‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 236 sur 1042 · COS · texte numérisé non relu

COS

ac

ou comme

TORE

58 = aC = * /rf' + c'— R. a\/a' — c* V f'

il en résulte

et enfin

sin 8 = - , P

tang 6 =

Cette inclinaison n'est autre que celle des plans cycliques déjà trouvés ; on effet, les deux équations

et donnent

et d'où

TORÉADOR s. m. (to-ré-a-dor — mot espagnol venu du verbe torear, combattre les taureaux, de toro, taureau, qui correspond au vieux français tor, même sens). Celui qui prend part aux combats de taureaux usités en Espagne : Oui, tvois toréadors se firent tuer pour- elle. (Balz.) Madame de Penafiel

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froutiera cela sans doute aussi simple que d'aller assister aux sanglants combats des toréadors de son pays. (E. Sue.)

Toréador (le), opéra-comique en deux actes, paroles de M- Thomas Sauvage, musique d'Adolphe Adam ; représenté sur le théâtre de l'Opéra-Comique le 18 mai 1849. Le livret met en scène don Belflor, le vainqueur de taureaux et le vieil époux de l'Espagnole Coraline, ex-premier sujet de la troupe du théâtre de la foire Saint-Laurent, et Tracolin, flûtiste à l'orchestre du même théâtre. Ce trio, qui forme un accord parfait fort dissonant au point de vue de la morale, a fourni à Adolphe Adam l'occasion d'écrire une bouffonnerie musicale qui a eu du succès. L'ouverture offre, entre autres motifs, un thème exécuté d'abord par les

Ereiniers violons et ensuite répété par le autbois dans le ton principal; il est accompagné et traité avec élégance. L'introduction, qui vient ensuite, est un pot-pourri d'airs soi-disant joués au théâtre de la foire, mais qui par malheur sont la plupart postérieurs à la fermeture de ce théâtre, qui eut lieu en 1763; mais Adolphe Adam se souciait peu de Y Art de vérifier les dates. Les couplets chantés par Mme Ugalde : Je tremble et doute; l'air de don Belflor, chanté par Bataille : Oui, la vie n'est jolie ;le trio : Ah t vous dtrai-je, maman, varié avec beaucoup d'habileté, sont les morceaux saillants de l'ouvrage, qui est plutôt un pot-pourri qu'une oeuvre originale, puisqu'il faut «jouter aux airs anciens qui ouvrent le premier acte, ceux du Fandango, de la Cachvcka et des Folies d'Espagne, exécutés dans le second. Le rôle de Tracolin a été créé par Mocker. Cet ouvrage est resté au répertoire.

Nous allons donner les couplets : Je tremble et doute.

i" couplbt. Je ttem - ble et ta . . te! I - oi, que dois - je

ÎÈiillpË^P^lilp^i^pi

*al re? A - mour, de - voir, pour vous met - tre d'ac

oord, Que n'ai-je, hé - las! un gui - de qui ra'i - clai-re! Mais je suis

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seule, >.t l'a-mour est bien fortl

Je lis !... Que sur l'ab-

sent en re-fom-be le

sort!

ah!

Ma -ri$.trom-peurs

w&^^^^^^&sm^^m

et ja

loux, D'un sort fa - tal, près - que tous, Si vous su - bîs-

^^■È^lpa^^^ESEEgEB^g^P

sei les coups, Ne nous âo - eu - sez pas, nous!

Ai - ma -blés, teu-

dres et doux, Sou-pi-rant à nos ge - noux, Sou - pi -raiit ù

nos ge-noux, Toujours, bons et loy-nux é - poux, Que ne res - tei - vous cheï vous?

Que ne res - tez voua chez vous?

Vo-Ia-ges é - poux, Trompeurs ou ja-

»^^^=pn=^ss^gPESi^pag

loux, Vo-la-ges 4 • poux, Du sort vou - lez-vous E - vi - ter les coups ?Vou-

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lez-vous 6- vj - ter les coups? Que ne res - tez - vous chez vous? Que ne res - tez-

pliÈiËp^

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— fr— y— se

vous chez vous?

chez vous, chez vous,

chez vous ?

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Que ne res-tes-vous chei voust

3. m. (to-re-la-je). Féod. Droit i torailles, lieu où l'on faisait

TORE

DBUXIÈMC COUPLET.

Le recevoir 1 le recevoir t Demande téméraire !

De refuser je dois faire l'effort, Mais c'est folie) Afin de se distraire. Mon cher époux me laisse sans rémora.

J'écris!,,. Que sur l'absent en retombe le sort! Ah! maris trompeurs et jaloux, etc.

TORELAGE s.

prélevé sur les

sécher les grains qui servaient a faire de la bière.

TOBELLA (Gaspard), médecin espagnol, né à Valence vers 1450, mort à Rome en 1616. Il fut un médecin de grand renom à l'époque où il vécut, puisqu'il occupa divers postes élevés, mais il fut un auteur fort médiocre, et ses écrits, pour la plupart relatifs à la syphilis, ne peuvent servir que comme pièces historiques. 11 embrassa l'état ecclésiastique, devint évèque de Saint-Just, en Sardaigne, et fut médecin du pape Alexandre VI, ainsi que de son fils César Borgia. C'est à ce personnage qu'il dédia, selon l'usage du temps, son second ouvrage sur la vérole. Les écrits de Torella ont pour titres : Tractatus cum consiliis circa pudendagram , sive morbum gallicum (Rome, H97, in-4°); Dialogus de dolore, cum tractatu de ulceribus in pudendagra evenire solilis (Roine, 1300, in-4°); De xgrititdiue ovilla consilium (Rome, 1505, in-4°) ;De regimine seu prasseroatioue sanitatis dialogus (Rome, 1506, in-4»),

TORELLI ou TORELLO { Guido - Salinguerra), seigneur de Ferrare, mort en 1150. Il succéda à son frère Pierre comme gouverneur de Ferrare, puis se fit élire souverain (l 1 18) ; favorisa le commerce, augmenta, fortifia la ville et y fit construire l'église de Tous-les-Saints. —Son fils, Torelli, mort en 1197, lui succéda comme seigneur de Ferrare en 1150. Il traita avec l'empereur Henri VI et devint chef du parti gibelin. Ce fut pendant Son gouvernement que commença, à propos du rapt de Marchesella, nièce de Guillaume des Adelards, entre la maison de Torelli et la maison d'Esté, une haine profonde, qui fit verser pendant un siècle des torrents de sang dans le Kerrarais, le Padouau et la Marche de Trévise. — L'arrièrepetit-fils du précédent, Salinguerra Torelli, devint, en 1301, chef de la ligue des villes de Bologne, Forli et Imola, Il fit plusieurs campagnes dans lesquelles il donna des preuves de talent et de courage, et fut proclamé seigneur de Ferrare en 1308. Mais, malgré tous ses efforts, il ne put se maintenir dans cette souveraineté, dont il fut dépouillé par le marquis d'Esté en 1310.

