‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 192 sur 1042 · MANN · texte numérisé non relu

MANN

TOLTEN ou TELTEN, rivière du Chili. Elle sort d'un petit lac, à la base occidentale du volcan de Villarica, coule à l'O., passe à Villarica et se jette dans le grand Océan, en formant une baie, après un cours d'environ 225 kilom.

TOLTEQUES, population indigène de l'Amérique du Nord. Au moment où l'histoire du continent central commence à se dégager des obscurités et des fables, on trouve émulis dans le cœur du Mexique actuel les Toltèques, nation guerrière et nombreuse. D'après les anciennes traditions du pays, c'étaient des émigés venus d'un pays surchargé d'habitants et situé au delà du 42» degré de latitude N. Après avoir navigué longtemps et côtoyé la contrée que l'on nomme aujourd'hui Californie, ils parvinrent dans la région appelée depuis Terre de Cortez, côtoyèrent le pays de Xaliscos, puis débarquèrent au port de Huatutco, traversèrent plusieurs provinces et arrivèrent dans celle deTochtépec sur les bords de la mer du Sud. Ils explorèrent le pays de Toliantzinco et, y trouvant ce qu'ils cherchaient, c'est-à-dire un climat plus doux et des terres plus fertiles que les leurs, ils le colonisèrent et y fondèrent des établissements stables.

Les Toltèques avaient sept chefs et choisissaient alternativement .l'un d'entre eux pour gouverner. Ces sept chefs fondèrent la ville de Tollan, qui devint plus tard la capitale de leur empire, à cause de son heureuse situation. Les Toltèques soumirent promptement les anciens habitants du pays. Sept années après la fondation de Tollan ils élurent un roi, lequel s'associa deux collègues, auxquels il assigna des Etats séparés. La nation toltèque forma dès lors trois royaumes confédérés, et l'un des rois était le chef suprême de l'empire. Le premier qui fut revêtu de cette dignité se nommait Chatchiuhtlanetzin et régna cinquante-deux ans. A partir de sa mort, la nation admit comme règle invariable que toujours le roi suprême régnerait ce nombre d'années. S'il venait à mourir avant, on se constituait en republique pendant l'interrègne, et toutes choses continuaient à se faire au nom du défunt. Nous ne répéterons pas, après Torqitenada et quelques autres historiens, les noms barbares des successeurs de Chalchiuhtlanetzin ; nous nous attacherons de préférence au récit très-important de M. l'abbé Brasseur de Bourbourg. Des découvertes récentes dans les archives du pays lui ont permis de donner des détails •entièrement nouveaux sur la civilisation toltèque. L'empire toltèque atteint l'apogée de sa prospérité vers la lin du xe siècle, à la suite d'une longue paix, durant laquelle les trois royaumes dont il se composait maintinrent le pacte fédéral et leur indépendance réciproque, La ville de Oolhuacan, située sur les rives du grand lac de i'Atiahuac, et dans laquelle les trois rois se réunissaient pour s'occuper des intérêts généraux de la monarchie, en devint le centre politique et commercial; mai3 Tollan continua à l'emporter par la culture, la politesse de ses habitants, la beauté de ses éditices et l'extrême magnificence de la cour de ses souverains. Arrivé au fuite de la puissance, l'empire commença à décroître. Sa grande étendue fut pour lui une première cause de dissolution. Ses provinces étaient gouvernées féodaleinent par des vice-rois héréditaires, qui parvenaient peu à peu à se rendre presque indépendants et qui adoptaient dans leurs capitales le faste et les attribus de la royauté. Des famines épouvantables, suite d'une sécheresse de vingt - quatre ans^ qui fit tarir les sources et les rivières; des révoltes, des maladies pestilentielles envahirent la monarchie à plusieurs reprises et dépeuplèrent des provinces entières. Bientôt la guerre ci-' vile éclata. Les trois royaumes confédérés, dont l'union avait fondé la puissance toltèque, se tirent une guerre acharnée. Le 'sort des armes favorisa tantôt l'un, tantôt l'autre des princes rivaux, "Si déjà l'empire penchait visiblement vers sa ruine, lorsqu'un élément nouveau, l'invasion de peuples innombrables, venus du continent septentrional, accéléra sa chute. Ces peuples, pressés eux-mêmes par les Apaches, nation barbare qui arrive des régions du Nord, sont désignés sous le nom générique de Chichimèques, bien qu'on trouve parmi eux une grande variété de ty- ■ pes. Ils arrivaient par bandes, se succédant sans interruption dans les fertiles vallées de I'Atiahuac et étendant leurs excursions au delà des montagnes ; le meurtre, l'incendie, le pillage marquaient en tous lieux leur passage. Au milieu de ces affreux désastres, les rois de l'empire, loin de réunir leurs forces contre l'ennemi commun, continuaient à se faire une guerre acharnée; les plus riches provinces se mirent en révolte ouverte; le désordre fut partout. Les envahisseurs tirent chaque jour de nouvelles conquêtes. Les familles les plus puissantes du pays, surtout celles des nobles et antiques cités de Colhuaean et de Tollan, commencèrent à émigrer, emportant avec elles leurs richesses, et allèrent implanter en d'autres contrées leur langue, leurs lois et leur civilisation. Le chef de l'empire toltèque, Topilttziu-AxciÊl, roi de Tollan, marcha à la rencontre des

