TOMI
TOMEO (César), littérateur italien, né, croit-on, à Tropeja (Calabre Ultérieure). Il vivait dans la seconde moitié du xvi<* siècle. On ne sait rien sur sa vie. Il n'est connu que comme l'auteur d'un drame des plus singuliers, intitulé Trionfo délia lega (Naples, 1575, in-8<>) et dédié à don Juan d'Autriche, après la bataille de Lépante, On y voit paraître environ quatre-vingts personnages, parmi lesquels nous citerons : Jésus-Christ. Satan, Venise, l'Italie, Constantinople, la Poésie, etc. Cet ouvrage est presque introuvable aujourd'hui,
TOMER v. a. ou tr. (to-mé — rad. tome). Diviser par tomes : Tomer un ouvrage.
— Typogr. Marquer du numéro qui indique le tome : Il faut tomer soigneusement les feuilles, pour éviter de graves erreurs.
TOMES, l'ancienne Tomi, ville de la Mésie inférieure, qui fut plus tard le chef-lieu de la Petite Scythie. G est là qu'Auguste exila, on ne sait au juste pour quelle cause , le poëte Ovide. « Ce n'est pas, dit le Dictionnaire de biographie et d'histoire de MM. Dezobry et Bachelet, la ville actuelle d'Ovidiopol, comme l'ont cru les Russes. Tomi était au S. du Danube, non loin de Varna, et de Mesembria, sur l'extrême frontière de l'empire romain au N., près du Pont-Euxin; c'est peut-être la ville moderne Tomisvar, dans l'eyalet de Silistrie. » Ovide fut relégué dans celte solitude par un édit d'Auguste l'an 9 de J.-C. Malgré ses pleurs, malgré ses supplications, malgré les prières discrètes, trop discrètes peut-être, des amis. qu'il avait laissés à Rome, le chantre des Métamorphoses, l'auteur élégant de ['Art d'aimer, le poëte des Tristes, élégies de l'exil, et des Politiques, ne put jamais obtenir du tout-puissant maître de Rome la permission de rentrer dans cette cité où il avait vécu dans l'intimité du prince, où s'était écoulée dans le luxe et les délices la plus brillante partie de sa vie.
TOMEX s. m. (to-mèkss). Bot. Syn. de no-
BÈRB et de TBTRANTHERB.
TOM-HO, rivière de Chine, province de Sse-tchouan. Elle descend des montagnes qui courent sur la limite de la province de Chen-si, se dirige au S.-S.-O. et se jette dans, le Kiu-ling, par ta gauche, un peu au-dessous de la ville de Pao-ning, après un cours d'environ 175 kilom.
TOMICÉPHALE s. m. (to-mi-sé-fa-le — du gr. tome, section; kephalë , tête). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de a tribu des élatérides, dont 1 espèce I
au Brésil.
I espèce type vit
TOM1CKI (Pierre), homme d'Etat polonais, né en 1465, mort en 1535. Il commença k Cracovie ses études, qu'il alla continuer k Leipzig, k Bologne et à Rome, où il embrassa l'étal ecclésiastique. De retour dans sa patrie, il devint chancelier du roi Alexandre, puis secrétaire intime de Sigismond I", successeur de ce prince, et fut chargé par lui de plusieurs missions importantes. C'est ainsi qu'en 1311 il secrendit auprès de Vladislas, roi de Hongrie, et qu'il réussit à conclure, malgré l'opposition îles ministres hongrois, le mariage de Sigismond avec Barbe Zapolya. II revint de nouveau en Hongrie en 1512 et en 1513, pour y poursuivre les négociations relatives à l'alliance des deux pays et de l'empire contre les Turcs, et il sut s'acquitter de sa mission de manière à contenter les ministres du roi de Hongrie, à la requête desquels Sigismond le nomma évéque de Przemysl et vice -chancelier du royaume.
Plus lard, il fut élevé successivement aux sièges de Posen et de Cracovie et conserva jusqu'à sa mort une influence prépondérante dans les affaires de l'Etat.
