TOGE
de ce peuple qui aimait k s'appeler la gens togata,var opposition aux barbares vêtus de diverses manières. Ce vêtement était tellement significatif que, un homme ayant été accusé de s'être arrogé le titre de citoyen romain , on discuta s'il paraîtrait en justice vêtu de la toge.
La toge, simple tissu de laine, fabriqué h la maison par les matrones, était en même temps une couverture et un vêtement; le soir, l'homme la détachait de ses épaules et la jetait sur le lit. Dans le rite des noces, où l'esprit formaliste des Romains conservait avec scrupule les traditions de la vie privée, la toge du mari devait expressément couvrir lo lit nuptial. Sa forme première fut, sans doute, celle que donne le métier k tisser, c'est-k-dire la forme rectangulaire; les Grecs restèrent fidèles kce type; les Romains l'arrondirent, et la toge, telle qu'ils la portèrent à la fin de la république, représentait, dépliée, un vaste segment de cercle d'environ 6 mètres de diamètre, ayant 2 mètres de hauteur. Elle enveloppait le corps, de manière que Je bras droit sortait par en haut et que le bras gauche soutenait les plis du bas, ce que l'on appelait lo sinus. M. Heuzey, auteur d'un excellent mémoire sur la Toge romaine (Académie des inscriptions et belles-lettres, 1875), a retrouvé, k l'aide des renseignements épnrs dans les textes et des indications beaucoup plus sûres fournies par les statues, les diverses manières usitées par les Romains pour s'habiller de la loge; c'était très-compliqué, ce qui résultait surtout de la largeur incommode de cet ajustement.
Les citoyens opulents portaient des toges plus amples que ceux de fortune médiocre. La couleur en était ordinairement blanche, albus color, différente du blanc que les Romains appelaient candidus, blanc plus éclatant, obtenu k l'aide d'une préparation crayeuse qui donnait à l'étoffe un lustre brillant. C'est de ce dernier blanc, candidus, qu'étaient les robes de ceux qui se mettaient sur les rangs pour obtenir quelque magistrature, l'édilité, la préture, le consulat, et pour cette raison ils étaient appelés candidats.
En deuil , on portait la toge d'une couleur dite pulla, brune ou gris de fer. C'était aussi le vêtement du menu peuple, que l'on désignait volontiers sous le nom de pullata lurbn, et les citoyens en deuil adoptaient précisément cette couleur pour marquer combien la perte qu'ils déploraient avait abaissé leur famille, l'avait fait déchoir de son rang. Les accusés, pour émouvoir la pitié, se revêtaient d'ordinaire d'une vieille toge, sale et usée, sordida toga, qu'ils déchiraient même, afin de lui donner un aspect encore plus misérable.
Quelques statues nous présentent des Romains la tête couverte d'un pan de la toge, c'est ainsi que Scipion, marchant k Alexandrie k côté du roi d Egypte, avait la tête couverte. Les jeunes gens, par modestie, avaient • quelquefois les deux épaules recouvertes de la loge. Dans les derniers temps de la république, et surtout sous les empereurs, les personnes distinguées portaient la toge trèsample, comme on peut le voir par la statue d'Auguste assis, qui est dans la galerie du Capitole. Horace (épode 4, v. S), reprochant k un esclave devenu chevalier son faste et son ostentation, lui dit : « Vois-tu, quand tu balayes la voie Sacrée avec ta toge de 6 aunes, comme les passants tournent la tète I... '
Les Romains portaient deux sortes de toges, suivant leur âge. La première était la toga prmtexta, robe prétexte; elle était de laine blanche brodée d'un petit filet de pourpre. C'était k la fois le vêtement des jeunes garçons et celui des jeunes filles ; celles-ci la portaient jusqu'à leur mariage et les jeunes gens jusqu'à l'âge de dix-sept ans. La seconde était appelée toga virilis, la robe virile; on la revêtait k dix-sept ans ; toutefois, les prêtres et les magistrats gardaient la robe prétexte, comme marque de leur dignité. La robe virile était tout d'une couleur et formait le vêtement ordinaire du citoyen.
. Il y avait encore la toga picta, ou robe écarlate, qui était un tissu de pourpre et d'or. Les consuls la revêtaient pour triompher. Tite- Live appelle aussi cette toge toga palmata, parce qu'elle était brochée de palmes d'or; c'était un ouvrage phrygien. La trabea, toge courte, tissue de pourpre, était le vêtement des augures; mêlée de laine pourpre et de laine blanche, elle était la marque distinctive des chevaliers. Les sénateurs portaient une toge spéciale, le laticlave.
