E. A.UU1ER
'Il Se dire adieu pour toujours, Se quitter sans espoir de se revoir.
— Toujours plus, Toujours moins, De plus en pins, De moins en moins, En croissant ou diminuant par un progrès continu : L'accroissement du pouvoir excite la soif d'un pouvoir toujours plus étendu. (C. Doltfus.)
— Prov. Toujours va qui danse, On danse toujours assez bien ; on s amuse tout de même en dansant, de quelque façon que l'on danse.
U Toujours pêche qui en prend un, littérale-
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ment, C'est toujours prendre quelque chose à la pêche que de prendre un poisson, 11 faut prendre ce qu'on peut avoir, si l'on ne peut avoir tout.
— Hort. Toujours belle, Variété de tulipe dont les pétales conservent leur éclat jusqu'à leur chute.
— Graram. Quand toujours, placé au coram»ncement d'une proposition, présente à peu près le sens de au moins, nonobstant cela, si le sujet est on -ou un pronom personnel, on le met après le verbe, et, si c'est un autre mot, on le répète au moyen d'un pronom personnel placé après le verbe : Toujours est-il qu'il n'a su rien répondre; Toujours faut-il qu'on ait le temps dp réfléchir; Toujours la faute serait-elle moins grave.
— Syn» Toujours, asaltlfrmen.1, constamment, etc. V. assidûment.
TOUKAN-BESS1, groupe de petites îles rocheuses dans la mer des Moluques, au S.-E. de l'île de Bouton. Il se compose de plusieurs petites lies reliées entre elles par des récifs.
TOUKUTl-SOLIMAN, montagne de l'Afghanistan, entre les bassins de l'Helmend et du Sind, au S.-E. de Candahar.
TOUKKATOB, chaîne de montagnes de l'Afghanistan, au S.-E. des montagnes de Khodjah Ainrân.
TOUKOCM, ville de la Russie d'Europe, gouvernement de Courlande, chef-lieu de district, à 70 kile-m. O. de Riga, à quelque distance de la côte méridionale du golfe de Livonie. Ruines d'un château fort.
TOUL s. m. (toui). Lieu de l'arène où l'on place un taureau avant le combat.
TOOL, ville de France (Meurthe-et-Moselle), ch.-l. d'arrond. et de 2 cant., à 320 kilom. de Paris par lé chemin de fer de Paris à Strasbourg, sur la Moselle, aunrès des côtes de Saint-Michel et de Barine ; pop. aggl. , 6,454 hab. — pop. tôt., 6,930 hab. Place de guerre de 2» classe; tribunal de ire instance; collège, synagogue, bibliothèque , société d'agriculture , etc. L'amnid, comprend :5 cant., 119 comm, et 58,368 hab. L'industrie consiste en broderie, taillanderie, vinaigrerie, brasserie et faïencerie.
Le plus remarquable des édifices de Toui est l'église Saint-Etienne, monument historique, jadis cathédrale, aujourd'hui simple église paroissiale. Commencée vers 9*0 par l'évêque saint Girard, elle fut Consacrée une première fois en 981 ; en 1U9, le pape Eugène III en Al de nouveau la consécration solennelle. « De l'église du xue siècle, dit M. Joanne, il ne resie rien ; le chœur et les transsepts de l'édifice' actuel datent du xuie siècle et sont du plus beau style. La nef elles bas-côtés sont du commencement du xiv« siècle, à l'exception des deux premières travées près du portail principal. (Jes deux travées, le portail et les tours (75 met. de hauteur) ont éié construits dans la première moi Lié du xve siècle. ■ Ce portail passe pour un chef-d'œuvre. « Ses d«ux tours, si élégamment découpées, dit M. Henri Lepage, sa jolie tourelle de l'horloge, se* légères aiguilles, sa rosace resplmidissante, ses trois portes creusées en ogive, la profusion de ses broderies et toute la richesse du style gothique qu'il étale avec un goût exquis excitent l'admiration. • En 1793, les statues dont il était orné ont été enlevées. Les bas-côtés sont terminés extérieurement par quatre tourelles. A l'intérieur de l'église, la nef est haute de 36 mètres et longue de 88 mètres, sur une largeur de 13 mètres entra les piliers. La largeur totale du vaisseau est de 27 mètres,. y compris les collatéraux. Le transsept mesure 48 mètres de longueur, entre ses deux extrémités. Les ouvertures sont en ogive à divisions paires, surmontées de rosaces à quatre feuilles. Les chapiteaux des dix-huit colonnes de la nef sontJt double et à triple rang de feuilles de chou, de vigne et d'acanihe. Chacune de ces colonnes est cantonnée de quatre coionnettes. Le soubassement du chœur a reçu, de 1625 à 1725, un revêtement de marbre noir et blanc, derrière lequel subsiste mutilée l'arcature du xme siècle.