TOLU

Chichimèques, mais il fut battu. Ses collègues, loin de comprendre que cette défaite était un malheur pour tout 1 empire, s'en réjouirent, et les guerres intestines continuèrent, les maladies et la famine exercèrent des ravages de plus en plus affreux. Alors, disent les chroniques du pays, les Toltèques en qui l'amour de la nation vivait en-' core convoquèrent à la ville sainte de Teotihuacan les prince-;, les sages et les prêtres de la nation. L'assemblée de Teotihuaciin se sépara sans avoir rien décidé, et l'émigration des Toltèques prit d'immenses proportions; en même temps, les invasions des différentes tribus chichimèques se multipliaient; de nouveaux essaims de barbares, réunis aux premiers, s'établirent dans les provinces, pillèrent et incendièrent les villes, massacrèrent les populations. En ce moment suprême, les débris de la race toltèque oublièrent enfin leurs querelles intestines pour faire face à l'ennemi commun.

Malgré leur valeur, ils furent battus en toute rencontre; la plus grande bataille dura deux jours, au bord du lac de la vallée de l'Anahuao. Ce fut le dernier effort de la monarchie expirante. Les Chichimèques payèrent chèrement leur victoire; des milliers des leurs jonchèrent le champ de bataille (959). Le royaume de Colhuacan, l'un des trois Etats confédérés de l'empire toltèque, survécut à ce désastre, mais il fut singulièrement affaibli et amoindri. Topilttzin-Axcitl, roi de Tollan, fit mettre le feu à sa somptueuse capitale, iifin de ne laisser qu'un monceau de cendres aux envahisseurs; puis, suivi d'une foule de ses sujets, de princes et de nobles, il quitta le pays et se dirigea vers le Sud. Après de longues pérégrinations, il réussit à fonder dans la parue méridionale ou continent central un empire plus étendu et tout aussi policé que celui qu il venait de perdre. Pendant un règne glorieux de trente années, il fit revivre dans ses nouveaux Etats les institutions et les lois qui avaient porté jadis l'empire toltèque à un si haut degré de prospérité. La plupart des rois et des princes du voisinage reconnurent sou autorité suprême ; il leur envoya quelques-uns de ses disciples pour fonder autant que possible une organisation uniforme. D'autres nobles Toltèques exercèrent une influence semblable dans les contrées sur lesquelles l'action d'Axcitl ne pouvait s'étendre , et bientôt le niveau de la civilisation toltèque s'établit dans toute l'Amérique du centre.

TOLU s. m. (to-!u — nom d'une ville de la Colombie). Bot. Baume produit par un arbre du genre myrosperme. || On dit plus ordinairement BAUME de Tolu.

TOLU, ville et port de la Nouvelle- Grenade, k l'embouchure d'une petite rivière, dans la baie de Morosquillo, formée par la mer des Antilles, dans la province et à 120 kiloin. de Carthagène. Le port est commode et sûr, La contrée voisine abonde en grains et en bois de diverses espèces.

TOLUATE s. m, (to-lu-a-te — rad. tolu). Chim. Sels de l'acide toluique.

— Encycl. De même qu'il existe trois acides toluiques isomères connus sous les noms d'acide parutoluique, d'acide. orthotoluique et d'acide métatoluique, il existe trois séries de toluates isomères : les paratoluates, les orthotoluates et les métatoluutes. Ces sels ont été jusqu'à ce jour assez peu étudiés. Ceux qui sont actuellement connus sont décrits, comme les acides qui les engendrent, au mot général toluique. V. ce mot.

