X. Marmier
« O très-révérendissiine père en Dieu 1 nous prions ici que le ciel vous illumine et qu'une voix d'en haut vous crie comme à saint Augustin ; Toile, lege; Prenez, lisez. »
Camille Desmoulins.
« Le facteur sait tout prévoir; il comprend
que ce petit billot est une fête, et il est joyeux
de le donner lui-même à la jeune dame, au
jeune monsieur :' « Prenez et lisez! » Sa boîte
est un monde, un abline, un fantôme, un
gouffre. •
J. Jakin.
• Ne sachant plus comment subvenir aux besoins de leur nourriture, Hubert fit comme il avait vu faire à certains Genevois qui, dans les cas difficiles, ouvrent leur Bible au hasard pour y trouver un bon conseil. Il ouvrit le premier livre qui lui tomba sous la main (la Cuisinière bourgeoise) , et il lut : ■ Prenez un lièvre; prenez un chevreuil; » prenez trois faisans; » autant de paroles cabalistiques qui produisaient sur l'esprit d'Hubert l'effet du prends et lis qui a tiré saint Augustin des abîmes et des gouffres dans lesquels trébuchait sa jeunesse. »
J. Janin.
TOLL
TOLLAND, ville des Etats-Unis, chef-lieu du comté de son nom, Etat de Connecticut, sur le Seunganing; 3,000 hab. Bel hôtel de ville.
TOLLA.RT s. m. (to-lar — du lat. tollere, enlever). Nom donné au bourreau par Rabelais, et qui est resté dans l'argot des voleurs.
TOLLATIE s. f. (tol-la-sl). Bot. Syn.
d'oxYURE, gehre de plantes, de lu famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croit en Californie.
TOLLÉ s. m. (tol-lé — lat. toile, enlève, cri que poussèrent les Juifs, suivant le texte de 1 Evangile, quand Pilate leur présenta Jésus, pour leur demander s'il fallait le faire crucifier). Cri d'indignation , réclamation pleine de colère ; La proposition soaleoa un tollé général.
— Crier tollé, Protester violemment, réclamer avec colère : Crier tollé contre l'orateur.
TOLLENON s. m. (tol-le-nonn — lat. tolleno, proprement bascule ; de tolto, j'élève). Art uulit. Machine de guerre en usage i-hez les anciens, consistant en une longue poutre munie d'une caisse solide à l'une de ses extrémités, que l'on faisait basculer Sur un mât vertical en agissant sur des cordes fixées à l'autre extrémité : On se servait du tollenon dans l'aituque des places pour élever au niveau des remparts ennemis des soldats enfermés dans la caisse; on en faisait aussi quelquefois usage dans la guerre de campagne, pour attaquer des positions inaccessibles. (Maigne.)
TOLLENS (rtendrick-Conielitzoon), poète hollandais, ne à Rotterdam eu 1780, mort un 1850. Destiné à ia carrière commerciale, il ne reçut qu'une instruction très-incomplète ; mais il moutra de bonne heure de rares dispositions pour la poésie. Les Français ayant envahi la Hollande (1795), le jeune Tollens devint le secrétaire d'une société patriotique pour laquelle il écrivit des chansons populaires. Il commença alors a se lier avec des gens de lettres, apprit le français, l'allemand, l'anglais et publia, eu 1802, ses premiers essais, Romances et idylles. Tollens fit paraître ensuite une tragédie, Z,uc<-^ce(l805),dans laquelle on trouve l'expression u'uu vif amour pour la liberté, ce qui en lit interdire ia représentation par le gouvernement, et une tragédie nationale, les Bameçom et la morue (1806), qui obtint un grand succès. Dans l'intervalle, il avait écrit un poème sur Hugo Grolius et un autre sur lu moit d'Eginotit et de Horn. Son Appel aux armes et ses Chants de guerre patriotiques, publiés en 1815, excitèrent un grand enthousiasme et firent de Tollens le poète national de la Hollande. Son chef-d'œuvre est son poème descriptif intitule : V Hivernage des hollandais dans ta Nouvelle-Zemble, dont le sujet est le voyage du célèbre" Barents* n en 1596 et 1597. Le style de Tollens est pur, élégant, plein de furce, de dignité et de grâce. Ses vers sont har- I raonieux et il manie la langue hollandaise
avec une grande puissance. Il n'a pas laissé moins de dix volumes de poésies mêlées, et il a fréquemment emprunté ses sujets à des écrivains étrangers. Nous citerons encore de lui : Poésies erotiques (Amsterdam, 1800) ; A une jeune fille tombée (1807); Romances, ballades et légendes (Rotterdam, 1818-1819, 2 vol.); Chants populaires (1833), etc. La troisième édition de seS Poésies (1817, 3 vol.) trouva plus de 10,000 souscripteurs, succès remarquable, surtout si l'on considère Que la langue hollandaise est parlée par quelques millions d'hommes seulement. Tollens avait comme ce la publication de ses Œuvres complètes (Louvain, 1855-1857, 8 vol.); mais la mort ne lui permit pas de la terminer luimême.
