‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 240 sur 1042 · TORO · texte numérisé non relu

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l'armée du Christ, et Antéchrist en est réduit à se réfugier dans la ville de Foi-mentie.

L'abus de l'allégorie rend fatigante la lecture de ce poSme, que relève néanmoins l'humeur satirique de l'auteur. Son principal titre est d'être un des premiers monuments de la poésie française. Il en existe une édition moderne (Reims, 1851, in-8°).

TORO, ancienne Octodurum, ville d'Espagne (Vieille-Castille), dans la province de Zamora, à 210 kilom. N.-O. de Madrid, à l'extrémité d'une grande plaine très-fertile, sur une hauteur, à la droite du Douro, par 41" 4 1' de latit. N. et 7" 18' de longit. O.; 8,000 hab. ■ Toro, dit M. de Lavigne, est entouré d'un mur en terre percé de six portes, lesquelles appartiennent à des époques différentes e* offrent un aspect monumental. On y compte 2,100 maisons et 5 places principales, parmi lesquelles la place de la Constitution se signale par deux lignes de galeries servant de promenade à l'élite de la population, et par la maison de ville, dont l'entrée est d'un aspect grandiose. La place de San -Francisco, où se trouvent les ruines d'un ancien couvent de franciscains, est vaste et plantée d'arbres, avec plusieurs rangées de bancs de pierre. Sur cette place est le cirque des Taureaux, qui peut contenir 4,000 personnes. Sur la plaza del Mercado, on remarque la tour de l'Hoiioge, beau monument s'élevant au-dessus d'un arc de 10 mètres de hauteur sur 7 mètres d'ouverture. Le troisième étage de la tour forme une galerie en pierre sculptée, avec des pyramides aux quatre points cardinaux et une coupole sous laquelle est la cloche.

■ Les rues de Toro sont généralement pavées et d'une grande saleté pendant l'hiver; le seul édifice de quelque intérêt que l'on y rencontre est un ancien palais gothique appartenant au duc d'Albe et dont la façade est encore fort belle. Les églises sont nombreuses, mais sans aucun intérêt; on en compte 16 et 12 couvents plus ou moins ruinés aujourd'hui.

■ Toro s'est trouvé mêlé aux événements historiques du règne de Pierre le Cruel, et son nom a souvent retenti dans les troubles politiques du moyen âge. Lorsque Ferdinand le Grand partagea ses Etats entre ses enfants, il donna aux infantes Elvire {Jeloira) et Urraca tous les couvents, afin qu'elles pussent y passer les années qui précéderaient leur mariage, et, de plus.il assigna Zamora à dofia Urraca et Toro à dofla Elvire.

i Toro fut fréquemment habité par des rois; c'est là qu'Alphonse XI, surnommé le Vengeur, ayant attiré, en 1327, l'infant don Juan el Tuerto, l'un de ses tuteurs, le fit assassiner avec deux chevaliers qui l'accompagnaient, déclarant au peuple le lendemain qu'il l'avait convaincu de traîtrise. Pierre le Cruel et Henri de Transtamare vinrent successivement à Toro; les cortès du royaume y furent plusieurs Ibis convoquées e< y décrétèrent un corps de lois municipales qui ont conservé le nom de leyes de Toro. -Dans l'une de leurs réunions, en 1515, elles proclamèrent rois de Caslille Jeanne la Folle et son époux, Philippe 1er, SOus la régence de Ferdinand le Catholique. Ce fut l'un des derniers événements qui signalèrent la ville de Toro, restée obscure depuis lors et ne prenant aujourd'hui qu'une faible part au mouvement commercial et industriel de cette partie de l'Espagne.

> La plaine de Toro est renommée par sa fertilité et par l'excellence des grains qu'elle produit ; les. collines qui avoisinent la ville sont surtout célèbres par la qualité des fruits de toute nature qu'on y récolte. Protégés du côté N., parfaitement exposés au soleil du midi, les versants de ces collines ont été surnommés la côte d'Or [cuesta de Oro). Ce nom provient autant de la richesse et de l'abondance des produits que de la couleur rougeâtre des terrains. *

TORO, montagne d'Espagne, province de Palma (Baléares), dans le centre de l'île Minorque, à 3 kilom. au S. de Mercadal, à 16 kilom. N.-O. de Mahon. C'est la plus haute de l'Ile, qu'elle domine de tous côtés. Elle est couronnée par un plateau sur lequel s'élève un couvent d'augustins.

