‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 233 sur 1042 · TOR · texte numérisé non relu

TOR

TORAILLE s. f. (to-ra-llej «mil). Comm.

Sorte de corail brut.

TORANGA, roi du Japon, dont la tradition a fait un héros et que le peuple a déifié. D'abord simple chasseur,il s'éleva au trône par son seul mérite et délivra le pays d'un terrible géant à huit bras, ou, plus exactement, d'un tyran odieux qui avait huit rois pour alliés. On lui a élevé un temple dans la province de Vacata, et on le représente armé d'une hache, foulant aux pieds un serpent.

TORANO, bourg d'Italie, au pied de l'Apennin, célèbre par ses fameuses carrières de marbre , connu sous le nom de marbre de Carrare.

TORBAY, baie et port d'Angleterre, dans la Manche, sur la côte du Devonshire, par 50» 25' de latit. N. et 5° de longit. O., entre Barry Point au S. et le Bobs's Nose au N. Elle ft 7 kilom. de largeur à son entrée et autant de profondeur. Lieu de réunion des forces maritimes anglaises. Guillaume 111 y débarqua en 1688.

TORBAY, baie de l'Amérique du Nord, sur la côte S.-K. de la Nouvelle-Ecosse , dans le comté de Sydney.

TORBAY, baie de l'Amérique du Nord, sur la côte E. de la presqu'île d Avalon, dans le S.-E. de Terre-Neuve.

TORCELLO, ville du royaume d'Italie (Vénétie), dans une île des lagunes et à 11 kilom. N.-E. de Venise; 9,000 hab. La cathédrale, baûe vers 650 , avec les matériaux provenant des ruines de la ville d'Altino, détruite par Attila et reconstruite avec les mêmes matériaux en 1008 par Orso-Orseolo, est un monument très-curieux au point de vue de l'archéologie. On y remarque : des mosaïques byzantines du xiie siècle; un bénitier en style barbare du x« siècle ; une crypte très-ancienne (vue siècle peut-être); la cathedra, siège de l'évêque; les mosaïques de la voûte (xiie siècle), etc. L'église Santa- Fosca, qui remonte au xie siècle, renferme de curieux chapiteaux du x« siècle. Les architectes Sansovino et Scarpagnino, dit un écrivain, faisaient le plus grand cas de ce petit temple , dont l'étude se refléta dans leurs travaux à Venise.

TORCHE s. t. (tor-che. — Que ce mot vienne directement de quelque ancien substantif torca, tiré de torcare, ou plutôt torquare, primitif du surnom Torauatus, ou d'un participe tordus, il se rattache eu définitive au verbe latin torquere, tordre. Le mot torche, en effet, signifie proprement faisceau, amas de choses tordues ensemble, puis bouchon de paille, brandon fait d'un bouquet de paille, puis flambleau en général. Chevallet rapporte ces formes au germanique, ancien suédois tortisa, torche, Scandinave toriys, hollandais toorts, anglais torch; mais elles viennent plutôt d'un type latin lorcticius, formé d'un participe tordus). Flambeau grossier, fait de cire et de résine, et consistant le plus souvent en un bâton de bois résineux entouré de cire et de mèche ; Le paria sortit avec une torche à ta main. (B, de St-P.) Sur chaque marche était posté l'un des arquebusiers du cardinal, tenant une torchb à la main et une longue carabine de l'autre. (De Vigny.) La lumière des touches ressemble à la sagesse des lâches; elle éclaire mal, parce qu'elle tremble. (V. Hugo.)

— Rouleau de linge que les femmes, dans certains pays, mettent sur leur tête, quand elles veulent transporter des fardeaux.

— Fig. Elément de discorde, de dissensions ; Le privilège est la torchb qui, depuis soixante ans, allume, en France, toutes les révolutions. (E. de Gir.)

— Peint. Petit linge avec lequel les peintres essuient les pinceaux et la palette.

— Véner. Fumées à demi formées.

— Constr. Poignée de foin roulée dans l'argile, dont on garnit le tour des tuiles qui forment les ouvreaux du four de glacerie.

— Comm. Paquet d'oignons liés autour d'un bâton.

— Techn. Rang de quatre ou cinq cerceaux sur un tonneau. Il Un ou plusieurs tours que le vannier fait immédiatement en différents endroits d'une hotte. Il Paquet de fil ou de laiton plié en rond. On dit aussi torque.