TORELLI ou TORELLO (Guido), homme de guerre italien. 11 descendait de la famille des précédents, qui posséda la souveraineté de Ferrare de 1118 a 1310, et en fut dépouillée par le marquis d'Esté. Torelli fit ses premières armes sous Carmagnola, servit avec éclat le duc de Milan, Jean-Marie Visconti, qui lui donna, en 1406, les fiefs considérables de Guastalla et de Montechiarugolo, et, après avoir combattu dans l'armée du marquis d'Esté, il s'attacha définitivement à la cause du duc de Milan, Philippe-Marie, en 1420. Il fut alors chargé par ce prince d'attaquer te marejuis d'Esté, à qui il enleva.Parme, puis il s'empara successivement de Gènes, de Ga6te (1423) et de Naples (1424), où il réintégra sur le trône la reine Jeanne II, qui lui donna en récompense de ce service signalé le titre de baron de la Pouille et du Padouan. Guido Torelli continua à prendre part â toutes les guerres de son époque, obtint de nombreux succès et battit même, en 1431, son ancien maître Carmagnola dans le Urémonais. Il fut nommé gouverneur delaValteline et comblé de biens par le duc de Milan.

TORELLI (Orsina), femme du précédent, vivait dans la première moitié du xv« siècle. Elle était parente de Jean-Marie Visconti, duc de Milan, qui la donna en mariage à Guido Torelli, dans le but de s'attacher ce dernier. A une rare beauté Orsina joignait un courage viril et une grande fermeté de. caractère. Lorsque son mari prit le commandement de l'armée du due de Milan Jean- Marie, elle fut chargée par lui, depuis 1422, de la régence de Guastalla, où elle soutint, en 1426, un siège contre une division vénitienne de l'armée de Carmagnola. On raconte qu'elle s'arma d'un casque et d'une cuirasse, se mit a la tête des troupes, les conduisit au combat, tua de sa main plusieurs ennemis, mit en fuite les Vénitiens et revint du combat victorieuse et couverte de sang. Ce glorieux fait d'armes a été représenté sur les murs de l'église de Saint-Barthélemi, à Guastalla, où on le voit encore. Orsina moty-ut quelques années après.

TORELLI (Barbe), poétesse italienne, née vers 1475, moite à Bologne en 1533. Elle a composé des chansons, des sonnets, des épltres qui furent vantés â l'époque où elle vivait. Elle était fille de Marsiglio, comte de Montechiarugolo, et de Paola Secchi d'Aragone, fille du général de ce nom. Sa mère aimait les lettres et les cultivait. On lui donna d'habiles maîtres, qui n'eurent qu'à continuer l'enseignement maternel. Ses talents pour la poésie, sa beauté, sa grande fortune, son grand nom, attirèrent sur elle les regards des plus brillants cavajiors, et elle so inaria, vers

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1401, à Hercule Bentivoglto, gentilhomme de Ferrare, qui s'était distingué au service des Florentins. Devenue veuve en 1508, elle épousa aussitôt Hercule Strozzi, qu'elle aimait depuis longtemps; mais un rival jaloux fit percer Hercule de vingt-deux coups de poignard, treizejours après ses noces. Inconsolable de la perte de son époux, elle se retira à Parme et vécut dès tors dans la retraite. Sa fille unique Julie, héritière de la beauté de sa mère, mais non- de son esprit, fut mariée à Albert Zaboli, l'un des gentilshommes les plus riches de Parme. Burbe Torelli a laissé des épltres, des chansons,"des sonnets, des pièces fugitives, et beaucoup d'autres ouvrages, dont une partie a été perdue. On en trouve un choix dans les Mme scelle di poeti Ferraresi, de Bergalli,, imprimées à Ferrare en 1713.

TOHBLLl (Domitilla TrivuLcë, comtesse), née a Milan vers 1481, morte le 2 mars 1528. Elle était fille de Jean Trivulce, sénateur de Milan, et nièce du cardinal Antoine Trivulce, ainsi que des deux maréchaux de France Jean-Jacques et Théodore Trivulce. Merveilleusement douée, elle composa dès sa jeunesse des épltres, des harangues, des poésies grecques et latines qu'elle lut dans les assemblées littéraires de Milan. Mariana de Guenavrano, évêque de Come, et François Trivulce, moine de Saint-François, deux des plus grands orateurs de leur temps, furent frappés de son éloquence, et ses succès précoces furent un objet d'admiration pour toute l'Italie. Betinelli, Quadrio, Tiraboschi en ont parlé avec éloge ; Nicolas Racediano, qui la vit à Montechiarugolo, en 1517, a laissé d'elle le portrait le plus flatteur ; il la regardait comme une des femmes les plus illustres de son temps. Outre ses poésies grecques et latines, elle écrivit des Mémoires particuliers sur l'histoire de mon temps et des Parallèles des grands hommes d'Italie avec ceux de l'antiquité. Elle fut mariée à François Torelli, comte de Montechiarugolo, homme de guerre et écrivain. Comme ses frères, Paul-Camille Trivulce, due de Boïano, le cardinal Augustin Trivulce, évêque de Bayeux et de Toulon, et Pompée Trivulce, gouverneur de Lyon, étaient tous attachés à la France, elle détermina son mari à prendre le même parti, et il fut nommé gouverneur de Panne par François 1er. Ede eut même l'honneur de recevoir chez elle le roi de France.

