‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 179 sur 1042 · PIN · texte numérisé non relu

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gar - do! Eh bien, ma chère, il é tait mon a - mant!

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ce. Qu'il <S - tait

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bien des -sous son four - ni - ment! Quel air vain-queur ! quel - le no - ble près-

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tan - ce! En eru - bou-chant son ai-mable in - stru-mentl

Toi qui con-

DEUXtÈME OOUPLET.

Le premier jour qu'il me vit en personne, J'crus qu'il allait tomber en pâmoison; 11 soupirait plus fort que sa trombone. Mol, ds pitié, j'en avals le frisson.

TROISIÈME COUPLET

Tu peux m'en croire, 6 ma chère Julie ! C'était vraiment un amour de garçon.

Pour l'obliger, j'aurais donné ma vie.

J'aurais vendu jusqu'au dernier jupon.

QUATRIÈME COUPLET

Il est parti, j'attends de s'es nouvelles

De Lille en Flandre, ousqu'il tient garnison.

Ah! que du moins il me reste fidèle!

Ou j'suis dans l'cas de m'détruire au charbon!

TOIBANDALO s. m, ( toi - ban - da-lo). Ichthyol. Un des noms vulgaires du pantoufiier, espèce de squale.

TOICT (Nicolas du), également connu sous le nom de el Tecbo, jésuite français, né k Lille en 161), mort vers 1680. Il entra dans la compagnie des jésuites en 1630, et, après avoir professé pendant quelque temps, il s'embarqua pour la mission du Paraguay (1649), dont il devint supérieur. On lui doit, sous le titre de Bistoria provincial Paraguaris societatis Jesu (Liège, 1673, in-fol.). un ouvrage estimable sur l'histoire des étublis- Bemeiits des jésuites au Paraguay,

TOIDE s. f. (toi-de).Bot.Un des noms vulgaires de la camphrène globuleuse.

TOIGNARD (Jean), médecin français, né à Clermont-en-Argonne dans la première moitié du xvte siècle. Il devint médecin ordinaire

du duc de Lorraine Charles III, qui l'anoblit en 1565. Très-lié avec le médecin Nicolas Le Pois, il composa des vers grecs et latins dans lesquels il fit un grand éloge du traité de ce dernier, intitulé De cognoscendis et curandis morbis, et ces vers parurent en tête de l'ouvrage. — Son frère, Antoine Toignard, né également à Clermont, fut médecin comme lui. On lui doit un petit traité intitulé Entier discours des bains de Plombières (Paris, 1581, in-16).

TOILAGE s. m. (toi-la-je — rad. toile). Ce qui forme le dessin d'une dentelle.

TOILE s. f. (toi-le — latin tela, pour texla; de texere, tisser). Tissu de fils de chanvre, de lin, de coton ou d'autres matières textiles végétales : Toilk d'ortie. Toilk d'aloès. Toile fine. Grosse toilk. Toile de Hollande. Toile à voiles. Toile à matelas. Coupon de TOILE. Je détruirai, dit le Seigneur, les manteaux et les broderies, el les toiles si déliées, ces vaines couvertures qui ne cachent rien. (Boss.) La toile d'ortie vaut la toile de chanvre. (V. Hugo.) I! Tisau de chanvre ou de lin, par opposition aux tissus de coton : Mouchoirs, chemises de toile.

— Tente des soldats : L'armée est sous la toile. Nous n'avions qu'une pipe à nous deux, nous buuions dans la même coupe, nous couchions sous la même toile. (J. de Maistre.)

— Tissu de fils d'une matière quelconque : Toile de crin. Toile d'amiante. Toile métallique.

— Toile crue ou écrue, Toile qui n'a pas encore été blanchie, qui est telle qu'elle est sortie des mains de l'ouvrier.

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— Toile blanche, Toile que l'on a fait blanchir.

— Toile crème ou crëmée, Toile qui a une couleur intermédiaire entre celle de la toile écrue et celle de la toile blanche.

— Toile de ménage, Celle que l'on donne au tisserand après avoir fait filer le chanvre chez soi, et qui n'est point destinée au commerce.

— Toiles ouvrées, Toiles de chanvre ou de lin sur lesquelles se trouvent des dessins.

— Toile peinte, Toile de coton peinte de diverses couleurs.

— Toile imprimée, Toile peinte par irapression.

— Toile de compte, Toile fine.

— Toiïe d'or, Toile d'argent, Tissus légers dont la traîne est d'or ou d'argent et la chaîne de soie.

— Toile à voiles, Grosse toile en fil de chanvre, destinée à faire des voiles de vaisseau.

