‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 221 sur 1042 · EE · texte numérisé non relu

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Demi-ton.

TOND

la gamme type) ; ceci ne change rien h la place du dernier demi-ton, qui est toujours situé entre le septième et le huitième degré, mais cela crée un nouveau demi-ton, placé entre le cinquième et le sixème degré, et constitue un écart d'un ton et demi entre le sixième et le septième. Cette formule de gamme semble devoir prédominer aujourd'hui et on peut presque dire, du reste, que par son sixième degré, mineur- ainsi que le troisième, elle caractérise le mode mineur d'une façon plus complète encore.

Au point de vue de l'harmonie, notre tonalité a pour point déterminant l'accord dit de septième dominante, dontTemploi ne remonte qu'au! xvie siècle. Cet accord, composé, ouire sa note fondamentale , d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure, forme un ensemble de trois tierces, dont la première seule est majeure, comprend quatre tons et deux demi-tons et se place, comme son nom l'indique, sur la dominante, c'est-à-dire le cinquième degré du ton, comme on peut le voir par cet exemple, qui représente l'accord de septième dominante du ton d'ut :

Souvent aussi on emploie la gamme mineure avec le sixième degré formant sixte mineure avec la tonique (c'est-à-dire le fa naturel dans la gamme de la mineur, qui est

Le caractère particulier, déterminant de cet accord est de subir deux influences : la première, relative à sa tierce majeure, qui demande impérieusement à monter d'un degré pour aller se reposer sur la tonique; la Seconde, relative à la septième dominante, qui demande avec non moins d'énergie à descendre d'un degré pour se fixer sur la médiante, c'est-à-dire la tierce de la tonique. Cette influence, subie par l'accord de septième dominante, est en, harmonie le point caractéristique de notre tonalité, comme la place occupée par les deux demi-tons est son point caractéristique sous le rapport de- la mélodie. Ce double caractère est déterminé en partie, dans les deux cas, par ce qu'on appelle la note sensible. La note sensible est la septième note de la gamme, le si dans la gamme d'ut, et elle tend toujours à monter soit dans la mélodie, soit dans l'harmonie, pour satisfaire le besoin de notre, oreille. C'est cette note qui, dans la gamme, forme demi-ton avec le redoublement de l'octave, et c'est elle qui, dans l'accord de- septième dominante, constitue la tierce majeure dont nous avons signalé la tendance.

TONARIUM s. ni. (to-na-ri-omm — mot lat. dérivé de tonus] ton). Antiq. Flûte qui servait à donner le ton aux orateurs.

— Encycl. Cicéron et Quintilien nous ont appris quelle étude et quel soin les orateurs de l'antiquité mettaient à bien diriger, à régler leur voix. Pour eux , les intonations étaient en quelque sorte comme des couleurs qui faisaient ressortir les diverses nuances de la pensée. Ils recherchaient avant tout le naturel, mais un naturel qui n'excluait ni l'énergie ni la véhémence. Toutefois, l'énergie devait se garantir de l'emphase et de toute exagération ; la véhémence devait prendre garde d'aller jusqu'au cri. On évitait même les éclats de voix que n'auraient pas avoués le bon goût et la décence. Afin de maintenir plus sûrement leur voix dans les cordes naturelles et dans la tonalité décente, ils avaient souvent auprès d'eux un joueur de flûte chargé de leur donner le ton et de les y ramener quand ils s'en écartaient. L'instrument dont le musicien faisait usage en cette circonstance était appelé tonarium.

TONAWANDA, ville des Etats-Unis, Etat de New-York, dans le comté d'Erié, à 42 milles'N, de Buffalo, sur le Niagara et le canal de l'Erié. Cette ville fait un commerce trèsactif.

TONBRIDGE ou TUNBKIDGE, ville d'Angleterre, comté de Kent, à 20 kiloin. S.-O. de Maidstone, sur la Medway et le chemin de fer du Sud-Est ; 14,000 hab. Hôtel de ville, église remarquable, ruines d'un château dans les environs. Manufactures de porcelaine; important commerce de grains et de bestiaux.

TONCA s. f. (ton-ka). Race de brebis dont la laine est fort estimée, et que l'on nourrit dans les plaines de la Bessarabie.

TONCA s. m. (ton-ka). Bot. V. tonka.

TONCIQUE adj. (ton-si-ke — rad. lonca).

Chim. Se dit d'un acide extrait de la coumarine.

TONDA ou TONRA, ville de l'Indoustan anglais, présidence et province du Bengale, vis-à-vis des ruines de Gour, dont elle est séparée par le Gange, à 70 kilom. M", de Mourchidabad, par 24» 49' de latit. N. et 850 55' de longit. E. Cette ville est aujourd'hui bien déchue de son ancienne splendeur. En 1564, Soliman-Chah, trouvant l'emplacement de Gour trop insalubre, fit de Tonda la capitale du Bengale, rang qu'elle ne conserva que jusqu'en 1592.

. TONDAGE s. m. (ton-da-je — rad. tondre). Action de tondre le poil de certains animaux : Le tondaqe des chevaux.

— Action de tondre les draps.

TONDAILLE s. f. (ton-da-lle; Il mil. — rad.

tondre). Se dit pour tonte dans certains départements.

— Fête, repa3 qui suivait la tonte.

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TONDAISON s. f. (ton-dè-zon — rad. tondre). Syn. de tontb.

— Epoque où l'on fait la tonte.

— Laine qu'on retire de la tonte.

TONDANT, ANTE adj. (ton-dan, an-te — rad. iondre). l'athol. Qui fait tomber les poils : Teigne tondantk.

TONDERN, ville de Danemark (Slesvig), sur la Wiedau, qui y forme une lie, à 45 ki- • lom. S. de Ribe, 132 N.-O. de Slesvig, ch.-l. d'un district nobiliaire; 3,000 hab. Fabrique déchue de dentelles, fabrique de tabac, tanneries. Commerce en grains, bétail et chevaux. Maison de détention. Patrie du poëte Gerstenberg.

TONDEUR, EUSE s. {ton-deur, eu-ze — rad. tondre). Personne qui tond, qui sait tondre : Un tondeub de moutons. Une tondeusk de draps.

— Hist. Nom donné à des brigands appelés -aussi ÉCORCHEURS.

— Arboric. Celui qui tond les arbres, les arbrisseaux, les gazons : L'habitude du tondkuk vaut mieux que tous les préceptes. (Bosc.)

