‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 274 sur 1042 · XY · texte numérisé non relu

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en italien, à Naples, Trois contrefaçons en ont été faites en Belgique. • Trois éditions en France, deux traductions en deux langues, trois contrefaçons, n'est-ce pas pour un ouvrage qui compte quatorze volumes le plus beau succès?

TOULMIN (Josué), théologien anglais, né à Londres en 1740, mort en 1815. Il appartenait à la secte des dissenters, mais se convertit en 1765 aux opinions des bu p listes et devint pasteur d'une de leurs congrégations k Taunton, où il ouvrit, en outre, une école et une librairie. Ses idées religieuses ne tardèrent pas k subir un nouveau changement, mais il n'en resta pas moins k Taunton jusqu'en 1804, époque où il devint pasteur de la congrégation unitaire de Birmingham. On a de lui : Sermons adressés à la jeunesse (\710); Mémoires de Socin (1777) ; Lettres au docteur John Sturges sur I établissement de l'Eglise (1782); Dissertations sur tes témoignages internes du christianisme (1785); Essai sur le baptême (1786); Revue de la vie, du caractère et des écrits de John Biddte (1789); Histoire de la ville de Taunton (1791); Tribut biographique à la mémoire du docteur Priestley (1804); Mémoires durévérend Samuel Bourne (1809); Exposé historique de l'état des protestants dissidents en Angleterre (1814), etc.

TOULMIN (mistress Camille Crossland, plus connue sous le nom de miss), femme de lettres anglaise, née k Londres en 1817. Fille d'un avocat, qui la laissa de bonne heure orpheline, obligée de subvenir k ses propres besoins et k ceux de sa mère, elle chercha des ressources dans des travaux littéraires, auxquels la rendait propre une brillante éducation. Son début dans la littérature fut un poëme, le Ziure de beauté (1838). Elle publia ensuite les Légendes de la vie anglaise, les Associés, Epreuves et chagrins, Lydia, Heldreth et autres récits romanesques empruntés aux mœurs anglaises, puis des Contes de Noël et les Femmes illustres, ouvrages conçus dans un esprit franchement libéral et démocratique. Miss Toulmin a épousé en 1848 M. Crossland, négociant de la Cité, et elle a donné, outre les ouvrages que nous venons de citer, de nombreux articles au Chamber's Magazine et au Ladie's Companion and Magazine.

TOULMON (Auguste Bottkk de), musicographe français. V. Bottée.

TOOLOCHY s. m. (tou-lo-chi). Bot. Nom indigène d'une espèce de basilic, considérée dans l'Inde comme une plante sacrée.

— Encycl. Le toulochy est une des espèces du basilic que l'on cultive en Europe; c'est une plante sacrée pour les Indous et ils lui, rendent un espèce de culte. Les brahmes la regardent comme la femme de Vichnoti et l'honorent en cette qualité. On doit lui offrir régulièrement \epoudja tous les jours. Lorsque quelque brahuie est k l'agonie, on va chercher une de ces plantes; on la place sur un piédestal et, après lui avoir offert le poudja, on met un peu de sa racine dans la bouche du mourant; on en prend ensuite des feuilles, on les lui met sur le visage, les yeux, les oreilles, la poitrine et on l'asperge des pieds k la tète avec une tige trempée dans l'eau. En faisant cette cérémonie, on répète plusieurs fois tout haut toutochy, toulochy, toulochy. L'agonisant k qui l'on fait cette cérémonie meurt dans la ferme persuasion qu'il ira tout droit au souarga, paradis des Indous. La vue seule de ce divin végétal suffit pour* faire obtenir le pardon de tous les péchés; en le touchant, on est immédiatement purifié de toutes les souillures; si on lui fait le namascara, on est guéri de toute maladie. Celui qui le cultive et l'arrose tous les jours est assuré de son salut* En en présentant une branche k Vichnou dans le mois cartica (novembre), on lui fait un présent plus agréable que si on lui offrait mille vaches. En quelque temps que ce soit, celui /qui fait k ce dieu l'hommage d'une tige de toulochy enduite de safran s'assure le droit de devenir semblable k Vichnou lui-même et de jouir du même bonheur que lui. Le don d'une tige de toulochy k une personne exposée à quelque danger ou qui éprouve quelque contradiction est un moyen sûr de l'en délivrer. Tout cela n'est que la moindre partie des vertus du toulochy. La plupart des brahmes culliventcette plante dans leurs maisons et lui offrent des adorations et des sacrifices quotidiens; on la cultive avec soin aussi dans les lieux où ils font leurs ablutions et dans ceux où ils se réunissent. Le toulochy est ordinairement planté sur un petit monceau de sable, auquel on donne le nom de triuda-vanam, ou au-dessus d'un cippe carré, haut de 3 ou 4 pieds, creux à sa partie supérieure et dont les quatre côtés font face aux quatre points cardinaux. Les brahmes regardent comme un acte de vertu d'un mérite particulier d'arroser cette plante et de la cultiver avec soin. Les feuilles du toulochy ont une odeur suave et aromatique ; elles sont béchiques et cordiales ; les Indous leur attribuent un grand nombre de propriétés médicinales. Les brahmes avalent toujours quelques-unes de ces feuilles après leur repas, pour aider k la digestion, ifs en mangent aussi avant et après leurs ablutions dans l'eau froide, afin d'entretenir la chaleur de l'estomac et de prévenir par là les rhumes, les catarrhes et autres maladies auxquelles ils pourraient être exposés. On

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peut conjecturer que c'est la connaissance des qualités salutaires de cette plante qui, dans l'origine, a porté les Indous k la diviniser.

TOULOIS, ancien petit pays de France, dans la Lorraine, dont Toul était le ch.-l.Ilest aujourd'hui enclavé dans le département de Meurthe-et- Moselle.

TODLOLA s. m. (tou-lo-la). Bot. Un des noms du roaranta roseau ; Les Caraïbes estiment leur toulola un spécifique contre les plaies faites par les flèches empoisonnées. (V. de Bomare.)

TOOLOLA, petite Ue de la Russie d'Europe (Finlande), dans le lac Ladoga. Elle a environ 10 kiloiu. de circonférence. Ou en tire du très-beau granit.

TOCLOMBA, TOOLCMBA, ville de l'Afghanistan, dans le Moultan, près de la rive gauche du Ravy, par 30» 58' de latit. N. et 69» 53' de longit. E.

TOULON, ville et comm.ile France (Var), ch.-l. d'arrond. et de 2 cant., k 67 kilom. de Marseille, par le chemin de fer, sur la Méditerranée ; pop. aggl., 44,287 hab. — pop. tôt., 69,127 hab. Cb.-I. de département maritime et l'un des trois grands ports militaires de France, place forte, rade renommée, nombreux établissements militaires, tribunaux, lycée, etc. L'arrondissement comprend 2 cant., 29 comm, et 141,127 hab. I.e principal commerce de Toulon a pour objet l'importation en blé, bois k construire, charbon de bois, tourteaux de graines oléagineuses , sucre , café, chanvre, fer et houille. Le commerce d'exportation consiste en vins ordinaires, écorces à tan, huile, plâtres, tuiles, etc. Le coteau de Lamalgue produit des vins d'une qualité supérieure, qui se rapprochent des vins de Saint-Georges par le corps et la saveur. L'industrie de Toulon, qui manque, d'activité, n'est guère représentée dans cette ville que par quelques usines, des fabriques de draps, de tapis de feutre et de savons, des tanneries, des teintureries, etc. Le nombre des navires qui entrent annuellement dans le port de Toulon ou qui en sortent s'élève k environ 600.

La ville de Toulon est située sur un terrain légèrement incliné vers la mer, au pied de collines élevées, dont la plus haute s appelle le mont Faron, sur le bord d'Une baie profonde, dont l'entrée est fermée par la presqu'île de Sépet. Cette baie est dominée au N. par des montagnes élevées qui l'abritent; k l'E., par la route d'Italie; au S., par le cap Sépet et la péninsule ducapSicier; k l'O., par les montagnes qui forment les gorges d 01lioules, sur la route de Marseille. La ville, la rade et le port sont défendus par des batteries de côte, des redoutes et des forts, dont les principaux sont les forts Baluguier, le fort de l'Aiguillette et le fort Lamalgue, construit d'après les plans de Vauban et qui sert de prison ; le fort Napoléon, le fort Malbousqnet, le fort Saint-Louis, les forts du cap Brun et de Sainte-Marguerite, la redoute des Arènes, les batteries des Gaux et du Salut. Le port militaire est signalé, pendant la nuit, par le phare du cap Sépet, feu tournant de troisième ordre, d'une portée de 12 milles, varié de trois en trois minutes par des éclats rouges, et par le fanal de la Grosse-Tour (au S.-E. de la petite rade), feu de port blane, ayant 9 milles de portée. Il peut contenir jusqu'à 200 vaisseaux de ligne. Il comprend trois darses et possède trois bassins de radoub et trois arsenaux. Il faut mentionner, parmi les autres édifices du port militaire, l'hôpital de la marine, construit sous Louis XIV; l'hôpital Saint-Mandrier, bâti dans la presqu'île de Sépet; le Lazaret, situé k l'est de Saint-Mandrier, et le bagne, que Colbert lit établir en 1682 sur le quai qui sépare maintenant la darse vieille et la darse neuve. II peut contenir 3,000 forçats et, après la suppression des bagnes, servit jusqu'en 1873 de dépôt aux condamnés à destination de Cayenne.

