‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 230 sur 1042 · TOPS · texte numérisé non relu

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propres expressions de Topffer, aime peu à raisonner sur son art. Leur vie est toute d'impressions : philosophie, ils s'en moquent; raisonnement, ils bâillent; déductions, ils s'endorment. Enfants gâtés, mais surtout enfants qui n'aiment que leurs jouets et boudent leur rudiment; philosophes en ceci, pourtant, qu'ils jouissent beaucoup sans s'enquérir pourquoi ni comment. Le comment, le pourquoi gâtent tant de choses 1 Topffer a fait en peu de lignes la meilleure et la plus ingénieuse critique que l'on puisse adresser à son livre. Ce que l'on peut encore lui reprocher, c'est un manque de simplicité qui résulte nécessairement de cette alliance du sentiment et de la moquerie qu'il affectionne, mais qui finit par fatiguer. Je ne sais pourquoi, en écrivant ces lignes, les noms de Voltaire et de Rousseau se présentent à notre esprit ': l'un fils légitime, l'autre fils adoptif de la patrie de Topffer; il semble que les deux genres si divers qui les caractérisent aient déteint sur lui, et qu'il ait voulu les mélanger à dose égale dans son œuvre. Ce défaut d'unité dans l'allure, cette absence de parti pris, produit une hésitation perpétuelle dans l'esprit du lecteur, et par contre Une méfiance dont il a peine à se débarrasser complètement quand il essaye de porter un jugement sérieux sur l'auteur. C'est la principale raison qui fera toujours ranger M. Topffer parmi les écrivains du second ordre, ■

Sainte-Beuve, qui appelle Rodolphe Topffer un romancier sensible et spirituel, un dessinateur plein de naturel et d originalité, juge ainsi son style : i II y a quelques défauts dans la forme, dans le style, et nous les dirons sincèrement. Topffer, on le sait, a une langue à lui; il suit a sa manière le procédé de Montaigne, de Paul-Louis Courier. Profilant de sa situation excentrique en dehors de la capitale, il s'est fait un mode d'expression libre, franc, pittoresque, une langue moins encore genevoise de dialecte que véritablement composite,: comme l'auteur des Essais, il s'était dit : « c est aux paroles à ser-

• vir et à suivre, et que le gascon y arrive si

• le françois n'y peut aller. » Cette veine lui est heureuse en mainte page de ses écrits, de ses voyages ; il renouvelle ou crée de bien jolis mots. Qui n'aimerait chez lui, par exemple, l'âne qui chardonne, le gai voyageur qui tyrolise aux échos ? Mais Je goût a parfois à souffrir aussi de certaines duretés, de rocailles, pour ainsi dire, que rachètent bientôt après, comme dans une marche alpestre, la pureté de l'air et la fraîcheur, »

On a de Topffer: une édition tes Harangues politiques de Démosthène (Genève, 1821); la Peur (1833): Histoire de Jutes (1838) ; Histoire de Pencil {IS-iO) ; Histoire de M. Crëpin; Histoire de M. Vieux-Bois; Histoire de M. Jabot ; Histoire d' Albert ; Réflexions et menus propus d'un peintre genevois (1839-1847); Nouvelles et mélanges (Genève, 1840); Voyages et aventures du docteur Feslus (1840); Nouvelles genevoises (Paris, 1841); Voyages en zigzag (Paris, 1843); Essai de physiognomonie (Genève, 1845); Histoire de M. Cryptogame (1845); le Presbytère (Genève, 1839- 1846), etc.

TOP-GALLANT, lie du grand Océan équinoxial, près de la côte- méridionale de la Nouvelle-Hollande. Elle est peùte et entourée de rochers.

TOPHACÉ, ÉE adj. {to-fa-sé — rad. tophus). Pathol. Qui appartient au tophus, qui est de la nature du tophus.

TOPHAM (Edouard), littérateur anglais, né vers le milieu du xvuie siècle, mort en 1820. Fils d'un magistrat d'York, contre lequel Sterne a dirigé plusieurs allusions satiriques, il fit ses éludes à Eton et à Cambridge, entra dans les gardes du corps du roi d'Angleterre, où il parvint au grade de major, et quitta ensuite le service pour s'occuper de littérature. 11 édita, pendant plusieurs années, le journal The World (le Monde) et publia, en outre, les ouvrages suivants : Lettres écrites d'Edimbourg, renfermant des observations sur la notion écossaise (1776, in-8°) ; Adresse à Edmond Durke sur sa Lettre aux shérifs de Bristol (1777, iu-4<>) ; Vie de John Elwes (1790, in-8°), ouvrage qui obtint beaucoup de succès, surtout à cause «lu caractère singulier de celui dont il retraçait les actions, caractère que le biographe avait encore exagéré, bien qu'il prétendit n'être pas sorti des limites de la vérité.

Top-Haus ( maison des canons ) , un des faubourgs de Constantinople, sur le bord de la mer, presque à l'endroit où le Bosphore se divise en deux bras, dont l'un, se dirigeant *u S.-O., débouche dans la mer de Marmara, tandis que l'autre, inclinant à l'O., forme le port connu sous le nom de Corne d'or et va rejoindre, à l'extrémité du fauhourg de Galala, l'arsenal maritime de Tersané. Il étage pittoresquement ses maisons en gradins sur la pente d'une colline où l'on distingue les palais et les jardins de Erance et de Russie. L'échelle de Top-Hané est une des plus fréquentées de Constantinople. C'est le lieu de débarquement ordinuire des voyageurs amenés par les paquebots qui viennent d'Europe; c'est aussi le point de station d'une multitude de caïques, qui donnent à Constantinople un aspect si animé et si pittoresque. Top-Hané renferme l'arsenal et la fou-