— Toile à canevas, en canevas, Grosse toile écrue, de chanvre ou de lin, ou en fil d'étoupe.

— Toile à tamis, à sas, Toile très-claire dont on se sert pour faire des tamis.

— Toile cirée, Toile enduite d'une composition qui la rend imperméable, il Cela glisse sur lui comme sur de la toile cirée, Se dit en parlant d'une personne insensible aux reproches, aux réprimandes, aux exhortations, qui n'en conserve aucune impression.

— Toile à calquer, Toile très-fine, d'un tissu un peu clair et recouverte d'un enduit gommeux qui la rend propre au calquage des plans et autres dessins au trait.

— Toile d'araignée, Sorte de tissu que font les airaignées avec des fils tirés de leur corps, et qu'elles tendent pour prendre des insectes : Les lois sont comme les toiles d'araignée; les petits insectes s'y prennent, les gros passent, à travers. (Barthél.) il Tricot à jour dont on fait des jupons, des couvrepieds. (| Fig. Chose inconsistante, dépourvue de solidité : Si les systèmes sont des toiles d'araignée, qu'au moins elles soient faites avec des fils de soie. (J, Joubert.)

— Tendre sa toile, ses toiles, Tendre des pièges pour y faire tomber quelqu'un : Elle sut tendre ses toiles pour y prendre les dupes. (Balz.)

— Aller se mettre dans ses toiles, Aller se coucher, il Vieille loc.

— Vous parles trop, vous n'aurez pas ma toile, Sédit pour refuser ce qui est demandé. Cette locution, inusitée aujourd'hui, était empruntée k un vieux conte.

— Théâtre. Grand rideau peint qui cache la scène ou eu forme le fond: Baisser, lever la toile. La toile représente un port de mer. Il On dit aujourd'hui rideau dans le premier sens.

— Peint. Toile préparée, qu'on cloue sur un cadre, et sur laquelle on peint des tableaux : Tableau sur toile. Une TOILE de quinze pieds ne se traite pas à la légère du bout du pinceau. (O. Merson.) Il est des effets vrais dans la nature, qui ne sont plus probables sur la toile. (Balz.) Une caricature a représenté Horace Vernet chevauchant sur un haut coursier, un pinceau à la main, le long d'une immense toile, et peignant au galop. (H. Heine.)

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,

Une ébauche, lente a venir Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève

Seulement par le souvenir.

Baudelaire.

Il On dit aussi toile imprimée, li Tableau peint sur une toile : Ses toiles sont payées au poids de l'or, (Balz.)

— Jeux. Nom donné à des rideaux qui descendent depuis le toit jusque sur la muraille d'un jeu de paume, et que l'on tire pour se mettre a l'abri du soieil.

■ — Chasse, s. f. pi. Pièces de toile avec lesquelles on fait une enceinte en forme de parc, pour prendre les sangliers. Il Grands filets que l'on tend pour prendre des bêtes fauves, il Capitaine des' toiles, Officier de vénerie qui préside au placement des toiles.

— Mar. Voiles d'un navire : La frégate était couverte de toile, et cependant nous n'avancions presque pas. || Charrier de la toile, Avoir toutes ses voiles dehors.

— Comra. Toile perdue, Sacs ou toiles d'emballage qui ne sont pas rendus à l'expéditeur. Il En toile, Entier et plié dans une toile, en parlant des pièces d étoffe, u Toile grasse, Toile goudronnée dont on enveloppe certaines caisses d'emballage. U Toile maigre, Toile non goudronnée qu'on met par-dessus la toile grasse.

— Techn. Voile dont on garnit chaque aile d'un moulin k vent. Il Feuille de métal qui se produit entre deux pièces contiguës d'un moule.

— Pharm. Tissu ou papier enduit d'une composition emplastique. H Toile de mai, Toile qu'on enduit d'un emplâtre agglutinatif. U On l'appelle aussi sparadrap.

— Moll. Toile à matelas, Nom vulgaire d'une coquille du genre pyrule. il Toile d'àraignée, Nom vulgaire d'une coquille du genre cône.