TOLLENSB, lac du grand-duché de Meeklembourg-Strelitz, formé par la rivière de son nom. Il a 12 kilom. de longueur du N.-N.-E. au S.-S.-O. A son extrémité septentrionale se trouve Neu-Brandebourg.
TOLLENSE, rivière d'A llemagne. Elle prend, sa source dans le grand-duché de Mecklembourg-Strelitz, a 10 kilom. N.-N.-O. de Neu- Strelitz, coule au N.-E., traverse le lac de Prilhmz, puis celui auquel elle donne son nom, se dirige ensuite au N., entre dans la province de Ponv-ranie, arrose Trepton et sa jette dans la Peene, prés de Deiumin, après un cours d'environ 90 kilom.
TOLLET (Elisabeth), femme auteur anglaise, née en 1694, morte en 1754. Elle était lille d'un commissaire de la marine et reçut une éducation très-soignée, une instruction très-forte et très-éiendue. On assure qu'elle parlait l'italien, le latin et le français avec autant de facilité que sa langue maternelle; elle était aussi très-habile musicienne, peignait d'une fuçon très-gracieuse, était géomètre, enfin faisait des vers. Après sa mort seulement on publia ses œuvres, dans lesquelles on distingue un opéra, qui a pour titre : Suzanne ou l' Innocence sauvée, et dont elle a fait la musique.
TOLLIDS (Corneille), philologue hollandais, né à Utrecht vers 1020, mort à Harderwyk vers 1662. Il termina son instruction sous la direction du célèbre Jean Vossius, qui était un ami de son père et dont il devint plus tard le secrétaire. Nommé dans la suite professeur extraordinaire a Harderwyk, il y devint, en 1648, professeur d'éloquence et de langue grecque et occupa cette chaire avec beaucoup de distinction jusqu'à sa mort. Outre l'éloge funèbre de Vossius en lutin (Amsterdam, 1649. in -4»), il a publié des éditions du De infelicùate tiiteratorum de J.-P. Valeriau'o (Amsterdam, 1647, in-12), du De inerc dibilibus de Paléphata (Amsterdam, 1649) et du De rébus gestis imperatorum Joanniset Manuelis Comnenorum . par Jean Cinnanus (Utrecht, 165S, in-40). — Son frère, Alexandre T01.LIOS, l'ut d'abord correcteur d'imprimerie, puis il occupa une chaire à Harderwyk, où il mourut en 1675. Ou lui doit la première édition des Œuvres de G.-J. Vossius (1641, 3 vol. in-40) et une édition d'Apptea (Amsterdam, 1S70, 3 vol. in-8°).
TOLLIUS (Jacques), philologue et alchimiste allemand, frère des précédents, né & Utrecht vers 1630, mort dans la même ville en 1696. Son père l'envoya terminer soninstruction chez G.-J. Vossius, qu'il paya d'ingratitude en s'euiparant d'une partie de son travail sur les auteurs anciens. Ce dernier étant mort, il se rendit a Utrecht, puis à Amsterdam, ou il devint commis chez un libraire. Quelque temps après, il accepta avec , empressement l'offre d'être secrétaire du grand pensionnaire Heinsius; mais celuici s'étant aperçu qu'il gardait des copies de ses notes (infidélité qui lui était familière), il le renvoya de ch^z lui. Tollius. devint ensuite recteur du gymnase de Gouda, puis docteur en médecine (1669), professeur d humanités .à. l'Académie de Duysburg (1679), inspecteur, pour l'électeur de Brandebourg (1687), d«s mines d'Allemagne et d'Italie, maître d'école à Utrecht, et mourut dans la misère. Tollius était doué de véritables talents et possédait une érudition remarquable; mais son engouement pour les folles recherches de l'alchimie gàiaient ses qualités et lui firent perdre un temps précieux. Outre des éditions d'Ausone, de Longin, des tra- 1 ductions latines, on lui doit : Gustus ad Lonj ginum (Leyde, 1667, in-8«); Fortuita in qui- ■ bus prteler crilica notinuita, tota fabutari» historia grsca, phatnica, gsgypliaca ad che- ' miatn pertinere asserilur (Amsterdam, 1686, in-8°), ouvrage dans lequel il cherche & prouver que les fables de l'antiquité ne sont ! que des allégories chimiques ; Manuductio ad 1 cœtum chemicum (Amsterdam, 1688), sur la méthode à suivre pour découvrir la pierre philosophale; Supienlia insaiiiens sive promissa chimica (Amsterdam, 1689);. InSignia itinérant italici (Utrecht, 1696, iu-4«), recueil de pièces anciennes rapportées par Tollius de son voyage d'Italie; Èpistols itinerarim (Amsterdam, 1700, iu-4"), roeneil de lettres qui renferment des détails intéressants et des observations curieuses que l'auteur recueillit dans ses voyages.
