‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 180 sur 1042 · PARURE · texte numérisé non relu

PARURE

— Mise, action ou manière de s'ajuster, de se parer, de se vêtir : Faire sa toiusttk. La toilette d'une femme ne doit se faire remarquer que par sa simplicité. (Mme Necker.) On soigne sa toilette par vanité; mais souvent on la néglige par orgueil. (Latena.) Quand tes femmes soigneront davantage leur esprit, elles penseront moins à leur TOILETTE. (Rigault.l La toilette ne doit jamais être un luxe. {Balz.J Paris est l'arsenal des toilettes. (M™o E. de Gir.)

Oui, la toilette a toujours fait merveille, A tous les maux c'est un rcmcâe «ùr.

Scribe.

Il Action d'un animal qui se pare, qui lustre son poil ou ses plumes : Un chat qui fait sa toilette.

— Action de nettoyer, de parer un objet : La toilette de la gondole achevée, te gondolier passe à la sienne. (Chateaub.) Le débit des trains de bois et te lavage des bûches, auxquelles on fait une toilette préparatoire, a toujours demandé un grand nombre de bras. (Briffaut.) Voie! vos haches nettes et brillan~ tes comme un miroir; j'ai bien fait de songer hier au soir à leur toilette. (Arnould et Fournier.)

— Dessus de toilette, Pièce d'étoffe ornée, dont on recouvre tout ce qui est sur une table de toilette.

— Dessus , garniture de toilette , Ensemble des ustensiles qu'on place ordinairement sur une table de toilette.

— Toilette de campagne, Meuble portatif, contenant des boîtes,- des flacons et autres objets de toilette.

— Cabinet de toilette, Cabinet réservé aux soins journaliers de propreté.

— Bleu de toilette, Sorte de teinture dont on se sert pour donner une couleur bleuâtre au linge blanc qu'on empèse, avant de le repasser.

— Pilier de toilette. Homme qui a l'habitude d'assister k la toilette d'une ou de plusieurs femmes. Il Vieille loc.

— Marchande, revendeuse à la toilette, Femme qui va dans les maisons offrir des vêtements, des bijoux, des étoffes : Qui peut dire la multiplicité des petites professions qui se faufilent sous la patente d'une revendeuse a la toilette? (Aug. Humbert.) li Vendre, revendre à la toilette, Aller vendre, dans les maisons, des vêtements, des bijoux, des étoffes.

— Toilette du condamné, Opération qui consiste à couper les cheveux et le col de la chemise d'un conHamné à mort, quelques instants avant son exécution.

— Plier ta toilette, Emporter les hardes d'une personne, et particulièrement du maître ou de la maîtresse que l'on sert. Il Vieille loc.

— Techn. Morceau de toile dont les marchands d'étoffes enveloppent leurs marchandises, et les ouvriers les ouvrages qu'ils vont livrer k leurs clients : Son tailleur vient lui apporter dans la toilette de rigueur un pantalon évidemment trop exigu. (£'. Mornand.)

Il Chez les bouchers et les charcutiers, Epiploon, membrane graisseuse, transparente, dont on enveloppe certaines pièces, il Tamis de crin à travers lequel passe l'eau des piles d'un moulin à chiffons dans les papeteries.

— Eocycl. Tablede toilette. On distinguait, au temps de Louis XV, deux genres de toi-

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leites : la toilette simple, qui servait lorsqu'on s'habillait sans autres témoins que les coiffeurs, la suivante ou le valet de chambre , et la toilette de luxe, qui s'étalait sous les yeux de tous les visiteurs. La toilette de cette époque n'offrait d'ailleurs que peu de rapports avec nos tables actuelles ; elle se composait d'une table couverte d'une petite toile ou toilette, sur laquelle s'étalait tout l'attirail nécessaire aux femmes coquettes; attirail que l'on enfermait dans un grand coffre, placé sur la table, ou que l'on recouvrait d'une riche garniture de dentelle. Ces objets se composaient de la vergette, le gobelet, la gantière, le flambeau.de toilette, la boite à poudre, la boite à mouches, le coffre k racines, le coffre à bijoux, le pot à pâte, le carré, le dessus de carré, la cuvette, 'le pot à eau et le miroir; le tout uni, sans ciselures ni ornementations, lorsqu'il s'agissait de la toilette simple; mais décoré, peint, ciselé avec la plus grande richesse pour les garnitures de toilettes de luxe. Le miroir, toujours incliné d'avant en arrière, était étage sur une planchette qui lui servait d'appui. Les tables k toilette du commencement de notre siècle étaient généralement à angles arrondis et k rebords de trois à quatre lignes de hauteur; elles étaient encore recouvertes d'un tapis et d'une petite toile appelée tavaïole; un seul pied les supportait, et eUes se fermaient, comme un coffre, à l'aide d'un couvercle. Au milieu il y avait une glace, et sur les côtés des boîtes, le tout fermant k clef. Mais c'est de 1830 que datent les tables a toilette telles qu'elles existent, c'est-à-dire ces petits meubles si commodes, recouverts d'une tablette de marbre et accompagnés de un ou de plusieurs tiroirs destinés à renfermer les ustensiles nécessaires à la toilette, le tout surmonté d'un miroir dont on peut à volonté varier l'inclinaison. Le bois de ces tables est toujours d'une grande finesse de grain et bien verni ; on emploie l'acajou, le citronnier, le palissandre, le bois de rose, et notre siècle, si fécond en inventions de toute sorte, a modifié à l'infini la forme de ce meuble élégant.