— Hortic. Toiles à ombrer, Toiles dont on

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se sert en horticulture pour donner de l'om breaux semis et aux plantes délicates, et les protéger contre les vicissitudes atmosphéri-

— Encycl. Comm. La toile étant un tissu fait avec des fils de chanvre, de lin, de jute ou de coton, on désigne habituellement sa nature particulière en ajoutant au mot toile le nom de la matière qui en compose le tissu. Souvent aussi, on désigne ce dernier par un nom spécial, tel que : calicot, percale, basin, qui suffit à faire connaître la nature du fil employé à sa fabrication. Les tissus de laine, même lorsqu'ils sont mêlés de coton, sont des draps, Orléans, satins de laine, etc., désignés sous les noms différents qui indiquent leur fabrication. Il en est de même pour les tissus de soie compris sous la commune dénomination de soieries. Les toiles, par la nature de leurs (ils, forment donc quatre catégories, dont les deux premières sont désignées indistinctement par le nom de toiles.

— Toiles de chanvre. L'usage des toiles de chanvre était et est encore fort répandu en France, où ces toiles sont employées jpour linge et draps délit par les habitants de la campagne qui cultivent cette plante, la filent et la tissent assez souvent eux-mêmes ou la font tisser par des ouvriers de la localité. Partout elles serventà faire des torchons, des serviettes communes, des chemises, des sacs et des toiles d'emballage. Formant un genre appelé treillis, on les lait servir pour pantalons de travail, pour fonds de lit, sangles et autres objets qui exigent une grande résistance à lu traction. On se servait autrefois de cette toile pour la confection des voiles; mais, depuis quelque temps déjà, les tissus de lin lut ont été préférés, et avec raison. Le chanvre est toujours moins bien purifié que le lin ; de toutes les plantes textiles, c'est l'une de celles dont les filaments sont les plus difficiles à isoler de la matière qui les enveloppe; ils retiennent toujours, après le filage , une partie de ces matières organiques qui se détachent k la longue et se pourrissent par les lavages réitérés, formant ainsi des vides dans le tissu qui se trouve desserré. On comprend quel inconvénient présentait le chanvre pour l'usage des voiies, dont la toile est si souvent mouillée.

La toile de chanvre est tissée au métier h, bras parJes tisserands de campagne. La production la plus considérable est celle des communes agricoles de l'Orne, de la Sarthe, de la Mayenne et de Maine-et-Loire.

— Toile de lin. La toile de lin, moins grossière et cependant à peu prè3 aussi solide et mieux travaillée, en général, que la toile de chanvre, est aussi le produit de l'industrie rurale pour une très-notable partie de la production. U y a trente ans k peine, les tisserands de la campagne achetaient le fil de lin 3 u'ils tissaient, puis ils portaient leurs toiles ans les foires ou sur les marchés. Aujourd'hui, ce mode de commerce est changé ; les tisserands travaillent k façon pour des industriels qui leur livrent, après l'avoir pesé, le fil nécessaire au tissage d'une quantité de toile déterminée. Le tissage mécanique, qui a certainement augmenté lu production, est encore le moins important, comparé au travail qui s'exécute sur les métiers k bras. En Angleterre même, dans le pays des machines et des métiers mécaniques, la production de ces derniers ne s'élève pas à plus de 1 huitième de la production totale des toiles tissées dans ce pays. En France, cette proportion est plus minime encore ; elle D'est guère que de 1 trentième comparée au tissage à la main. Il en est de même en Belgique, où le tissage a depuis longtemps acquis un si grand développement et où le plus grand nombre des tisserands sont occupés à la fabrication de la toile.

Cette industrie s'exerce en France dans ■ un grand nombre de localités, notamment dans le Nord , dans les départements de l'Orne, de la Mayenne, de la Somme, de la Sarthe ; les toiles destinées à la teinture et à lu confection de blouses, de toiles à matelas sont fabriquées dans les campagnes aux environs de Lille, k vingt lieues a la ronde; les qualités les plus fortes proviennent de Bapauine et des environs. Arinentières est un centre de production pour les toiles de toute sorte, depuis les toitesb. draps jusqu'à celles qui servent k la confection des chemises et au linge de table et de lingerie fin et damassé, connu sous le nom de linge ouvré, et occupe une population de travailleurs dont le nombre est estimé k 35,000. Les batistes ou toiles fines sont tissées aux environs de Cambrai et de Valenciennes, et sont tantôt brodées au tissage , tantôt décorées par l'impression ; ce sont les plus estimées pour la beauté de leur travail, qui leur a valu une réputation universelle. La Normandie fabrique les toiles communes désignées sous le nom de cretonnes, employées pour les besoins du ménage et de la literie. La production française de la toile est estimée a environ 430 millions. Celle de la Belgique est proportionnellement fort élevée. La Belgique est d'ailleurs le pays traditionnel du tissage; c'était là l'industrie principale des vieilles Flandres, qui y ont conservé une véritable supériorité et dont les artisans font, aujourd'hui encore, preuve d'une habileté qui semble héréditaire. On y fabrique des toiles da toute sorte; mais les plus remarquables sont

