LA CONVERSATION SUR VOUS
— Tomber sur la poitrine, Gagner les poumons, en parlant d un rhume qui s'était d'abord manifesté dans la gorge.
— Le sort tomba sur lui, Ce fut lui que désigna le sort.
— Tomber sous, Etre sujet à : J'appelle réel tout ce qui tombe sous l'observation (V. Cousin.)
— Tomber sous la main de , Etre mis fortuitement à la disposition de : Ce livre m'est tombé sous la main. Sur cette plante, vous pouvez vous former une idée des autres, jusqu'à ce qu'elle vous tombent sous la main. (J.-J. Rouss.)
— Tomber sous la main, sous la patte, sous la coupe de quelqu'un, Etre mis sous sa dépendance, à portée de ses mauvais traitements :
Allez, vous êtes une ingrate ; Ne lomftes jamais sous ma patte.
La.. Fontaine.
— Tomber sous les yeux de, Etre aperçu fortuitement par : Le texte me tomba justement sous les yeux.
— Tomber sous la dent, S'offrir pour pouvoir être mangé : Le loup dévore tout ce qui lui tombe sous la dent, un mouton, une grenouille. (J. Janin.)
— Tomber sous le sens, Etre clair, évident, palpable : Cela tombe sous le sens. Il 2*o»iber sous les sens, Etre perceptible par les sens : La réalité qui tombe sous nos sens n'est pas toute la réalité. (Jouffroy.)
— Laisser tomber, Ne pas retenir, abandonner à son propre «poids, laisser faire une chute à ; Vous allez laisser tomber cet enfant. Morrel laissa tomber sa main dans la main que lui tendait le comte. (Alex. Dum.) Il Prononcer avec nonchalance : Laisser tomber ses paroles.
La Mollesse en pleurant sur un bras se relève. Ouvre un œil languissant et d'une faible voix Laisse tomper ces mots qu'elle interrompt vingt fois.
liOILEAU.
TOMB
— Tomber mort, roide mort, Mourir tout d'un coup, en tombant.
— Tomber les quatre fers en l'air, Tomber à la renverse, les quatre pieds en haut, en parlant d'un cheval. Il Tomber h la renverse en parlant d'une personne.
— Faire tomber son enfant, Se faire avorter, par certaines manœuvres.
— Tomber bien, Arriver à propos, rencontrer bien. Il Se dit aussi ironiquement. Ii Tomber mal, Arriver mal à propos, dans un moment inopportun , rencontrer mal : Vous ne pouvez pas plus mal tomber, et le danger est réel. (Scribe.)
— Les alouettes tombent toutes râties, On a sans travail, sans peine, sans effort, une vie de luxe et de plaisir : Les alouettes ne tombent toutes rôties qu'à ceux qui moissonnent le champ , non à ceux qui l'ont semé, (Chateaub.)
— Prov. Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes de prises, Se dit pour railler une hypothèse absurde ou gratuite. Il Quand la poire esf mûre, il faut qu'elle tombe, Quand les choses sont arrivées à un certain point, il faut absolument qu'elles aboutissent, qu'elles aient un résultat bon ou mauvais.
— Littér. Se terminer par une chute :
Les stances avec grâce apprirent a tomber, Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber.
BoiWAU.
— Théâtre. Tomber dans tes règles, Ne pas atteindre, k la première représentation, un certain chiffre de recette, au-dessous duquel les comédiens s'attribuaient la propriété absolue de la pièce, il Tomber dans le troisième dessous, Echouer entièrement dans un rôle.
— Chasse. Tomber en défaut, Perdre la piste du gibier. 11 Tomber en arrêt, Rester immobile devant le gibier : Un bon chien doit tomber franchement en arrêt. (E. Blaze.)
— Fauconn. Tomber sur laperdrix, Fondre sur elle tout d'un coup.
— Tomber sous le vent de, Passer sous le vent de : Nous tombâmes sous le vent de la frégate, a La mer tombe, Les lames commencent à diminuer de force, il Tomber de l'arrière, tomber sur le nez, Incliner vers l'arrière, vers la proue.
— Typogr. Tomber en page, Ménager la composition de manière qu'elle se termine convenablement. Il Tomber bien, tomber mal, Se terminer bien ou mal, eu égard au commencement du chapitre suivant.
— Chira. Tomber en déliquescence, en deliquium, Se désagréger par l'effet de l'eau atmosphérique absorbée.
— Unipersonnellem. : Il tombe de la pluie, de la grêle, de la neige. Il m'est tombe sous la main un livre très-curieux.
