TITY
magnifique, où l'artiste a mêlé la rudesse de sa propre nature k la grâce enseignée par son maître, est, dit M. Ch. Blanc, comme un trait d'union entre Buonarroti et Raphaël. » Elle nous montre Jules Romain k l'époque où, cessant d'être élève, il devint maître k son tour. Le tableau futexécuté pour le duc de Mantoue, et l'artiste a reproduit dans sa composition plusieurs parties des bas-reliefs de l'arc de Titus. Acquis par Charles 1er, roi d'Angleterre, et transporté au palais de White-Ilali, il fut vendu avec d'autres tableaux k la mort du roi et acheté par le banquier Jabach, qui le revendit k Louis XIV.
TITCS, disciple de saint Paul. V. Tite.
Titaa Androaicuc, tragédie de Shakspeare (1588). C'est une des premières pièces du grand poëte, et elle fût composée par lui k une époque où il imitait Kyd et Marlowe. A leur exemple, il a fait de cette tragédie un tissu d'horreurs. Titus Andronicus revient vainqueur des Goths, au moment où Rome s'occupe d'élire un empereur. Le choix du peuple tombe sur lui ; mais il cède l'empire k Saturninus, fils du dernier empereur. A peine élu , Saturninus épouse Tamora, reine des Goths, que Titus avait amenée prisonnière. Le frère de Saturninus, Bassianus, épouse Lavinia, fille de Titus. Chiron et Démétrius, fils de Tamora, deviennent amoureux de La- ' vïnia ; guidés par les conseils du More Aaron, amant de leur mère, ils la violent, puis lui crèvent les yeux et, pour qu'elle lie les dénonce pas, lui coupent les deux mains et la langue. Lavinia retourne en cet état chez son père. Ensuite, ils poignardent Bassianus et jettent son corps dans une fosse. Le More a l'ait de faire tomber, aux yeux de l'empereur, le soupçon de ce crime sur les deux fils de Titus, que Saturninus condamne k avoir la tête tranchée. D'un autre côté, le More fait croire k Titus qu'on lui rendra ses fils vivants s'il donne en échange une de ses mains. Titus consent avec transport et se coupe une main qu'on lui renvoie avec les têtes de ses deux fils. Titus se met k table avec les restes de sa famille. Son frère aie malheur de tuer avec un couteau une mouche qui s'était postée dans un plat. Titus s'indigne qu'U ait exercé un acte aussi cruel sur un être innocent, qui peut-être avait un père maintenant plongé dans la douleur. L'assassin de la mouche objecte, peur sejustifier, qu'il n'a frappé la mouche que parce qu'elle ressemblait au perfide More. Cette observation satisfait pleinement Titus, qui lui-même porte plusieurs coups de couteau k l'insecte, afin, dit-il, d'outrager son cadavre. Enfin, Lavinia, pour faire connaître k son père les auteurs-de l'attentat dont elle est victime et toute l'étendue de cet attentat, emploie un bâton, qu'elle tient entre ses dents et qu'elle conduit avec ses pieds, pour tracer quelques mots sur le sable. Titus ne respire plus que la vengeance. Pur le plus invraisemblable des incidents, les fils de Tamora tombent en son pouvoir et il eu fait un pâté. L'empereur Saturninus vient dîner chez lui avec Tamora; il leur sert ce pâté, dont ils mangent tous deux. Dans le cours de la conversation, Titus demande k l'empereur s'il approuve l'action de Virginius, qui tua sa fille pour la sauver du déshonneur, et, sur la réponse affirmative de Saturninus, Titus poignarde sa fille. Il révèle ensuite le forfait commis par les fils de la reine, et, comme l'empereur ordonna qu'on les amène, Titus lui annonce qu'ils sont dans le pâté. En même temps, il poignarde Tamora ; l'empereur poignarde Titus, le fils de ce dernier poignarde l'empereur,
Et le combat finit faute de combattants.
Presque tous les commentateurs ont mis en doute que cette pièce fût de Shakspeare, et quelques-uns en ont donné des raisons assez concluantes. Le style a une tout autre couleur que celle de ses autres tragédies; il y a dans les vers une prétention k l'elégunce, des abréviations vulgaires et un vice de con- ' struetion grammaticale, qui ne ressemblent en rien k la manière de Shakspeare. ■ Qu'on lise, dit Malone, quelques lignes â'Àppius et Virginia, de Tancrède et Sigismonde, de la Bataille d'Alcazar, de Jeronimo, de Sélim, de Locrine, etc., et, en général, de toutes les pièces mises sur la scène avant Shakspeare, on reconnaîtra que l'itus Andronicus porte le même cachet. » Ceux qui admettent Titus Andronicus au nombre des véritables ouvrages de Shakspeare sont obligés de considérer celui-ci comme une production de jeunesse, i Mais cette pièce n'est point un coup d'essai, dit M. Guizot; on y reconnaît une habitude, un système calculé de composition. Le troisième acte, entièrement tragique; le caractère original, quoique toujours horrible, d'Aaron le More ; quelques pensées, quelques descriptions semblent appartenir k l'auteur du Jtoi Lear, • La fable'qui fait le fond de Titus Andronicus est tout entière de l'invention du poste ou de quelqu'un de ces compilateurs du xiiie siècle qui «onfondaient les lieux, les noms et les époques dans leurs prétendues nouvelles historiques.
TITYE s. m. (ti-tt — nom mythol.). Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des seorpionides, comprenant deux espèces, qui vivent k Bahia et dans l'Afrique australe.
TITYE, géant grec. V. Tityus.
TIVO
TITTRE s. m. (ti-ti-re). Ornith. Nom scien ■ tifique des bécardes,
TITYRE, personnage bien connu des lecteurs de Virgile,. un des bergers de la première églogue. Le vers qui le représente nonchalamment couché k l'ombre d'un hêtre,
Tityre, tu patulte recubans tub tegmine fagi, est un de ceux qui restent dans la mémoire. Ce Tityre, c'est Virgile lui-même. On saie qu'après la bataille de Philippes, les triumvirs distribuèrent aux soldats vétérans tea terres de Crémone et de Mantoue. Le patrimoine de Virgile, situé dans le village d'Andes, fut compris dans ce partage et donné au centurion Arius; mais, grâce k la protection de Varus et de Pollion, le poBte finit par obtenir d'Octave la restitution de ses champs, et la première églogue fut le prix du bienfait. Sous le nom de Tityre, Virgile célèbr* son bonheur et la générosité d'Octave Dansl'allégorie pastorale que Virgile a imaginée, un autre berger moins heureux, Mélibée, obligé de quitter son patrimoine, aborde Ti ■ tyre en le félicitant du privilège qui lui permet de continuer paisiblement k chanter, sous le frais ombrage d'un hêtre, en l'honneur de la belle Amaryllis. « Ce bonheur, répond Tityre, e'est k un dieu que j'en suis redevable, et le dieu, c'est Octave. Flntteris odieuse! basse adulation! a-t-on dit. Virgile aurait dû garder plus de dignité et se souvenir que son patrimoine lui avait été enlevé injustement. Octave, en le lui restituant, ne méritait pas tant da reconnaissance. C'est parler trop vite, peut-être. Sans doute, Virgile ne doit pas être cité comme un Brutus. C est un courtisan. Cependant, il ne faut pas le considérer tout k fait comme coupable d'une lâche et indigne flatterie. Lk où 1 on ne veut voir qu'un éloge banal et hyperbolique de l'oppresseur, il y a un plaidoyer habile, mais touchant, en faveur des opprimés. Les protestations d'amour et de reconnaissance envers Octave, que le poëte a mises dans la bouche de Tityre, font passer les plaintes attendrissantes de Mélibée. Virgile est affligé du malheur de ses compatriotes. Au lieu d injurier Octave, il veut le fléchir. Tityre flatta le maître, mais seulement pour l'apaiser. Du moins l'intention était bonne, et il faut eu savoir gré k Virgile.
Un ne pense généralement pas k tout cela lorsqu'on parle de Tityre; le nom du berger de Virgile s'emploie quelquefois comme nom appellatif, pour désigner familièrement quelqu'un qui, étendu nonchalamment sous un arbre, goûte les-plaisirs champêtres :
« La promenade est la seule occupation du moment. Il y a quinze jours, cinquante mille ouvriers sont allés se promener ensemble, et bras dessus bras dessous, au bois de Boulogne ; là, ils se sont étendus mollement au pied des arbres, comme les bergers de Virgile... Vous figurez-vous cinquante mille 7ityres couchés au pied d'un hêtre, rêveurs et désœuvrés! »
Mme Em. de Girardin.
TITYBES, génies grecs qui avaient la figure humaine et une partie du corps couverte de peaux de bêtes et figuraient dans la troupe bachique. On les représentait dansant et jouant de la flûte.
T1TYRINÉ, ÉE adj. (ti-ti-ri-né — rad. tityre). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte au tityre.
— s. f. pi. Tribu de passereaux, de la famille des muscicapidées ou gobe-mouches, ayant pour type le genre tityre.
TITYUS s. m. (ti-ti-uss). Arachn. Nom latin du genre titye.
TITYUS ou TITVE, géant, fils de la Terro. qui. d'après Homère, couvrait, en s'étendar.; sur le sol, neuf arpents. Ayant voulu faire violence k Latone, qui se rendait à Pytho, Apollon et Diane le tuèrent à coups de flèches, puis le précipitèrent dans le Tartare. Lk, deux vautours lui déchirent incessamment le foie, sans qu'il puisse les chasser. D'après Strabon, ce Tityus était simplement un tyran de Panope, dans la Phocide, et avait soulevé contre lui la haine générale par ses violences et par sa tyrannie. .