— Iconogr. Aux yeux des artistes, la femme la moins parée, la moins vêtue, est aussi la plus belle; il est même à remarquer que l'art qui prétend au style, et qui se pique de classicisme, aime à, représenter sans voile la beauté féminine : s'il se résigne a accompagner d'un bout de draperie ses figures nues, c'est le plus souvent pour faire valoir les carnations par le contraste d'une étoffe au ton riche et puissant. Quand ils peignent une femme à sa toilette, les peintres classiques nous la montrent occupée tout simplement k arranger sa coiffure et réduite pour le surplus au plus léger appareil ; ils affectionnent tout particulièrement la Toilette de Vénus, qui est la plus élémentaire de toutes. Ce sujet a été traité par un grand nombre de maîtres , notamment par l'Albane (musée du Louvre), le Titien (musée de l'Ermitage), Rubens (gravé par J.-S. Patas), Alessandro Varptari (gravé par Dario Varotari), le Guide (gravé par Robert Strange, 1759), François Boucher (vente de la galerie de San-Donato, 1870), Simon Vouet (gravé par Dorigny, 1651), Paul Baudry (musée de Bordeaux), etc. Les Grâces remplissent d'ordinaire le rôle de caméristes auprès de la déesse de ta beauté. (V. Vénus.) Après Vénus, la chaste Diane est la déesse dont la toilette a le plus préoccupé les artistes et... l'indiscret Actêon. 11 y a une quantité de tableaux représentant Diane entrant au bain ou sortant dubain (V. Diane). Une Toilette de Diane a. été exposée au Salon de 1870 par M. Marius Abel. Pradier a donné à une charmante statue de jeune femme k peu près complètement nue ce titre: la Toilette d'Atalante.

Pour satisfaire les consciences délicates qu'effarouchent les nudités mythologiques, beaucoup de peintres se sont avisés de représenter Bethsabée et la chaste Suzanne (v, ces noms), au moment même où ces deux héroïnes, en toilette de bain, furent épiées l'une par le glorieux roi David et l'autre par les deux vieillards. Un épisode de l'histoire profane, moins... profane que ces deux scènes bibliques, est la Toilette de Sémiramis : on sait que cette reine célèbre, étant occupée k se parer, reçut un message qui lui annonçait la révolte d'un peuple de son empire; interrompant aussitôt sa toilette, elle courut se mettre à la tête de ses troupes et n'acheva de se coiffer qu'après avoir dompté les rebelles.. , Ce sujet a été peint par R. Mengs. (V. Sémiramis.) Nous ne quitterons pas la grande peinture, sans rappeler que le beau tableau du Louvre, qu'on a coutume d'intituler la Maitresse du Titien, représente une jeune femme très-décolletée, tenant d'une main ses cheveux et de l'autre une petite fiole de parfum ; un homme, placé derrière elle, lui présenta deux miroirs. Ticozzi a reconnu dans ces deux personnages le duc de Ferrare, Alphonse 1er, et sa maîtresse, Laura de Dianti. De tout temps les peintres de genre se sont plu k représenter des femmes occupées à leur toilette. Une des plus jolies peintures que l'on ait trouvées k Herculanum nous fait voir la Toilette d'une jeune fille ; ce morceau appartient au musée de Naples. Les artistes hollandais ont montré une prédilection toute particulière pour les scènes de ce genre : Frans van Mieris, Terburg, Metsu,Netscher