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celles de Courtrai, restées sans rivales, employées comme loiles de luxe, et dont le prix atteint depuis 5 francs le mètrejusqu'à 10 et même 1* francs. Les provinces allemandes produisent aussi, en assez grande quantité, des toiles de lin, et notamment la Westpbalie et la Saxe. Mais la production la plus considérable est celle du Royaume-Uni et principalement de l'Irlande, où ta main-d'œuvre est à très-bon marché , ce qui permet au commerce anglais de faire à ses voisins une redoutable concurrence. Toutefois , si la production est plus grande, la qualité est en général inférieure ; on pourrait dire que cette infériorité est proportionnelle a la différence dans le rapport de quantité du travail fait par la mécanique et du travail fait sur le métier à bras. La seule supériorité de l'industrie anglaise est dans les derniers apprêts, pour lesquels l'eau dont elle dispose est excellente, de même que pour certaines teintures. On donne aux toiles, en Angleterre, une façon nommée better finish, qui consiste à écraser le grain de la toile entre deux pilons de bois, à la laminer en quelque sorte, ce qui lui donne un aspect brillant et serré obtenu aux dépens du tissu et peu estimé en France, où l'on préfère que ce grain soit apparent.

— Toile de jute. On a tenté de remplacer le chanvre et le lin par d'autres matières textiles j mais , jusqu'à présent, ces tentatives sont demeurées à peu près infructueuses. Toutefois, on a pu, après bien des essais onéreux, produire avec le jute, plante d'origine indienne, employée dans l'Inde au tissage, des lils propres à être tissés par les procédés européens. Les filaments de .cette plante, très-longs, se filent comme le lin, mais en les mouillant d'un mélange d'huile de poisson et d'eau chaude dans lequel on les laisse tremper quelque temps. Ces fils, qui peuvent être déniés , blanchis ou jaunis , servent à remplacer ou plutôt à imiter les fils de lin , avec lesquels ils ont beaucoup de ressemblance; mais ils sont moins solides, offrent peu de résistance, même étant écrus, et sont altérés facilement par l'action de l'air. Pourtant, ils servent à fabriquer des toiles communes, en les croisant avec des fils de lin. On emploie plus spécialement le jute pour les toiles d'emballage,' ies toiles cirées ou préparées pour.la peinture et enfin pour la trame des moquettes de laine.

— Toile de colon. Le coton n'étant pas un produit indigène, la fabrication des tissus faits avec ses lils est une industrie relativement nouvelle, du moins pour l'Europe, puisque l'Orient et la Chiue en connaissaient 1 emploi depuis longtemps déjà quand ce produit fut introduit en Espagne, puis en France. Pourtant, cette industrie est plus ancienne qu'on ne le croit communément; elle était pratiquée dans les Flandres des le xiv° siècle, où elle se trouve dans les articles commerciaux de la place d'Anvers , et, vers 1540, les tisserands anglais employaient le coton pour en faire de la toile. Depuis la révolution d'Amérique, la quantité considérable de coton exportée par les Etats- Unis sur les marchés européens a augmenté dans une énorme proportion l'importance de la filature et du tissage de ce produit, devenu aujourd'hui l'objet de l'une de nos plus grandes industries. La consommation des loiles de coton, beaucoup moins chères que les toiles de fil, en raison du bon marché tout à la fois de la matière première et de la maind'œuvre, s'est considérablement accrue et sollicite de plus en plus la production. Aussi les moyens mécaniques ont-ils été tout d'abord employés pour la filature et le tissage du coton, et aujourd'hui ces procédés sont à peu près les seuls dont on se serve. Tandis que les toiles de chanvre et de lin sont encore tissées au métier à bras, les toiles de coton sont plus particulièrement fabriquées au métier mécanique par plusieurs grands groupes industriels qui occupent des départements presque entiers.

Dans ces groupes , on peut distinguer, comme étant les plus importants, ceux du Nord, de la Picardie et de la Normandie. Le groupe du Nord a pour centres Armentières et Roubaix , que nous avons déjà mentionnés pour leur fabrication de toiles de lin; en Picardie, la fabrication la plus importante est à Saint-Quentin et dans les environs , où l'on compte l,SO0 métiers et près de 50,000 tisserands, produisant un chiffre annuel de 40 à 50 millions de francs. Enfin, la Normandie, où se tissent la laine et le lin sur une grande échelle, possède 30,000 métiers pour le tissage des étoffes de coton. Ces étoffes remplacent la- toile, en beaucoup de circonstances, pour !a confection des draps, des chemises et de beaucoup d'autres objets de lingerie. Teintes ou imprimées , elles sont employées à divers usages, et notamment à la toilette des daines, sous ies noms d'indiennes, de nanzou, etc.

