TOUE
à l'intérieur, une jolie salle dont le lambris offre une série de médaillons sculptés représentantdespersbnnagesdela deuxième moitié du xvi» siècle. La porte d'entrée de la cour - (xvne siècle) a un aspect monumental.
Du château de Bonneville-sur-Toucques, gui s'élève aux environs du bourg et qui joua un rôle si important durant les guerres du moyen âge, il reste encore une enceinte de murailles flanquée de plusieurs tours et une belle porte ogivale que M. de Caumont regarde comme appartenant à la tin du xne ou au commencement du xm« siècle.
Certains historiens ont prétendu que Guillaume réunit à Bunneville son conseil privé et que la descente en Angleterre y fut décidée. Un pavillon, adossé contre le mur du nord, a été récemment construit avec les pierres détachées des vieux remparts. Les fossés, assez bien conservés, sont dignes d'attention.
La forêt de Toucques, aujourd'hui morcelée en lois, appartenait avant la Révolution à la famille d'Orléans. Bien que singulièrement diminuée par des défrichements successifs, elle mesure encore 28 à 29 kilom. de tour et S k 10 kilom. dans sa plus grande largeur. L'exploitation de ses fuiaies est une des principales richesses du pays. La forêt de Toucques est une des plus riches en plantes rares. Quelques souvenirs historiques se rattachent à cette forêt : Louis IV d'Outremer y fut fait prisonnier par les Normands en 947. Henri V plus tard en fit don au dite de Clarem'e. Au lieu dit carrefour Saint-Philibert s'élève une statue encadrée de verdure, érigée par les bûcherons de ta forêt en l'honneur de Notre- Danie-des-Bois.
TOUCQUES, rivière de France. Elle prend sa source dans le département de l'Orne, au N.-E. du Merlerauh, dans l'arrondissement d'Argentan, coule au N., baiirne Gacé et Vimoutiers, enire dans le département du Calvados, di>nt elle traverse du S. au N. toute la partie orientale, en passant par Fervacques, I.isieux, Pont-l'Evêque, Toucques, et se jeite dans la Manche, au-dessous de Deauvitle, après un cours d'environ 100 kilom. Ses principaux affluents sont l'Orbec et la Galonné. La vallée de la Toucques est une des plus fertiles et des plus belles de toute ia Normandie. On y remarque de magnifiques prairies qui nourrissent de nombreux troupeaux de boeufs. Presque partout se dressent sur les bords de la rivière de pittoresques collines couvertes d'arbres fruitiers et couronnées par des clochers pointus ou des débris de châteaux forts. Les eaux de la Toucques alimentent de nombreuses fabriques de toiles, principalement aux environs de Lisieux, et nourrissent une grande variété de poissons.
Touequei (la vallée db la), tableau de Troyuti. Une prairie, à l'herbe haute et touffue, .>'étend sous un ciel pluvieux ; une petite colline ferme l'horizon. Lies vaches viennent boire ,à une petite rivière sur laquelle est jeté un pont dont les piles disjoint.-s sont à, demi rongées par la mousse. Deux chevaux galopent joyeusement à travers le pâturage. Voilà tout le sujet du tableau ; mais avec quelle vérité, avec quelle vigueur il est rendu I « Cette Vallée de la Toucques, si fraîche, si humide, si grasse, si luxuriante, serait bien moins belle sans- les bestiaux qui l'animent, a dit Th. Gautier. Quel excellent effet y produisent ces bètes superbes aux flancs moirés, aux fanons puissants, qui nagent à plein poitrail dans l'océan vert du pâturage! El cependant il suffirait du paysage pour faire encore une 'admirable toile I • (je tableau a fait partie de ia collection de la comtesse Le Hon et figuré à l'Exposition universelle de 1855.
