‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 252 sur 1042 · TORY · texte numérisé non relu

TORY

Lucent aurea fulcra, dit Virgile. On recouvrait quelquefois le torus d'une peau de bête. Ainsi, dans V Enéide (VIII, 175), quand Evandra reçoit Knée et ses compagnons, il fait asseoir ceux-ci sur un siège de gazon et place Enée sur un torus revêtu d'une peau de lion :

Usée ubi dicta, dapes jubet et ïublata repom Pocula, gramineoque viros local ipseiedili; Prxcipuumque toro «I viilosi pelle leonis Accipil jEnean, eolioque invitât ocerno.

Le plus souvent on jetait sur le torus des couvertures, des étoffes plus ou moins somptueuses, qu'on nommait toralia. On donnait le nom de torus aux lits ordinaires, aux lits de festin, aux lits de repos; quelquefois aussi on appliquait" ce nom au lit conjugal : « Tu as' été unie à moi sur le torus, » a dit Ovide :

Tu mihi juncta toro.

Torvaido e< Doriiakn, opéra en deux actes, livret de Sterbini, musique de Rossini; représenté sur le théâtre Valîe, à Rome, pen- . dant le carnaval de 1816, et à Paris le si novembre 1820. Cet ouvrage ne réussit point. Rossini, apprenant à sa mère îa chute de son opéra de Siyismoitdo sur le théâtre de la Fenicc, h Venise, dessina sur la lettre un fiasco (grande bouteille). Après l'insuccès de Torvaldo e Dorliska à Rome, il le lui fit connaître de la même manière, mais en représentant un fiaschetto (petite bouteille).

TORWAC s. m. (tor-ouak). Mamm. Nom donné par quelques auteurs au narval.

TORY, pi. TORYS ou, à l'anglaise, TO- RIES s. m. (to-ri — de 1 irlandais tory, voleur de grand chemin, assassin] venu, selon quelques-uns, de toree, donne-moi, terme qu'employait une ancienne bande de voleurs irlandais qui détroussaient les voyageurs. Selon d'autres, le mot tory s'appliquait dans l'origine à une bande de brigands papistes' qui, du temps de Charles I" et'sous prétexte de faire triompher le royalisme, dévastaient l'Irlande et auxquels on avait donné ce nom du patois irlandais Tuf, a' ry, Viens, 6 roi! Cette dernière explication conviendrait mieux à l'emploi du mot tory, qui fut appliqué d'abord comme injure, en 1679, aux partisans de Charles II. Le parti populaire prétendait que les courtisans, accusés à la fois de rapine et d'un secret penchant pour l'Eglise catholique, ressemblaient aux brigands irlandais connus sous le nom de tories. Il se pourrait aussi que les courtisans eussent été ainsi nommés parce que le parti purement royaliste avait de nombreux adhérents en Irlande). No;n donné d'abord, en Angleterre, aux partisans de Charles II, et depuis aux partisans des prérogatives royales, par opposition aux whigs ou radicaux : Les whigs et les torys. ■Sans les whigs, il y a longtemps que les tories eussent perdu te pouvoir. (E. de Gir.)

■ — Adjectiv. Qui appartient, qui a rapport aux torys : Ministres torys. Coalition tory. Il En ce sens, le pluriel de forme anglaise, tories, serait inadmissible, les Anglais n'ayant pas de pluriel pour les adjectifs.

— Encycl. V. -WHIG.