— Toiles cirées. Cette sorte de toile est un tissu de lin, de jute ou de coton, tissé comme les toiles ordinaires et rendu imperméable au moyen d'un enduit d'huile siccative appliqué seul et directement ou sur une couche d'encollage. Ces toiles, décorées par des impressions ou d'autres genres de peintures, servent à couvrir les tables, à préserver les parquets, même parfois les murs, et tiennent,

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en plusieurs cas, lieu de tapis ou de paillassons.

Pour les enduire, on les tend dans un châssis de bois solide, puis on y passe d'abord un encollage de farine qu'on ponce lorsqu'il est sec ; on y étale ensuite une couche d'huile de lin rendue siccative par une addition de litharge qu'on emploie parfois seule ou mêlée à Ta craie pour cette première couche, afin de la rendre à la fois plus solide, plus épaisse et plus siccative. Quand celle-ci est sèche, on la ponce et on en applique successivement de nouvelles qu'on ponce chaque fois ; on passe ainsi ordinairement sept couches, dont quatre à l'endroit et trois à l'envers, qu'on a le soin de bien laisser sécher, afin qu'elles ne s'écaillent point. Quand la dernière est sèche et a été poncée comme les autres, on l'imprime à peu près comme les papiers peints, en posant la toile, retenue dans son cadre, sur une table d'impression garnie de tissus qui rendent cette impression plus facile par leur élasticité ; puis on applique sur la surface de la toile enduite des formes ou découpures de bois ou de cuivre recouvertes de couleurs qui laissent leur empreinte sur la face contre laquelle on les presse. Cette impression se fait naturellement avec autant de formes qu'il y a de couleurs dans le dessin ; les imitations de marbre et de bois s'exécutent avec des couleurs à la colle, à l'uide d'épongés et de brosses. Quand ce travail est terminé, on fait de nouveau sécher les toiles, puis enfin on les vernit, et ce n'est qu'après cette dernière opération et après s'être assuré de la siccité complète de l'enduit qu'on détache les toiles de leur cadre pour les border et les livrer au commerce.

— Toiles à peindre. On emploie pour cet usage tantôt des toiles fines de lin, tantôt des loiles de coton, des calicots , tantôt des loiles lâches formant un petit canevas; la façon de les préparer diffère suivant ieurnahire. La préparation qu'on leur fait subir a

?our but de les empêcher de s'imbiber de huile que contiennent les couleurs employées par les peintres et d'éviter que ces dernières ne passent entre les fils, qui laissent toujours entre eux, si serrés qu'ils soient, un vide imperceptible, mais Suffisant pour permettre le passage des liquides. Dans les deux cas, les matières colorantes isolées de l'huile perdent leur éclat, s'altèrent à l'air et ne forment plus qu'une sorte de poussière grisâtre plus ou moins nuancée sur les fils de la toile. La préparation appliquée sur les toiles destinées à ta peinture doit donc boucher tous les vides formés par les fils et ne point laisser ceux-ci s'imbiber d'huile et permettre à cette dernière de sécher àlasurfaoesansabandonner les matières colorantes dont elle est chargée. Voici comment on opère pour y parvenir.

On ponce d'abord la toile, afin d'en effacer complètement le grain, puis on étale sur la surface une couche de blanc de céruse broyé à l'huile, qu'on étend à l'aide d'un couteau pointu par le bout, large près du manche et très-flexible. A celte première couche, on mêle parfois un peu d'ocre pour ta jaunir un peu et enlever au blanc de sa crudité. On ne saurait trop forcer ce mélange et même y ajouter une pointe de noir; ce ne sont pas les artistes qui s'en plaindront. Sur cette couche, on en ajoute de nouvelles qu'on étend de la même façon en les tenant un peu plus liquides. Quand elles sont sèches, on enlève la toile du châssis où on l'a préalablement clouée et ou la roule, si cette toile est de celles qu'on désigne sous te nom de toiles à peindre au mètre, ou on la laisse sur son cadre, si c'est de la toile en châssis.