Pline et Tite-Live attribuent aux Etrusques l'invention de la robe prétexte; elle aurait été introduite à Rome, suivant Florus, par Tarqutn l'Ancien. Une chose digne de remarque, c'est que les sculpteurs n'ontjamais figuré quelque chose qui ressemblât à une bande quelconque sur les statues qui nous restent et qui représentent soit des empereurs, soit des consuls ou des augures, qui tous portaient la prétexte. C'est k Tarquin l'Ancien qu'il faut rapporter l'application de la prétex te aux enfants. Suivant Macrobe (Saturnales, oh. vt), il n'était permis par aucune loi aux enfants des affranchis de porter la prétexte, encore moins aux étrangers qu'aucun lien n'attachait à la nation romaine ; mais, dans La suite, la prétexte fut aussi accordée aux enfants des affranchis ; cette licence date de l'époque de la seconde guerre punique.
Différents monuments anciens représentent
TOIG
le pontifex maximus vêtu de la toge prétexte dont il avait la tête couverte en sacrifiant , excepté toutefois dans les sacrifices célébrés en l'honneur de Saturne. Sur l'arc de Titus, cet empereur est représenté faisant son entrée triomphale et vêtu de la toge peinte, de même que Marc-Aurèle sur un bas-relief conservé dans la galerie du Capitule. Suétone nous représente Néron, à son retour des jeux Olympiques, faisant son entrée à Rome vêtu d'une robe de pourpre et d'une chlamyde ornée d'étoiles d'or.
Dans les premières années de la république, la toge était le vêtement des femmes aussi bien que celui des hommes; mais quand la stola eut été adoptée et fut devenue le vêtement distinctif des matrones romaines , l'usage de la toge parmi les femmes fut restreint aux courtisanes (meretrices) ou aux femmes mariées qui avaient' été renvoyées par leurs maris pour cause d'adultère, et dans la suite le mot de togata, appliqué à une femme, finit par désigner une prostituée.
TOGRAÏ (Abou-Ismael-Housein al-), poète persan, ué h Ispahan en 1063, mort en 1121. Un de ses ancêtres était, dit-on, un des compagnons de Mahomet. Après avoir exercé des fonctions sous Melek-Schah et son fils Mohammed, il devint vizir de Masoud, sultan de Mossoul. Ce prince s'étant révolté contre son frère Mahmoud, sultan de Perse, lui livra à Esterabad, pi'ès d'Hamadan , une bataille dans laquelle il fut vaincu (1120). Togral tomba au nombre des prisonniers et Fut mis à mort. Il avait reçu les surnoms de Faillir- El cottnb {l'Honneur des hommes de plume) et d'Aioatud {le Maître ou Docteur). Parmi ses poëmes, le plus célèbre est intitulé Lamiqto Al-Adjem et se compose de distiques arabes. 11 a été publié avec une version latine par Ed. Pocock (Oxford, 1661, in -8°) et plusieurs fois réédité; Vatlier en a donné une traduction anglaise et française (1860, in-8°). On cite encore de Tograï un ouvrage d'alchimie.
TOGR D L ( Abou - Thaleb - Rokn - Eddifl - Mohammed), fondateur de la dynastie des Seldjoucides. V. Thogrol.
Allegretto. <s£
TOIL
TOHO-BOHD s. m. (to-u-bo-u. — Cette expression est tirée du récit de la création qu on trouve au cnmmencement de la Genèse. Elle signifie que la terre, après avoir été créée, mais avant d'avoir été séparée des eaux, éclairée par les astres, couverte des végétaux et des animaux, offrait une espèce de chaos ; littéralement qu'elle était quelque chose de désert et de vide). Pêle-mêle, confusion, désordre : Mon cabinet de toilette, au lieu d'être un tohu-bohu, est un délicieux boudoir. (Balz.) Quel toho-bohd, dans cette physique moderne! s'écrièrent à ce propos quelques profanes. (L. Figuier.) C'était un tohu-bohu chariuarisant d'étudiants et de grisettes. (X. de Montépin.)
TOI pron. pers. (toi). V. tu.
— Gramm. Le pronom toi subit l'élision de la voyelle composée oi seulement après la deuxième personne de l'impératif des verbes pronominaux et lorsqu'il se trouve placé devant les mots y, en : mets-t'y , jette-t'y, gardet'en bien. Mais l'Académie, qui approuve les deux formes mets-t'y, jette-t'y, et qui semble par là approuver toutes les formes semblables quand le verbe n'a qu'une syllabe sonnante, dit qu'il faut éviter une élision pareille dans accroche-t'y, réfugie-t'y, et que, dans ce cas, il vaudrait mieux changer la place des pronoms : accroches-y-toi, réfugies-y-toi. •
Toi qol connal* le» hn»»nrd» da la garde,
musique de Piccinni. Cette chanson a dû être composée vers le commencement de ce siècle par un de ces chansonniers populaires, peu soucieux de gloire et de renommée, à l'esprit desquels un couplet ou deux viennent sans préméditation au milieu d'une réunion d'amis, en vidant une bouteille au cabaret ; cette élégie baroque eut un succès immense. Jamais peut-être l'esprit faubourien n'avait rencontré rien de plus vrai ni de plus gai. Encore aujourd'hui il n'est pas rare d'entendre derrière une bonne d enfant un tit'i la murmurer avec les gestes narquois et expressifs du gamin de Paris,
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