‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 170 sur 1042 · TITT · texte numérisé non relu

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l'important ouvrage intitulé Encyclopédie japonaise.

TITTERY, ancienne province d'Algérie, au centre, entre celles de Mascara à l'O., de Zab au S., de Constantine k l'E. et d'Alger au N. Elle est traversée du N. au S. par une chaîne de montagnes,' qui portent successivement les noms de Zeckar, de Saarz et de Zaggos, et qui, au N., se réunissent au mont Atlas, et au S. aux monts Laôunat. Dans la partie S. est le lac de Tittery. Le climat de la partie N. est froid. On y recueille des dattes et une grande quantité de fruits, tels que des abricots, des figues, etc. 11 existe des mines de sel dans !e mont Zaggos. Villes principales, Bamza, Milianah, Méde. Soumise par les Français en 184Ï, elle fait partie de la province d Alger.

T1TTMÀNN (Jean-Auguste-Henri), théologien protestant, né en 1773, mort en 1831. Il prit ses grades en 1793 à Leipzig, ou il devint, trois ans plus tard, professeur extraordinaire de philosophie, puis, en 1805, professeur ordinaire de théologie, et il reçut, en 1818, le titre de premier professeur de cette Faculté. Il se fit surtout remarquer dans son enseignement par la finesse de ses aperçus, la profondeur de son jugement, la simplicité et la clarté avec lesquelles il traitait les sujets de ses cours. Ce fut, sans doute, a la variété et à l'étendue de ses connaissances qu'il dut d'être employé, dans les dernières années de sa vie, par son gouvernement, aux affaires les plus importantes. Au congrès de Vienne, auquel il assista pendant une partie de sa durée, il parla avec beaucoup de franchise et de liberté, notamment en faveur de la réalisation de son plan favori, l'union des sectes protestantes de l'Allemagne et l'établissement d'une nouvelle constitution religieuse. Quelques années avant sa mort, il fut élu représentant de l'université de Leipzig à la première Chambre des députés de Saxe, où il exerça souvent une grande influence par ses talents d'orateur. On a de lui : De Virgilio Homerum imitante, essai qu'il publia avant d'avoir atteint sa quinzième année (1787); Encyclopédie des sciences tkéologiques (Leipzig, 1798, iii-S»); Théoclès, dialogue sur la foi eu Dieu (Leipzig, 1799, in-8») ; Idées pour une apologie de la foi (Leipzig, 1799, in-8°) ; Théon ou De nos espérances après la mort (Leipz^r, 1801) ; Manuel d'komilétique (Breslau, 1804, in-8°) ; histoire pragmatique de la théologie et de la religion dans l'Eglise protestante pendant la deuxième moitié du xvme siècle . ( Breslau , 1805, in-8°), le plus remarquable de ses ouvrages, .bien qu il n'en ait publié que le premier volume: Sur le supernaturaltsme, le rationalisme et l'athéisme (Leipzig, 1816, in-8°) ; Institulio symbolica ad sententiam Ecclesim Etiangelicx (Leipzig, 1811); l'Eglise éoangélique dans les années 1530 et 1830 (Leipzig, 1830, in-8"). Il donna aussi des éditions du Dictionnaire grec de Zonaras, des Libri symbolici (Leipzig, 1817; 1827, 2« édit.) et du Nouveau Testament 'en grec (Leipzig, 1824). Il avait, en outre, écrit, le plus souvent en latin, un grand nombre de dissertations et d'opuscules de circonstance; une partie a été publiée après sa mort par Hahn, sous ce titre : Opuscula varii argumemi (Leipzig, 1833), et par Bêcher dans l'ouvrage intitulé : De synonymis in Novo Testameuto (Leipzig, 1832).