Oh ! oh I dit-il, je saigne ! Et que serait-ce donc
S'il fui tombé de l'arbre une masse plus lourde.
Et que ce gland eût été gourde?
— v. a. ou tr. Faire tomber, jeter à terre: Tomber son adnersaire.
Les aquilons mutins, soufflant horriblement. Tombent le chêne vieux.
Despoutes.
Il Ne s'emploie plus que dans le langage des lutteurs.
— Fam. Vaincre : Ce rude jouteur du journalisme n'en est plus à compter les adversaires qu'ih a tombée.
— s. m. Syn. de TOMBÉE : Le TOMBER du jour. || Peu usité.
— Gramm. Le verbe neutre tomber se conjugue généralement avec le verbe être; nous avons cependant cité un exemple où l'Académie l'a employé avec le verbe avoir: Vulcain k tombé du ciel pendant un jour entier. Dans ce cas spécial, c'est-à-dire lorsque la phrase
•exprime la durée de la chute, il est indispensable d'employer le verbe aootV, l'idée d'état, qu'exprimerait le verbe être, étant absolument exclue. Le poètes emploient le verbe avoir dans des cas tout différents :
Où serais-je, grand Dieu! si ma orédulité Eût tombé dans le piège a, mes pieds présenté?
Voltaire.
Ces exemples De doivent pas être imités en prose et ne sont justifiés que par les besoins de la mesure.
— Encyel. Tomber dans les règles. Cette expression était usitée autrefois k la Comédie-Française à propos d'une pièce qui ne réussissait pas et dont les sociétaires avaient le droit de confisquer la propriété. Cet usage remontait à 1653; il avait pris naissance en même temps que les droits on parts d'auteur. Les comédiens avaient commencé par acheter les pièces moyennant un prix, l'ait d'avance. Mais pour une première pièce, et a un auteur dont le nom n'était pas connu, ils ne donnaient rien ou fort peu de chose. Tristan l'Ermite, à l'occasion des Rivales de Quinault, son élève, alors débutant dans la carrière dramatique, proposa aux acteurs d'accorder au jeune poste le neuvième de la recette de chaque représentation, tous frais déduits, tant qu'on jouerait sa pièce dans la nouveauté ; après quoi elle appartiendrait aux comédiens. Cet arrangement fut accepté et devint ta règle ; mais les comédiens se ménagèrent le moyen de ne payer que pour trèspeu de représentations. Ils établirent que la
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propriété de la pièce leur appartiendrait s'il arrivait que la chiffre de la recette fût inférieur à une somme fixée à l'avance; c'est ce qu'on appela une pièce tombée dans les règles. (Je chiffre varia plusieurs fois: il fut d'abord de 500 livres l'hiver et 300 l'été, et il fallait que la pièce tombât deux fois de suite audessous de l'une de ces sommes, suivant la saison, pour que les comédiens en devinssent propriétaires; ils pouvaient, en la reprenant plus tard, en tirer de bons revenus. En 1797, ils substituèrent à ces chiffres ceux de 1,800 livres l'hiver et 800 livres l'été ; mais il fallait toujours que la recette tombât deux fois de suite ou trois fois au-dessous du chiffre fixé. Le comte de Scbouvalow, pour empêcher les Barmécides de Laharpe de tomber dans les règles, envoyait chaque fois, rapportent les Mémoires secrets, le supplément de la somme requise. Plus tard, en 1766 , enhardis pur la réussite, les sociétaires tirent à eux seuls un nouveau règlement dans lequel ils supprimèrent les mots de suite après les mots deux représentations, de sorte que l'alternative seule des bons et des mauvais jours de recette devait amener bientôt cette double chute séparée, tandis que deux chutes de suite se présentaient beaucoup plus difficilement; ils décidèrent ensuite que, pour le calcul des 1,200 et des 800 livres, on ne pourrait demander d'autre compte que celui de la recette de la porte, c'est-à-dire défalcation faite de la locution des loges, qui se montait en moyenne à 800 livres par jour, et des entrées par abonnement. Beaumarchais engagea une lutte vigoureuse contre ces abus, que lu Révolution fit tomber comme tant d'autres. V. auteur (droits d').