TORO, royaume de la Sénégambie (Afrique occidentale), dans le Fouta, entre le Damga à l'E. et le Dimar h l'O.; capitale, Guédt;. Les Torodos qui l'habitent appartiennent à la race peule et forment plusieurs peuplades.

TORO (J. -Bernard), sculpteur et dessinateur, jié en Sicile vers 1670, mort à Toulon en 1731. Il se rendit tout jeune eneore à Marseille, où il eut pour maître le célèbre Puget. A cette forte école, il fit de rapides progrès . et il devint, en 1719, maître sculpteur à Toulon, aux appointements de 1,500 livres. Toro s 'est presque exclusivement adonné à la scSlpture sur bois, qu'il travaillait d'une façon merveilleuse. Il excellait à représenter des animaux fantastiques, des figures grotesques, des uiascarous d'hommes, de femmes, d'enfants, et se montrait plein de verve et d'ingéniosité dans l'invention en même temps qu'excellent dessiuateur. Le très-petit nombre d'oeuvres qui restent de cet artiste se trouvent à Toulon, à Marseille et à Aix. Outre ses sculptures, il a laissé des dessins à la sanguine et à la plume d'une touche spiri-

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tuelle et séduisante. On a publié une suite d'estampes importantes, gravées d'après les œuvres do Toro , sous ce-titre : Livre de tables de diverses formes gui, par la nouveauté, l'intelligence et le bon goût des compositions et par la richesse des ornements, n'est pas moins utile à ceux qui commencent à s'appliquer au dessin qu'à ceux que leur profession oblige journellement d'en faire usage.

TORODOS, peuplade de Sénégambie, formée d'un mélange de Serères et d'Yolofs, dansleFouta-Toro. Elle comprend les Sélobés, les Laos, lesBoniabés, lesTiouballos, etc.

TOROMBERT (Charles-Louis-Honoré), publiciste et jurisconsulte français, né à Belmont (Ain) en 1787, mort dans le même lieu en 1829. Il abandonna l'étude de la médecine pour celle du droit, alla exercer la profession d'avocat à Seyssel, puis se fixa à Lyon. Il fit quelque temps un cours d'économie industrielle à l'école de commerce établie aux Brotteaux et devint, en 1823, membre de l'Académie de Lyon, dont il était correspondant depuis 1818. Le duc d'Orléans, depuis Louis- Philippe, proposa à Torombert de devenir le précepteur de ses enfants, mais il refusa. On doit à cet homme estimable les ouvrages suivants : Exposition des principes et classifications des sciences dans l'ordre des études de la synthèse (Paris, 1821, in-8°); la Dignité de l'homme (Lyon, 1823, in-8>>); Principes du droit politique mis en opposition avec te Contrat social de J.-I. Jlousseau (Paris, 1825, in-8"), ouvrage qui valut à l'auteur d'être nommé membre de la Société philosophique de Paris et de la Société philosophique américaine de Philadelphie.

TORON s. m. (to-ron — du lat. torus, venu robableinent du gr. toreuâ, tourner, travjxiler au tour, ciseler, sculpter, qui se rattache à la racine sanscrite tur, proprement traverser). Assemblage de plusieurs fils de caret tordus ensemble, formant une corde simple, qui, tordue avec d'autres, constituera un câble.

— Archit. Gros tore qui ae trouve à l'extrémité d'une surface droite.

— Art culin. Sorte de confiture d'amandes ou de pistaches au miel, qui se fait en Espagne.

TORONTHAL, en illyrien Torontalska vàrmegjiu, eomiiat de Hongrie, autrefois cercle de Nugy-Beeskerek > entre les cercles de Temeswar à l'E., de Bacs - Bodvig à PO., de Bekes-Czanad et de Czongrad au N., et les contins militaires du Banat au S.; 6,841 kilom. carrés; 390,000 hab. Ch-l.,Nayy-Beeskerek. Sa surface est entièrement plate et en grande partie marécageuse, excepté au N.-E. et au S.-E. La Theiss forme sa frontière occidentale, et le Maros sa frontière septentrionale. Les autres rivières qui l'arrosent sont l'Aranka, la Tèines, la Bega et le canal de ce nom. Les parties con marécageuses sont très-fertiles et on y recueille en abondance du blé, du maïs, du vin, des fruits, du tabac, du lin, du chanvre, etc. Il y a de vastes rizières dans les environs d'Ubj-Beeze. On y élève des chevaux et du gros bétail.

