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Parma, de Jean-Frédéric, électeur de Saxe, de Charles-Quint, de la Maîtresse du duc d'Avalos; dans la galerie Lichtenste'm : deux grands Paysages, le Martyre de saint Sébastien, Hercule enfant étouffant les serpents. Lo musée du Louvre possède du Titien dix-huit tableaux : la Vierge, l'Enfant Jésus, saint Etienne, saint Ambroise et saint Maurice; une Sainte Famille , la Vierge, l'Enfant Jésus, sainte Agnès et saint Jean; une autre Suinte Famille, les Pèlerins d'Emmaùs, le Christ entre un soldat et un bourreau, le Couronnement d'épines, le Christ porté au tombeau, Saint Jérôme à genoux devant un crucifix, Une Session du concile de Trente, Jupiter et Antiope, les portraits de François I®1, d'Alphonse d' Avalas, marquis de Guast, et d'une jeune femme; la Jeune femme d sa toilette (portrait de Laura de' Dianti) et quatre Portraits d'hommes.
■ Le Titien a eu, dit Taine, ce don unique de faire des Vénus qui sont des femmes réelles et des colosses qui sont des hommes réels, je veux dire le talent d'imiter les choses d'assez près pour que l'illusion nous saisisse et de transformer les choses assez profondément pour que le rêve s'éveille en nous. Il a montré dan3 la même beauté nue une courtisane, une maltresse de patricien, une fille de pêcheur nonchalante ou voluptueuse, et en même temps une puissante figure idéale, la force masculine d'une déesse de la mer, les formes onduleuses d'une reine do l'Empyrée. Il a fait voir dans la même ligure drapée un patriarche guerrier des croisades, un vieux héros des batailles marilimes, un lutteur musculeux et athlétique, une mine farouche et grandiose de podestat ou de sultan, une dure tête impériale ou consulaire, et en même temps ou tout k côté un grossier soudard aux veines enflées, le masque vulgaire d'un vieux juge k lunettes, un mufle bestial d'Esclavon barbu , l'échiné rougeatre et le regard sauvage d'un rameur de la ohiourme, le crâne aplati et l'œil du vautour d'un juif aigre, la jovialité féroce d'un bourreau gras, toutes les vagues parentés par lesquelles la nature humaine rejoint la nature animale. Par cette intelligence des choses réelles, le champ de l'art se trouve décuplé. Le peintre n'est plus réduit, comme les maîtres classiques, à varier imperceptiblement les quinze ou vingt nuances du type accepté. L'infinie diversité delà nature, avec ses hauts et ses bas, lui est ouverte; les plus forts contrastes sont sous sa main ; chacune de ses œuvres est riche autant que nouvelle; le spectateur trouvera chez lui, comme chez Rubens, une image complète du monde, une physiologie, une histoire, une psychologie eu raccourci. •
La Bibliothèque nationale de Paris possède un recueil de 850 gravures exécutées d'après lui ; beaucoup de ses œuvres ont péri ou n'ont jamais été gravées.
— Iconogr. Le Titien a fait plusieurs fois son propre portrait. Le plus connu, parmi ces portraits, est celui qui appartient au musée des Offices. Le grand maître s'est représenté de trois quarts et eu buste, la tête légèrement inclinée en arrière: il a le nez long et arqué, les yeux grands et scrutateurs, le front haut et large, le menton énergiqueiuent accentué sous la barbe blanche; il est coiffe d'un bonnet et vêtu d'un manteau à collet de fourrure. C'est une figure fière et grave, qui porte l'empreinte de la plus haute iutelligence. Un portrait qui a beaucoup d'analogie avec celui-ci se voit au musée de Madrid. Une peinture, ayant fait partie de la galerie Aguado de Las Marismas représente le Titien velu d'une robe fourrée et tenant un tableau noir sur lequel est écrit : Titianus se ipsum ex spécula pinyens multa feliciiale expressit ami. LXl (Titien s'est peint .lui-même, au moyeu d'un miroir, k l'âge de soixante-uu ans, et s'est rendu avec beaucoup de bonheur). Cette inscription n'a évidemment pas été tracée par l'artiste. Au musée du Belvédère, il y a uu portrait du Titien en bonnet uoir, avec une triple chaîne d'or au cou. M. Lavice {Musées d' 'Allemagne) doute que ce portrait soit l'oeuvre du maître. Le musée de Berlin en possède un qui est bien authentique, mais qui est malheureusement inachevé. Les mains et certaines parties du visage ne sont qu'ébauchées ; le costume se compose d'un vêtement de soie Jilas k reflets bleuâtres, d'un par-dessus garni de fourrure et d'un bonnet noir. M. Edouard Maudel a gravé ce tableau. D'autres portraits du Titien par luimême sont conservés dans la galerie du duc de Bedford, en Angleterre, au palais Scarria, k Milan, etc. Titien s'est peint encore dans un tableau qu'il lit pour une église de Cadore, sa ville, natale, et où il représenta la Vierge, l'Enfant Jésus, saint Titien, évéque, et sou frère Francesco, sous les traits de saint Audré; il s'est placé lui-même au côté de son patron, saint Titien. Vasari a fait mention de ce tableau, et Ticozzi (1817, Vite dei pitlori Vecellt) nous apprend qu'il était encore de son temps à Cadore , dans la collection de M. Taddeo lacobi. Des portraits du Titien ont été gravés par Augustin L'arrache (15S7), René Lochon, Jean Baron, D.-V. Denon, E. Bovet, Pontenier (d'après un dessin de Bocourt, dans l'Histoire des peintres de toutes tes écoles), Alphonse-François (Salon de 1842), etc. Un portrait en relief du Titien, modelé par le Sansovino, et
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qui a été exécuté en bronze, décore, avec d'autres portraits d'hommes célèbres , la porte de la sacristie de l'église Saint-Marc, k Venise. P. Véronèse a représenté le Titien jouant de la basse parmi les portraits d'artistes vénitiens qu'il a eu l'idée de placer dans son fameux tableau des Noces de Cana.
