V. ANIMAL
- TOURTERELLETTE s. f. (tour-te-rè-lè-te
— dimin. de tourterelle). Ornith. Petite tourterelle.
TOURTERON, bourg et commune de France (Aidennes), ch.-l. de canton, arrond. et à 20 kilom. de Vouziers ; 600 hab.
TOURTERR1ÈRE s. f. (tour- tè-riè - re). Techn. Gros rouleau d'atelier, pour le transport des fardeaux très-lourds.
TOURTIA s. m. (tour-ti-a). Miner. Conglomérat siliceux qui, dans certaines parties du bassin de Paris, remplace le grès vert.
TOURTIÈRE s. f. (tour- tiè-re — rad, tourte). Art culin. Plat dans lequel on fait cuire ou l'on sert les tourtes : Une tourtière d'argent.
— Fam. Appartement excessivement chaud:
C'est une tourtière que ce salon.
TOURTOIRE s. f. (tour- toi -re). Chasse. . Baguette avec laquelle on bat les haies et les buissons.
TOURTOUKAI, ville de la Turquie d'Europe (Bulgarie) ; 8,000 hab. Entrepôt de sel importé de la Valachie.
TOURTODR, village de France (Var), cant. de Salernes, arrond. de Draguignan, sur une hauteur remarquable par la beauté de ses sources, la fraîcheur de ses vallons et de ses plateaux; 608 hab. C'est au pied de la tour de Grimaud que Grimaldi, seigneur d'Antlbes, . battit les Sarrasins.
TOURTOURO s. ra. (tour-tou-ro — rad.
tourte). Arborie. Variété de prune, qu'on ue mange guère que confite ou en marmelade.
TOURTRE s. f. (tour-tre — du lat. turtur, même sens). Art culin. Tourterelle : Un plat de tourtres. il Vieux mot.
TOURVBS, bourg de France (Var), cant. et arrond, de Brignoles, sur la rive droite du
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Carami, dans une plaine fertile, au milieu de laquelle s'étendent trois lacs; pop. nggl., 1,990 hab. — pop. tôt., 2,270 hab. Aux environs se dressent les belles ruines du château de Valbelle, dont le balcon était orné de dix magnifiques colonnes. Au milieu des ruines s'élève un obélisque, grossière imitation de la pyramide de Sextius, à Rome.
TOCRV1LLE (Anne-Hilarion db Cotentin, comte dh), illustre marin, né au château de Tourville (Normandie) en 16-12, mort à Paris en 1701. Il entra à quatorze ans dans l'ordre de Malte, fut embarqué à dix-huit sur les galères de la religion et, malgré les railleries du chevalier d'Hocquincourt, qui le considérait comme ■ un Adonis plus propre à servir les dames de la cour qu'à supporter les fatigues de la mer, • montra une héroïque bravoure dans les courses contre les Barbaresques ■ et se fit une telle réputation que Louis XIV voulut le voir et le nomma capitaine de vaisseau. En 1669, il fut envoyé, sous le duc de Beaufort, au secours de Candie, assiégée par les Turcs, se distingua dans la guerre contre les Hollandais (1671-1673), commanda, en 1675, un des vaisseaux de l'escadre envoyée au secours des Messinois révoltés contre l'Espagne, fut élevé, l'année suivante, au grade de chef d'escadre, prit part aux brillantes expéditions de Duquesne contre les Algériens et les Tripolitains, après la paix de Nimègue, et purgea la Méditerranée de ces corsaires (1683). Il eut aussi la plus grande part au bombardement d'Alger, ainsi qu'à celui de Gênes (1684) et à l'expédition contre la Hollande (1688). Après s'être emparé de deux vaisseaux hollandais, il alla de nouveau bombarder Alger, qu'il ruina presque entièrement (août 1688). L'année suivante, il reçut le titre de vice-amiral des mers du Levant. Chargé du commandement d'une escadre pour soutenir, avec d'Estrées, la cause de Jacques H, Tourville appareilla de Toulon avec une escadre de 20 vaisseaux (juin 1689), rejoignit l'escadre du comte de Château-Renaud, rencontra la flotte ennemie qui n'osa l'attaquer et porta des secours et des munitions en Irlande. Le 10 juillet 1690, il rencontra, prés de l'île de \Vight, une flotte anglo-hollaudaise à laquelle il livra combat et lui fil subir une perte de 15 navires, dont 10 furent pris et 5 brûlés. Bans cette bataille navale, l'amiral français ne perdit pas un seul bâtiment. Peu après, il arriva dans la baie de Tingmouth, où il détruisit et brûla 12 navires