TORONTO, autrefois York, ville de l'Amérique anglaise, capitale du haut Canada depuis 1849, sur la rive N. du lac Ontario, au bord d'une baie formée, sur le même lac, par une presqu'île étroite, basse et sablonneuse, qui s'étend presque parallèlement au rivage dans le sens de l'E. à i'O., à 775 kilom. S.-O. de Québec; 1,200 hab. en 1817; 60,000 hab. en 1875. Evêché anglican, évèehé catholique, université, lycée, collège commercial, hôpitaux; chambre de commerce; siège de la banque du haut Canada. Bon port sur la côte N.-O. du lac Ontario." Les quais garnis de vastes magasins et les jetées construites a différents points assurent à la navigation un accès commode pour le chargement et le déchargement des cargaisons. Ce port offre ainsi aux plus forts bâtiments qui naviguent sur les lacs un bassin naturel et sûr dont les facilités ont particulièrement contribué au développement du commerce.

Ce développement, depuis dix ans, dépasse de beaucoup, proportionnellement, celui des autres villes des possessions anglaises ; Toronto rivalise aujourd'hui avec Montréal et Québec et ne rencontre, aux Etals-Unis mêmes, de comparaison pour son accroissement que parmi les cités placées comme Chicago, Toledo, Buffalo dans la favorable région des lacs. Ses exportations consistent principalement en blés et farines, laines brutes, fourrures, peaux crues, bois de construction et, pour de moindres quantités, en potasse et produits agricoles, tels que beurre, . orge, seigle et avoine, graine de lin, pois, etc. Les importations, dont la valeur surpasse sensiblement jusqu'à présent celle des exportations, attestent également la croissante prospérité de Toronto et du pays qu'elle approvisionne. Elle possède aussi de nombreuses manufactures, dont quelques-unes sont montées sur les plus larges proportions. Ce sont des fonderies de fer, des distilleries et des brasseries, des fabriques de savon, chandelles et colle-forte, des usines pour le sciage et le planage des bois, des fabriques de toiles cirées, des tanneries, des corderies. Parmi ces industries, l'ébénisterie" et la fabrication des meubles tiennent une place remarquable. Cette ville fut fondée en 1793.

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TOROPA, rivière de la Russie d'Europe.

Elle sort du lac de Losno, a 30 kilom. N.-E. de Toropetz, coule d'abord au N.-O., puis au S.-O., forme un petit lac, prend la direction du S., débouche dans le lae Solomino, d'où elle sort par trois branches qui ne tardent

fias à se réunir, court au S., forme encore un ac et se jette dans la Dwina, après un cours d'environ 135 kilom. Elle est en partie navigable pour des bateaux plats.

TOROPETZ, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et a 240 kilom. S.-E. de Pskov, snr le lac Solomino et sur la Toropa, affluent de la Dwina; 12,000 hab. Commerce important avec la Pologne, Riga et l'intérieur de l'empire en chanvre, lin, grains, etc. L'époque de la fondation de celte ville est inconnue. Au xn« siècle, elle formait une petite république indépendante, qui devint par la suite l'apanage d'un prince russe. En 1500, elle fut incorporée à l'empire par le grandduc de Moscou, Ivan Vasiliévitch.

TOBOS, rivière de la'Tartarie indépendante. Elle prend sa source dans le kanatde Khokand, se dirige vers le S.-O. et, après un cours de U0 kilom., se jette dans le Syr- Daria.

TOROSE s. f. (to-ro-ze — du lat. torosus, muscuteux). Géol. Montagne de glace : Ces montagnes de glace, connues dans la mer Glaciale sous le nom de toroses, présentent l'apparence d'immenses falaises abruptes.{Maury.)

TOROSITÉ s. f. (to-ro-zi-té — du lat. torosus, musculeux). Développement et saillie des muscles. U Peu usité.

TORPÈDB s. f. (tor-pè-de). Ichthyol. Syn. de torpille.

. TORPÉDIN, INE adj. (tor-pé-dain, i-ne — du lat. torpédo, torpille). Ichthyol. Qui ressemble ou qui se rapporte à la torpille.

— 8. f. pi. Famille de poissons cartilagineux, du groupe des raies, ayant pour type le genre torpille.

TORPÉDO s, f. {tor-pé-do ~ du lat. torpédo, torpille, espèce de poisson). Engin de guerre, appelé aussi torpille.