La comtesse Torelli fit de sa maison le rendez-vous des beaux esprits, des savants et des personnages illustres que la guerre ou les affaires attiraient à Parme. La mort lui ayant enlevé son mari en 1518, elle se retira du monde pour ne plus s'occuper que de l'éducation de ses enfants. Elle fonda le couvent de femmes dit de Saiute-Marie-des- Gràces, près de Montechiarugolo, et c'est dans cette maison qu'elle finit ses jours. L'Avioste a parlé d'elle dans le préambule du XLVI» chaflt de son Orlando furioso.

TORELLI (Lelio), jurisconsulte italien, né à Fano en 1489 d'une ancienne famille patricienne, mort à Florence en 1576. Il devint podestat de Foasombrone, chef de la magistrature de Fano, et fut député par son corps auprès du saint-siége, en 1520, pour justifier l'expulsion de Scanderbeg Comnëne, qu'il avait lui-même contribué a chasser de Fano. Il fut ensuite nommé gouverneur de Bénévent, puis se retira à Florence, où Cosme de Médicis l'accueillit avec distinction, l'éleva aux dignités d'auditeur de la Rote (1531), de podestat de Florence et en fit enfin son chancelier et son premier secrétaire (1546). Ce fut lui qui publia la fameuse édition des Pandectes dites florentines (Florence, 1553, 3 vol. in-fol.), d'après le manuscrit trouvé à Amalfi en 1137. Ou a de lui plusieurs opuscules de droit, ainsi que des vers italiens et latins.

TORELLI (Louise), comtesse de Guastalla, fondatrice de l'ordre des migéliques, née en 1500, morte le 28 octobre 1569. Fille unique du comte Achille Torelli, elle fut mariée, en 1516, a Louis Slanghi. A la mort de son père ' en 1522, elle hérita, grâce au duc de Milan, de tous les domaines de la famille et même du comté de Guastalla, qui était fief masculin. En 1524, elle devint veuve, et peu après, chassée par la guerre, elle se réfugia à Vérone. La, elle fut rencontrée par Antoine Martinenghi, d'une puissante et ancienne famille de Brescia, et contracta avec lui un second mariage. Cette nouvelle union fut malheureuse et la dégoûta peu à peu du monde. Antoine Martinenghi était dédaigneux et plus encore dur et fqroce; il n'en voulait qu'à l'immense fortune de sa femme. Dès qu'il -l'eut épousée, il la menaça de la tuer si elle no faisait une donation de tous ses biens à ; Girolamo, fils qu'il avait eu d'un premier lit. La malheureuse ne doutait pas qu'il exécuterait ses menaces, car elle découvrit bientôt qu'il avait fait mourir sa première femme. Heureusement pour elle, un frère de cette première femme la délivra en tuant de sa propre main Martinenghi. Ce tragique dénouaient, les dangers qu'elle avait courus, la mort d'un enfant qu'elle avait eu de Louis Stanghi firent tourner à la dévotion la comtesse de Guastalla. Un dominicain, nommé Battiste da Crema, la détermina a fonder à Milan une congrégation de femmes qui prit le nom de congrégation des angéliques. Cependant, le comte Paul Torelli et les enfants de Frédéric Torelli, fils du comte Galeotto,

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disputaient à la comtesse sa succession. L'affaire fut portée au tribunal de l'empereur; le pape intervint, prit le parti des comtes da Montechiarugolo et mit les Guastallais en» interdit, parce qu'ils ne voulaient pas payer au comte ses impositions. L'affaire se trouvait trop compliquée pour que l'empereur, occupé de ses expéditions et d'objets bien plus importants, pût y donner 1 attention qu'elle exigeait. Ferrant de Gonzague, alors vice-roi de Sicile, proposa comme expédient d'engager toutes les parties à vendre leurs droits à un tiers qfii rendrait directement foi et hommage a l'empereur. Ce fut lui-même qui joua ce rôle de tiers. La comtesse Torelli signa & Milan l'acte de cette vente le 3 octobre 1539 et transporta ses droits à Ferrant de Gonzague. Débarrassée des affaires, elle renonça dès lors à toutes les choses de ce monde et se livra entièrement à des fondations pieuses. Un bref du pape Paul III (1534) transforma la congrégation des Angéliques en monastère sous l'invocation de saint Paul converti et l'abbesse prit elle-même le nom de Pauie-Morle. Elle contribua encore k la fondation du monastère des religieux de la congrégation de Saint-Paul-des-Décollés ou de Saint-Barnabe et du couvent des Ermites-du-Cruciftx, placé sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine pénitente, k Milan. A Ferrare, elle établit le couvent des Convertis-de-Terra-Nuova, et à Crémone, elle s'unit à Valérie d'Aleriis pour fonder les religieuses de Sainte-Marthe. Elle accompagna les barnabites dans leurs missions. S'étant rendue à Venise avec Antoinette de Nigri, elle décida quelques dames vénitiennes à quitter leurs maris pour se retirer dans ses monastères , et le gouvernement lut enjoignit d'aller porter ailleurs ses prédications. De Venise, elle se rendit à Vicence, aida de ses largesses le monastère des Nouvelles converties, puis à Milan, où elle s'établit dans une de ses maisons. Les religieuses se révoltèrent contre elle, et les mauvais traitements qu'elles lui firent subir l'obligèrent à sortir de la maison qu'elle .avait elle-même bâtie. Elle acheta un vaste terrain entre la porte Romaine et la porte Tosa et fonda un nouveau couvent, le Collège de Guastalla, où elle finit sa vie.