La cathédrale a subi plusieurs dégradations intérieures. Elle a été dépouillée notamment d'un remarquable jubé et d'un monument consacré à Jeanne Dure. Parmi ses trésors du passé, il faut mentionner : plusieurs reliquaires, un missel de Toui du xivo siècle avec eniuninures , une sorte de siège de pierre sculptée, dit chaire de saint Gervais, qui, d'après M. Grille de Beuzelin, appartient au xue siècle, quelques pierres tombales du xiv" siècle et des vitraux du xv» et du xvr» siècle assez remarquables. Depuis 1840, ie gouvernement n'a cessé de poursuivie la restauration de cet édifice ; les travaux, confiés à M. BœswUwald, ont été dirigés avec intelligence. Les plus considérables ce ces travaux ont été : eu 1849, la reconstruction du transsept sud- et le remplacement de l'ancien maître-autel par un nouveau en marbre blanc et bleu, décoré de colonnes d'un grand prix. Les chapelles Jes plus remarquables de Saint-Etienne sont : la chapelle du Sacré-Cœur, fondée par Stanislas, Marie Leczinska, sa tille, le grand dauphin, et les chapelles de Saint-Etienne et des Evoques, Sur un côté du cloître, où l'on reconnaît tous les caractères du xiire et du xive sié-
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cle (arca.des ogivales reposant sur quatre colonnes groupées deux k deux), s'élève une chapelle nommée Saint-Jean-du-Clo1tre et reconstruite depuis quelques années; elle ( renferme un charmant morceau de sculpture trouvé en 1839 à Pont-à-Mousson, où il formait le rétable de l'église des Carmélites, et représentant \'Adoratinn des bergers.
L'église Saint - Gengoiilt appartient au xine siècle, moins la façade principale qui est du xve siècle. C'est lia des plus benux échantillons du stvle ogival. L'intérieur est remarquable par 1 harmonie de ses proportions. Des massifs de coloniieties aux rhapitewux déliés s'élèvent légèrement vers la voûte. Les piliers sont octogones avec une colonnette sur chaque face. Le transsept est plus large que la nef; ses bras s'enfoncent d'une travée; les bas-côtés, plus élevés proportionnellement à la nef que dans la cathédrale, sont terminés par de petites absides. Le portail, très simple, est flanqué de deux tours de siyle tertiaire, dont une seule est élevée au-dessus du toit de deux étapes octogones, avec des contre-forts ornés de pinacles à crochets et des ouvertures plein cintre modernes k découpures tréflèes. Sain t-Gengoult possède plusieurs pierres tombales enrichies de sculptures remarquables : nous signalerons surtout cella qui se trouve dans le transsept nord et qui représente trois figures dans I attitude de la prière, renfermées sous une triple ogive, surmontée de pyramides sculptées entre lesquelles sont des armoiries. Il faut enfin mentionner le clotlre, un des plus curieux monuments du genre et qui appartient h la première moitié du xvie siècle, dernière époque du. style ogival.
