‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 239 sur 1042 · T0RN · texte numérisé non relu

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je ne transige jamais et je puis prétendre qu'elle soit respectée. Enfin, j obéis aux lois, comme doit le faire tout honnête citoyen. • Avec ses seuls capitaux, il a dépensé 35 millions pour dessécher le lac Fucino et a conquis à la culture 16,000 hectares de terrain. En récompense de ce service rendu à l'apiculture et à la salubrité publique, le gouvernement dé Victor-Emmnnuel lui a décerné, au commencement de 1875, une grande médaille d'or et, au mois d'avril suivant, le titre de prince de Fucino. Depuis lors, il a fait aménager la villa Albani de manière à y installer un musée des plâtres, contenant la reproduction de la plus grande partie des chefs-d'oeuvre de la statuaire, ce qui lui a valu la gratitude des artistes et de tous ceux qu'intéressent les choses d'art.

TORMENTILLE s. f. (tor-man-ti-tle ; Il mil.). Bot. Genre de plantes, de la famille des rosacées, tribu des dryadées, réuni aujourd'hui par la plupart des auteurs, comme simple section, au genre potentillle : Les racines tuberculeuses de la Tormbntillb droite sont aromatiques, astringentes, très-recherchées en médecine (Th. de Berneaud.) On fait avec (a racine de tormisntillb des gargarismes qui soulagent beaucoup dans le mal de dents. (V. de Bomaie). La tormbntillb fleurit pendant tout l'été. (Bose.)

— Encycl. La tormentille est une plante vivace, a souche épaisse, tubéreuse, brunâtre, rampante; à tiges nombreuses, hautes de 0m,20 à 0«n,40, grêles, diffuses, couchées ou ascendantes, rameuses, portant des feuilles alternes, à trois ou cinq folioles oblongues, dentées, et de petites fleurs jaunes, réunies en cymes terminales; le fruit se compose de nombreux akènes lisses, groupés sur un réceptacle convexe persistant. Cette plante est très-répandue en Europe; elle croit dans les bois, las bruyères, les pâturages, etc. Sa souche ou racine est employée en médecine. On la récolte, pour cet usage, pendant la belle saison et on la fait sécher à 1 étuve ou au soleil. Elle n'a pas d'od«ur sensible; sa saveur est astringente, styptique, un peu aromatique. L'analyse chimique y a constaté une grande proportion de tunin, de la gomme, de la myricine, de la cérine, une matière colorante rouge , un principe extractif et des traces d'huile volatile.

La racine de tormentille est un des astringents les plus énergiques; elle vient immédiatement après le Itina et le cachou et va de pair avec le ratunhia. On l'a administrée avec succès contre les écoulements muqueux, les hémorragies passives, les diarrhées, la dyssenterie, la leucorrhée atonique, les ménorrugies immodérées, etc.; mais on ne doit la donner que lorsque la période d'irritation est passée. Son action contre les fièvres intermittentes n'est pas aussi bien constatée. On l'a regardée aussi comme susceptible de guérir la phthisie; mais on ne la prescrit guère dans ce cas, si ce n'est pour combattre les hémoptysies. On l'administre ordinairement en poudre ou en décoction aqueuse ou vineuse. On l'emploie à l'extérieur, sous les mêmes formes, contre le scorbut, le ramollissement des gencives, les maux de detits, les contusions, les ecchymoses, les ulcères, les panaris, etc.

La grande quantité de tanin que renferme la tormentille la fait employer avec succès, surtout dans ie Nord, pour le tannage des cuirs , auxquels elle communique une belle couleur rouge. Cette plante est quelquefois très-abondante dans les pâturages secs; tous les bestiaux, à l'exception des chevaux, lamangent volontiers et les cochons sont trèsfiiands de ses racines. La tormentille rampante, qui crott surtout dans les lieux ombragés et humides, possède à peu près les mûmes propriétés; mais elle est bien moins usitée.

TORMÈS, rivière d'Espagne. Elle prend sa source dans la sierra de Grodos, province d'Avila, coule au N., puis à l'O.-N.-O., en arrosant les parties E. et N. de la province de Salamanque, et se jette dans le Douro, à 30 kilom. S.-S.-O. de Mirauda-de-Douro, après un cours d'environ ïOO kilom., guéable sur plusieurs points pendant l'été.

TORMINAL, ALE adj. (tor-mi-nal, a-le).