* TORELLI (-Pomponio ), littérateur italien, né en 1539, mort à Parme en 1608. Il appartenait à la famille des comtes de Guastalla. Pour compléter son instruction, il voyagea en France, épousa à son retour une nièce du pape Pie V et gngna la confiance du duc de Parme, Octave Faruèse, qui l'envoya en 1584 en Espagne pour demander à Philippe II de rendre la citadelle de Plaisance. L'heureux résultat de cette mission accrut encore la faveur dont il jouissait a la cour. Torelli cultiva avec succès la poésie et les lettres et devint membre de l'Académie des Innominati à Parme Nous citerons de lui : Rime amorose (Parme, 1575, in-8") ; Trattata del débita del cuvaliero (Parme, 1596, in-4°); Carminum libi-i VI (Parme, 1600, in-40). On lui doit, en outre, des tragédies écrites dans un style élégant, mais calquées sur le théâtre grec; ce sont : Métope (1589, in-8»), Tancredi (1597), Gatat ea (1603)', Vittoria (1603), Polidoro (1605). La plus estimée ist Mérope, que MafTei a rééditée dans un recueil de pièces choisies.

TOHELLI (Jacques), architecte italien, né à Fano en 1608, mort en 1678. Fils d'un patricien de sa ville natale, il s'adonna surtout à l'étude des sciences et des arts et acquit en mécanique des connaissances très-étendues. Ce fut lui qui le premier eut l'idée de se servir des ressources de cet art pour obtenir rapidement les changements de décors dans les théâtres. Les essais qu'il fit à Venise eurent tellement de retentissement , que Louis XIV l'appela en France, où il eut d'abord a exercer ses talents au théâtre du Petit-Bourbon, à l'occasion de la représentation de l'Andromède de Pierre Corneille (1650). Ses innovations obtinrent en France un aussi grand succès qu'en Italie et lui firent donner par le public ,1e surnom de Grand »orcier. De retour k Fano en 1662, il y fit construire le théâtre de la Fortune, dont il fit ensuite présent â la ville. C'est d'après cet édifice qu'a été construit le théâtre de l'empereur Lèopold à Vienne.

TORELLI (Louis), biographe italien, né à Bologne en 1609, mort en 1683. Désenchanté du monde à la suite -de plusieurs malheurs domestiques, il entra dans l'ordre des augustins et y acquit une grande réputation comme professeur et comme prédicateur. On a de lui plusieurs ouvrages, qui sont tous relatifs à l'histoire de son ordre et parmi lesquels nous citerons : Précis des vies des hommes et des femmes illustres de l'ordre de Saint- Augustin, en six centuries (Bologne, 1647,in-4°); Vie de saint Liborio (Bologne, in-12); Siècles avyustins ou Histoire générale de l'ordre de Saint-Augustin, évêque d'Hippone, divisée en treize siècles (1659-1666, 8 vul. in-fol.).

TORELLI (Joseph), littérateur italien, né à Vérone en 1721, mort en 1781. 11 se fit recevoir docteur en droit à Padoue, mais ne voulut remplir aucun emploi public, et, afin de pouvoir se consacrer tout entier aux lettrès, refusa successivement les places de professeur à l'université de Padoue, de secrétaire de l'Académie de Mantoue, de gouverneur de.Milan Ot d'inspecteur général des

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études nu collège militaire de Vérone. Nous citerons, parmi . ses nombreux ouvrages : Somnium Jacobi Pindemontii (Padoue, 1743); Animadversiones in hebraicum Exodi librum et in grxcam l.xx interpretalionem (Vérone, 1744) ; De principe guis incommoda ejusque remédia (Vérone, 1744), dialogue satirique dirigé contre les casuistes; De rota sub aqnis circumacta (Vérone, 1747), lettre à Poleni, dans laquelle il expose te plan d'une nouvelle machine hydraulique; Echelle désintérêts par année (Vérone, 1751), traité où il essaye de représenter par une courbe géométrique la progression des intérêts d'un capital donné; le Pseudolus , comédie de Piaule, avec quelques idylles de Théocrite et de Moschus (1765); Geometrica (1769); De probabili vitx morumque régula (1774); Lettre sur Dante contre Voltaire (1781); litementorum prospective libri II, ouvrage publié après la mort de l'auteur par J.-B. Bertolini (1788); Poésies avec quelques morceaux de prose latine (1795), etc. Il a, en outre, donné une traduction latine d'Archimède, ainsi qu'une édition du même auteur, publiée après sa mort a Oxford (1792, in-fol.).

TORELL1-BENEDETT1 (Barbe), poétesse italienne du xvie siècle. Elle était fille de Gaspard Torelli, poSte distingué. Elle eut pour maître le célèbre Pomponio Torelli. fit des progrès rapides et devint une des illustrations de la ville de Parme. Un de ses sonnets est imprimé avec la Sémiramis ae Muzio Manfredi, un autre dans les œuvres de Philippe délia Briga (1601). Son ouvrage la plus connu est la Partenia, pastorale qu'Angelo Ingegnieri estimait beaucoup.

TORELLI-CASTIGLIONE (Hippolyte), poétesse italienne, née vers 1499, morte en 1520. Fille de Gui, dit le Protonotaire, et de Françoise de Bentivoglio, elle appartenait par son père aux comtes de Guastalla et par sa mère aux seigneurs de Bologne. En 1516, elle fut mariée a Baldassar Casliglione, l'ami du duc d'Urbin. de Charles-Quint, de Léon X et de Raphaei. L'ainoar, plus que les convenances de rang et de fortune, avait fait son mariage, et jamais union ne fut plus heureuse que celle des deux époux, jeunes, beaux et partageant leur vie entre la culture des lettres et la bienfaisance. Hippolyte Torelli aimait la poésie et la cultiva avec quelque succès. Quoique morte toute jeune, à vingt et un mis, elle a laissé quelques pièces italiennes et latines, parmi lesquelles 011 distingue surtout la belle élégie qu'elle adressa peu de temps avant sa mort à son mari, alors ambassadeur auprès de Léon X. Celte élégie est d'une tres-pure latinité et a la teinte de celles d'Ovide. C'est l'opinion qu'en manifeste le célèbre J. -Georges Eccius, professeur de l'université de Leipzig, dans la dissertation qu'il a composée en 1770 sur Hippolyte Torelli. Les poésies latines d'Hippolyie Torelli se trouvent dans l'ouvrage de Matthieu Toscan : In carminibus poelarum itluslrium Itulorum (Paris, 1576, in-16) et dans les Delicia poetarum Jtalorum (t. 1er, p. 72e). — Hippolyte Torelli eut de son mariage trois enfants : un fils, Camille Oastiglionk, et deux filles, Annb et Hippolyte; la première fut mariée à Alexandre, comie d'Arco.

