TOME
Leone pour un voyage à Tombouctou. Mais, dominé par un ardent désir de mettre son projet à exécution, il économisa 2,000 francs, somme qui lui servit à acheter des verroteries, du papier, etc., et il passa deux ans à se familiariser avec des Mandingues et des marchands voyageurs de l'Afrique. Il prit le nom d'Abdallah et pratiqua la religion musulmane , puis inventa une fable : enlevé encore enfant, disait-il, par les Français, lors de l'expédition d'Egypte, et affranchi par son maître, il voulait rentrer dans son pays natal et retrouver sa famille. Muni de quelques médicaments, de deux boussoles de poche, d'un costume arabe et du Coran, Caillié partit de. Kakoody , sur le rio Nunez, le 19 avril
1827, en compagnie d'une caravanequi allait sur le Niger. Il traversa le pays des Nalous, des liandamas, des Foulahs, des Mandingues et le Fouta-Dhialon, où Mollien avait pénétré neuf ans auparavant. Après être parvenu, le 11 juin, sur les bords du Dhioiiba ou Niger, au village de Couroussa , pays d'Amon , il passa le fleuve (13 juin) et, s'engageant dans un pays situé à droite du Niger, ïl arriva le 17 à Kunkan, jolie ville de 6,000 habitants, située dans une riche et fertile contrée, et qui est un marché pourvu des produits de l'Europe. Dans ses courses., le voyageur fut obligé de cacher ses instruments et de prendre ses notes en secret, à la dérobée. Il séjourna un mois à Kankan. Dénoncé comme chrétien venu pour faire connaître l'emplacement des mines du pays aux blancs, il se lira djaffaire en sa qualité de médecin cmpirique;"il administra du jalap à tous les fiévreux-, ce qui n'empêcha pas le médecin malgré lui d'être pillé dans sa case. Reprenant ses marches, d'autant plus fa tigan tes qu'il avait une plaie au pied, Caillié traversa de nombreux villages de Bambaras et arriva, le 3 août, à Timéj où le cadeau d'un parapluie lui valut les bonnes grâces du chef de cette ville. Par contre, une fièvre brûlante le retint cinq mois dans de cruelles souffrances, aggravées par le scorbut; le malade, soigné par une négresse compatissante, se rétablit à peu près. Reprenant sa marche au nord-ouest le 9 janvier
1828, par une route inexplorée, Caillié arriva le 11 mars à Yenné, ville située dans une lie sur le Niger, ayant une population musulmane de 8,000 à 10,000 habitants et centre d'un grand commerce. Le 25 mars 1823, il s'embarqua pour Tombouctou, capitale du Soudan occidental; il y arriva le 20 avril. C'est le premier Européen qui ait pénétré dans cette ville mystérieuse, entrepôt du commerce de sel du nord-ouest de l'Afrique. Il ne fit que l'entrevoir et il perdit une partie de ses illusions. Le 4 mai, il s'adjoignit à une caravane en marche pour le Maroc. Une chaleur suffocante, des puits rares, un vent brûlant, des vagues de sable augmentèrent ses souffrances et ses privations. La caravane ne rencontra que deux lieux habités, Araouan et Mourat. Le 19 mai, elle pénétra dans le grand désert du Sahara, où des trombes de sable tourbillonnent, où le mirage augmente la déception. Là Caillié mendie une goutte d'eau de tente en tente. Ses compagnons l'outragent, ses guides le trahissent. 11 franchit entin un des cols de l'Atlas, et il arrive à Fez, l'ancienne capitale du Maroc , après trois mois de marche environ. Comme il veut visiter Rabat et Tanger, il annonce qu'il lui faut présenter une adresse au sultan de Maroc, dans l'espoir de recevoir un secours de route. Trois jours après, il se rend à Méquinez, puis à Rabat. Le prétendu agent français de Ra bat, un juif, rebute le voyageur, qui Se réfugie dans un cimetière. Après quinze jours d'une extrême détresse, Caillié part pour Tanger, où il fait son entrée le 7 octobre, la nuit. Il se présente au consul français, M. Delaporte, qui embrasse avec effusion le Marco P.olo de 1 Afrique. Un bâtiment de l'Etat ramène en France Caillié, rétabli par les soins d'une cordiale hospitalité. La Société de géographie lui décerne un prix de 10,000 francs. Voici comment le docteur Barth apprécie Caillié : • C'est un vrai bonheur pour moi de rendre justice à un voyageur qui a bien dû souffrir des attaques incessantes dirigées contre son caractère et sa véracité, et qui est mort avant d'avoir fait taire la malveillance et la calomnie. Je regarde comme un devoir de proclamer ici, sans scrupule, sans arrière-pensée, René Caillié comme un des plus véridiques explorateurs de l'Afrique. Il ne fut certes pas un homme scientifique ; mais, dépourvu d'instruments et réduit aux moyens les plus infimes, il a fait plus que n'aurait pu faire, dans les mêmes circonstances, aucun autre, voyageur. » C'est M. Jomard , de l'Institut, qui a rédigé la relation de Caillié (Impr. royale, 1830, 3 vol. iti-so),
TOMBOUN, lac de Nigritie, sur la limite du Haoussa et du Bourdon, au S.-E. du pays des Bidis.
TOME s. m. (to-me — lat. tomus, gr. tomos; de temnà, je divise). Division d'un ouvrage, qui forme ordinairement un volume entier : Il y a deux TOMES o cet ouvrage. Cet ouvrage contient quatre tomes en deux volumes, quatre volumes en deux tomes.
Sur ce vaste sujet, si j'allais tout tracer, Je verrais sous ma main des tomes s'amasser.
BoilbaD.