‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 222 sur 1042 · V. CAPILLAIRES, CIRCULATION, FIBRE-CEL- LULE, etc · texte numérisé non relu

V. CAPILLAIRES, CIRCULATION, FIBRE-CEL- LULE, etc

TONIE s. f. (to-nl). Echin. Genre d'échinodermes, de l'ordre des stellérides.

TONIFIANT, ANTE adj. {to-ni-fi-an, an-te — rad. tonifier}. Qui tonifie : Il peut être utile de rechercher l'action tonifiante d'un via vieux de bonne provenance. (Baud.) Les émanations des forêts, toutes résineuses, sont tonifiantes comme celles de la mer, et elles n'en ont pas l'âcreté. (Miehelet.)

TONIFIER v. a. ou tr. (to-ni-fi-é — du lat. tonus, ton ; facere, faire). Méd. Donner du ton à : Les lotions froides tonifient la peau. (Maquel.) Le vin de Tyra désaltérait, il embaumait, il tonifiait, il n'enivrait pas. (Lamart.)

TOMKAKI, lie de l'Océauie (Malaisie), près de la côte N. de l'île Célèbes, par 5u31'de latit. N. et 1H057' de longit. E.

TONILIÈREs. f. (to-ni-liè-re). Pêche. Sorte do râteau dont la tète est garnie d'une poche de filet, et avec laquelle on pêche certains coquillages.

TONINE s. f. (to-ni-ne). Bot. Genre de plantes aquatiques, de la famille des ériocaulonées, dont l'espèce type croît daus l'Amérique tropicale.

TONIQUE adj. (to-ni-ke — rad. ton). Méd. Se dit des médicaments qui ont pour effet de donner du ton, d'augmenter l'énergie et la vitalité des tissus, en y provoquant un afflux de sang et en y régularisant la nutrition : L'ambre, pris intérieurement, est souverainement tonique et exldiarant. (Brill.-Sav.)

— Mus. Se dit de la première note de la gamme : Do est la note tonique dans le ton de do.

— Gramm. Accent tonique, Accent qui marque une élévation de la voix sur la syllabe qui en est affectée; élévation de la voix sur certaines syllabes d'un mot : Tout mot latin à. un accent tonique, c'est-à-dire une syllabe sur laquelle la voix s'élève davantage. (E. Littré.)

— Physiq. Echo tonique, Echo qui ne répète que certains sons ou qui modifie ceux qu'il transmet, de manière à en altérer sensiblement la nature.

— Pathol. Spasme tonique, Crispation régulière et soumise à la volonté.

— s. m, Méd. Agent tonique : Au moyen de ce tonique, l'action de la vie devient aisée. (Brill.-Sav.)

— s. f. Mus. Note tonique : Prenez pour tonique un son qui fasse, à l'aigu ou au grave, tel intervalle avec le son unité. (E. Chevé.)

— Encycl. Méd. Les médicaments toniques forment un ordre particulier de médicaments universellement employés par les thérapeutistes. Ce sont des médicaments qui fortifient

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les tissus des organes. Ils provoquent l'afflux du sang,dans les vaisseaux voisins du lieu de leur application, excitent en ces mêmes points la circulation capillaire et finalement activent la nutrition moléculaire en rendant aux organes le ton qui leur manque.

Les toniques ont été souvent confondus avec les astringents et tes styptiques; ils en diffèrent à certains égards, quoique souvent la ligne de démarcation soit mal tranchée et que plusieurs substances jouissent des propriétés communes à la fois aux toniques et aux astringents.

Les propriétés physiologiques des toniques ont été étudiées iivee soin, et cette étude a démontré jusqu'à l'évidence qu'ils jouissent d'une action générale ou dynamique indépendante de leur action locale ; c'est ce point qui établit la principale différence entre les toniques et les astringents proprement dits. Sous l'influence des toniques, les contractions du cœur deviennent plus énergiques sans prendre plus' de fréquence ; l'activité digestive est augmentée, tant par l'action générale exercée sur l'organisme que par une action locale sur l'estomac, ce qui a mérité à quelques Ioniques la qualification de toniques stomachiques; la rapidité avec laquelle s'exécute l'assimilation est augmentée ; mais, en même temps, les sécrétions sont modifiées de telle manière que, si elles étaient diminuées par le fait de l'atonie générale de l'orga- 'nisme, elles augmentent, tandis que, si elles étaient augmentées sous la même influence débilitante, elles diminuent. En général, cependant, les fèces subissent une diminution en quantité et augmentent de dureté, à. un degré plus avancé de leur action, les toniques amènent la constipation et méritent jusqu'à un certain point la qualification de médicaments échauffants qui leur a été donnée par plusieurs médecins.