TORY (Geoffroi), typographe, écrivain et graveur français, né à Bourges vers 1485, mort à Paris en 1533. Bien qu'issu de parents très-pauvres, il put faire ses études classiques à Paris, puis se rendit en Italie, suivit k Rome les cours du collège de la Sapience, y étudia en même temps le dessin, passa ensuite à Bologne, où il eut pour maître Beroaldo, et entra en relation avec des écrivains grecs et latins. De retour en France, il se fixa k Paris, où il professa la littérature et la philosophie dans divers collèges. Pendant ses loisirs, il annota plusieurs éditions d'auteurs latins et devint, en 1509, un des correcteurs de l'imprimerie de Henri Estienne. Vers 1512, il retourna en Italie, où il se perfectionna, dans l'art du dessin et du la gravure, puis se fit admettre dans la corporation des libraires de Paris, sur le Petit-Pont, a l'enseigne du Pot cassé (1518), et se mit peu après k la tête d'une imprimerie. Il s'attacha alors k réformer à la fois l'art typographique et la langue française. Mais ses efforts ne se bornèrent point là. Bientôt, il céda son imprimerie k Olivier Maillard, et, k partir de ce moment jusqu'à sa mort, il s'adonna presque exclusivement à la gravure. Tory a dessiné et gravé avec beaucoup de talent un grand nombre de vignettes, de trontispices, de marques, de lettres ornées et de devises pour des ouvrages; il a exécuté, en outre, des poinçons de beaux caractères typographiques , dont se servirent les imprimeurs Simon de Colines et Robert Estienne. En souvenir de son enseigne et de la marque qu'il mettait à ses ouvrages, il est connu sous le nom de Muitre du Pot ca»é. Indépendamment de ses éditions d'auteurs classiques et des ouvrages dont il fut l'imprimeur, il a traduit et imprimé plusieurs livres, entre autres : les Tables de Cêbès (1529) ; les Politiques de Plutarque (1530, in- fol.) ; l'Economie ■ de Xénophon (1531); la Mouche de Lucien, etc. Mais sou œuvre capitale est un ouvrage qu'il composa et publia sous le titre de Champ fleury, auquel est contenu art et science de ta due et vruye proportion des lettres atliques, qu'on dit autrement lettres antiques et vulgairement lettres romaines, proportionnées selon le corps et le visage humain (Paris, 1529,

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in-fol.), réimprimé sous le titre de Art et science de la vraie proportion des lettres atliques ou antiques, autrement dictes romaines (Paris. in-8°); c'est un livre curieux, bizarre, très-recherché des amateurs, dans lequel Tory a émis des idées neuves et sensées et où il jette les bases d'une nouvelle grammaire française.

TORYME s. m. (to-ri-me). Entom. V. tho-

RYMES.

TORYSME OU TORISME S. m. (tO-ri-Eme — rad. tory). Parti des torys, leur système politique : Le grand système du torysme anylais était trop immense pour de petites têtes. (Balz.)

TOSA, ville du Japon, dans l'Ile de Sikof, ch.-l, de la province du même nom, à 32 kilom. de la côte S.-O. de l'Ile; 90,000 hab. On y fait un grand commerce de riz, de coton, etc.

TOSAR s, m. (to-zar). Moll. Coquille du genre telline, qu'on trouve dans les mers du Sénégal.

TOSCAN, ANE adj. (to-skan, a-ne — ital. ' toscano; du lat. Titsci, peuple qui habitait l'Etrurie). Qui habite la Toscane; qui appartient à ce pays ou à ses habitants : La population toscane. Le peuple toscan.

— Archit. Se dit du premier, du plus simple des ordres d'architecture chez les Romains : Chapiteau toscan. Colonne toscane. Ordre toscan. Il Architecture toscane , Genre d'architecture caractérisé par des arcades à plein cintre et des bossages.

— Substantiv. Habitant ou personne originaire de la Toscane : Les Toscans. Une Toscane.

— s. m. Archit. Ordre toscan : Le toscan est le plus simple et le plus solide de tous les ordres.

— Linguist. Dialecte italien parlé en Toscane.

— s. f. Hortic. Variété d'anémone.