et s'empara des marchandises que portait un convoi considérable. Sur l'ordre de Louis XIV, il quitta le port de Brest, on mai 1692, pour aller combattre la flotte anglo-hollandaise, forte de 88 vaisseaux. Tourville n'en avait juste quo lu moitié. Ce fut à la hauteur de La Hogue qu'il rencontra les forces alliées. L'ordre exprès qu'il avait reçu de combattre l'er^jemi « fort ou faible ■ l'empêcha de se replier en face de forces aussi disproportionnées. Tourville, monté sur le Soleil-Royal, de 106 canons, combina ses dispositions de manière que chacun de ses vaisseaux eût à soutenir le choc de deux adversaires. Malgré des prodiges de sang-froid et de vuleur, il éprouva un grave éthec. (V. Hogue.) En 1693, il fut nommé maréchal de France, fit une admirable campagne navale, gagna la bataille du cap Saint,- Vincent et lit éprouver aux alliés (Anglais et Hollandais) d'énormes perles. Après la paix de Ryawiok (1697), sa santé affaiblie ue lui permit plus de supporter les fatigues de la mer, et il termina sa glorieuse carrière dans la retraite. La marine lui dut en partie l'organisation des classes, la réunion eu un corps des principes de la tactique navale, ainsi que plusieurs autres progrés importants. « Ii possédait en perfection, ait Samt-Simon, toutes les parties de la marine, depuis celles du charpentier jusqu'à celles d'un excellent amiral. Son équité, sa douceur, sou flegme, sa politesse, la netteté de ses ordres, les signaux et beaucoup d'autres détails particuliers très-utiles qu'il avait imaginés, son arrangement, sa justesse, sa prévoyance, une grande sagesse aiguisée de la plus naturelle et de la plus tranquille valeur, tout contribuait à faire désirer de servir sous lui et d'y apprendre, t Tourville avait épousé, eu 1690, la veuve du marquis de La Popelinière, Louise. Laugeois, dont il eut un fils, Louis- Hilarion Tourville, qui devint colonel et trouva la mort à la bataille de Deuain (1712). On a sous son nom des Mémoires (1742 et 1758), qui ne sont qu'un roman informe et invraisemblable composé par l'abbé Margon.
TOUUY, village de France (Eure-et-Loir), canton de Janville, arrond. de Chartres; 1,374 hab. « Ce village, dit M. Célestin Port, rappelle deux de nos vieux postes français. Philippe Desportes se plut à l'habiter. Bieu que les revenus de ses bénéfices s'élevassent à 12,000 écus, il ne voulut pas quitter son cher Toury pour d'autres demeures plus somptueuses. lLrefusa même l'archevêché de Bordeaux, afin de ne pas changer u'habitudes. Bu reste, sa simplicité allait jusqu'à la négligence. Un jour, Henri 111 lui dit : « Je aou- » ble votre pension, afin que vous ue vous • présentiez point devant moi que vous ne ■ soyez plus propre. » Mathurin Régnier, Je neveu ue Despoites, s'essuya plus u'une fois à la satire dans les jardins où son oncle l'abbé traduisait des psaumes en vers français, pour se faire pardonner ses rimes ga-
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lantes. Comme son oncle, il eut des bénéfices et des pensions; mais, moins sage, il usa sa. vie dans les plaisirs, et, déjà vieux k trente ans, il mourut de décrépitude à quarante. Il s'était fait cette épitaphe :
J'ai vécu sans nul pensement,
Me laissant aller doucement
A la bonne loy naturelle ;
Et je m'étonne fort pourquoy
La mort daigna songer & moy,
Qui ne songeai jamais en elle.
» A quelque distance de Toury, dans un gros bourg nommé Janville, naquit un autre poëte, Colardeau, dont le nom serait aujourd'hui oublié s'il n'avait, dans un moment d'inspiration, rimé VEpiire d'IIéloïse à Abaiiard. On peut visiter à Toury un dolmen et des débris d'un château du xne siècle. Dans l'église, précédée d'un porche du xme siècle, on remarque des arcades ogivales, coupées par des colonnes reposant sur des pleins cintres géminés. Ce bel édifice a été malheureusement mutilé par l'administration municipale, qui en a converti une partie en magasin à fourrage. • .
Le 5 octobre 1870, les Allemands y éprouvèrent un échec.