Les effets thérapeutiques ou médicinaux des toniques, suivant M. Trousseau, ne découlent pas nécessairement de leurs effets physiologiques. Ils ne se révèlent, pour ainsi dire, qu'en présence de la maladie, et les toniques, si utiles contre les affections caractérisées par l'atonie de l'organisme ou compliquées de débilité locale ou générale, sont plutôt nuisibles qu'utiles à l'homme sain. Corn- . ment en serait-il autrement? Le tonique ne donne pas l'énergie vitale ; il la rend aux organes qui l'ont perdue. De lîi découle nécessairement qu'un ionique, et surtout un tonique analeptique, administré à un homme chez lequel toutes les fonctions s'accomplissent avec énergie, ne peut avoir d'autre résultat que de troubler fâcheusement cet équilibre. En ces conditions se déclare la pléthore sanguine, toute la série des accidents qui dérivent de l'irritation des voies digestives, la goutte, la gravelle et, finalement, la débilité extrême et le marasme.

Il en est tout autrement en présence de la maladie. Toutes les fois qu'il s'agit de relever les forces déprimées, d exciter les fonctions d'organes devenus paresseux, en un mot de relever la tonicité générale, les toniques sont indiqués. Ils différent ici des excitants, dont l'action est vive, soudaine, mais peu durable ; les toniques agissent graduellement, lentement, progressivement, mais leur effet persiste. Ils sont indiqués dans les maladies il forme dépressive ou compliquées d'atonie: dans la chlorose et l'anémie, dans la leueocylhémie, les affections scorbutiques, la gangrène, les fièvres typhoïdes à forme adynaînique, au déclin des phlegmasies chroniques lorsque la lièvre et la douleur ont cessé, enfin dans les fièvres intermittentes. L'action extrêmement remarquable de quelques toniques de choix sur les affections intermittentes, fébriles ou non fébriles, a fait donner à ceux-ci la qualification de ioniques spécifiques ou toniques radicaux. Cette spécificité est loin d'être démontrée, et il paraît plus juste de ne pas préjuger une question encore pendante et de qualifier simplament ces toniques de fébrifuges ou d'antipériodiques.

Les toniques sont encore employés à l'extérieur dans des cas de gangrène locale ou d'ulcères atoniques; on les associe fréquemment aux excitants pour activer l'apparition des effets thérapeutiques; enfin, ils sont contre-indiqùés par l'existence" d'une inflammation des voies digestives ou de quelque autre organe important de nutrition.

La classe des toniques a été partagée en plusieurs sections ; mais les thérapeutistes ne sont pas en accord complet sur le nombre et la nature de ces divisions. M, Trousseau, dans ses leçons de thérapeutique, a tenté l'établissement d'une classification en harmonie avec les propriétés médicinales de ces substances. Pour cet émirent pathologiste, trois conditions sont nécessaires à l'accomplissement normal des fonctions dans l'organisme vivant : 1° l'intégrité des tissus organiques et des parenchymes, qui doivent rester doués de cette activité vitale à laquelle on a donné le nom de tonicité organique ; 2° l'intégrité des liquides ou humeurs, lesquelles doivent à leur tour se conserver dans les mêmes conditions ; 3° enfin, la conservation des forces vives de l'économie animale et de la résistance vitale. Lorsque la tonicité organique fait défaut, lorsque les fluides humoraux sont altérés dans leur constitution normale et que leur circulation souffre de l'état des tissus, lorsque enfin la force nerveuse est allanguie et que l'économie est dé-

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primée, c'est au tonique à rétablir l'équilibre, a rendre à l'organisme sa force et sa vitalité, à restituer aux tissus leur tonicité, aux liquides leur qualité nutritive, a l'influx nerveux son énergie première.

De là, trois ordres de toniques :l° les toniques astringents, dont le mode d'action caractéristique consiste à rendre immédiatement aux solides le ton, l'énergie nécessaires à l'accomplissement des mouvements insensibles qui se passent en eux'; 2° les toniques analeptiques, dont le mode d'action caractéristique est de rendre immédiatement au sang les principes organisables et réparateurs qui lui manquent; 3° les toniques névrosthéniques, dont le mode d'action caractéristique consiste à imprimer immédiatement aux forces vives de l'économie animale de la résistance vitale et à y rétablir les synergies.