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y ont excellé. Nous décrivons ci-après le tableau que le Louvre a du premier de ces maîtres. Une peinture exquise da Terburg, qui a été payée 5,300 francs k ia vente Piérard et 6,010 francs k la vente de Monbrun (1861), représente une jeune femme vêtue d'une jupe de satin blanc brodée d'or et d'un corsage de soie jaune, assise devant une table sur laquelle sont placés un miroir, une boite de métal, un chandelier, etc. Smith a décrit dans son Catalogue raisonné plusieurs autres compositions analogues peintes par Terburg; une des meilleures, après avoir figuré au musée du Louvre, se trouvait, en 1833, dans la collection Wilmens, k Francfort; une autre a été payée 155 guinées k la vente Vernon, en 1831. P.-Ch. Lèvesque a gravé un tableau de Metsu sous ce titre : la Toilette hollandaise. Un chef-d'œuvre est la Toilette de Gaspard Netscher, qui appartient au musée de Dresde : une dame, vêtue d'une robe de satin blanc, caresse un petit épagneul couché sur ses genoux, tandis que sa camériste achève de la coiffer; un jeune valet apporte un plateau. Des tableaux représentant des femmes ou des jeunes filles k leur toilette ont été peints par Eglon van der Neer (la Toilette au matin, payée 306 florins k la vente Locquet, 1783), Ph. Van Dyck (musée de Bruxelles), Gottfried Schaloken (n° 105 du catalogue de Smith), F. Boucher (la Toilette pastorale, gravée par Duflos), J.-B.-J. Pater (au Louvre, collect. LaCitze),de Troy (gravé par Beauvarlet), A. Wutteau (là Toilette du matin, gravé par P. Mariette), Dubufe (gravé par G. Maile), Dubasty (Expos, univ. de 1855), Eugène Accard (Salon de 1867), Mme Browne (Salon de 1859), C. Corot (Expos, univ. de 1887), Ch. Picrus (Salon de 1861), Eugène Fichel (Salon de 1853), etc. Pigal a exposé au Salon de 1844 un tableau intitulé : la Toilette en plein vent. Ribot a peint la Toilette du matin (Salon de 1863); Edouard Frère, la Toilette du dimanche (Salon de 1857) ; A. Tidemand, la Toilette de la fiancée (lithogr, par Charles Simonsen); Jobbé- Duval, le même stijet(Expos. univ. de 1855); Firmin Girard, la Toilette japonaise (Salon de 1873); P. -M. Bey!e,la Toilette de la femme sauvage (Salon de 1869) et ia Toilette du général Joko; Gustave Jundt, la Toilette de la mariée (Salon de 1865), etc. Un sculpteur, J. de Bay père, a exposé en 1855 une statue intitulée la Toilette. Une gracieuse statue de Jeune fille à sa toilette, par Barthélémy Frison, a figuré au Salon de 1863,

Tofiletle (l'A) OU Une femme à ma, tolleite,

tableau de Frans van Mieris ; au Louvre (no 323). Une dame, richement vêtue, est assise devant une table sur laquelle est posé un miroir; elle peigne sa blonde chevelure. Une négresse lui apporte une aiguière et un bassin. Ce tableau, peint avec une grande délicatesse, a été payé 830 florins k la vente Lormier, a. La Haye, en 1763. Une composition analogue du même maître appartient au musée de Munich; une troisième, qui a figuré k la vente Théodore Patureau (1857), est d'une finesse exquise : ici, la dame est debout devant son miroir; elle est vêtue d'un corsage de satin blanc brodé d'or, dont les manches bouffantes sont ornées d'émeraudes; elle dispose, d'une main, les plis de ces manches et, de l'autre, elle relève sa jupe de satin noir; un collier de perles complète sa parure; des perles sont entremêlées aussi à sa chevelure soyeuse et bouclée ; derrière elle, une négresse tient une cassette k bijoux. Sur une table, recouverte d'un tapis d'Orient, on voit une boite à poudre et une lettre décachetée. Un casaquin en velours rouge est déposé sur une chaise k clous dorés. Au fond, par une porte ouverte, on aperçoit le mari de la dame, qui est occupé à lire. Ce chef-d'œuvre est daté da 1666.

TOILIER, 1ÈRE s. (toi-lié, iè-re — rad. toile). Personne qui fabrique ou vend de la toile.

— Adjectiv. ; Marchand toilier. Ouvrier TOîlier. K Qui a rapport à la fabrication de la toile : Industrie toilierb.

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TOINABDou THOYÎiARD (Nicolas), écrivain français, né k Orléans en 1629, mort k Pans en 1706. Il s'adonna avec ardeur à l'étude des langues orientales et k celle de la numismatique. Nous citerons de lui ; des Dissertations latines sur les médailles de Galba, de Caracalla et de Trajan (1689, in-40), sur l'empereur Commode (1680); Discussion des remarques du Père Bouhours sur ta langue française; Cahiers de correction (Bruxelles? 1702, in-12); Concorde grecque des quatre évangélistes (1707, in-fol.J.

Toineue «i Au*on , dialogue en patois lorrain. V. Thoinettb,

TOIRAC, chirurgien-dentiste français, né vers la fin du siècle dernier. Il se fit recevoir docteur k Paris en 1833, se fixa dans cette ville et fit une étude toute spéciale des maladies de la bouche et des opérations qu'elles nécessitent. Le docteur Toirac' devint bientôt un praticien très-estimé. Il a peu écrit, mais tout ce qu'il a produit porte le cachet d'une étude approfondie des points les plus difficiles de sa spécialité. Sa thèse inaugurale sur les Dents considérées sous le rapport de ta santé, de ia physionomie et de la prononciation, était déjà un essai fort heureux. Depuis, il a publié plusieurs mémoires sur la Substance dentaire, ia Sctnéiotique buccale,

les Maladies des gencives, la Pousse prématurée des dents chez les enfants. Mais ce qu'il a écrit de plus important, c'est une dissertation imprimée en 1829, ayant pour titre : Des diverses espèces de déviations dont est susceptible la dernière molaire ou dent de sagesse de la mâchoire inférieure, et des accidents oui peuvent accompagner sa sortie , dissertation dont le professeur Velpeau a rapporté les principaux faits k sa clinique de la Charité. Toirac a aussi inventé des obturateurs palatins d'une construction très-simple, et un instrument très-commode pour la résection des amygdales.