TORPEUR s. f. (tor-peur — lat. torpor;ào torpere, être engourdi ; qui appartient, selon Corssen, à la même famille que le gothique staurkjan, dessécher, gastaurknan, se flétrir, et l'ancien haut allemand storchanen, gastorchanen, devenir roide de froid, arstorchanen, geler). Engourdissement, accablement qui ote ou diminue les facultés vitales ou intellectuelles : Tomber dans la torpeur. Sortir de sa torpeur.

— Inaction, perte du mouvement ou de l'activité : En hiver, la nature tombe dans une sorte de torpeur.

— Fig. Etat de l'âme privée de son activité : Le pyrrhonùme proprement dit n'est qu'un instant de léthargie, de torpeur et de néant. (P. Leroux.)

TORP1DE adj. (tor-pi-de — lat. torpidus; de torpere, être dans la torpeur). Qui est dans la torpeur : La pluie tes avait rendus torpides comme des serpents enterrés dans la neige. (V. Jacqueinin.) il Peu usité.

TORPILLE s. f. (tor-pi-lle; U mil. — Ce poisson est ainsi nommé du lat. torpere, engourdir, parce qu'il frappe d'une commotion électrique et engourdit la main de celui qui le touche). Ichthyol. Genre de poissons cartilagineux, électriques, du groupe des raies, type de la famille des torpédines, comprenant plusieurs espèces répandues dans ies diverses mers : La torpille, qui engourdit ce qui l'approche, est l'emblème des ennuyeux. (Volt.)Z,es torpilles se vendent en abondance sur tes marchés d'Italie. (Valenciennes.) Les torpilles sont des poissons faibles, indolents. (Lucépède.) Les torpilles font éprouver des commotions à ceux qui les pèchent. (A. Guichenot.)

— Art milit. Engin de guerre, au moyen duquel on produit des explosions sous-marines ou souterraines. Il On dit aussi torpédo.

— Encycl. Ichthyol. Les espèces de ce genre oui la queue courte et assez charnue; le disque du corps est à peu prè3 circulaire ; le corps est lisse, les dents petites, aiguës. L'espace entre les pectorales, la tête et les branchies est rempli de chaque côté par un appareil extraordinaire formé de petits tubes membraneux, serrés les uns contre les autres comme des rayons d'abeilles, subdivisés parties diaphragmes horizontaux en petites cellules pleines de mucosités, animés par des nerfs abondants qui viennent de la huitième paire ; c'est dans cet appareil que réside la puissance galvanique qui a rendu ces poissons si célèbres et qui leur a valu leur nom. En effet, ils peuvent donner à ceux qui les touchent des commotions très-violentes, et se servent également de ce moyen pour étourdir leur proie, consistant ordinairement en poissons, et s'en emparent ainsi assez facilement.

Les torpilles sont des poissons faibles, indolents, sans armes, et ils seraient livrés sans défense à leurs ennemis si, indépendamment du soin qu'ils ont de se tenir presque constamment cachés sous la vase, ils n'avaient reçu de la nature la puissance électrique. Eu effet, les torpilles accumulent dans leur corps et en fout jaillir aveo la rapidité de l'éclair le fluide électrique; elles

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impriment une commotion soudaine et paralysent le bras le plus robuste qui s'avance pour les saisir et ranimai qui veut les dévorer; elles engourdissent les poissons dont elles cherchent a se nourrir, et peuvent parfois frapper à des distances assez grandes. Cette action électrique leur est très-utile, car leurs ailes très-étroites et leur corps élargi ne leur permettent de nager que très-difficilement. Cette particularité surprenante a été remarquée depuis la plus haute antiquité. AristoteetPlineen parlent dans leurs écrits; mais les naturalistes modernes ont pu seuls donner une bonne explication de.ee phénomène et en décrire avec soin les effets. Redi et Réaumur ont surtout fiiit beaucoup d'observations à ce sujet. Redi a voulu éprouver la vertu d'une torpille qu'on venait de pêcher : « A peine, dit-il, l'avais-je touchée et serrée dans ma main, que j'éprouvai un picotement qu'rse fit ressentir dans le bras et dans l'épaule, et qui fut suivi d'un tremblement désagréable et d'une douleur accablante et aiguë dans le coude, en sorte que je fus obligé de retirer aussitôt la main. La même impression se renouvela toutes les fois que je m'obstinai à vouloir toucher la torpille. Il est vrai que la douleur et le tremblement diminuaient à mesure que la mort de l'animal approchait; souvent même je n'éprouvais plus aucune sensation semblable aux premières, et, lorsque la torpille fut définitivement morte, ce qui arriva dans l'espace de trois heures, je pus la manier en sûreté, sans ressentir aucune impression fâcheuse, i