— Econ. rur. Nom donné, dans quelques départements, à ceux qui recueillent le 'miel des ruches.

— s. f. Machine dont on se sert pour tondre les draps et autres étoffes de laine.

— Hortic. Instrument avec lequel on tond les gazons.

Tondenne de mnnloiii (la), chef-d'œuvre de François Millet. Une jeune paysanne, au teint hâlé, coiffée' d'un serre-tête blanc et ayantun grand tablier bleu gris, tond, à l'aide de gros ciseaux, un mouton qui est couché sur le flanc, la tête pendante en avant. Un vieux paysan, vêtu d'une blouse bleue et placé dans le fond, assiste à l'opération. Les personnages, de grandeur naturelle, Sont vus jusqu'aux genoux.

Ce tableau, un des plus importants qu'ait exécutés François Millet, a figuré au Salon de 1861 et a reparu à l'Exposition universelle de 1867. « La Tondeuse de moutons, a dit W. Bùrger, est un chef-d'œuvre. Cette fille au teint hâlé, aux formes robustes, a l'air d'une prêtresse qui accomplit tranquillement et majestueusement un acte religieux. Ah ! que cette tondeuse tond bien 1 La tête a une gravité virginale; les bras et les mains sont dessinés avec une correction grandiose. Sous les grossières étoffes du costume, on sent une structure saine et ferme. Comme couleur, une sobriété vigoureuse. Qu'y a-t-il? Du bistre doré dans les chairs, du gris dans le corsage, tin peu de blanc en manière de cornette sur les cheveux, une lumière tranquille partout. A quoi ressemble ce tableau? On ne saurait lui trouver d'analogue dans aucune école. Comme fierté de tournure et science de dessin, il pourrait faire penser aux Florentins de l'époque de Ghirlandajo, avant la fureur mouvementée qui s'empara de là Renaissance. Comme simplicité do sentiment, il pourrait rappeler les Lenain! Mais, en conscience, ces comparaisons éloignées ne signifient rien, et l'œuvre de Millet demeure parfaitement et intégrnlemerit sienne. » Th. Gautier, qui préférait à la force les délicatesses et les raffinements, a dit de ce tableau : ■ La placidité animale de la tondeuse se confond avec la résignation passive de la bête, principal personnage du tableau. Le mouton a peut-être même l'air plus humain; il est d'ailleurs d'une très-belle couleur, tandis que la femme, si l'on peut lui donner ce nom, disparaît s»us une couche de tons briquetés, dont jamais peau féminine, même tannée par la pluie, le vent et le soleil, n'a pu se revêtir. Sur le cou glisse, on ne sait pourquoi, une lumière blanche comme une égratignure récente sur un mur de plâtre noirci. »

TONDI, villeet port de l'Indoustan anglais, dans le Karnatic (Bengale), à l'embouchure d'une branche du Vayg-arou, en face de la côte N.-O. de Ceylan, par 9» 43' de latit. N. et 76» 45' de longit. E.

TONDI (Matthieu), minéralogiste et géologue italien, né à San-Severo, royaume de Naples, en 1762» mort vers 1837. Il étudia la médecine et les sciences naturelles , fit à Naples un cours d'entomologie, de chimie et de botanique et propagea les idées de Lavoisier. Attaché à la mission du général Parisi , chargé d'aller explorer les mines de l'Allemagne, Tondi se livra à des recherches minéralogiques et géologiques, visita les mines de l'Autriche et de la Hongrie, puis voyagea dans le même but en Angleterre et en Irlande. En revenant dans son pays, il tomba successivement entre les mains des Français, des Autrichiens, des Bavarois, courut les plus grands dangers et parvint enfin à regagner Naples. Il fut alors chargé de visiter les mines des Abruzzes et de la Calabre. Par la suite, ses idées patriotiques et libérales l'ayant fait proscrire, Tondi se rendit à Lyon, où il obtint de l'emploi dans la direction d'une mine de houille située dans les environs de cette ville, puis il fut attaché au Muséum d'histoire naturelle de Paris et chargé du classement des minéraux. Pendant un voyage qu'il fit en Espagne en 1808, il perdit ses collections, fut conduit à Naples, mais retourna bientôt après à Paris, ou il resta jusqu'en 1812. A celte époque, il revint à Naples et y

TOND

remplit les fonctions d'inspecteur général des eaux et forêts, de professeur à l'université et de directeur du service minéralogique. On cite, parmi ses ouvrages : Institutions chimiques (Naples, 1787, in-S°); Instruction sur la vlantalinn des 6ow{Ntiples, 1813, in-8"); Eléments d'oryctoynosie (1817, 3 vol. in-8°); la Science des forêts à l'usage des forestiers (1821, 3 vol. in-8°l; Eléments d'oréognosie.

TONDIN s. m. (ton-dain — ital. tondino; de iondo, abréviation du lat. rotundus, rond). ArcMt. Astragale au bas des colonnes.

— Techn. Cylindre qui sert au plombier pour former et arrondir les tuyaux'de plomb ou d'étain.

TONDJA ou TOBNDJA (Tonkus), rivière de la Turquie d'Europe. Elle prend sa source dans les monts Balkans, près de la limite de la Bulgarie, coule à l'E., puis au S., baigne le territoire et la ville d'Andrinople et se jette dans la Maritza, après un cours d'environ 275 kilom. Elle reçoit plusieurs affluents, dont le principal est le Sluinkdéré,

TONDO, province de l'Ile de Manille (Malaisie). Elle occupe le S.-O.de l'Ile, contourne la haie de Manille et confine avec les provinces de Bulacan, Luguna, Cavité etVnlangas. Elle produit du m»Ts, du riz, du sucre, des fruits excellents, du tabac, de l'indigo, du cacao, de la vanille, des plantes médicinales, du miel, de la cire, de beaux bois de construction, etc. On trouve dans les parties montagneuses de l'or, du fer et du platine. Salines; fabriques de toiles, manufactures de tabac, fonderies, fabriques d'armes et d'outils divers. Commerce ave'c les Chinois ; environ 200,000 hab. Les villes les plus importantes sont Manille, chef-lieu; Maria-Kina et Matthéo.