Toulon est, pour ainsi dire, uno colonie composée, en grande partie, d'officiers de mer et de terre en activité ou en retraite, de chefs ou d'employés d'administration, do quelques fonctionnaires civils, etc. Méry dépeint ainsi l'uspect que présente Toulon, « Le véritable tableau, dit-il, c'est le port, c'est la rade avec ses vaisseaux de ligue k l'ancre, avec ses canots sveltes et légers qui volent k douze rames ; c'est le spectacle changeant de cette mer qui commence k la grosse tour, et que l'on voit fuir entre la côte et le tombeau de Latouche-Tréville;mer qui emprunte ses couleurs au ciel et aux nuages, tantôt verte, calme et transparente ; tantôt bleue, ayant à chaque flot des paillettes de soleil , puis tourmentée dans le lointain par le veut du nord, roulant des vagues blanches et silencieuses sur un fond sombre, comme une immense rivière qui charrie des glaçons. Pour cadre k tout cela, vingt collines, vingt Fausilippes qui' descendent k la mer, toutes étagées de sycomores etde pins ; Saint-Mandrier, qui jette sur le rivage sa blanche rotonde k colonnades, comme un temple de Suuium ; les ruines jaunâtres du Petit-Gibraltar; le fort Furon, incrusté comme un nid d'aigle Sur le liane d'une montagne ; au bas, la ville avec sa ceinture de remparts k facettes ; puis les vignobles en amphithéâtre, comme k laCôted'Or ; enfin le fort Lamalgue, étoile par Vauban, avec ses angles opposés aux angles...

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Cette contemplation fatigue les veux. Il y a 1k trop de choses pour un faible regard ■ d'homme... Ce n est pas Naples, ce n'est pas Constantinople : c'est une ville de France sous le ciel du Bosphore et de Pœstum. » Les rues de Toulon sont en général assez propres et bordées de trottoirs; mais les places sont petites et irrégulières, k l'exception de la place des Batailles ou place d'Armes, qui est ombragée de beaux platanes, bordée d'élégants magasins ou de cafés, et sur laquelle s'élève la préfecture maritime. Au centre de la place des Trois-Dauphins s'élève une gracieuse fontaine construite en 1780 par l'architecte Toscat. Sur la place Saint-Roch se voit aussi une jolie fontaine, entourée de lauriers-roses et.surinontée d'un groupe, en marbre, d'enfants couronnés de pampres qui jouent sur une urne renversée.

Toulon possède quelques édifices remarquables qui méritent une description particulière.

L'ancienne cathédrale de Sainte-Marie-Majeure, située sur une petite place plantée d'arbres, a été bâtie en 1096, dans le style roman ; restaurée en 1119 et en 1154, dans le style ogival pur, successivement agrandie en 1609 et en 1660. Consacrée en 1661, elle n'a conservé de-sa construction primitive que les arcs-formerets de la première nef en entrant et l'arcade qui s'élève en avant de la chapelle de Saint-Joseph. Sa façade, mutilée en 1793 et restaurée depuis, présente deux colonnes d'ordre corinthien reposant sur un stylobate et supportant un fronton triangulaire à double saillie. Le clocher, haut de 36 mètres, a été construit postérieurement, de 1737 à 1740. Il se compose d'une grosse tour carrée adossée k l'église. A droite de la façade se trouve une maison que l'on regarde comme le dernier reste d'une tour bâtie par les Phocéens. A l'intérieur, Sainte-Marie-Mnjeure se divise en trois nefs inégales; l'ornementation appartient au style gothique. On y remarque la rose du chevet qui, bien que moderne, rappelle la tin du xive siècle. La composition centrale de cette rose représente le Couronnement de la Vierge. Le maltre-autel, eu marbre gris, estorné d'un bas-relief représentant Y Ensevelissement delaVierge; on l'attribue k deux élèves du grand sculpteur Pnget. Audessus de l'arcade de la chapelle Notre-Dame, se trouve la statue de la Vierge que votèrent les magistrats totilonnais pendant la peste de 1B57. Nous empruntons la description suivante k l'excellent guide de M. Adolphe Jeanne : « Les stmues des quatre Evangèlistes décorent l'abside; celles de saint Cyprien et de saint Honorât sont placées a droite et à gauche du stylobate. Cette chapelle possède des reliques de la Vierge et de saint Cyprien. Mais ce qui attire surtout l'attention dans cette chapelle, c'est une admirable composition de Veirier. Deux colonnes torses en marbre de couleur, séparées des deux pilastres latéraux en briques rouges par les statues de Saint Pierre et de Saint Paul, s'élèvent derrière l'autel. Au sommet, apparaît la figure de Jéhovah au milieu de groupes d'anges, d'une grâce exquise. Au-dessus de l'autel, sont agenouillés deux chérubins, enmarbre i blanc, qui passent pour des chefs-d'œuvre. • Parmi les tableaux que possède Sain te-Mario-Majeure, on remarque : sur les murs lai téraux du grand autel, le Triomphe de l'Eucharistie, par J.-B. Vanloo; et Melchisédech bénissant Abraham, par Achard, d'après Raphaël , k gauche de l'entrée de la chapelle du Saint-Sacrement, la Gloire de l'Eucharistie., par Volaire fils; près du nouveau baptistère, l'Annonciation, attribuée k Puget, mais maladroitement restaurée ; dans la chapelle de la Vierge, Y Assomption, par P. Mignard, et la Vierge du Carmel, par le Flamand Dalméric ; sur le pilier gauche, en face de l'orgue, une Sainte Famille, de Paulin Guérin. La cathédrale renferme, en outre : une statue de la Vierge, par Canova, et une belle chaire, en bois, œuvre d'un sculpteur toulonnais, Louis Htibac. Les orgues actuelles, inaugurées en 1851, sont décorées d'un buffet dans le style ogival flamboyant du xive siècle. »

L'église Saint-Louis, dans la rue de ce nom, est précédée d'une cour plantée d'arbres et ornée de deux calvaires avec rochers, et jets d'eau. Un péristyle de quatre colonnes massives d'ordre toscan forme l'entrée principale. A l'intérieur, l'édifice est partagé en trois nefs par des colonnes doriques, en pierre blanche de Cassis. Dix colonnes corinthiennes, en stuc, supportent une rotonde éclairée par le haut et sous laquelle est placé le maltre-autel. Cette église possède un Saint Sébastien, attribué k Rubens, et une Sainte Famille, de Vanloo. » L'église Sain t-Françoisde-Paule se compose d'une seule nef. Des colonnes ioniques supportent de chaque côté des galeries sous lesquelles s'ouvrent des chapelles latérales. On y remarque un groupe d'anges gracieusement sculpte ; un tableau de Michel Serres, représentant la Nativité de saint Jean; une belle toile figurant les Miracles de saint François après sa mort ,• les statues de Saint Jérôme et de Saint Léon, etc.

Le port de Toulon, un des plus vastes et des plus sûrs qui existent, est encore protégé aujourd'hui par les ouvrages dus au génie de Vaubiui- il se compose de deux darses (un bras de mer formant un bassin, et dont 1 unique entrée sur la rade est fermée par une chaîne); la darse Vieille et la darse Neuve, la première, réservée pour les trois quarts k la

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marine marchande; la seconde, consacrée en entier à la marine militaire. A l'E. de la darse Vieille, dont il est séparé par le Parti, amas de vieilles maisons destinées k disparaître, s'étend un autre nouveau port marchand, appelé port de la Rode, du nom d'un faubourg voisin. A l'O. de la darse Neuve se trouve la darse de Castigneau, entourée par les bâtiments de l'arsenal dont nous parlons ci-après. Le port de la Rode doit être réuni à la darse Vieille par suite de la démolition du Parti, ce qui lui permettra de recevoir des bâtiments d'un tirant d'eau supérieur à 3m,50, chiffre qui est aujourd'hui son maximum. La darse Vieille reçoit actuellement des bâtiments d'un tirant d'eau de 5 mètres; au delà, les bâtiments sont contraints de s'alléger dans la petite rade, avant d'entrer dans le port. Un chenal, dit la Chaîne vieille, relie la darse Vieille ù la petite rade. A gauche de la Chaîne se trouve la machine a mater qui doit être transférée dans l'arsenal. Une ligne de vieux vaisseaux transformés en pontons, et établis perpendiculairement k un rempart que garnissent des pièces de canon, sert de casernes aux équipages de la flotte. C'est ce qu'on appelle le Petit rang. On désigne sous le nom de Grand rang les bâtiments désarmés de la marine militaire stationnant, dans le même ordre, à droite de la Chaîne. Un canal sur lequel a été jeté un pont fait communiquer les deux darses. A l'entrée de ce canal se trouve VAmiral frégate, qui porte le pavillon du préfet maritime. L'espace compris entre le canal et le quai est occupé par un chantier de construction pour les corvettes et les bâtiments légers. Près du chantier s'élève la Consigne, ou Intendance sanitaire.

L'arsenal maritime, bâti en 1680, d'après les plans de Vauban, occupe avec Castigneau une surface totale de 200 hectares, c'est-àdire 2 millions de mètres carrés. Ces divers établissements se développent sur une ligne de 5 kilomètres; ils ont coûté plus de 100 millions, sans compter 40 millions à dépenser pour prolonger l'arsenal de Castigneau jusqu'à la Goubran et au delà.