T1TTMANN (Charles-Auguste), jurisconsulte allemand, frère du précédent, né à Wittemberg en 1775, mort en 1834. Il étudia le droit aux universités de Leipzig et de Gœttingue, devint en 1801 conseiller supérieur du consistoire de Dresde, puis, en 1807, conseiller uulique et de justice, enfin, en 1812, référendaire intime. On a de lui : Essai sur la manière de traiter scientifiquement le d>-oit pénal (Leipzig, 1798) ; Principes de la science du droit pénal et de la législation pénale allemande (Leipzig, 1800) ; Sur les limites de la philosophie dans un système de la science du droit pénal, etc. (1802), ouvrage dirigé contre Feuerbach, dont l'auteur n'approuvait pas le système; M anuel.de la science du droit pénal (Halle, 1807,4 vol.); Remarques juridiques sur les limites du droit des libraires, etc., son principal ouvrage (Dresde, 1804) ; Documents pour la théorie des crimes contre la liberté (Meissen, 1806) ; De l'aveu et de la rétractation en matière de questions pénales et de la procédure à observer en pareil cas (Halle, 1810) ; Projet d'un code pénal pour le royaume de Saxe (Meissen, 1813, 2 vol.); Manuel pour les avocats débutants (Huile, 1828); X'Bomœopatliie au point de vue de la police publique (Meissen, 1829), etc.

T1TTMANN (Frédéric-Guillaume), historien allemand, frère des deux précédents, né à Wittemberg en 1784, mort en 1864. 11 étudia d'abord le droite Leipzig et k Wittemberg; mais, ayant été attaché, en 1804, aux archives secrètes de Dresde, il s'adonna dès lors exclusivement aux travaux historiques et débuta par une étude Sur la ligue des amphictyons (Berlin,' 1812), qui fut couronnée en 1811 par l'Académie de Berlin. En 1823, il fut nommé conseiller supérieur eonsistorial, puis, en 1836, archiviste intime k Dresde; il conserva cette dernière place jusqu'en 1849. Son ouvrage le plus remarquable est l'Histoire de Henri l Illustre (Dresde et Leipzig, 1845-1846, 2 vol.). On a encore de lui : Idées

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sur la politique et l'histoire de la société publique européenne (Dresde, 1816); Du jugement et de l'art dans l'histoire (Dresde, 1817) ; Exposition de la constitution de la Confédération germanique (Leipzig, 1818); Exposition de ta constitution grecque (Leipzig, 1822); De la vocation du savant et de son éducation par l'école et par l'université (Berlin, 1833); Coup d'ail sur la civilisation de notre époque (Leipzig, 1835) ; Du beau et de l'art ' (Berlin, 1841); Sur la vie et sur la matière (Dresde, 1855); Aphorismes de philosophie (Dresde, 1859); la Nationalité et l'Etat (Dresde, iseï), etc.

TITTMANNIE s. f. (ti-tma-nl — de Tittmann, naturaliste allem.j. Bot. Genre de sonsarbrisseaux, de la famille des bruniacées, dont l'espèce type croît au Cap de Bonne- Espérance.

— Syn. de vandellie, genre de personnées.

TITTY ou TVTTY s. m. (tnt-ti). Cérémonie funèbre qu'on célèbre dans l'Inde le jour anniversaire de la mort d'un parent.