Les idées exprimées par l'illustre professeur de thérapeutique ont un peu vieilli aujourd'hui et nous trouvons, quant à nous, que les explications qu'il propose de l'action des toniques sont peu acceptables. Nous nous contenterons, en nous appuyant sur les faits constatés, de reconnaître parmi les toniques quatre groupes de substances différentes : 1° les toniques astringents, qui, pour la plupart des médecins, doivent être distraits de la classe des véritables Ioniques,' et qui se distinguent de ceux-ci en ce qu'ils exercent leur action même sur les tissus privés de vie avec la même énergie que si ces tissus étaient vivants ; le tanin est un de ces toniques ; 2° les toniques fébrifuges antipériodiques ou né vrosthéniques, dont le type est le quinquina, et qui ont une action directe sur les affections à forme périodique, et peut-être élective sur la rate; 3» les toniques amers, qui se confondent avec les précédents pour beaucoup d'auteurs et dont l'action est de réveiller les forces digestives allanguies ; 4« enfin, les toniques analeptiques ou corroborants, dont le type est l'huile de foie de morue, et qui peuvent être regardés eomme des agents spéciaux de nutrition, ayant la propriété de devenir, aussitôt absorbés, parties constituantes de no3 humeurs et de nos tissus, et d'arriver par la à accroître les forces vives de l'organisme.

La liste des toniques employés est longue et fournie; nous citerons:

1* Parmi les substances amères et fébrifuges : le quinquina (écorce);.le quiniuin, extrait de quinquina; la quinine, la cinchonine et leurs sels; l'apiol, extrait du persil ; l'écorce de saule et la salicine ; la phlorizine, extraite de la racine de plusieurs pomacées ; le enicin, extrait du chardon bénit, et le chardon bénit lui-même; la populine, extraite du peuplier; l'aunée, le tussilage, la racine de gentiane, la petite centaurée, le houblon, le quassia amer, l'écorce de simarouba, le lilas et la syringine qui en est extraite, l'écorce de frêne, le Colombo, le tanin, le cédron, le houx et l'ilicine qui en est extraite; l'écorce de tulipier, la chausse-trape, les glands doux torréfiés, le chamédrys, le minyanthe trèfle d'eau, la cétrar'me et le lichen d'Islande, la variolaire, enfin l'extrait de fiel de bœuf.

2» Parmi les analeptiques, plusieurs substances azotées nutritives : le jus de viande, l'osmazome, le sang de veau ; la pepsine digestive ; les huiles de foie de morue et de raie ; le fer et les préparations martiales ; les composés de manganèse et les arsenicaux pris à petites doses.

On peut enfin ajouter à cette liste, comme adjuvants de la médication tonique: les eaux minérales ferrugineuses, les bains froids, les bains de mer, l'hydrothérapie et l'exercice au grand air.

— Mus. Castil-Blaze s'est exprima d'une manière inintelligible lorsqu'il a dit que la toniqueiest le nom de la corde principale sur laquelle la ton est établi. » Ceci ne signifie absolument rien pour ceux qui ne savent pas déjà ce qu'est la tonique.

Dans la gamme d'ut (ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut), ut est la tonique; dans la gamme de ré {ré, mi, fa, soi, la, si, ut, ré), c'est ré qui est la ionique, et ainsi de suite. On se rend compte nettement de ce que nous voulions exprimer en disant que la tonique est la note qui forme le premier degré d'une gamme. Mais on se tromperait si l'on supposait que c'est cette note qui détermine le ton proprement dit, car son rôle n'est que passif: et, sous ce rapport, absolument nul. Le ton est déterminé par la note sensible et par l'appétence de celle-ci à monter sur la tonique, dont un demi-ton seulement la sépare. D'un autre côté, si la note sensible donne ; vraiment le sentiment de la tonalité, sentiment auquel la tonique elle-même est en quelque sorte personnellement étrangère, elle ne donne pas celui du mode qui est fourni encore par une autre note, celle qui forme tierce avec la tonique, et constitue le troisième degré de la gamine. Lorsque cette note forme une tierce majeure avec la tonique, et en est éloiguée, par conséquent, de deux tons, le mode est majeur, ainsi que la gamme; mais si l'intervalle qui sépare le troisième degré de la tonique est seulement d'un ton et demi, et forme une tierce mineure, le mode lui-même est mineur, et aussi la gamme. Nous ne nous étendrons pas davantage ici sur ces différences de la gamme et des modes, qui ont été Ion-

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guement expliquées à ces deux mots. Nous ferons seulement remarquer que la plupart des chants finissent sur la tonique, i% que la basse qui accompagne ces chants ne peut jamais finir sur une autre note, sous peine de jeter nne perturbation complète dans la tonalité, et d'en rendre le sentiment impossible chez l'auditeur.