On pénètre dans l'arsenal par une porte monumentale, construite en 1738 et décorée de quatre colonnes doriques formées chacune d'un seul morceau de marbre cipolin, et des statues de Mars et de Minerve, par Lange et Verdiguier. Un vestibule précède la cour, d'où l'on embrasse d'un seul coup d'œ.l : en face, le magasin général; à droite, la corderie et les ateliers îles grandes forges; k gauche, le pavillon de l'Horloge et la darse Neuve, couverte de bâtiments de guerre.

La corderie, commencée par Vauban en ■ 1668, et terminée par Riquet en 1678, est une galerie voûtée mesurant 320 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur.

« Il est impossible, dit M. Octave Teissier (Une visite à l'arsenal de Toutou), de ne pas reconnaître le génie de Vauban dans cette remarquable construction. Conception large, simplicité élégante dans l'ensemble, exécution parfaite dans les détails, tout est admirable dans ce chef-d'œuvre d'architecture ; mais l'attention est bientôt distraite par le bruit des machines qui semblent pressées d'en finir et qui, cependant, s'agitent sans cesse. Après avoir vu lamutiere première entassée dans une vaste salle, et après avoir assisté a une transformation instantanée et complète, on ne quitte pas l'atelier sans voir s'échapper des dernières machines de gros câbles goudronnés ou de minces ficelles blanches, parfaitement confectionnées. >

Après la corderie, on peut visiter l'atelier des forges, dont l'atelier de zinguge et la petite tôlerie forment des dépendances. On y remarque un énorme marteau-pilon du poids de 1,500 kilogrammes, mû par la vapeur, et servant à forger ou à réparer les mèches de cabestans, les pattes des ancres brisées, les barres de gouvernail, etc.

Ou traverse le chantior'de construction des mâts et le hangar de la mâture, pour arriver aux deux cales couvertes, dont chacune mesure 35 mètres de hauteur sur 22 mètres de largeur et 82 mètres de longueur. De nombreux ouvriers y travaillent facilement autour des plus gros vaisseaux. A côté est une cale découverte, employée habituellement pour la réparation des bâtiments de guerre Un peu plus loin se trouve le magasin général, dans la construction duquel n'est entrée aucune pièce de bois et qui sert d'entrepôt aux matières premières de toute espèce qui doivent être employées dans l'arsenal ou embarquées à bord des navires de l'Etat. La salle d'armes, véritable musée d'artillerie, à laquelle on parvient du parc d'artillerie par un escalier monumental, présente une porte soutenue par deux belles cariatides et surmontée d un fronton au-dessus duquel déploie ses ailes un aigle gigantesque sculpté par Puget. Cette salle, qui mesure 50 mètres de longueur sur 11 de largeur, se divise en trois galeries communiquant entre elles par onze arcades de chaque côté et est uéeorée de vases de fruits, de corbeilles et de lustres dessinés avec des pièces d'armes. Ou y remarque les statues de Bellone et de la Renommée, par Puget, et celles de Forbin, Jean Bart, Suffren et Tourville. Citons, en outre, l'atelier de l'Armurerie, la Limerie, l'atelier des Modèles et les magasins de la Garniture, qu'il suffit de nommer. A l'extrémité du quai de la Garniture, qui forme une ligne brisée,

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s'ouvre le chenal donnant entrée delà petite rade dans la darse Neuve, et qu'on appelle la Chaîne-Neuve. La partie de l'arsenal où l'on aborde forme une île réunie seulement à la terre ferme par le pont tournant jeté sur le canal de communication entre la darse Vieille et la darse Neuve. Cette lie renferme les bassins de radoub, le bagne et son hôpital. On compte trois bassins de radoub : chacun est formé par un bateau-vanne et se vide au moyen d'une machine k vapeur installée dans un petit bâtiment voisin.

Le bagne de Toulon, établi en 1682, se compose d'un vaste bâtiment avec un hôpital, en retour d'équerre sur le quai qui sépare la darse Vieille de la darse Neuve, et de quatre pontons, anciens vaisseaux rasés et désarmés. Cet établissement a conservé sa destination pendant près de deux siècles (1632- 1873); mais les premières constructions ne furent que provisoires. Au xvne siècle, les forçats servaient à bord des galères ancrées dans le port de Marseille. De grands travaux ayant été ordonnés pour la création d'un vaste port à Toulon, on tira un certain nombre de forçats des galères de Marseille pour coopérer à ces travaux, qui furent poussés avec beaucoup de vigueur; mais en ce moment on était loin de songer à un établissement permanent de forçais dans cette ville. Ce ne fut que dans la première moitié du siècle dernier qu'on se détermina k créer un bagne à Toulon pour les condamnés, et ce sont les forçats eux-mêmes qui le construisirent. On leur lit élever, en 1749, de vastes hangars sur les lieux mêmes où furent construits plus tard les bâtiments qui ont subsisté jusqu'à l'époque actuelle. Ce furent les forçats de Toulon qui allèrent également construire les bagnes de Brest et de Roehefort. Ceux-ci devaient être fermés avant leur aîné, et le bagne de Toulon, le plus ancien en date, fut aussi le dernier supprimé. Cette institution des bagnes présente, eu effet, cette particularité qu'à peine mise en vigueur, elle fut unanimement reconnue mauvaise ; les moralistes les considérèrent aussitôt avec raison comme les plus complètes écoles de dépravation et de vice qui pussent exister, et l'on ne songea plus qu'à s'en débarrasser. La ijuestiou de la suppression des bagnes, agitée dès 1821 et en 1827, fut enfin résolue on 1851, et l'évacuation de ceux de Brest et de Roehefort commença; celui- de Toulon fut seul conservé à titre de dépôt. Cette destination même lui a été enlevée et le dernier convoi interné dans ses sinistres bâtiments en attendant le départ pour Cayenne, et la Nouvelle-Calédonie,aété évacué le 25 septembre 1873. Le personnel des chiounnes a été en même temps dirigé sur les diverses colonies pénitentiaires. Il n y a donc plus trace de forçats à Toulon ; mais on y trouve toujours en abondance ces cocos sculptés et cette masse de petites curiosités désignées sous le titre d'articles du bagne ou travaux des forçats, bien inexactement nommés, puisqu'on les confectionne à Samnur et surtout à Nuremberg.

Après avoir visité le bagne, on rentre dans l'arsenal par le pont tournant jeté sur le petit canal de la darse Vieille à la darse Neuve, près de l'atelier des embarcations, et on gagne la tour de l'Horloge, dont le nom indique la destination. Au rez-de-chaussée de celle tour sont installés les bureaux de la direction et du mouvement du port. Près de là se trouve le musée maritime ou saiie des Modèles. Ce musée, créé parle baron Charles Dupin, renferme une collection variée de modèles de constructions navales, ainsi que de toutes les machines et appareils mécaniques en usage dans les arsenaux. Il y a quelques aimées, le musée naval du' Louvre s'est enrichi des pièces les plus remarquables du musée de Toulon. 11 eu reste encore cependant de fort curieuses, entre autres : deux torses antiques en marbre blanc, provenant d'Athènes ; les modèles des vaisseaux le Suffi en et le Duquesue ; une galère en construction ; une galère armée; un panneau de sculpture doré, représentant le Triomphe d'Amp/iitrite, tiré de l'ancienne galère reale, par Puget; le modèle d'un prosl, embarcation construite par les sauvages des îles Marianne» ; un appareil pour l'épreuve des bois, par M. Charles Dupin, etc.

Enfin, non loin delà, se trouve la fontaine de l'Aygude , enfermée dans un bâtiment carré, et où viennent s'approvisionner d'eau douce les navires de la flotte. L'arseual maritime deToulon occupe ordinairement 10,000 ouvriers.

L'arsenal de Castigneau, qui communique aveu l'arsenal principal, est construit sur pilotis. Il contient la boulangerie de la marine, qui peut fournir quotidiennement 4,000 rations; la chaudronnerie, la fonderie, l'atelier des mécaniciens ajusteurs, l'atelier des montages, les forges et le bâtiment des moteurs. Au delà de l'atelier de montage, on a creusé récemment trois bassins de carénage dont le plus petit mesure environ 100 mètres de longueur sur 30 mètres de largeur, et dont le plus grand, en cours d'exécution, pourra recevoir k la fois un vaisseau a trois ponts et un vaisseau de trois rangs. Eu tête de ces bassins règne un magasin d'outillage de 125 mètres de longueur, parfaitement approvisionné. Plus loin, le long d'un large canal dit canal des Subsistances, se trouvent la buanderie de la marine, l'abattoir, les bureaux de comptabilité et l'immense magasin des subsistan-

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ces, renfermant l'approvisionnement le plus complet de tous les comestibles et denrées nécessaires k la nourriture des équipages, à bord des bâtiments de la marine militaire. Le parc au charbon et le parc aux ancres complètent l'arsenal de Castigneau, qui, bien que couvrant une superficie de près de 17 hectares, est aujourd'hui l'objet d'un projet d'a- • grandisseuient considérable. Aux établissements qu'il contient et que nous venons d'énumérer doivent se joindre des casernes pour les équipages de la flotte et un hôpital pour la marine.

L'arsenal du Mourillon, situé en dehors de la ville, renferme d'immenses fosses remplies d'eau de mer pour la conservation des pièces de bois destinées à la coque ou à la mâture des navires; de nombreux hangars en maçonnerie, une scierie à vapeur, de grandes cales couvertes pour la construction des vaisseaux, un atelier spécial de forges pour les navires en fer, un magasin pour les fers et les cuivres, etc.