— Encycl. S'il s'agit d'un père ou d'une mère, on doit célébrer toute sa vie, sans y manquer, le titty, en observant à chaque fois la plupart des cérémonies et des formalités qui accompagnent les funérailles et en faisant force largesses aux brahmes. Les pratiques qui accompagnent les derniers moments d un Indou, puis ses funérailles, sont très-compliquées; s'il s'agit d'un brahme, elles se multiplient encore et doivent toutes s'observer rigoureusement ; l'omission des plus frivoles occasionnerait un scandale ; ce- • pendant la pauvreté est une excuse pour négliger celles qui entraînent des dépenses considérables. Le deuil dure un an ; cette année écoulée et en dehors du tilty, qui doit être célébré k cet anniversaire, c'est également un devoir indispensable que d'offrir chaque jour de nouvelle lune à son père défunt, à son grand-père et k son bisaïeul une libation ! d'huile et d'eau. Pour toutes ces cérémonies en général et pour celle-du titty en particulier, tes obligations imposées par l'usage sont très-dispendieuses; mais l'amour-propre et la vanité, si puissants sur l'esprit des Indous, surtout dans les hautes castes, portent la plupart d'entre eux k contracter des dettes énormes pour déployer la plus grande pompe. Ce sont les funérailles et les tittys des brahmes qui entraînent les frais les plus considérables; les obsèques et les tittysàes kchatriyaset desyaysiasse célèbrent eccore avec une certaine magnificence. Quant aux sudras, les derniers devoirs qu'ils rendent à leurs morts sont accompagnés de beaucoup moins de faste; ils n'en sont pas moins tenus de célébrer régulièrement le titty. 11 n'y a que les sivjù'stes qui ne célèbrent pas les tittys ni aucune des autres fêtes instituées en l'honneur des morts. Un sivaïste n'est pas plus tôt enterré qu'il est oublié. Cela tient k ce que, dans cette secte, on rejette le dogme de la métempsycose,

TITUBANT, ANTE adj. (ti-tu-ban — rad.

tituber). Qui titube, qui vacille, chancelle : Ivrogne titubant. Démarche titubante.

TITUBATION s. f. (ti-tu-ba-si-on — - rad. tituber). Action de tituber, de vaciller sur ses jambes : La titubation est le symptôme ordinaire de toute lésion cérébelleuse. (E. Littrê.)

— Astron, Mouvement rie nutation du globe terrestre, il Peu usité.

TITOBÉE s. f, (ti-tu-bé). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, deHa famille des phytophages, tribu des elythrides, comprenant seize espèces, dont une, qui sert de type, habite l'Europe.

TITUBER v. n. ou intr. (ti-tu-bé — lat. titubare, même sens). Chanceler, vaciller sur ses jambes : Un ivrogne qui titube, u Chanceler, vaciller, en parlant des jambes : 2'hamar, dont les jambes titubaient, sortit du palais, se heurtant aux murs. (Th. Gaut.)

TITULAIRE adj. (ti-tu-lè-re — lat. titxi- Jaris; de titulus, titre). Qui. a le titre, la dignité, mais non l'exercice des fonctions : Les catholiques appellent évêques in partibus les évêques titulaires de diocèses situés en pays infidèles.

— Qui est en titre, et non suppléant ou honoraire : Chanoine titulaire. Professeur titulaire.

— Patron titulaire d'une église, Saint dont cette église porte le nom.

— Diplom. Ecriture titulaire, Caractères titulaires, Ecriture, caractères qui servaient à écrire les titres des ouvrages ou des chapitres.

— Substantiv. Celui qui a le titre, qui possède en titre : Le titulaire d'une charge, d'un emploi. En l'absence du titulaire, le cours est fait par le suppléant. Quand meurt le titulaire d'un de ces offices infamants de guillotineur, l'autorité a, pour lui choisir un successeur, des milliers d'aspirants. (Toussenel.)

TITOLARIAT s. m. (ti-tu-la-ri-a — rad.

titulaire). Charge, fonction qui donne un titre k celui qui la remplit : Il n'est que suppléant, il aspire au titulaRIat.

TITULARISE (ti-tu-la-ri— zé) part, passé du v. Titulariser. Rendu titulaire.

TITULARISER v. a. ou tr. (ti-tu-là-ri-zé

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— du lat. titulus, titre). Rendra titulaire, pourvoir d'un titre.

TITULATCRE s. f. (ti-tu-la-tu re — du lat. titulus, titre). Ensemble des titres que porte une personne ou.une maison. Il Vieux mot.