TOLCCA, autrefois Tolocan, ville du Mexique, daus l'Etat et à 50 kil. S.-O. de Mexico, au pied de la Puerta del Volcan de Toiuca, dans une vallée abondante en maïs, par 19» 1 6' ig'f de latit. N. et 101" 4 1' 45" de longit. û.; 6,000 hab. Elle est bien bâtie ; importantes fabriques de chandelles et de savon; commerce de jambons et de saucissons renommés.

TOLUÈNE s. m. (to-lu-è-ne — rad. tolu). Liquide incolore, obtenu par la distillation sèche du baume de Tolu. V. au Supplément.

TOLUÊNYL-SULFUREUX adj. (tolu-é-nilsul-fu-ieu). Chim. Syn. de crésyl-sulfu-

RHUX. V. SOLPITK.

TOLUIDINE s. f. (to-lu-i-di-ne — rad. tolu). Chim. Base qui résulte de la substitution d'un atome d'amidogène à un atome d'hydrogène dans le toluène, il On l'appelle aussi amidotoluins.

— Encycl. On donne le nom générique de toluidiue à trois bases isomériques correspondant aux modifications para, meta et ortho qui résultent de la substitution d'un groupe amidogène Azll* à un atome d'hydrogène pris dans le noyau phénylique du toluène. Il existe, en outre, une base isomérique de ces dernières qui résulte de ia substitution d'un groupe amidogène AzH* à uu atome d'hydrogène pris dans le radical raéthylique du toluène. Cette dernière base, qui a ete découverte par Cannizzaro et nommée par lui benzilamine, répond doue à la formule

CSHS.CHS.AzH»,

tandis que les trois toluidines isomériques répondent à la formule CGH^AzrPJ.CHS et se distinguent entre elles par la position qu'occupent relativement l'un à l'autre les groupes methyle et amidogène, position qui est (1 : 2)

TOLU

pour le composé ortho, f 1 : 3) pour le composé meta et (l : 4) pour le composé para,

— Moses de formation. La toluidine prend naissance lorsqu'on réduit le nitrotoluène par un agent hydrogénant quelconque ••

C6H*(Az02),CH3 + 6H Nitrotaluène. Hydrogène.

2H«0 Eau.

+ C«H*(A2l-I*),CH»

Toluidine,

— Préparation. On prépare la toluidine commercialement au moyen du toluène, comme on prépare l'aniline au moyen de la benzine ( v, anilinb). Hugo M uller conseille, pour l'ob- "tenir sur une grande échelle, de convertir le toluène du commerce, qui bout en're 108° et 1140 (cet hydrocarbure bout à 111°), £ii nitrotoluène, par le moyen d'un mélange d'acide sulfuiique et d'acide azotique dans lequel on fait tomber l'hydrocarbure-sous la forme d'un filet très-lent (si l'action était trop rapide, la température s'élevant, il se formerait aussi du di nitrotoluène), et de réduire ce dernier, après l'avoir précipité par l'eau à l'aide du fer et de l'acide acétique. La toluidine cristalline ainsi obtenue est débarrassée dit liquide qui y adhère par des lavages à l'aide de la portion des pétroles d'Amérique ou d'Asie qui est volatile entre 80° et 100° (presque exclusivement formée d'hydrure d'heptyle), ki finalement recristallisée dans cet hydrocarbure. E. Sell prépare de grandes quantités de toluidine de ia portion des résidus de la fabrication de l'aniline (queues d'aniline) qui bouillent au-dessous de 270° (ce qui bout au-dessus renferme la paraniline, la diphénylène-diamine, etc.). A cet effet, il distille la liquide dans une grande cornue de cuivre munie d'un long tube de condensation qu'il ne refroidit pas. La portion du liquide distillé qui a passé entre 1S0° et 230° est soumise à une distillation fractionnée. On en traite les diverses fractions par une solution chaude d'acide oxalique ; On recueille l'oxalate de toluidine très-peu soluble qui se dépose et on essaye ce sel en mettant de côté les portions qui, décomposées par l'ammoniaque, fournissent une base susceptible de se refroidir immédiatement. Ces portions sont ensuite distillées avec une lessive de potasse. La toluidine brune qui distille dans ces conditions est lavée à l'eau, comprimée entre plusieurs doubles de papier et distillée. Elle distille entre 198° et 2000 et se solidifie dans le récipient en cristaux d'un blanc de neige qui peu à peu brunit au contact de l'air. Elle fond à 450.