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derie de canons. «L'emplacement de l'arsenal, dit M. Ubicini, est formé par un quadrilatère d'une étendue à peu près égale a" celle du Palais-Royal, quoique moins large. Un des grands côtés est baigné par la mer ; l'autre est bordé par une très-belle place de construction récente, dont il est séparé par une grille. Cet espace comprend, outre les dépendances de Top-Hané, une superbe fontaine mauresque d'une très-grande élévation, recouverte, comme la plupart des constructions turques, d'une coupole en plomb et entourée de seize tourelles terminées par des flèches, une mosquée impériale et un kiosque pour le sultan, achevé tout nouvellement. De l'autre côté de la place sont situées la caserne de l'artillerie et la fonderie de eanons.Ce dernier établissement, d'architecture mauresque, dirigé par un lieutenant-colonel d'artillerie, assisté d'un chef de bataillon et de six capitaines adjudants-majors, se coinpose de deux fourneaux de 12,000 kilogrammes de fonte chacun, fabriquant ensemble 300 pièces de tout calibre par année. L'alésage et le forage sont opérés par une machine à vapeur d'une force de 25 chevaux. Une voie ferrée fait communiquer la fonderie à. la forerie, située dans l'enceinte de Top-Hané, et de là k la mer, où les pièces sont chargées sur des navires qui peuvent uccosterjusqu'au bord du quai. La même voie rejoint, par un embranchement intérieur, l'arsenal, fourni de deux machines à vapeur de la force de 25 ut 30 chevaux, qui mettent en mouvement 42 machines destinées aux différents travaux : ventilateur, martinets, laminoirs, etc. L'arsenal de Top-Hané, qui s'est beaucoup agrandi sous l'administration du grand maître de l'artillerie Ahmed-Eethi- Pacha, beau-frère du sultan, ne date que du siècle dernier. Mais la fonderie de canons est beaucoup plus ancienne et remonte au règne du grand Soliman. Elle est desservie par des ouvriers musulmans ou arméniens et par quelques européens. Le cuivre dont on y fait usage provient de l'Asie Mineure; quant aux autres métaux, tels que le fer, l'acier, le plomb, ils sont tirés de diverses contrées de l'Europe. »

La mosquée de Top-Hané, dont le style s'éloigne du type des grandes mosquées de Constantinople, est surmontée de deux mi-

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narêts cannelés. On remarque aussi à Top* Hané le palais de Dolina-Baghtché, qui présente extérieurement un mélange de tous les styles et dont l'intérieur a été décoré dans le'goût moderne.

TOPHATCH s. m, (to-fatch). Antiq. Mesure de longueur usitée chez les Hébreux, et qui répondait k peu près au palme des Romains.

Topbet, quartier de l'ancienne Jérusalem, où l'on brûlait les carcasses d'animaux et diverses immondices dont on se débarrassait par ce procédé. Plusieurs écrivains pensent que dans le Tophet étaient établies les boucheries de la ville.

TOPHODÈRE s. m. (to-fo-dè-re — du gr.

tophos, tuf; deré, cou). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des anthribides, comprenant six espèces exotiques.

TOPHUS s. m. (to-fuss — mot lat. dérivé du gr. tophos, tuf). Pathol. Concrétion osseuse, formée de phosphate de chaux, qui se produit aux environs des articulations. Il Concrétion osseuse, formée d'urate de soude, qui est un des symptômes de la goutte.

— Encycl. Les tophus, ou concrétions tophacées goutteuses, ne sont pas une conséquence nécessaire de l'existence de la goutte ; d'une part, beaucoup de goutteux en sont exempts; d'autre part, on peut en observer chez de simples rhumatisants. Le tophus est un accident dépendant uniquement de l'existence de la diathèse urique ; c'est une sorte de gravelle urique. Berzélius a très-bien montré que, chez les individus atteints de la diathèse urique, le sang et les sueurs renferment une quantité insolite de matières salines; c'est dans ces conditions qu'il s'en fait des dépôts calcaires au voisinage des petites articulations goutteuses, autour des ligaments et des tendons, dans les cartilages de l'oreille, etc. La composition chimique de ces concrétions montro bien au reste leur origine. L'analyse des tophus, faite à plusieurs reprises par MM. Wollaston, Laugier, Wurzer, Panquy et Bor, Lelunann, Marchand, Lhéritier, etc., a donné les résultats suivants :

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COMPOSITION CHIMIQ.UK D UN TOPHUS.

Laugier.

Acide urique 16,7

Soude 16,7

Chaux 8,3

Chlorure de sodium 16,7

Chlorure de potassium »

Carbonate d'ammoniaque ....... >

Phusphate de chaux »

Matière animale 16,7

Eau et perte 24,9

Wurzer.

Marchand.

Lehman n

Les tophus gênent parfois le jeu des petites articulations, mais ils ne donnent pas lieu k des accidents sérieux et ne réclament pas d'autre traitement que celui de la diathèse urique.

TOPIAIRE adj. (to-pi-è-re — lat. topiarius; de topos, lieu). Antiq. rora. Se disait de l'art d'embellir les jardins. Il s. f. Art d'embellir les jardins.

— Encycl. La flore des Romains étant, comme celle des Grecs, très-restreinte, ils s'efforcèrent de lutter contre ce désavantage en arrangeant les plantes dont ils disposaient de fuçon à produire des effets variés. C'est surtout dans la manière de tailler certains arbres et certains arbustes, entre autres le buis, que leurs jardins différaient des nôtres. Ils leur donnaient toutes sortes de formes et leur faisaient représenter des lettres, des navires, des animaux, etc. L'art de tailler ainsi les arbres et les arbustes s'appelait art topiaire. On peut voir, dans la description que Pline le Jeune donne de sa villa de Tusculum Œpilre v), combien les Romains attachaient d importance k eette partie de l'horticulture. Ce qui le prouve encore, c'est que les bons écrivains latins n'emploient pas d'autres mots que le mot topiarius (topiaire) pour parler de l'ornementation des jardins. Cieérou dit aussi que les esclaves chargée de ce genre de travaux, et qu'il appelle des topiaires (topiarii), étaient rangés dans la classe la plus élevée des esclaves. On peut regarder comme un souvenir de l'art topiaire l'art profondément grotesque avec lequel les ifs ont été taillés en pointe, en boule, en dôme, etc., dans les jardins classiques, par exemple dans le parc cle Versailles.