Des peintres ayant vu que, dans les tableaux de l'école italienne, le grain de la toile était apparent, firent faire un apprêt spécial qui conserve à ce grain son apparence et qui consiste simplement à passer sur la toile, sans la poncer préalablement, un encollage, puis une couche d'huile teintée, suffisante pour graisser la toile et éviter l'absorption de la couleur. On notmne ce guiire de toiles, toiles vénitiennes, du nom de l'école qui a donné l'idée de cet apprêt. Enfin, il est un autre mode de préparation employé pour les toiles d'un tissu lâche et qui forment une sorte de canevas; on les enduit d'une forte couche de colle faite avec des débris de peau et des dépouilles animales, à laquelle on mélange du blanc deMeudon; cet encollage, destiné à boucher les trous de la toile, ne doit pas être étendu trop liquide ni trop chaud, mais lorsqu'il est à l'état de pâte un peu fluide, afin qu'il adhère aux fils et remplisse bien tous les interstices. Quand il est sec, on le recouvre d'une couche de blanc de céruse broyé à l'huile, mais uu peu liquide, et la toile peut alors servir à peindre.

— Toiles métalliques. Ces sortes de toiles sont un tissu fait par les tisserands sur un métier à deux marches et à deux lisses, avec des fils de métal, soit de cuivre, soit de fer. On les travaille comme les autres toiles unies, mais la distance entre les fils de. la chaîne est, en général, un peu plus 'grande et la trame en est moins serrée. Ces fils étant moins élastiques et surtout moins souples que ceux de lin, de laine ou de coton, lé sernige en est moins brusque et moins énergi-

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que ; aussi faut-il, pour ce tissage, modérer le choc du battant.

Ces toiles métalliques, ayant la propriété d'intercepter presque totalement le passage de la flamme et jouissant de la propriété de refroidir les gaz enflammés qui tendent à les traverser, sont employées pour les lampes de sûreté dont on se sert dans les mines et dans les lieux où peut s'être répandu un gaz explosible et, par les mêmes raisons, pour les maeques usités dans les laboratoires de chimie.

Humphry Davy , prié de rechercher les moyens de combattre les terribles effets du feu grisou dans ies mines, entreprit, au sujet des circonstances capables d'influer sur l'explosion des mélanges gazeux, une série d'expériences qui signalèrent à son attention un phénomène déjà connu, mais qui n'avait jamais été étudié : c'est qu'un treillis métallique peut intercepter certaines flammes.

Davy, ayant formé des mélanges de 3 parties d'air et 1 partie de gaz d'éclairage et les ayant enfermés dans des tubes de dimensions différentes, prit note du temps nécessaire pour produire l'inflammation complète de chaque mélange. Dans un tube de 0m,30 de longueur sur Oro.OOS de diamètre, la propagation de la flamme met environ une seconde. A mesure que le diamètre du tube est plus étroit, la durée de cette propagation se prolonge, ce qui indique que la communication subit des entraves. Et enfin, quand le diamètre n'est plus que de 1 tiers de centimètre, l'inflammation ne se propage plus.

Le même phénomène a lieu, et encore plus nettement et plus promptement, si la longueur des tubes diminue en même temps que leur diamètre. Davy fut ainsi conduit à essayer des plaques de métal percées de petits trous et des toiles métalliques. Une toile métallique de 100 à 140 mailles par centimètre carré intercepte complètement la flamme. De la poudre, du fulmi-coton ne peuvent être enflammés à travers une toile métallique tant qu'elle n'est pas assez échauffée pour les enflammer par son c'ontact. Un brin de paille ou d'herbe sèche, traversant une toile métallique, peut être brûlée d'un côté sans que la combustion se propage de l'autre. On fait, principalement pour l'usage des habitations rurales, des lanternes que l'on peut porter allumées, sans aucun danger, dans les endroits où l'on conserve le foin et la paille.

Davy expliquaitles résultats qui précèdent par le refroidissement que feraient éprouver au gaz les fils de métal bons conducteurs de la chaleur; mais, lorsque la toile est portée au rouge et qu'alors elle ne' peut guère refroidir le' gaz, elle n'en continue pas moins à intercepter la flamme. De plus, J. Aldini a montré qu'une toile d'amiante, substance qui conduit très-mal la chaleur, peut produire les mêmes effets qu'une toile métallique.