La vallée de lu Toucques est l'un des sites de la Normandie que les paysagistes contemporains visitent le plus souvent. Parmi ceux qui y ont trouvé des sujets de tableau, nous citerons MM. llugard {Salon de 1866), César de Cock (Salon de 1866), René Menard (Salon de 1867), Alfred de Knytf (Sahm de 1874). TOUCY, ville et comm. de France (Yonne), ch.-l. de cant.,arrund. d Auxerre, dans la vallée de l'Oiianne ; pop. aggl., 1,750 hab. — pop. tôt., 2,857 hab. Fabriques de uraps, de parquets, etc.; filature de laine; mines d'ocrésources d'eau minérale ferrugineuse. Un château moderne occupe l'emplacement d'un château fort qu'un fils naturel de Hugues le Grand, duo des Fiançais, fit const. uire à Toucy vers l'an 98o. Un autre château fort, construit par les évéques d'Auxerre, est enclavé dans les murs de l'église, qui date en partie de 1520. Ce château se compose encore de deux tours rondes qui peuvent remonter au XIIe siècle. Le clocher est terminé par une haute flèche en ardoise. Patrie du poète P. Grognet, du cardinal Gillon et de Pierre Larousse.
TOUDÉNY, ville de l'empire du Maroc, dans le Sahara, à environ 850 kilom. S.-O. d'Agably. Tres-importatues mines de sel dont les produits s'exportent principalement dans le Soudan. Dattiers, figuiers, etc.
TOU UJAK, montagne de la Turquie d'Asie (Aunto.ie), à 40 kiluiu. E.-N.-E. de Dcgnizii, pur 37°57' ne latit. N. et 27» 18' de luugit. H. Le fort Kanossi, situé à sa base N.-u., occupe l'emplacement de l'ancienne Colosss.
TOUS s. f. (toû. — V. touer). Bateau plat
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qui sert de bac sur la Loire et quelques autres rivières : Je vis, au bas de la vallée, une barque nommée en Touraine une Toue, attachée à un frêne, et que l'eau balançait. (Balz.) Il Toue chènière, Toue en bois de chêne. Il Toue sapine, Toue en bois de sapin.
— Mar." Embarcation à fond plat dont on se sert pour les rapports entre le rivage et le navire à l'ancre. (1 Aller à la tuue, Touer.
TOUÉE s. f. (tou-é — rad. touer). Mar. Action de se touer ou de se faire touer : Sortir d'un port à la TOUÉE. Il Amarre de touage. Il Longueur de câble de 120 brasses. Il Ancre de touëe, Ancre sur laquelle 'on fixe une amarre pour se louer : On retira les vaisseaux, par le moyen des ancres de touéh, en trois jours, toujours sous le feu de l'ennemi. (D'Estrées.) [| Grande louée, Réunion de plusieurs câbles épissés bout à bout.
TOUER v. a. ou tr. (tou-é. — Ce mot se rattacherait très-bien au bas latin tocare, pris dans le sens de tirer, qui, selon Diez, est bien la signification primitive. Cependant la plupart des étymologistes le considèrent, avec Chevallet, comme une francisation de son équivalent anglais tow et le rattachent au substantif anglais tow, hollandais touw, allemand tau, Scandinave tog, tout/, etc., câble, cordage, et aussi éioupe, matière dont on fait le cordage, de l'anglo-saxon tov, étoupe).' Mar. Faire avancer par la traction opérée sur un câble 'attaché soit an navire même, soit à un point fixe situé dans la direction à donner au navire : Touer un navire.
Se touer v. pr. Touer le navire que l'on monte.
TOUEUR s. m. (tou-eur — rad. touer). Individu qui toue un navire.
— Adjectiv. Bateau toueur, Bateau qui sert à touer les navires.
TOUEUXs. m. (tou-eu— rad. touer). Mar.
Ancre de touée.
TOUEYK, chaine de montagnes de l'Arabie, dans la partie orientale du Nedjed. A sa base se trouve la ville de Derreyéh.
TOUFA, ville du Japon, dans l'Ile de Niphon, province de Mino, district de sou nom.
TOTJFAN s. m. (tou-fan). Sorte de bourrasque très- violente, niais très-circonscrite, sur les côtes de l'Arabie : Il crut d'uburd à un toufan, à une de ces tempêtes intérieures et circonscrites gui parfois agitent la vayue. (X. Saintine.)