TOPIN (Marius), littérateur français, né à Aix (Bouches-du-Rhône) en 1838. Il Ât une partie de ses études à Aix, où son père était recteur d'académie, et, presque au sortir du collège, il s'adonna a la littérature. -Après avoir collaboré à divers journaux de province jusqu'en 1863, M. Topin devint un des rédacteurs de la Heuue française. Cette même année 1863, il remporta k l'Académie française le prix d'éloquence pour une étude qu'il publia sous ce titre : le Cardinal de liels, son génie et ses écrits (1864, in-18). L'année suivante, il lit paraître Aiguës-Mortes (in-S»), puis l' Europe et les Bourbons sous Louis XI Y (1868, in-8°), qui lui valut uu autre prix de l'Académie française. Attaché k la rédaction du Correspondant, il donna dans cette revue

une série d'articles sur le Masque de fer, qui parurent en volume sous le titre de l'Homme au masque de fer (1868, in-8°). Cet ouvrage, dans lequel le jeune écrivain prétendit avoir résolu un problème historique jusque-là inextricable, tlt grand bruit et le mit tout à coup en évidence. Toutefois, ainsi que nous l'ayons dit ailleurs (v. Masque de fer), la solution présentée par M. Topin a été vivement discutée, et l'on peut dire que la question reste entière. Son ouvrage n'en obtint pas moins un nouveau prix de l'Académie et la croix de la Légion d'honneur. Pendant le siège de Paris , M. Topin devint chef du 193e bataillon de la garde nationale et dut au zèle dont il lit preuve la croix d'officier (janvier 1871). L'année suivante, il entra dans la rédaction du Courrier de France. journal fondé par M. Débrousse. Quelque temps après, il entra à la Presse, où il soutint la politique de réaction suivie par M. de Broglie après le 24 mai 1873 et les agissements des monarchistes fusionnistes. Vers le commencement de 1875, la Presse étant devenue un journal républicain sous la direction de M, Massicault, M. Topin quitta cette feuille, dont il devint rédacteur en chef après le départ de M. Massicault en septembre 1875. Outre les ouvrages précités, on doit à M. Topin : Louis XIII et Kichelieu (1876, in-8").

TOP1NAMBAKAS, rivière du Brésil (Para).

Elle se détache de la Madeira et va se jeter dans un bras de l'Amazone, par 20° 50' de latit. S. et 59» 48' de lungit. O., après un cours de 200 kilom. Elle reçoit le Canonia, le Cohintu, l'Abaxis, le Magues, etc. Elle forme, avec l'Amazone, une lie de 190 kilom. sur 140.

TOP1NAMBOU , ODE adj. ( to-pi-nan-bou — de Topiuambous, nom de peuple). Fam.

Sauvage, dépourvu de culture intellectuelle :

Et l'Académie, entre noua, Souffrant chez soi de si grands fous.

Me semble un peu lopinamboue.

BoiLtuu.

Il Inus.

TOPINAMBOUR s. m. (to-pi-nan-bour — altérât, du mot Topinambous, nom d'un peuple américain). Bot. Nom vulgaire de l'hélianthe ou soleil tubéreux : On prétend que les branches du topinambour, coupées et mises en terre, poussent des racines et des tubercules. (V. de Bomare.) Les tubercules du topinambour n'offrent à l'analyse ni sucre ni amidon. (Bosc.)

L* topinambour a le mérite inappréciable de ne pas craindre la gelée. (Parmentier.) Il Tubercule comestible de la même plante.

— Enoycl. Cette plante alimentaire, du genre des hélianthes, est originaire du Chili -et fut introduite en Europe vers 1517. Le topinambour, que les savants appellent hélianthe tnbéreux {heliavlhus tuberosus), est une plante vivace des plus intéressantes et au sujet de laquelle tous les agronomes se sont longuement étendus. Olivier de Serres la vantait et discutait le point de savoir si truffe, patate et cartouf (c'était alors le nom du topinambour) avaient de l'anajogje entre eux. La tige de cette plante, ordinairement simple, s'élève de 1 à 2 mètres. Ses feuilles sont triplinervées, rudes au toucher, acumtnées, à forme ovale ou en cœur, suivant qu'elles se trouvent en haut ou en bas de la tige. Ses capitules sont plus petits que ceux de la plupart de ses congénères; les bractées de leur invoiucre sont ciliées ; rhizomes tubéreux et féculents; tubercules alimentaires. On ne connaît, en Europe du moins, qu'une seule espèce de topinambour, espèce qui se divise en deux variétés, l'une à tubercules rouges, l'autre à tubercules jaunes, ne se distinguant absolument que par leur couleur. Au commencement de notre siècle, cette plante ne se cultivait que sur une bien petite échelle.

« 11 n'y a pas plus d'une quinzaine d'années, dit Joigneaux (1862), on découvrait encore de loin en loin, dans quelques villages do la Côte-d'Or, des morceaux de terrain ' couverts de topinambours; on n'en faisait point de cas; on ne récoltait pas toujours les tubercules; on respectait la plantation par habitude, parce qu'elle datait de loin et aussi parce que, située dans le jardin -ou dans le très-proche voisinage des habitations, elle servait de refuge aux poules de la ferme pendant les journées brûlautes de l'été. »

Au commencement du xtx» siècle, les écrivains de {'Encyclopédie méthodique firent ressortir les avantages de la culture du topinambour. 1 Le topinambour est peu difficile sur la qualité du sol, dit Dufonchay (juillet 1845), non qu'il ne donne des produits bien t)in,« abondants si le terrain où on le cultive est de bonne nature ; mais il en donnera de très-passables dans un sol fort médiocre, pourvu qu'il n'ait point à y redouter une humidité constante, qu'on ne lui épargne pas quelques cultures faciles et peu coûteuses et qu'on lui accorde quelques engrais, qu'il sera bien de varier si on le cultive longtemps à la même place.