Les autres curiosités de Toulon sont : l'hôte! de ville, orné de deux belles cariatides par Puget et des bustes des Saisons, œuvre de Louis Hubac, placés au-dessus des fenêtres du premier étage ; la maison de Puget, convertie aujourd'hui en temple protestant, et que recommandent k l'attention ses pilastres chargés d'élégantes arabesques; la statue colossale en bronze, représentant le Génie de la navigation, qui s'élève sur le quai, en face de l'hôtel de ville; le nouveau théâtre, qui a coûté 2 millions et peut contenir 2,000 spectateurs; la fontaine qui se trouve à l'angle de l'église Saint-François et que surmonte une jolie statue en marbre blanc, provenant du tombeau du comte de Valbelle, dans l'église de la Chartreuse de Montrieux; la grosse tour qui s'élève k l'entrée de la petite rade, et qui est remarquable par ses cachots souterrains; la tour carrée du Mourillon, à six étages, du haut de laquelle on découvre un beau panorama; la Poissonnerie, dont la porte offre deux lions sculptés par Puget; le nouveau palais de justice ; l'hôpital de la Charité; l'hôpital militaire; le lycée; le musée, qui renferme près de 20C tableaux ou objets d'art; la bibliothèque publique, riche de 16,000 volumes; le jardin botanique, etc. Les principales promenades de Toulon sont : la place d'Armes, le cours La Fayette, vaste rue ou boulevard planté d'arbres, l'ancien boulevard Louis-Napoléon, le nouveau bou.evard de la Gare, le Carré du Port, le glacis des fortifications, enfin le champ de Mars.

— Eistoire. Suivant un document rare et curieux, inséré dans les Mémoires de Trévoux (novembre 1723) et qu'on prétend extrait d'un manuscrit provençal remontant au xie siècle, l'origine de Toulon dépasserait en antiquité celle de Marseille même, car elle remonterait à l'an 1642 av. J.-C. Ses fondateurs seraient les Camatalans, peuple de la haute Allemagne, qui auraient abordé sur la côte méridionale des Gaules sous ia conduite d'un certain Tulainon. Le même document part de là pour faire descendre le nom actuel de la ville du latin Tolonium ou Telonium, que les uns tirent du mot grec itXuyûov, tribut, ou du latin telonium, banque, pré tendant que c'était une ville de grand commerce ; d'autres veulent qu'elle ait pris son nom de Télon, célèbre nautonier dont parle Lucain dans sa Pliarsale,ù\\ de Telumarus, capitaine goth qui restaura cette ville sous Théodoric, roi d'Italie. Il est beaucoup plus probableque le nom deToulon, comme celui de Toulouse, vient du celtique to, courbure, sinuosité, parce que la rade et le port de Toulon sont formés par un golfo tortueux, ou de dot, toi, terrain bas, pied do montagne. Au moment de la domination romaine, Toulon s'appelait Telo ou Tolo ; les Romains y élevèrent m il temple il Mars et appelèrent la ville Telo-Martius ; c'est le nom sous lequel la ville est inscrite dans VUinéraire d'AntOMn. Telo-Martius ne fut d'abord qu'une colonie maritime sans grande importance et à laquelle nuisit beaucoup à son début le port si considérable de Marseille. Devenue Tolo, elle passa avec la Province des Romains aux Wiaigoths et aux Ostrogoths. En 540, Tolo fut cédée, en même temps ;ue le reste de la contrée, par Vitiges, roi des Ostrogoths, à Théodebert, roi des Francs australiens; c'est à lu même époque que remonte la création du siège épiscopal de Toulon, dont le premier évèque fut, suivant la tradition, sain» Cyprieu (549). Peu d'Eglises eurent à subir, à leurs débuis, plus de vicissitudes, notamment par suite des invasions continuelles des Sarrasins dans le midi de la France, et pendant deux siècles et demi environ Toulon décline et disparaît presque de l'histoire. La défaite des Sarrasins (975) par le comte de Provence Guillaume ler permit à la vieille cité de se reconstituer peu à peu, et, en 1030, les chartes commencent à faire mention pour la première lois des seigneurs particuliers deToulon, relevant des comtes de Provence et prenant le titre de comtes. La dernière moitié du xe siècle fut, on le sait, signalée par de nouvelles incursions sariaiiues qui désolèrent la Provence; le 27 juillet 1178, les musulmans assiégèrent Toulon, s'en emparèrent , en rasèrent les murailles et emmenèrent en captivité les principaux habitants de la ville. A peine Toulon se relevait de ce désastre, qu'ils reparurent et recommencèrent leurs ravages (1196).

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An siècle suivant, la ville passa avec le comté de Provence sous la domination de Charles d'Anjou, frère de saint Louis; elle n'était encore, en 1289, qu'un simple bailliage. Enfin, en 1314, elle reçut de Robert, comte de Provence et roi de Naples, ses premiers privilèges d'administration civile, et, en 1348, la reine Jeanne, héritière de Robert, érigea Toulon en commune. A cette époque, Toulon était gnranti du côté de la nier par une muraille flanquée de tours, dont la principale était appelée en tangue du pays tou Ctv-tëou de la mar (1366). Lors de la querelle sanglante entre les héritiers de la comtesse reine Jeanne et les princes de Duras, les Toulonnais prirent le parti de Charles de Duras contre Louis II d'Anjou encore mineur. La paix fut proclamée en 138^ et amena leur soumission complète. Ils donnèrent des garanties importantes de cette soumission en contribuant puissamment une première fois à rejeter au delà du Rhône le comte Raymond de Turenne, qui, profitant de ce que Louis H s'occupait de reconquérir ie royaume de Naples, avait entrepris de ravager la Provence. Plus tard, ils s'opposèrent au débarquement des Génois, alliés de Ladislas (M 10). Louis II récompensa Toulon en accordant k la ville de nouveaux privilèges. En 1481, 'Toulon passa par testament kla France avec tout le comté. Louis XII fit exécuter dans le port, dont la situation commençait alors k être sérieusement appréciée au point de vue militaire, d'importants travaux de défense, que continua François Ier. Ces travaux n'empêchèrent pas la flotte de Charles-Quint, réunie à son armée de terre, de s'emparer de Toulon en 1524, sous les ordres du connétable de- Bourbon et de l'amiral Hugues de Moncade. Six ans plus tard, un nouveau désastre, qui semble appartenir à un autre âge, frappa la ville ; les pirates africains y débarquèrent, saccagèrent les plus riches quartiers et emmenèrent en captivité une si grande partie des habitants, qu'il fallut faire appel aux gens d'Hyères et d'autres villes voisines pour repeupler la ville (1530). Instruit par cette dure expérience, François 1er chargea le sieur de Saint-Remi, ingénieur des ports, de mettre Toulon en sérieux état de défense. Par malheur, les travaux demeurèrent à l'état de projet, et lorsque, en 1536, André Doria, l'amiral commandant la flotte de Charles-Quint, parut devant les anciens remparts, Toulon, qui n'était, pas plus capable alors qu'en 1524 de résister à la double force dont il était menacé par terre et par mer (l'armée impériale avait, en effet, envahi en même temps le midi de la France), tomba sans coup férir nu pouvoir de Doria. La ville fut évacuée peu après, malgré le dessein de Charles-Quint de s'y maintenir et d'en faire le rendez-vous de ses convois. La fin du règne de François lor et celui de Henri II furent signalés par plusieurs expéditions des flottes toulonnaises et turques; c'était le résultat de l'alliance contractée à cette époque avec le sultan. Le célèbre Barberousse s'arrêta k Toulon vers 1543, et, en 1558, on vit l'armée turque célébrer la fêle du Ramazan à Porquerolles, l'une des îles d'Hyères, en présence de la flotte toulonnaise qui, dit Nostradamus, ■ assista à ce spectacle en manière de plaisir. »

Pendant les guerres de la Ligue, Toulon fut le véritable boulevard qui préserva la Provence des ambitieux projets du duc de Savoie. Plus tard, les habitantsembrassèrent ouvertement contre d'Epernon ie parti de Henri IV. Le Béarnais récompensa les Toulonnais en leur écrivant « qu'il trouvoit bien et sûrement la ville entre leurs mains et la leur laissoit, » et en concourant k l'agrandissement de la place qui, en 1594, fut entourée par lui d'une enceinte de pierre de taille, flanquée de bastions et de courtines. Deux ans plus tard, Henri IV défendit aux gouverneurs de Toulon d'établir aucun lieutenant en leur absence, voulant que le soin et la charge de la ville fussent laissés aux consuls. Louis XIII et Louis XIV maintinrent les Tou-. lonnais dans leurs privilèges. Richelieu, qui enrichit Toulon de nombreux magasins et d'un commencement d'arsenal, eu fit plu sieurs fuis sous Louis XIII le point d'arinemeut, de réunion ou de refuge des flottes quo commandèrent, de 1636 à 1643, le comte d'Harcuurt, l'archevêque de Bordeaux d'Escoubleau de Sourdis et autres grands amiraux de l'époque. Dès lors, Toulon (ou Tholon, comme on disait encore) fut le premier port de la Méditerranée et eut même le pas sur Marseille. En 1642, Louis XIII accrut l'importance civile de la ville en enlevant à Hyères pour le donner à Toulon le tribunal de la sénéchaussée, présidé par un lieutenant du sénéchal de Provence. Louis XIV ne demeura pas en arrière, et avec son règne commence la grande époq .e de Toulon. C'est de Toulon que partirent les grands armements qui furent faits durant ht minorité du monarque, entre autres la flotte du marquis de Brézé et celle du maréchal de La Yleilleraie. Pendant les troubles de la Fronde, Toulon tint le parti du comte d'Alais, gouverneur de Provence, qui y trouva asile contre les mécontents. Plus tard, le comte d'Alais ayant embrassé le parti des princes, Toulon suivit sa fortune et devint le refuge de la faction dite des Sabreurs. L'arrestation du comte obligea les sabreurs à entrer en négociation avec la nouveau gouverneur de la Provence, Louis de Vendôme, duc .de Mercœur, 1» neveu de