TORELL1-LUNAT1 (Aida), poétesse italienne du xvi« siècle. Elle était fille de Louis Torelli et de Camille Marlinengha, nièce ds la poétesse Angiola Nugarolo. Sa tante lui apprit a aimer les lettres. Belle et aimable, ellB fut recherchée pur plusieurs écrivains célèbres de l'Italie, entre autres par Philippe Binaschi, qui lui dédia la première partie de ses poésies;. Betuni, un autre poète de son temps, la chanta dans ses Im'agini del Tempio di donna Giouanna d'Arragona; mais, comme elle était honnête autant que belle, ses adorateurs durent se contenter du rôle de cavaliers servants. Elle se maria au comte Jean-Marie Lunati.

Les compositions poétiques d'Alda ont été recueillies dans les /finie di cinquanta poetisse raccotte dat Dominichi (1559), et dans celles d'Antoine Franceseo Ruinieri (1574); elles sont aussi imprimées dans le recueil de Bergalli.

TOREN (Olaus), voyageur suédois, mort en 1753. Il étudia la théologie k Upsal et y suivit en même temps avec beaucoup d'assiduité les cours de Linné sur la botanique. Ayant un vif désir de voyager, il accepta, en 1750, une place d'aumônier sur un bâtiment de la compagnie des Indes orientales, avec lequel, dans l'espace de deux ans, il visita successivement les Comores, la presqu'île do Malacca et la Chine. Il mourut peu après son retour, des suites des fatigues qu'il avait éprouvées pendant ce voyage. Les observations qu'il avait faites, et qui se trouvaient consignées dans les lettres qu'il avait écrites à Linné pendant son absence, ont été insérées à la suite du voyage d'Osbeck, sous ce titre : Voyage des Indes orientales à Surate, à ta Chine, etc. Dominique Biackford les a traduites en français (Milan, 1771, in-12). On trouve dans cet ouvrage des détails intéressants sur ces contrées alors si peu connues. Linné, auquel il avait envoyé, en outre, un grand nombre de plantes rares, a donné en son honneur le nom de torenia à un genre da scrofulaires qui renferme deux plantes vivaces de l'Inde, découvertes par Toron.

TORÉNIE s. f. (to-ré-ul — de Toren, na-

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tur. suéd.). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, tribu .des gratiolées, comprenant vingt espèces, qui croissent dans les régions tropicales de l'Asie, de l'Australie et de l'Amérique.

TOREMO (Jose-Maria, vicomte de Matar- ROSA, puis comte de), patriote et historien espagnol, né à Oviedo. d'une famille illustre, en 1786, mort en 1843. Il terminasses études à Madrid, où il se trouvait lorsque les Français s'en emparèrent, le ï mai 1808. Dans son ardeur patriotique, il courut aussitôt faire arborer le drapeau de l'insurrection dans sa ville natale, devint colonel de la garde nationale et fut entraîné dans les montagnes avec les guérilleros asturiens. Il fut par la suite envoyé en Angleterre par le comité pour demander des secours. Le ministre Canning l'accueillit avec un empressement proportionné à la haine des Anglais pour Napoléon. Cependant on avait peine, même en Angleterre, a croire à un soulèvement sérieux. ■ Quand les députés espagnols entrèrentdans 1 Hôtel de l'amirauté, le secrétaire du ministre anglais, dit Toreno lui-même, voulait à peine croire ce qu'il entendait, cherchant à découvrir sur la carte d'Europe le point presque imperceptible qui osait se déclarer contre Napoléou. • Il réussit dans sa mission, et, peu de temps après son recour, il fut élu député aux cortès, où il obtjnt de siéger quoiqu'il n'eût pas l'âge requis (1811). 11 joua un rôle important dans cette assemblée par les mesures révolutionnaires qu'il proposa et fit adopter, telles, entre autres, que l'abolition des ordres religieux, la liberté de la presse et diverses ordonnances financières propres à rétablir le crédit. Peu de temps après le retour de Ferdinand VII, il se vit forcé de quitter l'Espagne et d'aller chercher en Portugal un asile qu'il ne devait pas y trouver. Il alla alors habiter Paris, où il s'occupa d'opérations financières jusqu'en 1820. A cette époque, la révolution lui permit de rentrer en Espagne. 11 siégea de nouveau aux cortès, où il parut apporter moins d'exaltation et plus de connaissance des affaires. Proscrit une seconde fois d'Espagne en 1823, il vint de nouveau résider à Paris et rentra en Espagne en 1833. La reine Christine, régente du royaume, Rappela, l'année suivante, au ministère des liannces, puis à la présidence du conseil. Il supprima les jésuites, mais il restreignit les libertés municipales et fut renversé en 1835 par les libéraux. Pour ia troisième fois, il alla vivre en France, devenue pour lui une seconde patrie. On a de lui l'ouvrage suivant, fort estimé, dont L. Viardot a donné une traduction : Histoire du soulèvement, de la guerre et de ta révolution d' Espagne de 1808- 1814 11835-1838, 5 vol. in-8°). Cet ouvrage avait été préLcdé d'un Aperçu des révolutions suriifinies dans le gouvernement espagnol de 1808 a 1814.

TOHENVHIT (Jacques), peintre hollandais, né à l.eyde en 1031, mort dans la même ville en 1719. Il s'adonna d'abord au genre du portrait et obi iut une grande vogue ; mais, voulant faire Me la grande peinture et comprenant son insuffisance, il partit pour Rome avec le peintre Ruaendaa], Là, ii se livra avec autant d'ardeur que de succès à l'étude ues chef.s-d'œu- •re de Raphaël, du Titien et de Paul Véronèse, puis se rendit à Venise, où il passa plusieurs années. Torenvhit acquit en Italie une grande réputation et s'y maria. De retour uaus sa patrie, il ne trouva point le succes sur lequel il comptait. Ce qu'il avait gagne en correction, eu science du dessin et de la composition, il l'avait perdu en originalité et en verve priine-sautière. Ses tableaux se ressentent beaucoup de l'influence italienne, et ce que ses compatriotes continuèrent surtout à estimer en lui, ce fut le peintre de portrait. Ou regarde cumine son chef-d'œuvre en ce genre la Famille de Corneille Schrevedus.