TIVEL s. m. (ti-vèl). Moll. Nom vulgaire de la venus lucine.
TIVERTON, bourg et paroisse d'Angleterre, comté de Devon, sur une colline, près de l'Exe, k25kilom.N.d'Exeter; 10,447 hab. Ses principaux édifices sont: le vieux château, qui offre de beaux restes ; l'église, d'architecture de diverses époques et dont la partie la plus ancienne date de 1073; le collège et l'hôtel de ville. Fabriques de serges, droguets et autres étoffes, depuis longtemps célèbres. C'est une ville très-ancienne, car elle existait déjà du temps d'Alfred le Grand. Le manoir en fut donné par le roi Henri I« k Richard Rivera, plus tard comte de Devon.
T1VI, ville de l'Ile de Luçon, dans l'archipel des Philippines, k l'embouchure de la rivière Tivi dans la mer de Chine, par 13» 27' de latit. N., lïl<> 19' de longit. E.; 6,709 hab.
TIVOLI, ancienne Tibur, ville du royaume d'Italie, k la gauche du Teverone, sur une montagne escarpée, très-pittoresque, et d'où l'on jouit d'une vue très-étendue sur Rome et les environs, dans lu coiuarca et à 31 ki-
TÎVO
loin. N.-E. do Rome, par 41° 57' da latit. N. . et 100 19' de longit. E. ; 9,000 hab. Chef-lieu de district; évêehé.
Tivoli devint dans l'antiquité un lieu de délices pour les Romains. Une foule de personnages illustres s'y firent bâtir des villas. Ces lieux rappellent encore le souvenir de Mécène, d'Horace, de Properce, de Catulle, do Zénobie, etc.
> Nous empruntons la description suivante k 1 excellent Guide en Italie de M. A.-J. du Pays, un des touristes français qui ont le mieux vu et le plus judicieusement apprécié les monuments et les sites de l'Italie.
« Outre les beautés naturelles de son site, Tivoli attire la curiosité par ses restes anti-
• Temple de la Sibylle, monument célèbre et connu de tout le monde, au moins par. les gravures et les vignettes nui l'ont tant de fois reproduit. Ce petit édifice, circulaire, placé au bord du gouffre creusé par l'Anio, a conservé dix de ses dix-huit colonnes corinthiennes, revêtues de stuc. On a voulu y voir un temple de Vesta, et Nibby un temple d'Hercule Un autre temple de Vesta, do la Sibylle ou fle Drusille, sœur de Caligula, est aujourd'hui l'église San-Giorgio.
• Villa de Mécène. Ces ruines, les plus étendues de Tivoli, seraient, suivant Nibby, celles du vaste temple d'Hercule Tibérin, qui l'ut élevé sur des constructions gigantesques. On y voit encore des pièces immenses et des voûtes d'une hardiesse étonnante, La via Tiburtina passait au-dessous de ces vastes constructions au moyen d'un tunnel. On croit qu'une grande salle souterraine, appelée communément les écuries de Mécène, était un grand'réservoir d'eau. On y a creusé un canal dans lequel coule un torrent rapide qui, passant par une arcade, se précipite au fond de la vallée et forme une cascade d'un effet pittoresque quand on la voit de l'autre côlé du ravin. De la terrasse, on jouit d'une vue étendue sur la campagne de Rome. La villa de Mécène a été transformée par Lucien Bonaparte en une usine où on travaille le fer. A peu de distance est un petit édifice octogone, du vo ou vie siècle, appelé le temple de la 'fosse (la toux); c'est, pour quelques antiquaires, un tombeau de la famille Tossia.
» Villa de Quintilius Vains (sur les pentes S.-K. du mont Peschiavatori, en face de la villa de Mécène). Des restes de cette splendide villa, d'où on a exhumé beaucoup d'objets d'art, subsistent encore près de l'église de la Madonna-di-Quintiliolo. C'est un des points les plus favorables pour jouir des beaux aspects de la vallée de Tivoli.
» Villa de Salluste (près de l'ermitage de San-Antonio). Les ciceroni de l'endroit en l'ont les ruines de la villa d'Horace.
» Villa de Catulle. On en indique les ruines près des Cascatelles.
• Villa de Cassius (à Carciano). Les ruines étendues de cette villa ont fourni beaucoup d'objets d'art. On indique encore les ruines de plusieurs autres villas, mais d'une manière toute conjecturale.
» Cascatelles. Du temple de la Sibylle, un sentier fait par le général Miollis conduit, au lond d'un entonnoir creusé dans le travertin, aux grottes de. Neptune et des Sirè* nés. Des éboulenients ont changé, il y a quelques^ années, l'aspect pittoresque des chutes de l'Anio et enlevé en partie à ces grottes leur intérêt. Les nouvelles chutes ont été formées au moyen d'un tunnel taillé dans le mont Catillo.
» A l'entrée de Tivoli est la villa d'Esté, construite à grands frais par le cardinal Hippolyte d'Esté II (1540), sur les dessins de Pirro Ligorio, et aujourd'hui dans un état d abandon complet. « Le goût, dit Valéry, y • a été sacrifié k de bizarres inventions. Le » petit simulacre de Rome en mastic et ses » nobles monuments en miniature sont tout k » fait ridicules. > Mais la vue que l'on a des terrasses sur la campagne de Rome, et à laquelle de grands cyprès séculaires servent de premier plun, mérite qu'on vienne visiter cette villa moderne.
» Maison de la Sabine, d'Horace. Tant de gens aiment Horace, qu'un certain nombre de voyageurs seront curieux d'aller au-dessus de Tivoli, dans les montagnes de la Sabine chercher l'emplacement de sa maison d'Ustique. On remonte l'Anio jusqu'à Vico-Varo vers le couvent de Cosimato, entouré de cyprès et situé près de la réunion de la Licenza (Digentia) à l'Anio. On se dirige au N. sur le "village moderne de Rocca-Giovanne (Fmmm Vacuux) et on continue à s'élever jusqu'à une colline nommée dans le pays collo del Poetello, au delà de laquelle on observe un terrassement artificiel régulier, maintenant en culture, que l'on présume être remplacement de la ferme ou villa d'Horace. Elle est au pied du monte del Gorgnaleto, qui serait le Lucrçlilis du poète et qui lui servait d'abri du côlé de l'E, D'autres antiquaires plaçaient le Lucrélile entre le village de Vico-Varo (3,000 hab.) et le monte Genaro (1,288 met.), du haut duquel on a une très-belle vue (v. la Vie d'Bûrace, par M. Noël des Vergers, dans la jolie édition deDidotde 1855). On retrouve dans les environs des traces du poëte ami de Mécène. Dans le voisinage est la fontaine de l'Oratini (tecto vicinus aqus fons). Le village de la Rustica rappelle Ustka. A l'opposite de Vico-Varo et de Rocea-Giovnnne, de l'autre
TIVY
côté du torrent, est Cantalupo, .a Mandela d'Horace :
Me quoltes rcRcit ne.hdus Digentia rivus, Quem Mandela bibit, rugosùs frigort pagns.t
Tivoli (vues de). Les peintres ont rivalisé avec les poètes pour célébrer les beautés naturelles de Tivoli. Claude Lorrain, le Guaspre, Nicolas Poussin lui-même ont plusieurs fois placé dans leurs tableaux des sites où l'on reconnaît les cascades de l'Anio et les ruines des temples de Vesta et de la Sibylle. Une vue de ces ruines nous est offerte par J. Breughel, dans un tableau qui appartient au musée du Louvre et qui a été gravé' par Beuumont. Au premier plan, des cavaliers viennent de traverser le pont jeté sur l'Anio ; plus loin, des hommes font baigner des chevaux. Albert-Christian Dies a gravé à l'eauforte une Vue de la ville de Tivoli, les Cascades de Tivoli (trois pièces) et une Vue des ruines de la villa de Brutus; J.-W. Mechau, YArco délia Toretia et la Fontana Blandusia. Fr. Jukes a gravé à l'aqua-tinta , d'après Freebain, une Vue des ruines souterraines de la villa de Mécène. Drulin et Noël ont lithographie, d'après Granet, une Vue intérieure de cette même villa. J. Pelletier a gravé, , d'après J.-M. Pierre, le Marché de Tivoli. Fortuné Perogio a lithographie une Vue de la villa d'Esté (Salon de 1857), et d'autres Vues de Tivoli ont été gravées par H. van Cleef (xvie siècle), L. Hess, E. Goodall (d'après Turner), \V..E!liott (d'après Rosa di Tivoli), Nicolas Heideloff (d'après Harper), L. de Bourdeille (d'après J.-M. Vien), F.-W. Gnielin (six petites pièces datées de 1809), etc. Parmi les peintures, nous mentionnerons : une Vue du ponte Luppo, par Aligny (Salon de 183*); le Temple de la Sibylle, par G. Carelli (Salon de 1845); une Vue d'une partie de la ville de Tivoli et la Villa de Mécène, par E. Buttura (Salon de 1845); les Cascades de la villa de Mécène, par Saltzmarm (Salon de 1857); une Cascade à Tivoli, par Osvald Achenbaeh (Salon de 1865), etc. Un tableau d'Hubert Robert, qui figure dans la collection Lacaze. au Louvre, représente les Cascatelles de Tivoli; une peinture sur le même sujet, signée J.-B. Tierce, 1782, appartient au musée des Offices. Une Vue de Tivoli, peinte par M. Achille Benouville (Salon do 1S64), appartient au musée de Lyon; elle reproduit bien le caractère pittoresque et poétique de ce site célèbre, que la plume de Mmo Louise Colet esquisse en ces termes : « Du haut de la plate-forme où sont assis les temples de Vesta et de la Sibylle, nous regardons ce vaste et magnifique entonnoir, cône refroidi d'un ancien cratère, où l'onde mugit comme autrefois la lave. L'abîme est enserré sur le bord opposé par le mont Castitlo, aux croupes arrondies... Il est impossible de décrire l'ensemble de ce puits immense, plein de végétation et de flots qui se précipitent tantôt rugissants et indomptables comme l'invasion d'un volcan, tantôt jaseurs et souriants comme les sources où se jouaient les naïades antiques. Les arbres, les plantes, les rocs amoncelés, les détours du sentier et les aspérités saillantes au dedans du cratère bouleversé n'en laissent voir qu'un à un les accidents merveilleux et divers. »
Tivoli, célèbre jardin-concert qui existait dans le quartier dit de l'Europe, au bas de la rue de Clichy actuelle, à Paris. Il y a eu deux Tivolis ; l'un, situé sur l'emplacement qu'occupent aujourd'hui les constructions do la rue de Londres, était connu sous le nom de Jardin Boutain, du nom d'un fermier gé: lierai dont il avait été la résidence. Le Jardin Boutain fut, sous le Directoire, le rendezvous des jeunes réactionnaires dits Clichiens, contre lesquels furent dirigés le 13 vendémiaire et le 18 fructidor. Le dernier souvenir du Jardin Boutain ou du premier Tivoli fut le banquet qu'y offrit plus tard le premier consul k l'armée. Le second Tivoli fut, avant tout, un lieu de plaisir; montagnes russes, oiseaux bleus, baraques de saltimbanques, hercules du Nord, danseurs de corde, tournois, billards, orchestre et salle de dansa, feux d'artifice, flammes de Bengale, etc., rien n'y manquait. Le premier Tivoli avait vu passer Mme Tallien avec son cortège d'incroyables et de merveilleux. Le second Tivoli fut surtout célèbre sous la Restauration; la duchesse de Berry ne dédaigna pas d'assister plusieurs fois à ses fêtes. Un écrivain un peu trop oublié de nos jours, Paul de Kock, a plus d'une fois crayonné spirituellement, dans ses amusants romans, la physionomie de ce jardin, qui fut à l'époque ce qu'est aujourd'hui le bal Mabille. C'est chez lui qu'il faut rechercher la description des scènes de bonne aventure qu'y jouait notamment un sorcier de contrebande.