Parmi les autres -édifices de Toui, il faut encore citer : l'hôtel de ville, installé dans l'ancien parloir épiscopal, élégante construction du xviiie siècle; le collège, les halles, les casernes et quelques ruines intéressantes méritent encore l'attention de l'archéologue; ce sont : rue de Foy, l'ancienne porte d'entrée, décorée d'un trophée d'armes, et le donjon carré d'une maison appelée le Gouvernement; plus loin, les soubassements de deux tours, restes d'une construction moyen âge. Les seules traces de monuments romains sont, au nord-est de la ville, celles d'un fort construit sur une coiiiue, dite le mont Saint- Michel. Un prieuré , qui remplaça ce fort au moyen âge, a également disparu aujourd'hui et Ta situation de ses bâtiments n'est guère indiquée que par quelques débris découverts en 1838 à la suite de fouilles, et consistant en un dessus de porte orné de basreliefs de l'époque ogivale, en fûts de colonnes et en fragments d'ogives.
Toui possède une synagogue, une bibliothèque (où se trouve, entre uutres richesses, un missel manuscrit du xue siècle). Cette ville possède également une société d'agriculture.
Toui, l'une des plus anciennes villes de France, était j:idis la capitale des Leuci et avait une. grande importance. Lrs Romains lui donnèrent le nom de Tullum. Pendant les premiers temps de la monarchie franque, le diocèse d« Tnul fut compris dans le royaume d'Austrasie. Tliéodoric II, roi des Burgundes, remporta, non loin de cette ville, une victoire signalétî contre le roi d'Austrasie Sigebert, sou frère. En 843, par suite du traité de Verdun, Toui fit partie des Etats de l'empereur Lothaire. Les rois des deux premières races eurent des palais aux environs de Toui. Toui fut de bonne heure administré par des comtes; après l'abandon du parti de Charles le Simple, provoqué par Henri l'Oiseleur, celui-ci conféra ce titre à, l'évêuiie; mais ce dernier l'ayant k son tour accordé à un certain Wido, son lieutenant, Wiilo ne tarda pas à s'emparer du pouvoir et de l'autorité, pour lui et pour ses héritiers, si bien que, plus tard, les évêques tirent de vains effurts pour se débarrasser d'un pouvoir que la politique des empereurs était d'ailleurs intéressée à soutenir. Un des comtes de Toui, Renaud (1079), fut un des plus illustres compagnons de Godefroy de Bouillon eu Palestine. A la fin du xue siècle, le comté de Ti>ul passa par alliance dans la maison de Lorraine; mais, en 1261, l'évêque le racheta et il rentra ainsi dans le domaine de l'èvèché. L'autorité religieuse fut cependant impuissante à empêcher Toui de se constituer en commune. Toutefois, la commune de Toui était loin d'être indépendante de l'autorité épiscopale, car l'évêque avait droit de statuer en dernier ressort sur les jugements ou ordonnances qu'elle rendait. Quant aux faits historiques dontToul fut le théâtre, il faut citer l'invasion des bandes hongroises qui saccagèrent la ville, au point qu'Othon 1er dut la rétablir aux dépens du trésor royal; l'élection au siéjje épiscopal de Toui d'un jeune diucre nommé Bruuou, qui fut plus tard élevé à la chaire pontificale sous le nom de Léon IX (1049); les tentatives d'occupation d'Eudes, comte de Chainpague, qui aboutirent à une bataille dans les plaines du Toulois, où le comte de Champagne perdit la vie. Une partie du xib et du xn« siècle n'est guère remplie que des épisodes de la lutte continuelle entre les bourgeois et l'autorité ecclésiastique. Vers 1170, Mathieu de Lorraine de vint comte de Toui par sou union avec Béatrix, héritière du comte. En 1224, Henri, comte de Bar, forma alliance avec le chapitre, qui lui confia la garde du château de Void. Cinq ans plus tard, l'enceinte de Toui
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fut de beaucoup étendue. Cependant la commune poursuivait son œuvru d'affranchissement, tniiiôt vaincue, tantôt triomphante, mais toujours encouragée seerèteinent par les comtes, rivaux- do l'évêque. La cession du comté à ce dernier en 1261 ruina un instant les espérances des bourgeois. Mais une circonstance fortuite, la longue vacance du sié^e épmcopal après la monde Gilles de Sorey {1271), vint les ranimer. Sous le nouvel évéque, l'allemand Conrad Porbus, les bourgeois se soulevèrent , déclarèrent la guerre à l'èvèqne et appelèrent à leur secours les cités libres de Metz et de Verdun. Les chanoines s'enfuirent et Conrad Porbus se retrancha dans son palais en attendant des renforts. Ces renforts arrivèrent; mais, de leur côté, Meiz et Verdun avaient entendu l'appel de la bourgeoisie touloise et, après plusieurs engagements meurtriers, l'èvèqne dut fuira son tour et se réfugiera Liverdun. Ce fut nlors que les bourgeois, pour se moquer du prélat vaincu, construisirent une tour fort élevée qui dominait le palais épiscopal et à laquelle ils donnèrent le nom de Gloricke ou Qniguengrogne. Alors fut constituée définitivement la commune de Toul.