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Mazarin. Aux termes des conventions qui intervinrent, Toulon fut maintenu dans tous ses privilèges municipaux. Les forces de la ville contribuèrent, en 1C60, à la soumission <le Marseille. La même année, Louis XIV se rendit à Toulon, le visita et donna des ordres exprès pour le curage du port; mais les travaux marchèrent lentement et ne furent exécutés que dix ans plus tard. Malgré ces travaux, ce port, encore étroit e't incomplet, laissait à peine soupçonner ce qu'il serait bientôt. Vauban proposa un plan gigantesque qui fut d'abord repoussé comme trop coûteux, puis accepté partiellement; mais l'exéculion s'en fit aussi attendre longtemps. Tels qu'ils étaient, le vieux port de Toulon et son arsenal servirent de point de départ à plusieurs armements assez considérables destinés à réprimer les puissances baibaresques ou à combattre la coalition de l'Espagne et de la Hollande, depuis l'année 1670 jusqu'à l'année 1677. C'est de là que partirent Vivonne (1675) et Duquesne, dont la flotte gagna, avant d'avoir atteint Messine, une première victoire sur les Hollandais (7 janvier 1075), victoire bientôt suivie de celle du Mont-Gibel, où Ruyter trouva la mort. Le 22 avril 1677, un incendie, en détruisant une partie île Toulon , facilita l'exécution des plans de Vauban. « La paix ayant été conclue en 1679, dit l'historien qui nous fournit ces détails, M. Guérin, un second port, nommé la Nouvelle darse, communiquant à l'ancien par un chenal et dans lequel cent vaisseaux de ligne devaient pouvoir tenir à l'aise, y fut creusé, comme par enchantement. L'arsenal prit un aspect monumental et une étendue immense. On vit s'élever do magnifiques chantiers couverts, de vastes magasins; tout ce qui est nécessaire à la construction , à l'approvisionnement o"U à l'armement des vaisseaux, à la fabrication de leurs appareils ou de leurs agrès eut son édifice particulier près du port neuf; une eordei ie, bâtie eu pierre de taille sur les dessins de Vauban et entièrement voûtée, se développa sur une longueur de 320 toises; la voilerie présenta aussi une longueur extraordinaire ; une salle d'armes, une fonderie^ de canons, un parc d'artillerie, de grands bâtiments pour l'administration générale de la marine, des hôpitaux militaires, des écoles, une vaste place appelée le Champ-de- Bataille, autour de laquelle s'élevèrent plusieurs monuments, entre autres l'hôtel de la marine, firent enfin de Toulon en peu de temps une ville moderne qui relégua la vieille cité dans un coin obscur. » C'est de Toulon, ainsi transformé, que Duquesne partit une première fois, en 1681, pour aller contraindre les Tripolitains à cesser leurs pirateries ; une seconde fois, en 1G82 (12 juillet), pour aller bombarder Alger; enfin, une troisième (mai 1684) pour aller bombarder Gênes. Vers le même temps, la ville, par suite de la grande importance qu'elle venait d'acquérir, devint le siège de l'intendance de la marine du Levant, et, en 1C89, la vice-amirauté du Levant ou de lu Méditerranée ayant été constituée, ce fut aussi a Toulon qu'elle eut son siège principal. En 1689, la guerre générale éclata de nouveau, comme on le sait, contre Louis XIV. Nous nous bornerons ici à indiquer par ordre de date les expéditions dont Toulon fut le point de départ dans cette guerre. C'est de Toulon, alors le port de constructions navales le plus actif du royaume, qu'en 1690 un grand nombre de vaisseaux nouvellement gréés allèrent joindre dans l'Océan la flotte deTourville; Us étaient destinés à contribuer à la victoire de Beveziers, sur la côte d'Angleterre.

En 1694, la flotte de Toulon, forte seule- ' meut de 30 vaisseaux, sous les ordres de TourVille, ne s'en rendit pas moins maîtresse delà Méditerranée-, deux ans- plus tard, ce fut à Toulon que se firent les préparatifs secrets d'une descente en Angleterre, descente devenue sans objet par suite de la chute de Jacques II. L'avènement de Philippeaux de Pontehartruin au ministère vit, commencer la décadence de Toulon; la dernière flotte importante qui en sortit sous le règne de Louis XIV, le 22 juillet 1704, commandée par lecoiuledeToulouse,grandamiral de Frmrfce, alla livrer, près de Velez-Mulaga, à la flotte anglo-batave uu combai brillant, malgré une énorme infériorité de forces.

En 1707, l'ennemi, comptant ayoir facilement raison de la France épuisée, résolut de lui porter le dernier coup eu l'envahissant au midi. Pendant qu'une armée allemande et piémoutaise, commandée par Victor-Amédée, duc de Savoie, et le célèbre prince Eugène, investissait Toulon par terre, la flotte anglubatave, forte de 46 vaisseaux de ligne et de 29 galiotes à bombes et brûlots, lui fermait la mer. Ce fut le premier grand siège de Toulon. Aptes un bombardement qui n'eut d'autre résultat que d'endommager . plus ou moins 600 maisons environ, les alliés, découragés, ayant épuisé leurs munitions et essuyé des pertes immenses, levèrent le siège et évacuèrent précipitamment toute la Provence.

Peu de temps après, le célèbre corsaire Cassard partit Ue Tuulon avec la petite escadre à l'aiile de laquelle il fit sur les Hollandais des prises considérables.

Sous la Régence, Toulon fut désolé, en mémo temps que Marseille, par une peste terrible (1720). Au mois de janvier 1721, au téiuoiguage d'un historien contemporain, le

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fléau redoubla d'intensité; il enleva jusque dans l'hôtel de ville les consuls Gavoty et Mocrin et ne disparut que vers le milieu du mois d'août, après avoir fait 15,783 victimes. Comme à Marseille, les autorités se signalèrent par leur dévouement. .« Le premier consul d'Antrechaux , dit l'écrivain déjà cité, les consuls adjoints, Jacques Portalis et André Tournier, et les commissaires généraux, Garnier de Fonsblanche et Pierre de Creyssel, les officiers de marine de Beauvais Thomas et d'OrveS-Martiny, ainsi que l'évêque de Toulon , La Tour-du-Pin-Montauban , déployèrent un courage admirable et furent pourtant assez heureux pour échapper à cette horrible mortalité. "Vers la même époque eut lieu à Toulon la scandaleuse affaire du Père Girard et de la Cadière, que l'on peut lire à l'article que nous lui avons consacré. V. Cadière.

En 1743, La Bruyère de Court, doyen des lieutenants généraux des armées navales de Louis XV, livra en vue du port de Toulon un combat fort vif aux amiraux anglais Rowley et Lestock, qui étaient venus bloquer une escadre espagnole hivernant dans la rade. L'ennemi dut battre en retraite, et l'escadre espagnole, protégée par notre flotte, fut assez heureuse pour gagner Carthagène. La Bruyère de Court rentra à Toulon le 13 avril avec quatre prises anglaises. Dans le cours de la même guerre, en 1747, les troupes de Marie-Thérèse et du roi de Sardaigne envahirent !a Provence et menacèrent Toulon, tandis que la marine anglaise se présentait encore une fois devant les côtes ; mais la bonne contenance de la ville et le souvenir du siège de 1707 suffirent à préserver la ville do toute attaque.

En 1756 partit de Toulon l'expédition qui eut pour résultat la prise de Minorque et de Port Mahon. Trois ans plus tard, le ministre de la marine, Nicolas Berryer, corrompu par l'or de l'Angleterre et déclarant que la France n'avait pas besoin de flotte, mettait en vente les vaisseaux des portaet les • apparaux > des magasins.

Toulon était désert quand le ministre Choiseul lui rendit une partie de son activité passée. Lorsqu'éotata la Révolution, Toulon fut le théâtre de désordres assez graves. Le célèbre club des Adorateurs de la liberté devint maître absolu du gouvernement de la ville, dont il expulsa les fonctionnaires. Le contreamiral de Flotte, nouveau commandant de la marine, fut pendu au cours de ces troubles devant la porte de l'arsenal. Peu de temps après eut lieu le second siège de la ville (1793).

Pour châtier Toulon, la Convention décréta, sur la proposition de Barère, que la ville serait rasée, qu'il n'y serait conservé que les établissements nécessaires au service de là guerre et de la marine, que le nom infâme de Toulon serait supprimé et que cette . commune s'appellerait Port- la - Montagne. Fréron, se chargeant de l'œuvre de démolition, requit à cet effet 12,000 maçons des départements environnants. Heureusement, il n'eut pas le temps de détruire et de raser la ville ; le bon sens du pays l'en empêcha.