Tivoli a disparu depuis longtemps sous des maisons de cinq étages et des rues bien alignées. Une rue voisine consacre néanmoins son souvenir.
TIVY ou TOWEY, rivière d'Angleterre, dans la principauté de Galles (Caermarthen). Elle sort d'un grand marais, dans la valise de Berwin (Cardigan), et se jette dans la baie de Caermarthen par une large embouchure, nudessotis de la ville de ce nom, après un cours d'environ 100 kilom. Elle est navigable pour des navires de 300 tonneaux jusqu'à Caermarthen. La pêche est très-avantageuse à son embouchure, et ses bords sont très-pittoresquei.
TLAN
TIX1ER DE BAV1SI (Jean), humaniste français. V. Ravisivjs Tisxtor.
TJZIANELLO (Tiziano Vecelli ou Vkckllio, dit il), peintre italien. V. Vecelli.
TIZIANO, célèbre hérétique italien, qui vivait au xvie siècle. Il se réfugia dans les bailliages dépendant des Grisons et y répandit ses doctrines. Un peu avant lui, un de ses compatriotes, le moine François (de Calabre), avait été poursuivi et finalement exilé à cause de ses opinions rationalistes qu'il avait répandues dans l'Engadine et soutenues contre les catholiques et les protestants réunis (1514). Sans s'e laisser effrayer par le sort de son prédécesseur, Tiziano parcourut la Rhétie, se livrant à mie active propagande. La population, excitée contre lui par les prêtres et les pasteurs, demanda bientôt sa mort. Il fut jeté en prison àCoire, à la fin de 1547. Le ministre de cette ville, Gaîlicius, intercéda en sa faveur et demanda qu'on substituât le bannissement à la mort, a. la condition qu'il souscrirait à certains articles de foi. On lui en imposa cinq portant sur la Trinité, la consubstantialité du Fils au Père, l'inspiration plénière des livres canoniques, le baptême des enfants et le droit du magistrat chrétien de mettre à mort les méchants, entre autres les hérétiques. Tiziano so soumit, fut promené par les rues de Coiro et battu de verges à tous les carrefours, puis banni à perpétuité (1540). On profita de l'occasion pour bannir avec lui bon nombre d'anabaptistes.
TIZIANO (Marco Vecelli ou Vecellio, dit Marco di), peintre italien de la famille du Titien. V. Vecelli.
TIZOIBAS ou TEZOIRAS, rivière du Brésil (Goyaz). Elle descend du versant occidental de la Cordillera-Grande, coule à l'O.-N.-O. et se jette, par la droite, dans l'Aragnay, après un cours d'environ £60 kilom.
TJANDJOR,, principauté de la partie occidentale de l'Ile de Java, au S. de Batavia et à l'E. de la baie de Zandhogt. Elle est montagneuse, pittoresque et fertile, imiis seulement cultivée vers le S.; l'intérieur est rempli do déserts et de forêts, repaires do tigres, de cerfs et de buffles sauvages. Ce pays est eu général peu peuplé. Le chef-lieu, qui porte aussi le nom de Tjandjor, est situé au pied du mont Honang-Hedou, à 92 kilom. de Batavia. La population y est assez considérable.
TJ1DOVEAN, rivière de l'Ile de Java. Elle se jette dans la baie de Bantam, sur la côte N.
TJ1KANDI ouTJlKANDE, rivière do l'île de Java, province de Bantam. Kilo a sa source au S.-E. du canton de Siunang, coule an N. et se jette dans la mer de Java, à 35 kilom. N.-E. de Bantam, après un cours de 100 kilom. Elle arrose, dans la partie moyenne de s/>n cours, un canton et un bourg de son nom.
TJOTOE, lie da la mer du Nord, sur la côte occidentale de la Norvège, duns le diocèse de Tromsôe, à 4 kilom. S. S.-O. d'Alstagahg, par 05» 47' de latit. N., et 10» 12' de longit. E. ; 300 hab. Cette petite lie est extrêmement fertile.
TLA s. m. (tla — mimologisme). Coup frappé sur le tambour, avec les deux baguettes, presque simultanément, mais faiblement avec l'une et vivement avec l'autre.
TLAC002LÛTL s. m. ( tla - ko-o- zloti). Mu mm. Un des noms de l'ocelot, au Mexique, n On dit aussi tlalocelotl et tlat-
LAUHQUI OCKLOTL.
TLALPAN ou SAN-AGOSTINO-DE-LAS- CUEVAS, ville du Mexique, dans l'Etat de Mexico, dont elle a été quelque temps la capitale ; 8,000 hab.
■ Tlumnnnlco, couvent ruiné du Mexique, au pied du Popocatepetl, près de la rouie d'Amecameca à Puebla. De loin, on dirait une ville fortifiée. « La construction de ce couvent, dit M. Charnay, commença peu de temps après la conquête. Pour des raisons que je n'ai pu découvrir, le monument ne s'éleva pas au-dessus des premières arcades, et on le laissa là. C'est un malheur pour l'art architectural, car on peut juger de ce qu'aurait été le monument par le peu qu'on en voit. Qu'on s'imagine trois cintres d'une hauteur d'environ s mètres, séparés l'un de l'antre par des pleins recouverts d'une infinité d'arabesques, de figurines etde feuillage en bosse. La pierre, d'une belle couleur rouge sombre, paraît avoir éto moulée sur des creux faits à loisir et retouchés au ciseau, tant il y a de netteté dans les contours. On ne rencontre point de surcharge de mauvais goût. Les ornements sont distribués avec cette science particulière à la Renaissance, qui ne sacrifiait point les grandes lignes aux détails et qui, pourtant, donnait pour ainsi dire une valeur à chaque pierre. Les arceaux n'ont point cette forme écrasée et ces proportions disgracieuses que l'on remarqua souvent dans les portiques des couvents au Mexique. Us sont allongés et bordés de cordons saillants, d'une ciselure élégante.»
TLANOME s. m. (tla-no-me — du gr. tlamôn, patient. Entoin. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des cy-
TLAS
cliques, tribu des alticides, dont l'espèce type habite la Daourie.
TLAQCATZIN s.m.(tla-koua-tzain). Mamm.
Nom donné par quelques auteurs au sarigue et au coendou.
TLASCALA, ville du Mexique, sur te penchnnt d'une haute montagne et surlaNaspa, à 35 kilom. S, de \& Puébla, par 10» 10' 30" de latit. N. , et 100» 20' de longit. O. ; 3,600 hab. Ch,-1. de territoire. Les rues en sont régul.ères. On y remarque la cathédrale, l'hôtel de ville, l'ancien palais ôpiscopal et quelques autres édifices d'assez bon style, ainsi que la plus ancien couvent de l'ordre de Saint-François qu'il y ait au Mexique, et, dans les environs, quelques restes de l'ancienne architecture et de la fortification des Mexicains. Avant la conquête espagnole, Tlascala était une des villes les plus peuplées et les plus florissantes de l'Amérique. On admirait ses magnifiques jardins, ses collines couvertes de temples et de palais, ses pyramides, ses maisons blanches aux terrasses fleuries, ses bains publics, ses vastes marchés abondamment approvisionnés, etc.