Syn. de tormineux, busb.

TORMINEUX, EOSE adj. (tor-mi-neu, euze — rad. torminosus ; de tormina, tranchées). Pathol. Qui a rapport aux tranchées, qui a le caractère des tranchées : Douleurs torminkusks. il On dit aussi torminal, alb.

TORNA, bourg de Hongrie, ch.-l. du comitat de son nom, à 304 kilom. N.-E. de Bude, près de la gauche de la Tornavieza, petit aftluent de droite de la Bodva, par 48» 35' 28" de latit. N. et 18Û 33' 3" de longit. E.; 2,000 hab. Il opposa, en 1679, une vigoureuse résistance aux troupes de Tékély.

TORNA (comitat db), comitat de Hongrie, cercle en deçà de la Theiss, entre ceux de Zips au N., ne Gœsmer & l'O., de Bosvod au S. et d'Aba-Ujvar à l'E.; 603 kilom. carrés et 40,000 hab. Sa surface, traversée par les monts Szorosko, est montagneuse. Il est arrosé par la Jablonoza, trois 3e ses affluents et un de la Sajo. On y recueille des graines, des fruits, du vin, beaucoup de lin et de bois, et on y élève des porcs et du menu bétail. On y trouve du fer et plusieurs grotte8 re-

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marquables, telles que celles de Szadello et de Szilieze.

TORNAC, village de France (Gard), canton d'Anduze, arrond. et à 15 kiloin. S.-S.-O. d'Alais ; 885 hab. I! s'est formé autour d'un monastère déjà très-prospère du temps de Charlemagne. Les ruines de son château, qui fut la clef des Cévennes, et dont quelques archéologues font remonter la fondation jusqu'à la domination romaine, offrent un aspect imposant et pittoresque. Pendant les guerres de religion, ce château fut pris tour à tour par les protestants et les catholiques.

TORNADA s. f. (tor-na-da — mot provenç, dérivé de tornar, tourner). Littér. Envoi qui terminait la plupart des pièces de vers des troubadours, il On dit aussi tornade.

— Encycl. Presque toujours les poésies des troubadours, divisées en couplets, avaient cour conclusion un ou plusieurs envois, qui formaient autant de couplets plus courts que les précédents. Les vers y étaient de même mesure que dans le reste de la pièce et sur les mêmes rimes que le dernier couplet. On y faisait revenir une pensée exprimée déjà et même quelque vers déjà employé plus haut; ce retour justifiait la dénomination de tornada.

Ces tornadas avaient la forme de l'apostrophe. Le troubadour les adressait tantôt à la dame ou au seigneur qu'il célébrait, tantôt à ses vers mêmes, tantôt à quelque messager qu'il chargeait de les porter, ou aux jongleurs qui devaient les répandre dans les cours.

TORNADE s. f. (tor-na-de — de l'ital. tornare, provenç. tornar, tourner). Nom donné, sur la côte occidentale d'Afrique, à un vent très-violent. Il On dit aussi tornado.

— Littér. V. TORNADA.

TORNADO s. m. (tor-na-do). V. tornade.

TORNAMIRA (Jean de), médecin français,

né dans le Rouergue vers 1350, mort à Mont-

Îiellier vers 1405. Il fut un des professeurs es plus renommés de la faculté de Montpellier à la fin du xive et au commencement du xv« siècle. Il devint doyen de la faculté, puis chancelier, et il,occupait cette place en 1401. Le principal ouvrage de Jean de Tornamira est une traduction latine avec commentaire du neuvième livre de Rhazès à Alniansor. Il a, en outre, laissé les écrits suivants : Tractatus de febribus; Jntroductorium ad practicam medicinx.

TORNASER v. a. ou tr. (tor-na-zé). Syn.

de TOURNASER.

TORNATELLE s. f. (tor-na-tè-le — dimin.

du latin tornatus, tourné, fait au tour). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, de la famille des actéonides, comprenant un grand nombre d'espèces, les unes vivant dans les mers chaudes et les mers tempérées, les autres fossiles des terrains secondaires et tertiaires : Les tornatiïm,es forment un genre bien distinct et que l'on ne peut confondre avec uucun autre. (H. Hupé.)

TORNATELLINE s. f. (tor-na-tèl-li-ne — dimin. de lornatetie). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pulmonés, du groupe des hélices.