TOLLIDS (Hermann), philologue hollandais, né à Breda en 1742, mort à Leyde ell 1822. Après avoir passé sou docturui en droit à Leyde, il devint professeur d'éloquenca, d'histoire et de grec à l'Académie d Harder-
TOLO
wyk (1767), puis se rendit à Paris (1776), où il entra en relation avec les savants les plus distingués et recueillit de précieux matériaux à la bibliothèque du roi. De retour dans sa patrie, il reçut une chaire à l'Académie d'Amsterdam et fut nommé, en 1784, précepteur des enfants du stathouder Guillaume V,dont il partagea la mauvaise fortune avec un rare dévouement. Obligé de sjexiler, il fut chargé par le stathouder de plusieurs missions, notamment en Pologne, et, de retour en Hollande, il devint, en 1809, professeur de statistique et «le diplomatie à Leyde, puis fut chargé de la chaire de littérature grecque et latine. Tolliusse distingua dans ces diverses fonctions par ses hautes capacités et par son honorable caractère. Il était membre de l'institut royal de Hollande et de plusieurs académies. Nous mentionnerons, parmi ses ouvrages : une édition du Lexicon homericum d'Apollonius, avec des notes remarquables (Leyde, 1788, in-8°) ; un Recueil d'écrits politiques ou Mémoires concernant ta république des Provinces- Unies (18H-1816, 3 vol. in-s°) et différents écrits politiques, la plupart anonymes, sur les affaires politiques du temps. TOLLY (le prince Michel Barclay de), feldmaréchal russe. V, Barclay.
TOLMÈRE s. m. (tol-mè-re — du gr. tolrnéros, audacieux). Èntom. Syn. d'HÉMÉBOBK, genre d'insectes névroptères.
TOLMIÉE s. f. (tol-mi-é). Bot. Genre de plantes, de la famille des saxifragées, dont l'espèce type croît dans l'Amérique du Nord. Il Syn. de cladothamne, genre de pyrolucées.
TOLNÀ (Altinum), bourg de Hongrie, dans le comitat de son nom, sur la rive dioite du Danube, à 11 kilom. N.-N.-E. deSzékszaid ; 2,000 hab. Entrepôt royal fle tabac; fabriques de potasse. Grande culture de tabac et de safran aux environs.
TOLO, grande Baie sur la côte orientale de l'île Célèbes, entre 1»30' et 3<>5' de huit S, et 1190 et 120O30' de longit. E. Elle a 150 kilom. de profondeur, 180 kilom. dans sa plus grande largeur, à son entrée, et co kilom. dans sa plus petite, vers son extrémité, et se trouve entre les deux presqu'îles du milieu de Célèbes.
TOLOMANE s. f. ( to-lo-ma-ne). Fécule alimentaire qu'on extrait, aux Antilles, des racines d'une espèce de balisier.
TOLOMAS (Charîes-Pierre-Xavier), écrivain et jésuite français, né à Avignon en 1705, mort, en 1763. Il devint professeur de belles-lettres à Lyon et membre de l'Acudéinie de cette ville. Ayant vivement attaqué les encyclopédistes dans un discours prononcé en 1755, les amis de d'Alembert, qui étaient nombreux dans l'Académie de Lyon, déclarèrent qu'ils se retireraient si Tolomas ne donnait sa démission. Devant celte manifestation Tolomas se retira. On lui doit : Dissertation sur l'hyène (1755, in- 12); Dissertation sur le café (1757) , dont il conseille l'usage- Discours sur la philosophie d'Ëpictète (1750' in-8<>) et plusieurs dissertations et mémoires.
TOLOMEI (Jean-Baptiste), cardinal italien, né à Florence en 1653, mort en 1726. Il étudia le droit et la théologie à Pise, puis se rendit à Rome, où il entra dans l'ordre des jésuites, acquit par son enseignement dans différents collèges une grande réputation, devint recteur du collège germanique et fut employé à diverses missions importantes par le pape Clément XI, qui lui donna le chapeau de cardinal en 1718. Bien que To-" lomei possédât de vastes connaissances, il n'a publié qu'un cours de philosophie, sous le titre de Philosophia mentis et seusuum (Rome, 1696, in-fol.). Il laissa en manuscrit un supplément aux Controverses de Bellarmin, auquel il avait travaillé plus de vingt ans. — Un do ses parents, Nicolas Tolomei, né à Sienne en 1699, mort en 1774, entra chez les jésuites et acquit de la réputation comme prédicateur. Ou lui doit un ouvrage intitule: Vocation de saint Louis de Gonzayue, qui eut une trentaine d'éditions du vivant de l'auteur.