» Il peut y reparaître huit ou dix ans de suite et même davantage, si le sol est labouré et planté chaque année. Je u'hésite pas à dire que le topinambour est un trésor pour les contrées trop nombreuses où la population est rare, où les cultures perfectionnées n'existent pas encore, et probablement n'existeront de longtemps... Cliaque plant de topinambour, dans les terrains de qualité médiocre, a produit 20 ou 30 tubercules, pesant une moyenne de lkilogr,250; l'hectare, qui contient environ 23,000 pieds, m'a rendu constamment de 27,000 à 28,000 kilogrammes de tubercules, équivalant k 12,000 kilogrammes au inoins d'un fourrage sec de bonne nature. Comme aliment des bètes à cornes et des moutons, qui en sont tous avides, le topinambour n'est point inférieur à la pomme de terre sous le rapport de la faculté nutritive et n'offre pas le même danger que cette solanec, qui renferme dans son eau de végétation un principe vireux, la solanine, cause assez fréquente de diarrhées et parfois de funestes météorisations. J'ai perdu un boeut auquel ou avait donné, par inadvertance, une ration double de pommes de terre. A poids égal, le topinambour l'emportera sur la betterave comme renfermant un tiers de substances nutritives de plus que celle-ci. Mes porcs ont refusé constamment de manger le topinambour cru, et même cuit, et mélangé avec d'autres substances, et je suis loin de considérer cette circonstance comme un désavantage. Lorsque les tiges du topinambour ont atteint une certaine élévation, le champ a l'aspect d'un taillis épais, admirable remise pour le gibier, qui s'y plait singulièrement. Je ne parle pas de l'emploi des feuilles du topinambour comme fourrage, quoiqu'elles soient appétées par le bétail ; il est incontestable que l'enlèvement des. feuilles vertes n'a lieu qu'au détriment du produit eu tubercules.

k Jusqu'à présent, les rations de topinambours distribuées à mes bètes ont été faibles. Il serait convenable de donner par jour k un veau 5 k 6 kilogrammes de ces tubercules, 10 à 12 à une vache, 15 k 18 à un bœuf, en ayant soin d'associer toujours cet aliment à un fourrage sec. Mes chevaux, auxquels j'en ai fait distribuer quelquefois pour essai, n'ont jamais paru leur préférer les carottes. Ces racines sont» moins riches en substances nutritives, et leur culture jette dans de grands frais. Je les remplacerai k l'avenir par le topinambour, dont la récolte est toujours assurée et la culture bien moins coûteuse. En résumé, peu difrtcile sur la qualité du sol, le topinambour donnera un produit satisfaisant là où la pomme de terre serait cultivée sans profit et où l'on n'obtiendrait ni carottes ni betteraves.

» Nulle plante ne résiste mieux que lui à une

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sécheresse prolongée, et n'a plus tôt retrouva une végétation activa dés que la pluie ou une forte rosée a rafraîchi le sol. Aucun insecte ne l'attaque 5 il n'est sujet à aucune maladie ; nulle autre culture n'est plus facile et n'entraîne moins de frais , considération de si haute importance pour toutes les exploitations agricoles, dont les frais de maind'œuvre sont une plaie ruineuse. Résistant au froid le plus intense, ce tubercule n'exige pour sa conservation ni constructions ni silos.

> On peut ne l'extraire qu'au moment des besoins, et quand tous les autres travaux des champs sont terminés. Enfin, aliment du goût de tous les ruminants et des chevaux, il ne leur fait jamais de mal, et semble même trouver sa place dans un régime hygiénique. >

Dujonchay ne fait, pour ainsi dire, que résumer les opinions émises depuis une quarantaine d'années par les agronomes les plus distingués, qui, avec la plus grande unanimité, se prononçaient en faveur de la culture du topinambour, sans pouvoir la populariser beaucoup.

Pourquoi, après avoir été préconisée de toutes les façons par les hommes les plus influents, la culture du topinambour ne se répand-elle pas plus rapidement? Pourquoi s'en est-on tenu à des essais que l'on n'a pas poursuivis? C'est que la pomme de terre sera toujours préférable pour la nourriture, qu'elle croit duns les plus mauvais terrains et demande moins d'engrais. D'ailleurs, la propriété que possède le topinambour de se multiplier par ses plus petites racines et de tracer avec la plus grande rapidité lui donne la réputation d'être à peu près indestructible et de salir les champs a perpétuité.

D'un autre côté, nos paysans routiniers n'admettent quedifticilementles innovations; il a fallu les famines de la Révolution pour introduire la culture de la pomme de terre dans la petite culture ; espérons qu'un pareil lléau ne popularisera pas le topinambour.

— Culture. Les terrains frais et gras paraissent les plus favorables au topinambour, mais il végète très-bien aussi dans les terres sèches et légères ; il ne repousse que les argiles sèches et les sols sans profondeur. Le peu de succès qu'on a obtenu jusqu'ici en cultivant cet hélianthe provient très-probablement des mauvais terrains qu'on lui a consacrés.

Quant au climat, il est plus difficile que la pomme de terre, puisqu'il ne mûrit que difficilement ses graines en Europe, et ne fleurit même pas toujours dans le nord de la France.