— AllUB. hlSt. Tombe* sue grûee, Allusion
à la manière étudiée avec laquelle le gladiateur s'efforçait de tomber dans le cirque au moment de rendre le dernier soupir. Lorsque le gladiateur se sentait mortellement frappé, dans les sanglants combats du cirque, et que son adresse lui était devenue inutile, il cherchait encore à s'attirer les applaudissements de la multitude, pour laquelle son agonie était un spectacle, par une chute qu'il s étudiait à rendre savante, et il tombait sur l'arène avec grâce.
Cette phrase se dit, au moral, de ceux qui, en politique, en amour, etc., se sauvent de l'humiliation d'un échec par la bonne grâce, feinte ou réelle, qu'ils mettent h l'accepter.
• Ua soir, un jeudi, au lieu de nous apporter pour notre souper le morceau de pain et le verre d'eau ordinaires, on nous donna du veau, de la salade et un verre d'abondance.
• Que se passe-t-il donc ? » me demandai-je. J'appelai Stôphen, et je le questionnai; it avait le même souper que moi. • C'est le re-
» pas libre, m'écriai-je ; demain ils vont nous - » livrer aux bêtes. — Nous tomberons avec » grâce,i\t Stéphen. — En criant :« Liberté 1"
• repris-je avec enthousiasme. — Et victimes » de la tyrannie, » ajouta Stéphen. »
Maxime du Camp.
« Boccace a véritablement amolli et corrompu l'Italie dans un temps où elle pouvait encore choisir entre une liberté orageuse et un esclavage voluptueux ; au lieu qu'au temps d'Arioste il ne lui restait qu'à tomber avec grâce, comme le gladiateur dans le cirque, La suprême science du sourire dans l'agonie lui est enseignée par l'auteur du Boland furieux. »
Edgar Quinet.
« Quand les partis sont aux prises, l'orateur aime mieux frapper fort que juste ; et lorsqu'une tête est l'enjeu d'un discours, on ne s'amuse pas à polir une phrase, et l'on ne s'étudie point à tomber avec grâce, comme le gladiateur du cirque, sous le fer de ses ennemis. »
Cormenin.
• Il arrive un âge ou l'habitude du malheur et la connaissance ries hommes donnent l'apparence du stoïcisme...
> La question n'est pas de guérir ses plaies, mais de les cacher au inonds. Tu es dans le cirque, gladiateur, et César te regarde. Salue avant de mourir, et tâche de tomber gracieusement, i
FÉLICIEN MaLLEFILLB.
TOMBEREAU s. in. (tom-be-rô — rad. tomber. Le bourguignon champenois lumereav, tumerel, qui a la même signification, vient de même de la vieille forme fumer, tomber. Le tombereau est ainsi nommé parce que c'est une charrette dont on renverse la caisse pour la décharger). Sorte de charrette à deux roues, portant une caisse qu'on remplit de matériaux à transporter, et qu'on fait basculer quand on veut la décharger : Le charriage des betteraves s'exécute dans de grands tombereaux. (M. de Dombasle.) ... De tous les quartiers de la ville, Les tombereaux venaient s'embourber à la die.
Lamartine.
— Ce que contient cette charrette quand elle est complètement chargée : Un tombereau de pierres, de sable.
— Charrette sur laquelle on conduisait au-
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trefois les condamnés au supplice : Danton leur fit un adieu de la main avec un sourire, et le tombereau continua de rouler. (Balz.)
— Chasse. Petite claie en forme de trémie, dont on se sert pour prendre les oiseaux sur la neige.
— Pêche. Sorte de retranchement pratiqué derrière la bande d'un étang, pour y pêcher, quand la bonde perd de l'eau.