Quelques personnes se servent du mot tonalité, relativement au plain-chant. «Mais, dit très-justement d'Ortigue, on devrait éviter cette expression, et se servir du mot fondamentale ou finale. Il n'y a pas de tons dans le plain-chant, il n'y a que des modes. On les a nommés tons à cause de leurs relations avec l'orgue dans l'accompagnement. «

TONISME s. m. (to-ni-sme — du gr. tonos, tension). Palhol. Nom donné par quelques auteurs au tétanos.

TONKA ou TONGA s. m. (ton-ka). Bot.

Nom spécifique du coumarouna odorant, n Feue de tonka ou simplement Tanka, Graine de la même plante. Il Nom donné quelquefois à l'arbre qui produit ce fruit.

— EnCycl. V. COUMAROUNA.

TONKAT ou TOUNKAT, ville duTurkestan indépendant (kanat de Khokand), au confluent du Batèche et du Sir-Davia, à 100 kilom. S. de Ttirkestan ou Hazret. Elle est célèbre par la diète que Gengis-Khan y convoqua en 122.1, et qui se composait de tous les kans gouverneurs des provinces et chefs militaires de son empire. Elle est aujourd'hui presque ruinée.

TONKAY s. m. (ton-kè). Bot. Espèce de thé.

TONKIN, contrée de l'Indo-Chine. V. Ton- QCIN.

TONLIEU s. m. (ton-lieu — du lat. teloneum, du gr. telâneion, douane; de telénés, fermier; formé do telos, tribut, et de ânesthai, acheter). Féod. Sorte d'impôt que l'on prélevait, au moyen âge, sur les marchandises transportées par terre ou par mer.

TONNA (Louis-Joseph-Hippolyte),publiciste . anglais, né à Liverpoolen 1813, mort en 1857. Fils d'un résident anglaisa Corfou, il fît une partie- de ses études à l'université de cette Ile, devint ensuite instructeur naval et fit, comme tel, un voyage dans la Méditerranée, à bord de VArc-en-ciel, que commandait John Franklin. De retour en Angleterre, il y fut nommé directeur de YUnited service institution. On a de lui, entre autres écrits : Ercliomène, la Caractéristique de la Bible, les Religieuses, Mémoires de Jacques Britt, l'Annotateur chrétien, etc.

TONNA (Charlotte-Elisabeth Brown, mistress), femme de lettres anglaise, épouse du précédent, morte en 1846. Mariée d'abord à un officier, elle trouva peu de bonheur dans cette union, et fut obligée de demander des ressources à ses talents littéraires. Devenue veuve, elle épousa, en 1841, L.-J. Tonna, qui était beaucoup plus jeune qu'elle, mais qui mit tous ses soins à la rendre heureuse. Elle a écrit un assez grand nombre de nouvelles et de romans, ayant tous un but moral, ainsi que divers opuscules sur la religion. Nous citerons les suivants : Osrie ou Histoire d'un missionnaire ; lzram ; Consistance ; Peméoé~ rance; Allan M'Leod; le LiondeJuda, Hélène Stetwoord ; Souvenirs personnels, ouvrage qui obtint beaucoup de succès ; Principautés et pouvoirs dans la cité céleste, écrit dirigé contre le catholicisme romain ; Lettres sur l'Irlande (1837), etc. En 1834, elle avait fondé le Magasin des dames, recueil dont elle fut, jusqu'à, sa mort, l'unique directrice et la principale rédactrice.

TONNAGE s. m. (to-na-je — rad. tonne).

Mar. Port d'un navire exprimé en tonneaux: Navire d'un fort tonnage.

— Droit de tonnage ou simplement Tonnage, Droit que paye un navire de commerce, en raison du poids qu'il peut porter.

— Encycl. Jurispr. Le droit de tonnage est le droit perçu sur l'entrée d'un navire dans' un port français (loi du 87 vendémiaire an II ). Ce droit était dû autrefois même par les bâtiments français, mais il n'est aujourd'hui exigible que des navires étrangers.

Le seul fait de l'entrée d'un bâtiment étranger dans un port de France où n'existe un bureau de douane donne lieu, à la perception du droit de tonnage; mais ce droit n'est point du dans le cas de relâche d'un navire dans un golfe ou dans une baie qui ne fait point partie d'un port gardé, à moins toutefois que le capitaine ne se livre dans ce lieu à une opération commerciale.

Le droit de tonnage doit être' acquitté dans les vingt jours- de l'arrivée du navire. Lorsque la stajion est de moins de vingt jours, il doit être soldé avant le départ, il est fixé à 3 fr. 75 par tonneau.