Lorsqu'on veut cultiver régulièrement le topinambour, on laboure profondément le terrain avant l'hiver, et moins profondément avant la plantation. Comme cette plante ne se sème pas, on doit avoir recours a la plantation de la racine. Les gros tubercules et les tubercules moyensméritentlapréférence ; ils n'exigent aucune préparation; on les sort de la terre au moment de les replanter. La plantation a lieu à la sortie de l'hiver, en même temps que celle des pommes de terre, par les mêmes moyens , mais un peu plus profondément et à une distance un peu plus grande. Quelques cultivateurs croient qu'il n'est pas nécessaire de replanter le topinambour chaque année, attendu qu'il en reste toujours assez en terre, après 1 arrachage, pour en assurer la reproduction; mais des essais infructueux ont montré combien est fausse cette théorie.

Les soins à donner au topinambour pendant sa végétation se réduisent a un sarclage avant la levée, c'est-à-dire quinze jours environ après la plantation; un autre sarclage quand toutes les plantes sont sorties de terre ; un binage profond et un buttage quand elles ont om^o et 0m,50 de hauteur.

Le topinambour ne doit s'arracher qu'à la fin de l'hiver, au fur et à mesure que les autres provisions baissent. Les tubercules se ramollissant et se pourrissant facilementdans les caves, il est préférable de les laisser dans le sol, où ils se conservent très-bien, en dépit des gelées et des froids de J5° k 20° ; d'ailleurs, les campagnols et les autres animaux destructeurs ne les attaquent que faiblement. On a dit qu'en arrachant les topinambours au bout de deux années seulement on obtenait un rendement plus considérable qu'avec l'arrachage annuel ; mais une expérience de Joigneaux a prouvé qu'il y a intérêt évident à laisser de côté la culture bisannuelle.

— Emplois du topinambour. Ainsi que nous l'avons déjà dit, les feuilles du topinambour sont employées comme fourrage; on les hache avant de les donner au bétail ; mais les tubercules sont bien autrement précieux ; on les administre cuits ou crus et alors coupés par morceaux ; on a même proposé de faire jouer à ce tubercule le même rôle qu'à la pomme de terre dans l'alimentation humaine, mais une grande famine seule pourra faire adopter ce mets aux habitants de notre riche France. Il paraît que quelques Belges s'en contentent parce qu'ils y sont forcés par le besoin.

Le topinambour produit, par la distillation, un alcool abondant et de bonne qualité ; mais il est préférable d'employer la betterave, parce que les résidus de celte dernière peuvent encore être utilisés, tandis que ceux du

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topinambour ont une odeur des plus désagréables.

TOP1NAMBOUS ou TUP1NAMBA.S, peuple indigène du Brésil. Les Topinambous sont d'une taille moyenne et bien proportionnée, et d'une couleur plus claire que les autres tribus. Ils ont les pieds petits, se rasent la tête et s'arrachent le poil de toutes les parties du corps. Robustes, belliqueux, rusés, grands chasseurs et pêcheurs, ils étaient la nation la plus vaillante de la race des Tupis ; elle était aussi la plus répandue de toutes celles du Brésil, Maîtres de toute la côte de Bahia, ils se divisèrent en bandes hostiles les unes aux autres, vivant dans des villages séparés, entre le San-Franeisco et le rio Real, jusqu'à Bahia. Ceux qui s'étaient établis en deçà de Bahia faisaient la guerre à ceux qui habitaient de l'autre côté, entre le rio Paranaassu et le rio Seregip.

Plusieurs tribus habitaient la côte située entre le rio San-Francisco et Bahia, où leurs villages étaient composés de six ou sept cabanes, chacune contenant vingt ou trente familles. Un trait remarquable de ces peuples est que, lorsqu'ils trouvent la tombe d'un ennemi, ils en retirent les ossements pour les réduire en poudre. Ils firent une vigoureuse résistance contre les Portugais, un 1540, lors du massacre des colons de Fereria-Continho, dans l'Ile d'Hapanoa. En 1572, ils s'allièrent avec les Tamoyos pour chasser les étrangers; mais ils furent vaiucus par Salema au cap Frio, et chassés dans l'intérieur. Ils se dispersèrent peu. à peu, après avoir abandonné leurs terres pour des liqueurs fortes qui leur furent fournies par les Portugais. Les restes de ces nations abandonnèrent leurs pays, et s'établirent dans une Ile de l'Amazone, à laquelle ils donnèrent leur nom de Tupinambas.

TOPINO, rivière d'Italie. Elle descend du mont Santo, --coule d'abord au N., puis à l'O., baigne Foligno et se jette dans le:Tibre, pur la rive gauche, à 10 kilom. S.-S.-E. de Pérouse. Sou cours est d'environ 60 kilom. Elle reçoit le Calcignolo, le Chiascio et la Timia.

TOP1NO-LEBRUN ( François- Jean -Baptiste), peintre et célèbre révolutionnaire français, né à Marseille en 1769, décapité en 1801. H étudia lu peinture à Rome avec Louis David, devint un de ses élèves à Paris, et se lança, comme lui, dans le mouvement, à l'époque de la Révolution. Nommé juré au tribunal révolutionnaire, il se prononça pour la condamnation des girondins et celle des dantonistes, bien qu'il fût naturellement d'une douceur et d'une bonté extrêmes, et il lui arriva souvent, dans l'exercice de ses redoutables fonctions, de juger eu faveur des accusés. Nommé plus tard président delà commission populaire d'Orange, ilj refusa d'accepter, ce qui prouve, comme l'a dit Chauveau-Lagarde, qu'il était un ami exalté de la Révolution, et non « un ennemi de l'humanité. • Son opposition ouverte à Robespierre le lit incarcérer après la mort des hébertistes, dont on le soupçonnait de partager les sentiments. Il sortit de prison à la suite du 9 thermidor, prit les armes pour défendre la Convention, dans la journée du 13 vendémiaire an IV, et fut impliqué dans la conspiration de Babeuf en 1796, mais reconnu innocent. Peu après, il suivit en Suisse Bassal, chargé d'une mission dans ce pays, s'occupa, après son retour à Paris, un peu de peinture, mais encore plus d'afîaires politiques, se fit remarquer parmi les jacobins du Manège et se prononça virement contre le 18 brumaire. En 1800, Topino-Lebrun fut arrêté de nouveau comme ayant pris part au complot tenté par l'ex-dépulé Arêna et le sculpteur Ceracchi contre la vie du premier consul Bonaparte. Cette fois, il fut condamné à mort et exécuté. Il est plus connu par son exaltation républicaine que par ses œuvres artistiques. On cite pourtant de lui un bon tableau, la Mort de Caius Gracchus,