— Préparation des diverses modifications de la toluidine. La toluidine crisiallisable dpnt nous venons de décrire ta préparation, et qui dérive du nitrotoluène cristallisable, paraît être la modification para de cette base. Mais lorsqu'on réduit à la température ordinaire le nitrotoluène liquide de Mil. Beilstfin et liuhlberg, ou lorsqu'on transforme le bromotoluèiie cristallisé en brouiouilroioliiène |ce qui oblige le groupe nitryle à prendre une place différente de celle qu'il prendrait en agissant sur l'hydrocarbure libre, parce que cette dernière est déjà occupée par le brome), qu'on transforme ce composé nitré en bioniotoluidine au moi'en de l'acide chlorhydrique et de i'étain et qu'on en élimine le brome au moyen de l'amalgame de sodium, on obtient un isomère liquide de la toluidine qui a été appelé d'abord pseudotoluidine et qui parait être la modification ortho de celte base. Cette même modification peut encore être obtenue par l'action à chaud de la potasse alcoolique sur la nitroacétotoluide

CW(Az02),AzH,(C»H30).

Cette aiinide le convertit ainsi en nitrotoluidine CH8(Az02)AzHs, dans lequel le groupe AzO* occupe une place distincte de celle qu'il occupe dans le nitrotoluène, celle-ci étant déjà prise par le groupe AzH*. La nitrotoluidine ainsi préparée cristallise en prismes rhombiques fusibles à 114». Son nitrate, traité par l'acide azoteux, se transforme en orthonitrotoluène (liquide à la température ordinaire, se solidifiant aux températures plus basses, bouillant à 227° et Se convertissant en acide orlhoniirobf nzoîque lorsqu'on l'oxyde par l'acide chromique). Enfin l'orthonitrotoluene réduit par I'étain et l'acide chlorhydrique et distillé ensuite avec la chaux fournit 1 ortliotoliiidine.

L'orthotoluidine est un liquide transparent, incolore, qui devient rose lorsqu'on l'expose à l'air. Elle demeure liquide à — 13°, possède une densité de 0,999 à 25<> et bout à 197". Les pseudotoluidines que Kôrmer, Hilbuer et Wailoch ont obtenues présentent les mêmes caractères physiques, leur point d'ébullition ayant été fixé entre 196» et 198°. Il en est de même de la pseudotoluidine que Rosenstiehl a extraite de la toluidine commerciale de M. Coupier. Cette toluidine commerciale est liquide, bout a 198° et fournit des cristaux de toluidine eristallUiible ordinaire lorsqu'on la refroidit à zéro sans que son point u ébullition soit altéré. Convertie en oxalateet épuisée par l'éther, elle abandonne à ce liquide de 1 oxalate de pseudotoluidine, tandis que l'oxalate de toluidine ordinaire demeure indissous. Ce sel, décomposé par la lessive de potasse, donne l'alcaloïde libre volatil a 198* et demeurant fluide à — 20».

Lorsqu'on traite le nitrate de pseudotoluidine par l'acide azoteux, qu'on transforme en sulfate l'azotate de diazotoluène qui résulte

TOLU

de cette action et qu'on traite le sulfate par l'acide iorthydrique, on obtient un iodotoluène que l'oxydation pur l'acide chroiniqurf convertit en acide orihoïodobenzoîque susceptible de donner de l'acide oxybenzoïque lorsqu'on le fond avec la potasse. Comme tous ces composés appartiennent à la série orlho,on ne |>eui douter que la (iseudotoluidine dont ils proviennent n'y appartienne également. Les mêmes réactions démontrent, pur la nature des produits qu'elles donnent, que la toluidine cristallisée ordinaire est de la paratoluidine. La métatoluidine peut être extraite de la toltidine brute du commerce, qui renferme à la fois les composés para et meta. A cet effet, on chauffe le mélange pendant seize heures avec un léger excès d'acide acétique cristallisable qui en convertit la plus grande partie en métatolyl-acétainide cristallisante dont on extrait la métatoluidine en distillant ce produit avec la potasse. La métatoluidine distille avec les vapeurs d'eau. Eile cristallise en larges octaèdres fu.-ibles à 57°; elle bout sans décomposition à 240". L'alcool la dissout facilement; l'eau la dissout fort peu.

