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reproduit avec amour ce corps, d'une opulente beauté. Lorsque Laura do' Diailti eut été épousée par le duc, il ne la peignit plus qu'habillée, et c'est elle qui figure dans la Jeune femme à ta toilette, improprement désignée sous le nom de Maîtresse du Titien (musée du Louvre), rare chef-d'œuvre auquel nous consacrons plus bas un article spécial. A Ferrare, le Titien se lia aussi avec l'Artoste, dont il fit un beau portrait, actuellement à Vienne, palais Manfrin. De 1518 à 1519, il peignit a Venise ; un Berger et son troupeau (musée de Vienne), une Assomption, une Madone .avec saint Pierre, saint Georges, saint François et divers donateurs, une autre Madone avec saint François, saint Pierre, saint Ambroise, etc., pour l'église Santa-Maria-de'-Frari; l'Assomption est actuellement à l'Académie des beaux-arts de Venise; un Christ portant sa croix (église Saint-Rooh) ; un Saint Jean-Baptiste (Académie des beauxarts) ; un tableau de maltre-autel pour l'église de Saint-Mazare-et-Saint-Celse , a Brescia (musée de Munich); le Martyre de Pierre de Vérone, pour l'église San-Zanipolo, à Venise , admirable tableau, malheureusement détruit lors de l'incendie partiel de cette église en 1867: il était considéré comme si précieux que le sénat vénitien, par décret spécial, avait défendu, sous peine de mort, de le faire sortir du territoire de la république. Un autre grand tableau, dont l'exécution lui fut confiée en 1527; \a. Batailla de Ghiara, et qui fut placé dans le palais ducal, périt aussi dans un incendie en 1577. A cette date (1527) se rattaehe encore l'exécution du Repas d'Emmaùs, dont le Titien lit le sujet de deux, compositions différentes ; l'une est au musée de Turin, l'autre au musée de Sienne. Vasari cite encore, comme de ce temps : la Madone gravissant les degrés du temple (Académie des beaux-arts), Saint Jean l Aumônier distribuant de l'argent aux pauvres (église du Rialto), un Saint Jérôme en pénitence, etc. A partir de 1529, époque ù laquelle l'Arétin, qui était un de ses fervents admirateurs et dont il a laissé plusieurs excellents portraits, le mit en relation avec l'empereur Charles-Quint, le Titien obtint autant de commandes de I Espagne que de la république vénitienne; aussi le musée de Madrid est-il riche en cliefs-doouvre du maître. Nous citerons, parmi eux, le Portrait équestre de Charles-Quint, peint en 1529, et une Annonciation, a\x\ date de la même époque. Le Portrait de Frédéric 11, duc de Muntoue (1532); le Titien agenouillé aux pieds de la Vierge et de saint Titien, évéque (1537, église de Pieve-di-Cadore); le Portrait de l'amiral Mauro (1537, musée de Berlin); le Portrait de Francesco Maria, duc d'Urbin et celui de sa maltresse, chef-û'œuvre désigné d'ordinaire sous le nom de la Vénus du Titien (Tribune du musée des Offices, k Florence); la Descente du Saint-Esprit, le Sacrifice d'Abraham, le Meurtre d'Abel, David tranchant la tête de Goliath (1538, église de Santa-Maria-della-Salute, à Venise); le Portrait de Paul 111 (musée de Naples); les divers portraits du marquis del Vasto, le Marquis del Vasto haranguant ses soldats (musée de Madrid), le Marquis del Vasto caressant sa maitresse (musée du Louvre); la Présentation au temple (musée de Vienne) se placent chronologiquement après les œuvres précédentes.