TONDRE v, a. ou tr, (ton-dre — latin tondere, mot qui est rattaché par Eichhoff à la racine sanscrite tud, couper, broyer, frapper ; d'où aussi, selon lui, le grec tliuô, tliussâ, ■ theinô, le gothique dauthinn, allemand tôiten, tôdteu, anglais to die. to dead, etc. Je tonds, tu tonds, il tond, nous tondons, vous tondez, ils tondent ; je tondais, nous tondions; je tondis, nous tondîmes ; je tondrai, nous tondrons; je tondrais, nous tondrions; tonds, tondons, tondez; que je tonde, que nous tondions; que je tondisse, que nous tondissions; tondant; tondu, tondue). Couder In laine ou le poil de r Tondre un mouton. Tondre un chien. t| Couper, en parlant du la laine ou du poil : Tondru la laine en suint.

— Tailler de près les cheveux de : "Votre coiffeur vous A, tondu comme on tond les chiens.

— Paire moine. Il Vieux en ce sens.

— Eu parlant des étoffes , Couper de près les poils de : Tondre le drap.

— Tailler ras, couper de près les tiges ou les pousves de : Tondre une palissade, un gazon. Tondre des buis. Des troupeaux de vaches opulentes tondaient le regain humide sur les bords du lac. (E. About.)

Je tondis de ce pré la largeur de ma langue. La Fohtainb.

— Fam. Ruiner, dépouiller : Ceux qui nous chicanent, nous nous efforçons de les tondre. (Mol.) Il Soumettre à des exactions, frapper d'iiii|ôts excessifs : Nous sommes de vrais moutons, nous paissons tranquillement ; il est vrai qu'on nous tond un peu trop près, en attendant qu'on nous égorge ; mais que gagnet-on à se révolter? (Mme Du Deffant.) Sully examina toutes les prétendues dettes et les arrérages, les titres et les obligations de tous, et tondit â son tour sur le vif, au profit du roi. (Ste-Beuve.)

— Absol.iej bergers sont occupes à tondue.

— Se laisser tondre la laine sur le dos, Supporter patiemment des injustices, des vexations, des exactions : Puuvre et chère, brebis de mun cœur! dit-il avec compassion;

elle SE LAISSERAIT TONDRE LA LAINE SUR LE

DOS sans crier. (D. Sterne.)

— Tondre quelqu'un sous le peigne, Le faire échouer complètement. Il Vieille loc.

— Il tondrait sur un œuf, Il est d'une avarice sordide : On fait de la dépense devant les autres de temps en tempstet puis, dans le secret dit ménage, OH TONDRAIT, comme on dit, SUR UN CËUP. (G. Sand.)

— Piov. Il faut tondre ses brebis, et non pas les écorcher, Il ne faut pas exiger de quelqu'un plus qu'il ne peut faire.

— Constr. Tondre une pierre, Enlever une faible épaisseur du parement de cette pierre.

TONDRE s. f. (ton-dre — du germanique : anglo-saxon tynder, anglais tinder, allemand sunder, amadou; de zUnden, allumer). Bois pourri sec, employé comme amadou. H Toile brûlée dans une boite close, dont les marins se servaient autrefois au lieu d'amadou.

TONDU, UE (ton-du, ù) part, passé du v. Tondre. Dont on a coupé la laine ou le poil : Moutons tondus. Chien tondu. Drap tondu.

— Eara Ruiné, perdu, déconsidéré : Tondus, oui, pauvre fille! et tondue jusqu'au vif. 'Sterne.)

Sun» toi j'étais (ondu, je le dois avouer.

lUrjrEaocHB.

Oui, je sala sa pensée.

Et je serai ravi de le voir confondu.

— Vous n'avez qu'à parler c'est un homme tondu.

Reonard.

TONG

— Prov. A brebis tondue , Dieu mesure le vent, Dieu ne nous envoie pas plus d'affliction que nous n'en pouvons supporter: Mais, ajouta-t-elle avec mélancolie, Dieu ne me-

SURE-f-t7 PUS LE VENT A la BREBIS TONDUE?

(Sterne.)

— Diplomatiq. Se dit d'une écriture gothique du xiii» siècle, dont les saillies sont supprimées, les angles arrondis.

— s. m. S'est dit autrefois pour moine : Un des Pères nous lut quelques vers de sa façon, qui vraiment n'étaient pas mauvais pour avoir été failspar un tondu. (Brill.-Sav.)

— Prov. et fig. Il n'y avait que trois pelés et un tondu, Se dit en parlant d'une réunion peu nombreuse, où il n'y avait que des gens de peu de considération.

TONDC ( Pierre - Henri - Hélène - Marie ), homme d'Etat français. V. Lebrun.

TONDURE s. f. (ton-du-ro— rad. tondre).

Laine qui tombe du drap que l'on tond.

TONDUZZI (Jules-César), historien italien, né à Faetiza en 1617, mort dans la même ville en 1673. Il entra dans les ordres et passa la plus grande partie de sa vie à.réunir des documents relatifs a l'histoire de sa villa natale. Comme son compatriote Cavina sa livrait en ce moment à un semblable travail, i! se lia intimement avec lui, et les deux écrivains se communiquèrent leurs recherches.

On a de Tonduzzi : Faventinse historix breviarium (Faenza, 1670, in-8°) , chronique succincte qui va jusqu'au xive siècle. Cavina continua cet ouvrage, qui fut alors publié sous sa nouvelle forme avec te titre de Itlorie di Faenza (Faenza, 1675, in-fol.).

TONE (Théobald-Wolf), fondateur de l'association des Irlandais unis, né à Dublin en 1763, mort en 179S. Il professait la foi anglicane ; mais, iDdignô de l'oppression sous laquelle vivaient ses compatriotes catholiques, il conçut le projet de leur affranchissement lorsqu'il vit éclater la Révolution française. Il commença à agiter les esprits, en 1790, par la publication dune brochure véhémente; puis il fit retentir la tribune des clubs de ses protestations contre la tyrannie du gouvernement anglais (1791); enfin, il employa le moyen des pétitions. En 1793, il fonda la vaste association des Irlandais unis , qui causa une vive inquiétude au pouvoir. Mandé à la barre du Parlement, il y fut traité, par Je chancelier, de < serpent nourri dans le sein de l'Etat. » Tone passa aux Etats-Unis en 1795; mais, dès l'année suivante, il reprit son projet de secouer le joug de l'Angleterre, et dan3 ce but il vint en France demander du secours au Directoire. Il s'aboucha avec Hoche pour une expédition à la baie de Bantry et de Texel. En 1798, il servit comme adjudant général dans l'expédition commandée par le général Hardy; mais, saisi parles Anglais, conduit a. Dublin, et condamné à la potence , il se suicida dans sa prison. — Il a laissé un fils, qui a fait ses études à Paris, et pris du service dans l'armée française, où il est devenu officier de cavalerie.