Cependant, ce n'est pas seulement quand tes torpilles sont très-aflaiblies et près d'expirer qu elles ne font plus ressentir de commotions électriques; il arrive parfois qu'elles ne donnent aucun signe de leur puissance, quoiqu'elles jouissent de toute la plénitude de leurs forces. Ces poissons se tiennent dans les fonds vaseux et viennent aussi sur les bords de la mer se cacher dans le sable, et c'est alors même qu'elles ont le plus de vigueur. Selon plusieurs observateurs, les femelles produisent de plus fortes secousses que les mâles. Ces poissons ont la vie dure, et, par un temps froid, ils ne meurent qu'au bout de vingt-quatre heures après avoir été retirés de l'eau de la mer. On les prend à l'hameçon et au filet; mais les pêcheurs craignent beaucoup leurs commotions électriques. Leur chair est mollasse et limoneuse ; cependant elle n'est pas malsaine, comme on l'a dit, et l'on peut s'en nourrir.

Les anciens ont attribué à la torpille des propriétés médicinales importantes , et les habitants de l'Abysssinie et de l'Ethiopie assurent encore aujourd'hui qu'en l'appliquant sur différentes parties du corps des personnes atteintes de la fièvre on leur enlève prûraptement cette maladie.

On connaît plusieurs espèces de ce genre, dont plusieurs sont étrangères à la partie du monde que nous habitons : la torpille à taches œillées, qui a de une a cinq taches sur un fond blanchâtre et qui B'offre pas de dentelures charnues au bord de ses évents, et la torpille galvanieiine, qui présente sept dentelures charnues autour de ses évents, teintée d'un fauve uniforme, marbrée, ponctuée et tachetée de noirâtre; ces deux espèces, surtout propres à la Méditerranée et dont la taille ne dépasse guère O^ÎS, sont celles sur lesquelles on a fait le plus d'expériences et sont couséquemmentles plus connues. Uneautre espèce, propre également a l'Europe, est la torpille marbrée, qui se distingue par des taches arrondies plus grandes. On peut encore citer comme propre a la Méditerranée la torpille à une seule i&che rouge, avec une seule tache noire sur le dos, à corps orbiuulaire, lisse et visqueux.

11 existe d'autres poissons électriques; on en cite trois genres : les gymnotes, sortes d'anguilles, les malaptérures ou silures électriques et les tétrodons.

— Art milit. La torpille ou torpédo est une espèce de machine infernale sous-marins qui a joué un grand rôle dans la guerre de la Sécession. Les premiers, les confédérés en ont fait usage; ils en ont hérissé l'abord de leurs cités maritimes : Mobile, Galveston, Charleston , Wilmington , etc. Les unionistes s'emparèrent bientôt, à leur tour, de l'invention, et, le 27 octobre 186-1 , ils l'appliquèrent avec succès , dans les eaux de Plymouth, sur la côte de la Caroline du Nord. Cette station navale importante croyait n'avoir rien à redouter avec sem gardien, l'Aibermale, puissant bélier cuirassé. Une torpédo, habilement placée, fit sauter ce navire, et la ville tomba au pouvoir des fédérés. Il n'est donc pas hors de propos d'emprunter la description de ces terribles engins de guerre au Moniteur de l'armée. « Une torpédo est uns caisse en étain , affectant la forme d'une grande bouilloire de la capacité de 45 U 50 litres et divisée en deux parties au moyen d'une séparation transversale ; la partie inférieure sert de chambre à air; la supérieure ou la plus étroite reçoit la charge. Une verge en fer, en contact avec la poudre, est coiffée d'une capsule; le marteau destiné à la faire éclater est fixé à l'extérieurde la caisse d'étain et traverse un ressort en spirale qui le met en mouvement. Quand la torpédo est immergée, le marteau est dressé et une cheville le maintient daDS cette position. A cette cheville est attaché un flotteur au moyen

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d'une petite corde. On comprend la reste. Aussitôt qu'un navire touche la corde ou la flotteur, la cheville tombe ; le marteau dégagé s'abat sur la capsule, l'explosion a lieu, et le bâtiment, plus au, moins entamé audessous de la flottaison, coule aussitôt. >