TOPIQUE adj. (to-pi-ke — gr. topikos; de topos, heu). Qui concerne le, lieu, l'endroit, la localité : Cette divinité était la déesse topique de sa cité. (Mérimée.) Le Don était pour les Cosaques une espèce de dieu topique, protecteur de la patrie et de la liberté. (Mérimée.) Ce n'était pas la sombre foi topique de la pairie romaine gui pouvait remplacer les principes de la vie morale. (H. Martin.)

— Antiq. Surnoms topiques, Surnoms donnés aux divinités, d'après les ]*iys où elles reçoivent un culte particulier : Cylhérée était un surnom topique donné à Vénus.

— Fig. Qui se rapporte directement, précisément à l'objet dont il s'agit : Un argument TOPIQUE.

— Rhétor. Lieux topiques, Lieux communs.

— Pharm. Se dit des médicaments extérieurs, qu'on applique sur le siège réel ou apparent du mal : Les médecins.. yi s'appliquaient qu'à panser tes plaies parlas remèdes topiques, sans prescrire de régime. (Fleury.)

— Pathol. Fièvre topique, Variété de fièvre intermittente anomale.

— s. m. Médicament topique.

— Fig. Remède, correctif : Les applaudissements sont un excellent topique pour les souffrances d'un comédien. (T. Gaut.)

— Jurispr. Règle de droit si bien reconnue

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et confirmée par une jurisprudence constante, qu'elle n'est plus discutable.

— s. m. pi. Bhétor. Traité sur les lieux communs : Les Topiques d'Aristote. Les Topiques de Cicéron.

— s. f. Science des topiques ou lieux communs : La topique rend les esprits inventifs, comme la critique les rend exacts. (Michelet.)

— Encvcl. Il y a des topiques gazeux, liquides et solides. Ils exercent, suivant les cas, une action chimique, physique ou mécanique, et sont employés seuls ou avec l'aide d'autres matières de pansement.

Les topiques gazeux sont : l'air, auquel on accordait autrefois de véritables propriétés spécifiques, reconnu aujourd'hui pour n'avoir d autre action sur les plaies que celle qui provient de sa température ; le chlore; certaines vapeurs, telles que les vapeurs de camphre, de benjoin, de baies de genièvre, de poudres sèches de belladone, de jusquiame et de tabac, etc., que l'on obtient en projetant ces diverses substances sur des charbons ardents, à l'air libre ou dans des appareils particuliers. On emploie encore dans le même but les vapeurs d'eau, de vinaigre, de dissolutions médicamenteuses; on les obtient alors par ébullition. On fait agir ces topiques gazeux en bains de vapeur, en fumigations, etc.

Les topiques liquides comprennent tous les médicaments liquides. Ceux que l'on emploie le plus fréquemment sont : l'eau, l'alcool, l'eau-de-vie, le vin, le vinaigre, les huiles grasses et essentielles, etc. Souvent aussi on emploie Ces substances mélangées à différents produits médicamenteux. Suivant leur composition ou leur mode de préparation, on distingue, parmi ces topiques liquides composés : 10 les solutions, dites encore mixtures ou liqueurs, résultant de la dissolution dans l'eau, dans le vinaigre ou dans d'autres liquides, des composés tels que les sulfates de fer, de zinc, de cuivre et d'alumine, le vert-degris, le sublimé corrosif , l'azotate dépotasse, l'acétate de plomb, l'acide sulfurique, etc. ; la liqueur de Yillate, la solution phagédénique, qui sont des solutions composées, sont d'un fréquent usage en chirurgie vétérinaire pour le pansement des plaies; 2° les teintures alcooliques ou alcoolés produits par la dissolution dans l'alcool ou dans l'eau-de-vie de différentes substances animales, végétales ou minérales; les teintures d'aloès, de camphre, d'iode, de cantharides sont les plus employées; 3° les vins médicinaux ou œnolés produits par la dissolution dans le vin de matières diverses, le plus souvent de nature organique; exemples: vins de quinquina, de gentiane ; 4° les vinaigres médicinaux ou oxéolés, produits par la dissolution dans le vinaigre de matières organiques ou inorganiques; exemples : vinaigre cantharidé, sternutatoire, etc.; 5° les huiles médicinales ou élœolés, dissolutions dans les huiles grasses de matières diverses toujours de nature organique ; exemples : huiles camphrée, cantharidée, etc.; 6» les liniments produits par la mixture d'une huile grasse ou dessiccative avec un principe actit : le camphre, le soufre, l'euphorbe, l'ammoniaque, etc.

Les topiques liquides sont utiles pour agir sur les surfaces d'une grande étendue, dans les plaies sinueuses, anfractueuses. On les applique également sur les téguments externes et internes et sur les plaies. On peut les employer en bains, en fomentations, en irrigations, en injections, en lotions, etc.; les liquides irritants sont, de plus, employés en frictions.

