‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 247 sur 1042 · DONNÉ TORT · texte numérisé non relu

DONNÉ TORT

— Se donner des torts, Commettre des actions qui méritent d'être blâmées : Il s'est donné des torts avec vous. Se donner un tort est la pire manière de se venger d'un tort dont on a à se plaindre. (E. de Gir.)

— Mettre quelqu'un dans son tort, Lui faire des propositions si justes que, s'il les refuse, il aura tort : Faire des avances à un ami qu'on a blessé et qui résiste , c'est le mettre dans son tort.

— Prov. Le mort a toujours tort ou Les morts ont toujours tort, On accuse aisément les morts, parce qu'ils ne sauraient se défen-

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dre : L'oraison funèbre dément ce proverbe : Les morts ont tort. (Boiste.) Il La mort a toujours tort, Un médecin rejette volontiers sur la violence du mal les conséquences de son incapacité, il Les absents ont tort, On accuse aisément les absents, parce qu'ils ne peuvent se défendre, il Qui doit a tort, La présomption, en justice, est contre celui qui nie une dette.

' — Loc. adv. A tort , Contre la raison , la vérité ou le droit : C'est k tort que vous vous effrayez. Vous croyez À tort qu'il vous écoutera. Il a témoigné a tort contre lui.

— A tort ou à droit , A tort ou à raison , Avec ou sans droit , avec ou sans raison : A tort ou a droit , il va plaider. A tort ou a raison, il maintient son dire. •

— A tort et à droit , Sans examiner si l'on a tort ou raison : A tort et à droit, il veut cet argent. Il Loc, vieillie.

— 'A tort et à travers, An hasard, sans discernement :■// parle, il frappe k tort et a travers. C'est un homme, à la vérité, dont les lumières sont petites , qui parle À tort et À travers de toutes cltoses. (Mol.) Le juge prétendait qu'd tort et d travers On ne saurait manquer, condamnant un pervers.

La Fontaine.

Eh! prenez-vous conseil d'une tête a. l'envers, Qui.bavarda sans cesse à tort et d travers ?

Ponsard.

TORT, TORTE adj. (tor, tor-te). Ancienne forme du mot tors, torse.

TORTEBAT (Jean), peintre français, né à Paris en 1G52, mort en 1718., 11 était ie vingtneuvième enfant d'un peintre appelé François Tortebat. Il acquit la réputation d'un bon portraitiste et devint, en 1704, membre de l'Académie de peinture. Ses portraits se recommandent par de bonnes qualités de dessin,! par le soin avec lequel sont traités les accessoires et par une bonne exécution. On cite, parmi ses meilleurs portraits, ceux de Jean Jouvenet, de Houasse, du Marquis d'Osmont, de VFvêque de Sisieron, de M. de Cotte, contrôleur des bâtiments, etc.

TORTELLE s. f. (tor-tè-le — dimin. du lat. tortus , tordu). Bot. Nom vulgaire d'une plante du genre vélar et du sisymbre officinal.

TORTELLI (Jean), en latin Tortellius,

grammairien italien, né à Arezzo vers 1400, mort vers 1465. D'abord archiprêtre de sa ville natale, il se rendit ensuite à Rome, où il devint successivement sous-diacre de l'Eglise romaine, camérier d'honneur, conseiller, secrétaire de Nicolas V. Tortelli était trèsversé dans la philosophie , la théologie , la grammaire et les langues anciennes. Il n'est plus guère connu que par un livre de grammaire, curieux à consulter pour se faire une idée de 'ce genre d'études au xvo siècle. Cet ouvrage, intitulé : Commenlariorum de orthograp kia, etc. (Venise, 1471, in- fol.), a été réédité un grand nombre de fois sous divers titres.