TOUFFE s. f. (tou-fe — du vieux français tuffe , qui correspond au mot suisse zujfe, poignée. Le suisse zuffe n'est qu'une variété littérale du mot allemand zopf, toulfe de cheveux, lequel, comme l'ancien haut allemand zopli, n'est sans doute autre chose que la forme du bas allemand topp, vieux Scandinave toppr, anglo-saxon top, anglais toft, touffe, toupet, houppe, boule de cheveux, sommet d'un arbre, u'où le vieux français tope et le français moderne loupe, toupet. Un serait presque tenté cependant de rapprocher l'allemand zopf et l'ancien haut allemand zoph de l'allemand schopf, bouquet, crête, queue, ancien allemand seuft, seufi, gothique skuft, chevelure, qui appartiennent à la même famille que le polonais czub, touffe, crête, plumet, czupryna, touffe de cheveux, czubac, arracher, cueillir, lithuanien czopti, prendre, saisir, czupoti, toucher, czupikkas, touffe de cheveux, et que le latin scopa, brin, petite branche, scopse, scopula, balut, jrlaudais-erse scuab, syuub, kymrique ysgub. Le corrélatif sanscrit de tous ces termes semble Se trouver dans kshupa, ksltumpa, chupa, buisson, ce qui se rapproche beaucoup des acceptions de balai, touffe, plumet, bouquet. La racine chup, toucher, représentée par le lithuanien csupoli, prendre, cueillir, comme le lithuanien czopti et le polonais czubac, donnerait peut-être pour sens primitif qui est cuei.li, saisi, réuni). Assemblage d'un grand nombre d'objets de même nature , minces, légers, pressés les uns contre les autres et foriliant une sorte do bouquet : Une touffe de poils, de cheveux, de fleurs d'herbes, de plumes, de rubans.
La fraîche haleine de ce vin Exhale un parfum plus divin Qu'une touffe de violettes.
Th. de Banville.
— Arbres, arbustes ou autres végétaux très-serres et formant ensemble une sorte de bouquet : Une touffe d'arbres, de bioussaitles, de ronces, de rosiers. Je rencontrais de temps en temps des TOUFFES obscures, impénétrables aux rayons du soleil. (J.-J. Rouss.) Une fois dans le jardin, il se cacha dans des touffes de buis, non loin d'une porte par laquelle son père devait infailliblement sortir. (Ad. Paul.)
— Ensemble des branches et des feuilles d'une plante : On observe que tous les arbres affectent d'une manière naturelle d'avoir leurs touffes parallèles au terrain qu'elles ombragent. (Lav.)
— Econ. rur. Maladie des vers à soie qui est causée par une chaleur trop forte ou trop soudaine, et qui fait de grands ravages dans les magnaneries.
— Encycl. Agric. On désigne ordinairement sous le nom de touffe toute plante herbacée ou ligneuse qui porte beaucoup de tiges très-rapprochées. Quelquefois on réserve
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pour cette dernière catégorie le nom de buisson. Quoi qu'il en soit, il est beaucoup de végétaux qui ne font un bel effet que lorsqu'ils croissent en touffes. Pour obtenir ce résultat, on les recèpe ou bien on les pince. Les touffes peuvent être arrachées pour être replantées, soit en entier, soit après avoir été divisées en un nombre de fragments qui varie suivant la nature et la vigueur de la plante. C'est un moyen de multiplication fréquemment employé pour les plantes vivaces, et le plus souvent chaque petite touffe fleurit dès la première année.
TOUFFER .v. a. ou tr. (tou-fé — rad. touffe). Agric. Disposer en touffe, faire croître par touffes.
— v. n. ou intr. Prendre la forme d'une touffe.
TOUFFEUR s. f. (tou-feur. — Ce mot parait avoir la même origine que étouffer). Fam. Sorte de vapeur chaude qui monte au visage, lorsqu'on pénètre dans un lieu très-chaud • Oh! quelle TOUFFBUR insupportable. Lûtouffkur m'a saisi. Il Est peu usité aujourd'hui.