— Encycl. Archit. L'ordre toscan n'est pas un système original d'architecture ; il n est qu'une imitation abâtardie du dorique grec. On le regarde comme originaire de 1 ancienne Etrurie, et les Romains l'employèrent avant de faire la conquête de la Grèce. Les monuments d'ordre toscan, à Rome, étaient donc anciens; ils furent depuis ruinés par le temps ou rebâtis d'après les divers systèmes que la Grèce lit connaître aux architectes; aussi n'a-t-il subsisté jusqu'à nos jours aucun édifice construit d'après les règles de cet ordre ; on a seulement découvert quelques fragments que l'on suppose lui appartenir à Vulci, à Bomarzo, etc.; on en retrouve aussi des vestiges dans les monuments funéraires de l'Etrurie; on y voit que les artistes disposaienl dans la frise des triglyphés et des métopes, qui ne diffèrent des triglyphés grecs qu'en ce que la plupart n'ont pas de demi-canaux et que leurs gouttes semblent avoir été angulaires. De même, les modillons étrusques ne sont point sur un plan incliné, mais sur un plan horizontal, i Le chapiteau, dit Vitruve, se compose d'un tailloir, d'une ove et d'un gorgerin avec astragale et filet. On donnait aux colonnes 7 diamètres de hauteur, et cette hauteur était égale au tiers de la largeur de l'édifice. » Selon M. Batissier, l'ordre toscan comportait une base composée souvent d'une plinthe, dlun tore et d'un tilet. Les plus anciennes colonnes devaient ressembler à celle qui fut découverte dans les ruines d'un temple de Jupiter sur le mont Albano.

Vignole, Serlio, Palladio et Scaroozzj ont cherché à restituer dans son ensemble l'ordre toscan, et les résultats de leurs études offrent entre eux des différences qui s'expliquent par l'absence de données précises. Vignole lui assigne l'es proportions suivantes : entablement, 3 modules 6 minutes ou 3 modules 1/2, dont 1 module 4 minutes pour la corniche, 1 module S minutes pour la frise et 1 module pour l'architrave; colonnes, M modules, dont 12 pour le fût, 1 pour la base et 1 pour le chapiteau; piédestal, 4 modules 8 minutes, dont 3 modules 8 minutes pour le dé, 6 minutes pour la base et 6 pour la corniche ; diminution de la base au sommet, 6 minutes; entre-colonnement, 4 modules 8minutes. Ce nui caractérise surtout l'ordre toscan, c'est l'absence de tout ornement. La base placée sous les colonnes, les fûts non cannelés, les chapiteaux avec astragale et lil.et sans gorgerin, les gouttes prismatiques, la direction horizontale des modillons, les denticules dans le larmier et la forte saillie de la corniche sont les autres caractères distinctifs de cet ordre.

Les architectes modernes ont quelquefois fait usage de l'ordre toscan, mais avec des modifications; ils y ont ajouté différentes sortes de bossages, des vermiculations, des congélations, etc., tous ornements qui ont pour but d'en atténuer la lourdeur et la nudité, mais dont le seul résultat est d'en altérer la simplicité imposante, de détruire la proportion des colonnes. On donne à ce toscan défiguré le nom de toscan rustique. Le palais Pitti, à Florence, dont le palais du Luxembourg, à Paris, est une copie presque exacte, est un des meilleurs spécimens de toscan rustique.

TOSCAN (Georges), écrivain français, né à Grenoble en 1756, mort à Parts en 1828". Il

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devînt un des conservateurs du Jardin du roi et bibliothécaire du Muséum d'histoire naturelle. Outre des articles dans la Décade philosophique, on lui doit : Histoire du lion du Muséum national et de son chien (1795, in-8°); Mémoire sur l'utilité de l'établissement d'une bibliothèque au Jardin des plantes (in-8°) ; l'An»' de la nature du Choix d'observations (1800, in-s°). On lui attribue la musique de Nephté (1790, in-8°).

