DE LILLE
— Fig. Publier, prêcher une chose sur les toits, En parler publiquement, l'annoncer partout hautement :
.... Gulphur alla tout droit Conter le cas, ïe corner par la vitle, Le publier, le prêcher sur les toits.
La Fontaine.
— Jeux. Ais en forme de toit qui couvre la galerie, le côté du dedans et l'autre bout du jeu où se trouve la grille. [1 Fig. Servir quelqu'un sur les deux toits, Lui donner tous les moyens possibles de réussir; lui donner l'occasion de paraître, de se faire valoir,
— Min. Partie supérieure de la galerie formant voûte au-dessus de la tête des travailleurs.
— Moll. Toit chinois, Nom vulgaire d'une coquille du genre calyptrée.
— Econ. rur. Toit à porcs, Bâtiment destiné à loger les cochons : En générât, il ne faut jamais trop économiser sur les dimensions des toits À porcs. (De Perthuis.) Il Logement très- malpropre.
. — Syn. Tôt», toiture. Le toit est tout simplement ce qui couvre; la toiture est l'ensemble de toutes les pièces nécessaires pour établir le toit. Si quelquefois, daus l'usage on emploie ces mots l'un pour l'autre, on peut toujours dire que toit présente l'idée d'une manière simple , tandis que toiture éveille dans l'esprit quelque chose de plus complexe ; le toit se présente tout d'une pièce; dans la toiture, on voit la multiplicité du travail, la peine qu'il a fallu se donner pour sa construction.
— Encycl. Constr. Le toit est une partie essentielle des édifices qu'il couvre ; il les préserve des ravages et de la de.-truction qu'y occasionnerait sans lui l'introduction de l'humidité, en rejetant au dehors les eaux provenant de la pluie ou de la fonte des neiges. Son inclinaison dépend de la nature des matériaux ein-
filoyés pour la couverture; tantôt il faut que a pente soit peu considérable pour qu'ils ne glissent pas ; tantôt, au contraire, il faut pour l'écoulement que la pente soit rapide. En Grèce, où le toit semble avoir pris naissance, il a donné lieu au fronton qui le représente et qui, comme le toit lui-même, est un élément caractéristique de la construction. C'est par le toit et le fronton que le style architectural grec se distingue du style égyptien ; ils sont profondément caractéristiques, car le toit est commandé par lu climat pluvieux de la Grèce, tandis que dans l'Egypte, dont la pluie n'arrose pas le sol, rien ne pouvait même en suggérer l'idée; aussi en ce pays ne renconire-t-on que des terrasses. Quant à la physionomie du toit, en Grèce, on le voit peu incliné, parce qu'il n'avait pour but que de présenter une pente suffisante pour l'écoulement de l'eau et que la couverture était de pierre ou de marbre et disposée de manière a ne point lui permettre de pénétrer entre les joints. A Rome, l'inclinaison du toit devient plus prononcée à cause de l'emploi, dans la couverture, de la tuile à surface raboteuse. Au moyen âge, la pente du toit se règle sur celle des frontons encadrant l'ogive, qui introduit dans le style dit gothique le goût des formes élevées. Cette fone inclinaison avait pour but de rejeter non-seulement les eaux, mais encore les neiges et de ne pas permettre au vent de pénétrer sous les couvertures formées de matériaux de peu d'épaisseur. Dans l'époque suivante, on conserva les toits élevés, qu'on avait reconnus d'un bon usage; mais, dans la suite, leur inclinaison paraît souvent avoir été arbitraire.
Au point de vue arehitectonique, le toit est, à son origine, partie intégrante de l'édifice ; il est de même matière et forme le complément de son architecture; sans lui, le temple grec est inachevé ou en partie détruit. Duns l'architecture romaine, ses formes ne sont plus en harmonie parfaite avec le style de l'édifice; cependant elles se combinent avec lui et ajoutent à ses charmes. Dans le moyen âge et la Renaissance, les toits manquent à la condition d'unité rigoureuse qui résulte de l'emploi d'une seule et même espèce de matériaux; mais ils concourent encore à caractériser les édifices et à les embellir pur tes découpures qui décorent leurs crêtes et leurs arêtes inférieures. De nos jours, les architectes dissimulent les toits autant qu'ils le peuvent et ne songent plus à en tirer parti nu poiut de vue artistique.
La partie principale de la toiture et celle dont l'établissement nécessite le plus de soins, afin de la rendre bien impénétrable à l'eau, est celle que l'on nomme communément couverture.
Outre la couverture, la toiture se compose
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de pièces destinées à la supporter. La réunion de ces pièces se nomme comble.
Les combles sont très-divers de forme et d'aspect, suivant la forme, la dimension, le genre des édifices qu'ils surmontent, et souvent par la seule fantaisie de ceux qui les construisent.
Les combles sont à un, deux, trois ou quatre égouts, suivant qu'ils présentent une, deux, trois ou quatre pentes. La matière dont sont faits les combles varie suivant le but auquel on les destine et suivant l'étendue à protéger. Les substances les plus communément employées sont le bois, le fer et la fonte; souvent les trois ensemble.
Lorsqu'on veut faire des combles légers, on emploie le bois blanc, le tilleul, le peuplier et le châtaignier, ou encore le sapin du Nord. Les combles de bois peuvent être ou non protégés par une peinture. Ceux de fer doivent toujours l'être.