Cortez, dans ses lettres à Charles^Quint, mettait cette cité au-dessus de Grenade même. Elle est aujourd'hui bien déchue de ' son ancienne splendeur.
TLASCALA (territoire du), dans le Mexique ; environ 2,800 kilom. carrés de Superficie et 91,000 hab. Situé presque au contra des Andes, il est naturellement montagneux, surtout au N. , où les montagnes sont couvertes de neiges perpétuelles. On y éprouve d'ailleurs assez souvent des tremblements de terre, de violentes tempêtes et des débordements de torrents destructeurs. La seule rivière de quelque importance qui l'arrose est la Naspa, qui y prend sa source. Le sol est à peu près partout cultivé avec Soin, et on y recueille du froment, du maïs, des agaves, de la gommedragon, de l'uloès, etc. Avant l'arrivée des Espagnols, Tlascala formait une république oligarchique. Ce fut l'un des premiers Etats qui se prononcèrent pour Coriez, et ce pays comptait- alors 100,000 familles, Cortez lui laissa une espèce d'indépendance sous la souveraineté de l'Espagne, à qui il payait tribut. Ses caciques relevaient directement du vice-roi de la Nouvelle-Espagne et l'entrée de son territoire était interdite aux Européens. Après la révolution mexicaine, comme Tlascala n'était pas assez peuplé pour constituer un Etat, on en forma lui terrifoire, auquel on conserva ses anciennes immunités. Les Tlascalans ou Tlasealtèques étaient une race énergique qui avait su conserver son indépendance toujours intacte. Us descendaient, à ce que l'on croit, da l'une des tribus chiohimèques venues du Nord, et qui avaient envahi le plateau de l'Anahuac et détruit la puissance toltèque. C'est dans la vallée de Tenvchtillan qu'on les voit paraître pour la première fois; ils s'y livrent au vol et au pillage. Les habitants de la contrée se réunissent pour les en expulser. Une partie des Tlascalans se dirige vers le Nord et s'associe aux peuplades sauvages qui vivent des produits de la chasse dans les forêts vierges de la Cordillère; mais le gros de la nation marche vers l'Est et le Sud et s'arrête au pied du mont Matlalmeye, après un avoir expulsé les Olinèquis et les Xicalanques, premiers habitants du pays. Bientôt les nouveaux venus quittent les huttes dans lesquelles ils sa sont établis d'abord, et ils fondent, en un lieu élevé, une villa entourée de précipices et de rochers de l'accès le plus > difficile. Ils ne se contentent pas de cette forteresse presque imprenable: ils profitent de tous les -accidents du terrain pour convertir en un vaste camp retranché le district dans lequel il se sont fixés. Ils construisent, du côté de l'Est, un mur très-épais et long de C milles ; à i Ouest ils bâtissent de larges parapets munis de fossés très-profonds ; un rameau des Cordillères, sut lequel ils élèvent plusieurs forts, les protège du côté du Nord ; ils sont couverts dans la direction S. par le mont Matlalmeye. Ayant pourvu ainsi à leur sûreté, les Tlascalans se livrent k la culture du sol; ils adoptent peu à peu la civilisation des peuples qui les avoisinent ; mais, guerriers intrépides et toujours armés, ils maintiennent bravement leur indépendance ; et, malgré le peu d'étendue de leur territoire, ta puissance mexicaine elle-même ne parvient jamais à les entamer. Leur capitale formait quatre grands quartiers que gouvernaient quatre chefs héréditaires ; chacun de ces chefs exerçait également son autorité sur un certain nombre de bourgs, de villages et de domaines dépendant da son quartier. La république se composait parconséquent da quatre petits Etats fédérés ayant una capitale commune. Les quatre gouverneurs exerçaient le pouvoir législatif conjointement avec les familles nobles, qui composaient le sénat de la nation. La guerra et la paix et les règlements administratifs rentraient également dans les attributions de cette assemblée. Les lois des Tlascalans étaient sévères; elles punissaient de mort le mensonge, la débauche, le manque de respect des enfants envers leurs parents, et du bannissement le vol et l'ivrognerie, Co petit peuple était agriculteur et commerçant ; il parlait la même langue que les Aztèques et avait à peu près les mêmes arts *»t la
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même religion. Passionnés pour la liberté, les Tlascalans décernaient les plus grands honneurs aux citoyens qui se distinguaient à la guerre ; ils dédaignaient les ruses et les embûches, et portaient toujours dans leur carquois deux flèches sur lesquelles étaient gravées les images de leurs anciens héros. Au commencemsnt d'un combat, ils lançaient ces flèches, et'celui qui n'allait pas les prendre au plus fort de la mêlée était déshonoré. Les premiers historiens espagnols de la conquête exaltent la bonne foi de ce peuple dans ses traités et sa généreuse hospitalité; mais ils ajoutent qu'autant les Tlascalans étaient amis dévoués, autant ils se montraient ennemis implacables. Avant qu'ils se fussent alliés à Cortez, celui-ci avait dû les forcer par deux sanglantes batailles à livrer passage sur leur territoire. L'un des compagnons de Cortez affirme que rien n'était plus Drave que ces Indiens; il en a vu qui seuls se défendaient contre plusieurs cavaliers. La supériorité des armes, la poudre à canon," une discipline admirable, une incomparable vigilance et surtout le génie de Cortez décidèrent le succès. Les chevaux, sorte de monstres ailés, dont la vue troublait les guerriers tlascalans les plus déterminés, plus encore que les éléphants de Pyrrhus ne troublèrent les Romains, y furent pour une bonne part.
TLASIE s, f. (tla-zî — du gr. tlasis, audace). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la tribu des cercopides, dont l'espèce type vit au Cap de Bonne-Espérance.
TLATLAUHQUI-OCELOTL S. m. (tîa-ttôkoui-o-sé-lotl). Mamin. V. tlacoozlotl.
TLEHUA ou TLEUA s. m. (tlé-oua). Erpét. Espèet de serpent, appelé aussi boa k broderies, qui est orignaire du Brésil : Les Portugais établis au Brésil donnent au tlkhua le nom de vipère ignée. (V. de Bomare.) il On dit aussi TLEVA.
TLEMCEN ou.TREMECEN, ville d'Algérie, ch.-l. d'arrond. et de subdivision militaire, prov. et k 130 kilom. d'Oran ; 17,500 âmes, 3,000 Européens et U,500 indigènes; par 30° 70' de longit. occident, et 34» 95' de latit. septent., au pied du rocher de Lella-Setti. Sous-préfecture, mairie, hôtel de la subdivision; église et chapelle catholiques, temple protestant, mosquées, synagogues; tribunal de 1" instance, justice de paix; écoles communales pour garçons et filles , école arabe," école Israélite, bureau de bienfaisance; cercle civil et riche bibliothèque; casernes d'infanterie, de cavalerie et de gendarmerie; magasin de subsistances et autres ; cercle pour les officiers, télégraphe et bureau de poste. Culture maraîchère ; tabac et céréales. Outre les marchés spéciaux, il se tient à Tlemcen un marché particulier où abondent le bétail, la laine, les céréales, les huiles et les fourrages. L'industrie arabe consiste en ouvrages de laine, tanneries, moulins à farine, huileries, fabrication de babouches, de sellerie et de bois de fusil. L'industrie européenne se réduit à la minoterie et à la fabrication de l'huile. Lorsque Tlemcen était la capitale du Mar'zeb central, c'était un des comptoirs les plus considérables et les plus accessibles au commerce étranger. La route qui relie depuis peu de temps Tlemcen avec Bacbgoun , son port naturel, développera rapidement la prospérité commerciale de cette ville. « Lorqu on arrive du village de Négrier, l'œil distingue, dit l'abbé Barges, sur un plateau ménagé aux dernières pentes d'une montagne escarpée, l'antique reine du Mar'zeb. On la reconnaît facilement à ses blancs minarets, à la couronne de tours et de créneaux qui l'entoure, a ses vieux remparts qui tombent en ruine devant les nouveaux; d'immenses vergers d'oliviers, une forêt de figuiers, de n03-ers, de térébinlhes et d'autres arbres l'environnent de toutes parts et forment autour d'elle une vaste ceinture de verdure. A chaque pas que l'on fait, le panorama se rétrécit, les édifices disparaissent et se cachent dans l'ombre; on n'aperçoit plus que les créneaux du minaret de la grande mosquée qui lève encore sa tête au-dessus de cetia vaste enceinte et qu'on serait tenté de prendre pour un vaste nid d'oiseaux perebé sur la cime d'un arbre. Au levant de Tlemcen, à la distance d'une demi-lieue, s'élève, au milieu des arbres et des jardins, le pittoresque village de Sidi-Bou-Medin, avec sa grande mosquée, son minaret élégant et ses blanches maisons; c'est là que les souverains de Tlemcen, oubliant un instant les alfaires sérieuses, venaient jadis converser familièrement avec les anachorètes qui peuplaient cette montagne. >
Nous empruntons la description suivante au Guide en Algérie de M. L. Piesse : « Plus près de Tlemcen et au levant encore, le minaret isolé que l'on aperçoit est celui d'Agadir, la primitive Tlemcen, l'ancienne Pomaria des Romains. Du côte de l'O., un autre minaret, dont la base semble perdue au milieu de forêts d'oliviers, est celui de la mosquée détruite de Mansoura, la ville des Mérinides, qui a fuit place à un modeste village. Telle est Tlemcen extérieurement. Que Ion pénètre maintenant dans le cœur de la ville, dans la grande mosquée, on aura, du haut de son minaret, l'idée la plus exacte de la configuration de Tlemcen. Au S., c'est d'abord la place Saint-Michel, donnant nais-
