‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 214 sur 1042 · C. d'Harlevillk · texte numérisé non relu

C. d'Harlevillk

— Prov. C'est le ton qui fait la musique, qui fait la chanson, C'est le ton, la manière doiit on dit les choses qui dénote l'intention véritable de celui qui les dit.

— Ane. grainm. Elévation de la voix sur une syllabe.

— Peint. Intensité, éclat des teintes : Tons clairs. Tons bruns, n Effet dominant des couleurs d'un tableau : Cette peinture est froide de ton. Il Degré d'intensité du coloris : // faudrait adoucir les TONS des seconds plans. II Tons vigoureux, Ceux qui ont une grande intensité. Il Tons chauds, Ceux qui sont relevés, qui joignent la vigueur à l'intensité, qui sont puissants sans être clairs. Il Tons froids, Ceux qui sont clairs et fades.

— Grav. Effet des passages du blanc au noir.

— Mus. Intervalle entre deux notes consécutives de la gamme, semblable k l'intervalle de ut à ré. Il Gamme dans laquelle doit être exécuté un morceau, et qui prend sou nom de la note par laquelle elle commence : Chanter dans le ton de ré mineur. Passer d'un ton à un autre, il Ancien nom du diapason, instrument qui sert à donner le ton de la, || Chacun des corps de rechange du cor et de la trompette, qu'on adapte à ces instruments pour changer leur intonation première.

n Tons ouverts. Sons que l'on obtient sur le cor sans introduire la main dans le pavillon.

Il Tons bouchés, Ceux que l'on fait rendre à l'instrument en en bouchant plus ou moins l'ouverture avec la main. Il Ton du quart, Dans la musique d'église, Plagal du mode mineur qui s'arrête et finit sur la dominante, au lieu de tomber sur la tonique. Il Ton majeur, Intervalle diatonique conjoint, le plus grand des deux qui existent. Il Ton mineur, Gamme où la distance de la tonique k la tierce n'est que d'un ton et demi, il Tons relatifs, Tons de modes différents composés des mêmes cordes principales, il Tons conjoints, Ceux qui ont le plus d'affinité avec ie ton principal,' conservant le, plus grand nombre de notes semblables. Il Tons authentiques, Dans le plain-ehant, Ceux où la tonique occupe k peu près le plus bas degré de chaut. Il Tons plagaux, Ceux où le chant descend trois degrés plus bas que la tonique. Tons impairs, Tons authentiques, au nombre de quatre. Il Tons pairs, Tons plagaux, au nombre de quatre.

— Véner. Ton de chasse, Air que les piqueurs sonnent pour guider les chiens, dans la chasse k courre.

— Mar. Partie supérieure d'un mât, comprise entre les jattereaux et son extrémité supérieure. Il Vergue amenée sur le ton, Vergue amenée sur les balancines , à quelques pouces du chouquet.

— Techn. Grosse noix percée de plusieurs trous,' qui fait partie du métier du rubanier, et quj sert k bander deux cordes passant par cet appareil, il Broder ton sur ton, Mettre, en brodant, couleur sur couleur.

— Métro). Mesure de poids des Pays-Bas, équivalant à 1,000 kilogrammes.

— Physiq. Dans le système de Chevreul, Intensité d'une couleur plus ou moins foncée, par opposition k la nuance, qui est l'intensité dépendant d'un mélange avec une couleur voisine.

— Syn. Ton de voix, son de voix. V. SON.

— Encycl. Mus. Tons anciens. La musique des anciens, renfermée d'abord dans les limites étroites du tétracorde, du pentacorde, de l'hexacorde, de l'heptacorde et de l'oclacorde, n'admit primitivement que trois tons dont les notes fondamentales étaient placées

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à un ton de distance l'une de l'antre. Le plus grave des trois tons était le dorien, le phrygien occupait le centre, le lydien était le plus aigu. Kn partageant ie ion en deux intervalles, on fit place k deux autres tons, l'ionien et l'éolien ; l'ionien entre le dorien et le phrygien, l'éolien entre le phrygien et le lydien.

Dans la suite, le système s'étant ét"ndu à l'aigu et au grave, les musiciens établirent, de part et d'autre, de nouveaux tons, qui liraient leur dénomination des cinq premiers, en y joignant la préposition hyper, sur, pour les tons aigus, et la préposition hypo, sous} pour les tons graves. Le ton lydien était ainsi suivi de l'hyper-dorien, de l'hyper-ionien, de l'hyper-phrygien, de l'hyper-éolien et de l'hyper-lydien en montant, tandis qu'après le ton dorien venaient, en descendant, l'hypo-lydien, l'hypo-éolien, l'hypo-phrygien, 1 hypoionien et l'hypo-dorien.

Parmi ces tons, Platon en rejetait plusieurs comme capables d'altérer les mœurs. Aristoxèue, au rapport d'EucliJe, en admettait seulement treize, supprimant les deux plus élevés, l'hyper-éojien et l'hyper-lydien. Ptolémée réduisait k sept le nombre des tons, disant que les ions n'avaient pas été admis dans le but de varier les chants, mais bien afin de faciliter le passage d'un ton k l'autre au moyen d'intervalles faciles d'intonation. Ce philosophe renfermait alors tous les tons dans l'espace d'une octave dont le ton dorien était la clef de voûte ; en sorte que le mixolydien était une quarte au-dessus et l'hypodorien une quarte au-dessous; le phrygien une quinte au-dessus de l'hypo-dorien, l'hypophrygien une quarte au-dessous du phrygien et le lydien une quinte au-dessus de l'hypophrygien. Il y avait ainsi, k partir de l'hypodorien jusqu'à l'hypo-phrygien, l'intervalle d'un ton; de l'hypo-phrygien àl'hypo-lydien, un autre ton; de l'hypo-lydien au dorien, un demi-ron; du dorien au phrygien, un fou; du phrygien au lydien, encore un ton, et du lydien au mixo-lydien, un demi-fo>t, ce qui donne l'étendue d'une septième dans l'ordre suivant :

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