TORNÉ (Pierre-Anastase), évoque constitutionnel et législateur français, né à Tarbes en 1727, mon en, 1797. Il entra d'abord chez les doctrinaires, professa la philosophie à Toulouse, se consacra ensuite à la chaire, dans laquelle il se montra jamais qu'un mé- - diocre talent, et prêcha le carême de 1764 à Versailles. Torné devint successivement ministre de la feuille des bénéfices, chanoine à Orléans, aumônier de Stanislas, roi de Pologne. Lorsque la Révolution éclata, il en adopta les principes avec chaleur, prêta des premiers le serment civique et fut nommé, en 1791 , évèque constitutionnel de Bourges, siège qui prit alors le nom de métropole du Centre. Il se porta candidat à l'Assemblée législative. Dans une lettre qu'il écrivit à ce sujet à Robespierre le 26 août, on lit : « ûh 1 si j'étais député à la nouvelle législature, comme j'observerais vos traces pour y marcher fidèlement 1 Combien je serais heureux si je pouvais y mériter le surnom de petit Robespierre I • Elu, en effet, membre de- la Législative, il se lit remarquer, sur les bancs extrêmes de la gauche, par sa haine contre la cour. Dans ta question de la patrie en danger, il prononça le 5 juillet 1792 un discours énergique, dans lequel il demandait que la représentation nationale s'emparât de la dictature, en envoyant des commissaires dans les départements, idée qui devait être mise bientôt à exécution. Le 21 du même mois, il appuya avec instance la question du décret d accusation contre La Fayette. Vers la fin de 1793, il renonça avec éclat à l'épiscopat et à la prêtrise et écrivit, à cet égard, à la Convention une lettre tout empreinte de l'esprit du temps, puis il s'achemina vers sa ville natale, où il termina paisiblement ses jours. On a de lui des discours académiques, une Oraison funèbre de Louis XV et un Résumé générai des cahiers remis par les bailtiugesà leurs députés aux états généraux (1789, 3 vol. in-8°), ouvrage capital, où l'on voit clairement que les principales réformes réalisées par l'Assemblée constituante n'étaient que l'expression du vœu des électeurs.

TORNÉA, ville de la Russie d'Europe (Fin-

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lande), à 110 kilom. N.-O. d'Uleaborg, dans la presqu'île de Svensat, que forme le Tornéa à son embouchure, sur la droite de ce fleuve, par 65" 50' de Iatit. N. et 31» 45' de longit. E.; 1,500 hab. Entrepôt du commerce de toute lu partie septentrionale du pays. On en exporte principalement du bois, du poisson, des rennes, des peaux, des fourrures et du goudron. Le climat y est inoins froid que ne le ferait croire sa latitude élevée. Les plus longs jours y Sont de vingt-deux heures. En juin, le soleil est visible au-dessus de l'horizon à minuit. Tornéa et tous ses environs jusqu'à Kiltis sont devenus célèbres par les observations que Maupertuis et quelques autres membres de l'Académie des sciences de Paris y firent en 1736-1737 pour déterminer la figure de la terre. Elle a appartenu à la Suède jusqu'en 1809, épqque à laquelle elle fut prise par les Russes, qui l'ont conservée depuis.

TORNÉA, rivière de Suède (Botnie septentrionale). Elle sort des monts du Nordland, traverse le lac de Tornéa, dont elle sort par l'extrémité S.-E., passe à luckasjerfvi, entre ensuite dans la préfecture de la Botnie occidentale, en arrose la partie N., atteint plus bas la limite de la Russie, abandonne ulors la direction S.-E. qu'elle avait toujours suivie depuis son origine pour couler au S., détermine, de ce côté, la frontière entre les deux Etats, passe il Ofver-Tornéa, à Gustav et à Tornéa, où elle se jette dans le golfe de Botnie, après un cours de 460 kilom. Ses principaux affluents sont le Muonio et le Lainio.