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sance aux rues Saint-Michel, Saint-Cyprien et Clauzel, aboutissant toutes trois au Mechouarjàl'O. de cette citadelle, ancien palais des émirs, le quartier des juifs, rasé en partie par les alignements, s'étend de la rue Haédo aux différentes constructions militaires; à l'E. c'est le quartier des maisons k moitié effondrées, où des Maures se logent comme dans autant de tanières. Si maintenant on se retourne au N.-O., on verra s'élever toute une nouvelle ville avec sa place et sa rue Napoléon bordées des édifices civils qui remplaceront la Ratopolis, dont les habitants trop nombreux menaçaient d'infester un beau jour tout Tlemcen. Au N.-E. est situé le quartier des marchands avec ses fondouks et ses longues rues à petites boutiques. Enfin, du N.-E. au S.-E., parallèlement aux remparts, s'étendent encore des rues aux maisons croulantes et laissant étudier, mieux qu'on ne le ferait avec la meilleure description, les mille détails d'une architecture dont les Arabes dégénérés semblent avoir perdu les principes. Voilà donc la Tlemcen actuelle dont Yahia-Ibn-Khaldoun disait: C'est une ville solidement construite, jouissant d'une température agréable, pourvue d'eaux douces et possédant un territoire fertile et riche en productions. Placée sur le flanc d'une montagne , elle s'étend dans sa longueur d'orient en occident; on dirait d'une jeune épouse assise mollement sur son lit nuptial. Les branches des arbres, qui s'élèvent audessus de ses édifices, sont comme les fleurons d'une couronne qui brille sur un front majestueux. Du flanc de cette montagne, elle développe sa largeur sur une vaste plaine appropriée à la culture, dont les ondulations, pareilles à des bosses de dromadaire, sont déchirées par le soc de la charrue, dont la houe ouvre les entrailles, après que les nues ont versé sur la terre leur rosée bienfaisante. Des hauteurs voisines de Tlemcen se précipitent des ruisseaux qui fournissent aux habitants l'eau qui leur est nécessaire. »
Les édifices de Tlemcen méritent une description particulière. Plusieurs mosquées ont disparu, mais celles qui sont encore debout suffisent pour attester l'ancienne splendeur de la ville. Djama-Kebir, la grande mosquée, présente extérieurement un vaste bâtiment carré, percé de huit portes et flanqué au N.-O. d'un minaret rectangulaire orné de colonnettes en marbre et revêtu de mosaïques aux éclatantes couleurs et formées par de petites pièces de terre cuite vernissée et découpée de façon à combiner les dessins d'ornements les plus variés. L'intérieur est occupé par une cour, au centre de laquelle s'élève une fontaine en marbre transparent. Cette cour est circonscrite, au levant et au couchant, par des travées d'arcades qui vien nent se relier, au midi, au vaisseau principal. Soixante-douze colonnes supportent les arceaux en ogive de treize travées de longueur et de six de largeur. La seule partie de l'édifice qui se distingue par sou ornementation est le mihrab. Le pourtour supérieur de la coupole qui le couronne est Orné d'arabesques. Près de la grande mosquée'se voit un petit oratoire, dans lequel est enterré Ahmedben-Hassen-el-R'omari, saint personnage qui vivait vers l'an 1466 de J.-C. La petite mosquée Djama-Aboul-Hassen est surmontée d'un élégant minaret dont les quatre faces sont ornées de colonnettes et de mosaïques, A l'intérieur, l'édifice est divisé en trois travées par de larges et belles arcades. On admire surtout les riches sculptures qui décorent les parois de la mosquée. L'attention est attirée aussi par un beau plafond en bois de ehêue sculpté qui laisse encore voir des traces de peinture polychrome. Cette mosquée a été convertie en salle d'école. Djama-Oulad-el- Iindn o"ffre un beau minaret rectangulaire, haut de 50 pieds, dont les encadrements, recouverts de faïences vernissées, sont assez bien conservés. L'ornementation intérieure ne se compose guère que de quelques versets du Coran. Djama-Sidi-el-Haloui surgit près du tombeau de Sidi-el-Haloui, blanche et étincelante de mosaïques, dit M. L. Piesse. Sur le bandeau qui surmonte l'arcade ogivale du portail, la date de 754 de l'hégire (1353 de J.-C.) remet sur la voie des noms, écatllés par le temps, du fondateur Farèsben-Abou'1-Hassen-Ali, le Merinide. Moins grande que Djama-Kebir, la mosquée d'El- Haloui offre intérieurement la même disposition à peu près : cour avec fontaine, entourée de cloîtres et d'un principal corps de bâtiment, où se trouve te mihrab; les arcades de la travée principale retombent sur huit magnifiques colonnes de marbre translucide (onyx), dont les chapiteaux offrent tout ce que l'on peut imaginer de plus exquis comme spécimen de l'ornementation arabe. Le portique du mihrab repose sur deux de ces colonnes engagées ; on lit sur le chapiteau de droite de l'une d'elles : i Mosquée consacrée à la mémoire du cheik El-Haloui , ■ et sur le chapiteau de gauche : ■ ... L'ordre d'édifier cette mosquée est émané de Farès, prince des croyants. • Les arabesques des murs, recouverts, ainsi que les colonnes, d'un grossier badigeon à la chaux, ont revu le jour. Le plafond est en bois de cèdre sculpté. Le minaret est décoré, sur ses quatre faces, de compartiments dans lesquels sont inscrites d'élégantes arcades faïencées; l'escalier de ce minaret a quatre-vingt-neuf marches.
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Djama-el-Mechouar, devenue, depuis l'occupation française, un magasin annexe- de l'hôpital militaire, est surmontée d'un minaret de 30 mètres d'élévation, carré, en brique, et couvert par des -panneaux décorés d'arcades entrelacées.
• Parmi les édifices dignes d'une mention, nous citerons : la sous-préfecture, la mairie, le palais de justice et le Mechouar, où les rois de Tlemcen réunissaient leurs ministres pour délibérer sur les affaires de l'Etat. Le Mechouar, jadis splendide bâtiment, suivant les historiens arabes, renfermait des richesses merveilleuses. ■ C'est au Mechouar, dit un écrivain, qu'Abou-Tachfin possédait un arbre d'argent sur lequel on voyait toutes sortes d'oiseaux de l'espèce de ceux qui chantent. Un faucon était perché sur la cime. Lorsque les soufflets qui étaient fixés au pied de l'arbre étaient mis en mouvement et que le vent arrivait dans l'intérieur de ces biseaux, ceux-ci se mettaient à gazouiller et faisaient entendre chacun son ramage, qui était facile à reconnaître. Lorsque le vent arrivait au faucon, on entendait l'oiseau de proie pousser un'eri, et à ce cri les autres oiseaux interrompaient tout à coup leur gazouillement ■ C'est encore au Mechouar
que le sultan Abou-Hammou-Moussa II cèJ lébrait la fête du Mouloud (naissance du prophète), avec beaucoup plus de pompe et de solennité que toutes les autres. « Pour cela, il faisait préparer un banquet auquel étaient invités indistinctement les nobles et les roturiers. On voyait, dans la salle où tout le monde était réuni, des milliers de coussins rangés sur plusieurs lignes, des tapis étendus partout et des flambeaux dressés de distance en distance, grands comme des colonnes. Les seigneurs de la cour étaient placés chacun selon son rang, et des pages revêtus de tuniques de soie de diverses couleurs circulaient autour d'eux, tenant des cassolettes où brûlaient des parfums et des aspersoirs avec lesquels ils jetaient sur les convives des gouttes d'eau de senteur, en sorte que, dans cette distribution, chacun avait sa part de jouissance et de plaisir. Ce qui excitait surtout l'admiration des spectateurs, c'était la merveilleuse horloge qui décorait le palais du roi de Tlemcen. Cette pièce de mécanique était ornée de plusieurs figures d'argent, d'un travail très-ingénieux et d'une structure solide. Au-dessus de la caisse s'élevait un buisson, et sur ce buisson était perché un oiseau qui couvrait ses deux petits de ses ailes. Un serpent qui sortait de son repaire, situé au pied même de l'arbuste, grimpait doucement vers les deux petits, qu'il voulait surprendre et dévorer. Sur la partie antérieure, de l'horloge étaient dix portes, autant que l'on compte d'heures dans la nuit, et à chaque heure une de ces portes tremblait en frémissant; deux portes plus hautes et plus larges que les- autres occupaient les extrémités latérales de la pièce. Au-dessus -de toutes ces portes et près de la corniche , on voyait le globe de la lune qui tournait dans le sens de la ligne équatoriale et représentait exactement la marche que cet astre paraît suivre dans la sphère céleste. Au commencement de chaque heure, -au moment où la porte qui la inarquait faisait entendre son frémissement, deux aigles sortaient tout à coup du fond des deux grandes portes et venaient s'abattre sur un bassin de cuivre, dans lequel ils laissaient tomber un poids également de cuivre qu'ils tenaient dans leur .bec; ce poids? entrant par une cavité qui était pratiquée au milieu du bassin, roulait dans l'intérieur de l'horloge. Alors la serpent, qui était parvenu au haut du buisson, poussait un sifflement aigu et mordait l'un des petits oiseaux, malgré les cris redoublés du père , qui cherchait à le défendre. Dans ce moment, la porte qui marquait l'heure présente s'ouvrant toute seule, il paraissait une jeune esclave, douée d'une beauté sans pareille, portant une ceinture en soie rayée. Dans sa main droite, elle présentait un cahier ouvert, où le nom de l'heure se lisait sur une petite pièce écrite en vers ; elle tenait la main gauche appliquée sur sa bouche, comme quand on salue un calife. » Il ne reste du Mechouar que la mosquée et la muraille crénelée, flanquée de deux tours. Il' renferme aujourd'hui un hôpital, des casernes pour l'infanterie et l'artillerie, la manutention, la prison, etc.