TOM1GÈRE s. m. (to-mi-jè-re). Moll. Syn,
de TOMOGÈRB.
TOMINA, ville du Pérou, département de Charcas, chef-lieu de province, à 175 kilom. N.-E. de la Plata, sur un affluent de gauche du Cochabamba.
TQMINÉIOS s. m. (to-mi-né-ioss). Ornith.
Petite espèce d'oiseau-mouche, qui habite le Brésil.
TOMI M , TOM1NE ou GOUNONG-TELLOU,
grande baie sur la côte orientale de Célèbes, entre no 30' et 1° 30' -de latit. S.; 500 kilom. de l'E. à 10. et 210 kilom. dans sa plus grande largeur. Elle abonde en îles rocheuses et en récifi,
TOMINO, village et commune de France (Corse) , cant. de Rogliano , arrond. et k 50 kilom. de Bastia ; 700 hub. La vue riante dont on y jouit embrasse d'un côté des montagnes et des vallées bien cultivées, et de l'autre s'étend sur la mer, sur les lies de la Pinosa, de Montecristo, d'Elbe, de Cabraja et jusqu'aux côtes de Gênes et de la Toscane, On trouve dans le voisinage de Tomino et dépendant de cette commune le petit mouillage de Macinajo.
TOMIQUE s. m. (to-mi-ke). Entom. Syn. de bostrichb : Les tomiques diffèrent des platypes par plusieurs caractères. (H. Lucas.)
— Encycl. Les tomiques sont caractérisés par un corps cylindrique; la tète globuleuse, enfoncée dans le corselet; les antennes courtes et terminées en massue solide et annelée; 1 les yeux allongés, un peu échancrés ; les pal-
TOMJ
pas coniques et très-petites; les tarses k articles entiers. Les larves de ces insectes, lorsqu'elles sont très-multipliées, ce qui arrive souvent, causent de grands dégâts dans les forêts, car elles vivent dans le bois et le percent dans tous les sens. Ce sont surtout les arbres résineux ou conifères qu'elles attaquent. On en connaît un assez grand nombre d'espèces, la plupart de très-petite taille, et dont la plus grande n'atteint pas 0ra,01 de longueur. Quant à ce qui concerne les mœurs et les métamorphoses de ces insectes, ainsi que les moyens de les détruire, nous renver? rons aux mots bostrichb et scolyte.
TOM1SCANING, TOMMIS-K.U1A1N ou TE- M1SCAMING, lac du haut Canada, situé au N. de celui de Nipissing, par 47» 25' de latit. N. et,82<> 45' de longit. O. ; 140 kilom. dans sa plus grande longueur et 50 kilom. de largeur moyenne. Il communique au Saint-Laurent par l'Ottawa, et, à ce que l'on suppose, au lac Supérieur par te Montré*!.
TOM1SVAR, en turc Eski-Pargana, ville de la Turquie d'Europe, dans l'eyalet et à 125 kilom. S.-E. de Silistrie, sur la mer Noire, entre Kustendjé et Mangali. Elle a un petit port où il se fait quelque commerce.
TOM1TANO (Bernardin)* médecin italien , né k Padoue en 1506, mort en 1576, Il lit ses études k l'université de sa ville natale, y devint lui-même professeur en 1639, mais, plus tard, n'ayant pas réussi il obtenir une autre chaire qu'il désirait vivement, il donna sa démission et alla s'établir à, Venise, où il exerça, avec beaucoup de succès, la pratique de son art. Nous citerons, parmi ses nombreux écrits : Quatre livres sur la langue toscane, où il est prouvé que la philosophie est nécessaire à l'orateur et au poète (Padoue, 1570), 36 édition- d'un ouvrage publié pour la première fois en 1545, sous le titre de Raggionamenli; Exposition littérale du texte de Matthieu l'évangéliste (Venise, 1547) ; Discours sur l'éloquence (Venise, 1554) ; Conseils sur la peste de Venise en 1556 (Padoue, 1556); Contradictionnm sotutiones in Aristotelis et Averrois dicta (Padoue, 1562); De morbo gallico libri duo, insérés dans le recueil intitulé : De morbo gallico qvse exstant omnia (Padoue, 1566) ; tethys (Padoue, 1574), églogue en l'honneur de l'arrivée de Henri lit à Venise, etc.