Davy, qui découvrit le phénomène, n'eut donc pas la satisfaction de le comprendre. Voici l'explication qu'en a donnée Tyndall, d'après la théorie dynamique de la chaleur ;

« Si toute la force motrice delà balle d'une carabine ordinaire était communiquée à un lourd boulet de canon, elle lui imprimerait une petite quantité de mouvement. En supposant à la balle de fusil le poids de 60 grammes et une vitesse de 500 mètres par seconde, la force motrice de cette balle, communiquée à un boulet de 50 kilogrammes, lui imprimerait une vitesse de 0m,60 seulement par seconde. C'est ce qui arrive à une flamme. Son mouvement moléculaire est très - intense, mais son poids est extrêmement petit, et, si elle est en contact avec un corps pesant, l'intensité de son mouvement doit diminuer considérablement. Par exemple : j'ai ici une feuille de toile métallique à mailles assez larges pour permettre à l'air de la traverser librement et un jet de gaz qui brûle avec une flamme brillante. Je pose la toile sur la flamme ; vous vous- imaginez peut-être que la flamme devra passer à travers ses mailles ? Eh bien, non, il n'en passe absolument rien; la combustion est entièrement limitée à l'espace situé au-dessous de la toile. Maintenant, j'éteins la flamme et je fais sortir du bec un courant de gaz non allumé; je place la toile métallique à une certaine distance au-dessus du bec; le gaz passe librement à travers les mailles, et la preuve, c'est que, si l'on allume au-dessus, la flamme jaillit, mais elle ne se propage pas au-dessous et n'atteint pas le bec ; vous avez entre le bec et la toile uu espace obscur, de 0m,10, rempli de gaz, dans une condition éminemment favorable à l'ignition, et qui cependant ne s'enflamme pas. Cette toile métallique, qui se laisse traverser librement par le gaz, intercepte la flamme; et pourquoi? Une certaine chaleur est nécessaire pour allumer le gaz; or, en plaçant la toile métallique sur la flamme ou la flamme sur la toile métallique, vous transportez le mouvement de cette chose légère et mouvante au métal, qui est relativement pesant; l'intensité du mouvement moléculaire s'affaiblit considérablement en se communiquant à une plus grande masse de matière; elle est devenue si faible, en effet, qu'elle est impuissante à propager la combustion de l'autre côté de la toile. ■

La découverte de la remarquahle propriété des toiles métalliques permit à Davy de construire ses lampes de sûreté, qui apportèrent une diminution si considérable dans le nombre des accidents causés par le grisou, et par là rendirent un si réel service.

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Davy environna une lampe ordinaire a huile d'un cylindre de toile métallique. Tant que cette lampe est alimentée d'air pur, la flamme brûle avec l'éclat ordinaire d'une flamme d'huile; mais, quand le mineur entre dans une atmosphère qui contient du grisou, sa flamme s'élargit et devient moins lumineuse, parce que, au lieu d'être entretenue par l'oxygène pur de l'air, elle est maintenant en partie environnée de gaz inflammable; cet affaiblissement de la flamme est pour lui l'avertissement de se retirer. Alors même que l'atmosphère explosive extérieure pénétrerait à travers les mailles de ta toile jusqu'à la flamme intérieure , l'inflammation ne se propagerait pas en dehors de la lampe. Celleci peut être remplie d'une flamme lumineuse sans qu'il y ait explosion; mais un défaut dans la toile, la destruction de quelques fils, commencée par l'oxydation et achevée par la flamme qui vient la frapper, suffiraient à faire naître l'explosion. Un mouvement brusque de la lampe peut aussi déterminer mécaniquement la pénétration de la flamme à travers les mailles. En un mot, l'emploi de la lampe de Davy exige une certaine dose d'intelligence et de précautions.

On fait aussi servir les toiles métalliques à la conservation des aliments, leur donnant parfois une forme demi-sphériqne ou les tendant, comme un autre tissu, dans un châssis de bois. C'est surtout pour la conservation des viandes que ces toiles sont utiles; elles laissent pénétrer l'air et empêchent les mouches et les insectes d'approcher des objets qu'elles recouvrent. V. garde-manger.

— Théâtre. Ce que nous appelons aujourd'hui rideau d'avant-scène, c'est-à-dire le rideau qui, descendant du cintre, tombe sur le plancher et sépare la scène de la salle, s'appelait toile chez les ancien*. C'était une sorte de tapisserie, et elle différait de notre rideau en ce que, au lieu d'être attachée par le haut, elle était au contraire fixée par le bas, y montait au lieu de descendre lorsqu'on voulait cacher la scène aux yeux du public. De là vient que les Latins disaient tollere aulma, lever la toile, lorsque les acteurs se reliraient et qu'on fermait la scène, et premere autaea, baisser la toile, quand ou découvrait le théâtre pour commencer l'action, ce qui est précisément le contraire de ce qui a lieu chez nous.