Il Echeveau d'or à broder coupé par aiguillées, il Natte de paille que l'on met sur un chariot qui transporte des pierres taillées, n Selle bourrée en paille et recouverte en

f rosse toile, qu'on met sur le dos des bêtes e somme.

— Ane. chirur. Sorte d'éclisse."

— Bot. Nom vulgaire des cierges, aux Antilles.

— Hortic. Fourchée de fumier pliée en deux, dont on se sert pour border une couche.

TORCHE (l'abbé), littérateur français, né à Béziers, vers 1635, mort vers 1675. Il entra tout jeune dans l'ordre des jésuites; mais, emporté par son goût pour les plaisirs et la vie mondaine, il le quitta bientôt et se rendit a Paris. Comme il n'avait que de médiocres ressources, il résolut d'en demander à sa plume et se mit aux gages du libraire Barbin. A la suite d'une intrigue, qui tourna fort mal pour lui, Torche ne se sentant plus en sûreté à Paris, se rendit à Montpellier, où

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il termina sa vie. 11 écrivait avec facilité en vers et en prose, mais son style est très-négligé. Outre des traductions en vers du Berger fidèle de Guarini (Paris, 1644), de l'Aminte du Tasse (Paris, 1666) , de la Philis de Scire de Bonarelli (Paris, 1667), nous citerons de lui : le Démêlé de l'esprit et du cœur (Paris, 1667) ; le Chien de Boulogne ou l'Amant fidèle (Paris, 1668); la Cassette de bijoux ou Recueil de lettres en prose et en vers (Paris, 1669, in-12); la Toilette galante de l'Amour (Paris, 1670).

TORCHÉ, ÉE' (tor-ché) part, passé du verbe Torcher. Nettoyé en essuyant : Des meubles soigneusement torchés.

— Fam. Mis, vêtu : Etre bien TORCHÉ, mal torché, u Exécuté : Cela est mal torché, est torché à la diable.

TORCHE-CUL s. m. Linge, papier ou autre matière dont on s'essuie le derrière après qu'on a été à la garde-robe. Il PI. torche-culs. H Mot grossier,

— Fiim. Ecrit méprisable, sans valeur : Pour lui complaire, je prenais ces précieux torchb -culs, je les mettais dans ma poche, et je n'y songeais plus que pour le seul usage auquel ils étaient bons. (J.-J. Rouss.)

TORCHE-CULATIF, IVE adj. (tor-che-kula-tif, i-ve — rad. torche-cul). Ordurier : Ce sont propos torchk-culatifs. (Rabelais.) il Mot de Rabelais.

TORCHE-FER s. m. Torchon mouillé dont on se sert pour essuyer les fers à souder. I) PI. torche-fhr.

TORCHE-LORGNE adv. (tor-che-lor-gne ; gn mil.). A tort et a travers : En frappant torche- lorgne. dessus le géant. (Rabelais.) Il Vieux mot.

TORCHE-NEZ s. m. Art vétér. Syn. do

TORD-NEZ. H PI. TORCHK-NBZ.

TORCHE-PERTUIS s. m. (tor-che-pèr-tui).

Ornitli. Syn. de torchb-pot. h PI. torcuepertuis.

TORCHE-PIN s. m. Bot. Nom vulgaire du pin mugho. n PI. torches-pins.

TORCHE-PINCEAU s. m. Petit linge qui sert aux peintres pour essuyer leurs pinceaux et leur palette. Il PI. torche- pinceaux.

TORCHE-POT s. m. (tor-che-po — du fr.

torcher, et de pot). Ornith. Nom vulgaire de la sittelle d'Europe. Il PI. torche-pots.

TORCHE-POTEUX s. m. (tor-che-po-teu).

Ornith. Syn. de torche-pot. Il PI. torchepoteux.

TORCHER v. a. ou tr. (tor-ché — bas lat. torcare; de força, torche). Essuyer, frotter pour nettoyer : Torcher un enfant qui s'est sali.

— Fam. Battra violemment: Tu vas te faire torcher, il Faire a la hâte, exécuter vite et sans soin: Comme vous ot'avez torché tout cela!

— Pop. Torcher un plat, Manger gloutonnement tout ce qu'il contient.

— Peint. Torcher les pinceaux, la palette,' Les essuyer, les nettoyer, après s'en être servi.

— Mar. Torcher de la toile, Déployer le plus de voiles possible : Le Pilote-Vert poursuivait donc le puuore petit sloop, qui était blanc et or, avec des voiles bleu clair, et qui fuyait qui fuyait, qui torchait db la toile à chavirer. {E. Sue.)