Venise était toujours la résidence favorite du Titien; il y vivait magnifiquement, recevant dans son palais les princes, les grands seigneurs et peu soucieux de s'en éloigner. François 1er et Léon X lui firent vainement des ofiVes séduisantes pour l'attirer l'un à Paris, l'autre à Rouie ; il consentit à faire le portrait du premier, mais seulement d'après lés médailles; c'est le beau portrait que possède le musée du Louvre; il dut être peint vers 1530. Charles-Quint, non plus, ne put l'attirer à Madrid; mais il le décida es 1529 k venir k Bologne, où il se trouvait, et posa trois l'ois devant lui pour l'exécution du portrait équestre que nous avons mentionné lus haut. Tout le monde connaît le mot de empereur k ses courtisans, qui s'étonnaient des honneurs extraordinaires rendus à l'artiste : • Je puis bien créer un duc; mais où trouverais-je un autre Titien ? ■ 11 alla même, dans son admiration, jusqu'à ramasser, uu jour, le pinceau échappé des mains du peintre troublé en disant, avec une courtoisie pleine de grandeur : « Titien ne mérite- t-il pas d'être servi par César? i Cet exemple entraînait les grands et les princes, et jamais artiste, peut-être, ne fut 1 objet d'un culte plus exclusif et plus universel. En 1545, il céda enfin aux sollicitations du paue Paul 111 et alla séjourner une année à Rome, Sou voyage fut une sorte de marche triomphale. Dans la cité pontificale, il connut Michel- Ange ; mais il était désormais trop affermi dans sa manière et son style pour que les sévères compositions de ce grand homme et l'étude des monuments anciens pussent exercer aucune influence sur lui et corriger quelques-uns des brillants défauts de l'école vénitienne. Le reste*de la vie du Titien n'offre qu'une suite de triomphes. Comblé de gloire, de richesses et d'honneurs, admiré daus toute l'Europe, honoré de l'amitié des plus grands hommes de son siècle, il vieillit eu conservant toute lu puissance de son génie, entantant jusqu'à la lin de nouveaux chefs-d'œuvre et laissant la postérité indécise entre l'éclat de ses débuts et la splendeur des dernières années de sa carrière artistique.
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Les œuvres qui caractérisent cette période sont : les Princes de la maison d'Autriche aux pieds de la sainte Trinité, vaste composition peinte en 1546 et surnommée la Gloire du Titien; Charles-Quint la fit transporter à son couvent de Yuste; un second portrait équestre de l'empereur , Charles - Quint à cheval à la bataille de Muhlberg (musée de Madrid); le Prométhée, le Sisyphe et la Vénus cherchant à retenir Adonis , du musée de Madrid ; le Couronnement d'épines (1553, musée du Louvre) ; ce tableau avait été exécuté pour Santa-Muria-delle-Grazie, de Milan ; un Christ avec la Vierge, saint Jean et saint Dominique (1553, cathédrale d'Ancône); une Cène (palais de l'Eseuria!) ; le Martyre de saint Laurent (inusée de Madrid) ; une Session du concile de Trente (1555, musée du Louvre), Diane et Aclëon, Diane et Callisto (1561, musée de Madrid) ; la Bataille de Lépanie (musée de Madrid), peinte en 1572; le maître avait alors quatre-vingt-quinze ans. Deux ans après, Henri III passant par Venise, lors de sa fuite de Vaisovie( voulut voir l'artiste dont la renommée était universelle et le trouva travaillant à une Descente de craix, qui est aujourd'hui k l'Académie des beauxarts de Venise; elle a été achevée par Palma le jeune. Le Titien sentant le pinceau lui échapper, il avait quatre-vingt-dix-sept ans, maudissait la vieillesse qui paralysait sa inain au moment OÙ, disait-il, il commençait à comprendre ce que c'était que la peinture. En 157C, la peste s'étant déclarée k Venise avec une grande violence, il voulut fuir la contagion en se réfugiant k Cadore; mais