SCARRON
— Fam. Faux dévot, cagot y Ne vous fies pas à tous ces torticolis qui regardent leur Dieu de travers.
— Ornith. Nom vulgaire du torcol.
— Adjectiv. Qui a le cou de travers, comme s'il avait le torticolis : Un furoncle m'a rendu vingt jours TORTICOLIS.
— Encycl. Pathol. Cette affection reconnaît le plus souvent pour cause l'action prolongée du froid sur les muscles de la région cervicale, pendant le sommeil. D'autres fois elle est due à une contraction forcée et prolongée des muscles atteints par suite d'une fausse posi- ' tion. C'est presque toujours le matin, au moment du réveil, que le torticolis se manifeste, et les malades ne s'en aperçoivent que lorsque, voulant tourner la tête, ils se trouvent empêchés par la douleur. Le moindre mouvement fait pour tourner la tête du côté opposé au côté arKscté est brusquement interrompu par une vive douleur. Toutes les fois que, sans y penser, les individus atteints de torticolis opèrent un mouvement du cou, les mêmes phénomènes se reproduisent, et, pour éviter la douleur ils se tournent tout d'une pièce. La tète est inclinée du côté malade et la face légèrement tournée du côté opposé, ce qui donne aux malades une position bizarre. Le torticolis est une affection trèsincommode, douloureuse, mais nullement dangereuse, et qui se dissipe en peu de temps. Le traitement n offre rien de spécial. Il suffit de recommander aux malades le repos pendant deux ou trois jours et de leur faire maintenir la chaleur jour et nuit autour du cou.
TORTIL s. m. (tor-til — du lat. toriilis, qui peut se tordre; de tortus, tordu). Blas. Sorte de turban blanc qui entoure les têtes de Maure. Il Rang de petites perles en manière de chapelet, qui entoure le cercle delà couronne de baron, en formant, à distances égales, trois petites bandes, chacune de trois perles.
— Par ext. Coiffure r On aperçoit de loin en loin quelque jeune tête pure et fraîche, sou3 son tortil de papillons, de fleurs et de gaze. (Th. Gautier.)
— Ane. mus. Tuyau courbé d'instrument à vent.
TORTILE adj. (tor-ti-le — lat. tortilis ; de tortus, tordu). Bot. Qui peut se tordre, se contourner en hélice; qui tend à se tordre.
TORTILLAGE s. m. (tor-ti-lla-je; Il mil. — rad. tortiller). Fam. Manière de parler confuse et embarrassée : On chantait quelque vieilte chanson, qui valait bien le tortillage moderne. (J.-J. Rouss.)
— Petites manœuvres, démarches dictées par une politique peu franche : Au lieu de tout ce tortillage, qu'on s'udresse directement à lui. (J.-J. Rouss.)
TORTILLANT, ANTE adj. (tor-ti-llant, ante; Il mil. — rad. tortiller). Blas. Se dit de
TORT
la givre ou du serpent entortillés autour de quelque chose.
— Comm. Tordu et se cordant mal, en parlant du bois à brûler : Bois tortillant.
TORTILLARD, ARDE adj. (tor-ti-llar; Il mil. — rad. tortiller). Eaux et for. Qui se tord en croissant, qui se tortille, en parlant des arbres sur pied : Les bois tourmentés et ébranchés par les vents deviennent tortillards.
— Bot. Orme tortillard, Variété d'orme dont le bois offre des fibres contournées en divers sens, au lieu d'être parallèles.
— s. m. Homme boiteux, contrefait, par allusion k un personnage des Mystères de Paris d'Kugène Sue.
TORTILLE s. f. (tor-ti-lle; Il mil. —rad. tortiller). Allée étroite et tortueuse qu'on ménage dans un parc ou un jardin: Une tortille sombre et fraîche. U On dit aussi tor-
TILLÈRË.
— Art culin. Gâteau mince de mais, assez semblable à une petite crêpe, que certains naturels d'Amérique mangent au lieu do pain.