TOUFFU, UE adj. (tou-fu, û — rad. touffe). Epais, serré, formé d'un grand nombre d'objets très-iapprochés : Un bois touffu. Un rameau touffu. Des cheveux touffus. Une barbe touffue. Là on trouvait v» bois de ces arbres touffus qui portent des pommes d'or. (Fén.) Le lupin a pris en Sibérie du poil touffu et pelotonné comme le feutre. iBuff,)
— Garni de touffes : Des collines touffues.
— Fig. Qui contient de nombreux détails, qui est abondant à l'excès : Je touche ici à l un des légers inconvénients de ce système rf'education trop fournie et trop touffue. (Ste- Beuve.)
TOUFOA, Ile de l'Océanie. V. Amatafoa.
TOU-FOU, surnommé T.cu-mei, l'un des plus célèbres poètes de la Chine, né àSiangyang, dans la province de Hou-kouang, vers le commencement du vtite siècle, mort vers 788. Il a mérité d'être placé par ses compatriotes au nombre des tltal-tseu (écrivains de génie). Ses poésies, considérées comme des chefs-d'œuvre de sentiment et de style, ont fait dire de lui par un critique chinois : 1 II a la naïveté d'un enfant, mais il a de la franchise et de la candeur. > On a peu de renseignements sur sa vie ; on croit seulement qu'il eut le sort inévitable des hommes de talent (c'est un éditeur chinois qui parle) et qu'il vécut dans la misère comme les plus grands écrivains de l'antiquité. Vers 768, Tou-fou eut l'idée d'aller visiter les restes d'un édifice antique dont on attribuait la construction au célèbre "Yu. S'étant hasardé seul dans une barque, sur un fleuve débordé, il fut surpris par les grandes eaux et forcé de chercher une retraite dans un temple abandonné; il demeura dix jours entiers dans ce refuge, sans qu'il fût possible d'aller le secourir ou lui porter des provisions; à la fin, pourtant, le magistral du lieu fit faire un radeau qu'il monta lui-même et réussit à tirer Tou-fou de son asile; mais les soins de ce magistrat devinrent plus funestes au poëte que ne l'avait été l'abandon où on l'avait laissé languir; car son estomac, affaibli par une si longue abstinence, ne put supporter les aliments qui lui furent offerts. Tou-fou mangea beaucoup, but davantage et mourut d'indigestion pendant la nuit.
TOUG s. m. (toug). Sorte d'étendard formé d'une demi - pique à laquelle est fixée une queue de cheval , qui se porte devant les hauts fonctionnaires et les principaux personnages de l'empire turc. Il On dit aussi touc,
TOUGARD (Jérôme-François), administrateur français, né au Havre en 1781. Il suivit les cours de droit à Caen, où il prit le diplôme, de licencié. Admis au barreau en 1809, il devint l'année suivante juge d'instruction au Havre. Au début de la seconde Restauration, M. Tougard quitta la magistrature et alla se fixer à Rouen, où il exerça la profession d'avocat. 11 se lit remarquer surtout dans les procès en cour d'assises, se signala comme un adversaire ardent de la peine de mort eten demanda l'abolition dans une pétition qu'il adressa à la Chambre des députés au mois d'août 1830. Six ans plus tard, il fut un des principaux fondateurs de la Société centrale d'horticulture de la Seine-Inférieure, dont il devint le président. Appelé à siéger au conseil de préfecture de Rouen en IS45, il occupa,-apres la révolution de 1848, d'importantes fonctions administratives , mais se- vit presque aussitôt destitué et renonça alors aux fonctions publiques. Nous ignorons l'époque de sa mort. Indépendamment d'articles publiés dans les bulletins de la Société d'horticulture , dans l'horticulteur praticien, etc., on lui doit: Des vices et des abus de l'instruction criminelle en France et des moyens d'y remédier (1820, in-8°) ; le Guide des jurés (1827); Soirées littéraires ou Cours de littérature professé à Ilouen par AI. Ch. Durand, recueilli et annoté par M. Tougard (1828, 2 vol. in-12); Monogamie des fruits, etc.