— Encycl. Le tombereau est un véhicule que l'on emploie sur les chantiers de terrassement et de maçonnerie pour transporter les déblais ou les matériaux à de grandes distances ; ils se composent d'une caisse portée sur deux roues placées environ au milieu de sa longueur; ce système est relié à deux brancards entre lesquels on attache un cheval de trait. Les tombereaux sont ordinairement attelés d'un cheval, ils ont alors une capacité de 0016,500 à omojgoo ; dans quelques localités on les fait plus grands ; ainsi à Paris on en voit qui cubent de 1 mètre à im,50 et qui sont le plus souvent traînés par deux chevaux. Le tombereau le plus généralement employé est celui dit à bascule, dont les brancards sont articulés à l'une des extrémités de la caisse, de façon a permettre de renverser le véhicule sans dételer le cheval et de vider la charge en ouvrant la partie postérieure de la caisse. Sur les routes départementales du département de la Seine, on fait usage de tombereaux à bascule cubant 1™,80; ils coûtent 500 francs et pèsent 750 kilogrammes. Dans les terrassements on fait usage du tombereau pour les transports a des distances de 100 mètres à 600 mètres, c'est-à-dire à partir du point où l'emploi de la brouette ne devient plus économique jusqu'à celui ou les wagons traînés par des chevaux diminuent le prix de revient du transport. Dans l'estimation de la dépense occasionnée par ce mode de transport, il y a trois choses k considérer : io le temps nécessaire au chargement ; 20 le temps nécessaire au mouvement ; 3» le temps nécessaire au déchargement et à la mise en marche du tombereau. l« En supposant, ce qui a lieu dans le plus grand nombre de cas, qu'un homme puisse charger 12 mètres cubes de terre en dix heures de travail, si l'on représente par C la capacité du tombereau et par N le nombre des chargeurs, ce temps sera
Le nombre N ne doit pas dépasser 3, car autrement les chargeurs se gêneraient, et il comprend le conducteur qui travaille comme chargeur. Exemple : s'il s'agit de charger un tombereau cubant 0m,800, on aura
2o Un cheval attelé à un tombereau parcourt 30,000 mètres en dix heures; pour parcourir R relais de 100 mètres, aller et retour, il mettra
Tt~Rx10*g0°,
d'où
Tt = R x 0^,067 ; pour s relais de 100 mètres, on aura T, = 5 X Oh, 067 => 0h,335.
3° Le temps nécessaire au déchargement et à la mise en marche du tombereau peut être évalué à o*»,033 ou on,05 suivant la dimension du tombereau.
Ayant ces différents temps pour une capacité C du tombereau, pour avoir les temps nécessaires au transport de l mètre cube de terre, il suffit de multiplier les premiers par le rapport de 1 mètre cube à la capacité C, et en faisant la somme des valeurs obtenues on aura le temps total nécessaire au transport de i mètre cube à R relais de 100 mètres;
Ainsi, pour le temps du transport du mètre cube avec le tombereau de om,80 de capacité, on a
Un travail ainsi organisé sérail vicieux, puisque les deux chargeurs se reposeraient pendant toute la durée du parcours et du déchargement du tombereau. Pour éviter cela, on emploie deux tombereaux, dont l'un est en charue pendant que l'autre va à la décharge, et, pour que les chargeurs ne perdent pas de temps, il suffit que le nombre R de relais soit tel, que le temps de la charge soit égal au temps employé au mouvement et à la décharge, et que l'on ait par conséquent
d'où l'on tire pour le casc-ù C=0m,80 et N = 3,
soit un parcours de 297 mètres. Dans le cas où il n'y aurait qu'un chargeur avec le conducteur, ce qui fait N = 2, cette formule donnerait : R = 4,47, soit.447 mètres.
Toutes ces formules permettent de calculer
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facilement le prix du transport des terres, sachant ce que sont payés par jour les terrassiers ainsi que le tombereau «vec son conducteur. Si l'on ne disposait que d'un tombereau et que les chargeurs n'eussent'pas d'occupation pendant qu il est en marche, au lieu de tenir compte, pour les chargeurs, seulement du temps du chargement, il faudrait supposer qu'ils travaillent aussi longtemps que le tombereau. Dans ce genre de transport, les rampes ne doivent être inclinées que de 1/20 (0m,05), et l'on ne prend tout de même pour l'équivalent- d'un relais horizontal de 30 mètres qu'une portion de rampe de 20 mètres de base et par conséquent de 1 mètre de hauteur. On admet comme une approximation suffisante qu'une rampe de 0ra,05 par mètre et de 80 mètres de longueur équivaut à 100 mètres de parcours en plaine. Cette donnée permet de remplacer des transports en rampe par d'autres en plaine équivalents. Dans les devis des travaux publics, on calcule ordinairement les prix des transports au tombereau à l'aide de la formule
Le dans laquelle P est le prix de la journée du tombereau, le conducteur compris; D la distance à parcourir ; d la distance qui serait parcourue pendant la durée du chargement et du déchargement-; L la longueur du parcours journalier du véhicule, et enfin c la capacité de la caisse du tombereau,
TOMBERELLE s. f. (ton-be-rè-le — rad.
tombereau). Chasse. Grand filet dont on se sert pour prendre des perdrix.
TOMBE.JJR s. m. (ton-beur — rad. tomber). Fain. Athlète, lutteur qui tombe ses adversaires : Un grand tombeur d'hercules forains.