— Encycl. La préparation de la tortille est fort simple : le maïs bouilli dans l'eau est réduit entre deux pierres eu une pâte épaisse à laquelle on donne la forme de petites galettes en la battant entre les mains. Ces galettes sont soumises à l'action du feu sur un plateau de terre pendant un temps assez court, et elles sont prêtes alors à être consommées.
C'est d'ailleurs le même procédé qu'employaient les indigènes avant la découverte de l'Amérique. Chaude, la tortille est assez agréable, quoique lourde à l'estomac et peu nourrissante; froide, elle est .dure, cassante et presque immangeable.
TORTILLÉ, ÉE (tor-ti-llé; «mil.) part, passé du verbe Tortiller. Tordu en forme d'hélice : Leur costume n'a rien de caractéristique: la vulgaire robe de cotonnade anglaise et un gazillon noirâtre tortillé sur la tête, voilà tout. (Th. Gaut.)
— Fig. Obscur, embarrassé : C'est un flambeau qui dissipe les plus épaisses ténèbres dont ces- articles paraissent couverts et n'y laisse plus que celles qui sont inséparables du jargon de dévotion et du langage tortillé qu'affectent ces messieurs. (Trév.) D Vieilli ; on dit aujourd'hui entortillé.
— Cierge tortillé. Cierge orné dont sa servaient certaines confréries.
— Blas. Se dit d'une tête de Maure entourée du turban ou tortil : De Rochepot : D'argent, à la tête de Maure de sable, tortillée du champ, accompagnée de trois molettes d'éperon, de gueules.
— s. m. Objet tortillé : La noble régularité des lignes droites est préférable aujeoutillé des mnnièristes. (Ch. Nod.)
— Syn. Tortillé, tordu, «or», etc. V. TORDU.
TORTILLEMENT s. m. (tor-ti-lle- mau ; Il mil. — rad. tortiller). Action de tortiller; état qui 'en résulte : Le tortillement des gros câbles se fait avec des machines puissantes. Le tortillement de, cet te corde est insuffisant.
— Fig. Détours, finesses exagérées et déplacées : Voyons, Une faut pas tant deTomii,lements, et la franchise vaut mieux, g Sens vieilli.
TORTILLER v. a. ou tr. (tor-ti-llé ; U mil. — Ce mot vient d'un type inusité torticulare, venu lui-même de tortus, tordu; de torquere, tordre). Tordre de façon à produire des plis ou côtes en hélice : Tortiller une corde. Tortiller des cheveux. Tortiller des rubans. Tortiller son mouchoir. Quand David tortilla son chapeau pour s'en aller, elle sourit. (Balz.) L'enfant tortillait le bord du tablier de la meunière. (G. Sand.)
Qu'il a dono l'air penaud & tortiller son feutre!
E. AuoiER.
— Pop. Manger, dévorer : Il a tortillé sa côtelette en un clin d'œil.
— Manège. Tortiller la croupe, Faire exécuter à la croupe du cheval un mouvement vertical très- prononcé.
— Techn. Tortiller des torons, Commettre les fils de caret dont ils se composent. Il Tortiller les ficelles, Tordre les ficelles du dos d'un livre, après qu'elles ont été mises a la colle. Il Tortiller des cierges, Les contourner en hélice. Il Tortiller une mortaise, L'ouvrir ' à l'aide du laceret ou de la tarière.
— v. n. ou intr. Fam. Chercher des détours : C'est un homme qui nej~ait que tortiller, impossible de le faire marcher droit.
Il Barguigner, hésiter : Il n'y a pas à tortiller, il faut y aller. Il Manger : Il est en train de tortiller.
— Tortiller des hanches, Faire un mouvement ridicule des hanches, en marchant.
Se tortiller v. pr. Se replier sur soi' même en différentes façons : Cet homme SE tortille comme un ver, comme un serpent.
— S'enlacer, s'enrouler : Quelques vignes maigres se tortillent autour de leurs échatas. (V. Hugo.)
TORTILLÈRE s. f. (tor-ti-llè-re ; H mil. — rad. toftiller). V. tortille.
TORTILLIS s. m. (tor-ti-lli; Il mil. — rad.
TORT
tortiller). Archit. Sorte de vermoulure tracée dans un bossage. Il On dit plutôt bossage