TITULUS s. m. (ti-tu-luss — mot lat. qui signif. titre). Autiq. rom. Ecritaau qu'on portait au bout d'un bâton, dans les triomphes. — Encycl. A Rome, dans les pompes triomphales, le butin était disposé sur des chariots et des brancards, de telle manière que les objets rares et précieux frappassent les regards de la foule. Des soldats, marchant près 3a ces chariots, portaient au bout de longs bâ- tons des écriteaux où figuraient en gros caractères les noms des neuples vaincus, des villes et des pays conquis. Ces écriteaux disaient aussi le nombre des prisonniers, la quantité de butin, le nom et l'origine de chacune des dépouilles les plus précieuses. Souvent, les inscriptions étaient accompagnées de peintures représentant les montagnes, les fleuves et les divers obstacles naturels que l'armée triomphante avait eu k surmonter. Quelquefois même, suivant ce que nous apprennent Pline etQuintilien, on joignait aux inscriptions les modèles en ivoire ou en bois des villes et des forteresses qui avaient été prises d'assaut, Ces inscriptions ou écriteaux, qui guidaient l'admiration du peuple romain et excitaient ses applaudissements, étaient connus sous le nom de titulus, proprement affiche, enseigne.

Titurel (le ROMAN de), roman de chevalerie, faisant partie de la série qui a pour objet le Saint-Graal (xii» siècle). D'après ces romans, une race de princes héroïques, originaire de l'Asie, fut prédestinée par le ciel même k la garde du Saint-Graal. Pérille, fils de Sennabor de la Cappadoce, fut le premier des chefs de cette race. Son père avait rendu d'importants services k Vespasien, lors du siège de Jérusalem; l'empereur donna aux trois fils de Sennabor l'occident de l'Europe, k Pérille la Gaule méridionale, k Sabbilor l'Anjou et k Azubar le Cornouailles. Pérille, s'étant fait chrétien, s'établit au nord-est de l'Espagne et tenta, le premier, de convertir les païens de Saragosse. Son fils, Titurison, poursuivit cette guerre et y obtint de nouveaux succès. Mais c'était au fils de ce dernier, c'était k Titurel, qu'était réservée la gloire de soumettre les païens d'Espagne et de conquérir leurs divers royaumes, entre autres celui d« Grenade. L'histoire de la race des gardiens du Graal a, dans les premiers temps, exclusivement la Catalogne et l'Espagne pour théâtre. Titurel est représenté comme le fondateur du service et du culte du Graal. Il bâtit au saint vase un temple , dans lequel il fut précieusement gardé. Ce temple réunissait tout ce que l'on peut imaginer de merveilleux et de splendide; il était construit sur le plan du fameux temple de Salomon, k Jérusalem. Titurel choisit pour son emplacement une montagne qui se trouve sur la route de Galice, entourée d'une immense forêt, nommée la forêt de Sauveterre. Quant k la montagne elle-même, Wolfram d'Esohenbach, l'auteur d'un des poèmes sur Titurel, la désignepresque indifféremment par deux noms significatifs; tantôt il la nomme Montsatval (mont sauvé, préservé), tantôt Montsalvage (mont sauvage). Toutes ces désignations se rapportent clairement aux Pyrénées. Titurel institue pour la défense et pour la garde du temple une milice, qui Se nomme la Chevalerie du Temple, et dont les membres prennent le nom de templiers. Ces chevaliers font vœu de chasteté et sont tenus à une grande pureté de sentiments et de conduite (v. Graal). Cette milice religieuse du Graal est une allusion manifeste k la milice des templiers. Le but, le caractère religieux, le nom, tout se ressemble entre cette dernière chevalerie et la chevalerie idéale du Graal, et l'on a quelque peine k comprendre la fiction de celle-ci , si l'on fait abstraction de l'existence réelle de l'autre.

Wolfram d'Esohenbach, le plus illustre des minnesingers d'Allemagne, avait déjk consacré un poBine de vingt-cinq mille vers k l'un des descendants de Titurel, k Perceval. Il voulut également chanter le père do cette race de héros; mais le poème est perdu ou peut-être ne fut-il pas exécuté. Un fragment de cent soixante-dix vers est tout ce qui nous, en reste. Un autre poilte, moins bien doué que Wolfram, Albrecht de Scharfenberg, reprit le même sujet. Son poème, où Titurel ne paraît qu'au commencement et à la fin, est presque entièrement consacré aux amours de Tschwnatalander et de Sigune et aux nombreuses aventures de c.es personnages.'