TOIR AS (Jean du Caylar de Saint-Bonnet, maréchal de), un des hommes de guerre les plus remarquables du règne de Louis XIII, né dans les Cévennes en 15.85, mort en 1636. D'abord page du prince de Condé, puis lieutenant de la vénerie et capitaine de la volière du roi, il dut, comme de Luynes, sa faveur auprès de Louis XIII k son habileté dans l'art de prendre les oiseaux, et jusqu'à l'âge de trente-cinq ans il sembla n'avoir pas d'autre vocation. Mais, k ce moment, il sentit s'éveiller en lui la passion de la guerre et l'amour de la gloire, se distingua aux sièges de Saint-Jean-d'Angely, de Montauban (1621) et de Montpellier (1323), fut promu mestre de camp et nommé gouverneur du fort Louis, près de La Rochelle, en 1624, k l'instigation de Richelieu qui voulait l'éloigner du roi. L'année suivante, Toiras marcha avec Montmorency contre les protestants commandés par Soubise, les battit, prit l'Ile de Ré, dont il reçut le gouvernement ainsi que celui de l'Ile d'Oleron et de l'Aunis (1626), puis se vit attaqué par la flotte anglaise commandée par Buckingham, s'enferma dans les forts de Saint-Martin et de la Prée, et, après avoir soutenu un siège de quatre mois, força les Anglais k se rembarquer. La façon brillante dont il s'était conduit dans cette circonstance lui lit le plus grand honneur et fonda sa réputation d'homme de guerre.

Toiras avait pris part k la prise de La Rochelle lorsque, la guerre de la Valtoiine ayant éclaté, il fut nommé gouverneur de Casai, où il s'illustra peu après en soutenant un siège mémorable contre les forces réunies de l'Autriche et de l'Espagne, commandées par le célèbre Spinola (1630). Créé maréchal de France, il négocia avec Servien le traite de Cherasco, tomba dans la disgrâce de Richelieu, obtint l'autorisation d'entrer au service du duc de Savoie et fut tué k l'attaque de Fontanelle (Milanais) en 1636. Toiras était un général aussi vaillant qu'habile et un homme de beaucoup d'esprit. Un officier lui ayant demandé, la veille d'un jour de bataille, d'aller voir son père gravement malade ; * Allez, lui dit Toiras ; pète et mère honoreras afin de vivre longuement, i Richelieu, qui avait conçu contre lui une haine violente, ne se borna pas k lui enlever toutes ses dignités (1633); il s'est livré envers lui, dans ses Mémoires, aux insinuations les plus malveillantes et les plus fausses, de façon a entacher sa probité.

TOISE s. f. (toi-ze. — Ce mot vient du vieux fiançais teise, qui représente l'italien tesa et le bas latin tensa, tesa, proprement étendue, largeur des bras étendus, du latin tensus, participe du verbe tendere, tendre). Métrol. Ancienne mesure de longueur usitée en France avant l'adoption du système métrique, et qui valait lm,949 : Mesurer à la toise, avec la toise.

le sais Villon, ce dont me poise, Né de Paris, emprès Pontoiae, Et d'une corde d'une loise Saura mon col que mon cul poise,

VlLLOI».

— Ftg. Mesure, terme de comparaison, moyen d'appréciation : Je ne connais pas de toise plus exacte et de meilleure pierre de touche qu'une révolution. (M™e Roland.)

— Instrument dont on se sert pour mesurer la taille des conscrits : Passer sous la toise.

— Fam. Faire passer sous la toise, Examiner de toutes les manières, toiser, chercher k connaître, k juger : J'ai vu qu'elle faisait passer son monde socs la toisb. (G. Sand.)

— Long d'une toise. Très-long :

Ils me font dire aussi des mots longs d'une toise.

Racine.

— A la toise, En jugeant sur la quantité, sans tenir compte de la qualité : /"aire de la peinture^ la toise. Cet écrivain fait des romans À la toise.

— Mesurer à sa toise, Juger d'après soi, par comparaison avec soi : Chacun mesure tes autres k sa toisb. Il Se mesurer à sa toise, Se juger k sa valeur, ne pas s'exagérer son propre mérite :

Je suis une bourgeoise

Qui sais me mesurer justement à ma toise.

DiNCOUKT.

— Prov. On ne mesure pas les hommes à la toise, C'est par leur mérite qu'il faut apprécier les hommes.