TONNANT, ANTE adj. (to-nan, an -te — rad. tonner). Qui tonne, qui lance la foudre : Jupiter tonnant.

— Qui fuit entendre un son comparable à celui du tonnerre: L'airain tonnant. Les canons TONNANTS.

— Voix tonnante, Voix forte et éclatante.

— Blas, Se dit de3 canons et armes de guerre qui sont accompagnées de feu et de

I liunée.

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— s. m. Mus.milit. Nom donné autrefois à la grosse caisse.

— s. f. pi. Mus. Timbales qui imitent le tonnerre.

TONNAY-BODTONNE, bourg et commune de France (Charente-Inférieure), ch.-l. de canton, arrond. et à 15 kilom. O.-N.-O. de Saint-Jean-d'Angely, sur la rive droite de la Boutonne, qui est navigable pour les gahnres de 40 tonneaux ; pop. aggl,, 573 hab. — pop. tôt., 1,129 hab. Sur une colline voisine se voient les ruines d'un château construit, dit-on, au vme siècle et flanqué d'un donjon bâti par le traître Gannelon. Tour ronde do 10 mètres.

TONNAYCHÀRENTE, ville de France (Chtt rente-Inférieure), ch.-t. de canton, arrond. et à 5 kilom. de Rochefort, dans une position charmante, sur la rive droite de la Charente ; pop. aggl., 2,251 hab.; pop. tôt., 3,872 hab. Le port reçoit des navires de 800 tonneaux et fait un grand commerce d'eaux-de-vie, dont la plus grande partie s'exporte en Angleterre ; de sel, de bois de ehauffage, de cercles, de fer en barres et de charbon de terre. Tonnay fut, dès le milieu du xive siècle, le siège d'uno importante seigneurie. L'église, reconstruite en partie au xvie siècle, offre de belles fresques modernes. Le château a été rasé par ordre de Louis XIII, après la prise de La Rochelle.

« Le pont en fil de fer, qui fait communiquer la ville avec ta rive gauche de la Charente, a été construit en 1842 par MM. Escaraguel frères. La longueur du tablier est de 204 mètres ; sa largeur, de 5 mètres; sa hauteur au-dessus des grandes eaux, do 18 mètres, ce qui permet aux navires marchands de passer dessous voiles déployées, La chaussée qui le relie au sol se compose de 48 culées en pierre, d

TONNE s. f. (to-ne.— Ce mot se rencontra dans tous les idiomes germaniques : vieux haut allemand iunna, nouvel haut allemand tonne, etc.; mais Grimm lui suppose une ori-

fine étrangère, et les gloses do Cassel et do chelestadt donnent tunna comme un vocable latin. 11 se rattache lui-même à l'irlandais tunna, tonna, qui semble se lier au sanscrit tunda, tundi, ventre). Vaisseau de bois fait de douves assemblées au moyen de cerceaux et ayant deux fond ; sorte de grand tonneau plus renflé par le milieu que le tonneau ordinaire ;

...... Captive dans la (ointe,

La fameuse liqueur frémit, monte, bouillonne.

Rossst.

Qu'aux coups de vos maillets vos tonnes retentissent. Sur leur* flancs arrondis que les cercles s'unissent.

Castel.

— Matière que contient une tonne pleine : Une tonne de vin, d'eau-de-vie, de ris.

— Tonnes d'or, Sommes énormes : Cette affaire a coûté des tonnes o'or.

— Mar. Baril défoncé dont on couvre la tête des mâts des navires désarmés, afin de les mettre à l'abri des intempéries du temps.

Il Espèce de bouée ou de balise flottante, dont on se sert pour indiquer la place d'un écueil. Il Droit de tonnes, Droit qu'on perçoit, dans certains pays, sur les navires qui y abordent, pour 1 entretien des tonnes servant de bouées.

— Pêche. Tonneau dans lequel on transporte le poisson d'eau douce.

— Métrol. Unité de poids équivalant à 1,000 kilogrammes. Il Tonne de sol, Mesure agraire du Danemark qui équivaut k 5,776 mètres carrés, il Tonne d or, Monnaie de compte de 100,000 florins ou 208,000 francs en Hollande, et de 100,000 thalers ou 368,000 francs en Allemagne.

— Techn. Tonne grenoire. Tonne grenoir ou Tonne lissoir, Tonne à l'aide de laquelle on opère le grenage de la poudre.

— Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranch.es, de la famille des buccinides, comprenant un petit nombre d'espèces, qui vivent dans les mers chaudes, ou sont fossiles des terrains crétacés et tertiaires : Les coquilles des tonnks sont beaucoup plus légères que celles des genres voisins. (E. Baudement.) Les tonnes atteignent souvent une grande taille. (A. Rousseau.) La tonne apeu

I de spirales. (V. de Bomare.)

I — Hortic. Nom donné, dans quelques pays,

| aux tonnelles :

Mon Louvre est sous ces belles tonnes.

Bërnio.

— Encycl. Moll. Les tonnes, avec un animal semblable à celui des pourpres, ont une coquille mince, légère, globuleuse, très-ventrue, cerclée transversalement; la spire trèscourte, à dernier tour beaucoup plus grand à lui seul que tous les autres réunis ; l'ouverture oblongue, très-ample par la grande excavation du bord droit, qui est denté ou crénelé dans toute sa longueur et fortement échancré en avant ; la columelle tordue et canaliculée. Ces coquilles sont assez remarquables par leur forme, et souvent par leur grande taille. On en connaît un assez grand nombre d'espèces ; l'une d'elles se trouve dans la Méditerranée; toutes les autres viennent des mers des pays chauds. Une espèce curieuse, vulgairement appelée prépuce, est regardée comme un manitou par les sauvages de l'Amérique.

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— Techn. Tonne grenoire. Cette tonne, proposée par M. Maurey, commissaire des poudres, et adoptée depuis 1852, est formée de deux disques en bois réunis par des traverses, et recouverte de deux toiles métalliques juxtaposées. La toile intérieure a des mailles de ûm,007 ; la toile extérieure a la perce de grenoir à canon, 0"» ,0021, ou celle degrenoir à mousquet, 0m,00l2, suivant le produit que l'on veut obtenir. L'une et l'autre, ten dues au moyen de cordes qui agissent comme lacets, peuvent se changer facilement suivant les besoins du service. On met dans la tonne grenoire 50 à 60 gobilles en bois dur de 0Di,05 de diamètre, puis les matières à grener. Celles-ci, brisées par le choc des gobilles, pendant le mouvement de rotation que reçoit la machine (30 tours par minute), passent à travers les toiles et tombent dans une Une montée sur une plate-forme à roulettes, utin de pouvoir ta changer au fur et à mesure qu'elle se remplit.

TONNÉ, ÉE adj. V. taonnk.

TONNEAU s. m. (to-nô— rad. tonne). Grand vaisseau de bois formé de douves assemblées retenues par des cercles, et ayant deux fonds plats : Défoncer un TONNEAU . Cercler des tonneaux. Mettre un tonneau en perce. Les paroles de M. Thiers coulent sans cesse, comme le vin d'un tonneau dont on aurait ouvert le robinet. (H. Heine.)

— Ce que contient un tonneau plein : Un tonneau de vint de bière. Un tonneau de légumes secs.

— Grande quantité : Si vous permettez au peuple de verser impunément une goutte de sang, il en versera des. tonneaux. (Maury.)

— Fam. Grand buveur, ivrogne.

— Tonneau d'arrosage, Tonneau ou récip.ent quelconque, en bois ou en inétal, monté sur un chariot , dont on se sert pour arroser les voies publiques.

— Gros comme un tonneau, En parlant d'une personne, Enormément gros : Il était court et gros comme un tonnbau. (Dider.)

— Prov. Les tonneaux vides sont ceux gui font le plus de bruit, Les hommes qui ont le moins d'esprit, le moins de jugement sont ceux qui parlent le plus.

— Mythol. gr. Tonneaux de Jupiter, Tonneaux qm, selon Homère, sont placés près de Jupiter, et dont l'un contient les biens et l'autre les maux qu'il répand sur les humains.

— Jeux. Sorte de coffre, porté sur des pieds, et dont le dessus est percé de trous que l'on s'exerce à enfiler avec des disques de métal; jeu auquel on se livre à l'aide de cet appareil : Jouer au tonneau.

— Art milit. Appareil composé d'un tonneau fixé au haut d'une perche, qui sert de but dans l'exercice à feu au mortier : Mettre dans le tonneau, abattre le tonneau.

— Métrol. Syn. de tonne. Il Ancienne unité de poids qui valait 2,000 livres ou 979 kilogrammes. Il Ancienne mesure de capacité contenant 802'it,50. Il Ancienne unité de volume qui valait 40 pieds cubes ou ■*mo, 2. a Ancienne mesure de volume pour les pierres, valant îmo , 47.

— Techn. Baril défoncé, sur lequel les argenteurs posent la chaudière, afin qu'elle se trouve plus à portée de l'ouvrier.