TOURZEL (Louise-Elisabeth-Félicité-Françoise - Artnande - Anne- Marie- Jeanne- Joséphine DB Croy d'Havre, marquise, puis duchesse de) gouvernante des enfants de France, née à Paris en 1748, morte en 1832. Son mari, le marquis de Sourcbes-Tourzel, fut, duns une des chasses de Fontainebleau, en 1786, renversé par le cheval qu'il montait, lancé contre un arbre et mourut des suites de cet accident. La duchesse de Polignac ayant donné sa démission de gouvernante des enfants de France et, sous prétexte d'aller prendre les eaux, ayant émigré dès juillet 1789, Mme de Tourzel fut nommée à ces importantes fonctions. Mme de Tourzel donna jusqu'à la fin de sa vie aux Bourbons les preuves d'une fidélité et d un dévouement inaltérables. En 1789, quelques jours avant la prise delà Bastille, lu marquise de Tourzel, q'ui con- } naissait plusieurs officiers des gardes-françaises, leur avait vivement reproché de ne pas empêcher leurs compagnies, dont on annonçait la défection, de se mêler au peuple. Le l«r octobre suivant, elle accompagna la reine et ses enfants au repas qui fut donné a Versailles par les gardes du corps aux officiers du régiment de Flandre. Le 5 octobre, elle monta dans la voiture qui ramena la famille loyale k Paris. Le départ du roi pour Montmédy avait eu lieu dans la nuit du 20 au 21 juin, ■ Louis XVI et Madame Elisabeth sortirent d'abord à pied par la grande porte du château; à onze heures trois quarts, Ja reine les suivit; Monsieur, le dauphin et Madame Royale, accompagnés de la marquise de Tourzel, avaient précédé et attendirent Leurs Majestés pendant une heure sur la place du Petit-Carrousel... » (Eckurd, Souvenirs historiques.)
D'autres auteurs, au contraire, prétendent que la marquise de Tourzel ne fut pus prête à l'heure tixée pour le départ, et que ce retard de quelques minutes avait été cause de l'arrestation ultérieure du roi.
Ramenée k Paris avec les fugitifs, la gouvernante reprit son service au château des Tuileries, mais gardée à vue par deux officiers de la garde nationale. A la journée du 20 juin 1782, Mme de Tourzel aida la reine à échapper k la recherche de ceux qui avaient envahi le château, et, grâce k sa vigilance, la reine put gagner à temps un passage secret, dont la porte, adroitement coupée dans les lambris sans que rien la décelât, donnait accès dans une chambre où la reine et sa suite se réfugièrent. Le 10 août, elle était à l'Assemblée nationale avec lu famille royale et la princesse de Lamballe. Le 13 août, le roi fut transféré au Temple avec sa famille. Mm&de Tourzel et sa fille montèrent dans la même voiture et furent détenues dans la même prison, d'où ou les enleva dans la nuit du 19 au 20 août pour les conduire a la Force. Elles comparurent le £ septembre devant le tribunal révolutionnaire et n'échappèrent kla mort que par le dévouement de Hardy, membre du. conseil général de la ville de Paris; d'autres disent par celui de Manuel. Elles se cachèrent à Vinuenues, où elles restèrent durant six mois sans sortir jamais. A la nouvelle de la mort du roi, M'"e Ju Tourzel quitta Vincennes et alla vivre k la campagne.
Arrêtée en avril 1794, elle fut remise en liberté après le 9 thermidor ; et, à peine en liberté, elle lit des démarches pour obtenir de visiter la fille de Louis XVI, détenue au Temple ; cette permission lui fut d'abord accordée, puis retirée. Quand cette princesse fut remise à l'empereur d'Allemagne, par suite d'un échange que fit l'Autriche avec les conventionnels livrés par Duinouriez, Mme de Tourzel et sa tille l'accompagnèrent à Vienne ; mais le mariage projeté de la fille de Louis XVI avec un prince autrichien n'eut pas de suite, la princesse ayant résisté k toutes les sollicitations qui lui furent tuiles à ce sujet et ayiuit fini, dit-on, par déclarer que c'était pour obéir aux dernières recommandations de son père qu'elle refusait, et que c'était par Mme de Tourzel que ces recommandations lui avaient eié transmises.
Mm<> de Tourzel, mise en état de suspicion, fut arrêtée de nouveau. Mais sa captivité
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ne fut pas longue ; M. de Béarn, qui avait épousé tout récemment Pauline Tourzel, réussit à faire sortir de Paris sa femme et sa belle-mère.