TOSCAN (Clotilde), actrice française, née à Toulouse vers 1833. Après avoir joué bien jeune en province, elle vint à Paris, où elle débuta, le 20 octobre 1854, k l'Odéon, dans l'emploi des reines et des soubrettes. Elle interpréta, non sans succès, Agrippine de Britannicus, Frosine de l'Avare et. Dorine du T/tr-' tufe. Elle créa ensuite avec beaucoup de feu et d'énergie l'amante délaissée de Jason dans la Médée d'Hippolyte Lucas (1855), puis la maréchale d'Ancre dans la Florentine de Charles-Edmond (28 novembre 1855). « Mademoiselle Toscan , dit Théophile Gautier, ne ressemble guère à la célèbre Eléonore Gaiigaï. Un chercherait vainement la Florentine, petite, maigre et brune que nous peint 1 histoire dans cette belle femme aux abondants cheveux blonds, aux formes opulentes, taillée en reine tragique et faite pour représenter les Clytemnestre ou les Marguerite de Bourgogne. Cela ne l'empêche pas d'avoir de belles et véhémentes inspirations aux moments pathétiques. • Elle fut encore bien accueillie sous les traits d'une grande dame dans Michel Cervantes, de Théodore Muret, et sous ceux de madame Darthès dans le Médecin de l'âme, de Léon Guillard et Maurice Desvignes (septembre 1858). Elle ne renouvela point son engagement à l'Odéon et partit pour l'étranger. Elle a joué depuis avec le plus.vif succès, au Théâtre-Français de'Rouen, au Gymnase de Marseille et aux Variétés de Toulouse, un grand nombre de rôles, notamment Mme Bernard de Par droit de conquête, Mme Désaubier de la Joie fait peur, la baronne de Rosanges de Séraphine, Mme Barsanne du Chemin retrouvé, Octavie de Lions et renards, Hélène Morales des Pirates de la Savane, Léona de la Ctoserie des Genêts, Madeleine de la Poissarde, Sarah Waters de la Voleuse d'enfants, la Frochart des Deux orphelines, Miss Multon, Marie-Jeanne, Lucrèce Borgia, Marie Tudor, Jean te cocher, etc. A une représentation donnée au bénéfice des inondés (juillet 1875), elle a obtenu au théâtre que dirige M. Orner, un ancien acteur de l'Ambigu, les' plus chaleureux applaudissements en personnifiant la ville de Toulouse dans les Deux villes, de M. Henri de Bornier. On accorde généralement à Mlle Toscan un talent souple et vigoureux, une grande distinction et une entente parfaite-de la scène. Sous la cornette, elle ressemble, k s'y méprendre, k M"« Pauline Granger de la Comédie-Française.