— Arboiic. Variété de poire.

— Agric. Nom qu'on donne, en Flandre, à l'engrais provenant des fosses d'aisances.

— Encycl. Industr. La forme générale des futailles de ce nom est peu variable : elle consiste en une surface de révolution engendrée par un arc parabolique et terminée par les plans de deux parallèles équidistants de l'èquateur. Mais leurs dimensions varient beaucoup suivant leur emploi et suivant les contrées. Ainsi, dans le département de l'Hérault, où la récolte du vin est environ le cinquième de la production totale de la France, on fait des tonneaux, nommés foudres, cubant jusqu'à 500 et 600 hectolitres, et pur suite de4m de longueur sur autant de diamètre moyen. Pour le transport des vins, les barriques cubent à peu près 4 hectolitres. Les barils, plus petits, servent au tran.-port des huiles et alcools. Quoique ces derniers soient beaucoup plus petits que les foudres, le jaugeage en est aussi important, puisqu'ils renferment des produits bien plus chers.

Les dimensions principales n'ont pus de rapports fixes. Chaque constructeur a son type à lui, type qui ne varie guère, car l'usage la fixé; et on peut dire que, depuis la construction du premier tonneau, l'art du tonnelier a seulement progressé dans le parachèvement.

Voici, en effet, ce que dit un auteur du siècle dernier dans un ouvrage fort complet et trèsremarquable de technologie : « L'art du tonnelier est fort ancien et paraît être parvenu promptemeut au degré de perfection auquel on le voit aujourd'hui. Pline donne aux Cisalpins le mérite de les avoir employés les premiers. Dès l'an 70 de l'ère chrétienne, sous Tibère ut Vespasien, on connaissait les moyens de fabriquer des vases de plusieurs pièces de bois réunies par des liens. « V. tonnelier

— Métrol. On conçoit les difficultés inhérentes à la mesure du volume des ton-

neaux. Beaucoup de formules ont été pro- | le volume. Nous allons passer en revue les posées, et aucune ne donne très-exactement I plus remarquables.

Soit AGBCHDle contour intérieur delà section méridienne d'un tonneau. La plupart des auteurs s'accordent pour dire que la forme parabolique est celle dont se rapproche le plus la courbe AGB. En outra; la flèche GI

n'excède jamais — de la corde AB. Cela

étant, on voit sur la figure que l'on aura une valeur approchée du volume en remplaçant l'arc AG par sa corde et considérant le tonneau comme la somme des deux troncs de cône AGHD,GBCH. Dès lors, en désignant par V le volume à calculer, H la longueur EF, D le diamètre du bouge GH, d le diamètre commun aux deux fonds, on a par la géométrie :

V=— itH^D'+Dd-t d'^

^^HtO'-j-Dd-r-d')

Le volume ainsi calculé est trop petit.

L'Anglais Oughtred a modifié cette formule en remplaçant le produit:Dd par D1 (2) V = 0,862H(2D*+<i'),

ce qui donne une valeu rplus approchée, mais -trop grande celte fois.

Un décret du ministre de l'intérieur fixa en pluviôse an VII la formule suivante :

r = i,H[rf+?(D-rf)]*

Elle donne une approximation semblable à celle que donne la formule (2), mais trop peiite. Elle est basée, sans doute, sur ce que faire du segment AGB est égale, dans le cas de la parabole, aux deux tiers du rectangle ABxGI; on peut alors substituer au volume engendré par la rotation de la surface EAGBF autour de JÎF le cylindre engendré par le rectangle de même surface EKLF, dont la hauteur OM est égale à

OI+flG = d+|(D-d).

L'erreur commise est égale à deux fois la différence des volumes engendrés par la rotation des triangles mixtilignes tnGM et AKm. Ces triangles ont même surface, puisque surf. AKMie.-téquivalente à surf. AniGI. Mais, d'après le théorème de Guldin, les volumes sont entre eux comme les distances à l'axe EF des centres de gravité de chacun des triangles considérés ; la différence de ces distances est environ le tiers de GI. La formule donne par suite une approximation suffisante.

M. Dez a établi la formule suivante :

(4) ^.om^HOD-r-Sd]'.

On Va employée longtemps en France ; car elle a l'avantage d'être pleinement vérifiée par le dépoteinent.