TONÉE s. f. (to-né). Bot. Syn. de bertholétie, genre de myrtacées.

Tonelli (la), opéra-comique en deux actes, paroles de M. Thomas Sauvage, musique de M. Ambroise Thomas; représenté à l'Opérn- Comique le 30 mars 1853. L'action se passe à Naptes. La Tonelli, première chanteuse au théâtre Saint-Charles, est aimée par un magistrat ridicule, et elle lui- préfère il primo buffo du théâtre, avec lequel elle se concerte pour faire épouser à Carlino Puppo une jeune villageoise nommée Bettina, qui ressemble beaucoup à la cantatrice et que le soupirant grotesque prend pour elle. La partition de M. Thomas brille des qualités de science et de goût qu'il déploie dans tous ses ouvrages. Les musiciens y trouvent plus de plaisir que le public. L'ouverture , le choeur des pifferari, l'air de la Tonelli, la tarentelle cliantee par Bettina, c'est-à-dire la Tonelli déguisée ;|le duo entre Carlino Puppo et Bettina ; l'air du jtrimo buffo, sont des morceaux d'un intérêt piquant. L'ouvrage a été chanté par Faure et Mme Ugalde.

TONG (Ezrael), théologien anglais, né à Holb-y en 1621, mort en 1680. Il fut successivement instituteur de campagne, ministre dans le comté de lient, professeur à Durham et à Islington, chapelain de la garnison de Duokerque et, enfin , ministre d une des paroisses de Londres. Dans ces différents emplois, il fit preuve de peu d'élévation de caractère et poussa le fanatisme jusqu'au point de se faire, avec l'infâme Oates, te dénonciateur du prétendu complot des papistes contre Charles II. Outre différents ouvrages traduits du français , on a de lui : Abrégé de la grammaire; le Royal martyr; YEtoite du Nord, recueil de prétendues prophéties sur la monarchie anglaise ; plusieurs pamphlets contre les jésuites; des dissertations, insérées dans les Transactions philosophiques, etc. Tong était un adepte fervent des sciences occultes , et il a laissé en manuscrit un traité complet d'alchimie, ainsi que différents ouvrages sur la théologie.

TONGA s. m. (ton-ga). Mamm. Grande espèce de roussette.

— Entom. Espèce de chique du Brésil.

— Bot. Syn. de tonka.

TONGA (ARCHIPEL DE) ou ILES DES AMIS,

TONG

groupe d'Iles de l'Océanie (Polynésie), par 170-2ïo de latit. S. et 1760-178° de longit. 0., au S.-O. des Iles Viti; 2,500 kilom. carrés à peu près; 60,000 hab. environ. Elles sont au nombre de plus de cent cinquante; les plus considérables sont celles de Vavaou, Tonga- Tabou, Toua, Lefouga, Namouka, Tofoua et Late. Leur surface est, en général, plus ou moins élevée et montueuse. Le climat est moins chaud que ne ferait supposer leur latitude, ce qui provient des pluies fréquentes qui y tombent ; il est d'ailleurs salubra et l'air est toujours pur. Malheureusement, toutes ces tles éprouvent de fréquents tremblements de terre. Le sol est très- fertile. On trouve en. abondance dans toutes ces lies l'igname, qui forme la principale nourriture des habitants; la noix de coco, la canne à sucre, la banane, l'arbre à pain, le bois de santal et le mûrier à papier sont les principales essences forestières. Les indigènes élèvent une grande quantité de porcs et de volailles; ce sont les seuls animaux domestiques que l'on trouve dans les lies Tonga, mais il y a en outre une multitude de perroquets et de pigeons ; enfin, la mer y est très-poissonneuse. Les habitants, de race malaise, sont en général de couleur cuivre foncé; cependant il y en a de couleur olive. Ils sont, pour la plupart, d'une taille avantageuse, robustes, bien faits et ont les traits réguliers. Les femmes, dont beaucoup se distinguent par leur beauté, ont les doigtî des mains d'une petitesse extraordinaire. Ces insulaires fabriquent des tissus de différentes couleurs, semblables à ceux qui se font à Taïti ; des nattes, dont quelquesunes sont d'une grande finesse; diverses espèces de paniers et d'ornements, tels que des colliers, des chasse-mouches, etc. Ils avaient

i'adis un gouvernement régulier, une double iérarohie bien définie, à la tête de laquelle se trouvaient un chef temporelet un chef spirituel. Lotir dernière dynastie a été celle des Finare, de même qu'on voit a Taïti les Poinaré, et aux Sandwich les Tamehameha.

Le gouvernement actuel est une espèce de fédération, le pouvoir s'étant fractionné à la suite de guerres sanglantes. Les habitants des lies Tonga ont des cases bien construites, des villages fortifiés, une espèce de ville sainte ou nécropole appelée Mafanga, des fêtes, des cérémonies, des danses, quelques • instruments de musique; leur langue est réputée plus riche, plus parfaite que celle de3 • autres archipels. Les tles Tonga ont été découvertes en 1643 par Tasman ; mais il n'en fut plus question en Europe jusqu'au second voyage de Cook, qui, reconnaissant du bon accueil qu'il y reçut, leur donna le nom d'archipel des Amis, auquel on a depuis substitué celui qu'elles portent aujourd'hui. Après Taïti, cet archipel est la région la plus connue des voyageurs européens, qui vantent à l'envi le charme de ses paysages, l'amabilité de ses habitants. Selon la tradition locale, confirmée par les récits des navigateurs, les insulaires de l'archipel de Tonga jouissaient d'un bonheur sans mélange depuis un tempa immémorial, lorsqu'à la fin du dernier siècle éclata parmi eux une affreuse guerre civile qui, en se perpétuant, détruisit la plus grande partie de la population et réduisit le reste à la condition la plus misérable. En 1797, l'archipel de Tonga fut visité par les missionnaires de Londres ; depuis quelques années il a été remis, avec les lies Viti, à la mission des pasteurs wesleyens (tnéthodisies), dont les travaux sont dirigés par l'évèque qui réside à la Nouvelle-Zélande. La population presque entière est désonnais convertie, et l'idolâtrie tend à disparaître.