TITUS s. in. (ti-tuss — nom d'un empereur romain). Prince humain, bienfaisant, aimé de ses sujets :

Les Titus craignent-ils les destins des Nerons ?

De Bblloy.

— A la Titus, Se dit d'une manière de tailler les cheveux, en les laissant aussi courts devant que derrière, comme on les voit dans les statues antiques de l'empereur Titus : Se faire coiffer À la Titus.

— Encycl. Coiffure à la Titus. Voici l'origine vraie de cette coiffure. En 1793, les jacobins portaient , probablement en souvenir de Rousseau, une perruque k cheveux longs, noirs et sanspoudre (saut Robespierre,

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cependant, qui avait conservé la poudre). Lès aristocrates s'étant affublés de cette perruque, les sections s'émurent, et le conseil général de la Commune abolit par un arrêté les perruques à la jacobite (l« frimaire an II). Talma jouait alors Titus, dans la tragédie de Brutus, et il eut à faire faire par le perruquier Duplan une perruque qui ne le mit pas en contravention. Cet artiste inventa une perruque noire k cheveux courts, que Talma mit par-dessus ses cheveux pour jouer son personnage.

■ Il Unit, dit Arnault (Souvenirs d'un sexagénaire), par la porter k. la ville, où ce genre de coiffure fut adopté d'abord par quelques amis de l'antiquité, artistes ou gens de lettres, et puis insensiblement par les jeunes gens de tous les partis. »

Les femmes même coupèrent leurs cheveux et se coiffèrent pendant quelque temps à la Titus, au commencement du Directoire; elles adoptèrent bientôt une coiffure plus avantageuse pour elles et qu'on nomma cache-folie. Les hommes furent plus constants, et, k partir de l'an IV, la poudre et les cheveux longs disparurent presque entièrement et la coiffure imaginée par Duplan régna presque sans partage jusqu'à nos jours;

TITUS (Titus Flavius Sabinus Vespasianus), empereur romain, surnommé les Délien» Un genre iiiinmin, né à Rome l'an 40 de J.-C, mort duns la Sabine en 81. Il était (ils aîné de Vespasien. Elevé k la cour de Néron, dans l'intimité de Britannicus, il faillit périr avec ce jeune prince pour avoir goûté du breuvage empoisonné qui lui était destiné. Doué des plus brillantes qualités, poète, orateur, musicien, il s'abandonnait avec l'emportement de la jeunesse à tous les plaisirs d'une cour dissolue, quand son père, un des meilleurs officiers des armées impériales, l'arracha k cette funeste oisiveté pour le former au métier des armes. Il parcourut tous les grades militaires et se distingua en Germanie et dans la Grande-Bretagne par sa valeur héroïque ainsi que par sa douceur et sa modération. En 67, il suivit en Judée son père, chargé de soumettre les Juifs révoltés, contribua k la prise de Jotapate, où il sauva l'historien Josèphe, à celle do Jntfa, de Tarichée, de Gimale, resta chargé du siège de Jérusalem quand son père fut proclamé empereur (69), prit et ruina cette ville, après un horrible carnage où périt presque toute la nation juive (70). De retour à Rome, il partagea le pouvoir suprême avec son père, auquel il succéda en 79. Il fut du petit nombre des princes que la puissance souveraine rendit meilleurs, réforma sa vie licencieuse, montra le plus grand respect pour la vie et la liberté des citoyens, bannit les délateurs, si puissants sous les règnes précédents, se montra rigide observateur des lois et signala chaque jour de sa vie par de nouveaux bienfaits. Se rappelant un soir, pendant qu'il soupait, qu'il n'avait accordé aucune grâce dans le cours de la journée, il prononça ce mot si connu : « O mes amis, j'ai perdu ma journée I » Trois grands désastres vinrent attrister le bonheur dont jouissaient les Romains : une terrible éruption du Vésuve engloutit plusieurs villes de la Campanie, entre autres Herculanum et Pompéi (79); un immense incendie dévora la plus grande partie des édifices de Rome, qui fut presque aussitôt ravagée par une peste effroyable. Au milieu de la désolation publique, Titus fut admirable de courage, de bienfaisance et d'abnégation, et adoucit autant qu'il était en lui des maux qu'aucune puissance humaine n'était en état de prévenir. La mort ne lui laissa pas le temps d'accomplir tout le bien qu'il méditait pour le bonheur de l'empire; une fièvre ardente l'emporta en quelques jours, l'an 81, après un règne de vingt-sept mois. Son frère Domitien fut soupçonné d'avoir hâté sa fin en le faisant plonger dans un bain de neige,

