TOLA
de jours avant l'insurrection du 18 mars 1871. Sa situation fut alors des plus difficiles. Entrevoyant avec douleur les terribles conséquences qu'entraînerait une rupture entre Paris et l'Assemblée, il se joignit aux députés et aux maires républicains de Paris qui firent tout pour empêcher la puerre civile. Pendant qn il suppliait l'Assemblée de proclamer la République, comme unique moyen de conjurer la situation (23 mars), il négociait, de concert avec les députés et maires républicains de Paris, pour obtenir du Comité central l'ajournement des élections municipales, afin qu'elles pussent se faire en vertu dune loi de l'Assemblée; puis, entraîné par la force des choses et dans l'espoir de calmer l'effervescence populaire, il signa, avec Clemenceau, Floquet, Lookrny, Greppo, les maires et les adjoints de Paris, la proclamation du 24 mais, par laquelle les élections étaient fixées au 56, date exigée par le Comité central. M. Tolain refusa de se laisser porter candidat à l'Assemblée commnnaliste et alla reprendre son siège à l'Assemblée nationale. Il se produisit alors à son égard ce qui a toujours lieu dans les heures de crise ou domine a passion politique poussée k son paroxysme.
Pendant qu'à Versailles et dans les journaux de la réaction M. Tolain était attaqué de la façon la plus odieuse, il était traité avec une égale passion par les communalistes les plus exaltés et considéré comme un traître a la cause du peuple. L'Internationale l'exclut alors du nombre de ses membres. Dans cette situation, le député de Paris continua avec autant de bon sens que de fermeté à défendre la cause de la République, à laquelle il était ardemment attaché. Il prit part à .« grand nombre de discussions, dans lesquelles il fit preuve d'un remarquable talent.oratoire et d une réelle compétence. Travailleur infatigable, il étudia avec ardeur les questions à l'ordre du jour et intervint dans les débats de façon à se faire toujours écouter, répondant aisément aux interruptions et restant toujours maître de lui-même. En 1871, il demanda l'abrogation des articles du code pénal sur le droit d'association, parla sur le projet de loi des échéances, sur la création des bataillons de volontaires, sur le projet de loi tendant à abréger la procédure des conseils de guerre, sur lu loi des. élections municipales, sur la loi des loyers, contre l'état de siège, sur les modifications à upporter à la loi él»ctorale, snr la nomination de la commission d'enquête relativement à l'élection de Paris, etc. Dans la discussion du projet de loi sur le cautionnement des journaux (4 juillet 1871), il prononça ces paroles : > Savez- vous à qui remonte la responsabilité des excès de la presse ? A vos fils, messieurs les bourgeois. • Il parla, en outre, sur la loi des conseils généraux, sur l'impôt sur le revenu, sur les émissions de la Banque de France. Membre de l'extrême
fauche, il vota contre l'abrogation des lois 'exil, contre la validité de l'élection des princes d'Orléans, contre le pouvoir constituant de l'Assemblée, contre la loi départementale, pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel du pape et contre la pétition des évêques, pour le maintien des traités de commerce. En 187?, M. Tolain prononça des discours, notamment sur l'impôt sur les valeurs mobilières, sur la marine marchande, sur la loi contre l'Internationale, dont il lit l'intéressant historique (4 mars 1872), snr la liberté d'association, sur le travail des enfants dans les manufactures, etc. Il vota notamment pour la proposition Feray contre l'impôt sur les matières premières, contre la dissolution des gardes nationales, pour le retour de l'Assemblée a Paris. En 1873, il parla de nouveau sur le travail des enfants dans les manufactures, sur l'impôt sur les allumettes chimiques, présenta un projet de loi pour le vote d'un crédit de 100,000 francs destiné k l'envoi d'ouvriers à l'Exposition de Vienne, prononça des discours sur les attri- ï butions des pouvoirs publics, comre une convention passée entre l'Etait la compagnie de l'Est, contre l'érection de l'église du Sacré- Cœur à Paris, contre les impôts de consommation. Cette même année, il vota pour M. Thiers (24 mai), contre le septennat et ne cessa de faire la plus vive opposition au gouvernement de combat et à la politique ultraréactionnVire du déplorable cabinet de Broglie. En 1874, M. Tolain parla avec une autorité croissante contre la loi sur la nomination des maires, sur de nouveaux impôts, sur la loi électorale politique et la loi électorale municipale. Il contribua à la chute du ministère de Broglie, vota la proposition Périer, demandant la constitution des pouvoirs publics, la proposition Maleville pour la dissolution de l'Assemblée, etc. Enfin, en 1875, il prononça des discours contre la loi sur l'enseigneuent supérieur, contre le monopole des grandes compagnies de chemins de fer, Contre les candidatures officielles, etc. Citons encore son spirituel discours. du 8 juillet 1875 sur l'immoralité des doctrines contenues dans un livre destiné à renseignement religieux dans les écoles primaire» et approuvé par deux evèques. M. Tolain a voté la consti- '.ution iépubliouiiiedu25 février 1875, donnant pur là une preuve de sou remarquable sens politique. H s'est naturellement prononcé contre la loi sur l'enseignement supérieur, destinée k livrer à, l'élément clérical le haut enseignement. Lors des élections sénatoriales du 30 janvier 1876, M. Tolain, a été élu se-