Elle devait cependant avoir encore à lutter plus d'une fois pour le maintien de son indépendance; en 1325, l'évêque Amédée, s'étant assuré le concours de la noblesse du duché de Lorraine et des comtés de Bar et deSalm par des traités nouveaux, entra en lutte armée avec la bourgeoisie. Mais celle-ci, grâce aux secours envoyés de Meiz, tailla en pièces les troupes de l'evêque, qui dut demander la paix. Sous i'épiscopat de Thomas de Bourlemont, l'éternelle querelle se réveilla : elle aboutit encore au triomphe de la bourgeoisie, qui maintint inébranlables ses privilèges. En 1359, la peste fit de si affreux ravages dans le diocèse que, d'après les chroniques, le quart de la population périt: Affaiblie par le fléau, la bourgeoisie, en dépit de la protection du roi de France et malgré une longue et courageuse résistance, ne put repousser une agression du nouveau duc de Lorraine, Charles 1er, devenu l'ennemi de la cité. Les bourgeois durent accepter les conditions du vainqueur et s'engager a lui payer, ainsi qu'à ses héritiers, une renie ne 1,000 livres qui ne s'éteignit qu'en 1645, sur l'ordre exprès du roi de France. L'année 1426 fut signalée par une nouvelle attaque, dirigée cette fois par le damoiseau de Comniercy, Robert. Mais les bourgeois avaient eu le temps de s'organiser sérieusement. Le damoiseau, s'étant imprudemment avancé jusque sous les murs de la place, fut fait prisonnier et ne recouvra la liberté que moyennant une rançon énorme. Le damoiseau de Commercy échoua dans deux autres tentatives contre Toul et périt dans la dernière (1432). En 1447, Charles Vil demanda aux habitants de Toul une somme de 20,000 livres k payer lout de suite, plus une rente annuelle de 2,000 livres, et, sur le refus des bourgeois, il envoya le sénéchal Pierre de Brézé commencer le siège. Arrivé sons les remparts, le sénéchal commença par brûler les faubourgs; les bourgeois, effrayés, entrèrent en composition et payèrent la somme, sur laquelle ils obtinrent néanmoins une importante réduction. En 1475, au cours de la guerre qui éclata entre le duc de Lorraine, René II, et Charles le Téméraire, duo de Bourgogne, Toul se renferma dans une stricte neutralité ; la ville, il est vrai, consentit à ouvrir ses portes au redoutable rival de Louis XI, mais à lui seul, tandis que l'armée bourguignonne était hébergée dans les faubourgs aux fiais du duc. Eu 1493, l'empereur Maximilieu se rendit k Toul. Peu de temps après, la pension, que les bourgeois payaient au duc de Lorraine devint le sujet d une guerre qui tourna au désavantage de la cité. Néanmoins, René II sut agir à T'égard des vaincus avec un désintéressement généreux, et leur ville devint, à proprement parler, une ville lorraine. Il faut mentionner ici par ordre chronologique les nouvelles pestes qui désolèrent Toul en 1522, 1524, 1528 et 1529. Pendant la guerre de 1543, entre François Ier et Charles-Quint, la ville, fatiguée d'être rançonnée par les bandes des deux partis, organisa la défense et mit ses murailles en étal, de résister à un coup de main que l'on croyait avoir à craindre de la part des Français. Toul, en