Ton» Joncs, roman anglais, par Fielding (1750). Cet ouvrage est te meilleur roman paru en Angleterre durant'le dernier siècle. L idée première sur laquelle il est construit est, à elle seule, un trait de génie. Des deux acteurs qui occupent la scène, l'un parait toujours avoir tort et l'autre toujours raison; il se trouve à la tin que le premier est un honnête homme et l'autre un scélérat. L'un n'a que des défauts ; il les montre et donne prise à la médisance; l'autre a des vices; il les cache et ne fait le mal qu'avec sécurité; toujours maître de lui, il se sert de ses vices avec adresse, parvient k noircir l'innocence et a duper la vertu. Ce contraste est l'histoire même delà société. Tom Jones, c'est la vérité prise sur le fait.
Voici la' contexture du roman, débarrassé de la foule d'épisodes et de personnages secondaires qui font son originalité et lui donnent l'apparence de la vie réelle, mais qui se soustraient à l'analyse générale, M. Alworthy a recueilli un enfant trouvé, Tom Jones, et l'a fait élever comme son propre lils, en même temps que son neveu Blifil. Ce dernier dresse ses batteries pour perdre Tom Jones dans~l'esprit de son oncle, afin de profiter seul de 1 héritage ; il se fait aider dans ses infàtneâ machinations par ses précepteurs, Tvakum et Squarre. Une nouvelle cause de haine s'élève entre les deux jeunes gens : tous deux aspirent k la main d'une charmante jeune tille, Sophie Western, Tom par amour, Blifil par intérêt. Blifil, a force de sourdes manœuvres, réussit à faire chasser Tom par M. Alworthy et à se faire agréer pour gendre par le père de Sophie. Mais la fortune garde au pauvre Jones une compensation : le cœur de M'!e Western lui appartient et l'on se rassure à l'égard du dénoûment. En même temps que Tom part de chez M. Alworthy, Sophie se sauve de chez son père et tous deux prennent la même route sans pouvoir se joindre, poursuivis par M. Western, qui manque toujours sa fille, qu'il cherche, et tombe inévitablement sur Toin, qu'il voudrait voir au diable. C'est une odyssée tantôt tragique, tantôt burlesque. A la fin, tout le monde se retrouve,- tout se découvre. M. Alworthy apprend que Tom est le frère naturel de Blifil et que ce secret était connu depuis longtemps de cet hypocrite. Furieux, il chasse Blifil à son tour et institue Tom son héritier. M. Western, en homme habile, fait volte-face, ouvre k Tom ses bras dans lesquels, une heure auparavant, il voulait l'étouffer et lui laisse à peine le temps de respirer jusqu'à ce qu'il ait épousé Sophie. Tom ne s* fait nullement prier. Tout est bien qui finit bien.