TOSCANE (grand-duché de), anciennement Etruria,Tascia, ancien Etat souverain de l'Italie centrale, borné au N. par l'ancien duché de Modène, à l'O. par la mer Tyrrhénienne, au S. et k l'E. par les anciens Etats de l'Eglise : par 42» 20'-44» 14' de latit. N. et T> 56'-10« l' de longit. E. La superficie de la Toscane comprenait la Toscane proprement dite ou le Florentin, le Siennois, le Pfsan, les Présides, le duché de Lucques, la principauté de Piombino, l'Ile d'Elbe, les anciens fiefs impériaux de Vernio, de Montauro et de Monte-Santa- Maria ; 23,308 kilom. carrés et 200 kilom. de longueur sur 160 kilom. de largeur. Sa population s'élevait, en 1859, époque où elle fut annexée aux Etats sardes, k 1.806,940 hab. Capitale, Florence. Cette contrée, une des plus belles de l'Italie, a 200- kilom. de côtes, sur le développement desquelles se trouvent les golfes de Piombino, Grosseto, Orbetello, Porto-Ercole, la presqu'île de Monte-Argentario et les lies d'Elbe, de Pianosa, de Giglio, de Gorgona, de Montecristo, de Giannutri. Les côtes sont basses, marécageuses et généralement malsaines. La Toscane est traversée du N. à l'E. par l'Apennin, dont les ramifications peu élevées s'étendent dans plusieurs directions et sont sillonnées de vallées fertiles. Plusieurs cours d'eau arrosent le pays. Nous citerons particulièrement le Serchio, l'Arno, la Cecina, la Corina, l'Oinbrone, la Pecora, l'Albegna, la Fiora, le Tibre, le Ruo, etc. Le seul de ces cours d'eau qui soit navigable est l'Arno, qu'on peut remonter jusqu'à Florence; mais de nombreux canaux suppléent k cette insuffisance de voies navigables ou servent à l'irrigation du sol. Parmi ces canaux, nous menxionnerons ceux de Pise k Livourne, de Serchio k Pise, celui de la Chiana, qui a fertilisé toute une région marécageuse. La Toscane renferme, entre autres lacs, ceux de Chiusi, de Montepulciano, de Massaciuccoli, de Sestoou Bientina, de Porta, de l'Accessa, de Lago-*>olforeo, etc., et un nombre considérable d'étangs, notamment ceux d'Orbitello, Burano, Scarliuo, Custiglione, Piombino, Oaltane, Calavarno, etn. Le climat est doux et sain, excepté dans les plaines basses et marécageuses qui s'étendent le long de la côte, surtout de Piombino k Orbitello, et qui sont célèbres par leur insalubrité, sous le nom de Maremmes. Toutefois , des dessèchements intelligents, commencés en 1829 dans le lac Castiglione, ont rendu salubre et propre à la culture un assez grand espace. Le siroco et le libeccio

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soufflent périodiquement. Sur plusieurs points le sol est volcanique; c'est ainsi qu'on trouva des laves à Radicofani , des trachytes au mont Amiata, de la pouzzolane sur la rive gauche de la Fiora. Les montagnes sont formées de granit, degrés, de chaux, de plâtre, de tuf. Sur certains points on trouve en abondance du marbre, des serpentines, des schistes; dans le terrain tertiaire les fossiles abondent. Dans les montagnes on rencontre des cavernes et des grottes, d'où s'exhal«nt des vapeurs sulfureuses et méphitiques. Sur plusieurs points des côtes et a l'embouchure do l'Arno, on trouve un terrain d'alluvion. Les productions du règne minéral consistent en cuivre, plomb, mercure, marbre, albâtre. Le minerai de fer. abonde dans l'Ile d'Elbe, où il est l'objet d'une active exploitation. On trouve aussi en Toscane des eaux minérales. Le sol de ce pays, si l'on en excepte les montagnes arides et désertes, est varié et productif, et on y fait d'abondantes récoltes en blé, maïs, riz, etc. La Toscane contient environ 75,000 hectares de vignes, presque toutes plantées en allées. Les chemins sont bordés et les collines couvertes d'oliviers, dont les rameaux aux. pampres chargés de raisins forment des berceaux sous lesquels le voyageur se garantit de l'ardeur du soleil. Les vins rouges que l'on y récolte ont la prétention de ressembler k nos vins de Bordeaux, mais ils sont lourds et pâteux. Cependant, lorsqu'ils sont fabriqués avec soin, ils méritent de fixer l'aUention des gourmets, sans acquérir jamais les qualités des vins français. Les vins de Montepulciano sont particulièrement renommés. Parmi les fruits, nous citerons les raisins, les oranges, les figues, les olives, les châtaignes, les cerises. On cultive le mûrier pour l'éducation des vers à soie et on fabrique de l'huile d'olive. Certaines parties fournissent de bons pâturages ; le bois y est commun. La Toscane possède en abondance des chevaux, dos bestiaux de toute espèce, des bêtes k cornes, objet d'un grand commerce d'exportation, des buffles, des perdrix, des bécasses, des ortolans, etc. L'agriculture y est avancée, ainsi que l'industrie manufacturière. On y fabrique du papier, de la soie, de la porcelaine, de la faïence, des toiles de coton, de lin, de chanvre, des tapis, des chapeaux de paille renommés, des mosaïques très-estimées, des bonnets de hiino pour le Levant, etc. L'exploitation des mines y est négligée, faute de grands capitaux. Parmi les mines en exploitation, nous citerons celles de fer de l'Ile d'Elbe; celles de cuivre de Monte-Catini ; celles de mercure do Giano, Seravezza, Castel-Azzara ; celles de plomb argentifère du Beltino, Mentionnons aussi les mines de soufre de Peretta, d'antimoine d'Orbitello. Le gouvernement a le monopole de la fabrication du sel, qui est trèsabondant. On extrait des environs de Volterre d'énormes quantités de borax, et des carrières de Seravezza des marbres irès-estimés, qui rivalisent avec ceux de Carrare. A Volterre, à Florence, à Pise, à Montalciuo, on travaille l'albâtre blanc ou veiné. Le commerce est florissant, surtout celui de transit par Livourne et avec le Levant. Outre Livourne, Porto-Ferrajo et Piombino sont les principaux ports de la Toscane. Le commerce intérieur y est favorisé par les routes royales et provinciales, par des canaux et par plusieurs voies-ferrèes. L'exportation consiste en soie grége et travaillée, chapeaux de paille,