Le premier essai de ces espèces de bombes sous-marines fut proposé par M. Bushel, du Connecticut, en 1777. L'opérateur, pénétrant dans l'eau à l'aide d'un appareil spécial, attachait aux flancs du navire une gargousso remplie de matières détonantes , et a laquelle le feu était communiqué à l'instant voulu au moyen d'une détente. Vingt ans plus tard, le célèbre Fuiton détruisit un brick avec des bombes explosives , chargées de 180 livres de poudre, qu'on faisait éclater en les enflammant par l'intermédiaire d'un mouvement d'horlogerie. Ces expériences tombèrent dans l'oubli jusqu'en 1854, époque à laquelle elles furent reprises par le docteur Jacobi pendant la guerre de Crimée. Les canaux avoisinant Cronstadt étaient remplis de bombes; un petit tube de verre, plein d'acide sulfurique et se brisant par le choc, laissait s'épancher le liquide, par un tuyau flexible, sur une solution de chlorate de potasse, dont la réaction déterminait aussitôt l'inflammation de la poudre. Dans la dernière guerre d'Amérique , grâoe aux perfectionnements apportés dans les compositions fulminantes et aux appareils électriques, tels que ceux d'induction, la bobine Ruhmkorff et tes câbles sous-marins, on a modifié de diverses manières les torpilles , notamment pour les appliquer à la défense des passes. Le modèle que nous avons décrit fonctionne sans l'aide des courants magnéto-électriques; les modèles suivants leur empruntent un concours important.

M. Wood , ingénieur de la marine aux* Etats-Unis, et M. Beardslee ont essayé à West-Point des bombes sous-marines ou torpilles, comme on tes appelle, disent-ils, de l'autre côté de. l'Atlantique, consistant en un cylindre de bois qui contient à l'une de ses extrémités une composition fulminante, à laquelle ils ont mis le feu à une distance de 240 miiles, par les fils du télégraphe de New- York à Washington. Les deux fils du circuit traversaient le cylindre, et le passage du courant allumait un petit morceau de graphite. Pour placer cet engin juste sous le navire que l'on veut faire sauter, les Américains ont construit un bateau porte-torpille,, cuirassé, hermétiquement cios, s'enfonçant plus ou moins sous l'eau au moyen d'un gouvernail, ne laissant dehors que la cheminée de la machine et, la prise d'air, et portant une tourelle en cristal, dans laquelle on pouvait diriger sa marche. Deux caisses, liées ensemble, sont placées sous la quille du navire, à laquelle elles s'appliquent, parce que, étant plus légères que 1 eau, elles tendent toujours a remonter. Le bateau amphibie s'éloigne alors rapidement, déroule son câble électrique et met' le feu aux engins explosibles. Dans le Medway , à Chatham , M. Beardslee répéta ses expériences des Etats-Unis en présenee des chefs de la marine anglaise. Elles réussirent au delà de toute espérance. Sous une charge de 75 livres de poudre, la vieille frégate la Terpsichore s'éleva à l'avant de 3 mètres au-dessus de l'eau ; au milieu d'une véritable inondation, la membrure et la bordée trouées laissaient entrer l'eau par une large ouverture.

A Toulon, récemment, M. l'amiral de Chabannes a repris l'idée américaine sous une autre forme : son bateau-torpille est armé de deux éperons, l'un à la quille, de 4 à 5 mètres de longueur, l'autre fixé à l'étrave, plus court et garni d'un tampon. Les deux éperons sont horizontaux. Le navire destructeur se précipite sur le vaisseau, heurte ses flancs, onfonce la torpille dans ses bordages pendant le choc et, renvoyé vivement par le tampon, fuit rapidement et met le feu a l'engin au moyen d'un câble électrique. Le vieux ponton le Vauban, ainsi frappé, coula par suite d'une voie d'eau qu'avait produite l'explosion d'une gargousse ne contenant que 3 kilogrammes de pulvérin.