TOUGHRA s. m. (tou-gra). Seing particulier Un sultan.
— Encycl. Cette signature, quand on y fait attention, représente assez bien, à travers l'entrelacement de chiffres et de lettres dont l'ont ornée les plus habiles calligraphes de la cour, une main étendue, las trois doigts
TOUG
du milieu réunis, le pouce et le petit doigt écartés. Au milieu de l'empreinte figure, accompagné de l'épithète Toujours vainqueur, le nom du sultan régnant et celui de son père. L'origine du toughra remonte à Mourad I" le Victorieux, celui qui institua la milice des janissaires et la fit bénir par le célèbre derviche Hadgé-Butash.
Mourad ne savait pas écrire. La petite république de Raguse , en Italie, lui ayant demandé sa protection, il la lui accorda, et trempant s.n main dans l'em-re , les trois doigts du milieu réunis, le pouce et le petit doigt écartés, il l'apposa, comme preuve authentique de son consentement, sur l'acte que les députés ragusains lui présentaient à signer. Cette espèce de signature barbare fut adoptée par les autres sultans, en mémoire de leur glorieux prédécesseur; et l'on y ajouta, de règne pn règne, tous ces enjolivements calligraphiques dont se piquent les ingénieux secrétaires de la chancellerie turque.
TOUGOURT(ÏVAfceri, Ticart, Te'chort, Tuggurt), ville d'Algérie, province et à 440 kilom. de Constantine, capitale de l'Oued-Rir, par 4" 2' rie longit. E. et 33« 23' de latit. N., à l'extrémité S. de la province de Constantine, entre le pays des Beni-Mzab à l'O. et l'Oued-Sonf à l'E. Marchés importants où se vendent des laines, des tissus, des dattes, des légumes, des.frnits, de la viande de mouton et de chèvre, du bois à brûler. L'industrie comprend quatre-vingts boutiques à peu près de cordonniers, deselliers, de forgerons, d'armuriers, d'orfèvres, de menuisiers, de tailleurs, de boulangers, de marchands de haïks, de tabac, d'huile et de denrées diverses venant de Constantinople ou de Tunis.
L'oasis don tTongourt est la capitale, l'Oued- Rir, est une vallée fertile, au milieu des sables, abondamment pourvue d'eau, coupée de jardins ou plutôt de vergers, habitée par une population nombreuse répartie en trente-cinq villages. Le pays n'est arrosé qu'artificiellement; il n'a ni ruisseau ni rivière; les sources mêmes y sont très-rares. 11 semblerait pourtant qu'une immense nappe d'eau, une mer souterraine , selon l'expression des indigènes, soit emprisonnée sous le sol à une profondeur variable de 50, 100, 200 et même 400 mètres.
Les habitants, que l'on désigne dans le désert sous le nom de Rouaras, creusent de véritables puits artésiens, dont la source inépuisable est commune aux habitants du village qui l'a créée et est distribuée dans les jardins par des conduits faits eu troncs de palmier. A l'est de l'Oued-Rir se trouvent des marais d'eau salée qui, desséchés en été, donnent une grande quantité de sel. La ville de Tougourt termine l'oasis du côté du sud. Elle contient cinq ou six cents maisons et a été construite en partie avec les ruinesd'une ville plus ancienne, située 2 kilomètres plus loin, dans laquelle on veut reconnaître le Turaphylnm de Ptolémée et le Téchort de Léon l'Africain.