TORNEA-TRASK, lac de Suède, dans le gouvernement de Pitea, au bas du versant- E. de la chaîne des Doi'rines, par 68° 20' de latit. N. et 17« de longit. E. Ce lac, situé à une altitude de 467 mètres, a environ 68 kilom. de longueur sur 10 de largeur et est environné de montagnes. La rivière Tornéa s'échappe de son extrémité S.-E,

TOBNÉE (Jean-Jonas), écrivain et théologien islandais, qui vivait au xviie siècle. Il devint en 1620 pasteur à Tornéa, fut ensuite chargé d'aller prêcher le protestantisme aux Lapons, et, comme il connaissait fort bien la langue laponne, il reçut l'ordre de traduire en cet idiome le manuel de l'Eglise suédoise. Il a publié cet ouvrage sous le titre de Manuel lapon, contenant en langue laponne les Psaumes du roi Daoid, les Proverbes de Salomon, l'Ecclésiaste, le Catéchisme de Luther, le rituel des Eglises réformées, des hymnes, cantiques et prières, etc. (Stockholm, 1648).

TORNESE, anciennement Ckelonites, à l'extrémité N.-O. de la Morée, en face de l'île de Zante, par 37<>t6' de latit. N. et 18° 48' de longit. E.

TORNEUTE s. m. (tor-neu-te — du gr. lorneutès, tourneur). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétrainères, de la tribu des spondyliens, comprenant trois espèces, qui habitent la Patagoiiie. Il Autre genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, dont l'espèce type habite l'Amérique du Sud.

TORNEYAMEN s. m. (tor-ne-ia-rnaiu — mot provenç. dérivé de tornar, tourner). Littér. Tenson ayant plus de deux interlocuteurs ; dialogue, tournoi poétique

— Encycl. Dans ce genre de tenson, chaque interlocuteur répondait tour à tour aux autres et réfutait leur avis sur la question proposée. Il y a peu de pièces de ce genre. Raynouard en cite une qui fut composée à l'occasion d'une aventure piquante. Savari de Mauléon, riche baron du Poitou, aimait lyie noble dame de Gascogne, femme du vicomte Gavaret, seigneur de Langon et de Saint-Macaire. Le poëte la désigne sous le nom de Guillemette de Benagues. Savari croyait être payé de retour; mais la vicomtesse avait laissé concevoir en secret la même espérance à Elias Rudel, seigneur de Bergerac, et à Geoifïot Rudel de Biaye. Un jour que les trois chevaliers étaient auprès d elle et lui parlaient d'amour, la vicomtesse, habile en coquetterie, eut l'adresse de les contenter tous. Geoffroi Rudel était assis devautelle, il obtint pour faveur des regards amoureux; elle serra tendrement la main d'Elias de Bergerac, tandis que son pied pressait légèrement le pied de Savari de Mauléon. Aucun ne soupçonna la faveur accordée à ses rivaux; mais dès qu'ils eurent pris congé de la dame, Elias et Geoffroi s'en vantèrent. Savari, justement irrité, garda le silence ; croyant néanmoins avoir été le mieux partagé, il consulta Hugues de La Bacbelerie et Gaucelm Faidit pour savoir auquel des trois la vicomtesse, qu'il ne nomma pas, avait témoigné le plus d'amour. Voici lu réponse de Faidit :

Senher Salarie, ben sapehatz

Que l'amics recep plus gen do

Qu'es francamen, ses cor fetlo,

Dels belhs huellis plazens esguardatz ;

Del cor moo aquella doussors,

Per qu'es cen lans muier l'amors,

E de la man lenar die tan

Que non H ten ni pro ni dan,

Qu'aital plazer cominalmen

Fai domnaper aculhimen;

E del caussiguar non enten

Que la domn' amor li fezes,

Ni deu per amor esserprea.

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■ Seigneur Savari, bien sachez que l'ami reçoit plus gentil don, qui est franchement, sans cœur félon, des beaux yeux plaisants regardé ; du cœur vient cette douceur, c'est •pourquoi est cent fois plus grande l'amour; et de la main tenir je dis seulement qu'il ne lui tient ni profit ni dommage, vu que tel plaisir communément fait dame pour accueil ; et du presser le pied je n'entends que la dame amour lui fit, ni ne doit pour amour être-pris. • L'avis de Hugues de La Bachelerie fut tout différent .

Caucelms, dizetz so que vos plats.

For que non mantenetz razo.

Qu'en l'esguar non conosc nulk pro A l'amie que vos razouatz, E t'el i enten es folhors.

Que l'ueih guardon luy et ailhors, E nullt autre poder non an ; Mas quan la blanca vias ses guan Estrenh son amie doussamen, L'amors mov del cor e del sen :

En Savaric, qnar part tan gen, Mantengua l caussiguar cartes Del pe, quleu no 'l manlenrai ges.