Toulon reprit son nom après le 9 thermidor. La réaction s'y montra violente, et la République eut à vaincre plusieurs révoltes, tant de la population que des ouvriers du port et même des matelots.

Le 13 mars 1795, la flotte commandée par le contre -amiral Martin rentra à Toulon après un vif combat contre l'escadre anglaise en vue du cap Noli.

Un an plus tard se firent dans le port les préparatifs de la célèbre expédition d'Egypte; elle mit à la voile le 19 mai 1798, et on connaît le désastre qui l'anéantit à Aboukir. Le 13 juin 1801, le contre-amiral Lenoir partit de Toulon pour une expédition plus heureuse et qui aboutit à la victoire d'Algésiras, gagnée sur une escadre anglaise trèssupérieure en force. Vers le même temps, c'est-à-dire sous le Consulat, Toulon, qui était déjà un chef-lieu d'arrondissement du Var, devint le siège d'un arrondissement maritime. Son premier préfet fut le contre-amiral Vence. ' '

C'est à Toulon qu'en 1804, afin de mieux tromper l'enuemi, Napoléon fit préparer presque tout l'armement naval destiné à soutenir la flottille de l'Océan qui menaçuit l'Angleterre. De là parlireuten 1805 Villeneuve et Brueys, dont la flotte, réunie à celle de l'amiral espagnol Gravina, devait perdre peu après la bataille de Trafalgar, qui porta un coup désastreux à la marine française. Néanmoins, à dater de 1808, la rade de Toulon vit encore mouiller dans ses eaux une escadre considérable, confiée tour à tour au commandement des vice-amiraux Ganteaume, Allemand et Emerian ; mais cette escadre fut presque constamment bloquée parles Anglais. En 1814, une division, composée de 2 vaisseux partis de Toulon, alla livrer à l'ennemi un mémorable combat en vue des Iles d'Hyères. Ce fut comme un reflet fugitif des meilleurs temps de notre marine. L'Empire tomba. Toulon lui était redevable de deux nouveaux bassins de construction et d'un système de défense plus complet, auquel contribuait puissamment le fort l'Empereur. De Tuulon parôit, sous la Restauration, l'escadre française commandée par le viceamiral de Rigny et destinée à la campagne de Grèce, que termina si brillamment la victoire de Navarin.

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En 1830, c'est encore à Toulon qu'eurent lieu les préparatifs de l'expédition d'Alger, et c'est du port que partit la flotte considérable à laquelle fut due la conquête de notre grande colonie.

Enfin, les guerres d'Orient et d'Italie donnèrent au port de Toulon une animation, un aspect et un caractère qui rappelèrent las grands jours de la marine sous Louis XIV et sous Louis XVI.

Toulon e-st la patrie de Louis Féraud, avocat au parlement de Paris et orientaliste distingué (1645-1099); du chevalier Paul, célèbre marin du dernier siècle; de Milet-Mureau, ancien ministre de la guerre, rédacteur du Voyaye-de La Pérouse; du marquis de Chabert, lieutenant général des années navales et membre du Bureau des longitudes; du peintre Saint-Simon , du sculpteur Vassé, du vice-amiral Truguet, des généraux Laurin et Rose, d'Ortolan, professeur de droit et savant légiste ; du poète Ch. Poney et de M. Louis Jourdan, publiciste contemporain.

Toulon (SIEGE de). Tandis que soixanté-dix départements s'insurgeaient contre la Convention, que les royalistes se mettaient partout à la tête des mouvements insurrectionnels et que Lyon s'apprêtait à soutenir un siégé meurtrier contre les années de la République, une trahison ourdie habilement livrait aux Anglais le port de Toulon (20 août 1793). Depuis longtemps ils entretenaient des intelligences dans cette ville, lorsque l'amiral Hood, commandant une de leurs escadres dans la Méditerranée, envoya à la municipalité de Toulon un bâtiment parlementaire avec une proclamation promettant à la ville secours et protection si elle voulait reconnaître Louis XVII. Après une longue et tumultueuse délibération, les sections acceptèrent. Une seconde proclamation fixa les conditions auxquelles l'amiral anglais consentait a recevoir en dépôt et à garantir la ville, ainsi que le port de Toulon : Louis XVII devait être reconnu roi de France; la flotte française, forte de 18 vaisseaux de ligne, serait désarmée dans le port et on ramènerait à terre les batteries de la rade. A ce prix, Hood s'engagea à prendre possession de la ville et du port au-ooui du roi de France, pour être rendus à la paix. La flotte française, animée d'une noble indignation contre ce marché conclu sur les bases d'une connivence criminelle, essaya de s'opposer à l'entrée de la flotte anglaise; mais les batteries de terre menacèrent de tirer sur elle, et les équipages de 7 vaisseaux seulement réussirent à se retirer; le reste tomba au pouvoir des Anglais, qui prirent aussitôt la garde des postes de terre et de mer et occupèrent la ville sans opposition. Bientôt une escadre espagnole, aux ordres de l'amiral Langara, se joignit à eux et débarqua 8,000 hommes qui occupèrent les forts environnants. Les Anglais essayèrent de se rendre maîtres des gorges d'Ollioules , seul passage par où l'on pût communiquer avec l'intérieur du pays; mais le général Carteaux, parti de Marseille le 28 septembre, rit échouer leur attaque et resserra l'ennemi dans l'enceinte des ouvrages extérieurs de la vilie. En même temps, l'armée qui avait soumis Lyon fut envoyée pour réduire Toulon, avec plusieurs divisions de celle d'Italie. Ces troupes avaient à leur tète un homme qui, à l'intrépidité, joignait le coup d'œii militaire le plus prompt et le plus sûr, Aimé de ses soldats, il savait leur communiquer l'ardeur qui supplée à l'expérience et il avait l'art de les tenir soumis à une sévère discipline. Sous ses ordres commandaient d'excellents généraux, tels que Lapoype, Laharpe, Mouret et Garnier; l'artillerie était dirigée par un jeune homme de vingt-quatre ans, encore inconnu, et qui allait commencer à ce siège fameux la plus extraordinaire carrière militaire dont parle l'histoire ; c'était Bonaparte. Ici, pour la suite des opérations, • nous ne pourrions que répéter ce que nous avons déjà dit ailleurs. Nous renvoyons donc le lecteur à nôtre article Bonaparte; il y trouvera les détails les plus complets.

Toulon (vues de), tableaux de Joseph Vernet, au musée du Louvre. Ces Vues, au nombre de trois, font partie de la célèbre suite des Ports de France, que M. de Mariguy chargea Vernet de peindre pour le roi Louis XV. Dans l'itinéraire que M. de Marigny dressa à l'intention du peintre, voici ce qui est dit à l'égard de Toulon : « Ce port, avec la petite et la grande rade, peut former plusieurs projets de tableaux, et il parait qu tl eu faudrait au moins trois : l'un qui comprendrait, avec quelques détails, les deux darses, en mettant dans une partie le lancement a l'eau d'un vaisseau de guerre et dans l'autre l'équipement d'une escadre, et observant l'exactitude du local autant qu'il sera possible, pour les emplacements des vaisseaux désarmés et des bâtiments civils de l'arsenal. Un autre tableau serait pour une escadre de vingt vaisseaux prêts à partir de ia petite raue, avec quelques galères, flûtes et autres bâtiments. Enfin, un troisième tableau serait pour représenter la rentrée d'une escadre eu grande rade par un mauvais temps. Dans ce tableau, on peut comprendre les lies d'Hyères, pour mieux caractériser la grande rade de Toulon. » Joseph Vernet ne s'est conformé qu'à demi à ces prescriptions de l'itinéraire; il s'est occupé, avant tout, de faire des tableaux I mouvementés, pittoresques, et il a choisi les

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oints de vue et les épisodes qui lui ont paru .es plus propres à cet effet, i Evidemment, dit M. Lagraoge {Joseph Vernet et la peinture au xvme siècle), l'itinéraire a été rédigé par un homme de mer; il indique toujours comme sujet principal à encadrer dans la vue topographique un épisode maritime caractéristique de la localité. Au contraire, J. Vernet fait de la vue topographique la motif central du tableau, et il broda tout autour, comme une guipure élégante, les épisodes de figures ou de paysages terrestres que la localité lui fournit. L'homme de mer met en panne devant le port; du pont de son bâtiment, il découvre la terre, ainsi qu'un panorama; il cherche le caractère dans les bâtiments qui tiennent la mer autour de lui. Le peintre fait de la mer la toile de fond, amène les bâtiments à quai et ne craint pas de reculer dans l'intérieur des terres pour miedx composer son tableau. Il cherche aussi le caractère loJ cal, mais il le déplace, et de maritime il le fait pittoresque, t

■ La première Vue de Toulon peinte par Vernet est prise d'une bastide située à micôte de la montagne à laquelle la villa est adossée; une foule de figures animent les premiers plans. Ce sont des Toulonnais et des Toulonnatses qui viennent sa reposer et se distraire à la campagne; les uns arrivent en voiture, d'autres sont montés sur des ânes ; d'uutres Ont préféré gravir à pied les sentiers rapides de la montagne. Les premiers venus sont déjà occupés à jouer aux boules ou se livrent à d'autres amusements ; dos chasseurs apportent du gibier. Au loin se déroulent la ville et lu rade de Toulon. Ce tableau porte l'inscription suivante : • Peint par Joseph Vernet à Toulon, 1756. »

La seconde Vue est prise de l'angle du parc d'artillerie; des canons, des bombes, des piles de boulets garnissent les premiers plans du tableau ; des soldats et des employés de navire vont, viennent, travaillent au milieu de cet encombrement; les uns nettoient le3 pièces d'artillerie ou les changent de place ; les autres transportent les projectiles; des officiers font faire l'exercice à leurs hommes. Quelques curieux examinent tout ce inouve- / ment; parmi eux on reconnaît le peintre, à qui l'intendant de la marine et divers autres personnages font les honneurs de l'arsenal. Dans le fond, on aperçoit le port Neuf rempli de vaisseaux. Des vapeurs argentines estompent ce lointain. Ce tableau est un des meilleurs qu'ait peints J. Vernet.