TOLOMETA, anciennement Plolémaïs, ville de la régence de Tripoli, dans le Barca, a 110 kilom. N.-E. de Benghazy,par 3204g' de iatit. N. et 18» 47' de longii. E., avec un port et une petite rade. Ruines grecques et romaines (temples, tombeaux, etc.).
TOLOMMEI (Claude), littérateur italien, né à Sienne en 1492, mort à Rome en 1555. Il étudia le droit, se fit recevoir docteur, mais ne suivit pas la carrière du barreau, et, par une inexplicable bizarrerie, il demanda et obtint qu'on le dépouillât publiquement du laurier doctoral. S'élant rendu à Rome en 1516, il prit part aux menées du parti papal contre la république de Sienne, excita par là l'indignation de ses compatriotes, qui te fra, pèrent d'une sentence d'exil, et entra alora au service d'Hippolyte de Médicis. puis à celui de luriieux Pit-rre-Louis Fiirnese,lils d'un pape non moins odieux, Paul 111. Tolommei ne tarda pas à gagner les faveurs de Farm se, qui, devenu duc de Panne, lui donna une place dans la magistrature (1545). Il était ministre de la justice lorsque son maître fut assassiné. Tolommei se retira alors à Padcwe, où il fit un cours de morale ; mais.
TOLO
bientôt après il fut rappelé dans sa patrie et nommé évèquedeCorsola.dans l'Adriatique.
La république de Sienne l'envoya par la suite auprès du roi Henri II, pour rendre plus étroite l'alliance qui existait entre sa patrie et la France (1552). Il resta plus de deux ans près de ce prince et mourut peu de temps après son retour en Italie. Tolommei lit preuve d'un zèle plus ardent qu'éclairé pour activer les progrès de la littérature italienne. Il prit part aux diseussions futiles qui s'élevèrent à sou époque au sujet du nom que l'on devait donner à la langue nationale et se prononça pour celui de toscane, tandis que d'autres mettaient en avant ceux de florentine, de siennoise, d'italienne et de vulgaire. Toloinmei chercha aussi à modifier les mètres de la poésie et à y introduire l'hexamètre et le pentamètre latin; il ne réussit pas, heureusement, dans cette tentative, qui eût été des plus funestes à l'harmonie de la langue du Tasse. Son mérite le plus réel fut d'avoir fondé les Académies dello Sdegno et délia Virtu, dont le but principal était la propagation des bonnes études. Nous citerons, parmi ses écrits : De corruptis verbis juris civilis (Sienne, in-4«); Dette lettere nuovamente aggiunte (1524, in-4°), écrit dans lequel il réfute le livre écrit par Trissin sur le même sujet; Orasione délia pace (Sienne, 1534, in-4u) ; Versi e régale délia nuova poesia toscana (Sienne, 1539, in-4°), livre dans lequel il cherche à faire passer dans la poésie italienne les règles de la poésie latine ; Lettere, libri VU (Venise, 1547, in-40), traduit en français par Vidal (Paris, 1572) ; Orazione recitatu ad Enrico II a Compiegne (Paris, 1553, in-40), traduit en français ; Il Cesano (Venise, 1555, in-4»), dialogue sur le nom qu'on doit donner à la langue italienne.
TOLON-NOOH, ville de Chine, dans laMongolie, par 430 de latit. N. et 113° de longit. E. Cette ville, extrêmement peuplée, forme une agglomération de maisons d un aspect laid, construites dans des rues étroites et tortueuses. On y trouve des fonderies célèbres dans lesquelles on fabrique des statues de Bouddha et on y fait un grand commerce consistant en toiles, tabac, thé, bœufs, chevaux, etc.
TOLOSA (Iturissa), ville d'Espagne, prov. de Guipuzcoa, à 20 kilom. S. de Saint-Sébastien, par 430 14' de latit. N. et 4052' de longit. O. ; 8,850 hab. Elle est située dans une charmante position, près du confluent de l'Oria et de l'Aspiroz et dans une vallée formée par les monts d'Izazcun et de Montescue. « Les rues, dit M. Germond de Lavigne, sont bien tracées, bien empierrées, presque toutes avec des trottoirs en dalles, bordées de jolies maisons en pierre, avec balcons en fer. La maison de ville est sur la place Neuve, où se trouve aussi le jeu de paume. Sur la place Vieille, à l'entrée de la ville, du côté de la Navarre, sont le casino de la société Tolo-, sane et un bel édifice, le palais Idioquez. L'église de Santa-Maria, la plus belle, n'a pas extérieurement une architecture remarquable. Le portique de la façade est surmonté d'une statue colossale de saint Jean-Baptiste. L'intérieur forme un temple somptueux à trois nefs. Le retable, de construction moderne, en beau marbre du pays, a remplacé un magnifique retable fort ancien, en bois sculpté, détruit par un incendie en 1781. Un bel édifice nommé l'Armeria, construit au commencement du Xvn<s siècle, et dans lequel avait été établie une manufacture importante d'armes blunches, dirigée par l'Etat, est occupé aujourd'hui, en partie, par la garde civile et, pour une autre partie, par la Halle. Il y a de belles promenades, l'une sur les bords de l'Oria, l'autre, nommée paseo de Igaronda, le long du ruisseau de Berastegui, vers la route de Navarre.