La toluidine liquide de Coupler renferme environ 36 pour 100 d'orthotoluidine; l'aniline commerciale en renferme souvent plus de 20 pour 100. L'orthotoluidine ne donne aucun Composé rouge lorsqu'on la chauffe avec l'acide arsénique ; mais un mélange de ce corps et de toluidiue cristallisée (para) fournit une grande quantité d'une matière colorante rouge qui renferme au moins 50 pour 100 de sel de rosaniline. Pendant la réaction, il distille beaucoup d'aniline. Un mélange d'aniline et d'orthotoluidine donne aussi en abondance une matière colorante rouge qui ressemble à la fuchsine, mais qui se distingue des sels de rosaniliue par la solubilité de la base dans l'éther et la solubilité plus grande dé son chlorure dans l'eau. Les sels d'orthotoluidine mélangés de chlorate cuivrique communiquent au coton et à la laine une légère teinte violette qui tire sur le noir. La métatoluidine, sous l'action d'une solution sutfurique d'acide chromique, brunit. L'eau rend la liqueur verte ou, si elle est en excès, incolore; l'acide azotique lui communique une teinte rouge foncé. L'hypochlorite calcique agissant sur Mie solution aqueuse mêlée d'éther rougit la couche éthérée.

TOLUIDINE-DISUXFONIQUE adj. Chim.

Se dit d'un acide qui dérive de la toluidiue par la substitution de deux résidus nmnoatomiques d'acide sulfurique à deux atomes d'hydrogène.

TOLUIFÈRE adj. {to-lu-i-fè-re — de tolu, et du lat. fera, je porte). Bot. Qui produit le baume dit de Tolu.

— s. m. Bot. Syn. de mtrospermb, myro-

XYLON et LOURKIRA.

TOLUIQUE adj. (to-lu i-ke — rad. tolu). Chim. 6e dit d'un acide dont il existe plusieurs isomères, d'une aldéhyde, d'un chlorure et de plusieurs éthers qui dérivent de cet acide.

— Encycl. L'acide toluiquè répond à la formule C^j jSOî. Il est homologue de l'acide benzoïque (JWO*. Seulement, tandis que, la formule rationnelle de l'acide benzoïque étant CH^CO*!!, ce dernier acide ne peut point avoir d'isomère, la formule C8H.802 de l'acide toluiquè correspond à quatre isomères différents. De fait, cette formule brute convient aussi bien à l'acide phényl-aeëtique ou a toluiquè C«H8,CH2 — co>H qu'à l'acide méthylbenzoïqueou toluiquè $ C6H*(CHSj,COSH. De là déjà deux isomères. Mais la formule de l'acide méthyl-benzoîuue ou toluiquè $ peut ellemême correspondre a trois composés différents, suivant que les chaînes latérales méthy le (CH*) et carbony le (CO*H) occupent relativement l'une à l'autre, dans le noyau C6, les places (l : 4) ou (1 : 3) ou (1 : 2), et elle correspond, en effet, à trois acides, qui sont l'acide orthotoluique, l'acide paratoluique et l'acide métatoluique. Nous avons étudié l'acide utotuique ou phéuyl-acétique au mot phényl-acétiqub (v. ce mot). Nous nous occuperons ici des acides ortho, para et métatoluique et plus particulièrement de l'acide paratoluique, le plus connu des trois.

L'acide toluiquè ordinaire, que Wood a découvert dans l'oxydation du cyinène, se produit encore lorsqu'on oxyde le xylène du goudron de houille par l'acide azotique étendu. Or, Kiltig a moutréque cet hydrocarbure est un mélange de métaxylene (identique avec celui qui se produit par la distilluliun de l'acide mèsitylénique avec la chaux; et de paraxylène (identique avec le métyl-toluine artificiel), le métaxylene prédominant beaucoup dans le mélange. Le même chimiste a également démontré que lorsqu'on attaque le xylène de la houille par l'acide azotique •tendu, le paraxylène ou métyl - toluène s oxyda seul en fournissant de l'acide loluiq-xs ordinaire et de l'acide térephuuique ou paraphtalique. Il résulte de là que l'acide toluiquè ordinaire, fusible à 116°, est de l'acide paratoluique. L'orthoxylène, obtenu en distillant l'acide paraxylique avec la chaux, s'oxyde lentement sous l'influence de l'acide azotique étendu et fournit un acide toluiquè peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau bouillante, cristallisable, dans les solutions étendues, en longs et splendides cristaux transparents qui fondent à logo.