— P. et chauss. Toise de pierrest Tas de pierres cassées déposées le iong d'une chaussée, pour servir k son empierrement. Il On dit

aUSSi TOISON DE PIERRE.

— Techn. Toise mouvante, Règle de menuisier qui est creuse et contient une autre règle mobile.

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— Hortic. Toise truçoir, Instrument qui permet de tracer en même temps trois, quatre ou cinq lignes parallèles.

— Encycl. La toise était, dans les anciennes mesures, l'unité principale de longueur; elle se subdivisait en 6 pieds, en 72 pouces, en 864 lignes et en 10,368 points. Les opérations géodésiques ont donné 5,130,740 toises pour la longueur du quart du méridien terrestre, ce qui fait pour la longueur du mètre 04,5130740 ou 443!,296. Des calculs plus récents ayant donné 5,131,876 toise* pour la longueur du quart du méridien terrestre, il s'ensuit que sa dix - millionième partie ,

. 0t,5131276 ou 4431,342, est un peu supérieure au mètre légal, mais seulement de o!,046 ; la lieue terrestre de 25 au degré con-

. tenait 2,280',3288S; la lieue marine de 20 au degré 2,850^,4 1 1 1 ; la lieue de poste 2,000 toites et le mille 1,000 toises. Pour les mesures de surface, on employait la toise carrée, qui valait 36 pieds carrés ; pour les mesures de volume, on se servait de la toise cube, qui valait 216 pieds cubes. Comparées aux mesures nouvelles, ces mesures anciennes valent : la toise, 1«>, 94904; la toise carrée, 3mq,7987 ; la toise cube, 7mo,4039,

TOISÉ, ÉB (toi-zé) part, passé du v. Toiser. Mesuré avec la toise : Mur toisé.

— Fig. Terminé, décidé, réglé : C'est une affaire toisée, h Jugé, connu, apprécié à sa juste valeur : C'est un homme toise, h Vieux dans les deux sens.

— s. in. Mesurage à la toise : Votre toisé n'est pas exact. Il Art de mesurer les surfaces et les solides, et d'exprimer leur étendue ou leur volume en parties de certaines unités convenues, il Vieux en ce sens, la toise étant hors d'usage.

— Hist. Edit du toisé, Edit de 1644, qui frappait d'une amende tous les propriétaires de Paris dont les immeubles dépassaient les limites lixées par l'ordonnance de 1548.

TOISER v. a. ou tr. (toi-zé — rad. toise). Mesmer à la toise : Toiser un bâtiment, un terrain, une pièce de bois, des pierres de taiite.

— Mesurer avec la toise la taille de : Toiser un conscrit.

— Fig. Regarder avec attention ou avec dédain, en parlant d'une personne : Quand ,'e le toisai avec ce regard gui pénètre jusqu'à la moelle des os', je vis qu'il était d'un tempérament lymphatique. (Brill.-Sav. ) Elle jeta sur sa rivale un regard rapide et curieux, la toisa des pieds à ta tête, puis se retourna et disparut. (A. de Musset.)

Je defle [rien.

Quand j'ai toisé mes gens, qu'on m'en impose en

Gresbet.

Il Examiner avec attention, sonder : Son esprit régulier toisait tout ce qui se disait dans ta conversation. (Montesq.) Vous verrez des hommes mal élevés, mal appris, ou incapables de toiser l'avenir. (Balz.)

Se toiser v. pr. Etre toisé : Ces travaux se toisent à la toise courante.

— S'examiner mutuellement avec attention ou bravade : Les deux adversaires se toisèrent du regard, en attendant le signal.

TOISEUR s. m. (toi-zeur — rad. toiser). Celui qui toise, dont la profession est de toiser les travaux pour les vérifier : Toisbur en bâtiments. Ils examinent voire maison comme des toiskurs. (Balz.) u Vieux mot; on dit aujourd'hui MÉTREUR,

TOISON s. f. (toi-zon — du lat. tonsio, action de tondre). Laine d'un animal : Une blanche et épaisse toison. La toison des brebis. La toison d'une vigogne.

Heureux qui vit en paix du lait de ses brebis, Et qui de leur toison voit Hier ses habits.

Kacine.

... Pour se couvrir pendant l'âpre saison, U fallut aux brebis dérober leur toison.

BûlLEiU.

— Mythol. gr. Toison d'or. Toison du bélier sur lequel PhryxusetHellé passèrent la mer.

— Hist. Ordre de la Toison d'or, Ordre de chevalerie institué par Philippe le Bon, duc de Bourgogne.

— Blas. F eau de mouton garnie de sa laine, et quelquefois le mouton tout entier : Lordonnet d'Esparron : De gueules, à ta toison d'or, au chef cousu d'azur, chargé de trois étoiles du second émail.

— P. et chauss. V. toisb.

— Techn. Peau pliée en toison, Peau pliée régulièrement, de façon à former un carré peu étendu.