Le musée possède des fragments d'architecture,4es pierres tumulaires, une borne militaire, des boulets en marbre, plusieurs épitaphes, etc.
Tlemcen fut fondée par les Vénètes ; elle devint plus lar.l la capitale d'un royaume qui se composait des villes de Nedroina, Aran, Arzen, Mazagran et Mostagauem; la ville maritime de Djidjellien était une annexe. Ce royaume subit des vicissitudes diverses:
Tlemcen, attaquée, prise et reprise tantôt par les Turcs, tantôt par les Marocains et les Espagnols, n'était plus au siècle dernier qu'un foyer d'insurrection. L'empereur du Maroc s'en empara en 1830, mais il dut bientôt renoncer à ses prétentions. Les Koulouglis, commandés par Isinaïl, et qui défendaient le Mechouar, passèrent au service de la France. Le maréchal Clauzel en prit possession (12 janvier 1836) et y laissa une garnison sous les ordres du capitaine Cavaignac. Le général Bugeaud ravitailla la place quelque temps après; l'année suivante ( 1837), aux
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ternies du traité de la Tafna, Tlemcen fu. cédée à Abd-el-Kuder, qui en fit sa capitale et s'y maintint jusqu'en 1842, date de notre occupation définitive.
TLÉPOLÈME, fils d'Hercule et d'Astyoché.
Il tua par mégnrde, à Argos, son oncle Licymnius, prit alors la fuite et se rendit dans l'Ile de Rhodes, où il fonda des villes et des colonies. Pendant le siège de Troie, il partit avec un corps de Rhodiens sur neuf vaisseaux, pour aller au secours des Grecs, et fut tué devant cette ville parSarpédon. Sa femme Philozoé institua à Rhodes des jeux funèbres en son honneur.
TLOS, ancienne ville de la Lycie, sur la route de Cibyra.
TMÈSE s. f. (tmè-ze — gr. tmêsis, division). Gramm. Division d'un mot composé, dont on sépare les éléments par un ou plusieurs mots, par exemple quand on divise le mot lorsque de cette façon : Lors même que cela serait vrai..., La tmèsk coup* en deux parties un mot composé ; cette figure n'est guère usitée que dans les langues anciennes. (A. Didier.)
— Encycl. Les tmèses se rencontrent fréquemment chez les Grecs et les'Latins, surtout en poésie. En voici quelques exemples :
Jamque adeo super unus ernm...
Virgile.
Quo me cumque Tapit tempestas, deferor hospes.
Horace. Et multo ncbulêc circum dea fudit amictu.
VlKOILE.
Talis hyperboreo septem subjecta trtoni.
Virgile.
Les poètes latins des premiers temps abusaient de la tmèse. Ainsi Eunius «.partagé en deux les mots Afassililanas et cerebrum, comme il suit :
Uassili portant juvenes ad lillora tanas. . , ■ . ... Et saxo oere comminuit bruni. Sempronius Gracchus, suivant Merula, avait divisé comme il suit le mot medicinam, bien qu'il ne soit pas composé :
Slultum est medi «verrière cinam.
Un poète chrétien, saint Eugène, a parodié
cet abus qui, passant des mots composés aux
mots simples, tombait dans le ridicule. Voici
les vers dans lesquels il le raillait, mettant
surtout en cause L'ucilius, qui effectivement
avait fait de la tmèse un emploi excessif :
O Jo versieulos nexos quia disjiicis nanties,
Excipe, di solers si nostijungei'e visos.
Cerne capascentes dmiioso in iittore melos.
Et put trilicea verrentes gramina oellos;
Ar sitibunda petunt lympharum pocula inenta,
Atque bu glandifero recubant sub tegmine buloi ;
Nunc pas lanigeras ducunt ad pascua tores,
Et Ce consumunt fraudantes munera turœ.
Ut iibi pro nostro veniant ex carminé fectus,
Instar Luciti, cogor disrumpere versus.
Les mots ainsi divisés forment en quelque
sorte une suite de logogriphes.
A l'époque où écrivait saint Eugène, l'abus de la tmèse était passé depuis longtemps. Déjà au siècle d'Auguste, des imèses employées par Lucrèce étaient tombées en désuétude. On n'aurait plus, par exemple, coupé les mots immerentes et dissipatis, comme il l'avait fait :
Exanimatque indignos inque merentes...
Languidior porro disjectis disque sipatis...
Encore moins aurait-on suivi son exemple
dans la division du mot reapse .*
Ecce dsum matrem, dum re non sit tamen apse.
La tmèse se rencontre fréquemment dans lu langue allemande. |
TMÉSISTERNE s. m. (traé-zi-stèr-ne — du gr. tmêsis, section: slernon, poitrine). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des cérambycins, comprenant une vingtaine d'espèces, dont la plupart habitent l'Océanie.
TMÉSORHINE s. m. (tiné-zo-ri-ne — du gr. tmêsis, section ; rhin, nez). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées mélilophiles, comprenant trois espèces, qui habitent les côtes de la Guinée.
TMÉTOTHRIPS s. m. (tmé-to-tripss — du gr. tmètos , coupé, et de ihrips). Entom. Genre d'insectes thysanoptères, de la famille des thripsiens, formé aux dépens des thrips.
TMOLE s. m. (tmo-te). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, formé aux dépens des papillons.
TMOLE (Tmolus), aujourd'hui Bouzdag ou Tomolitsi, montagne de l'Asie Mineure, dans la Lydie, célèbre par ses vins, son safran et la salubrité de son climat. Au pied de la montagne s'élevait la ville de Traole, aujourd'hui Berkï.
TMOLE, roi de Lydie, fils de Mars et de Théogone. Il fut pris par Midas pour arbitre dans la lutte musicale qui eut lieu entre Pan et Apollon, et il se prononça en faveur de ce dernier. Ayant aperçu un jour à la chassa une des compagnes de Diane, la belle nymphe Arrhiphé, il en devint éperdument amoureux, la poursuivit jusque dans le temple de Diane et lui fit violence. La soeur d'Apollon, indignée de cette odieuse brutalité, envoya contre lui un taureau furieux qui le perça de ses cornes. Le roi de Lydie fut alors inhumé sur une montagne qui prit son nota.
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TMOOTABAKAN, ville forte de la Russie d'Europe, gouvernement du Caucase, dans le pays des Cosaques de la mer Noire, dans l'île de Tatnan, à 16 kiloin. S.--E. de lénikalé. Cette ville, qui possède une petite garnison, fait un commerce assez actif avec les Russes, les Cosaques et les Circassiens.
TNII.AIA, rivière de la Russie d'Europe, dans le gouvernement des Cosaques du Don, Elle prend sa source par 48° 30' de latit. N. et 39» 38' de longit. E. , se dirige vers le S.-O. et, après un cours très-sinueux de plus de 200 kilom., elle se jette dans le Donetz, à 26 kilom. N. de Koundrioutchevskaïa.
TOACH1 ou TOCACH1, rivière de Colombie.
Elle descend du versant occidental des Andes, coule dans le département de l'Equateur , passe à Santo-Domingo et se jette dans le risque, après un cours d'environ 150 kilom.
TOACTXI s. m, (to-ak-tli). Ornith. Echassier du genre héron, qui habite les lacs du Mexique.
TOAHOUTA, petite île de la Polynésie, dans l'archipel de la Société, près de celle d'Qtaha.
TOAILLE s. f. (to-a-lle; II mll.J.V. touaillë.
TOALDO (Joseph), physicien italien, né à Pianezze, près de Vieence en 1719, mort à Padoue en 1798. Il prit le diplôme de docteur en théologie (1742), puis devint professeur de littérature ; mais il s adonna bientôt avec passion à l'étude des sciences mathématiques et physiques. Les progrès qu'il fit dans cette branche des connaissances humaines lui valurent d'être chargé par ses supérieurs de donner une édition des Œuvres de Galilée, et il les publia avec une préface et de savants commentaires à Padoue (1744, 4 vol. in-4<>). Dix uns plu3 tard, il devint archiprêtre de Montegalda, près de sa ville natale, ce qui ne , l'empêcha point de continuer ses études de prédilection. Nommé en 1762 professeur d'astronomie, de géographie, de météorologie a Padoue, Toaldo put enfin se livrer entièrement à ses goûts. Il obtint la permission de fonder un observatoire dans la tour du vieux château d'Ezzelino(l767), introduisit l'usage du paratonnerre dans les Etats vénitiens, contribua à la création d'une Académie pour les observations météorologiques et acquit par ses travaux un rang distingué parmi les physiciens de son temps. « Ayant remarqué, dit Angetis, qu'au bout de dix-huit ans les phénomènes météorologiques recommencent et se succèdent à peu près dans le même ordre, il dressâtes tables de trois de ces périodes, auxquelles il donna le nom de Saros et que les astronomes appellent aussi cycles Toaldini. I! rédigeait en même temps un journal destiné à répandre ses découvertes. Sa méthode pour déterminer les longitudes, seâ tables de vitalité, son discours sur les hivers extraordinaires, ses traités d'astronomie, de trigonométrie et de gnomonique furent surtout remarqués. » Touldo était en correspondance avec un grand nombre de savants et son commerce était des plus agréables. Indépendamment de nombreux articles insérés dans des revues et dans son Giornale astrometeorologico (1773-1798), on lui doit des ouvrages dont les principaux sont: Trigonometria plana e sferica (Padoue, 1769) ; Saggio meleorologico délia vera influença degïi astri sulle stagioni e mutasioni del tempo (Padoue, 1770), trad. en français (1784); Novb tabula barometri sstusque maris (Padoue , 1771) ; Délia maniera di difendere gli edifixii dal fulmine (Venise, 1772) ; Compendio délia sfera e di geoyrafia (Padoue, 1773, in-8°); la Meteorologia applicata ail' agricoltura (Venise, 1775, in-4°), écrit trad. en français; De melhodo longitudinum epislola (Padoue, 1784) ; Tavole ai vitalita (Venise, 1787); Metodo facile di descrivere gli orologj solari (Venise, 1789) ; Schediasmata astronomica (Venise, 1797, 40-40); Opuscoti intorno la meteorologia (Venise, 1802, 4 vol, in-8°), recueil posthume.
