V. Tortue
TORTUGA-SALADA, Ile de l'Amérique centrale, dans le groupe des Iles sous le Vent, sur la côte N. de la république de Venezuela, à 63 kilom. O. de l'île de Margarita, par 110 de latit. N. et 67» 45' de longit. E. Elle a environ 65 kilom. de longueur sur 14 kilom. de largeur.
TORTULE s. f. (tor-tu-le — dimin. du lat. tortus, tordu). Bot. Syn. de priva, genre de verbénacées. Il Genre de mousses, de la tribu des trichostomées , comprenant plus de soixante espèces, répandues dans les diverses régions du globe : Les tortules croissent ordinairement sur les murs, les pierres, la terre et surtout les terrains argileux. (F. Foy.)
— Encycl. Les tortules sont caractérisées par une tige courte et droite ; des feuilles amplexicaules, plus ou moins épaisses et consistantes, groupées en rosette ou disposées
-sur cinq à huit rangées, souvent terminées par des poils blancs, dressées ou tortillées par la dessiccation ; la capsule droite, cylindrique, renfermant des spores petites et lisses ; le péristome formé de trente-deux dents filiformes, très-allongées et contournées en .spirale; 1 opercule allongé, conique ou subulé; la coiffe persistante, fendue latéralement. Ce genre renferme plus de soixante espèces, remarquables par leur port tout particulier. Elles croissent sur la terre, les rochers, les murs, plus rarement sur les troncs d'arbre ou dans les marais. Elles forment des gazons ou des coussinets plus ou moins étendus.
TORTUOSITÉ s. f. (tor-tu-o-zi-té — du lat. tortuosus, tortueux). Etat de ce qui est tortueux : La tortuosité d'un cours d'eau.
— Fig. Détours astucieux : Un labyrinthe de tortuosités. (J.-J. Rouss.)
TORTURANT, ANTE adj. (tor-lu-rant, an-to — rad. torturer). Qui torture, qui tourmente : Remords torturant.
TORTURE s. f. (tor-tu-re — lat. tortura; de tortus, torturé). Supplice, tourment qu'on fait subir à quelqu un : Les premiers chrétiens souffraient patiemment toutes les tortures. x
— Tourments qu'on faisait souffrir à un accusé pour lui arracher l'aveu de son crime ou les noms de ses complices : L'usage de la torture est aboli dans plusieurs pays de l'Europe. (Volt.) La torture subsistait encore en 1789. (Mmo de Staël.) Il semble que des siècles se sont écoulés, depuis l'époque si rapprochée de nous où la torture, ce crime des lois, fut aboli. (Villem. ) L'Eglise romaine soumettait les enfants à la torture, dés l'âge de neuf ans. (Quinet.)
La torture interroge, et la douleur répond.
Renouard,
— Fig. Grand tourment de l'esprit : Etre à la torture. Mettre quelqu'un à la torture.
Mon esprit travaille depuis deux jours; il n'y a pas'un de ces hommes qui ne m ait donné deux cents fois la torture. (Montesq.) Quand le doute est sérieux, c'est la torture de l'esprit. (3. de Sacy.)
... Déjà vous croyez, dans vos rime» obscures, Aux Saumaises futurs préparer des tortures.
Boileau.
— Instrument de torture, Instrument qui servait à donner la torture.
— Donner la torture à son espçit, Mettre son esprit à la torture, Se mettre à la torture, Chercher avec inquiétude, avec tourment : J'ai beau donner la torture à, mon esprit, je ne devine point le sujet des plaintes que vous pouvez avoir contre moi. (Le Sage.)
— Ane chim. Essais, manipulations : L'argent est un des métaux qu'on nommait métaux parfaits, parce qu'il résistait à beaucoup d'agents et sortait pur de beaucoup d'opérations ou de tortures. (Tessier.)
— Interprétation violente d'un texte : Donner la torture aux textes de la Bible pour y trouver des prophéties.
— Encycl. V. QUESTION.
TORU
TORTURER v. a. ou tr. (tor-tu-ré — rad. torture). Soumettre à des tortures; donner la torture à : L'homme, ivre de fanatisme, torture et brûle son frère, au nom d'un Dieu de paix. (De Ségur.) Dans l'origine, à Home, on* ne torturait que les esclaves; l'ordre fut donné de torturer des hommes libres, pour lasécurilé de César. (Dupin.)
— Faire souffrir cruellement : Les mères chinoises torturent les pieds de leurs filles, pour les empêcher de croître. (A. Karr.) L'impôt sur les subsistances agite et torture en mille manières le pauvre prolétaire. (Proudh.)