TOHBIGBEE, rivière des Etats-Unis. Elle
firend sa source dans le comté de Tisheningo Mississipi), se dirige au S., puis àl'E., entre dans l'Etat d'Alabama, traverse le lac Black- ■warrior et, après un cours d'environ 450 milles, se jette dans l'Alabama, au-dessus de Mobile.
TOMBISEUR s. m. (ton-bi-zeur — rad. tomber). Fauconn. Premier des oiseaux qui attaque le héron dans son vol : On nomme le faucon qu'on jette au secours du premier tombiseur; le teneur, c'est-à-dire celui qui termine le combat, est ordinairement un gerfaut. (Castille.)
TOMBOLA s. f. (ton-bo-la — mot ital. qui signif. culbute). Ancien jeu de loto qu'on jouait avec un seul carton qu'il fallait couvrir entièrement pour gagner.
— Loterie de société, où chaque gagnant reçoit un lot en nature.
— Encycl. C'était en 1840 ; la ville de Lyon venait de subir une de ces inondations dont la seconde ville de France a si souvent à souffrir. Les pertes immenses subies par le commerce, par l'industrie, par les pauvres comme par les riches, semblaient avoir ruiné
Ïiour longtemps cette malheureuse cité, que es guerres civiles n'épargnaient pas non plus.
Au moment de ce désastre, une troupe d'écuyers italiens était venue planter un cirque sur une des places de la ville; mais tout leur talent ne pouvait attirer la foule, le vide se faisait tous les jours de plus en plus dans la salle ainsi que dans la caisse. Le directeur, homme inventif, comprit qu'il ne se tirerait d'embarras que par quelque grand moyen.
Le lendemain, sur toutes les murailles de la ville, s'étalaient des affiches multicolores annonçantpourle soir, outre les exercices habituels, une grande tombola; puis , toute la troupe, superbement habillée, parcourut la ville en tous sens, s'arrêtant à chaque carrefour pour permettre, entre deux airs de musique, à un crieur de promettre, lui aussi, une grande tombola.
La représentation eut lieu, et la tombola fit sortir de chez eux ceux que n'avait point entraînés la promesse d'un spectacle ordinaire. Telle fut l'origine de la tombola en France. Depuis lors, il n'est guère de fête qui ne se termine par une de ces loteries, où chaque spectateur, chaque convive, chaque invité a droit à un billet.
Les lots se composent ordinairement de jouets ou d'objets utiles et de fantaisie. Cha-
?ue lot, si l'on veut que la répartition en soit aite avec impartialité, doit être désigné par un numéro particulier écrit sur un morceau de papier placé à côté du lot. On met dans un sac des boules de loto ou des morceaux de papier roulés en nombre égal à celui des lots et portant les mêmes numéros. On distribue à chacun des assistants une carte portant l'un de ces numéros et l'on procède au tirage comme pour toute loterie. Ordinairement, un des plus jeunes membres de la société est invité à tirer un à un les numéros qui se trouvent dans le sac, et, à l'appel de chaque numéro, le gagnant reçoit le lot qui lui est échu.
On peut, lorsqu'on est peu nombreux^au lieu de numéros en double, se servir tout simplement de jeux de cartes : la .personne chargée de distribuer les lots fait prendre par chacun des assistants un certain nombre de cartes, ordinairement deux ou trois, jusqu'à ce que les cartes du jeu soient épuisées.
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On a un second jeu; on convient alors, s'il y a, par exemple, vingt lots, que les douze premières cartes qui seront appelées n'auront rien, et on les retourne une à une. Ceux qui possèdent les vingt cartes restantes sont sûrs d'avoir un lot, mais ne savent lequel. On procède au tirage en montrant le lot qui doit appartenir à la carte que l'on va retourner, en ayant soin de réserver les plus beaux lots pour les dernières cartes ; le gros lot est réservé à la dernière carte. Dans ces lots, on fait figurer des lots-surprises plus ou moins comiques.
TOMBORO ou TAMBORA, montagne volcanique, dans la partie N. de l'Ile de Sumbava, une des lies de la Sonde, par 8° 20' de latit. S. ; 2,239 mètres de hauteur. Les éruptions de ce volcan surpassent toutes celles qui sont connues jusqu'à ce jour. On cite surtout celle qui eut lieu du 5 au 17 avril 1816 et qui couvrit de cendres non-seulement l'Ile entière de Sumbava, mais encore les Moluques, Java, la partie S. de Célèbes, Sumatra et Bornéo, dans un rayon de plus de 1,200 kilom. La ville de Tomboro, située à sa base et qui comptait 12,000 hab., fut détruite.