Titus, tragédie en cinq actes et en vers, de de Belloy; Comédie-Krançaise (88 février 1758). C'est une imitation de la Clemenza di Tito, opéra italien de Métastase. De Belloy la composa en 1757, pendant son séjour en Russie, et il eut soin de la bourrer d'allusions. La scène est censée se passer à Rome; mais, en réalité, elle se passe k Paris, à la cour de Louis XV. Sous la maladie allégorique de Titus, on devine la maladie de Louis XV; les monstres qui attentent aux jours de Titus symbolisent l'attentat de Damiens, etc. Voici, par exemple, le compliment que le consul Annius adresse à Titus à l'occasion de son rétablissement; c'est évidemment un courtisan félicitant Louis XV : il suffisait de'changer Rome en Paris et Romains en Français :

Quel spectacle enchanteur en ces lieux se déploie ! Tout respire l'amour, le bonheur et la joie. O jour le plus heureux de nos jours triomphants! Rome revoit son père, et Titus ses enfants.

De ce moment si cher pour mieux goûter les charmes Seigneur, retracez-vous nos mortelles alarmes, I,e deuil universel de la patrie en pleurs, ' Tous ces yeux qu'égarait le délire des cœurs ; On eût dit, a son trouble, a sa terreur profonde, Que votre dernière heure était celle du monde. Une épouse plaintive entendit son époux Lui crier, en mourant, de ne pleurer que vous.

Itomains, à votre amour les dieux daignent céder ce héros qu'ils semblaient jaloux de posséder.

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Prêts à le rappeler au séjour du tonnerre, Ils le prêtent encore aux besoins de la terre. Ah! peuvent, seigneur, avec sécurité, Se reposer sur vous de leur félicité !

Titus répond avec ingénuité :

Ah! qu'ai-je fait encor pour être tant aimé? J'ai donné quelque espoir; mais l'ai-je confirmé? Hélas! depuis deux mois, ma tendresse captive 'Dans un lit de douleur a gémi d'être oisive; J'ai tremblé qu'en leur fleur mes ans fussent détruits, Moi qui me promettais vos beaux jours pour leurs

[fruits.

Plus loin, Annius s'effraye des complots qui menacent la vie du bien-aimé Titus :

Il est de ces cœurs vils, de ces âmes de fange, De bassesse et d'orgueil effroyable mélange, Qui, du bonheur public en secret désolés, Détestent les bienfaits dont ils sont accablés.

Titus répond à son ami i

Faut-il donc, Annius, punir tous les coupables? T.es supplices fréquents en sont moins redoutables. Crois qu'il est dangereux de montrer aux mortels Combien dans l'univers il est de criminels.

Malgré toutes ces flatteries à l'adresse du roi, la pièce eut peu de succès.