TOANABO s. m. (to-a-na-bo). Bot. Syn. de tkrnstrœmib, genre type des temstrœmiacées.
TOAS s. m. (to-ass). Entom. Espèce de chique, de l'Amérique centrale,
TOAST s. m. (tostt — mot anglais qui signifie proprement rôtie. Pour 1 étymologie, v. à la partie encyclopédique. Santé, vœu que l'on fait pour quelqu'un, paroles honorables que l'on prononce au sujet de quelqu'un, avant de boire : L'aristocratie sait aussi à propos porter avec vivacité le toast de la république ; et la république n'en est pas moins trahie. (Barère.) Depuis l'invention des toasts, on ne boit plus à sa soif, mais à celle des autres. (D'Houdetot.)
A la gloire civile! Au peuple ! Au ministère I Au pays! Dans son toast, chacun son caractère. C. Delavione.
Il On a aussi écrit tostb.
— Encycl. Ce mot anglais, qui a fini par remplacer notre vieille expression santé, portée dans un repas, signifie proprement une rôtie. Voici l'origine de l'acception bachique de ce nom qui tient à des temps reculés. Jadis la personne qui , en Angleterre , portait une santé à la tin du repas, mettait une croûte de pain rôtie (toast) dans Bon verre ou plutôt dans sa. tasse ou coupe. Après avoir fait le tour de la table, la tasse, que chaque convive avait portée à ses lèvres, revenait au premier,
TOAS
qui buvait la liqueur et mangeait la croûte rôtie. L'usage de la rôtie a passé, mais le mot qui l'exprimait est resté; de la l'expression actuelle porter un toast pour dira boire à la santé.
L'usage de boire & la santé existait chez les anciens et même i! se pratiquait chez eux avec beaucoup plus de solennité que chez nous. Quand Homère (Iliade, liv. IV, v. 1-4), nous représente" Hébé versant aux immortels le divin nectar et tous ces dieux s'invitant à boire et se présentant la coupe les uns aux autres, il est certain que le poëte ne fait que prêter aux divinités de l'Olympe une habitude 'existant déjà de son temps à la table des Grecs. D'ailleurs, dans la même poème (liv, IX, v, 224, 225), on peut voir Ulysse et Ajax envoyés près d'Achille et assis au festin que leur offre celui-ci ; à la fin du repas, Ulysse se lève, et, lui présentant la' coupe, lui^dit : Salut, Achille !,.. Plus loin (v, 670, 671), quand l'un et l'autre sont rentrés dans la tente d Agamemnon, chacun, debout, s'empresse de leur présenter la coupe, lit dans l'Odyssée (liv. XIII), Ulysse, sur le point de quitter les Phéaciens, étant assis au banquet d'adieux, se lève vers la fin, et prenant une coupe, la met dans la main d'Arété, épouse d'Aicinoûs, et lui dit : " Je vous salue... Soyez heureuse, •
Ces passages et plusieurs autres prouvent incontestablement que du temps d'Homère la coutume existait chez les Grecs de se saluer dans les repas, Ja coupe à la main, et toujours debout. Plus tard, on agit plus méthodiquement dans cette importante affaire. Dès le début du repas, on tirait au sort le roi du festin; il fixait l'instant où l'on porterait les santés. Ensuite le chef faisait remplir de vin sa coupe, l'appliquait légèrement à ses lèvres, la faisait passer de main en main, et chacun goûtait la liqueur à son tour. Ce préliminaire du festin était considéré comme lo symbole et le garant de l'amitié qui devait unir les convives. Mais pendant le cours du repas on se portait encore des santés individuelles qui se rendaient avec une scrupuleuse exactitude. Vers la fin du repas arrivaient les santés solennelles ; alors il fallait boire à longs traits et se soumettre aux lois rigoureuses de la table ; Celui qui refusait de boira était obligé de sortir; parfois on se contentait de répandre sur sa tête le vin qu'il avait refusé. Le roi du festin portait les santés; on les lui rendait sur-le-champ. Le son de la lyre et les chants se mêlaient aux vœux qui accompagnaient ces santés; enfin tout se terminait par des libations en l'honneur des dieux ou des héros dont on descendait ou dont on croyait descendre. Tel estle résumé de ce qui se passait chez les Grecs en fait de santés. On appelait cet usage philotésie.
Les Romains pratiquèrent aussi cette agréable coutume; on croit qu'avant l'époque de leurs conquêtes du côté de l'Asie ils y mettaient la plus grande simplicité ; et le modeste propino était sans doute leur seule formule, c'est-à-dire qu'ils se contentaient de prononcer ces mots sacramentels : Je souhaite que vous et nous, que toi et moi, nous nous portions bien. Mais quand le luxe asiatique eut envahi Rome et ses provinces, on mit beaucoup plus de cérémonie et d'éclat dans la manière de porter les santés.
■ Quand le terme du repas approchait, dit M. G. Peignot, quand les services proprement dits étaient achevés, on faisait disparaître les mets pour faire place aux coupes qui étaient destinées aux santés et aux libations. Les santés regardaient les convives; les libations étaient pour les dieux. Mais l'usage des libations a été antérieur à celui des sautés, qui en a découlé. Les anciens étaient très-religieux et l'on sait que, depuis la plus haute antiquité, ils ne commençaient ni ne finissaient jamais le repas sans une invocation aux dieux. On apportait ordinairement près de la table les images soit de Jupiter conservateur, soit du bon génie, soit des dieux domestiques et tutéla'nes (les Lares) ; on leur adressait des vœux, on leur faisait des libations, puis on buvait en les saluant. Quant aux santés, les Romains ne se servaient point de l'expression boire h la santé, mais ils disaient boire les coupes; et ils entendaient par là ce que nous exprimons par porter les santés ou porter les toasts. Mais dans les repas particuliers, dans le tête-à-tête, ils disaient simplement, en présentant la coupe, propino. Ils se servaient aussi de l'expression envoyer la conpe pour signifier boire à la santé de quelqu'un; par exemple, voulait-on saluer un convive, on versait du vin dans sa propre coupe, on la portait à ses lèvres et, après en avoir pris quelques gouttes, on la lui envoyait pour qu'il l'achevât, et l'esclave la reportait à son maître.
Dans tes grands festins, les coupes étaient, ainsi que les convives, couronnées de fleurs, et quelquefois on effeuillait des roses dans la liqueur; alors au lieu de dire boire les coupes, on disait boire les couronnes. On ne buvait les coupe3 et les couronnes qu'à la fin du repas ; c'était à ce moment qu'où se livrait à toutes sortes de jeux et de plaisanteries bachiques et galantes: par exemple, avant d'envoyer la coupe à sa maltresse, on écrivait parfois son nom sur la table avec du vin, comme nous l'apprend Ovide [De arte am., lib. I").
Blanditiasque levés tenui prescribere vino; Ut domiiiam in mensa se leuat Ma tuam.
TOAS
D'autres fois on s'imposait la loi de boire, non pas autant de coupes, mais autant de cy'ithes (petite tasse), qu'il y avait de lettres dans le nom de telle ou telle personne. Ainsi, la santé de l'empereur, qui devint presque de rigueur dans les grands repas, était marquée par six cyathes (Cœsar).
Quand les santés étaient tontes portées et que les amusements étaient terminés, on renouvelait la solennité par laquelle on avait commencé le repas, c'est-à-dire qu'on faisait des libations et des prières. Ces libations consistaient à jeter quelques gouttes de vin sur la table ou par terre, en oblation pour les dieux auxquels on adressait une invocation. Plusieurs coupes étaient quelquefois dédiées à différentes divinités et la fête finissait par la coupe de Mercure, que l'on invoquait comme le patron de la nuit et le dispensateur des songes agréables.
Voilà pour les Romains. Chez les barbares, Celtes, Bretons, Germains, l'usage du toast existait aussi, maison n'y mettait point tant de cérémonie. Lorsqu'on prenait place à table, la cruche de vin ou de cervoise y était servie et devenait commune à tous les convives. Celui qui se disposait à boire, tenant la cruche ou coupe en main, saluait son voisin et lui disait : je bois à toi, c'est-à-dire je bois le premier afin que tu boives ensuite; après avoir bu, il lui remettait la cruche, qui circulait ainsi de l'un à l'autre. Du reste, nous ne voyons chez aucun de ces peuples la trace de libations ni d'invocations religieuses.