TOLU

Cette seconde modification est l'acide orthotoluique, dont le sel calcique

(C3H70*)*Ca"+2H*0 et le sel barytique (C8rPO*jîBa" sont trèssolubles dans Veau et cristallisent en aiguilles déliées. Kntin, lorsqu'on oxyde le motiobromoxylène, préparé au moyen du xylène de la houille, à l'aide de l'acide chromique, il se forme' deux acides broinotoluiques qui donnent naissance à des sels de calcium dont la solubilité est très-différente. Le moins soluble cristallise en aiguilles qui répondent à la formule (C*H8BrOî)îCa" + 3Hi*o ; le plus soluble cristallise en aiguilles plus petites qui, au lieu de 3, renferment 8 molécules d'eau de cristallisation. L'acide séparé du premier de ces sels fond entre 2050 et 206O, tandis que celui qu'on sépare du second fond entre 1850 et 1890. En agitant pendant plusieurs jours avec de l'amalgame de sodium celui des acides bromes qui fond entre 205° et 206°, on obtient des aiguilles déliées fusibles entre 90° et 93°, c'est-à-dire a 10* environ au-dessus du point de fusion de l'acide orthotoluique. Cet acide constitue l'acide métatoluique. En effet, lorsqu'on le soumet à une oxydation ultérieure au moyen de l'acide chromique, il fournit de l'acide inétaphtulique. L'acide paratoluique ou toluiquè ordinaire prend encore naissance dans l'action de la. potasse alcoolique sur le cyanure de tolyle, obtenu lui-même par la distillation du cyanure de potassium et du sulfototuate de potasse et dans l'action simultanée du sodium et de l'anhydride carbonique ou du ehlorocarbonwte d'éthyle sur le monobromotoluène CeH8Br,CH3.

— Préparation de l'acide paratoluique

OH TOLUIQUE ORDINAIRE DK WOOD. 10 llU. méthode la plus anciennement connue consiste à oxyder le cymène du camphre ou de l'essence de cumin par l'acide azotique étendu. Le cymène, n'étant rien autre que de la méthyl-propyl- benzine,

«"«•ISS*

peut donner par l'oxydation deux acides, selon qu'une seule des deux chaînes latérales ou toutes les deux se transforment eii earboxyle CO*H, Si la transformation porte sur les deux chaînes, on obtient l'acide térephtalique

COSH'

si elle ne porte que sur le propyle, il sa produit l'acide paratoluique

| CI13 j COîH'

Voici comment on opère pour oxyder le cymène:

On distille dans une cornue spacieuse 1 partie de cymène avec i parties d un mélange formé de 1 partie en volume d'acide azotique ordinaire et de 6 parties d'eau. Quand le liquide est distillé, on le cohobe et l'on recommence l'opération. La réaction est trèscalme. L'huile commence k se colorer en bleu, puis en jaune foncé; elle devient ensuite visqueuse et finit par gagner le fond du vase. L'opération est terminée lorsque les gouttes d'huile, qui d'abord llottent à la surface du liquide distillé, sont Remplacées par des cristaux blancs et que, par le refroidissement, la cornue se remplit de cristaux Semblables. Si cette méthode, qui exige une ébullition prolongée pendant toute une semaine, est exactement suivie et qu'on retire l'acide toluiquè au fur et a mesure qu'il se forme , afin d'éviter l'action ultérieure de l'acide azotique, on obtient ce dernier acide tout à fait pur. Plus l'acide azotique est faible et plus on conduit la distillation avec lenteur, plus aussi est grande la pureté du produit. L'acide azotique concentré agit avec violence et donne naissance à de l'acide nitrotoluique dont la séparation est extrêmement difficile. Lorsqu'il s'agit d'effectuer cette séparation, on débarrasse d'abord le mélange d'une résine jaune et de l'excès d'acide azotique eu le fuisant bouillir avec un lait de chaux, et l'on précipite ensuite par l'acide azotique ou par l'acide chlorhydrique la solution riltrée du sel de chaux. Les acides précipités sont ensuite dissous dans l'eau de baryte et évaporés au bain-maiie, après qu'on a chassé l'excès de baryte par un excès d'acide carbonique et tiltré. Le résidu de cette évaporation traité par l'eau froide lui abandonne le toluate barytique, tandis que le nitrotoluate reste, en grande partie, indissous. On filtre, on évapore de nouveau à siccité au bain -marie, on truite encore le résidu par l'eau froide pour séparer une seconde portion de nitrotoluate barytique et l'on répète cette opération jusqu'à, ce que le résidu de l'évaporation au bain-maiie soit intégralement soluble dans l'eau froide. On précipite alors le liquide par l'acide chlorhydrique, on l'agite avec de l'éther qui disaout la couche étherée, on évapore celle-ci et l'on fait recristalliser dans l'alcool l'acide qui reste comme résidu.