Au moment où nous écrivons (mars 1876), on assure que M. Ëbener, l'un des ingénieurs les plus habiles à employer ces en» gins, adressé des réseaux explosibles deforpiltes en tous les points de l'Adriatique qui pourraient être menacés. Ces chapelets énormes sont tendus entre deux eaux; ils fonctionnent avec une précision qui effraye et surprend. L'opérateur est sur le rivage, dans une petite cabane; véritable chasseur, mais chasseur d'une espèce toute nouvelle, il attend les navires à l'affût. Les vaisseaux s'avancent à pleines voiles, à toute vapeur : rien n'indique le piège à la surface de l'eau. Mais, tandis qu'ils croient voguer avec sécurité, on les épie, on. les voit, on suit tous leurs mouvements. Par la disposition d'un réflecteur placé dans une chambre obscure, l'opérateur est averti ; il voit dans sa glace le moment précis où les bâtiments ennemis, encore a, plusieurs lieues de distance, passent sur la ligne de bombes qui doit les détruire. Un seul contact est appliqué à une bobine Ruhmkorff, l'étincelle se communique et les navires sautent.

M. Toselli a adopté tout récemment pour l'inflammation des torpilles un appareil percuteur mû par l'eau. Cette torpille a été exi périmenlée en Italie et a donna d'excellents

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résultats. Voici ce qu'en disait la lievista maritima .• « M. Toselli prétend faire éclater une mine ou une torpille quelconque sans employer l'électricité, moyen qu'il considère comme dispendieux, incertain et souvent périlleux. Communication officielle de cette poudre a été faite au gouvernement italien. » Une torpille située à n'importe quelle distance peut être mise en communication avec une pompe hydraulique par le moyen d'un fil tabulaire de Om, 002 de diamètre nu ou revêtu, suivant le cas, mais sans besoin de matière isolante. Une fois que le fil tubulaire est rempli d'eau, il suffît d'un ou deux coups de piston pour déterminer l'explosion.

> L'appareil percutant se compose d'une cheminée avec capsule ou aiguille fulminante, d'un chien de percussion, d'un ressort qui le fait agir, d'un cylindre dans lequel se meut le piston sous l'action de la pompe hydraulique. Que l'on emploie une pompe à air ou une pompe hydraulique, le phénomène devra se produire de la même façon. En faisant avancer le piston sous l'effet de la pompe, le levier relève le chien; celui-ci, arrivé au point le plus élevé de sa course, échappe avec d'autant plus de. vigueur que le ressort est plus énergique; le choc sur le fulminate détermine l'explosion de la torpille. ■

Depuis quelques années on a construit des torpilles de différents modèles, et les journaux spéciaux sont pleins de renseignements sur ce terrible engin de guerre. Voici ce que disait sur ce sujet le dernier rapport adressé au Congrès des Etats-Unis par le secrétaire déjà marine fédérale : » L'arme la moins coûteuse et la plus efficace pour la défense, appelée torpille par Fulton, qui l'a inventée, a été pendant longtemps peu considérée , mais elle s'est établie aujourd'hui comme une nécessité dans le matériel naval. L'Angleterre, l'Allemagne, l'Autriche et même la Chine s'occupent très-activement de la construction et de l'emploi des torpilles. Cet engin semble devoir être d'une valeur toute spéciale pour les Etats-Unis. Notre éloignement des complications politiques de 1 Europe nous cause une sécurité dont le résultat a été de nous mettre dans l'impossibilité de faire face à une attaque soudaine et imprévue par mer, au moyen d'une marine militaire en proportion avec notre puissance et l'étendue de nos côtes; l'établissement d'un puissant matériel de torpilles nous mettrait dans une certaine mesjreà l'abri d'une telle éventualité.

• La science des constructions navales n'a pas encore trouvé ni même indiqué de moyen de mettre les bâtiments k l'abri du pouvoir destructeur du fulminate convenablement et habilement employé. Aussi, tandis que la torpille est l'arme la plus puissante et la moins coûteuse pour les nations pauvres et petites, elle est en même temps la plus irrésistible contre les nations les plus fortes et les mieux préparées.

> L'idée de l'emploi des torpilles frappe si fortement l'imagination que l'on a vu des flottes puissantes tenues au large uniquement par la supposition de leur présence. Pendant notre guerre de sécession, nous étions continuellement obligés d'employer toute espèce de moyens, soit pour éviter, soit pour repêcher les torpilles flottantes ; nous avons même dû draguer les fonds de tous les ports du Sud pour en retirer les torpilles isolées, 'les déplacer ou les faire éclater à une distance convenable. Le dernier usage qui a été fait de ces engins pour l'attaque et la défense, sous le coup d'une nécessité immédiate, a conduit a des améliorations. considérables qui nécessitent encore de nombreuses études; de nouvelles expériences sont nécessaires pour la réunion dans la même main des moyens d'attaque et de défense, qui doivent se renforcer mutuellement.