TORERO s. m. (to-ré-ro — espagn. torero. V. tohhaûor). Toréador qui combat à pied.

TOREUMATOGRAPHE s. m. (to-reu-mato-gra-fe — itu gr. toreuma, ciselure; grapliô, je décris). Archeol. Celui qui s'occupe des monuments scuiptes, et spécialement des anciens bas-reliefs, il Peu usité.

TOREUMATOGRAPHIE s. f. (to-reu-mato-gra-l'J — rad. toreumatographe), Archéol. Art du loreumatographe. Il Peu usité.

TOREUMATOGRAPHIQUE adj. (to-reu-mato-gra-ti-ke — rad. tareumatographie). Archéol. Qui concerne les bas-reliefs antiques. I Peu usité.

TOREUTIQUE s. f. (to-reu-ti-ke — gr. toreutiké; de toreuein, ciseler, sculpter, creuser). Art oe ciseler, de sculpter sur métaux, sur bois, sur ivoire.

— Encycl. La toreutique ne devrait comprendre que la sculpture en bois et en ivoire, et c'est ainsi que les Grecs l'entendirent d'abord ; plus tard ils comprirent dans la toreutique l'art de faire des statues de toutes sortes de métal, d'or, d'argent, de bronze et de beaucoup d'autres matières, par morceaux rapportés, par compartiments, soit fondus séparément, soit battus, soit travaillés au oiselet, soudés, rapprochés et formant ensemble un tout solide. Le trente-troisième livre de Pline, selon Qualremère de Quincy, est une sorte de traité de toreutique où sont mention-

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nés une multitude de travaux se rapportant & cette partie de l'art. Il y est parlé de l'or, de la dorure, des soudures, des anneaux, des vases, des couronnes d'or, de l'argent et de tous les objets auxquels on employait ce métal, de la cxlatura in argento, c'est-à-dire de' l'orfèvrerie. Athénée nous a conservé les noms de quelques célèbres cmlatores ou toreuiai, tels que Stratonicus, Myrmecide, Mys, Caliicrate, Athénoclès, Antiphane. Il esta remarquer que la sculpture en marbre fut cultivée la dernière en Grèce. Au début, la? sculpture employa le bois en ébauches grossières, qu'on habilla d'étoffes réelles pour mieux les rapprocher de la figure humaine. Après le travairdu bois, qui, perfectionné, se prête à la décomposition en compartiments, les métaux plaqués, battus, rapportés par morceaux présemèrent le plus de facilité au sculpteur.

Ce qui donna la plus grande impulsion a la toreutique, c'est cette multitude de présents précieux que la religion obligeait de faire aux divinités. Les temples étaient encombrés de ces offrandes, qui finirent par constituer de prodigieux dépôts de richesses. On offrait tantôt pour fléchir la divinité, tantôt pour se la rendre propice ; on offrait dans le succès, dans la disgrâce; on offrait pour consulter le dieu, pour avoir une réponse favorable ; ou offrait pour l'en remercier, pour détourner sa colère. Quand la réponse d'un oracle était peu satisfaisante, on achetait par de nouveaux présents de meilleures espérances. Dans les affaires politiques, il s'établissait quelquefois des enchères entre Etats rivaux pour obtenir le suffrage du dieu. Les offrandes déposées dans les sanctuaires grecs furent souvent de l'argent monnayé, Mais, le plus habituellement, l'art vint ajouter sou prix à la matière. Da là tous ces Sons d'ouvrages métalliques, tels que trépieds, tables, autels, trônes, candélabres, boucliers, armures, couronnes, vases, figures de toute sorte. Les habitudes religieuses de la Grèce furent la cause du grand développement que prit la toreutique, à une époque où les autres parties de l'art étaient à peine cultivées. A mesure que l'imitation de la forme humaine rit des progrès, que l'art sculptural devint plus complet, c'étuit encore avec les matières les plus précieuses que la religion engageait a. fabriquer les ofirandes divines. Lors même que la statuaire en bronze eut fait de grands progrès et acquis beaucoup de faveur, la toreutique subsista encore à côté de celle -ci et produisit ces curieuses œuvres d'or et d'ivoire qu'on a appelées la sculpture chryseléphantine. Malheureusement, beaucoup de ces œuvres d'art en métaux précieux étaient exposées à être fondues, soit au moment où les Etats étaient tourmentés par les besoins d'argent, soit lorsqu'elles devenaient la proie d'un vainqueur. Iphicrate, général athénien, n'eut aucun scrupule à s'emparer des statues d'or et d'ivoire que Denys le Tyran envoyait aux temples de Delphes et d'Olympie, et la ville d'Athènes en rit fondre l'or. Le travail des métaux joua, du reste, un grand rôle dans l'antiquité, Homère, en fait d'ouvrages de sculpture, n'en mentionne point qui ne soient du ressort de la toreutique. Dans la description du palais d'Alcinous, les portes, les chambranles, les corniches sont ornés do plaques d'or, de vermeil ou d'argent. Les lits sont également des ouvrages ue toreutique. L'usage des armures et des armes de métal eut également une très-forte influence sur les progrès et l'extension de cet art. Les plus anciens ouvrages des Hébreux paraissent avoir appartenu au genre de sculpture qui emploie les métaux battus. De même les ouvrages métalliques du temple de Salotnon se rattachent à la toreutique, n'étant faits que par morceaux rapportés et par compartiments. San chou iaihon parle d'idoles d'or et d'argent. Hérodote, en Assyrie et en Egypte, mentionne beaucoup d'ouvrages en métaux précieux. L'urt de la statuaire en bronze ou îles statues fondues et coulées dans un moule ne fut connu que longtemps après celui de la toreutique. Une autre des causes qui activèrent le développement de la toreutique dès les premiers âges fut, selon Quatreinère de Quincy, l'habitude héroïque des festins et des libations. Il est certain que les vases à boire furent fort nombreux dans l'antiquité. Athénée en compte jusqu'à soixante-six formes. Un passage de Ciceron dit : • On ne saurait comprendre le nombre et la beauté des vases qu'où voyait en Sicile. Je suis persuadé que celte Ile, dans le temps de son opulence et de sa prospérité, avait eu les ateliers les plus renommés. Avant la préture de Verres, dans chaque maison un peu aisée, lors même qu'elle ne possédait aucune autre argenterie, on trouvait une grande patelin ornée des bustes et des figures des dieux, une paiera, dont les femmes se servaient dans les cérémonies religieuses, un thuribulum, tous morceaux achevés et d'un travail antique, i On peut rapprocher l'influence et l'importance des artistes en toreutique de l'antiquité de celles des orfèvres, tant àByzaneequ'en Occident, au moyen âge, et à Florence au début de la Renaissance. Des les siècles qui précédèrent Phidias et son école, la toreutique lie éclore l'art d'exécuter des statues en métal, celui de composer les colosses et celui de fondre les métaux dans des moules. Avant Phidias, on peut citer, parmi les plus célèbres toreuticiens, Gitiadus, qui fit les grands Ira-