De forme à peu près ronde, la ville actuelle de Tougourt mesure un peu plus dé* 400 mètres dans son plus grand diamètre. Bâtie sur un terrain incliné vers le sud -est, elle est entourée d'un fossé rempli d'eau, qui a 15 mètres de largeur. Les maisons qui avoi-inent le fossé forment une' enceinte continue à faquelle on accède par deux portes. La ville est divisée en plusieurs quartiers ou rues. Les maisons sont pour la plupart construites en briques séchées au soleil; celles des riches sont bâties en moellons de plâtre; elles sont généralement à un rez-de-chaussée: un petit nombre seulement ont un étage au-dessus. On compte à Tougourt vingt mosquées, dont deux pi incipales, la première dite Djuna • Kebira et la seconde connue sous le nom de Djama-Meskin. Elles sont surmontées de minarets en briques cuites et ornées de colonnes eu marbre Je Tunis. Trots puits anésiens fournissent de l'eau à la ville. Les environs, abondamment arrosés, presque marécageux, forment des jardins d'une fertilité remarquable. Mais cette humidité permanente et excessive qui fait la richesse du pays engendra, surtout dans la saison des chaleurs, des fièvres très -dangereuses pour les indigènes et mortelles pour les étrangers. Les habitants de Tougourt et les Rouaras en général sont plutôt jardiniers qu'ugriculteurs ; ils ne récoltent que fort peu de céréales, faute de terres labourables. Les vergers sont plantés de figuiers, de grenadiers, d'abricotiers, de pêchers et surtout de dattiers. La garance y estcuKivée en grand. Ou y trouve encore des melons, des citrouilles, des concombres, des oignons, de l'ail, des choux, des navets, du poivre rouge, du millet, du maïs, du coton, du hachich. Toutes ces productions se développent avec une rapidité surprenante à l'ombre de plus de 400,000 palmiers. Ces arbres sont par leurs fruits la principale source de la richesse des Rouaras. Ce qu'ils récoltent de dattes est incalculable. Ces fruits sont l'objet d'un commerce liés- étendu ; ils forment du reste la base do la nourriture des habitants.
Tougourt et Sa circonscription obéissent à un chef qui prend le titre de clieik et. que les Arabes appellent généralement le sultan. Il gouverne avec l'aide d'une djéma ou conseil. Le pouvoir est héréditaire et absolu. La famille actuellement régnante est celle des
toin
Ôuled - ben -Djellab (les enfants des troupeaux), dont l'origine se perd dans l'obscurité de la légende.
Le sultan demeure dans la Kasbah, espèce de château fort construit en pierres taillées et attenant aux murailles de la ville. Pour arriver jusqu'à la cour intérieure de ce palais, il faut franchir sept portes à chacune desquelles veillent (Jeux nè.ures armés. C'est la que le souverain enferme ses richesses, ses quai re femmes légitimes et ses cent concubines. Une troupe de cinquante cavaliers nègres qu'il tient à sa solde lui forme une garde d'honneur quand il sort, et au besoin une petits armée suffisante pour assurée son autorité. Tougourt.peut,en outre, lever sept à huit, cents fusils. Le sultan ne se montre que le vendredi, et s'il sort quelqUffois pour aller se promener dans les jardins, il est accompagné de sa garde nègre, qui marche le fusil chargé, et précédé de su musique, hautbois et tambours; deux esclaves tiennent ses étriers; un porteur de parasol le garantit des ardeurs du solfil. Ce souverain d'une oasis au milieu du Sahara ne le cède en rien, sous le rapport de la pompe et du luxe, à aucun des souverains orientaux; de plus il a, paraîtil, un droit seigneurial sur toutes les femmes de son empire. Ce fait, attesté pur nombre de voyageurs, est d'autant plus singulier qu'il est eu opposition aiiuint avec lés préceptes du Coran qu'avec les mœurs arabes.
Les habitants de Tuugourt sont de sang mêlé. Si l'on .s'en rapporte à la tradition du pays, les familles de cette ville étaient noires dans le principe. Soixante aujourd'hui sont absolument blanches; elles descendent, paraît-il, de juifs convertis k l'islamisme. La' famille régnante appartient aussi k la race blanche pure, ce qui donne raison à la légende d'après laquelle le chef des Ouledben-Djellah aurait été un Arabe. Dans l'intérieur de la ville les .nœiirs sont assez pures; niais, pendant l'hiver, les filles rie la tribu des Ouled-Naïl et de celle des Arazlias viennent camper aux environs sur un mamelon appelé Drâ-el-Queme! (mamelon des poux) et s'y prostituent argent compiant. Au commencement de ce siècle, le bey de Constantine, Saluh, guidé par Un membre mécontent de la famille des Ouled-ben- Djellab , s'empara de Tougourt. Il mit sur le trône le traître qui avait guidé sa marche et lui imposa Cm tribut annuel de 1 million. La prospérité du petit empire n'a pas été interrompue par cet événement, et Touirourt mérite toujours le titre de Heine du désert que lui décernent les Arabes. Cette prospérité ne tient pas seulement k la fertilité du sol, mais aussi à la position géographique du lieu. Tougourt est, en effet, je centre d'un commerce immense entre Tunis et l'Afrique centrale. Les marchés de cette ville sont en quelque sorte une foire perpétuelle. Aussi n'y trouve-t-on aucun mendiant, et les habitants de ceue riche oasis sont particulièrement honorés dans le désert.