Ïiapier, combustibles, viandes fraîches et saées, huile d'ojive, fruits, fourrages, pâtes d'Italie, parfumerie, essences, vins, marbres, potasse, suif, chanvre, etc. Les principaux articles d'importation consistent en céréales, coton brut et manufacturé, denrées coloniales, spiritueux, draps, bijouterie, quincaillerie, librairie, etc.

Les habitants de la Toscane sont les plus policés et les plus affables de l'Italie, et, en général, ils se font remarquer par leur droiture et leur franchise. Les femmes y sont généralement fort belles. Le dialecte qu'on y parle est le plus pur de tous les dialectes italiens ; mais la prononciation est un peu gutturale. L'instruction publique y est très-répandue. Florence, Pise et Sienne possèdent des universités, des sociétés savantes; Florence notamment possède une Académie des sciences et des beaux- arts, un conservatoire des arts et métiers, l'Académie des Georgofili, qui a fait faire de grands progrès k 1 agriculture en Toscane, des musées, etc. L'ancien grand-duché a vu naître des hommes illustres dans tous les genres. Nous citerons particulièrement Dante, Pétrarque, Machiavel, Boccace, Savonarole, Galilée, Jean de Pise, Giotto, Orcagna, Fra Angelico, Ghirlandajo, Signorelii, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Daniel de Volterre, Andréa del Sarto, Dolce, etc. De tout temps les lettres, les sciences et les arts y ont été cultivés avec la plus grande ardeur. La religion catholique y domine presque exclusivement. Ou y trouve quatre urchevêchés, Florence, Pise, Sienne, Lucques, et dix-sept évôchés. Eil 1859, avant 1 annexion aux Etats sardes, la Toscane était divisée en sept départements: Florence, Arezzo, Grossetto, Lucques, Pisu, Pistoia, Sienne et deux gouvernements, l'Ile d'Elbe et Livourne. Depuis la constitution du royaume d'Italie, elle forme sept provinces : Florence, Arezzo, Grossetto, Livourne, Lucques , Pise et Sienne.

