‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 273 sur 1042 · V. TOULTCHA · texte numérisé non relu

V. TOULTCHA

TOULETTE s. f. (tou-lè-te). Techn. En Picardie, Poulie en bobine du métier à faire du filet pour la péfhe.

TOULICH EN, diplomate mandchou, né dans la province ne Liao-toung en 1667. Il entra de bonne heure dans l'administration, devint rédacteur des pièces officielles et rendit d'importants services en surveillant la distribulion des grains pendant une disette, puis en remplissant avec zèle diverses autres missions, notamment celle de percevoir les impôts dans les contrées voisines de la grande muraille de la Chine. Toulichen reçut la direction des haras impériaux et fut récompensé de ses services par le titre d'amban ou grand de l'empire. Etant tombé en disgrâce, il rentra dans la retraite; mais bientôt l'empereur lui-même vint l'y chercher et le chargea d'une mission difficile auprès du kan des Torgoots, Ayouka, qu'il désirait voir retourner dans l'ancienne patrie de sa horde. Toulichen resta quinze jours auprès d'Ayouka, campé à Manou-ToKhai, près du Volga, et parvint k obtenir de lui, sinon ce qu'il était chargé de lui demander, du moins un acte formel de soumission k l'empereur de Chine. A son retour, Toulichen devint Successivement sous-secrétaire, puis premier secrétaire de la guerre, et fut, sous le règne d'Youngtching, un des membres du congrès qui fixa le.s limites entre la Chine et la Russie (1727). Toulichen a. laissé, sous te titre de l'Yu iou, la relation de son voyage chez les Torgoots. Celte relation a été traduite en russe et en anglais.

TODLICBIBA a. m. (tou-li-chi-ba). Bot.

Syn. iI'ormosik, genre de légumineuses.

TOUL

TOULICIE s. f. (tou-li-sl). Bot. Genre d'arbres, de lu famille des sapindacées, tribu des Gapindées, comprenant deux espèces, qui croissent k la Guyane et au Brésil.

TOULINE 3. f. (fou-li-ne — de l'angl. towline, ligne pour touer). Mar. Anssière dont les navires se servent pour se faire remorquer : Vous donnerez une touline au grand canot et vous remorquerez le radeau. (E. Sue.)

TOULLIER ( Charles-Bonayenture-Marie j, célèbre jurisconsult« français, né a Dôle le 21 janvier 1752, mort k Rennes !e 19 septembre 1835. Il fit ses études k Caen, puis il suivit les cours de droit de la faculté de Rennes, où il eut pour maître Duporc-Poullain. Licencié, puis docteur (1777), il obtenait au concours, en 1778, le titre de professeur agrégé k la Faculté de Rennes. Toullier voulut alors compléter son instruction par une étude comparative de l'enseignement dans les grandes universités étrangères. Il se rendit en Angleterre et passa quelque temps k Oxford et à Cambridge. A son retour en France, il prit place à côté de son ancien maître. Lorsque la Révolution éclata, Toullier se mit franchement à la tête du parti avancé, et fut nommé administrateur de son district. Tout en pressant de tous ses efforts la marche de la Révolution, il s'opposa k l'emploi des mesures de rigueur, fut accusé de tiédeur et donna sa démission. S'étant mis à exercer la profession d'avocat, par sou éloquence, sou vaste savoir, les services qu'il rendait, il conserva une grande influence dans la ville. Nommé juge au tribunal d'Ille-et-Vilaine, il apporta dans ces nouvelles fonctions la haute impartialité qui était un des plus remarquables côtés de son caractère. Après le 18 brumaire, Bonaparte ayant choisi dans les tribunaux un certain nombre de jurisconsultes k qui il confia l'arbitrage des contestations relatives à la confiscation des biens des émigrés, Toullier fut désigné pour faire partie de ces arbitres. A la réorganisation des écoles de droit, il fut appelé un des premiers à occuper une des chuires qui allaient être créées k Rennes (1806). Il désirait la chaire de droit romain, mais il n'obtint que celle de droit français. Il fut, du reste, indemnisé de ce petit échec par sa nomination au décanat (1811). La Restauration ne pouvait oublier que Toullier avait activement contribué au développement des idées, républicaines dims l'Ouest. Bien que la considération générale, l'estime de fes concitoyens, son grand savoir, les services qu'il avait rendus comme magistrat et comme professeur plaidassent en sa faveur, son renvoi fut décidé. On fit plusieurs démarches auprès de lui poiirob enirsadémissioti. On n'osait pus froisser si vivement l'opinion publique. Mais Toullier répondit : • Qu'un me chasse, on le , peut; mais je ne me ferai pas, par une lâche complaisance, le complice de ce que je considère comme une injustice. ■ Le ministère, piqué pur cette réponse, révoqua Toullier de Ses fonctions de doyen et les donna k de Corbières, qui devait être ministre plus tard. Cette offense si grave, faite k un homme que Rennes était hère de voir à la téie de sou école, indisposa vivement le barreau et les Facultés. Ot acte d'autorité avait le tort d'être un acte d'ingratitude. C'est, en effet, à l'impartialité ue Toullier que plusieurs émigrés avaient dû la restitution de leurs biens. Mais le gouvernementale lu Restauration commençait cette longue série de fautes qui devaient le faire échouer sur les barricades de Juillet. Toullier avait repris sa place au barreau de Rennes, où ses anciens élèves se pressaient respectueusement autour de lui. Il compléta son vaste ouvrage sur le code civil, qui lui valut cet éloge flatteur dans la bouche de M. Dupin : t'foollier est le Pothier moderne. > Après la révolution de 1830, une ordonnance royale replaça Toullier à la tête de l'école. Bâtonnier de sou ordre, doyen de la Fuculté de Rennes, chevalier de la Légion d'honneur, le savant jurisconsulte pouvait affirmer hautement que celte position si enviée, ces honneurs, cette autorite, Il ne les devait qu'k sa vertu, k son talent, k son travail, à ses services. Chez Toullier, et c'est une ressemblance de plus avec l'illustre Pothier, le caractère ne le cédait en rien au talent. L'ouvruge qui a placé Toullier à côté de Cujas, de Dumoulin, de Pothier, a pour titre : le Droit civil français, suivant l'ordre du code, ouvrage dans lequel on a tâché de réunir la théorie à ta pratique (Paris, 1811; 1824-1831, 40 édit., 14 vol. iii-8»; Paris, 1829- 1831, 5e édit., 14 vol. in-8u).

Voici comment le procureur général Dupin a jugé cette belle publication : « Toullier est le Pothier moderne ; même clarté, même méthode, même profondeur que le jurisconsulte d'Orléans. On ne parle pas des œuvres posthumes de Pothier, qui ne sont que des ébauches restées imparfaites, mais de ses meilleurs traites, de son Traité des obligations, par exemple, regardé jusiiu'iei comme un cliefd'œuv :e- le droit et de raison, et que Toullier est paivenu à surpasser, feut-étre qu'il n'eût pas traité cette matière avec autant de supériorité si Pothier ne l'eût pas précédé; mais, du moins, on doit lui rendre cette justice qu'il a très-habilement profité de" ces avantuges et que son ouvrage est, sans contredit, le plus parfait de tous ceux qui, jusqu'à présent, ont paru sur le code civil. Il existe de cet ouvrage deux traductions, l'une, imprimée en allemand, k Francfort; l'autre,

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