<■ Gaucelm, vous dites ce qui vous plaît, hors que vous ne maintenez raison, vu qu'en le regard je ne connais nul profit à l'ami que vous défendez, et s'il y entend, c'est folie, vu que les yeux regardent lui et ailleurs, et nul autre pouvoir n ont; mais quand la blanche main sans gant étreint son ami doucement, l'amour vient du cœur et du sens; que le seigneur Savari, puisqu'il propose si bien, maintienne le presser du pied, vu que je ne le maintiendrai point. »

Savari soutient qu'une dame montre mieux son sentiment en pressant le pied de son ami, et que, par conséquent, il a obtenu lui-même de la vicomtesse ia plus grande marque d'amour. La dispute continue ensuite, chacun parlant à son tour, et elle cesse sans qu'il ait été rien décidé.

TORN1ELLI (Augustin), savant annaliste italien, né à Barengo, près de Novare, en 1543, mort à Milan en 1622. Après avoir reçu le diplôme de docteur, il entra dans l'ordre des Barnabites (1569) et arriva rapidement aux premières charges de sa congrégation, dont il fut à trois reprises le général. Tornielli était lié avec le cardinal Baronius, avec saint Charles Borromée et avec Vincent de Gonzague, duc de Mantoue. On a de lui : Annules sacri et profani ab orbe condito ad eumdem Christi passione redemplum (Milan, 1610; Lucques, 1757, 4 vol. in-t'ol.). C'est une introduction aux Annales de Baronius. On peut le considérer, dit Dupin, comme un excellent commentaire des livres historiques de l'Ancien Testament. Il est écrit d'un style simple et naturel, avec beaucoup de netteté et de méthode.

TORNIELLI (Jérôme-François), prédicateur italien, né à Camerien 1693, mort à Bologne en 1752. 11 entra dans l'ordre des jésuites, s'adonna d'abord à l'enseignement, puis se livra avec un grand succès à la prédication dans les principales villes d'Italie ; toutefois, les sermons qu on a de lui sont loin de répondre à su réputation. Tornielli entreprit de substituer aux morceaux de poésie, que le peuple chantait sur des airs connus, des hymnes pieux de sa composition ; mais cette tentative fut. vivement critiquée et échoua complètement. Il refusa de faire partie de l'Académie de la. Crusca. On a de lui : Sette canzonette in aria marineresca, sopra le sette principali festi di Nostra Signora (Milan, 1738, in-8"); Prediche quaresimali (Milan, 1753, in-4<>); Panegirici e discorsi sacri (Milan, 1767, iu-8°). On lui attribue un poôine burlesque intitulé les Businate.

Tornolemem do l'Anteclirlat (lk), par Huon de Méry; poeine que l'on rattache aux romans dits de la Table ronde et composé dans la première moitié du xm° siècle. Tornoiement, dans la langue d'Huon de Méry, a la signification de tournoi, et le sujet est, en effet, une sorte de joute ou plutôt de bataille allégorique, dont l'auteur conçut sans doute l'idée dans les guerres religieuses de son temps; il vivait sous saint Louis, au milieu de la guerre des albigeois. Une analyse détaillée de celte œuvre serait sans intérêt; disons seulement que le principal personnage est Antéchrist, personnification de l'hérésie. Antéchrist descend aux enfers, où est le camp des rebelles, et même fait un doigt de cour à Proserpine, qui, malgré Pluton, donne son cœur au gatunt et, par surcroît, lui offre sa chemise, afin qu'elle serve d'étendard à son armée. Dans la revue des troupes passée par le chef, on voit les Vices armés de pied en cap ; Vanterie, dame de Normandie; Félonie, à la tête d'une troupe de Bourguignons; Haine et Tort, ayant un écu sur lequel sout gravées des langues d'avocat; Trahison la Poitevine, Avarice la Romaine, Hypocrisie, chère aux papelards; Hérésie l'albigeoise, Larrecin, chef picard; Fornication et sa famille, puis l'Ivresse, entourée d'Ecossais, d'Anglais et de Normands. Le camp du Christ est placé dans la ville d'Espérance. On y rencontre les Anges et les Vertus en foule, parmi lesquelles figurent la France et la Cortoisie, reine des nobles cœurs. Les chevaliers de ia Table ronde sont derrière. Le combat entre les deux armées est fort long ; il se termine parle triomphe de

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