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vaux du temple de Minerve Chalcirecos, â Lacédétnone; Rhœcns et Théodore, qui firent, en outre, les premières statues fondues dans un moule; Léarque, Smillis, Ménechme, Soldas, Bathyclès, etc., que d'ailleurs les auteurs anciens appellent tantôt graveurs, tantôt ciseleurs, tantôt fondeurs, tantôt ouvriers en bronze, ce qui montre que la toreutique comprenait toutes ces branches. Phidias et son école, en élevant l'art à son plus haut degré, en développèrent considérablement aussi les procédés matériels. A leur époque, la toreutique embrassa un grand nombre da procédés ou moyens pratiques. Il n'y avait presque aucune matière et presque aucun sujet qui y fussent étrangers. A la pratique de travailler le métal au imirtelet, à l'art du placage et des compartiments, la toreutique joignit aussi les procédés de la fonte en parties séparées; elle réunissait le travail des pierres précieuses à celui des bois rares et de la marqueterie; elle variait et colorait les métaux soit par des préparations, des mordants ou des alliages. Elle y appliquait des émaux et y enchâssait des pierres dures. Bas-relief, ronde bosse, ornements, compositions décoratives , statues et colosses, tout était de son ressort. Elle comprenait aussi la statuaire en ivoire et en ivoire et or. Le bois servait de noyau ou d'âme à toutes ces applications métalliques. Parmi les plus importants objets auxquels on employa la toreutique, l'historien de cette partie de l'are, Quatremère de Quincy, cite les trônes, larges sièges à estrades, ornés avec la plus grande magnificence, pour porter les images des divinités dans les temples. Dès que la statuaire en fonte de bronze eut acquis toute la facilité, toute la hardiesse, toute la perfection des procédés mécaniques, elle ne tarda pas néanmoins à remplacer dans beaucoup de circonstances les travaux compliqués et en définitive peu durables de la toreutique. Les statues de bois, d'ivoire, de métal plaqué, d'ailleurs, n'étaient guère propres à figurer que dans l'intérieur des édilices, à l'abri des intempéries. A partir du développement de la statuaire en bronze, la toreutique perdit chaque jour du terrain. A Rome, elle ne fut plus qu'un art d'exception qui se perpétua en partie seulement dans l'orfèvrerie et qui surtout sembla renaître dans l'orfèvrerie byzantine et occidentale du moyen âge et de la Renaissance. Il y eut toutefois dans l'antiquité une sorte de spécialité qui ne s'occupa que d'une partie de la toreutique, l'art de la cxlatura argeuti. Le premier artiste qui paraît s'être uniquement renfermé dans ce genre fut Mys, qui, d'après les dessins de Parrhasius, orna de bas-reliefs le bouclier de la Minerve Poliade, exécutée par Phidias pour la citadelle d'Athènes. Pline remarque qu'il est extraordinaire qu'aucun ancien ne se soit rendu célèbre dans le travail de la vaisselle en or, tandis qu'il y eut beaucoup d'artiste3 fameux pour leurs ouveages en argent. Les ornements en bas-relief des vases de vaisselle n'étaient souvent qu'appliqués de façon à rester mobiles et à pouvoir se détacher, ce qui semblerait impliquer que les cxlatores exécutaient plusieurs exemplaires d'un même modèle. Verres se bornait souvent à voler les figures ainsi appliquées sur les vases et laissait ces derniers. Il avait établi à Syracuse un grand atelier où ne nombreux cxlatores et vaseutarii étaient occupés à remonter 'sur des vases d'or les ornements et ligures de tout genre qu'il avait ainsi arrachés de divers monuments ou objets d'orfèvrerie. Au nombre des plus curieuses œuvres de la toreutique antique était le coffret consacré par Cypselus dans le temple d'Olympie. C'était un coffret d'ivoire avec des peintures et des figures métalliques qui dataient de sept cents ans environ avaut notre ère, et dont Pausanias a laissé une description enthousiaste. L'or fut le métal principalement employé par la sculpture antique pour les statues de divinités; elle le mêlait à l'ivoire. Quelquefois on l'employait en masses fondues assez considérables, le plus souvent en feuilles ou plaques martelées, ce qui explique la multiplicité des statues d'or dans l'antiquité.

TORFjEUS, historien danois. V. Torfeson.