TOUI s. m. (tou-i). Ornith. Nom donné à des oiseaux de ia famille des perroquets, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Amérique, et formant un groupe aujourd'hui abandonné : Le toui à gorge jaune est de la grosseur d'un moineau franc. (V. de Bomare.)
— Encycl. On a désigné sous ce nom collectif toutes les perruches à queue courte, originatresdu nouveau monde, et dontla taille ne dépasse pas en général celle du moineau. D'après Butfon, tous les fouis sont originaires des contrées méridionales de l'Amérique, notamment du Brésil, et ceux qui se trouvent aujourd'hui si abondamment dans les contrées chaude* de l'ancien continent y ont été transportés. Toutefois, ces derniers, bien que très-Voisins de ceux d'Amérique, n'appartiennent pas précisément k la même espèce. Le ioui à qorge jaune est de la taille d'un moineau franc; son plumage est presque entièrement vert, avec du jaune au-dessus du cou et une tache orangée sous la gorge. Le toui à tête d'or a le plumage d'un v«rt gui en dessus, vert jaunâtre en dessous, avec la partie antérieure de la têto d'un beau jaune.
TOOI-ÉTÉ s. m. (toui-é-té). Ornith. Nom vulgaire de la petite perruche à cul bleu.
TOUÏ-GOL, rivière de Chine. V. Tchouï.
TOUILA, divinité des Kamtchadales, qui prèsme aux orages, aux tremblements de terre et aux éruptions volcaniques. Elle parcourt la terre sur un traîneau tiré par un chien magique, qui secoue de son corps le verglas ei la neige et produit par là de formidables tremblements de terre.
TOVILLAGEs.m. (tou-lla-je; //mil. — rad.
touiller). Techn. Action' de touiller la soude.
TOUILLE s. m. (tou-lle; U mil.). Ichthyol. Nom vulgaire du requin.
TOUILLE -BŒUF s. m. { tou-lle -beuf ).
Ichihyul. Espèce de squale, appelé aussi nez,
TOUILLER v. a. ou tr. (tou-llé ; // mil. — Ménage croit que ce mot est formé d'un type mixlutare, mélanger, en retranchant la première syllabe. Scnelèr le fait venir d'un type tocuture, dénve lui-même de tûcure, loucher). Pop. Mêler, agiter, remuer, en parlant d'une liqueur.
— Techn. Touiller la soude, La dissoudre et décanter la liqueur. u Touilter la poudre, Détacher les parties adhérentes aux mortiers.
TOUJ
TOUILLOIR s. m. (tou-lloir; Il mil. — rad. touiller). Techn. Spatule dont on se sert pour touiller la poudre.
TOU11XON, village de France (Doubs), cant. et arrond. de Pontarlier; 170 hab. Aux environs de Touillon se trouve une curieuse fontaine intermittente nommée la Fontaine- Ronde. « Cette fontaine, dit M. Joanne, dont le flux et le reflux durent ô à 7 minutes, sourd k l'extrémité d'un pré marécageux, au pied d'une colline de nature calcaire, entre deux autres sources qui n'ont rien de particulier, sinon leur lit formé de sable trè^lin et parsemé de cailloux ferrugineux. Les savants ont expliqué l'intermittence de la Fontaine-Ronde par un courant de gaz carbonique, se dirigeant, à des intervalles k peu près égaux, vers les conduits souterrains de la fontaine; les habitants du pays l'expliquent'par une légende qui est assez singulière. Selon eux , l'intermittence de la fontaine est due à la jjiment invisible d'un châ- I telain de Joux, laquelle cent fois par jour accourt à la fontaine et l'épuisé chaque fois pour apaiser sa soif infernale. »
TOUIT s. m. (toui). Ornith. Genre d'oiseaux, de la famille des tanagridées.