Cette unité d'action, tant de circonstances et d'incidents concourant au même but, donnent à cette œuvre son caractère. La variété et la fidélité des peintures des caractères en font le grand mérite. Non-seulement les principaux personnages , mais ceux qui jouent des rôles secondaires, sont des types. « Le roman de Tom Jones, dit Walter Scott, fut parmi nous le premier ouvrage d'i-
TOMJ
maginatîon fondé sur l'imitation fidèle de la nature. Les fictions de Richardson lui-même tiennent encore à l'ancienne école du roman. Elles se rapprochent davantage, il est vrai, du cours ordinaire de la vie, mais elles offrent cependant une foule d'incidents invraisemblables et des caractères dont l'exagération passe les bornes ordinaires de l'humanité. Tom Jones est la vérité même et la nature prise sur le fait ; c'est en cela que consiste la supériorité immense qui le distingue de tous' les ouvrages de ce genre qui 1 ont précédé... L'ingénieuse idée du plan, l'heureux développement de l'intrigue, à laquelle chaque incident se lie jusqu'à la catastrophe, en même temps qu'il jette un nouveau jour sur le caractère de tous les personnages intéressés, voilà ce qui ne pourra jamais être assez souvent et assez dignement loué. L'attention du lecteur n'est jamais détournée ni fatiguée par des digressions inutiles ou des transitions forcées. Il avance dans sa lecture comme un voyageur voguant sur la surface d'une rivière large et profonde, qui ne se détourne dans son cours qu'autant qu'il le faut pour lui montrer les beautés variées de ses rivages. •
M. Taine, se plaçant à. un autre point de vue et recherchant la part faite à l'idéal, s'est montré peut-être un peu trop sévère, t Vous faites bien de peindre la nature, ditil à Fielding, qu'il évoque, mais que ce soit k ta condition de n'en rien supprimer. Un point inanquedans vos freris si bien membres, la finesse; las rêveries délicates, l'élévation enthousiaste et lu délicatesse frémissante sont aussi bien dans la nature que la grosse vigueur, l'hilarité bruyante et la franche bonté. La poésie est vraie comme la prose et, s'il y a des mangeurs et des boxeurs,
■ il y a aussi des artistes et des chevaliers, Cervantes, que vous imitez, et Shakspeare, que vous rappelez, ont eu cette finesse et 1 ont peinte ; dans cette large moisson que vous rapportez k pleins bras , vous avez oublié les fleurs. On finit par se lasser de vos coups de poing et de vos comptes d'hôtellerie. Vous pataugez trop volontiers dans les étables, parmi les pourceaux ecclésiastiques de Trulliber (autre roman de Fielding). On voudrait vous voir plus de ménagement pour ces héroïnes dont les accidents du chemin lèvent bien souvent les collerettes... Vous êtes si rude que vous ne sentez pas l'atroce. Vous persuadez à Tom Jones faussement, mais pour un instant, que mistress Williams, dont il a fait sa maîtresse, est sa mère, et vous laissez longtemps le lecteur, enfoncé dans l'infamie de cette suppositioTi. Enfin, vous êtes obligé de vous guinder pour peindre l'amour; vous ne trouvez que des épltres compassées ; les transports de notre Tom Jones ne soni que des phruses d'auleur. Faute d'idées, il débite des odes. Vous ne connaisses que les élans des sens, le bouillonnement du sang, l'effusion de la tendresse, mais non l'exaltation nerveuse et le ravissement poétique. L'homme, tel que vous le concevez, est un bon buffle, et c'est peut-être le héros qu'il faut à un peuple qui s'est appelé luimême John Bull, Jean Taureau. »
Tom Jouet a Londres, comédie en cinq actes, en vers, de Desforges (Théâtre-Français, 1782). Peu d'ouvrages se prêtaient mieux k l'arrangement pour le théâtre que le chef-d'œuvre de Fielding. Le contraste des deux caractères de Tom Jones et de Blifil est évidemment propre k la comédie et & la tragédie; aussi la pièce de Desforges tientelle des deux genres; c'est même plutôt un drame qu'autre chose. Elle suit le roman à peu près pas k pas, en le résumant avec beaucoup de fidélité , bien qu'elle présente quelques longueurs dans les tirades. Les seules modifications apportées par Desforges Se bornent à avoir ressuscité M™6 Western, dont la gravité forme un heureux contraste avec la pétulance de son mari, et qui, sur le théâtre, est bien mieux autorisée que tout autre à tirer Sophie de la prison où son père l'a enfermée.
On a blâmé Desforges d'avoir fait tenir par Partridge des propos en latin k une femme, parce qu'elle ne pouvait les comprendre. Mais c'est justement lk ce qui fait le comique de la situation ; si son interlocutrice entendait le latin, il n'y aurait plus de ridicule et, partant, plus de comique. L'intention de l'auteur mérite donc un éloge kla place d'un blâme. Sa pièce a un intérêt soutenu; l'intrigué est bien menée, le vers correct, facile, élégant et parfois même assez énergique , comme dans cette riposte de Tom Jones, k qui l'on disait:
Vous connaissez des loii la rigueur implacable!