Les topiques solides se présentent sous différentes formes ; ils sont ainsi ou tout à fait solides, ou pulvérulents, ou mous. 1° Les topiques solides proprement dits sont les moins employés; ils n'ont qu'un usage exceptionnel ; tels sont les sels caustiques, appliqués en trochisques pour déterminer des effets escharotiques , certaines racines produisant une action irritante, etc. 2° Les topiques pulvérulents sont d'un emploi plus générai. On les applique simplement à la surface des plaies, le plus souvent sans les maintenir par aucun pansement: on les insuffle également dans les cavités. Ils peuvent agir, suivant la nature de la substance employée, comme absorbants, tels que la poudre delycopode, la fécule, la farine, le blanc d'Espagne, certaines poudres terreuses, etc.; comme astringents, tels que la poudre d'alun calciné, la colophane et les autres résines ; comme antiseptiques, le charbon pulvérisé, le quinquina, etc. ; comme escharotiques, irritants, excitants, aromatiques , etc., fournis alors par les nombreuses substances de la pharmacologie qui jouissent de ces propriétés. 3» Les topiques mous sont les plus employés comme matière ordinaire de pansement. Ils comprennent : fies cérats, formés de cire, d'huile et d'eau, quand ils sont simples, et en plus d'un médicament spécial quand ils sont composés; il y a ainsi les cérats saturné, opiacé, soufré, mercuriel ; 2° les pommades, qui ont pour base la graisse de porc, plus une substance médicinale ; on a ainsi les pommades stibiée, mercurielle, soufrée ; 3° les onguents, dont le caractère est d'avoir des résines ou des huiles essentielles pour base et de ne pas contenir d'oxydes métalliques; le digestif, l'onguent de pied, le basilicum, l'onguent vésicatoire sont les plus employés en chirurgie vétérinaire ; 4U les emplâtres, qui diifereut des onguents en ce

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qu'on les applique toujours au moyen d'une étoffe sur laquelle on les étend préalablement; ils ont aussi plus de consistance et adhèrent davantage et plus' longtemps aux tissus; enfin, la plupart des emplâtres renferment un oxyde métallique, la litharge principalement, de sorte qu'ils ont alors pour base une sorte de savon de plomb; 5" les charges, sortes d'emplâtres de consistance molle ou solide, destinés à être appliqués immédiatement sur la peau dépilée des régions malades ou après avoir été liquéfiés par l'action du calorique : ces médicaments, dont plusieurs se rapprochent par certains onguents dont ils sont composés, ont généralement pour hase la poix grasse ou noire, le goudron ou la térébenthine, auxquels on associe certaines huiles volatiles, quelques teintures ou alcoolés à base de camphre ou de cantharides, suivant l'effet qu'on désire produire j l'emploi des charges est indiqué pour fortifier dans les cas d'écarts, de foulures, d'entorses, de rhumatisme lombaire ou lumbago, etc.; on les applique en friction ou après les avoir étendues sur des étoupes qu'on place sur les régions qu'on veut médicamenter ; les charges sont ordinairement employées à titre de résolutif ou de fortifiant, comme excitant les parties sur lesquelles elles sont appliquées ; 6° les cataplasmes ou épithèmes, espèces d'emplâtres de la consistance d'une bouillie épaisse ou d'une pâte molle ;-on les compose avec des pulpes de végétaux, des poudres ou des farines cuites avec de l'eau pure, ou avec des décoctions de plantes ou avec du lait; on ajoute souvent aux cataplasmes des substances actives dont ils doivent favoriser l'effet, comme des huiles, des onguents ou d'autres substances médicamenteuses préalablement réduites en poudre; le nom de sinapisme est particulièrement affecté aux cataplasmes préparés avec la farine de moutarde noire ; les autres cataplasmes sont distingués entre eux par les effets médicamenteux qu'ils déterminetitj 7" les enduits imperméables sont des topiques que l'on applique soit k la surface des plaies, soit sur la peau, de manière à en former une sorte d'enveloppe protectrice n'exerçant qu'une action physique et pouvant remplacer tout autre bandage. Leurs effets sont différents, suivant la nature de la surface sur laquelle on les étend. Us protègent les plaies contre le contact de l'air extérieur, et, dans beaucoup de cas, ils activent la cicatrisation. Ces enduits sont généralement composés de poudres absorbantes, que l'on humecte préalablement pour en former' une espèce de pâte; le blanc d'Espagne délayé avec de 1 eau ou du vinaigre, la terre glaise humectée sont des plus économiques ; la pâte de henné, employée par les Arabes, remplit la même indication. A la surface de la peau, les enduits imperméables agissent un peu différemment. Us suspendent l'exercice des fonctions du tégument ; ils déterminent une sorte d'asphyxie de la peau, le refroidissement presque immédiat des parties recouvertes et arrêtent ainsi le développement des symptômes inflammatoires.

La substance principalement employée pour la fabrication des enduits imperméables est le collodion. A défaut de collodion, on peut employer au même titre l'argile plastique. A la place de ces deux matières, on peut encore faire des enduits imperméables avec des dissolutions de gomme, de dextrine, de colle forte, avec de la poix fondue, de la cire, du goudron, des matières grasses, du taffetas gommé, etc. «L'essentiel, dit M. Gourdon, quand on fait usage de ces enduits, c'est de ne pas en couvrir à la fois une trop grande surface, car l'interruption étendue des fonctions de la peau qui en résulterait pourrait déterminer d'assez graves désordres dans l'économie. Si la peau en était ainsi entièrement recouverte, la mort par asphyxie en serait promptement la conséquence. Un tel résultat n'est pas à craindre quand elle n'est enduite que partiellement; mais la possibilité des accidents doit toujours faire une loi de n'employer que d'une manière réservée les enduits imperméables. C'est le moyen d'en obtenir sans danger les plus heureux résultats possibles.