— Constr. Recouvrir avec du torchi3 : Touches un mur.

— Techn. Faire, avec un ou plusieurs brins d'osier, le cordon, le bord de: Torcher un panier. :i Torcher te tas, Enlever la ;olle que la presse a fait sortir d'entre les feuilles dont se compose le carton. Il Torcher le quarteron d'or, Le nettoyer avec un morceau da drap.

Se torcher v. pr. S'essuyer, se frotter pour se nettoyer.

— Pop. Se battre: Laisses- le se torcher un peu.

— N'avoir qu'à se torcher le bec, Etre obligé de renoncer à ce que l'on désire, à ce à quoi l'on prétend : Il voudrait mon bien, mais il n'a qu'à se torcher le bec.

— Se torcher le derrière de, Ne tenir aucun compte, ne faire aucun cas de : Epargnez-lui vos avis, car il s'en torche le derrière, il Loc. grossière.

TORCHÈRE s. f. (tor-chè-re — rad. torche). Vase métallique à jour, placé sur un pied, et dans lequel on met des matières combustibles destinées à donner de la lumière.

— Sorte de grand candélabre, ayant souvent un caractère monumental, des formes artistiques, et presque toujours établi a poste lixe : Deux torchères de bronze doré représentant des bras d'esclaves jaillissent de la boiserie, tenant chacun au poing un bouquet de fleurs bizarres, d'où les jets blancs de ta bougie s'élancent comme des pistils enflammés. (Th. Gautier.) Partout des torchères, des lustres, des chandelles et des girandoles étinceïaient dans ces galeries. (V. Hugo.)

Chaque plat ciselé contenait un trésor, DétaiUéjpar l'éclat de eant torchera d'or.

Th. de Banville.

a ~,Haut guéridon sur lequel on pose un

(lambeau portant des bougies.

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TORCHETTE s. f. (tor-chè-te — rad. torcher). Petit torchon.

— Bouchon de paille servant à torcher.

— Loc. fam. Net et clair comme torchelte. Très-malpropre ou très-obscur. Il Usité en Normandie.

TORCHETTB s. r. (tor-chè-te — dim. de torche). Osier tortillé autour d'une hotte.

— Pèche. Faisceau de paille longue dans lequel on expédie le poisson de choix.

— Techn. Instrument de forge dont on se sert pour rétrécir le diamètre de la tuyère.

TORCHIS s. m. (tor-chi — rad. torcher), Mortier composé de terre grasse et de paille ou de foin coupé, avec lequel on fait certaines constructions : Murs en torchis. Vitruve dit que de son temps les maisons étaient bâties d'une espèce de torchis. (Volt.)

— Agric. Mélange de terre glaise et de mousse ou de paille hachée, qu'on emploie pour protéger les greffes, couvrir les arbres, abriter les ruches.

TORCHON s. m. (tor-chon — rad. torcher). Sorte de serviette de toile, dont on se sert pour torcher, essuyer les meubles, la vaisselle, les ustensiles de cuisine : Une douzaine de torchons. Votre cousine est une petite sotie, sans éducation, commune et gui passe sa vie à raccommoder des torchons. (Balz.) • — Fam. Femme très-malpropre . C'est vn vrai torchon.

— Etre fait comme un torchon, Etre vêtu malproprement et négligemment.

— Se mettre dans ses torchons, Se coucher.

— Se donner un coup de torchon, Se battre au sabre ou à l'épée.

— Le torchon brûle, Se dit pour marquer qu'il y a de la brouille dans un ménage.

— Constr. Petite natte de paille qu'on place sous les pierres taillées, quand on les remue, pour ne pas endommager les arêtes.

— Adjeetiv. Papier torchon, Sorte de papier dont on se sert pour la gouache et 1 aquarelle.

— Tulle torchon, Dentelle torchon, Sorte de tulle ou de dentelle de coton, faite à grand réseau et avec des fils très-résistants.

TOBCUON-DESMARAIS (François), littérateur né en 1736, mort vers 1810. Il entra daus 1 ordre des mtithurins, devint, en 1770, curé de Regniowez, pros de Rocroy, et y fonda un collège privé qui prospéra jusqu'à l'époque de la Révolution. On lui doit, entre autres écrits : Jérémie, poème sacré en quatre chants (Paris, 1771, in-8<>); ['Incrédulité, ode (Paris, 177l) ; Portrait du solitaire des Ardennes (1789, in-S"), etc.