Nous consacrons ci-après un article spécial au tableau du Louvre qu'on a l'habitude d'intituler la Maîtresse du Titien ou Titien et sa maîtresse, mais où des écrivains autorisés, Ticozzi entre autres, ont cru reconnaître Alphonse I«r, duc de Ferrare, et Laura de' Dianti, sa maîtresse. Le Titien aima deux femmes du nom de Violante, toutes deux fort belles et qui lui servirent souvent de modèle ; la première figure parmi les voluptueuses bacchantes qui entourent le char de Bacchus, dans le célèbre tableau représen- , tant ce dieu s'élançant vers Ariane, à Naxos, la seconde était la fille de Palma le vieux. Titien étnit déjà vieux lorsqu'il en devint amoureux, et il lui donna le nom de Violante en mémoire de la première. Au musée du Belvédère est une très-belle figure de Jeune fille nue, peinte par le Titien, et que quelques auteurs désignent aussi comme étant le portrait de sa maltresse ; mais peut-être est-ce là encore une peinture faite d'après Laura de' Dianti, qui, alors qu'elle n'était que la maîtresse du duc de Ferrare, posa,' dit-on, sans voiles devant le grand peintre de Cadore. Dans la galerie du palais Pittl, il y a un charmant portrait de jeune femme, aux cheveux d'un blond ardent, au visage gracieux, jouant de la main droite avec une chaîne d'or , vêtue d'une robe-veste à manches brunes ornées de crevés et ayant aux oreilles des rubis et des perles. Le catalogue de la galerie intitule ce tableau la Maîtresse du Titien et dit que c'est le portrait de la fille de Palina le vieux ; mais quelques autours veulent que ce soit une duchesse d'Urbin. A. Van Dyck a gravé, d'après le Titien, une composition qui le représente considérant sa maîtresse ; celle-ci est appuyée sur. une cassette qui contient une tète de mort. André Pauli a exécuté une copie de cette estampe on contre-partie et réduite.
Le musée de Berlin possède un tableau qu'on a coutume d'intituler la Fille du Titien, bien qu'on ne sache pas d'une façon certaine si ce maître eut une tille; c'est une superbo figure de jeune femme soutenant au-dessus de sa tête un plateau ciselé, contenant des fruits et des Heurs. Une figure tout k fait semblable, sauf qu'elle soutient une cassette au lieu d'un plat de fruits, fait partie de la collection de lord Crrey ; c'est un chef-d'œuvre de grâce et de coloris, qu'on a baptisé : la Fille à ta cassette ou simplement la Cassette; nous lui avons consacré, sous ce dernier litre, un article spécial.
Parmi les compositions relatives au Titien, nous citerons : le Titien faisant son premier essai de coloris, par M. William Dyce ; Chartes-Quint ramassant le pinceau du Titien, par Bergeret (inusée de Bordeaux) j la Duchesse de Ferrare et le Titien, par Lefebvre (Salon de 1866); Violante Palma et le Titien, par Richard Cavaro (Salon de 1864) ; le Titien à Madrid, par R. Cavaro (Salon de 1861); le Doge Mocenigo et le Titien chei Paul Véronèse et le Titien assistant au mariage du doge avec l'Adriatique, tableaux de M. Hamman (gravés, le premier par Allais, le second par P. Cottin) ; la Mort du Titien, par Bergeret (Salon de 1833).
Ti4ie« (LA Maîtresse du), tableau du Titien (musée du Louvre, il» 471). La jeune femme, vue de trois quarts, tournée à gauche, debout, sa robe à moitié défaite, tieut d'une main ses cheveux et de l'autre une petite fiole de parfum. Un homme, placé derrière elle, à gauche, lui présente deux miroirs. Ce tableau est une des merveilles du Titien, une des œuvres où son génie se montre au complet. Mais rien ne justifie ce nom de Maîtresse du Titien sous lequel il est connu. » Il est probable, au coutraire, dit M. Viardot, que cette jeune femme est une certaine Laura de' Dianti, d'abord maîtresse du duc de Ferrare, Alphonse 1°', qui l'épousa dés qu'il fut délivré de sa première foin tue, la terrible fille d'Alexandre VI , Lucrezia Borgia. Si on l'a nommée ainsi, c'est peutêtre parce qu'il en a fait plusieurs repétitions avec variantes ; c'est plus certainement à cause de ia merveilleuse exécution de ce portrait. On n'a pu attribuer qu'à l'amour, à ses prodiges, tant de soin, tant de réussite, tant de perfection. Heureuse lutte de la nature et de l'art, ravissant par la beauté du modèle, plus ravissant encore par le travail du pinceau, où le dessin cette fois s'élève au niveau de la couleur et de façon à contenter jusqu'au morose Michel-Ange, ce portrait égale la fameuse Salomé de Madrid, devant laquelle, dit-on, Tintoret s'écria plein d'admiration et de colère : < Cet homme peint > avec de la chair broyée l > Ce portrait de Laura dut être exécuté vers 1520. U a été gravé par Forster et Henri Danken, par Filhol et par Laodon.
Titien (HONNEURS FUNËBIÎKS RB.NDUS AU) OU
les Fuuéraiiiea du Tuieu, tableau. d'Aie.xandre Hesse. Le Titien mourut de la peste à Venise en 1576, k l'âge de quatre-vingt-dixneuf ans. Ridolfi, l'historien de l'école vénitienne, rapporte que, bien. que les cérémonies funèbres eussent été rigoureusement inter-