— Histoire. Dans l'antiquité, la Toscane

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formait la plus grande partie de l'Etrurie ou Tuscie (v. Etrurik, Etrusques). C'est de cette dénomination (Tuscie) que lui est venu son nom moderne. La confédération étrusque fut dissoute après la prise de Veies par les Romains, qui restèrent maîtres du pays jusqu'à l'époque de l'invasion des barbares. Au rve siècle, la Tuscie formait une province du diocèse d'Italie. Elle tomba d'abord au pouvoir des Goths, puis aux mains des Lombards, qui y établirent des ducs particuliers. Après la chute de Didier, elle passa sous la domination franque. Charlemagne soumit le pays à des comtes qui, sous Louis le Débonnaire, prirent le titre de marquis de Tuscie, et, tout en restant vassaux, de l'empire, devinrent héréditaires. En mourant, la comtesse Mathilde laissa la Tuscie aux guelfes, dont l'un la céda, en 1160, à Frédéric Ier de Hohenstatiffen ; mais les grandes villes, qui étaient parvenues à jouir d'une grande indépendance, s'érigèrent en républiques. Après Florence, Pise, Sienne, Lucques, etc., s'affranchirent du joug impérial et se constituèrent en Etats républicains indépendants. Entre toute?, Florence, Pise et Sienne prospérèrent au point d'absorber les seigneuries voisines. Nous n'avons point à raconter ici les querelles fameuses des guelfes et des gibelins, qui jetèrent la division' dans les moindres cités, et les rivalités qui s'établirent entre les petites républiques toscanes. • Florence profita de ces rivalités pour asservir Pise et accroître sa domination (v. Florence et Pise). Après diverses alternatives de tyrannie et de démocratie, il se constitua à Florence une oligarchie, d abord sous l'aristocratique famille des Albizzi (1382), puis sous la domination des Médicis, qui avaient acquis, dans le commerce et la banque, une fortune considérable (1421). Sous les Médi-' cis, presque toutes les villes de la Toscane finirent par être soumises à Florence , qui atteignit un haut degré de splendeur. En 1531, Alexandre I« de Médicis prit le titre de duc, et son fils.'Cosme Ier, ayant obtenu de Philippe II, roi d'Espagne, la cession des Etats de Sienne, prit, en 1569, le titre de grand-duc de Toscane (v. Médicis). Lorsque la famille des Médicis s'éteignit, en 1737, dans la personne du grand-duc Jean- Gaston, le duché de Toscane fut donné par le traité de Vienne au mari de Marie-Thérèse d'Autriche, le duc de Lorraine François, qui, en échange, céda son duché à la France. Lorsque François devint empereur en 1745, il donna la Toscane à son second fils, Léopold, qui, en montant à son tour sur le trône impérial (1790), le donna à son second (ils Ferdinand. En 1796, les armées de la République française envahirent la Toscane. Par suite du traité de Lunéville, la Toscane fut érigée, en 1801, en royaume d'Etrurie et donnée à Louis de Parme. Napoléon 1er l'annexa à l'empire français (l807)i 'a divisa en trois départements (Arno, Ombrone, Méditerranée), puis (1809) l'érigea en grandduché en faveur de sa sœur Elisa. Après la chute de l'Empire (1814), le grand-duc Ferdinand III, dépossédé en 1801, reprit possession de la Toscane, à laquelle une disposition du traité de Vienne ajouta l'Ile d'Elbe les Présides et Piombino. En outre, en 1847, le duché de Lucques fut annexé au grandduché. Lors des événements de 1848, le grand-duc Léopold II fut chassé de la Toscane, et on y établit un gouvernement constitutionnel ; mais, en 1849, le grand-duc, réintégré par une armée autrichienne, supprima la constitution, rétablit le pouvoir absolu (21 septembre) et gouverna jusqu'en 1855 avec l'appui des forces autrichiennes. En juin 1857, une insurrection tentée pour secouer le joug de ce prince avorta; mais, lors de la guerre quij éclata entre l'Italie et l'Autriche en 1859, une révolution nouvelle éclata (27 avril), Je grand-duc passa en Autriche et abdiqua, le 21 juillet suivant, en faveur de son fils Ferdinand IV. Mais les Toscans s'opposèrent à ce que ce prince montât sur le trône, et, à la suite d'un vote national, ils s'annexèrent aux Etats sardes (1860). A cette époque l'armée toscane s'élevait à 17,200 hommes, et le budget à 32,050,000 francs. Depuis 1S61, la Toscane l'ait partie du royaume d'Italie.

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