débarqué k Mestre avec son fils Orazio, et étant parvenu jusqu'à Serravalle, il rencontra là une telle masse de fuyards qu'il lui fut impossible de continuer sa route; il rentra à Venise et devint presque aussitôt la victime du fléau. Quoiqu'un décret eût interdit les funérailles publiques et prescrit de jeter tous les pestiférés dans les fosses communes, il fut fait exception en faveur de l'illustre maître; ses amis purent l'inhumer aussi solennellement que possible, en ces temps do calamité, dans l'église Sa n la-Maria-de'-Frari, où un mausolée lui fut érigé seulement en
Nous n'uvons jusqu'à présent mentionné, parmi les tableaux du Titien, que ceux qui pouvaient servir à sa biographie, soit parce qu'ils portent une date, soit parce que la date en est fixée par les documents contemporains. Ceux qui sont répandus dans les diverses galeries de l'Europe sont encore plus nombreux, et nous ne citerons que les principaux ; ce sont, k Florence (musée des Offices) : Femme couchée, dite la Vénus au petit chien , une des plus admirables études de femmes du maître; les Noces de Cana , une Sainle Famille, la Bataille de Cadore, esquisse ; le Sacrifice d'Abraham; de nombreux portraits, parmi lesquels le sien propre, dont il est question dans l'article ci-après, et ceux de François de La Bovère et de sa femme; au palais- Piiti ■ le Mariage mystique de sainte Catherine, Madeleine repentante, une Bacchanale, petite dimension, et les portraits do P. Arétin, de Litigi Cornaro, d'André Vésale, du Cardinal ïlipp. de Médicis, de Philippe II, etc. ; k Naples (musée des Etudes) : une Sainte Famille, une Madeleine pénitente, la fameuse Danaé, tant de lois reproduite par la gravure, et les portraits de Charles-Quint avec un cardinal, de Paul III, de Philippe 11 ; àMadrid (musée royal) : le Christ et la Vierge, Jésus au jardin des Olives, Jésus présenté au peuple. Saint Jérôme, Notre-Dame des Douleurs, Portement de croix, Sainte Marguerite, Salomë portant la tête de saint Jean, la Foi catholique implorant la protection de l'Espagne, le Péché originel, Mise au tombeau, Sainte Marguerilesortant vivante de la gueule du dragon. Offrande à la Fécondité, la Victoire de Lépanie, Repos en Egypte, la Vénus à l'orgue, Danaé, répétition de celle du musée de Naples, et de nombreux portraits, parmi lesquels : Charles-Quint à Muhlberg, uu Portrait en pied de Char les- Quint, uu Portrait en pied de Philippe 11 et celui du peintre à un âge déjà avancé ; dans la galerie Madrazo : l'Offrande à Vénus, V Enlèvement d'Europe, les pqrtraits de Sansovino, du Doge André Gritti, d'un Doriu , de la Duchesse d'Albe et du Doge Dandolo; à Londres (National Gallery) ; une Bacchanale, la Leçon de musique, Noli me tangere, Vénus retenant Adonis, répétition en peut du tableau de Madrid; l'Enlèvement de Gunymède, le Ilepos eu Egypte, uue Madone, le Portrait de i'Àrioste ; au inusée de Hamptou-Court : une Lucrèce,\a Portrait d'Alexandre de Médicis; au musée de Berlin : la Nativité, la Visitation, la Circoncision, ['Adoration des bergers, son Portrait, celui de sa fille Lavinia, de 1 Amiral Mauro; au musée de Dresde : Madone assise, une Vénus couchée, divers Portraits de femmes d'une touche magistrale ; à Munich (pinacothèque) : Madone uvec l'Enfant, Vénus initiant une buçchante au culte de l'amour, Sainte Famille, Jupiter et Antiope, les portraits de VAretin, de l'Amiral ùuinani, de Charles- Quint; au musée de Vienne : Lucrèce se donnant la viort, Culisto et Diane, Ecce Homo, Mise au tombeau, une Donné, la Madone et l'Enfant Jésus, la Femme adultère, \' Adoration des mages, les portraits d'Ulysse Aldovrandi, de l'antiquaire Slrada, de Philippe Slrozzi, d'André Vésale, de la Princesse d'Esté, de l'historien Varchi , du médecin