Tlius et Bérénice, opérette-bouffe en un acte, paroles de M. Edouard Fournier, mu- .sique de M. Gastinel; représentée au théâtre des Bouffes-Parisiens le 11 mai 1860. Il s';igit dans la pièce, dont le lieu est Bergame, d'un tableau représentant Vespasien repoussant les prières de Titus et de Bérénice; le peintre de ce chef- d'œuvre ferme la porte à tous les prétendants à la main de sa fille jusqu'à ce que son tableau soit achevé. Lelio et Bérénice trompent sa vigilance en s'aîTublant du costume des mannequins. La partition renferme des morceaux ties-intéressants, des mélodies traitées avec science et habileté. Les rôles ont été remplis par Tayau, Des-monts, Jean Paul et Mlle Tostée.

Titu*. Iconogr. Le musée du Vatican possède une très-intéressante statue de Titus, qui a été découverte en 1828, sur le Latiiui, dans un jardin côntigu à l'église de San-Giovanni-in-Fonte ; l'empereur a le visage large, sans barbe, le menton gras, le front sillonné de légères rides, le regard souriant. Sa toge est drapée avec un goût parfait. A ses pieds est une ruche, emblème de sa douceur. Il y a dans le parc de Versailles une statue antique de Titus qui offre un détail des plus curieux: sur la cuirasse sont sculptés deux anges et un chandelier k sept branches, ornements destinés à rappeler les trophées enlevés à Jérusalem par le fils de Vespasien. Des bustes de Titus se voient dans les musées du Capitole, des Etudes, des Offices, du Louvre, etc. Un très-beau buste en porphyre rouge oriental, avec draperie moderne en marbre blanc, a figuré k la vente Pourtalès (1865). Sous la voûte de l'arc de triomphe éievé à Rome en l'honneur du vainqueur des Juifs, on voit la figure de Titus assise et portée par un aigle. Ce monument est orné en outre de deux bas-reliefs qui représentent le Triomphe de Titus : la Victoire couronne le jeune prince; une femme, personnifiant Rome, conduit par la bride les quatre chevaux attelés k son char; en avant marchent des soldats portant les dépouilles opimes du temple de Jérusalem : la table d'or, la trompette d'argent et le candélabjre à sept branches ; un taureau conduit par des victiinaires, des soldats, dès prisonniers, des chariots chargés de trophées ajoutent k la pompe de celte marche triomphale. Jules Romain s'est évidemment inspiré de ces bas-reliefs pour la composition du tableau que nous décrivons ei-apres; il s'est d'ailleurs conformé «l'histoire en associant Vespasien au triomphe de son fils; il les a représentés tous deux assis sur un char et couronnés par la Victoire. Le musée de Madrid possède une peinture de Lanfranc sur le même sujet. Deux compositions relatives k la Prise de Jérusalem par Titus ont été peintes par N. Poussin pour le cardinal Barberini, qui en fit présent au prince d'Echeinberg, ambassadeur d'Autriche a Rome. Un tableau de Granger, l'itus recevant les hommages des peuples de la Campanie, a été exposé au Salon de 1822 et a figuré dans la galerie de Versailles. Citons enfin deux tableaux d'Heim, qui ont paru au Salon de 1819 et sont placés dans le palais du Grand-Trianon : Titus faisant distribuer des secours au peuple et Titus pardonnant à des sénateurs conjurés:

Titus et de Veapaiien (LE TRIOMPHE DU), tableau de Giulio Pippi, dit Jules Romain; inusée du Louvre (n" 295). Vespasieu et son fils Titus, vainqueurs de la Judée, la tête ceinte de lauriers et couronnés par la Victoire, sont debout dans un îiiéme char attelé de quatre chevaux pie et vont passer sous l'arc de triomphe érigé en mémoire de cet événement. Deux écuyers, couronnés de lauriers, conduisent les chevaux; k gauche, un soldat, également couronné, porte un vase précieux. Devant le char, un officier romain tient par les cheveux une Juive, personnification de la Judée conquise; il est précédé d'un soldat portant le chandelier a sept branches du temple de Jérusulem. Dans le fond, la campagne de Rome, où, peu de temps après, Vespasien fit construire le Colisée par des Juifs réduits k l'esclavage. ■ Cette toile

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