La troisième Vue est prise du côté des magasins aux vivres, sur le quui du port Vieux. Des officiers surveillent l'embarquement de provisions à bord des vuisseaux du roi. Au fond se déroule une partie du port Neuf. Ce . tableau est signé et daté de 1756.

Les trois compositions-que nous venons de décrire oint été exposées au Salon de 1757. Elles ont été gravées par Cochin et Le Bas. Plusieurs autres Vues de Toulon ont été peintes par divers artistes; il nous suffira de citer : la Vue d'une partie du port et de la rade de Toulon, lors du départ de Bonaparte pour l'Egypte, tableau exposé par Jacques Tuurel au Salon de 1801 ; Vue de ta rade de Toulon, prise des envirous d'Hyères, par Rioois (Salon de 1839) ; la Vue de la rade de Toulon, prise de la Seyne, par Louis Lottier (Salon de 1841); la Vue de l'entrée de la grande rade de Toutou, prise du fort Lamalgue, par Auguste Einerio (Salon de 184 1); la Rade de Toulon au soleil couchant, par V. Courdouan (Salou de 1857) ; une Vue a\e Toulon, par Morel-Fatio (Salon de 1857) ; une Vue des environs de Toulon, par Auguste Aiguier (Salon de 1865);une Vuedelaradede 2'oulou prise du coteau des Tamaris et une Vue de Toulon prise du fort Napoléon, par A. de Curzon (Salons de 1S72 et de 1873J. M. Bonhomme a exposé un ISOS deux gravures représentant la Nouvelle fonderie de Toulon, Au musée de Versailles est un tableau d'Al. Pérou , qui a été exposé au Salon de 1839 et représente là Reprise de la ville et dupori de Toulon en 1793.

TOULON, village de l'Allier, canton et arrond. de Moulins; 917 hub. Belle église romane, classée parmi les monuments historiques; antiquités gallo-romaines.

TOULON , ruisseau de lu Dordogne. II prend sa source ui>x environs de Péiigueux. et va se perdre daus l'Ille. Ce ruisseau met en mouvement, dài sa naissance, deux moulins, une fabrique de cadis et d'éiaïuines et une scierie mécanique. A sa sortie du roc Calcaire, c'est, dit M. Célestiu Port, un abîme couvert de joncs, de mousse et de nénufars, dont on n'a pu mesurer la profondeur. Le déb.t apparent de l'eau en cet endroit est de 1,200 mètres cubes paï vingt-quatre heures; mais dans l'intérieur du gouffre s'ouvrent des fissures bien autrement importantes, puisque le débit journalier est évalué à 20,000 mètres cubes. A 300 mètres de là, c'est presque une rivière. Deux inscriptions du musée do Périgueux attestent que ia source fut utilisée pattes Humains. » Une légende rapporte que l'ennemi ayant empoisonne t'Iile, l'armée tïanque, campée dans la plaine, allait périr île soif et de misère, quand l'empereur Churlemugue , frappant le sol de la pointe de sou epée, en lit ruisseler la source libératrice. >

TOULON-SUK-ARROUX, bourg de France (Saône-et-Loire), ch.-l. de canton, urrond. de Charolles, sur la rive gauche de l'Arroux, uu confinent de la rivière des Pontins ; pop.

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aggl., 1,234 hab. — pop. tôt., 1,832 hab.Beau pont en pierre de 13 arches ; église remarquable par son ancienneté. Toulon occupe l'emplacement d'une station romaine (Telonum), et de curieuses médailles sont fréquemment découvertes dans ses environs.

TOULONGEON {Jean de), grand maréchal de Bourgogne, né vers 1380, mort vers 1424. Il entra de bonne heure au service de Jean sans Peur, se signala par sa bravoure et par son aptitude pour les affaires et acquit beaucoup de réputation pendant les guerres civiles qui déchirèrent la France. Devenu un des chefs de l'armée du duc de Bourgogne , il se distingua particulièrement à la prise de Paris, de Pontoise, de Chartres, de Mortlhéry et reçut du duc Philippe le Bon, en récompense de ses services, les fonctions de gouverneur et de capitaine général des états de Bourgogne (1422), ce qui faisait de lui le second personnage de l'Etat. En 1423, il prit le commandement de l'année des Bourguignons, qui se joignit à celle des Anglais, remonta l'Yonne jusqu'à Coulanges, détruisit ' à Crevant la seule armée que Charles VII eût sur pied et interrompit par là toute communicnti-m entre les provinces où ce prince rognait et les provinces où il avait des partisans. Toutefois, des Ecossais et un corps de cavalerie italienne vinrent au secours de Charles VIL Le maréchal de Bourgogne se trouvait devant Mâcon, dont la place était sur le point de se rendre, lorsque tout à coup les Italiens, renforcés par des compagnies lyonnaises, fondirent sur sa troupe et la taillèrent en pièces. Toulongeon fut lui-même fait prisonnier et mourut peu après.

TOULONGEON (Antoine de) , homme de guerre bourguignon , frère du précédent , mort en 1432. Il combattit longtemps auprès de son frère pour le duc de Bourgogne, s'efforça en ni 9, mais en vain, de détourner Jean sans Peur de se rendre à l'entrevue de Montereau, où ce prince fut assassiné, et fut chargé peu après, par le duc Philippe le Bon, de se rendre en Angleterre pour y demander des secours. Apres la mort de son frère, vers 1424, il lui succéda comme gouverneur et grand maréchal de Bourgogne et continua à prendre une grande part aux guerres qui déchiraient U France. Il reprit Crevant et Mailly, lit lever le siège de Corbigny et remporta près de Bulgné ville, dans les Vosges, malgré l'infériorité du nombre, une victoire complète sur les troupes de René d'Anjou (2 juillet 1431). Ce prince étant tombé entre ses mains, Toulongeon l'envoya à Dijon, reçut de lui pour rançon, l'année suivante, 200,000 écus d'or et mourut peu après. — Son frère, André de TOULONGEON, fut , de 1418 à 1420, grand écuyer de France, se démit de cette charge après la rupture du duc de Bourgogne avec le roi de France, assista a la bataille de Vimeux (1421), fut chargé en 1429 d'aller demander en mariage, pour le duc Philippe le Bon, la fille du roi de Portugal, Isabelle, qu'il amena en Bourgogne, et il épousa lui-même une tille naturelle du duc. André mourut dans le Levant, où il s'occupait des préparatifs d'une croisade.

TOULONGEON (Marie-Marguerite-Josèphe d'Aubigné, marquise de), femme auteur, née à Paris en 1746, morte à Fontainebleau en 1805. Elle était tille de Cécile de Boufflers et de Louis d'Aubigné, dernier rejeton de la maison d'Aubigné, célèbre par M">a de Maintenon et par Agrippa d'Aubigné. A dix-neuf ans, elle fut unie au marquis de Toulongeon, lieutenant général des armées du roi et commandant de Besançon. Pendant la Révolution, Mme de Toulongeon fut jetée en prison, et resta à Sainte-Pélagie jusqu'après le 9 thermidor (27 juillet 1794). Mise alors en liberté , elle se retira à Fontainebleau , où elle mourut ù l'âge de cinquante-neuf ans. Elle a laissé un ouvrage, fruit de ses souvenirs et de ses loisirs à Fontainebleau : Lettres de la Vendée jusqu'au mois d'août 1793 (Paris, 1801, 2 vol. in-12).

TOULONGEON (François-Emmanuel, comte db), général, constituant, littérateur français, né au château de Champlitte (Haute - Saône) en 1743, mort en 1812. Il tit ses études au séminaire de Saint-Sulpice, mais renonça à la carrière ecclésiastique, à laquelle on le destinait, pour embrasser celle des armes. Il se lia avec les hommes les plus distingués de son temps et se démit de son régiment des chasseurs de Franche-Comté, dont il était colonel, pour se livrer tout entier aux lettres. Nommé député de la noblesse aux états généraux, il se réunit au tiers état avec la minorité de son ordre, s'occupa principalement de l'organisation de l'année, de l'instruction publique, et des ponts et chaussées et vota toujours avec les libéraux modérés. A la Un de la session, il se retira dans sa terre de Sozoy (Nièvre), s'occupant de science, de philosophie et de compositions artistiques, L'Institut lui ouvrit ses portes dès 1797. En 1802, il prit place au Corps législatif, où il fut renommé en 1809. Ses principaux ouvrages sont : Principe* naturels et constitutifs des assemblées nationales (1788, in-8°) ; Manuel révolutionnaire ou Pensées morales sur l'état politique des peuples (1796); Histoire de France depuis la Uéoolutioude 1789(1801-1810, 7 vol. in-8u), avec cartes et plans, livre que l'on peut encore consulter avec fruit pour la partie militaire; Manuel du ^fuséum français

TOUL

(Paria, 1802-l<508); Recherches historiques et philosophiques sur l'amour et sur le plaisir (1807, in-8°), poëme en trois chants; une traduction des Commentaires de César (1813, 2 vol. in-8°). — Son frère aîné, le marquis de Toulongeon, émigra et devint lieutenant général au service lie l'Autriche.