effet, jusqu'à cette époque, n'avùl cessé de relever de l'empire. Un jour. vint où la cite fidèle commença à murmurer des subsides que l'empereur exigeait d'elle. Henri Il jugea le moment venu de profiter de l'occasion : le duc de Guise se rendit à Toul en 1543 et arrêta avec les bourgeois les bases d'une révolution prochaine ; les chanoines entrèrent dans le complot. Truis ans après, les troupes françaises envahissaient le territoire et, le 12 avril 1552, Henri II en personne pénétrait dans la place k la tète de près de 8,000 hommes. La ville passa aiusi sous la domination française, mais n'en continua pas moins à reconnaître pour souverain de droit le chef du Saint-Empire. L'empereur toucha comme par le passé des contributions en hommes et en argent pendant les reines de François II, deCharles IX, de Henri 111 .et de Henri lV,jusqu'en 1611- Cependant, Charles-Quint n accepta pasauisi le fait accompli ; il vininiettre le siège devuntToul, mais son armée y subit un échec aualogue à celui de Metz. En 1561, le calvinisme fit à Toul des" progrès rapides.
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Quand la Ligue se fut constituée, le duc de Lorraine essaya d'y entraîner la ville et de la soulever contre la garnison française ; mais les chanoines seuls accueillirent ses instances, la bourgeoisie demeura fidèle au rot. Toul refusa d'ouvrir ses portes aux ligueurs, qui vinrent l'assiéger en 1589 et finirent par s'en emparer. La ville se soumit enfin a HenrilV après son abjuration. A partir de cette époque jusqu'au traité de Munster (1648), qui réunit définitivement Toul à la France, l'histoire de cet éyêché célèbre ne présente aucun épisode saillant. En 1700, les anciens remparts furent remplacés par de nouvelles fortifications élevées sur les plans de Vauban. Il serait superflu d'insister sur "l'enthousiasme avec lequel la Révolution fut accueillie à Toul ; le glorieux passé de sa commune en est garant. Supprimé en 1790 par la constitution civile du clergé, l'évèché de Tonl est aujourd'hui réuni nominalement et de fait à celui de Nancy. Lors de la guerre entre la France et la Prusse, Toul fut attaqué par les Allemands le 16 août 1870, et il capitula à la suite d'un bombardement le 23 septembre suivant (v. plus loin TOUL [siège de]). Il a subi l'occupation prussienne jusqu'au 31 juillet 1873.
Trois conciles ont été tenus à Tonl. Le premier, qui eut lieu en 550, fut présidé par saint Nicet de Trêves. Le second, tenu en juin 859 a Savonnières, près dé Toul, réunit des évéques de douze provinces des royaumes de Charles le Chauve, de Lothaire et de Charles le Jeune. Ces trois princes y assistèrent. On y régla diverses matières disciplinaires. Dans le troisième concile, convoqué en 860 par Charles et par Lothaire, à Tousi ou Tusey, près de Toul, on fit cinq canons de discipline contre l'usurpation des biens de l'Eglise, contre les parjures et contre les mariages illicites.
— Càtébrilés. Toul a vu naître saint Loup, le littérateur Dusaulchoy, le maréchal Gouvion Saint-Cyr, le baron Louis, ministre des finances sous la Restauration, et l'amiral de Rigny.