— Alchim. Toison d'or, Matière employée à l'œuvre philosophais.

— Syn. Talion, laine. V. LAINB.

— Encycl. Mythol. La toison d'or, conquise par Jason et les Argonautes, est un des mythes les plus célèbres et les plus poétiques de l'antiquité ; elle constitue a elle seule un cycle dont les épopées ont raconté l'ensemble et la tragédie les épisodes., Jason et Médée sont des héros tragiques incomparables, chantés par tous les poètes, depuis Apollonius de Rhodes, Ovide et Vaterius Flaccus jusqu'à Pierre Corneille et M. Legouvé.

Cette toison, qui a inspiré tant d'alexandrins, était la dépouille du bélier qui, sui-

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vant la Fable, transporta Phryxus et Hellé dans la Colehide. Phryxus, fils d'Adamas, un des Eolides, voué à la mort par Ino, sa marâtre, allait être immolé en sacrifice sur le bord de la mer, près d'Orchomène (Béotie), afin de faire cesser une disette, lorsque Néphélé, sa mère, déesse particulièrement aimée de Junon, obtint de le sauver. Ce fut Mercure qui se chargea de ce soin au nioyen d'un bélier merveilleux, dont la toison était toute d'or. Ce bélier était le fruit des amours de Neptune lui-même, transformé en bélier, avec la nymphe Thèophane, métamorphosée en brebis, et Neptune l'avait mis au service de Mercure. Phryxus monta sur cet animal merveilleux avec .sa sœur, qui voulut le suivre dans sa fuite. Le bélier les transporta par mer dans la direction du Pont-Euxin et de la Colehide; mais, pendant qu'ils traversaient le détroit qui sépare la Thrace de la Troade, Hellé tomba dans le goulfre; ce détroit s'appela désormais la mer d'Hellé ou Hellespout. Phryxus, accablé par un tel malheur, refusait de continuer son voyage. Le bélier se mit à le consoler et lui fit prendre courage, et finit par le déposer sain et sauf sur le rivage de la Colehide.

En Colehide régnait alors Eétès, fils du Soleil et frère de l'enchanteresse Circé. Eétès reçut Phryxus avec bonté et lui donna sa fille Cfmleiope en mariage. Phryxus sacrifia à Jupiter Phyxien le bélier à la toison d'or et suspendit la toison dans le bois sacré de Mars.

Le désir de posséder cette toison devint si vif parmi les Grecs, que, lorsque Pélias, inquiet de la présence de Jason à Iolcos, voulut l'éloigner et ie perdre s'il était possible par une entreprise lointaine, il ne lui fut pas difficile de déterminer ce jeune prince à partir pour la conquête de ce trésor de la Colehide. Les plus illustres héros de la Grèce se disputèrent l'honneur de participer à cette glorieuse entreprise. V. Argonautes.

La toison d'or était gardée par un dragon féroce ; en outre, Eétès, àqui les Argonautes la demandèrent, se disant envoyés par les dieux, exigea d'eux une épreuve qui semblait impraticable. Vulcain lui avait donné deux taureaux indomptables, aux pieds d'airain, qui soufflaient la flamme de leurs naseaux. Eétès voulut que Jason, pour fournir une preuve de sa divine origine et de la sanction donnée par les dieux à son entreprise, soumit ces animaux au joug, afin de labourer un vaste champ et d y semer des dents de dragon. Quelque périlleuse que fût la condition posée par Eétès, chacun des héros s'offrit pour tenter l'aventure. Idmon, particulièrement, encouragea Jason à entreprendre l'affaire, et les déesses Junon et Vénus le favorisèrent en inspirant à Médée, l'une des filles d'Eétès, un violent amour poulie héros grec. Grâce au secours de Médée, qui avait reçu d'Hécate des pouvoirs magiques, Jason put soumettre les taureaux au joug et laboura le champ. Quand il eut semé les dents du dragon, des hommes armés sortirent des sillons et se mirent à se battre entre eux jusqu'à ce qu'ils se fussent entretués.

Lorsque Jason fut sorti triomphant des épreuves, Eétès ne voulut pas se déclarer satisfait, et ie héros grec dut s'enfuir avec la toison d'or, que Médée enleva en endormant, a l'aide d'une boisson magique, le dragon qui la gardait.

La critique a depuis longtemps, même chez les anciens, récusé le caractère historique de cette légende, k cause des invraisemblances sans nombre qu'onyrencontre. Il est, par exemple, impossible de faire participer a l'expédition la plupart des personnages qui y sont dénommés par la raison qu'ils ne vécurent point à la même époque.