Du paganisme passons au christianisme.
Les chrétiens ne virent d'abord aucun inconvénient à conserver l'usage fraternel des toasis et, dans leurs agapes ou repas communs, nous les voyons exprimer des vœux, en buvant, soit pour la santé du corps, soit pour la vie future. Mais cet usage ne tarda pas à être censuré comme entaché de sensualisme. Saint Ambroise, au tve siècle, s'élève contre lui dans sou Traité sur Elie et sur le jeûne. Un abus, d'ailleurs, s'y glissa. On prit l'habitude de boire non-seulement à la santé des vivants, mais encore à la mémoire des morts, surtout de ceux considérés comme saints ; cet acte fut regardé comme une idolâtrie et une profanation. Un concile de Nantes l'anathématisa; Hincmar, archevêque de Reims, écrivit pour en démontrer l'abus ; Charleniagne lui-même le défendit; enfin, tant de prescriptions produisirent leurs effets et il disparut ; on s'en tint donc à boire à la santé des vivants.
Dès les premiers siècles de l'ère vulgaire, quand un grand personnage voulait honorer quelqu'un et lui témoigner de la considération, il lui faisait passer sa coupe avec le reste de la liqueur qu'elle contenait. C'était une faveur signalée. La coutume de présenter la coupe comme marque d'honneur se maintint durant tout le moyen âge, comme l'attestent les romans de chevalerie.
Ce futau xme ou au xrv° siècle que s'introduisit dans notre langue le mot piéger ou ptesger. Plesger c'était exiger que celui à la santé de qui l'on buvait répondit à cette provocation en buvant à son tour à celle du provocateur. Ce mot était encore en usage vers la fin du xvie siècle (v. Pasquier, Heckercltes sur ta France); mais, au siècle suivant, il tomba insensiblement en désuétude. Un mot venu d'Allemagne, qui eut plus débitante, fut trinquer, de trinken, boire, qui signifie boire à la santé en choquant les verres. Mais ce mot ne fut pas adopté par les hautes classes; du reste, pendant le siècle de Louis XIV, les mœurs françaises perdirent leur antique caractère de familiarité et de simplicité cordiale;' on devint grave, sévère, comme la perruque du roi-soleil ; une froide étiquette présida aux réunions, et l'usage de fraterniser en buvant, devenu de mauvais goût, fut proscrit par tous les manuels de Lionne compagnie.
• Lo premier résultat de cette suppression, dit Griinod de La Reynière, a été de faire régner dans les repas une gêne, une tristesse, qui ne tournaient point au profit de la conversation, ni même de l'appétit. Beaucoup de gens timides ne retrouvaient leur langue qu'au moment des santés; c'était celui qu'ils attendaient pour s'épanouir et pour se livrer à leur gaieté naturelle : n'ayant plus cette ressource, ils continuaient à garderie silence. Cependant les santés avaient trouvé un asile dans la semaine de l'Epiphanie. On saisissait cette époqua pour les renouveler; mais l'on n'eut bientôt plus cette ressource, les événements de 1793 ayant fait disparaître la royauté même à table. »
Après brumaire, l'usage des santés, que la classe bourgeoise avait d'ailleurs continué à pratiquer, reparut peu à peu, dépouillé cependant de ce qu'il avait de trop bruyant et d'incommode; sous le premier Empire, on portait les santés au moment du dessert; elles se bornaient à deux ou trois et ne devenaient jamais de prétexte à boire immodérément. Louis-Philippe, à l'imitation des mœurs anglaises, fit pénétrer chez nous le toast (le nom et la chose nous sont venus en même temps) , non le toast cordial et familier de nos bons aïeux, mais le toast politique et oratoire qui transforme la table en tribune et la salle du festin en chambre des députés. Le toast en Angleterre n'était pas autrefois accaparé par la politique. Il y avait aussi le toast galant, que nous devons également
TOBE
mentionner ici, d'autant que Voltaire en parla avec éloge : «Les Anglais, dit-il, qui se sont piqués de renouveler plusieurs coutumes de l'antiquité, boivent à l'honneur des dames. C'est ce qu'ils appellent toster; et c'est parmi eux un grand sujet de dispute si une femme est tostable ou non ; si elle est digne qu'on la toste. » On avait établi pour ces toasts galants des règles parfois assez singulières , mais à l'exécution desquelles on mettait une ponctualité digne de la Table-Ronde, Par exemple, pour faire plus d'honneur fa une dame, le gentleman qui buvait à sa santé jetait au feu quelque partie de sa parure, un bijou, un colifichet, enfin un objet quelconque à lui appartenant; aussitôt tous les autres convives étaient obligés de suivie son exemple, c'està-dire de jeter a» feu un objet à eux appartenant et qui fût de même nature; rien au monde ne pouvait les en dispenser, c'était affaire d'honneur.
TOASTER v. a. ou tr. (to-sté — rad. toast). Porter un toast, des toasts en l'honneur de : Toaster une santé. Toaster la paix. Il triomphait de l'impuissance des autres convives et toastait à leur santé de nombreuses rasades. (Brill.-Sav.) tt Sens vieilli.
— v. n. ouintr. Porter un toast, des toasts : Le parti libéral a passé sa vie à toaster. (B. Const.) Traiter après boire des intérêts les plus sérieux du pays, choisir pour raisonner l'instant où l'on, n'est plus à jeun, pour ne pas dire pis, cela s'appelle toastek. (A. Karr.)
TOBA s. m. (to-ba). Linguist. Idiome américain.
TOBAGO, une des petites Antilles. V. Ta- BAGO.
TOBAQUE s. m. (to-ba-ke). Ornith. Nom vulgaire de la linotte d'Angola.
TOBAn (Alphonse-Michel de), peintre esagnol, né près d'Aricina en 1678, mort vers e milieu du xvme siècle. Il apprit les procédés de son art dans l'atelier d un peintre de Séville, appelé Eaxudo; mais il se forma surtout en étudiant avec ardeur les œuvres de Murillo, et il en arriva à reproduire avec une telle habileté les toiles de ce maître que ses copies trompèrent les meilleurs connaisseurs. Ce fut à ca genre de travaux que Tobar dut principalement sa réputation. Devenu peintre du roi d'Espagne en 1729, il exécuta avec talent les portraits des principaux seigneurs de la cour. Le seul tableau original que l'on connaisse de lui est une Vierge de la consolation, qui se voit dans une des chapelles de la cathédrale de Séville et que l'on regarde comme la meilleure production de l'école espagnole au commencement du xvmo sièclo.
Parmi ses copies de Murillo, on cite particulièrement celle qui représente la Vierge, saint Joseph, l'Enfant Jésus et le petit saint Jean, et qui se trouve à l'église de Sainte-Marie la-Blanche, à Séville.
TO BARRA, ville d'Espagne, province d'AIbaeèie, à 339 kilom. de Madrid, au milieu d'une contrée fertile et productive ; 9,500 hab. Elle est dominée par des collines dont l'une est couronnée par de vieilles ruines et un couvent de franciscains. Aux environs se voient de nombreuses maisons de campagne et une source sulfureuse froide.
TOBAS , tribu indigène de la confédération Argentine, qui habite sur les rives du Pelconiago, près des Pitilagas, avec lesquels ils sont alliés. Ils s'adonnent à la chasse et à l'éducation des vaches et des brebis.
TOBEL s. m. (to-bèl). Bot. Espèce de palmier de l'Inde.
TOBEL, village de Suisse (Thurgovio), a 18 kilom. S. -S.-O. de Constance; 1,300 hab. Maison cantonale de détention dans une ancienne commanderie de Malte.
TO BE OR NOT TO DE (Etre on ne pas être). C'est le premier vers du fameux Inonologue d'Hamlet, un des héros de Shakspeaie :
To be or not io be, that is the question ; « Etre ou ne pas être, cela est la question. »
Voici la traduction de ce passage par Ducis :
Je no sais que résoudre... Immobile et troublê\.. C'est rester trop longtemps de mon doute accablé : C'est trop souffrir la vie et le poids qui me tue. Eh ! qu'offre donc la mort -a mon âme abattue? Un asile assuré, le plus doux des chemins Qui conduit au repos les malheureux humains.
[d'être?
Mourons. Que craindre encor quand on a cessé
[être.
La mort... c'est le sommeil... c'est un réveil peut- Peut-étre!... Ahl c'est ce mot qui glace, épouvanté, L'homme nu bord du cercueil par le doute arrêté. Devant ce vaste abîme, il se jette en arrière, Ressaisit l'existence et s'attache & la terre. Dans nos troubles pressants, qui peut nous avertir Des secrets de ce monde où tout va s'engloutir? Sans l'effroi qu'il inspire, et la terre sacrée Qui défend son passage et siège a son entrée, Combien de malheureux iraient dans le tombeau De leurs longues douleurs déposer le fardeau ! Ah! que ce port souvent est vu d'un œil d'envie Par le faible agité sur les flots de la vie ! Mais il craint dans ses maux, au delà du trépas, Des maux plus grands encore, et qu'il ne connaltpas. Redoutable avenir, tu glaces mon courage!
Les mots anglais et la traduction française se citent également bien ,
252 TOBI
• C'est au nom d'un seul principe, de la liberté, que nos pères se sont levés en 17S9. En 1S60, l'Italie combat tout k la fois pour la revendication de son indépendance, de son unité nationale et de sa liberté. Au fond, le grand mot du progamme 'talien, c'est le mot d'Hamlet, to te or not to lie. Si la révolution française a été juste et légitime, on peut donc dire que la révolution italienne est trois fois juste et légitime. ■