Les anciennes croyances de ces peuplades offrent d'ailleurs une mine des plus fécondes aux investigations de la science à propos des questions cosmogontques, religieuses et ethnographiques encore peu élucidées de cette partie du monde. La base des croyances des Tongans repose sur le polythéisme; parmi les principaux dieux, nous citerons : K.ala-Foutonga, principe féminin, auteur de la création et maître souverain des éléments; Tali- Aï-Toubo, dieu de la guerre; Toubo-Totaï, dieu de la mer, protecteur des pécheurs; Alo- Alo, dieu de la propriété; Mawi, chargé de supporter la terre; Touï-Bolotou, Hala-Api- Api, Toubo-Bougou, Tangaloa, etc., divinités inférieures et remplissant différentes fonctions. Au-dessous de ces dieux viennent les hotonas, ou esprits célestes intermédiaires entre les êtres supérieurs et l'homme, et formés principalement par les âmes des prêtres ou des chefs décédés ; il existe aussi des hotonas qui jouent te rôle de nos démons.

La cosmogonie des Tongans est extrêmement naïve; ils racontent qu'un jour Tangaloa, leur dieu national, péchant à la ligne, lit monter à la surface de l'eauJes lies Tonga. PiU'ini leurs traditions, il en est qui rappellent singulièrement les données hébraïques contenues dans la Genèse. Nous reproduisons, d'après Mariner , la légende suivante qui, traduite d'après la langue originale, donnera en même temps une idée de la littérature de ce peuple sauvage. Tout d'abord nous ferons observer qu'il est bien possible que ce récit ait été composé par quelque missionsaire,et nous ne garantissons pas que la fable qui suit soit originaire de Tonga. Nous la donnons donc à titre de simple curiosité.

« Le dieu Tangaloa et ses deux fils allèrent habiter Bolotou. Ils y avaient demeuré longtemps, quand Tangaloa dit à ses deux fils :

TONG

t Allez avec vos deux femmes, ethabitez dans » le monde à Tonga. Divisez la terre en deux, > et habitez séparément. » Ils s'en allèrent. Le nom de l'alné était Toubo; celui du cadet Vaka-Ako-Ouli. Le cadet était fort habile; le premier, il fit des haches, des colliers de verre, des étoffes de papa-langui et des miroirs. Toubo était bien différent; c'était un fainéant. Il no faisait que se promener, dormir et convoiter les ouvrages de son frère. Ennuyé de les demander, il pensa a le tuer et se cacha pour cette mauvaise action. Il rencontra un jour son frère qui se promenait et il l'assomma. Alors leur père arriva du Bolotou enflammé de colère. Puis il lui demanda : o Pourquoi as-tu tué ton frère î Ne » pouvais-tu pas travailler comme lui? Fuis,

• malheureux, fuis I Dis h la famille de Vaka- » Ako-Ouli, dis-lui de venir ici. » Ceux-ci vinrent, et Tangaloa leur adressa ces ordres :

• Allez et lancez ces pirogues à la mer; foi-

• tes route à l'est, vers la grande terre, et » restez là. Votre peau sera blancho comme » votre âme, car votre âme est belle. Vous » serez habiles, vous ferez des haches, toutes » sortes de bonnçs choses et de grandes pi- » rogues. En même temps, je dirai au vent » de toujours souffler de votro terre vers » Tonga, et ils ne pourront venir vers vous

■ avec leurs mauvaises pirogues. » Puis Tangaloa parla ainsi au frère aîné : « Vous serez

■ noir, car votre âme est mauvaise, et vous » serez dépourvu de tout. Vous n'aurez point

• de bonnes choses ; vous n'irez point à la » terre de votre frère. Comment pourriezs vous y aller avec vos mauvaises pirogues?

■ Mais votre frère viendra quelquefois àTonga > pour y commercer avec vous. •

Les dieux qui résident dans le Bolotou ou Olympe océanien daignent quelquefois descendre sur la terre et s'unnoncent par un sifflement. Ils viennent aussi, comme certaines divinités antiques , s'incarner momentanément dans des prêtres ou des saints, qui sont appelés alors faheguehe ou eguis, et qui manifestent leur état d'inspiration par des contorsions, des convulsions, des mouvements nerveux et autres désordres organiques.

Les prêtres rendent aux dieux un culte assidu dont les principales cérémonies sont : le fata, ou pratique expiatoire que doit accomplir un individu soupçonné d avoir rompu le tabou (v. ce mot); le tao-tao, sacrifice offert a Alo-Alg et suivi de réjouissances bruyantes, qui font penser aux saturnales et aux bacchanales des anciens Grecs et Romains; le naudjia, ou sacrifice d'un jeune enfant pour obtenir la guérison d'un personhage important; celle coutume sanguinaire est actuellement tombée en désuétude ; le tougouhava, ou flagellation pendant les funérailles d'un parent; le lotou, ou simple prière, etc. La magie, les exorcism.es , la divination , les présages tirés du vol des oiseaux, de l'état du temps, des songes, etc., sont également fort en honneur auprès des Tongans. L'envoûtement est pratiqué sous le nom de tatao, la consultation des sorts sous celui de taniou, etc.

Quoique les Tongans aient en médecine et en chirurgie certaines notions empiriques, ils appellent à leur secours les moyens magiques et la sorcellerie dans la plupart des maladies.

Une discipline morale, parfaitement conçue et strictement observée, a aujourd'hui supprimé ehez les Tongans les principaux vices de la vie sau vage.La polygamie n'existe plus; les hommes ont été ramenés à des habitudes pacifiques et les femmes k la modestie qui convient à leur sexe. Eu un mot, c'est un peuple chrétien et à peu près civilisé qu'on trouve aujourd'hui dans ces lieux où il n'existait autrefois que des sauvages. Pour achever le tableau, ajoutons que, sous ce nouveau régime , la population , loin de diminuer , Semble s'accroître sensiblement. Néanmoins, la lutte entre les deux partis chrétien et païen a été opiniâtre et sanglante. Les missionnaires wesleyens , malgré leurs dénégations réitérées, ont été fréquemment accusés d'avoir provoqué l'emploi de la force matérielle pour triompher dans leur lutte contre l'idolâtrie.