» Tolosa avait été fortifiée par les troupes libérales, peu de temps après la mort de Ferdinand VII; mais, lorsque les carlistes vinrent l'occuper en 1835, ils démolirent ces fortifications, qui n'ont pas été rétablies depuis. »
Pendant l'insurrection carliste, qui dura de 1873 à 1876, Tolqsa fut une des principales places dans lesquelles se maintint don Carlo3. Après la défaite du prétendant, elle est tombée sans coup férir au pouvoir du roi Alphonse, qui y est entré le ai février 1876.
Tolosa (bataille de), gagnée sur les Maures d'Espagne, le 16 juillet 1212, par les rois de Castiile, de Navarre et d'Aragon ; bataille célèbre qui marqua irrévocablement la ruine de la domination musulmane dans le midi de l'Europe. Cette lutte devait être sanglante et décisive : Innocent III avait publié la croisade, et son appel avait été si bien entendu que les chrétiens, accourant de toutes parts, s'étaient bientôt trouvés réunis à Tolède au nombre de 100,000 hommes, sans compter les forces espagnoles; il est vrai que beaucoup de ces croises, une fois l'enthousiasme religieux refroidi, repassèrent les monts sans combattre. De son côté, l'Almohade Mohamnied-al-Naser avait proclamé la guerre sainte dans ses Etats, appelé à lui tous les hommes en état ue porter les armes contre les chrétiens et s'était mis en campagne à la tête de forces immenses. Les deux armées se rencontrèrent, dans une vaste plaine (las Navas-de-Tolosa). Le roi de Castiile, avec ses troupes, formait le centre ou corps de bataille des chrétiens; l'aile droite était commandée par le roi de Navarre, et l'aile
TOLO
gauche par Pierre II, roi d'Aragon. Dans leurs rangs se trouvaient une foule d'évêques et de dignitaires ecclésiastiques, parmi lesquels nous devons citer Roderich Ximenez, archevêque de Tolède et historien de cette guerre.
La bataille s'engagea au lever du soleil, et les écrivains arabes sont à peu près complètement d'accord dans leurs récits avec les historiens chrétiens, bien que la couleur orientale leur communique un feu particulier. Suivant Ebn-Abd-el-Halim, les Maures formant le front de bataille, au nombre de 160,000, furent abordés par les troupes chrétiennes, qui s'avancèrent sur eux pareilles à d'épais essaims de sauterelles. Les Maures résistèrent d'abord vaillamment et pénétrèrent même jusqu'au milieu du centre ennemi ; mais ils n'en sortirent plus : les ailes de l'armée chrétienne se replièrent sur eux, et ils furent écrasés comme entre les branches d'un étau gigantesque. Pas un n'échappa. Les chrétiens chargèrent alors avec une furie irrésistible le reste de l'armée arabe, tandis que les caïds d'Espagne, au lieu de la soutenir, quittaient la bataille avant d'y avoir pris part, défection qui entraîna la fuite générale,et désordonnée des musulmans. Les chrétiens arrivèrent même jusqu'à une ligne circulaire formée par 40,000 nègres et les gardes de Mohammed, qui se tenait au centre. Ils la rompirent par une habile manœuvre, et peu s'en fallut qu'ils n'arrivassent jusqu'à l'émir, après avoir tué autour de lui plus de 10,000 des nègres qui composaient le cercle. Mohammed chercha son salut dans la fuite, et dès lors la dispersion et l'extermination des siens.devinrent complètes. On entendait les hérauts du roi de Castiile crier en parcourant le champ de bataille : « Point de quartier aux prisonniers! tuez-les tous; celui qui fera un prisonnier sera tué avec son prisonnier I a
Nous avons dit qu'au commencement de la bataille les Maures résistèrent d'abord vaillamment aux chrétiens; nous trouvons à ce sujet de curieux détails dans l'excellente Histoire d'Espagne de M. Ch. Roiney, détails qu'il a empruntés lui-même toutnaturellement aux chroniques espagnoles :