TORCHONNER v. a. ou tr. (tor-cho-né — rad. torchon). Essuyer, nettoyer avec un torchon : Torchonner la vaisselle,

— Fam. Exécuter rapidement et sans soin : Cet ouvrier torchonne tout ce qu'il fait.

TORCIN s. m. (tor-sain). Min. Banc qui divise les couches de schiste ardoisier.

TORCINER v. a. ou tr. (tor-si-né — rad. tordre). Techn. Tordre, en parlant du verre qu'on travaille ainsi pendant qu'il est chaud.

TORCOL s. m. (tor-kol — de tordre, et de col). Ornith. Genre d'oiseaux grimpeurs, do la famille des picidaea ou pics, comprenant deux espèces, qui habitent l'Europe et l'Afrique : Toujours un torcol que l'on abat, quelque mutilé qu'on le suppose, agile convulsivement sa tête et son cou. (Z. Gerbe.) La femelle du torcol ne constr-uit pas de nid. (V. de Bomare.) I! Torcol noir, Nom vulgaire du merle à collier, u On dit aussi torcou et tobcot.

— Encycl. Les caractères génériques sont : bec à peu près droit, conique presque i»nd, sans arête distincte, pointu, emplumé à la base. Les narines sont basales, nues, en partie formées par une membrane et à demi recouvertes par les plumes du front. Ailes médiocres, pointues. Queue arrondie. Tarses courts, squameux. Deux doigts devant et deux derrière. Les ongles courts et arqués. Quoique conformés à peu près comme les pics, les torçots ne grimpent pas aux arbres comme ceux-ci, mais ils s y cramponnent pour chercher leur nourriture, à l'aide de leur langue extensible, qu'ils introduisent dans les fentes et sous l'écorce. Ils ne se perchent même que rarement et pour dormir. Le plus souvent ils sont à terre. Ils se nourrissent de fourmis qu'ils prennent en dardant leur langue dans les fourmilières et en la retirant chargée de fourmis qui se sont prises à l'humeur visqueuse dont elle est enduite. La femelle pond dans un trou d'arbre,' sans faire de nid, ou sur la poussière du bois vermoulu. La ponte est de huit ou dix œufs d'un blanc d'ivoire. Le torcol est remarquable surtout par l'habitude (d'où il a pris sou nom) de tourner le cou d'un mouvement lent, ondulé, semblable à celui d'un serpent, en renversant la tête au point d'élever le bec du côté du dos. Lorsqu'on dent un de ces oiseaux dans la main, il ne cesse d'exécuter ce mouvement, qu'il fait d'ailleurs en liberté et que les petits font aussi étant encore dans leur nid. Le torcol a encore une autre habitude assez singulière t un de ces oiseaux, renfermé dans une cage, hérisse et relève les plumes de sa tête lorsqu'on s'en approche, étale celles de sa queue, s'avance, puis se retire brusquement en frap-

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pant du bec. Il ne cesse ce manège que lorsqu'on se retire de sa présence. L'espèce la plus connue est le torcol verticille (yunx torquilla). Peu d'oiseaux de nos climats vivent aussi solitaires que lui; il émigré seul et vivrait seul toute l'année si l'acie de la reproduction ne l'appelait auprès de sa femelle. Cette vie solitaire, loin de le rendre farouche, lui laisse son naturel peu défiant et presque stupide. Le force-t-on k abandonner une fourmilière qu'il exploitait, il se jette sur le premier arbre qu'il rencontre, se tient coi sur une branche et se laisse approcher de trèsprès. On a dit qu'il y avait certains arbres sur lesquels il perchait de préférence. Tous lui sont indifférents. A l'époque de ses migrations, vers la fin du mois d'août, il est excessivement gras, mais sa chair n est pas trèsdélicate. On ne lui connaît qu'un cri fort monotone, qu'il fait entendre lorsqu'il veille sur sa femelle, et un petit sifflement aigu.

TOKCOLA, tle de la mer Adriatique, au milieu du canal «le Curzola, près de la côte méridionale de l'île de Lésina, dont elle est séparée parle canal de son nom. Elle est plate, basse et peu fertile. Ses rares habitants n'ont d'autre ressource que l'élève des troupeaux,

TORCOT s. m. (tor-ko). Ornith. Syn. de

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