• Le matériel des torpilles est encore dans l'enfance, mais c'est l'enfance d'un dévelop-

fiement formidable, et il appartient partieuièrement aux Etats-Unis de favoriser la connaissance d'une arme si bien adaptée à notre situation.

■ L'attention que le service de la marine a apportée à ce sujet D'à pas été sans porter ses fruits. Par exemple, un bateau-torpille actuellement en essai à Newport, presque submergé, est dirigé par la volonté humaine, agissant à distance et à l'abri. Il avance, recule , s'arrête à la volonté de l'opérateur agissant au moyen d'une touche électrique correspondant à une bobine métallique qui se dévide du bâtiment. Ce bateau porte 500 livres de poudre explosive qu'on peut enflammer au~contaet de l'ennemi.

» Ce sujet n'est pas, par lui-même, favorable à la publication, mais je profite de cette occasion unique pour rappeler les nombreuses circonstances où les torpilles ont joué un rôle important dans les guerres modernes, et j'ajouterai que le sentiment unanime des officiers les plus instruits et les plus expérimentés est favorable à l'emploi de tous les moyens de développer et de perfectionner l'étude des torpilles, ainsi qu'à l'ouverture de crédits assez larges pour subvenir aux expériences. »

Au début de l'emploi des torpilles, elles affectaient le plus ordinairement la forme d'un cône renversé, dont Ja pointe était tournée vers le fond de la roerou du fleuveoù elles étaient installées. On leur donne aujourd'hui

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des formes assez variées, et tout récemment on vient d'expérimenter k Woolwich une torpille-poisson.

Cette torpille consiste, comme son nom de Whitehead Fish l'indique, en une carcasse de la forme d'un poisson. Cette carcasse, longue de 12 pieds sur 16 pouces de diamètre, se compose de deux compartiments étanches qui occupent les deux extrémités, et d'une chambre centrale da 18 pouces de longueur pour la machine ; etle est en acier malléable de 3/ 16 de pouce d'épaisseur, martelé sur formes.

La force motrice, employée est l'air comprimé qui est contenu dans le compartiment d'arrière. Cet air est amené de ce compartiment à une petite machine à oscillations, à deux cylindres, qui met en mouvement un arbre de couche terminé par une hélice ordinaire. La pression de l'air peut être de 600 livres par pouce carré, et la torpille qui a éclaté avait été envoyée avec succès avec une pression de 1,000 livres.

L'appareil de direction permet de toujours maintenir l'engin eu droite ligne sur 1 objet que l'on menace. Deux poids sont suspendus en équilibre dans le compartiment central de la torpille; dès que celle-ci change de direction, l'équilibre des poids est rompu et l'un ou l'uuire trappe un levier communiquant avec un des ailerons qui sont placés à l'arrière de la torpille, au-dessous de l'hélice, et font l'office de gouvernails. De la sorte, de quelque côté que l'appareil incline, un des ailerons est mis en mouvement dans une direction contraire et ramène la torpille dans la ligne droite.

Le fulminate qui doit déterminer l'explosion est contenu dans le compartiment d'avant. Cet appareil ne laisse , comme on le voit, presque rien à désirer, et constitue une arme terrible.

Le dernier mot n'est pas dit cependant sur cette question, et l'on peut entrevoir l'époque où la guerre navale deviendra impossible, les navires ne pouvant plus tenir la mer sans risquer de sauter.

TORPILLÉ, ÉE adj. (tor-pi-llé; Il rail. — rad. torpille). Art milit. Garni de torpilles : Rade torpillée.

TORPILLEUR s. m. (tor-pi-lleur; Il mil.

— rad. torpille). Marin chargé de placer ou de faire éclater les torpilles.

TORPORLBY (Nathaniel), géomètre anglais, né vers 1573, mort en 1632. Il passa un certain temps près de Viète, probablement en qualité de secrétaire, et fut ensuite l'un des commensaux d'Harriot, chez le duc de Northumberland. On a de lui un ouvrage intitulé : Diclides cœlo-metricm, etc. (Londres, 1602). Cet ouvrage est divisé en deux livres. Le premier traite de la construction des tables astronomiques et de leur usage; le second a pour objet la trigonométrie sphérique, qui y est traitée avec la brièveté et ia concision dont Viète avait introduit la méthode.

TORQUATO TASSO, illustre poëte italien.

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