Tonl (siège et capitulation de), un des épisodes de ta guerre franco-allemande de 1870-1871. Toul fut une de nos premières places assiégées dans le cours de cette guerre si désasi reu.se pour la France, et l'une de celles qui, vu ses moyens de résistance, se défendirent le plus sérieusement. Dés le milieu du mois d'août, cette ville vit arriver devant ses murs les troupes ennemies, commandées par le grand-duc de Mecklembourg; aux forces écrasantes qui allaient l'assiéger, elle ne pouvait opposer que des fortifications tout à fait insuffisantes et une petite garnison qui comprenait '2,290 hommes. Il y avait là dedans des bataillons et des batteries de la garde mobile de la Meurthe, ni habillés, ni instruits, ni disciplinés; 130 hommes de l'escadron de dépôt et du 4« régiment de cuirassiers , 30 gendarmes , 25 artilleurs et 500 hommes de troupe de ligne provenant du dépôt du 63e, presque entièrement composés de recrues et d'hommes de [a compagnie hors rang. C'était la jeunesse de Nancy qui formait le gros de la garnison de Toul, et elle allait venger sa ville natale des railleries amères que lui avait values sa reddition à quatre uhlans. La place était commandée par le chef d'escadron Huek.
Lorsque les Prussiens se montrèrent devant Toul , le commandant n'avait pas de troupes assez solides à leur opposer; aussi crut-il devoir abandonner les ouvrages extérieurs, ce qui permit à l'ennemi d'organiser plus tôt des attaques de vive force. Dès le 16 août, il tentait un assaut qui fut énergiqueinent repoussé. Malheureusement, l'ardeur de la garnison ne fut pas soutenue par les autorités civiles; le siège était à peine commencé que le maire et le co-iiseil municipal voulaient qu'on se rendît, et ils ne cessèrent jusqu'à la fin de réclamer cette humiliante soumission, tandis que la population manifestait un patriotisme' et un courage à toute épreuve.
Les Prussiens, voyant leur première tentative repous^ée si vigoureusement, procédèrent à un siège en règle et aménagèrent leurs ouvrages avec cette rigueur exacte qui les caractérise. Dans les premiers jours de septembre, la ville se trouva complètement investie et fut sommée de se rendre, mais inutilement. Alors les Prussiens la canonnèrent et la bombardèrent k trois reprises différentes ; le 10 septembre, croyant le courage de la garnison suffisamment ébranlé, ils essayèrent de nouveau d'emporter Toul de vive force ; de sept heures du matin k quatre heures du soir, la canonnade, le bombardement et les assauts se succédèrent sans interruption et sans résultat; la vaillante petite ville se défendit avec une indomptable énergie et ses artilleurs démontèrent une partie des batteries allemandes, faisant éprouver en même temps à l'ennemi des pertes considérables.
Cette héroïque résistance souleva l'admiration de la France entière et, le 12 septembre, le gouvernement de laDéfense nationale, organe de ce sentiment patriotique, rendit ce décret si flatteur dans.sa concision républicaine : • La ville de Toul a bien mérité de la patrie. > Mais dans la seconde quinzaine de septembre des pièces de gros calibre, arrivées d'Allemagne, furent établies en batterie au nord de la ville, sur le mont Saine-
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Michel , sur les hauteurs qui font face au faubourg de Saint-Epyre, au sud-ouest, et à Dammartin-lès-Toul, au sud-est. Alors commença un effroyable bombardement concentrique, alimenté par des pièces de 24 du 2a et du 4e régiment d'artillerie, qu'appuyaient des troupes de la 34" brigade d'infanterie, comprenant tous les corps qui se trouvaient entre les armées du prince Frédéric-Charles et du prince royal, c est-à-dire tous les corps d'invasion non engagés devant Metz. La place riposta vigoureusement et réduisit plus d'une fois les batteries prussiennes au silence. Dans la nuit du 18 au 19 septembre, l'ennemi tenta encore un assaut qui fut repoussé comme les premiers. Cependant la ville avait énormément k souffrir d'un feu si meurtrier ; de nombreux incendies avaient éclaté sur tous les points et il était impossible de se faire illusion sur le résultat d'une plus longuerésistance. Les habitants eux-mêmes ayant joint leurs instances & celles des autorités auprès du commandant, celui-ci se résigna k hisser le drapeau parlementaire (23 septembre). Les conditions de la capitulation furent les mêmes que pour Sedan, c'est-à-dire implacables : la garnison fut envoyée prisonnière en Allemagne. « Les officiers prussiens, dit le correspondant d'un journal anglais attaché au quartier général ennemi, étaient furieux de ce qu'une poignée d'hommes avait pu ainsi intercepter la route de Paris pendant six semaines. •
L'ennemi prit k Toul 109 officiers, 2,240 soldats, l drapeau des mobiles, 197 canons, 3,000 fusils, etc.