. — Fig. Inquiéter, tourmenter : Je ne suis plus cet homme ambitieux et inquiet qu'un avenir inconnu torturait de ses menteuses promesses. (G. Sand.) A de rares exceptions près, torturer te cœur d'une femme, lui arracher ce qui fait sa joie, est un triomphe pour une autre femme. (Mme Romieu.) u Bouleverser :
L'éternel ouragan torture ces sommets.
Lamartine.
Il Peu usité. [[.Dénaturer violemment le sens de ; Torturer un texte. Il savait que ce n'est qu'en torturant la loi qu'on accuse, en cas de duel, le prévenu d'homicide. (A. Karr.)
— Absol. Que de femmes torturent sans pilié parce qu'on les a torturées ! (Mme Romieu.) C'était au nom du Christ, que les hommes de l'inquisition parlaient , agisssaient, torturaient, brûlaient. (F. Pillon.)
Se torturer v. pr. Etre torturé : Les accusés ni les hérétiques ne se torturent plus aujourd'hui.
— Etre dénaturé : Les textes SE torturent nécessairement par la traduction.
— Se mettre k la torture.
— Torturer à soi : Les Chinoises sk torturent les pieds.
— Se torturer l'esprit, Mettre son esprit à la torture : Je dis ce que je pense, sans me torturer l'esprit à vous le persuader. (G. Sand.)
TORTUREURs. m. (tor-tu-reur — rad. torturer). Individu qui fait souffrir la torture k quelqu'un, qui le livre à la torture : Les tortureurs prirent en pitié les souffrances qu'ils venaient de causer. {H. Berthoud.)
— Adjectiv. Qui torture : L'idée des diables tortureurs, infligeant aux âmes des hommes des tortures matérielles, fut pour l'Eglise une mine d'or. (Michelet.)
TORULACÉ, ÉE adj. (to-ru-la-sé — rad.
torule). bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à le torule.
— s. f. pi. Groupe de champignons microscopiques, ayant pour type le genre torule.
TORULE s. m. (to-ru-le — du lat. torulus, dimin. de torus, tore). Entom. Bourrelet qui entoure la cavité dans laquelle est implantée l'antenne, chez les insectes. [[ Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des phalénides, dont l'espèce type habite les Alpes.
— s, f. Bot. Genre de champignons filamenteux , type du groupe des torulacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent sur les plantes mortes.
TORULEUX, EUSE adj. (to-ru-leu, eu-ze — du lat. torus, cordon). Bot. Se dit des organes oblongs qui présentent, de distance en distance, des sortes de bourrelets ou bosselures annulaires, comme les gousses des sophoras ou les siliques des radis.
TORULIME s. f. (to-ru-ii-nl — dimin. du lat. torulus, cordon). Bot. Syn. de cboin, genre de cypéracées.
TORUS s. m. (to-russ — mot lat. qui est pour storus et qui signifie proprement lit, couche, de sternere, étendre. A la même famille appartiennent : le sanscrit stara, stariman, âstara, Ûstarana, prastara, prastira, vislara, sastara, sanstara, etc., lit, couche; Aestar, étendre, avec divers préfixes; le persan bistar, pistar, lit, coussin, qui représente le sanscrit vistura ; le grec strôma, stràmné, couche, de strâmnumi, storeô, étendre; l'albanais shtruare, lit; l'islandais osar, lit, litière; l'anglo-saxon stre, qui représente le sanscrit stara, streow. strene, slaranà, straele, slrael, lit, de streowian, gothique straujan , é'tendre ; l'ancien slave postelia, russe posteli, bohémien postel, lit, de poustlali, poustilati, étendre avec), Antiq. rom. Lit de forme particulière.
— Bot. Nom scientifique du réceptacle de la fleur.
— Encycl. Le torus fut d'abord une simple litière de paille ou d'herbe, de joncs ou de roseaux. Suivant Servius, le commentateur de Virgile, il faudrait voir dans Je mot torus une corruption de tortus, tordu, et ce nom viendrait de ce que les feuilles étaient tordues par le dos de ceux qui se couchaient dessus : Torus dicitur a torlis herbis, qus accumbentium humeris supponuntur. Plus tard, on plaça le torus primitif sur des planches, que l'on fit reposer sur de petits piliers, afin de prévenir l'humidité, et c'est ainsi que la litière devint un lit. Puis on remplaça les fpuilles par du coton ou da la laine, ou par quelque autre matière souple, de façon k obtenir des matelas moelleux. On poussa peu k peu le luxe jusqu'à employer les plus riches matières dans. la partie qui portait les matelas, dans ce que nous appelons le bois de lit :