TORFESON (Thorraodur),en latin Torrnng, historiographe du Danemark, né dans l'Ilot d'Engoii, sur la côte méridionale d'Islande, en 1640, mort en 1719. Nommé en 1660, par Frédéric III, interprète pour les antiquités islandaises, il fut chargé de recueillir en Islande les manuscrits qu'il pourrait découvrir (1662). L'intelligence dont il fit preuve en remplissant celte mission, dans laquelle il fut. aidé par l'évêque Brynjolf, lui valut d'être nommé secrétaire du bailliage de Stavanger, en Norvège (1664). En 1667, il fut nommé conservateur du cabinet royal des Antiques. Quelque temps après , il se rendit en Islande, puis eu Hollande. Pendant son dernier voyage, il tua un homme qui l'avait attaqué, fut condamné à mort, vit sa peine commuée eu une grosse amende et perdit sa place (1673). Torfeson passa alors en Norvège, où il se livra avec ardeur à l'étude, et devint, lors de l'avènement de Christian V, historiographe dé Norvège et membre du comité d'éducation. Torfeson a composé plusieurs ouvrages sur les antiquités Scandinaves, où il s'est beaucoup aidé de ï'Bdda et des Sagas, et qui sont devenus classiques pour ceux qui

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veulent étudier la langue, la littérature et l'histoire des anciens Islandais. Les principaux sont : De rébus gestis Fœryensium (Copenhague, 1695, in -8°); Hisioria Orcudum (Copenhague, 1697, in-fol.); Séries dynu.itarum et regum Danix (Copenhague. 170!, in-4»), ouvrage très-remarquable ; HistoHa Vintandixantiquse (Copenhague, 1705, in-S°); Groenlandia antiqua (Copenhague, 1706); Trifolinm historieum (Copenhague, 1707, in-4°); Historia rerum uorvegicarum (Copenhague, 1711, 4 vol. in-fol.), son ouvrage capital; Torfsana (Copenhague, 1777), re cueil posthume de notes.

TORFOC, village et commune de France (Muiiie-et- Loire), canton de Montfaucon, arrond. de Cholet; pop. aggl., 557 hab. — pop. tôt., 2,069 hab. En 1793, Torfou fut le théâtre d'un combat sanglant entre les royalistes, commandés par Charette et Bonchamp, et les républicains, sous les ordres de Kléber. On voit à Torfou un monument druidique, dit pierre Tournisse, de 7 mètres d'épaisseur sur 5 mètres de hauteur, reposant, dit M. Joanne, sur une pointe de rocher granitique qui n'a que 0m,36 carrés de surface; des bassins circulaires et des rigoles y semblent creusés de main d'homme.

TOBGAO, ville des Etats prussiens (Saxe), dans une position marécageuse, sur la rive gauche de l'Elbe, â 75 kilom. de Mersebourg; 10,000 hab. Gymnase; fabriques de draps et de bas de laine, tanneries et mégisseries ; commerce de bois et de grains. Foires et marchés assez importants. On remarque dans l'église paroissiale le tombeau de Catherine Bore, femme de Luther. CVst ii Torgau que Luther et ses adhérents rédigèrent, en 1530, les Articles dits de Torgau, devenus plus tard la base de la confession d'Augsbourg. L'ancien château sert actuellement de caserne et do magasin. En 1760, Frédéric. II s'en empara après avoir défait complètement une armée autrichienne.

Torgau (bataille de), gagnée par Frédéric II sur les AutrichiensTe 3 novembre 1760, Le maréchal Daun venait de s'emparer de la forte place de Torgau et menaçait d'enlever à Frédéric le reste de la Saxe. Le roi se mif aussitôt en marche pour le combattre, re poussa tous les corps qui voulurent l'arrêter et arriva près de Torgau, où le général autrichien occupait une position formidable. Mais Frédéric ne balança pas un instant. Le 2 novembre, il réunit ses généraux et leur adressa ces mâles paroles : ■ Je vous ai rassemblés, messieurs, non pas pour vous demander votre avis, mais pour vous dire que j'attaquerai demain le maréchal Daun.

> Je sais qu'il occupe une bonne position; mais, en même temps, il est dans un cul-desac, et, si je le bats, toute son armée est prise ou noyée dans l'Elbe. Si nous sommes battus, nous y périrons tous, et moi le premier. Cette guerre m'ennuie; elle doit vous ennuyer aussi : nous la finirons demain.

■ Ziethen, je vous donne le commandement de l'aile droite de mon armée. Votre objet sera, en marchant sur Torgau, de couper la retraite des Autrichiens, quand je les aurai chassés des hauteurs de Spititz. >

Puis il leur remit l'ordre de marche et de bataille, écrit tout entier de sa main. C'est un modèle de. précision.

Le plan de Frédéric n'allait à rien moins qu'à couper de l'Elbe l'armée autrichienne et à l'Anéantir. *

Le 3 novembre au point du jour, Frédéric, avec la gauche de l'armée, traversa la forêt de Torgau pour attaquer la droite de Daun, tandis que Ziethen marchait contre la gauche. En débouchant la forêt, le roi, entendant le feu de sa droite, crut Ziethen pleinement engagé, et, sans attendre le reste de ses troupes, il attaqua Daun avec 10 bataillons de grenadiers. Ces soldats intrépides franchissent le ruisseau de Stribach et se forment, sous un feu terrible, k 800 pas de l'ennemi; mais ils sont écrasés par la mitraille que vomissent k la fois les 400 bouches à feu qui garnissent le front de toute la ligne ennemie. L'artillerie prussienne cherche inutilement à riposter : en quelques instants, hommes, pièces, chevaux, tout à disparu. « Daun reçut les Prussiens avec un feu d'artillerie tel qu'on n'en avait pas vu depuis l'invention de la poudre. Il se trouvait là 200 canons dirigés, pour ainsi dire, sur un même point, et dont sans relâche les gueules, enflammées vomissaient la mort: c'était une image de l'enfer s'ouvrant pour engloutir sa proie. Jamais les plus anciens vétérans, des deux armées n'avaient assisté à semblable destruction. Le roi dit lui-même à diverses reprises à ses aides de camp : « Quelle ter- ■ rible canonnade l en avez-vous jamais vu » de pareille? » Aussi l'effet qu'elle produisit fut-il affreux au delà de toute idée. En une demi-heure de temps( les 5,500 grenadiers prussiens qui avaient tonné l'attaque furent étendas, ou morts ou blessés, sur le champ de bataille, la plupart même avant d'avoir pu faire une charge. » (Archenhollz, Histoire de la guerre de Sept ans.)

Frédéric assistait douloureusement à la destruction de son corps de grenadiers, l'élite de l'armée. Apprenant la mort du colonel prince d Anhalt, il se retourne vers le frère d«, celui-ci, aida de camp de service : a Tout va mal aujourd'hui, lui dit-il; me3 amis me quittent; on vient de m'annoncer la

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