La place de Toul s'était défendue d'une manière brillante ; mais tout le monde ne s'était pas montré k la hauteur de la situation ; aussi le conseil d'enquête crut-il devoir s'exprimer ainsi dans sa séance du 27 octobre 1871 :
« Considérant que la composition de la garnison a déterminé le commandant de place k abandonner les dehors, dès le lendemain du jour où l'ennemi a été signalé devant la ville et, par cet abandon, a provoqué l'attaque de I vive force, tentée le 16 et heureusement re- , poussée, mais a permis, plus tard, à six Pru<>- I siens d'incendier le seul moulin qui pût servir U assurer la nourriture des habitants et a facilité la destruction du batardeau dont la con- - séquence a été l'abaissement du niveau des ! eaux du fossé ;
! • Que si la population a mérité des éloges pour son bon esprit,- il n'en est pas de même du maire, du conseil municipal et des principaux habitants qui, dès le 16 août, demandaient la capitulation, demande renouvelée après chaque bombardement;
■ Que, dans la pensée de ménager les propriétés voisines de la place, le teu de l'infanterie ne pouvant pas en chasser l'ennemi, le commandant de place n'a pas fait diriger sur ces points le feu de l'artillerie;
• Que les troupes et les habitants ont supporté avec courage et dévouement les bombardements multipliés faits par l'ennemi;
> Que le commandant du génie rend compte au conseil, le 23 septembre, que la place peut tenir encore quarante-huit heures, mais que la brèche sera faite dans vingt-quatre heures ; » Que l'artillerie partage cette opinion ; » Est d'avis que si le commandant est blâmable pour avoir rendu la place avant qu'ii n'y eût été fait brèche, pour n'avoir pas détruit le matériel d'artillerie, les poudres, les munitions et n'avoir pas mis les armes hors de service avant d'être livrées à l'ennemi; d'autre part, il mérite des éloges pour avoir prolongé la résistance, malgré les instances réitérées du conseil et les propositions trèsavantageuses de l'ennemi. •
I TOULA, ville de la Russie d'Europe, ch.-l. du gouvernement de son nom, dans une belle I vallée sur l'Oupa, à 197 kilom. S. de Moscou j et 973 kilom. S.-E.-E. de Saint-Pétersbourg, par 54» 11' delatit. -N. et 34» 41' de longit. K.; 58,000 hab.; évèclié, cour d'appel, gymnase, école de cadets, académie, nombreux établissements d'instruction publique et de bienfaisance, bazar renfermant plus de 700 boutiques, arsenal, célèbre manufacture d'armes blanches et d'armes à feu, fonderies de canons, forges, tanneries, fabriques de sucre, cotonnades, lainages, chapeaux, savons, chandelles, etc. L'horticulture y est trèsavancée. Le commerce de Toula consiste principalement en achats, par petites quantités, de matières premières de production locale, qui sont revendues en gros pour être exportées dans l'intérieur. Les marchands de Toula achètent le ' -Hail de l'Ukraine pour le conduire et le revendre k Moscou; le chanvre, l'huile de chènevis, les plumes pour l'exportation k l'étranger, et les céréales pour les expédier principalement k Saint-Pétersbourg et à Moscou. Deux grandes routes postales traversent la ville de Toula : cède de Voronèje et celle de Kiev.Toula est située sur une plaine fertile, ondulée, et, de loin, les accidents de terrain sur lesquels elle s'élève, ses dômes nombreux, ses épaisses murailles lui donnent un aspect très-pittoresque; mais l'intérieur de la ville ne répond pas k l'attente du voyageur, qui n'y aperçoit que des rues étroites, irrégulières, sales et mal pavées.