Le calme dont ils jouissent sous la protection de l'Angleterre, depuis une vingtaine d'années, a permis aux Tongans de réaliser les progrès les plus heureux. Le souverain actuel, le roi George, dont la politique intérieure est extrêmement pacifique, gouverna avec une habileté à laquelle tes résidents européens et les voyageurs rendent hommage. Les lies sont bien cultivées, bien administrées et la justice y est rendue équitablement. Les routes sont nombreuses et bien entretenues; l'année montre de la discipline; il est vrai qu'elle n'est pas très-nombreuse. La résiuence du roi est dans l'Ile de Tonga-Tabou, dont il est question ci-après. '

Suivant les rapports des missionnaires, le peuple possède d'excellentes qualités; ils disent qu'ils sont honnêtes les uns envers les autres, mais qu'i.s sont voleurs à l'égard des étrangers. Les manières da la basse classe sont licencieuses à l'excès; dans les hautes classes, l'adultère est puni.

TONGAN , ANE s. et adj. (ton-gan, a-ne). Géogr. Habitant de l'archipel de Tonga; qui appartient à cet archipel ou à ses habitants : Les Tongans. La population tonoanb.

TONGA-TABOU, lie principale de l'archipel

TONG

de Tonga, la plus grande e-t la plus peuplée ; 100 kilom. de tour; 20,000 hab. C'est une lie madréporique, au sol légèrement ondulé, soulevé en différents endroits; elle est privée de sources et de ruisseaux, comme toutes les lies de même nature. Il faut creuser la couche , d'humus pour se procurer de l'eau douce ou puiser dans les mares des terrains bas. Des pluies fréquentes rendent l'île très-fertile et donnent à la végétation beaucoup de puissance et d'éclat. On y trouve, entre autres arbres, le cocotier, le leki-leki, qui produit un fruit de la grosseur d'une noix de coco; le toui-toui ou arbre à chandelle, le coca, qui produit des baies de couleur rouge noir en

3°rappes ; le taro, le bananier, le pandanus, ont la feuille sert & couvrir les cases , etc. Parmi les reptiles, on y trouve le serpent, un beau lézard vert, une espèce de couleuvre aquatique, etc. Les bois sont peuplés de perroquets, mais toutes les autres .espèces d oiseaux y sont très-rares. Tasman la nomma Amsterdam. « Les naturels du pays, dit le Dictionnaire géographique universel, sont généralement bien faits; leurs formes sont musculeuses et les traits de leur visage réguliers. Ils ont généralement le teint cuivré; quelques-uns sont très-noirs et ont les cheveux frisés, ce qu'il faut attribuer sans doute au mélange de ces insulaires avec ceux des îles Fidji, avec lesquels ils vivent en plus parfaite intelligence. Les chefs ont un embonpoint très-remarquable ; une forte corpulence est un air de dignité. Les femmes sont modestes, réservées et belles généralement; leur costume est un simple jupon d'étoffe du pays qu'elles attachent autour de la ceinture et qui tombe jusqu'à la cheville ; la partie supérieure du corps est toujours nue ; elles ont aussi le teint cuivré. Elles ne doivent porter des cheveux longs que jusqu'au jour de leur mariage. Le costume du roi consiste en unechemise blanche et un petit jupon d'étoffe du pays, attaché autour des reins. Ces insulaires ont la coutume de se couper une phalange du petit doigt lors d'une maladie grave ou à la mort d'un parent chéri ou d'un chef révéré, et de l'offrir en sacrifice à l'esprit de ces contrées. Le lieu sacré où ils supposent que réside leur divinité est une maison de chétive apparence et entourée d'une forte haie. Les affections viscérales paraissent être. les maladies les plus communes. Les naturels donnent à leurs massues des formes élégantes, et les femmes font des peignes avec les tiges flexibles du cocotier. Leurs instruments de musique sontle/aiif/Aufanghu ou la flûte nasale, le mimia et le nafa ou tambour, qui est un petit bloc de bois creusé. Ils se servent de canots doubles, unis par une espèce de plate-forme sur laquelle ils bâtissent une petite maison; ces canots peuvent contenir de 150 à 200 hommes. On les construit ordinairement aux îles Fidji. Les maisons sont disséminées et construites en bois. Les feuilles de pandanus et de cocotier couvrent le toit de ces habitations, qui sont assez commodes et assez agréables, mais exposées cependant à une grande humidité. Chaque village a une maison destinée à la réception des étrangers, auxquels les principaux personnages viennent apporter du kava, des ignames, etc. Quand un inférieur se présente devant un chef, l'étiquette commande de le toucher légèrement au pied; ce témoignage de respect est également donné par les chefs eux-mêmes lorsqu'ils se trouvent en présence du tut ou roi. Le tui et tous les autres chefs doivent toucher aussi le grand prêtre, qui est ordinairement un grand chef et qui possède plus de puissance que le tui lui -même.

TONGATAVA, Ile de l'archipel de Tonga, au sud de l'île Pylstaert. Cette lie, dont le sol est bus, est difficilement abordable à cause des récifs de coraux qui l'entourent.

TONG-CHU s. m. (ton-gchu). Bot. Arbre de Chine, dont on retire une sorte d'huile ou de vernis.

TONGEULOO, bourg de Belgique, province et à 50 kilom. d'Anvers; 1,931 hab. Distilleries. On y voit les restes d'une célèbre et riche abbaye fondée au xiio siècle et supprimée au siècle dernier. Cette abbaye possédait d'immenses richesses, car presque toute la Campine lui appartenait.

TONGERN, ville de Belgique. V. Tongres.

TONGO ouTAUNGOO, ville de l'IndeTransgangétique, dans l'empire birman, sur le bras du Zittang, chef-lieu d'une province.

TONGOUSE s. etadj, (ton-gou-ze). Membre d'une peuplade sibérienne; qui appartient à ce peuple ou à ses habitants : Les Tongouses. La langue tongousb. Il On dit aussi tounoo use.

— EnCyCl. V. T0UNG0U3E.