Topiques (les), traité oratoire de Cicéron, composé l'an 709 de Rome. Trébalius Testa, jurisconsulte très-éclairé et très-versé dans l'interprétation des lois, était intimement lié avec Cicéron, qui, pendant la guerre des Gaules, l'avait recommandé à César. Ne comprenant pas suffisamment les règles d'Aristote, il pria Cicéron de les lui expliquer. La réponse de Cicéron fut le livre des Topiques, qu'il lui envoya de Rhégium, au bout de sept jours, avec une lettre dans laquelle il lui expliquait comment il lavait composé. Privé de toute espèce de livres, même du traité d'Aristote, au milieu des embarras et de la fatigue d'un voyage par mer, au milieu des inquiétudes que lui inspiraient les menaces d'Antoine, prêt à recueillir par la violence l'héritage sanglant de César, Cicéron avait dû rédiger de mémoire toute la suite des préceptes aristotéliques, si nombreux, si subtils et si compliqués.

Aristote et les anciens rhéteurs entendaient par la topique l'art de trouver des arguments sur toute espèce de questions; c'est ce que dans la rhétorique on appelle les lieux communs. Cette matière occupait beaucoup les écrivains didactiques; Aristote en a rempli

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huit livres entiers et BoBee a commenté en sept livres les Topiques de Cicéron. L'abrégé, écrit à la hâte par l'orateur romain, ne présente guère qu'une analyse souvent superficielle des divisions et des subdivisions de la doctrine aristotélique. Il prouve du moins que Cicéron, dans les derniers temps de sa vie, était revenu à ces méthodes exactes et régulières, dont les rhéteurs grecs s'étaient servis pour instruire sa jeunesse; il les avait abandonnées, dans sa maturité, pour écrire sur l'art oratoire avec autant de liberté que de génie ; mais, parvenu à un âge avancé, ces méthodes lui parurent sans doute plus convenables à l'enseignement des principes élémentaires. Il fallait qu'il eût son Aristote bien présent à l'esprit pour le résumer si facilement avec si peu de ressources. Au Heu donc d'y relever quelques erreurs, quelques parties incomplètes, on doit admirer l'ordre et la précision qui régnent dans son ouvrage.

Les détails d'un traité de ce genre sont trop multipliés pour qu'il soit possible de les faire connaître. Cicéron, après une courte préface, établit d'abord la grande division deslieux intrinsèques ou pris dans le sujet même et des lieux extrinsèques ou accessoires. Ensuite il développe avec plus d'étendue les premiers, c'est-à-dire la définition, les deux sortes de divisions, l'étymologie et les affinités, dont il donne les neuf espèces. Puis il explique les lieux extrinsèques, qu'il appelle en général, témoignages. A la suite de ces règles, il nous" apprend que les lieux des arguments peuvent varier suivant les questions ou sujets à traiter; il divise alors les sujets en thèses générales et en hypothèses ou thèses particulières; les premières se subdivisent en questions de théorie et questions de pratique, qui ont aussi leurs subdivisions, et les secondes en trois genres, judiciaire, délibératif, démonstratif. Il termine en enseignant les lieux convenables à chaque sujet. « Si vous lisez attentivement et plus d'une fois mes Topiques, écrivait Cicéron kTrébattus, je suis persuadé que do vous-même vous parviendrez à les entendre. Je, me charge de vous y exercer, si nous nous rejoignons heureusement à Rome et si la république subsiste encore. > Il serait à désirer qu'il pût nous rendre le même service; car certaine passages sont pour nous d'autant plus obscurs que, s'adressant k un jurisconsulte, l'auteur prend la plupart de ses exemples dans la jurisprudence romaine et y fait de nombreuses allusions.

Le style des Topiques est moins fleuri que celui des autres ouvrages de Cicéron, bien qu'on y reconnaisse toujours la touche du maître.

TOPL, rivière de Hongrie. Elle descend des monts Karpathes, sur la frontière de la Gallicie, coule d'abord à l'E., puis au S.-S.-E., arrose Kurima et se jette dans l'Ondava, k 15 kilom. de Zemplin, après un cours d'environ 140 kilom.

TOPLADY (Auguste Montagu), théologien anglais, né dans le comté de Surrey en 1740, mort en 1778. Il fut, de 1762 jusqu'à sa mort, recteur de la paroisse de Bread-Hembury,dans le Devonshire. Toplady était un homme fort instruit. Il s'est fait connaître par plusieurs ouvrages, dont le plus remarquable est intitulé : Preuve historique du calvinisme doctrinal de l'Eglise d' Angleterre (177-4, 2 vol. in-8°). C'est, de l'aveu des critiques les plus autorisés, le meilleur livre qui ait jamais été écrit en faveur du calvinisme anglican, et c'est là, du reste, qu'ont puisé presque tous ceux qui se sont faits, après Toplady, les apologistes de cette doctrine. On a encore de lui un recueil d'Hymnes (1776) et Confession d'un mourant (1778). 11 avait édité, pendant plusieurs années, le Magasin évangélique. Ses Œuvres complètes ont été publiées en 6 vol. in-8°.

TOPL1TZA, rivière de la Turquie d'Europe. Elle prend sa source dans le sangiac de Kruchovats, sur la limite de l'Albanie, à 20 kilom. de Pristina, coule d'abord au N., puis au N.-N.-E. , arrose les environs de Kourchoumba et d'Orkup et se jette dans la Morava orientale, à 15 kilom. O. de Nissa, après

un cours d'environ 1*0 kilom.

TOPOBÉE s. f. (to-po-bé). Bot. Syn. de blakée, genre de mélastomacées.

TOPOGRAPHE s. m, ^to-po-gra-fe — du gr. (opos, lieu; grapkô, je décris). Celui qui s'occupe de topographie.

TOPOGRAPHIE s. f. (to-po-gra-ft — du gr. topos, lieu ; graphâ, j'écris). Description détaillée d'un lieu, d'un pays, d'un canton particulier : La topographie do la France, des environs de Paris.

— Art de représenter par le dessin la forme détaillée d'un lieu, d'une contrée: Etudier la

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