« Au bruit et aux clameurs qui s'élevaient au milieu d'eux (les Maures), semblables au bruissement des vagues soulevées qui s'entre-choquent et se brisent, l'inquiétude et la crainte commencèrent it agiter les cœurs des chrétiens, et jusqu'à celui du roi de Castiile, qui ne put se défendre de quelque découragement. Il lui sembla que tout était perdu et qu'il n'était venu là, avec un si brillant concours de chevaliers, que pour y mourir. Aussi, se tournant vers l'archevêque de Tolède, Roderich, il lui dit : «Archevêque, moi » et vous-, il nous faut mourir ici! • A quoi l'archevêque répondit : • En aucune nia- » nière; au contraire, ici vous triompherez des » ennemis. » Sur quoi, le roi , d'un cœur raffermi : • Hâtons-nous, dit-il, de porter ■ secoursà ceux qui se sont jetés les premiers » dans le péril. » Alors, Gonzalve Rodriguez et ses frères de Calatrava se portèrent en avant, parmi ceux qui avaient attaqué les premiers. Ferdinand Garsez, soldat vaillant et expérimenté, conseilla toutefois au roi de n'envoyer que peu d'hommes à la fois au secours de ceux qui avaient engagé le combat. Alors le roi dit de nouveau : ■ Ici, archevê- » que, il nous faut mourir; mais une telle » mort, en une telle occasion, ne messied pas.» Et l'archevêque ; « S'il plaît à Dieu, la cou- » ronne de la victoire, et non la mort, nous » adviendra. Mais si Dieu en ordonnait autrt- » ment, nous sommes tous ici prêts à mourir • avec vous.» Dans toutes ces circonstances, j'atteste devant Dieu, ajoute Roderich, que le noble roi ne changea ni de visage, ni de manières, ni de langage, mais au contraire, en homme de cœur et de résolution, comme un lion qui ne s'épouvante de rien, demeura ferme dans. le dessein de vaincre ou de mourir1. ■
Le champ de bataille était tellement jonché de cadavres, dit Roderich, que, quoique montés sur de robustes chevaux, c'est à peine si nous y pouvions avancer sans danger de tomber. Le même historien évalue te numbrd des morts, du côté des Arabes, au chiffre énorme de 200,000 hommes, et celui des chrétiens à 25,000. Ce fut, dit-on, le roi de Navarre qui rompit les chaînes dont les Arabes avaient fermé leur camp, et c'esi en mémoire de celte action qu'il prit les chaînes qui figurent aux armes de Navarre, et qui, par la suite, sont passées dans l'écusson de celles de France.
TOLOSANl (Antoine), théologien français, néàToulouse, de parents savoisiens, en 1555, mort en 1625. Il entra dans l'ordre de Saint- Antoine de Vienne-en-Dauphine, dont il devint le général et le réformateur. Tolosani acquit la réputation d'uu excellent prédicateur, combattit avec vigueur les mauvaises mœurs et l'usure, mais montra un fanatique acharnement à poursuivre les calvinistes. Ou lui duit les ouvrages suivauts : Démonstration que ce que l EylLe enseigne de la présence réelle n'est que la parute de Dieu (Lyon, 16U8); Adresse du salut éternel et antidote de la corruption qui règne dans ce siècle (Lyon, 1612); Prétextes de ta religion prétendue réformée (Lyon, 1614, in-12).
TOLOX, bourg d'Espagne, province et à
TOLS
50 kilom. de Mnlaga, à la base orientais de la sierra de la Nieve; 35,000 hab. Fabriques de savon ; aux environs, antiquités romaines.
TOLPACHE s. m. (to!-pa-che). Fantassin hongrois d'un corps irrégulier qui existait au xvme siècle.
TOLPIDE s. f. (tol-pi-de). Bot. Genre de
plantes, de la famille des composées, tribu des chicoracées, dont l'espèce, type croit dans le raidi de la France.
TOLSTAD1US (Eric), prédicateur suédois, né en 1673, mort en 1759. Il devint ministre à Stockholm et acquit une grande réputation par son éloquence. On l'accusa d'avoir adopté les opinions de Dippelius et des ptétistes et il fut traduit pour ce motif devant un tribunal ; mais il parvint à se disculper et trouva un ferme soutien dans l'opinion publique, qui se rangea de son côte. Onze de ses Sermons ont été publiés; ils sont encore estimés et passent pour avoir beaucoup contribué à perfectionner l'éloquence de la chaire en Suède.
TOLSTOÏ, nom d'une des plus anciennes et des plus nombreuses familles de la Russie. Elle tire son origine d'une famille allemande, dont l'un des membres, Indris, appelé aussi Léo, vint en 1353 s'établir à Tchernigof. Un de ses descendants alla, dans la suite, se fixer à Moscou et reçut du graud-duc Basile VasilitfVitch, sans doute k cause de son embonpoint, le surnom de Tolstoï (gras), qui devint le nom générique de la famille. Nous mentionnerons ceux de ses membres qui ont joué un rôle dans l'histoire politique, littéraire et artistique de leur pays.