Selon quelques auteurs, le prétendu bélier de Phryxus n'était autre qu un homme du nom de Crios, nom qui en grec signifie bélier. D'autres y virent un vaisseau ayant à la proue une tête de bélier. 11 n'y aurait donc eu qu'un rapport imaginaire entre le bélier et la célèbre toison. Diudore de Sicile considérait la toison d'or comme étant simplement la peau d'un mouton que Pliryxus avait immolé ; on gardait celte peau très- soigneusement parce qu'un oracle avait prédit que le roi serait tué par celui qui en deviendrait possesseur. Strabon et Justin pensaient que la fable de la toison d'or était fondée sur l'existence dans la Colehide de torrents roulant sur un sable d'or; ce sable était ramassé sur des peaux de mouton, ce qui se pratique •encore aujourd'hui en quelques pays ; les toisons employées à cet usage devenaient donc réellement, lorsqu'elles étaient pleines de poudre d'or, des toisons d'or.

Varron et Pline prétendent que cette fable tire son origine des belles filles qu'on trouvait en Colehide, et que des voyages faits anciennement par des marchands grecs qui s'y rendaient pour en acheter avaient donné lieu à la fiction.

Paléphate a imaginé, on ne sait sur quei fondement, que sous l'emblème de la {oison d'or on avait voulu parler d'une belle statue d'or que la mère de Pélops avait fait faire etque Phryxus avait emportée avec lui dans la Colehide. Suidas, le lexicographe, a écrit que cette toison était un livre en parchemin qui contenait le secret de faire de l'or, objet de la cupidité, non- seulement des Grecs, mais de toute la terre, et les alchimistes du

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moyen âge et de la Renaissance n'ont pasmanqué d'adopter cette opinion.

Parmi les modernes, Bochart a proposé une explication très-singulière : Médée, dit-il, que Jason avait promis d'épouser et d'emmener dans la Grèce, aida son amant à voler les trésors de son père, ce qui n'a rien que de très-vulgaire. Cette histoire était écrite longtemps avant l'existence des poëtes grecs qui nous l'ont racontée, mais elle était écrite en plusieurs langues que ces poôtes comprenaient fort mal ou même ne comprenaient pas. Dès lors le récit fut défiguré par nombre d'équivoques. En effet, le phénicien gaza signifie également un trésor et une toison; sam, qui veut dire une-muraille, signifie aussi un taureau, et on exprime dans cette langue de l'airain, du fer et un dragon par le même mot nachas. C'est par la confusion qui naissait aisément de ces diversités de sens que s'est formée, suivant Bochart, la fable que l'on connaît : au lieu de dire que Jason avait enlevé un trésor que le roi de Colehide tenait dans un lieu bien fermé et qu'il faisait garder soigneusement, on a dit que, pour enlever une toison d'or, il avait fallu dompter des taureaux, tuer un dragon, etc. Bochart interprète dans son système ces expressions de la légende : « Jason vit naître des dents de serpent une armée de soldats armés cinq à cinq,» par la transcription suivante : «Jason assembla une armée de soldats armés de piques d'airain prêts k combattre. ■

A côté de cette explication qui, sous une > apparence fantaisiste, approche peut-être de la vérité, nous devons signaler deux sortes d'interprétations d'un caractère plus scientifique auxquelles ont été soumises la plupart des fables de l'antiquité, et notamment celle de la conquête de la toisoti d'or. La première consiste à observer la relation des noms des personnages mis en scène avec les noms des lieux où la scène est placée par la légende. Dans ce système, les héros ne sont inventés que pour personnifier les lieux, et les fables qui les relient ont été imaginées après coup et ne sont que l'application des caractères qu'on prête aux héros.

Ainsi, dans la légende qui nous occupe, on remarque que la Colehide est un pays célèbre dans l'antiquité par les exhalaisons pestilentielles que produisaient ses marécages. Or, les anciens peignaient les contrées malsaines sous les emblèmes de serpents et d'autres animaux venimeux, qu'en effet elles produisent en grand nombre. Ce sont là des circonstances qu'il ne faut pas perdre de vue dans les légendes que la Fable place en Colehide. A l'orient de la Colehide était la Médie et la Perse. Plus près, et vers l'orient septentrional, était la Circassie, arrosée par le Phase, qui se jetait dans le Porit- Euxin. Dans les temps anciens, ce territoire, qui faisait partie de la Colehide, était aussi couvert de marais. A l'embouchure du Phase était une lie nommée /Eu, dont la ville principale n'était pas sans importance. Un peu filus bas et au midi du Phase, se jetait dans e Pont-Euxin le fleuve Absarus ou Absyrtus, dont le cours était très-rapide. '

Ces pays, où la Fable fait aborder les Argonautes, furent personnifiés selon l'usage des anciens. La Circassie fut Circé, la ville d'^Ea fut le roi Eétès (jËœtes) ; la Perse, Perséis et Perséus ; la Média , Âlé'lée ; l'Absyrtus, Absyite, frère de Médée; la Colehide, Colchus; le Phase fut le roi Phasis; l'Ile d'^Ea fut jÉa, sa fille. Les qualités physiques de chaque lieu devinrent nécessairement, dans ce langage, les qualités morales des personnages qui les figuraient; ainsi Médée fut une magicienne, et Circé une empoisonneuse.