Les employés de la régie, qui ont souvent a jauger les futailles, emploient la formule suivant» :

dans laquelle S représente la diagonale GC, allant du trou de la bonde G au point le plus éloigné de ce trou, C. Elle est fort expéditive, car elle n'exige qu'une seule mesure. On peut même avoir immédiatement le volume en inarquant sur une règle les V calculés d'après le S correspondant; il suffira donc d'introduire la règle dans le tonneau par le truu de la bonde, de la placer dans la position GC et de lire le volume écrit en regard de l'orifice G. Cette formule donnerait

une grande exactitude si tous les tonneaux étaient semblables entre eux, ce qui n'est pas. Elle donne sans doute à l'administr» lion des contributions indirectes des résultats satisfaisants parce que le coefficient 0,625 est une moyenne générale. Mais, dans un cas particulier, on fera mieux d'employer la formule (3) ou (4). Voici d'ailleurs comment s'établit le coefficient 0,625.

L'Académie des sciences, dans sa séance du 10 janvier 1859, a donné une mention honorable à M. Belval, inventeur d'une nouvelle jauge. « M. Belva!, disait M. Mathieu, rapporteur, a reconnu par des moyens purement graphiques que le volume donné par son hypothèse varie avec l'inclinaison de la diagonale 4 sur le diamètre du bouge, et qu'il atteint une valeur maximum pour une inclinaison qui est toujours la même pour toutes les diagonales. Ce résultat est remarquable et peut se vérifier. M. Belva! a trouvé 35° 10'. » Pour lu vérification, partons de l'hypothèse de M. Belval, d'après laquelle on peut substituer au vrai volume du tonneau celui du cylindre, dont la longueur est H et

le diamètre de base — - — .

Alors

v=iVH(D+d)'-

Mais on a, en désignant par o l'angle HGC :

H = 2NC = 2* sin *

D + d = 2NG = «S cos a,

et il vient, en substituant dans la valeur de V :

sm a cos' a.

La valeur de a pour laquelle V est maximum est donnée par l'équation dérivée

cos « (cos1 a — 2 sin ' a) = 0.

La soluiion a = 90° n'a qu'un intérêt algébrique et doit être rejetée. Il nous reste la solution qui annule la parenthèse et qui est évidemment

sin ' « = -,

d'où

et

On voit aisément que cette valeur de V doit être inferieurek celle que donne la formule (l); cette dernière formule donne ellemême une valeur trop petite pour V. Dès lors, le coefficient 0,602 doit être augmenté notablement. On s'est arrêté à 0,625, qui répond à la plupart des cas ; car si les tonneaux ne sont pas semblables, l'angle a varie cependant assez peu; et comme les valeurs 'correspondantes deV sont voisines du maximum, elles varient beaucoup moins rapidement que a.

En résumé, si l'on voulait connaître avec une grande exactitude le volume du tonneau, il faudrait prendre trois mesures, puisque i les trois dimensions principales H,D,d n'ont | pas de rapports fixes, et les introduire dans | l'expression du volume engendré parEAGBF, l'arc AGB étant parabolique. L'aire du segment AGBI a pour mesure

son centre de gravité est situé sur 1G en P,

tel que IP=-IG. Le volume total, considéré

comme somme du volume du cylindre DABC et du volume engendré par la rotation du segment AGBI, autour de EF, s'écrira

» v—(f)'+MH)"N(i-f)]

= 0,0523611 8D' + 4Dd + 3d'

Pour avoir l'angle a correspondant au vo~ I fit de remplacer H et d par leurs valeurs en lurae maximum, D et * étant donnés, il suf- | fonction de a. On trouve alors l'équation

36S1 COS' a — SDS COS* a — (24Î* — 7D') COS « + 4DÎ = 0

TONN

Comme elle est homogène en D et S, la valeur de a ne dépend que du rapport v, résultat facile a prévoir.

Mais, dans la plupart des cas, il est inutile d'avoir une aussi grande exactitude.

Pour les tonneavxen vidange, les formules sont moins exactes. Nous ne donnons que les plus convenables; elles sont tirées de l'excellent ouvrage de M. Sergent sur les mesurâmes (Lacroix, Paris, 1860).

Supposons d'abord le vide inférieur au volume du liquide. Le tonneau étant vertical, on s'assure bien de l'horizontalité du fond supérieur. On perce ce fond pour introduire - une tringle et déterminer la hauteur du vide. D' désignant le diamètre au niveau du liquide, on a

(ï) v-<i±£2ïï.

Le tonneau étant horizontal, ce. qui arrive le plus souvent, il y a trois cas a examiner. 1° Le niveau du liquide est en A"B" (tig. ï) ,

tel que OI" ne dépasse guère les- de OI.

Alors on a

V=i*H(l,5Gl"y = 1,76715H"GÏ"1.

2° Le niveau est en A'B', assez rapproché de AB :

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