go Nous avons déjà dit que le cymène peut être remplacé par le xylène du goudron de houille, dont le paraxylène est complètement transformé en acide toluiquè par l'acide azotique étendu. Cet hydrocarbure étant de la diméthyl- benzine

TOLU

sa transformation en acide toluiquè résulte de la conversion de l'un desméthylesen carbonyle COsH. Le procédé opératoire est le même que le précédent. Beilstein et de Sohepper, qui ont préparé l'acide toluiquè

Far cette méthode, au lieu de le priver de acide nitrotolmque qu'il renferme en le transformant en sel barytique comme cidessus, préfèrent réduire l'acide nitrotoluique au moyen du sulfhydiate d'ammoniaque. 3° Préparation au moyen du toluène. On introduit dans une fiole à long col adaptée à un réfrigérant de Liebig renversé un mélange de toluène et de bromotoluène préparé par l'action directe à froid du brome sur un excès de toluène ; on y ajoute du sodium en quantité un peu supérieure à celle qu'exige la théorie et l'on chauffe le tout au bain-marie pendant quaraute-huit heures, en faisant passer, pendant tout ce temps, à travers le flacon un courant de gaz anhydride carbonique sec.

Le sodium se recouvre promptement d'une croûte bleue et finit par se convertir en une masse pâteuse de la même couleur. Dès que la réaction est terminée, on traite le produit par l'eau, on filtre la liqueur obtenue pour séparer les matières huileuses qui consistent en toluène et en bromotoluène inaltéré, mélangés de quelques composés secondaires formés dans la réaction et l'on précipite la ligueur filtrée par l'acide'chlorhydrique.Coinme 1 acide paratoluique est un peu soluble dans l'eau, pour n'en point perdre on ajoute à plusieurs reprises la liqueur dans laquelle cet acide précipité est en suspension. On évapore les liqueurs éthérées et l'on fait recristalliser le résidu dans l'alcool.

Wurtz a modifié le procédé précédent, qui est dû à Kékulé. La modification consiste à remplacer l'anhydride carbonique pur le chlorocarbonate d'éihyle. Il soumet à l'ébullition dans un appareil à reflux un mélange de bromotoluène, d'éther chloroxycarbonique et d'amalgame de sodium. Il épuise ensuite le produit par l'éther et distille la liqueur ainsi obtenue eu rejetant tout ce qui passe audessous de 180°. Le résidu est saponifié par une lessive de potasse, car c'est du toiuale d'éthyle, et non de l'acide toluiquè, qui prend naissance dans la réaction, et la liqueur qui provient de cette saponification est précipitée par un acide. On purifie ensuite l'acide toluiquè par cristallisation dans l'eau et au besoin par distillation. L'acide obtenu est toujours mélangé d'un autre acide plus fusible que l'acide toluiquè, dont il abaisse le point de fusion à 153°. Mais comme ce dernier acide est aussi plus soluble que l'acide toluiquè, on obtient ce dernier pur, avec son point de fusion à 176°, en traitant à diverses reprises le mélange par des quantités d'eau bouillante' insuffisantes pour en opérer la fusion complète.

— Toluates. Tous les toluates examinés jusqu'à ce jour ont été préparés à l'aide de l'acide paratoluique, à l'exception des orthololuatfis de calcium et de baryum. L'acide paratoluique est monobasique, et ses sels sont pour la plupart cristallins. Ils ont été toutefois assez peu étudiés.

Le sel d'ammonium forme de petits prismes.

Le sel de baryum (C8H70a)îBa", obtenu par la neutralisation directe de l'acide, forme des cristaux confus.

Le sel de calcium (C8HT04)!Ca" se sépare en longues aiguilles brillantes de ses solutions acides concentrées.

Le sel cuivrique (C8liT04)2Cu" se sépare sous la forme d'un précipite bleu légèrement soluble dans l'eau lorsqu'on mélange des solutions de toluate de potassium et de sulfate de cuivre.

Le sel potassique, obtenu par la neutralisation directe de l'acide, forme de longues aiguilles brillantes.