Enlin, en raison de leur voisinage, ces pays et les fleuves devinrent parents les uns des autres, tour à tour pères, mères, frères ou fils sans aucun ordre de filiation réelle, d'où résulte clairement le caractère allégorique de la légende.

L'autre système d'interprétation consiste t. voir dans les fables antiques des allégories astronomiques ou météorologiques. «Les Argonautes, dit Kubaud de Saint-Etienne, se plaçant au point de vue de l'allégorie astronomique, sont les personnages du firmament qui courent après le bélier jusqu'au temps où il remonte sur l'horizon : le pays où sont le bélier, le serpent, les taureaux, le fleuve, la coupe et le navire, est celui où se trouvent le Serpentaire, le Bouvier, la Vierge, le Centaure, et où soufflent les quatre vents qui font naviguer le vaisseau, et ce pays, c'est le ciel.»

Dupuis fait remarquer que, dans la fable de Jason, ce génie solaire ne venait k bout de conquérir la toison d'or ou le Bélier céleste qu'après avoir triomphé d'un Taureau qui vomissait des feux, c'est-à-dire qu'à l'instant où les étoiles du Bélier céleste se dégageaient des rayons solaires et commençaient à se lever helis-quement vers le jour de l'équinoxe, le soleil étant déjà nécessairement lui-même dans le Taureau.

Cette dernière interprétation est probablement la meilleure; mais il faut tenir compte aussi des éléments épars dans les autres et de la fantaisie des poëtes, qui, sans se soucier de la première origine, ont emprunté çà et là, tantôt à la mythologie, tantôt à la géographie, des traits caractéristiques. La légende de la toison d'or a du naître d'un mythe solaire emprunté à l'Orient; ce mythe, accepté par des populations qui ne l'enten-

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dirent plus au bout d'un certain nombre d'années, revêtit assez rapidement, selon la tendance du génie grec, un aspect anthropoinorphique ; ces pérégrinations sidérales devinrent des pérégrinations humaines, le but de la recherche supposée se précba, et la toison d'or, placée aux limites du monde, symbolisa en même temps le goût naissant des grands voyages, la terreur qu'inspirait l'Océan aux peuples primitifs et le désir qui toujours pousse l'homme vers l'inconnu. La combinaison de ce thème, essentiellement humain, avec les éléments mythologiques déjà célèbres, donna naissance à la fable telle que nous la connaissons.

Ces mots toison d'or sont devenus dans toutes les langues le synonyme de trésor, de chose précieuse apportée de contrées lointaines et pour la possession de laquelle on a bravé mille dangers, de toute chose enfin d'un prix inestimable :

• Vivre par l'art ou mourir par lui I je n'avais pas d'autre alternative. D'ailleurs, j'aimais le théâtre avec passion. J'ai réussi, c'est vrai; mais croyez-moi, si vous saviez au prix de quelles luttes et souvent de Quelles douleurs secrètes ! Mais Marie réussira-telle? je vous le répète encore. Est-ce votre fantaisie ou sa vocation qui la pousse à la poursuite de cette toison d'or, où tant d'Argonautes périssent pour quelques-uns qui arrivent à la conquête ? a

Roger de Beauvoir.

i M™e d'Aunet a fait le voyuge du Spitzberg sans aucune arrière-pensée scientifique et sans la moindre espérance de trouver le passage nord-ouest. Elle a entrepris une course plus longue et plus hasardeuse que celle des Argonautes sans avoir la plus petite toison d'or à conquérir. >

Edmond About.

■ Ces forêts renfermaient des toisons qui, pour le marchand perspicace, devaient être, comme celles de la Colehide pour les Argonautes, des toisons d'or. Dès les commencements de notre colonie , le commerce des fourrures fut organisé dans le Canada. ■ Xavier Marmier.

• Pas une de ces frégates dont le conseil d'amirauté traçait l'itinéraire n'est revenue au port sans y ramener sa toison d'or, ses cahiers remplis de curieuses remarques, ses collections d'objets d'art et de productions exotiques enlevées sur toutes les plages d'une lointaine Colehide. »

Xavier Marmier.

« Notre honime nous conduisit dans une petite boutique de bric-à-brac ou plutôt dans une échoppe. Le maître de ce taudis était accoutré de telle façon qu'on lui aurait fait l'aumône dans la rue. Il nous examina d'un air qui voulait dire : Si vous n'avez pas la toison d'or dans vos poches, ma marchandise n'est pas pour vous. »

About.

« M. Maxime du Camp aime sincèrement la littérature; il ne veut pas qu'elle se désiste, s'étiole ou s'avilisse ; il fait un noble appel à la famille littéraire. Grands et petits, jeunes et vieux, il nous invite tous k nous unir, à faire cause commune, à marcher ensemble et sous le même drapeau à la conquête de ces mystérieux trésors de l'avenir, idéale toison d'or qui attend ses Argonautes. ■

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