TOLSTOÏ (Pierre-Andreiévitch, comte), homme d'Etat russe, né en 1645, mort en 1729. Fils du voyvode de Tchernigof, il entra de bonne heure dans la garde, fut d'abord un partisan zélé de la czariue Sophie et embrassa ensuite avec ardeur le parti de ■ Pierre le Grand. Ce prince l'envoya, en 1702, en Turquie, comme ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire, et ce furent sa prudence et son habileté qui réussirent à maintenir longtemps entre la Porto et la Russie une paix que Charles XII cherchait continuellement a faire rompre. La guerre ayant été enfin déclarée en 1711, Tolstoï fut emprisonné au château des Sept- Tours avec le baron de Schafrirof, et ce ne fut qu'au mois de novembre 1714 qu'il put retourner en Russie, où le czar le créa sénateur. En 1716, il accompagna Pierre dans son voyage en Hollande et fut envoyé de La Huye à Hanovre pour y conclure une convention avec le roi d'Angleterre, nu sujet d'un secours en vaisseaux que ce prince devait fournir à la Russie contre la Suède, Il ne réussit pas dans cette négociation et rejoignit en 1717 l'empereur à La Haye, d'où il le suivit en France. Peu de temps après, il fut envoyé à Naples, où s'était réfugié le Czarowitz Alexis, et détermina ce malheureux prince à revenir en Russie. En récompense du service qu'il lui avait rendu en cette circonstance, le czar le nomma président du collège de commerce et de la chancellerie secrète, ainsi que conseiller privé, et le chargea en 1719 d'une nouvelle mission auprès du roi de Prusse, A son retour, il accompagna Pierre te Grand dans la campagne de Perse et demeura ensuite à Astrakhan, pour terminer les différends qui pourraient s'élever entre la Perse et la Porte. Créé comte de l'empire russe, le jouV même du couronnement de l'impératrice Catherine lr<> (7 mai 1724), il devint, sous le règne de cette princesse, membre du conseil privé suprême qu'elle avait établi; mais, un an plus tard (1727), à l'avènement de Pierre U, il tomba tout à coup en disgrâce, fut dépouillé de toutes ses dignités et même du titre de comte et exilé, avec son fils, le comte Jean Tolstoï, au couvent de Solovetzkoi, où il mourut au bout de deux ans. Son fils ne voulut pas quitter le lieu de-son exil et y finit aussi ses jours. En 1750, ses descendants obtinrent, grâce à l'intermédiaire de parents influents, que le titre de comte fût rendu à leur famille.
TOLSTOÏ (Pierre-AIexandrovitch, comte), général russe, arrière-pelit-tils du précédent, né en 1769, mort en 1844. U fit ses premières armes sous Suuvarow, pendant les campagnes de Turquie et de Pologne, devint en 1799 commissaire de la Russie près de l'armée de l'archiduc Charles et commanda, en 1805, le corps de débarquement dans l'Allemagne du Nord. Après la bataille de Friedland, il prit part aux négociations avec la France et fut envoyé comme ambassadeur à Paris. En 1812, il devint commandant en chef de la milice de Moscou, comimimla en 1813 un corps de l'armée de Beuningsen, avec lequel il assiégea Dresde, marcha de là sur Hambourg et, après la reddition de cette ville, fut promu général d'infanterie. Peu de temps après son avènement, l'empereur Nicolas lui confia la direcuuu des colonies militaires et le nomma, en 1834, commandant de l'armée de réserve, à la tète de laquelle il battit les Polonais, commandés par Gtelgud et par Chiapowski, et les chassa de la Làthuauie. Il était, à sa mort, président du département des affaires militaires au conseil de l'empire. — Un de ses parents, le comte Fédor-Andreiéviteh Tolstoï, né en
TOLS
1758, mon en 1849, conseiller intime et sénateur, s'est acquis une éminente réputation comme bibliophile. Sa précieuse collection de manuscrits et d'ouvrages en ancien slavon, dont Strojew avait publié le catalogue en 1829, fut acquise plus tard par le gouvernement et fait aujourd'hui partie de lu bibliothèque publique de Saint-Pétersbourg.
