaux, spécialement les portraits, sont dans la manière du Giorgione, avec qui il aimait k collaborer; il travaillait aussi avec son maître, Jean Bellin, qui avait reconnu ses rares aptitudes, et le musée de Madrid possède un tableau, le Parlement de croix, ou se lisent leurs deux signatures. En 1507, il fut chargé, concurremment avec le Giorgione, de décorer, k Venise, la façade du monument connu sous le nom de Fondaco de' Tedeschi, puis fut appelé k Vicence et k Padoue, où il décora de grandes fresques l'école de Saint- Antoine, prés de la cathédrale ; ce sont : Saint Antoine faisant parler un enfant. Saint An~ toine ressuscitant une femme tuée injustement par son mari et Saint Antoine rattachant le pied qu'un jeune bûcheron s'était abattu. Ridolfi dit qu'elles étaient peintes avec tant de délicatesse qu'on aurait pu les prendre pour des peintures k l'huile; elles sont encore admirablement conservées. Giorgione avait été chargé par le gouvernement vénitien de peindre dans la salle du Grand conseil, au palais des doges, un immense tableau, Frédéric Barberousse faisant amende honorable aux pieds d'Alexandre III; la mort l'empêcha de l'achever. Le Titiea reçut l'ordre de terminer ce grand travail et s'acquitta de sa tache avec tant de bonheur que le sénat lui assigna une rente annuelle sur l'entrepôt des Allemands, à la seule condition qu'il peindrait, lors de chaque élection, le portrait du nouveau doge. Le Titien n'en peignit que trois, ceux de Lando(l53l), de Donato (1535) et du Trevisano (1553); ils sont placés dans la salle du Grund conseil. En 1514, il fut appelé k Ferrare par le duc Alphonse d'Esté. Durant les quatre années qu'il y séjourna, il peignit: deux Bacchanales qui sont considérées comme des merveilles ; l'une est aujourd'hui k Londres, l'autre k Madrid; le tableau célèbre connu sous le nom de Cristo alla moneta ou Denier de César (musée de Dresde) ; Alphonse d'Esté, sa femme'et son fils adorant la Vierge (musée de Dresde) ; le Portrait de Lucrèce Borgia, seconde femme du duc Alphonse, et celui de Laura de' Dianti, maîtresse du duc, qui, pour que ses charmes fussent immortels, voulut poser nua devant lut. Le Titien l'a peinte, sous ce costume primitif, tenant uns gerbe de fleurs, ce qui a fait appeler ce tableau la Flore-; il est au muséo de Florence, et le peintre a plusieurs fois

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