Fondée en 1509, tout près de l'emplacement d'une ville de même nom, beaucoup plus ancienne que Moscou, Toula fut entou-
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rée de fortifications par le grand-duc VasilL Ivanovitch, qui lit commencer la citadelle en 1517. Cette citadelle, qui existe encore, ne fut terminée que beaucoup plus tard. Depuis cette époque jusqu'en 1639, Toula fut souvent prise et reprise par les Russes, les Tartares et les Polonais.
TOULA (gouvernement de), gouvernement de la Russie d'Europe, par 33<> 34' et 36° 30' de longit. E. et 52" 53' et 54° 56 de latit. N., borné au N. par le gouvernement de Moscou, k l'E. par celui de Riazan, au S.-E. par le gouvernement de Tainbov, au S. par celui d'Orel et k l'O. par celui de Kalouga ; 30,415 kilom. carrés; 230 kilom. sur 180 et 1,172,000 hab. Ce gouvernement, situé dans la zone tempérée, est une des provinces les mieux cultivées et les plus peuplées de l'empire, mais son aspect est dune grande monotonie. C'est, en' effet, une vaste plaine, peu ondulée, qui n'offre que des champs de blé et des prairies-, aucune montagne considérable, aucune guindé foret ne varie l'uniformité de sa superficie, mais on y trouve un grand nombre de cours d'eau; les plus importants sont l'Oka, l'Upa, la Plawa, l'Ostra, la Metcha, etc. Le canal d'Ivanov, qui réunit l'Upa et la Metcha, ouvre une communication entre l'Oka et le Don. Le climat est tempéré et sain et le sol en général fertile. L'agriculture est la principale industrie des habitants. On exporte de la province du blé, de l'eau-de-vie, du chanvre, de la graine et de l'huile de lin, des articles en fer, du suif, de la poterie, etc.
TOULA ou TOLA, rivière de l'empire chinois (Mongolie). Elle prend sa source dans les monts Tereldzi, au N. du Petii-Keutei, coule au S.-S.-O., à l'O.-N.-O., au S.O., au N.-O., puis enfin au N. et se jette dans l'Orkhon, par 49° de latit. N., après un cours de 500 kilomètres.
TOCLAN (François- Adrien), personna.ee qui a joué un certain rôle dans la Révolution, né k Toulouse en 1761, exécuté à Paris en 1794. Il était depuis deux ans libraire et marchand de musique à Paris lorsque, la Révolution ayant éclaté, il adopta avec chaleur les idées nouvelles. Tonlan devint chef de bureau dans l'administration des biens des émigrés, membre du conseil général de la Commune, puis fut un des commissaires désignés pour surveiller, après le 10 -août , Louis XVI et sa famille, emprisonnés an Temple. Pris de pitié pour les infortunes royales, surtout après la mort du roi, il lit prévenir la reine qu'elle pouvait compter sur son dévouement et conçut, avec le chevalier de Jarjayes et Lepitre, le projet de faire évader les princesses; mais ce projet échoua. Toulan, dont les manières trop respectueuses envers les prisonniers du Temple avaient paru suspectes, fut arrêté; mais il parvint k s'échapper, se rendit à Toulouse, puis à Bordeaux, où il exerça, sous le nom de Rocli Alimorire, la profession d'écrivain public. Ayant été découvert, il fut reconduit k Paris et condamnèk mort par le tribunal révolutionnaire. La duchesse d'Angoulême , sous la Restauration, fit une pension k sa veuve. "
TOULANG-BAYANG ou TALLANG-BOUANG,
petite rivière de l'Ile de Sumatra, dans le royaume de Paleinbang. Elle sort d'un lacet se jette dans la mer de Java, par 4<> 15' de latit. S., après un cours d'environ 150 kilomètres.
TOULANG-BAVANG, ville de l'Ile de Sumatra, sur lu rivière du même nom; à 120 kilom. S.-S.-E. de Paleinbang.
TOULDJA, ville de la Turquie d'Europe.