TONGB.ES, en allemand Tandem, en flamand Tongeren, ville de Belgique (Limbourg), sur le Geer, affluent de la Meuse, à 18 kilom. N.-O. de Liège, par 50» 48' de latit. N. et 3" 3' de longit. E.; 7,208 hab. On croit que c'est VAtuatuca de Cé-ar. Ce qui est certain, c'est qu'elle acquit une grande importance sous la domination romaine. Les Francs Saliens la détruisirent vers la fin du ivc siècle. Elle se relevait de ses ruines lorsque les Normands la détruisirent de nouveau en SSl. On la reconstruisit encore, mais on eût dit qu'un génie destructeur planait sur cette malheu-

TONI

reuse cité. Saccagée pendant les guerres de religion, pillée par Charles le Téméraire, elle fut encore incendiée par les Français en 1677. Malgré cette suite déplorable de dé vastations, Tongres a conservé un bel édifice du xme siècle; nous voulons parler de l'église Notre- Dame, monument précieux pour l'histoire de l'art en Belgique. C'est, en effet, un curieux spécimen de 1 art ogival primaire. ■ La tour, dit M. J.-A. Du Pays, date du milieu du xv« siècle. L'église Notre-Dame conserve un beau cloître, digue de toute l'attention des archéologues et signalé comme un des plus intéressants spécimens d'architecture romane du royaume. On croit qu'il date du xi« siècle. Le préau est entouré de galeries non voûtées, à arcades plein cintre, portées par des colonnettes alternativement accouplées et isolées. Les chapiteaux sont d'un dessin riche et varié. » — t Quelques-unes des figures symboliques sculptées sur les chapiteaux présentent, dit M. Ëug. Gens, beaucoup d'analogie avec celles qui décorent l'extérieur de l'abside de l'église de Saint-Gervais, à Maastricht. Cette similitude et la proximité des deux villes nous font regarder ces deux constructions comme contemporaines; c'est-à-dire comme appartenant à la première moitié du xe siècle. ■ Le trésor de l'église conserve plusieurs objets précieux, des châsses, des reliquaires, des coffrets, appartenant à l'époque byzantine ou au moyen âge; on cite, entre autres, un manuscrit du xi° siècle, dont la reliure offre d'un côté un bas-relief sur ivoire d'un travail remarquable. Les reliques qu'il se vante de posséder seraient bien autrement curieuses si elles pouvaient être prises au sérieux ; ce sont, dit-on, celles d'Elie et d'Elisée, des fragments de la verge de Moïse et du buisson ardent, une côle d'un ;des Macchabées, une amphore des noces de Caria, et un tas de bibelots de ce genre.

Aux environs se trouve une fontaine que l'on nomme fontaine da Pline, à cause de la description qu'en donne l'écrivain romain. M. Littré a traduit ainsi la description de Pline : « La cité de Tongres, dans les Gaules, a une fontaine fameuse, dont l'eau toute pétillante de bulles a un goût ferrugineux, qui ne se fait sentir que quand on finit de boire. Cette eau est purgative, guérit les fièvres tierces et dissipe les affections calculeuses. La même eau, mise sur le feu, se trouble et finit par rougir. »

TONG-T-SAO s. m. (tongh-tsa-o). Bot. Espèce d'arbre de Chine, qui parait être l'aralie papyrifère.

TONGUE, paroisse d'Ecosse, comté de Sutherlantl, sur une langue de terre, au pied d'une montagne rocheuse. Au milieu de quelques bouquets de vieux arbres se trouve l'ancienne résidence de lord Reay, chef du clan Mackay. On y remarque aussi une vieille tour ruinée, couronnant au S. un escarpement do Ben Loyal; ses quatre sommets distincts représentent, d'un côté, un lion couché et, de l'autre, les armes royales.

TONGDE, rivière des Etats-Unis, territoire de Missouri. Elle prend sa source dans le pays des Katakas, coule au N. et se jette dans I'Yello'wstone, après un cours d'environ 400 kilom. Elle est très-large et son cours est très -rapide.

.TONGOÉB s. f. (ton-ghé). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu dessisymbriées, formé aux dépens des sisymbres, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans le midi de l'Europe.

TON1AK, rivière du Japon, dans l'Ile de Niphon, province deMousasi. Elle coule au S. et se jette dans la baie de Yédo, près de la ville de ce nom, après un cours d'environ 150 kilomètres.

TONICHIE s. f. (to-nî-kl). Moll. Genre de mollusques gastéropodes cyclobranches.

TONICITÉ s. f. (to-ni-si-té — rad. tonique). Physiol. Etat de ce qui est tonique ; mode d'activité propre aux tissus : La France a l'avantage admirable d'avoir les deux mers; de là des facilités d'alterner selon les saisons, les tempéraments, les degrés de la maladie, entre la tonicité salée de la Méditerranée et la tonicité plus moite, plus douce que nous offre l'Çcéan. (Miehelet.)

— Encycl. Physiol. Le mot tonicité est une de ces expressions employées trop souvent dans un sens peu déterminé. Il existe une manière d'être particulière de l'organisme auquel on donna le nom de tonicité géné'ale ; nom que tous les physiologistes ont compris sans qu'aucun d'eux ait réussi à en donner une définition bien nette. • Pour que les tissus organiques soient et restent en état de sentir l'impression des. liquides nutritifs circulant dans leurs interstices, dit le professeur Trousseau, il leur faut certain degré d'une faculté qui les fait réagir sur ces liquides pour leur imprimer des mouvements oscillatoires, d'où résulte la circulation aréola'ire ou capillaire, en même temps qu'elle les rend capables d'affinité vitale pour emprunter au liquide circulant les molécules nécessaires à leur nutrition, en un mot pour qu'il; puissent s'assimiler ce fluide. Cette importante faculté a toujours attiré l'attention des grands physiologistes, qui lui ont donné des noms différents. Stahl l'avait appelée tonicité ou mouvement tonique, ion, tension, rigidité; Bichat en fit la sensibilité organique et la contractilité

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organique ; Laniarck y voit un orgasme ; Broussais, Vérection vitale, etc. ■ La tonicité ainsi comprise est l'oyjposé de l'atonie; elle indique un état d'activité compatible avec le plein exercice des fonctions. Les toniques la réveillent lorsqu'elle est engourdie ; les calmants l'entravent dans une certaine mesure. Il faut le dire : l'expression tonicité organique n'exprimera jamais qu'un état mal défini, susceptible de varier en plus ou en moins, affectant les organes à des degrés divers, se portant d'un point à un autre de l'organisme par une sorte de métastase vitale dont le mécanisme n'est pas connu, en un mot ne présentant point les caractères d'une situation nettement déterminée. Le mot tonicité prend, au contraire, un sens plus défini lorsqu'il s'applique à exprimer un état particulier ou une propriété particulière de tissu. C'est dans cette acception plus précise qu'il s'applique à la désignation de l'état tonique des muscles vivants, des parois artérielles, etc.