TOUITE s. f. (toui-te). Ornith. Espèce de pinson, qui vit au Mexique.
TOUJ OU, groupe d'Iles de l'archipel de la
Sonde. V. Sispt-Ilss.
TOUJOURS adv. (tou-jour — de tout, et de jour). Sans interruption, sans fia, sans cesse, continuellement : Qui est ce qui voudrait toujours vivre? (J.-J. Rouss.j Toujours il y aura des maux sur ta terre, et ces muux doivent être soulagés toUjouks. (Lanienn.) Toujours du bonheur n'est plus du bonheur, mais toujours de ta peine est encore de la peine. (A. d'Houdetol.) Les femmes veulent être toujours jeunes, toujours belles. (Prou.lh.) Toujours s'jwiuser , cela n'est p«.v TOUJOURS amusant. (Mme |ï, deGir.) Le toujours des amants est comme le jamais des ivrognes : c'est un mensonge perpétuel que les uns et les autres commettent de b'>nue foi; c'est un billet signé par l'enthousiasme et tôt ou tard protesté par l'oubli. (H. M irger.) . . 11 est avéré que,'- lorsqu'on dit qu'on aime, On dit, en même temps, qu'on aimera toujours. A. de Musset.
— Dans tous les cas. en toute circonstance : Les actions sont toujours plus sincères que les paroles, (Scudery.) L'esprit est toujours la dupe du cœur. (La Koclief.) L'ujuorance est toujours suiaie de l'obslinatlun. (Konten.) Le désordre des malheureux est toujours le crime des riches. (Vauvenargues.) Les femmes sont toujours plus constantes en haine, qu'en amour, (tioldoni.) Il ne faut pas TOU-' jours dire ce que l'on pense, mais il faut toujours penser ce que l'un dit. (M«>e de Lambert.) Les despotes savent que te fer tes tue quelquefois et que la vérité tes tue TOU- JOURS. {A. Martin. j Les bonnes âmes sont toujours les plus faciles à tromper. (Custine.) H ne faut pas dire toutes tes vérités, mais il faut toujours dire la vérité.
Quelque crime toujours précède les grands crimes.
Racine.
Le plus faible est toujours celui que l'on accable.
Etienne.
Ma pensée au grand jour partout s'offre et s'expose, Et mon vers, bien ou mal, dit toujvurs quelque chose,
liOll.EAl).
Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures.
Molièiiu.
Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible.
BOILEAC.
— Encore à présent : Vous portez-vous .toujours bien? Jl a toujours sa fièvre. Je
sentais que je t'aimais toujours. (Chateaub.)
— Dans un temps qui viendra certainement ; Vous serez toujours payé. Cueillons encore celte fleur en pansant ;Jl sera toujours temps de mourir, (Bnll.-Sav.)
— Au moins, en tout eus : Toujours est -il qu'il se trouve pris. Et toujours soyez prudent. J'aurai toujours mon argent ; le reste pourra venir. Ce n'est pas vous, toujours, qui me le prouverez.
— Néanmoins, nonobstant : Allez toujours votre train et luissez dire. Payes toujours, et nous verrous après. Prenez, prenez toujours ceci; le reste viendra plus tard.
— Pour toujours, A toujours, Sans ehan-' gement possible, d'une façon définitive et irrévocable :
Nos plus beaux jours
S'envolent les premiers, s'envolent pour toujours.
Deluxe.
L'amour est bien l'oiseau de la verte jeunesse ! Le cœur l'entend chanter seulement aux beaux jours. Quand il se tait et part, hélas 1 c'est pour toujours.