La partie de la toiture que l'on nomme couverture, et qui constitue le ;oif proprement dit, peut s'exécuter de bien de3 façons différentes et avec un grand nombre de matériaux divers, suivant les pays, la richesse et la nature des édifices, etc. Nous avons longuement traité ce sujet au mot couvurturb et nous nous contenierons ici de présenter quelques considérations générales. Plus un climat est pluvieux, plus les toits doivent être inclinés. S'il vente beaucoup, il faudra employer des matériaux lourds et les bien accrocher. Dans les Alpes et le Jura, on est obligé, pour que les toitures des chalets résistent a la violence des vents, de les charger de grosses pierres.
La toiture la plus simple et la plus économique est le chaume. Elle a plusieurs inconvénients, dont le pire est de propager avec la plus grande rapidité les incendies. Aussi est-il défendu par toute la France de couvrir de chaume aucune maison neuve; on doit simplement réparer les anciennes. De cette façon, le chaume est peu à peu remplacé par la tuile. Les tuiles fournissent le mode de toiture le plus répandu et le plus ancien.
Les Romains et les Grecs les connaissaient et en fabriquaient de fort belles, djune grandeur qui n'est plus usitée aujourd'hui. Ils se servaient également, en guise de tuiles, de plaques de marbre et-de bronze.
Les tuiles employées anciennement d'une manière courante étaient des tuiles demicylindriques efmème légèrement coniques.
Elles sont encore en usage à Marseille et dans certains pays où il fait beaucoup de vent. Elles constituent, en effet, une couverture très-bonne, très-solide, mais très-lourde, qui augmente fort la dépense en charpeiue. Les lunes de eeue forme ne sont plus guère usitées que comme tuiles faîtières.
Comme exemple de tuiles arrondies, on peut aussi citer la tuile flamande. Elle participe aux mêmes inconvénients que la précédente, mats à un degré moindre. 11 leur faut une grande pente. Comme tuiles d'un usage courant et plates, on distinguo les tuiles ordinaires et les tuiles à recouvrement. Les tuiles plates ordinaires sont de différentes formes : rectangulaires, ou arrondies, ou en pointe. Elles ont généralement, surtout les tuiles arrondies et i es tuiles pointues, des stries obliques pour faciliter l'écoulement des eaux. Ou a aussi employé des tuiles en losange, peintes et vernies. Ces tuiles sont d'un joli effet; on peut leur donner facilement un cachet monumental ou gracieux; mais elles constituent généralement une toiture défectueuse. Leur principal inconvénient est de former des zigzags qui gênent la descente directe des eaux et les rejettent vers les coins du toit.
Les tuiles à enchevêtrement sont d'invention récente. Le premier brevet a été pris en 1837, par M. Gilardoni d'Altkirch. Depuis lors, d'autres fabricants eu ont confectionné. Elles chargent moins les toitures que les tuile3 ordinaires. Elles sont d'un emploi facile et commencent à être tres-répandues. Leur puse demande quelque soin, pour qu'elles soient bien ajustées, afin d'éviter les infiltrations.
Après les couvertures en tuile, les plus usitées sont celles d'ardoise. L'ardoise est légère, et, par suite, son emploi n'exige pas des combles aussi solides et aussi chers. 11 faut leur donner beaucoup de petite pour éviter l'inlittration de l'eau par capillarité entre les ardoises.
Enfin viennent les toitures en métal. La plus anciennement employée est la toiture en plomb. C'est en plomb que l'on couvre les édifices à la conservation desquels on tient Spécialement et pour lesquels on peut faire une grande dépense. En effet, la toiture en plomb revient cher, tant à cause uu prix de ce métal lui-même qu'a cause de son poids, qui nécessite l'emploi de charpentes tiestortes. Les toitures en plomb se prêtent beaucoup à l'ornementation et à des décorations diverses, telles que la dorure, par exemple. Comme exemple de belle toiture eu plomb, on peut citer le dôme des Invalides. Les toitures en zinc sont plus uioderues, moins coûteuses et plus légères. Daus l'emploi de ces deux métaux, il faut toujours avoir le plus grand soin de laisser la dilatation libre dans tous les sens.
Enfin, on a récemment fait usage de toitures en tôle. La tôle noire est assez peu employée; elle manque toujours aux rivets et
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résiste a peine, à force de peinture. On emploie plus volontiers la tôle ondulée, galvanisée ou plombée.
La tôle zinguée, ou galvanisée surtout, est d'un excellent usage j mais elle ne résiste pas aux vapeurs acides. Cette tôle ondulée a l'a-, vantage de supprimer complètement les chevrons. On a ainsi des toitures fort légères et même élégantes ^seulement elles sont un peu coûteuses.
Lorsqu'on veut établir le devis d'une toiture complète, il faut tenir compte, pour la dimension des charpentes, des poids qu'elles auront à supporter. Or, elles n'ont pas seulement à supporter la charge des couvertures, mais encore les surcharges accidentelles provenant de la pluie, de la neige, du vent. La densité de la neige est de 1/10 de celle
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de l'eau. On compte que l'épaisseur maximum sur un toit sera de 0>n,50, soit 50 kilogrammes par mètre carré. Quant au vent, il n'agit, dans nos climats, que d'une manière passagère. La pression la plus forte est estimée à 8 kilogrammes. Du reste, la neige et le vent ne peuvent que rarement agir ensemble, parce que, si le vent souffle, la neige ne reste généralement pas.
Comme chacune des pièces d'une toiture doit être soumise au calcul, il est bon d'avoir des données qui permuttent de ne pas exagérer les dimensiuns des charpentes, en faisant connaître à priori les poids que l'on aura à supporter dans divers cas et les inclinaisons les plus convenables aux divers genres de couvertures. Ces renseignements sont consignés dans les tableaux suivants :