TOLSTOÏ (Fédor-Pétrovitch, comte), sculpteur et médailliste russe, né à Saint-Pétersbourg eu 17S3. 11 servit d'abord dans la marine sous les ordres de L'amiral Tehttehagcw, mais céda bientôt à la vocation qui l'entraînait vers les arts. Il se forma seul par l'étude des maîtres grecs et italiens, d'abord à l'Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbuurg, puis en Italie, où il lit un voyage dans ce but. Parmi ses œuvres se placent en première ligne les dessins pour ia grande porte de l'église du Christ, à Moscou, quatre bas-reliefs représentant des épisodes de l'Odyssée, une statue de Morphée, une série d'illustrations pour la Uouc/ienka (petite âme) de Bugdanovitch, et des médailles frappées en souvenir de la guerre de 1812 et de celle de Hongrie en 1849. Ses ouvrages ne sont connus de l'Europe occidentale que depuis l'Exposition industrielle de Londres en 1851, Professeur de sculpture et de médaillon à l'Académie de Saint-Pétersbourg, dont il est vice - président depuis 1828, il y a formé un grand nombre d'élèves remarquables.
TOLSTOl (le comte Alexis), poète et auteur dramatique russe, né vers 1817, mort en 1875. Aristocrate de naissance, allié aux premiers dignitaires de l'empire, ami de jeunesse de l'empereur Alexandre, il ne put supporter ni la vie de cour ni les ennuis d'une carrière bureaucratique et montra constamment une indépendance d'allure et d'opinion que les satisfactions de la vanité et de l'ambition ne purent jamais lui faire abandonner. Le comte Alexis lit la guerre de Crimée en volontaire, puis revint entièrement à ses goûts poétiques et littéraires et étudia à fondiia période de l'histoire russe qui se rapporte aux czars de Moscou. Ce ne lut qu'assez tard qu'il arriva à la pleine possession de son talent et se plaça au premier rang des littérateurs russes. Doué d'une âme ardente, d'une vive imagination de poëie, il était très-sympathique en principe aux grandes réformes, telles que l'émancipation des paysans. Ta propagation de l'instruction publique, 1 indépendance de la magistrature; niais très-souvent, dans ses écrits, on le vit insister sur les taches qui obscurcissaient les bienfaits réels des réformes, ce qui lui attira une réputation imméritée de réactionnaire. Si, comme poète lyrique, il avait des rivaux, il n en avait pas comme poète dramatique, car il était supérieur à Osirowski lui-même par la peinture des caractères. Ses vers sont remarquables par l'harmonie du rhythme et par la beauté du style. On lui doit des chants populaires, des ballades, notamment Potuk te Preux; des romans, entre autres le Prince Serebrenyi (1863), récit du temps d'Ivan le Terrible; un recueil de Poésies (1867) et des tragédies, parmi lesquelles nous citerons la Mort d'Ivan le Terrible (1866), le Tsar Fêdar Ivanovitch, le PosaUnick (1S75), Son chefd'œuvre est la Mort d'Ivan, qui a été traduite en anglais, en allemand et dont le succès a été éclatant,
TOLSTOÏ (Léon, comte), romancier russe contemporain. Après avoir fait ses études à l'université militaire, il entra dans l'armée. En 1853, il débuiadans la carrière littéraire. Ses premiers romans, V Enfance, Y Adolescence et la Jeunesse, eurent un grand succès. Il servit daus les rangs des assiégés à Sébastnpol et raconta leurs travaux, et leurs combats dans Sebustopot en août et dans Sebustopol en septembre. Parmi les autres romans de Tolstoi on cite : les Deux-hussards, qui a été traduit en français, la l'umpête, les Joies de ta famille, les Cosaques, la Guerre et /u Pdi'a; (Moscou, 1868-1869, 6 vol.); Anna Karéninu (1874), etc. Dans ces œuvres, extrêmement remarquables, on trouve un esprit d'observation étrange, une saveur locale exquiso, le charme et l'imprévu du détail, qui e*t souvent merveilleux, mais elles pèchent souvent par la fable, par le dénoûmeut, qui se perd comme dans une espèce de brouillard confus. Le comte Léon Tolstoi est un écrivain brillant et souvent paradoxal, un peintre de mœurs plein de vigueur et de souplesse. Son chef-d'œuvre et l'un des chefsd'œuvre de la littérature russe est son grand roman la Guerre et la Paix, dans lequel il a esquissé des portruits achevés de l'aristocratie russe. Les caractères y sont d'une grande originalité, pleins de contrastes qui choquent un peu notre logique civilisée, mais peints d'après nature avec une rare puissance de touche. — Parmi les membres de la famille Tolstoï, qui ne portent pas le titre de comte, il faut encore cher : Matthieu Tolstoï, qui acquit une grande réputation, comme générai, pendant la guerre de Sept ans ; Pierre Tolstoï, lieutenant général et aide de camp générai le l'empereur Nicolas, qui a été chargé de diii'érentes missions diplomatiques et qui, en 1854, commandait une division d'infanterie au Caucause; Théophile Tolstoï, compositeur et littérateur russe distingué de notre époque.
TOLÎ
TOLSTOÏ (Alexandre -Ivanovieh, comte d'Ostermann), général russe. V. Ostkr-