— Tonicité musculaire. Lorsqu'on sectionne transversalement les fibres d'un faisceau musculaire sur un animal vivant, on observe un phénomène caractéristique qui, de bonne heure, appela l'attention des physiologistes. Les deux extrémités du muscle coupé se rétractent, et la section s'écarte proportionnellement à la longueur des fibres. Ce phénomène est attribué à une propriété spéciale du tissu musculaire, à la tonicité. Bichat avait reconnu cette propriété et l'avait appelée contractilité de tissu ; mais, pour éviter toute confusion, il a paru nécessaire de réserver à cette propriété le nom de tonicité. La tonicité ne peut être confondue avec l'élasticité, car elle disparaît d'une manière absolue et soudaine dans les muscles qui se paralysent. La torsion de la bouche et la déviation de la langue dans les paralysies hémifaciales n'ont, en effet, pas d autre origine; la tonicité ayant disparu dans les muscles du côté paralysé, tandis qu'elle persiste du côté sain, il en résulte une déviation de ce côté. Elle est donc vraisemblablement sous la dépendance des nerfs, bien différente en cela de l'élasticité; mais elle diffère aussi de la contractilité active, en ce qu'elle est permanente, indépendante de la volonté, ot qu'elle persiste dans les muscles alors mémo que ceux-ci sont antagonistes d'autres muscles en mouvement. Ainsi, lorsque l'avantbras se plie par un ufouveinent volontaire de flexion sous l'influence de la contraction musculaire des fléchisseurs, la tonicité persistante dans les extenseurs a pour effet nécessaire de retarder le mouvement de flexion. Cet antagonisme, en apparence nuisible aux mouvements, est, au contraire, utile à leur régularité. En modérant le mouvement, la tonicité antagoniste a pour effet d'en préciser la portée; aussi, par une conséquence inévitable, s'il arrive, par exemple, que la tonicité soit perdue dans un groupe de muscles, les muscles antagonistes n'agissent plus avec la même précision, el l'on voit souvent le mouvement dépasser le but. C'est pour remédier àcette infirmité que M. Duchenne, de Boulogne, a employé des bandelettes de caoutchouc pour opérer sur les membres une contre-flexion ou contre-extension devenue nécessaire par la perte de tonicité.

Dans les muscles des membres, en dehors des conditions pathologiques, la tonicité musculaire n'est pas très-sensible; mais, dans les sphincters et les muscles orbiculaires, perdus dans les tissus mous et qui n'ont point d'attaches osseuses, elle est plus facilement constatable. C'est par l'effet de la tonicité que les sphincters agissent d'une manière permanente et involontaire pour retenir les liquides ou les solides contenus dans les cavités; aussi la paralysie des sphincters a-t-elle pour conséquence de permettre l'issue spontanée de ces matières. Toutefois, les physiologistes ne sont pas d'accord sur ce point.Pour quelques-uns d entre eux, la tonicité musculaire ne serait qu'une forme de la contractilité et l'effet d'une action réflexe. Dans cette hypothèse, les urines, par exemple, contenues dans la vessie, produiraient une excitation au col de la vessie, et cette excitation provoquerait à son tour un mouvement réflexe de contractilité dans les fibres des sphincters. Masius (de Liège) a été jusqu'à vouloir préciser en quel point de la moelle épinière se trouve le centre d'origine de cette excitation réflexe ; mais ses expériences sur des grenouilles ne sont pas de nature à amener la conviction.

La tonicité diffère encore des autres propriétés des tissus en ce qu'elle est susceptible de plus ou de moins. Heidenhani et Calberg ont tenté de mesurer l'intensité de la tonicité normale dans le sphincter de la vessie, par exemple. Pour cela, ils injectaient de l'eau dans la vessie d'un lapin et, à l'aide d'un manomètre, cherchaient à préciser le maximum de pression que peut supporter le sphincter.' Ces expériences ne sont pas à l'abri de tout reproche, et les conditions particulières au milieu desquelles elles se sont produites peuvent influer sur les résultats d'une manière trop sensible pour qu'il soit permis d'en tirer une conclusion applicable au cas présent.

La tonicité musculaire se perd ou diminue très-sensiblement par la fatigue. Lorsqu'un muscle a été'Soumis longtemps aux décharges d'un courant électrique, sansdojiotables interruptions, il se produit dans co muscle

ÎONI

une véritable flaccidité qui annonce une diminution ou une perte de sa tonicité normale. Il est probable que, dans la fatigue qui suit l'exercice répété de la contraction musculaire, il arrive quelque chose de semblable ; ce qui est certain, c'est que, dans des conditions anomales, on observe une grande variabilité dans la force tonique. Excessive, elle constitue l'orgasme, l'érêthisme, la crispation ; en défaut ou en état de diminution, elle produit l'atonie et la flaccidité.

En chirurgie opératoire, on doit prendre en considération l'existence d'une tonicité normale dans les muscles. C'est par l'effet de cette tonicité que les lèvres d'une plaie transversale aux fibres s'écartent; de là découle l'indication formelle de placer les parties lésées dans une position qui permette le rapprochement des bords écartés; de là aussi la nécessité de pratiquer les ouvertures artificielles dans le sens des fibres et non pas transversalement, chaque fois qu'on a le choix dans la direction à donner aux incisions.

Dans les amputations, on tient encore grand compte de la tonicité. Si l'on sectionnait les muscles sans précaution jusqu'à l'os, la rétraction des fibres mettrait immédiatement celui-ci à nu; de là l'indication de réséquer l'os à un point plus élevé que le plan de section des muscles, afin que ceux-ci puissent le recouvrir.

— Tonicité dans les autres tissus. C'est improprement qu'on donne le nom de tonicité à la rétraclilité de plusieurs tissus autres que le tissu musculaire. Lorsque la peau est coupée et qu'elle se rétracte, lorsque d'autres tissus se comportent de même, il n'y a là que la mise en jeu d'une propriété physico-chimique; ce n'est que ta rèlractililé des tissus qui se manifeste. On a aussi donné le nom de tonicité artérielle àcette propriété que possèdent les artères de revenir sur elles-mêmes à mesure que se vide le système circulatoire ou d'avoir leurs parois plus ou moins tendues, plus ou moins resserrées, selon certains états morbides, certaines impressions morales, sans qu'il y ait, d'ailleurs, ouverture des vaisseaux. Cette prétendue tonicité n'est, dans le premier cas, que la mise en jeu de l'élasticité des parois vasculaires, et, dans le second, que l'effet de la contraction active, involontaire des libres-cellules qui tapissent ces mêmes parois. Cette contraction est entièrement sous la dépendance des nerfs de la vie organique et se produit comme conséquence d'une action réflexe de la moelle.

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