Le sel d'argent CSIPAgO* s'obtient par •double décomposition sous la forme d'un précipité caillebotlé, qui cristallise en petites aiguilles par le refroidissement de sa solution aquause bouillante.

Le sel de sodium est plus soluble dans l'eau que le sel de potassium et ne cristallise pas.

— Ethers toldiques. Les éthers toluiques ne sont que les toluates des radicaux alcooliques. On n'en connaît encore que deux : le toluate de métbyle et le toluate de phényle. Tous les deux ont été préparés avec la modification para.

t — Paraloluate d'éthyle C8rn(C*HS)0*. On l'obtient en faisant passer un courant de gaz chlorhydrique à travers une solution d'acide toluiquè dans l'alcool concentré. On distille

environ les deux tiers du liquide et l'on ajoute de l'eau au résidu. L'éther éthylique se précipite alors sous la forme d'une huile lourde et noire, qu'on lave à l'eau ammoniacale, qu'on dessèche ensuite sur du chlorure de calcium et qu'on rectifie enfin. C'est un liquide aromatique, incolore, dont l'odeur rappelle celle de l'éther benzoïque. Il a une saveur amère et bout à 2280 (Wood).

— Paratoluate de phényle CH^CGH^O*.

On le prépare en distillant l'anhydride salicyloioluique (v. plus bas). C'est une huile incolore, qui se solidifie promptement et que l'on peut purifier par une ébullition peu prolongée avec une lessive faible de potasse. Cristallisé dans l'alcool, cet éther forme des lamelles blanches nacrées; il fond entre 71°

TOLU

et 72o et rappelle par son odeur, lorsqu'on le chauffe, les feuilles de géranium.

— CtlLORURg DU TOLUYLB OU CHLORURE TO-

luiquk CStWU.Cl. Ce corps, encore désigné improprement par les noms de chlorure doxyioluyle ou de toluoxvle, se produit, d'après Cahours, lorsqu'on distille 1 ucid* toluiquè avec du peotachlorure de phosphore.

C'est un liquide incolore, très-réfringent, d'une densité de 1,175. Il bout entre iuo et 2l6o. H fume à l'air humide et se décompose en présence de l'eau, de l'alcool, du carbonate d'ammonium, comme les autres chlorures acides, en donnant de l'acide toluiquè, du toluate d'éthyle ou de la toluaiuitle. Chauffé avec l'hydrure de salicyle, il donne du tolusaiicylol (V. HYDRURK DK SALICYLU). Avec l'acide eugénique, il donne naissance, par une réaction analogue, à de l'anhydride eugèua-toluique.

— ANHYDRIDE toluiqub (C'Iï'OJïO. Cet

anhydride n'est pas connu, mais Ou connaît l'auhydride salieylotoiuique.

— Anhydride salicylotoiuique

(CH*0)"l .C15H120* = C8HK) O* H i Ce corps se forme lorsqu'on chauffe un mélange de chlorure de toluyle et de salicylate de sodium bien sec, fait en proportions équivalentes. On agile le pruduit jusqu'à dissolution avec un mélange d'eau et d'éther. Par 1 évaporation, la couche éthérée abandonne l'anhydride mixte sous la forme d'une masse jaunâtre et visqueuse.

— ALUÉUYDli TOLUIQOB

Ce corps a été découvert par Cannizzaro, qui l'a obtenu en distillant un mélange intime de toluate (para) et de formiate de calcium. Le produit huileux de la distillation, agité avec du bisulfite sodique, donne un composé cristallin qui abandonne l'aldéhyde toluiquè lorsqu'on le décompose par une solution de carbonate de s^ude à chaud. C'est une huile d'u^e odeur poivrée, bouillant à 204°. Exposée à l'air, elle absorbe peu à peu l'oxygène et se convertit en acide toluiquè. Avec une solution alcoolique de potasse, eile se transforme en toluate de potasse et alcool toluylique (v. ce mot) :

2C'8l|80 -f KHO = CSH'KO* + C8HI0O Aldéhyde Pousse. Toluate Alcool

Wluiqac, de polisse. toluyli-

que TOLUOSALICYLOL s. m. (to-lu-o-sa-li-silol). Chim. V. SALICYLOL.

TOLUQUINONE s. f. {tolu-ki -no-ne — de tolu et ue quittons). Chim. Nom d'un composé qui est à la série du toluène ce que la quinone ordinaire est à la série de la benzine.

— Encycl. La toluquinone

C7H60î=C6H>j{?1îi."

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