Ovide a merveilleusement décrit cette manière d'ouvrir le théâtre chez les anciens, et il en a fait usage pour l'une de ses plus belles et de ses plus brillantes comparaisons, au troisième livre de ses Métamorphoses, lorsque, après avoir parlé des hommes armés qui naquirent des dents de dragon que Cadrnus avait semées, il s'exprime ainsi, dans son Style imagé :

Inde, jîde majus, ijlebœ cœpere moveri, Primnque de sukis acies apparuit hasts : Termina mox capilum picto nutanlia cono; Mox humeri, peetusque, cnerataque brachia telis Exsistunt, erescitque teges clypeata virorum. Sic, ubi tolluntur festis aulasa theatris, Surgerç signa soient primumque ostendere vultus : Cxtera paulalim ; placidoque educta tenore, l'ota patent, imoque pedes in margine ponunt.

Voici la traduction de ce beau passage : «Alors, prodige incroyable I les mottes de terre commencèrent à s'entr'ouvrir, et du milieu des sillons on vit sortir des pointes de piques, des panaches, des casques, ensuite des épaules-, et des bras armés d'épées, de boucliers, de javelots; enfin une moisson de combattants acheva de paraître. Ainsi, quand on lève la toile dans nos théâtres, on voit s'élever les figures qui y sont tracées : d'abord, on n'en voit que la tète ; ensuite elles se présentent peu à peu, et, se découvrant insensiblement, elles paraissent enfin tout entières, et semblent debout sur le bord de la scène. >

— Pharm. Les caractères indispensables dans une toile médicamenteuse bien faite sont : qu'elle soit parfaitement lisse, que la matière emplastique y soit étendue également, de manière à avoir partout la même épaisseur, et que sa consistance soit telle que le tissu reste maniable, sans que la couche qui le recouvre puisse s'en détacher.

La toile médicamenteuse la plus employée se fait en étendant de l'emplâtre diachylum gommé liquéfié sur une toile qui est ordinairement de coton.

Toile Gauthier. Sparadrap préparé avec de la toile neuve de Troyes, de l'emplâtre diapalme, du diachylum gommé, de l'emplâtre de céruse brûlée et un peu d'iris de Florence pulvérisé.

Toile de mai. Mélange emplastique de cire blanche, d'huile d'olive et de térébenthine étendu de chaque côté d'un morceau de toile. Cette composition constitue un excellent papier à cautères, étendue sur des feuilles de papier. Elle n'a pas l'àcreté du papier à cautères.

Toile sparadrap. V. sparadrap.

Toile vésicante de Leperdriet. Masse vésicante étendue sur de la toile cirée. Elle est de jour en jour plus répandue, grâce à la commodité de son emploi.

Toile Dieu. Dans quelques localités on donne ce nom à la toile de mai. Dans d'autres, ce nom est appliqué au sparadrap de diapalme.

TOÎL

— Allus. Httér. Toile de Pénélope. V. Pénélope.

TOILE s. m. (toi-lé — radT toile). Techn. Fond de dentelle dont le tissu a quelque ressemblance avec une toile claire. Il Blonde d'un point très-serré.

TOILERIE s. f. (toi-Ie-rl — rad. toile). Tissu de toile : Le commerce des toileries, de la toilerie.

— Commerce des toiles : Faire sa fortune dans ïa toilerie.

— Atelier où l'on fabrique les toiles. Il Magasin où l'on vend des toiles.

TOILETTE s. f: (toi-le-te — diminutif de toile. Ce mot a désigné d'abord la nappe de la table où se déposent les objets servant à l'ornement ou k l'ajustement d'une personne, puis tout ce qui concerne le meuble pourvu Se la toilette, et enfin le meuble lui-même. Par une métonymie ultérieure, le mot fut transmis à l'action de se parer. Les Italiens disent tavoletta , proprement petite table, et taoletta, forme empruntée au français. Marot emploie toilette dans le sens de tissu, fine toile). Toile, linge qu'on étend sur une table pour y placer ce qui sert à l'ajustement et à la parure : Une toilettk unie. Une toilette Je point d'Angleterre.

— Ensemble des ustensiles dont on se sert pour se parer : Une toilettk de vermeil.

— Petit meuble, en forme de table, où l'on dépose les divers objets servant aux soins de propreté et de parure : Elle passe trois heures devant sa toilette. La toilette d'une femme est un autel aux dieux inconnus. (A. Karr.)

Attends, discret mari, que )a belle en cornette Le soir ait étalé «on teint sur la toilette.

Boileau.

U On dit aussi table de toilette.

— Col de femme, avec les manchettes pareilles : Une toilette brodée. Il On dit aussi

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