TOULONNA'S, AISE s. et adj. (tou-lo-nè, è-ze). Géogr. Habitant de Toulon ; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les TouloNNais. La popxûation toulonnaisk.

TOULOS, lac de la Russie d'Europe, gouvernement d'Olonets, à 220 kilom. de Povimnetz, par 63» 30' de latit. N. et 28» 20' de longit. E.; 44 kiloin. du N. au S. sur 10 kilom. de largeur. Il renferme quelques lies et offre des côtes très-découpées.

TOULOU s. m. (tou-lou). Ornith. Syn. da coucal, genre d'oiseaux voisin des coucous.

TOULOUBBE ou TOLOUBRB (Ccemts), rivière du département des Boiiilies-du-Rhône. Eli ; prend sa source près du village de Venelles, arrond. d'Aix, coule à l'E.-N.-O. jusqu'il Pélissane, où elle tourne au S.-O., passe près de Salon et va se perdre dans l'étang de Berre, à peu de distance de Snint-Chamas, après un cours d'environ 50 kilom. « Dans la partie inférieure de son cours, dit le Dictionnaire géographique- universel, la Touloubre est encaissée par des bancs de rochers qui, en plusieurs endroits , ont été visiblement taillés de main d'homme; ce prodigieux travail ne peut être attribué qu'aux Romains ; il a été fait pour recevoir les eaux de la Durunce, et il est probable que le Canus était navigable et qu'on pouvait, de l'étang de Berre, remonter par ce canal à Salon, et de là à Pertuis, sur les bords de la Durance. Aux collines de Gros-Majour, près de Grans, sur la rive gauche de la Touloubre, on trouve encore des ruines assez considérables et deux restes d'anneaux de fer scellés dans le rocher ; selon la tradition du pays, il y avait dans ce lieu une ville romaine. Entre Granset Saint- Chamas, le sol est coupé de collines qui renferment des bassins sans écoulement et qui étaient originairement des lacs : tels sont eaux de Cubasse, de Combas, de Belval ou Cros-du-Vent ; ces bassins ont été desséchés au moyen de canaux souterrains, qu'on a creusés et taillés dans le roc, pour conduire les eaux dans le lit de la Touloubre. Ces canaux existent encote et servent au même usage; ils sont évidemment l'ouvrage des Romains. Toute la partie du lit de la Touloubre qui est entre Corniilon et son embouchure a été taillée dans le roc, et c'est sur cette partie du canal que s'élève le fameux pont Flavien. »

Non loin de Saint-Chumas, la Touloubre est traversée par deux ponts très-remarquables; l'un, sur lequel pusse le chemin de fer de Paris à Marseille, secompose de quaranteneuf arches à plein cintre et a 305 mètres de longueur; l'autre, dont la fondation remonte à l'époque de la domination romaine, porte le nom de pont Flavien. « Il se compose, dit M. Ad. Joanne, d'une seule arche à plein cintre, appuyée contre des rochers. A chacune d6 ses extrémités s'élève un arc corinthien, couronné d'une frise extérieure. Au-dessus de l'entablement, supporté par des pilastres, est sculpté un lion. Ce pont, vraiment remarquable par ses belles proportions et par son élégante simplicité, mesure 2im,40 de longueur et 6m,20 de largeur ; la hauteur des arcs jusqu'au-dessus de l'entablement est de 7 mètres. »

TOULOUBRE (Louis Ventre, seigneur db La), jurisconsulte et littérateur provençal. V. La Touloubre.

TOUI.OUCOUNA s. m. (tou-lou-kou-na).

Bot. Espèce du genre carapa.

TOULOUNG, ville de laGuinée supérieure, sur la côte de Sierra-Leone, dans le pays de Bullom.

TOULOUSAIN, AINE s. et adj. (tou-louzain,è-ue). Géogr. Habitant dé Toulouse; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les Toulousains. La population toulousaine,

TOULOUSAIN, ancien petit pays de France, dans le Languedoc, dont Toulouse était le cheflieu. Ce pays est compris aujourd'hui dans les départements de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonnel

TOULOUSE, ville de. Franco, ancienne capitale du Languedoc, aujourd'hui chef-lieu du département de la Haute-Garonne , à 146 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur les deux rives de la Garonne et au point de jonction des canaux du Midi, Latéral et Saint-Martory ; pop. aggl., 100,582 hab. — pop. tôt., 124,852 hab. La population de Toulouse augmente d'année en année dans des proportions considérables ; elle n'était que de 59,639 hab. enl831. Siège d'une cour d'appel et de tribunaux de première instance et de commerce, d'un archevêché qui a pour suffragants les évèchés de Montauban, de Pamiers et de Carcassonne ; quartier général de la dixième division militaire; université coinprenant une Faculté de droit, une Faculté des sciences, une Faculté des lettres, une école de médecine et de pharmacie; lycée, école vétérinaire , observatoire , école des beauxarts et des sciences industrielles, Académie des Jeux floraux; bibliothèque publique, mu-

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sées, nombreux établissements de bienfaisance, etc. L'arrondissementde Toulouse comprend l2cantons. 130 communes et 203,254 hab.; 159,979 hectares de superficie. Entrepôt véritable des départements du Midi : commerce de blé. Industries principales : éhénisterie, chapellerie, impression d'indiennes; préparation des cuirs et maroquins; fabriques de draps, de papiers, de faux, de limes et d'acier, de carrosserie et de sellerie; vitraux renommés.

Toulouse est divisée par la Garonne en deux fractions inégales: sur la rive droite est la ville proprement dite; sur la rive gauche s'étend le faubourg de Saint-Cyprien, qui a été en partie détruit par l'inondation de 1875. Ce faubourg, d'une superficie égale environ à la moitié de ia ville haute, offrait une énorme agglomération de maisons défectueusement construites et dont la plupart n'ont pu résister à la violence des eaux; la ville haute elle-même est mal bâtie, laide, monotone, aux rues étroites, tortueuses et mal pavées; mais elle s'embellit tous les jours et possède un grand nombre de monuments intéressants. Au moyen âge, quatre ponts de bois faisaient communiquer les deux rives de la Garonne : le pont de Comminges, le pont Vieux, le pont Neuf et le pont du Bazaele. Ces ponts ont été successivement emportés par les inondations. Un seul pont de pierre traverse aujourd'hui la Garonne; c'est le pont Neuf, construit au xvi« siècle, aux frais de la ville. Le 7 janvier 1543, on jeta avec une grande pompe le fondement de la première pile; la deuxième fut faite l'année suivante, la troisième en 1553, la quatrième en 1560 , la cinquième en 1576 , la sixième en 1579. En 1626, il ne restait plus qu'une arcade à faire, tous les piliers étant fondés dans l'eau, nous apprend l'annaliste de l'hôtel de ville. Les plus habiles architectes de la province travaillèrent à la construction du pont Neuf, sous la direction de Nicolas Bachelier, qui n'eut pas le bonheur de voir son œuvre achevée et qui en légua la continuation à son fils Dominique, aidé de Souffron. L'arc de triomphe, massif et lourd, qui s'élevait & l'extrémité du pont, sur la rive gauche, fut construit sous Louis XIV, par François Mansart. Il portait d'un côté ia statue de Louis XIII à cheval , de l'autre une inscription en vers latins, gravée en 1667, a la louange du duc de Verneuil, fils naturel de Louis XIV. Cet arc de triomphe a été démoli. A l'extrémité du pont Neuf s'élève le Cliàteau-d'Eau, dû à M. Abadie et divisé en trois parties : le soubassement, la tour et le lanternon, d'une hauteur totale de 23 mètres. Ce Château-d'Eau, construit en 1824, peut fournir par jour 5 millions de litres d'eau filtrée distribués par 120 bornes-fontaines, 12 gerbes, 5 abreuvoirs et 5 fontaines monumentales. Le pont Saint-Michel a été construit en 1842. "Deux de ses arches seulement sont bâties dans le lit de la Garonne ; les antres reposent sur des Ilots que forment en cet endroit les bras du fleuve. Le pont de Tunis est un pont de brique terminé en 1516; il relie la rive droite de la Garonne a l'île deTounis.langun de terre bornée d'un côté par le fleuve et de l'antre par le canal de fuite des moulins du château. Avant la Révolution, cette Ile jouissait de nombreux privilèges ; les criminels qui parvenaient à s'y réfugier y trouvaient un asile presque toujours respecté par la justice. Le quai le plus important de Toulouse s'étend du pont Neuf au moulin du Bazacle, sous les noms de quai de la Daurade, quai de Brienne et quai Saint Pierre; il a été construit en 1765 par le cardinal Etienne-Charles de Loménie de Brienne, archevêque de Tou-louse. Deux statues ont été élevées par les Toulousains en L'honneur des hommes illustres nés dans leur ville. La statue.de Cujas orne, depuis 1850, la place du palais de justice. A l'extrémité de l'allée La Fayette, lires du canal de la Gare, se dresse la statue de Riquet, sculptée en marbre blanc par M. Gritfoul-Duval, Riquet est représenté debout, un manteau jeté sur les épaules, tournant le dos au canal. L'inscription suivante a été gravée sur le piédestal : '

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