TORTI (François), médecin italien, né à Modène en 165S, mort en 1741. Après avoir fait de bonnes humanités dans sa ville natale, il commença l'étude de la jurisprudence, dont il ne tarda pas à se dégoûter, puis il embrassa la carrière de la médecine. Il fut reçu docteur à Bologne en 1678 et revint se fixer à Modène. Le duc François II, ayant réformé le gymnase de cette ville, conféra les chaires de médecine l'une à Ramazzini et l'autre à Torti. Ils brillèrent également l'un et l'autre dans l'enseignement et jetèrent un vif éclat sur cette école. Torti provoqua l'établissement d'un amphithéâtre anatomique et fut chargé lui-même des démonstrations. Ses premiers travaux avaient été des productions poétiques ou littéraires; il entra dans le domaine des sciences par la publication de ses recherches sur les variations du mercure dans le baromètre. Enfin, ir mit au jour, en 1712, son immortel ouvrage sur les fièvres pernicieuses , travail dont il avait présenté un résumé trois ans auparavant. Son ancien collègue et ami Ramazzini, qui était passé à la première chaire de médecine de l'université de Padoue, attaqua avec beaucoup de vivacité ce qu'il appelait l'abus et condamna presque l'usage du quinquina, mais Torti se défendit avec beaucoup d'habileté, et généralement avec avantage. Il avait entrepris quelques autres ouvrages; mais quoique sa carrière ait été longue, il ne les poussa pas jusqu'au bout et interdit la publication qu on aurait pu être tenté de faire après sa mort 'de quelques-uns des fragments qu'il laisserait. Il laissa par testament la jouissance de ses biens, qui étaient considérables, à sa veuve; mais la propriété eu fut léguée aux pauvres. Une portion avait été prélevée pour fonder une troisième chaire de médecine à Modène. On a de lui : Therapeutice speciatis ad febres quasdam perniciosas, etc. (Modène, 1709, in-8°, souvent réédité et, en dernier lieu, à Louvain, 17S1, 2 vol. in-8°) ; Responsiones iatro-apologetics ad criticam dissertationem de abusu chinx-chiiUB Mutinensibus medicis perperam objecta a Bernardino Ramazzino (Modène, 1715); Mutinensium medicorum methodus antipyretica vindicata (Modène, 1719).

TORTI (Jean), poète italien, né k Milan en 1774, mort à Gênes eu 1852- Il se destinait à l'état ecclésiastique, lorsque les événements de la Révolution et rétablissement de la république Cisalpine changèrent sa vocation.

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Deux -hymnes patriotiques qu'il composa à cette époque, et qui sont empreints de la mâle poésie dont Parini avait donné l'exemple, lui valurent les conseils et l'estime de ce. grand poate citoyen , Torti entra aux bureaux de l'instruction publique après la bataille de Marerigo; mais là se borne sa vie publique, car son existence s'est écoulée entre les joies du foyer et l'amitié deManzoni et de Grossi. Après la rentrée des Autrichiens à Milan en 1848, Torti, exilé, se réfugia à Gênes, où il fut nommé président de l'Athénée génois et où il mourut. Sans être précisément novateur, Torti appartient comme poète à l'école romantique; ses poésies ont été recueillies et publiées a Gênes en 1852. La Vision de Pariai, l'Idylle, le Sonnet à Buonarroti, etc., appartiennent à la jeunesse de l'auteur et se ressentent de l'influence du maître. WEpitre sur les tombeaux d Ugo Foscolo et de Pindemonte fit sa réputation ; elle n'est inférieure à aucune poésie moderne. L'Oinamorra est une belle traduction d'un petit poème d'Ossian. Dans la Tour de Capoue, nouvelle en vers du genre romantique, Torti rivalise avec Grossi, bien que ce genre de poésie ne fût pas dans la tournure ordinaire de son esprit. Des quatre Discours sur la poésie, le dernier est le meilleur. Sa Passion est une imitation bien supérieure à l'original d'un ancien chant latin de Lactance ; son poëme intitulé Scepticisme et religion, ainsi que YEpitre sur la mort de sa femme sont comptés parmi ses plus heureuses productions; citons encore Y Hymne pour les cinq journées et une Abjuration à Rome, écrite quelque temps avant sa mort. On cite à son sujet un mot de Manzoni : « Peu et bon, comme les vers de Torti. »

TORTICOLIS s. m. (tor-ti-co-H — du lat. tortus, torti, tors ; collum, cou). Pathol. Douleur rhumatismale qui affecte spécialement les muscles du cou et surtout le sterno-mastoïdien : L'apothéose d' Homère servait de plafond à une des salles dumusée de Charles X, et Dieu sait combien de TORTICOLIS nous avons gagnés en la contemplant ! (Th. Gaut.)

— Personne qui a le cou tors : Les cagots affectent de faire les torticolis, pour faire croire qu'ils sont ensevelis dans une profonde méditation ou dans une espèce d'extase. (Trév.)

Parmi les torticolis, J'ai le renom d'être des plus jolis.

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