TOMBOS, Ile du Nil, dans le pays de Mahas, en Nubie, près et au S.-E. de Hanneq. Elle est fertile et bien cultivée.
TOMBOUCTOTJ , TEMBOBCTOD ou flM- BO D CTO O, ville du Soudan, dans l'Afrique centrale, sur la limite méridionale du Sahara, à 12 kilom. N. du Niger, près d'un de ses affluents, entre 17050' de latit. N. et 6»0' de longit. O.; 17,000 hab. environ. Située au milieu de plaines de sable blanc et mouvant, cette ville, aulrefois entourée d'une muraille en terre et maintenant ouverte, est de forme triangulaire et peut avoir 4 kilom. de circuit. Les rues sont propres et larges. Les maisons, construites en brique, ont soit un rez-de-chaussée seul, soit deux étages terminés en terrasse. Chaque maison forme un carré contenant deux cours intérieures. On voit aussi dans la ville, comme au dehors, beaucoup de cases en paille, de forme presque ronde. On remarque à Tombouctou plusieurs mosquées, dont deux grandes, « qui sont surmontées, dit le Dictionnaire universel de géographie, chacune d'une tour carrée en brique, dans laquelle on monte par un escalier intérieur; une troisième est aussi surmontée d'une tour, mais moins haute que celle des deux précédentes; les autres ne se distinguent des maisons particulières que par un minaret. La plus grande mosquée, située à l'O., a une tour de 50 à 55 pieds de hauteur ; son toit est en terrasse ; 1 intérieur offre plusieurs galeries soutenues par des arcades. Au milieu de la ville, il y a une espèce de place, entourée de cases rondes, où l'on trouve quelques palma-christi et un palmier doum, le seul qu'il y ait dans lo pays; au centre de cette place, on a pratiqué un grand trou pour recevoir les immondices. A l'O.-N.-O. de la ville, il s'est formé de larges excavations d'environ 40 pieds de profondeur; elles contiennent de 1 eau de pluie. C'est là que les habitants prennent l'eau nécessaire à leurs besoins. Cette eau est assez claire, mais d'un goût désagréable. ■
Le commerce de Tombouctou est très-actif, à cause de la situation de cette ville, qui la rend la station principale pour les caravanes entre l'Afrique septentrionale et le Soudan, dont elle est l'entrepôt. On y dépose tout le sel provenant des mines de Toudeyne. Les caravanes y apportent aussi beaucoup de dattes et des marchandises européennes : les armes à feu, la coutellerie, la quincaillerie, la verrerie, le corail, le tabac, le papier et autres articles qui sont échangés contre la poudre d'or, l'ivoire, les plumes d'autruche, l'huile de palmier, la gomme, etc. Le Niger et la Cabra portent les provisions de bouche dans ce pays d'une complète stérilité.
Le premier voyageur français qui ait visité Tombouctou fut R. Caillié, qui donne les détails suivants sur la population de la ville : « Les habitants de Tombouctou, dit-il, appartiennent à la race nègre. Leur teint est d'un beau noir, leur nez un peu aquilin ; ils ont les lèvres minces et de très-beaux yeux. Leurs femmes sont jolies. Toute la population professe le mahométisme. Les femmes ne sortent pas voilées et jouissent de la plus grande liberté. Cette race est intelligente, industrielle, douce et hospitalière. Le roi est un" nègre très-respecté de ses sujets et trèssimple dans ses habitudes. Il ne perçoit au- ~cun tribut; le commerce fait toute sa richesse. Les habitants seraient les plus heureux de la terre sous l'administration paternelle de ce roi, sans les incursions continuelles des Touaregs, auxquels le royaume est obligé de payer une contribution annuelle. » Depuis 1873, le souverain qui règne à Tombouctou est Hammadi, fils d'Ahmed-el-Bakkaï.
Toiubourian (voTAGE À), par R. Caillié (1830, 3 vol. in-8°). Il çst singulier de voir un jeune homme pauvre, fort peu instruit et privé de tout appui, s'aventurer au cœur de l'Afrique, s'engager dans des régions inconnues et tracer une route qui reliera un jour les deux possessions françaises en Afrique, l'Algérie et le Sénégal. Au moment où Caillié entreprit son excursion, les frères Lander exploraient le Niger. C'est en vain qu'il demanda l' assistance de l'autorité française du Sénégal <"t de 1 autorité anglaise de Sierra- | — Fig. Division, partie : Croyait-on qu'on