Napoléon les exila pendant quatre années, et quand elles rentrèrent en France, elles n'eu furent pas moins assujetties jusqu'en 18H à la surveillance de la police impériale.
Louis XVIII récompensa cette fidélité :
une ordonnance du mois de janvier 1817 éleva la marquise de Tourzel à la dignité de duchesse héréditaire, et ce titre fut réversible surson petit-fils, son fils étant mort. — Sa fille, Marie-Churlotte-Pauline-Joséphine db Tourzel, née à Pari3 en 1771, morte au château de La Roche-Beaucourt (Dordogne) en 1839, fut dame d'honneur de la duchesse d'Angoulêine et épousa, en 1797, le comte de Béarn, qui devint chambellan de Napoléon. On a d'elle un ouvrage intitulé Souvenirs de quarante ans (1789-1830); Récits d'une dame de Madame la dauphine (Paris, 1861, in-12), ouvrage posthume.
TOUS adj., pi. de TOUT.
TOUS s. m. (touss). Entom. syn. de toas.
TOUSÉ (Charles-Eugène), acteur français, né k Paris le 18 septembre 1834. Après avoir suivi les cours du Conservatoire, il entra en 1861 aux théâtres de la banlieue, que dirigeait Larochelle, et accompagna ensuite une troupe en province, où il resta deux ans, jouant indistinctement l'opéra-comique, le drame, la comédie et le vaudeville. De retour à Paris, il débuta au Gymnase dans le Tyran en sabots. Comme on le reléguait au dernier plan, il accepta l'année suivante un engagement pour le petit théâtre du Luxembourg. Il y obtint, par son jeu plein de naïveté et de naturel, le plus vif succès dans un grand nombre de revues, notamment Coucou la voilà ! Houle la bosse ; Cocher, à Bobina ! etc. Devenu pensionnaire du Chàtelet, où il remplaça Colbrun, il interpréta avec non moins de succès le Secret de miss Aurore; Claude Bigorre de la Jeunesse du roi Henri; Pitou, Jules et Titi de la Lanterne magique; Riquiqui de Cendrillon ou la Pantoufle merveilleuse (1868); le Champenois du Naufrage de lu Méduse; Panel des Coniques. Après la fermeture du Cbâtelet (12 mai 1870), il fit une courte apparition aux Variétés, puis passa au Chfiteau-d'Eau, où il joua le rôle d'Alain dans la Queue du chat (1871). Il débuta enfin à l'Odéon au mois de septembre 1873 par les rôles de Gros-Rénô du Dépit amoureux, de Lucas du Médecin malgré lui et d'Alain de X Ecole des femmes. Il se fit applaudir ensuite dans Petit Jean des Plaideurs, dans M. de Pourceaugnac et surtout dans Thomas Diafoirus du Malade imaginaire, son meilleur rôle de l'ancien répertoire. Il créa successivement Trousquin du Docteur Bourgnibus; Astringent du Docteur Sans- Pareil ; Gourdet de la Maîtresse légitime ; Bernard du Troisième larron (février 1875). Premier régisseur et inspecteur du matériel de l'Odéon, M. Tousé est err outre un excellent professeur de déclamation. — Sa femme, Mme Angèle TousÉ, née également à Paris, a joué la comédie en province avec son mari. Retirée du théâtre depuis quelques années, elle a composé plusieurs proverbes; une comédie, les Mariages d'automne; le Suif polonais, parodie du Juif polonais (1869), et un vaudeville en un acte, Madame a vu Ruy Blas, sous le pseudonyme de Gell (Beaumarchais, janvier 1873).
TOOSELLE s. f. (tou-zè-!e. — Ce mot est le féminin du vieux français tosel, imberbe, damoiseau, proprement tondu, lisse; diminutif du bas latin tosus, qui représente le latin ionsus, tondu, participe passé de ion^ dere, tondre). Agric. Variété de froment sans barbe, cultivée dans le Midi.
TOUSEZ (Etienne-Augustin, dit Aleide),
acteur du Palais-Royal, né en avril 1S06, mort à Paris le 23 octobre 1850. Il était fils d'un poêlier-fumiste. Un de ses frères, Léonard Tousez, tenait aux Variétés l'emploi des jeunes premiers; sa belle-soeur, M™* Tousez, mère de l'acteur Régnier, jouait au Théâtre- Français. Il voulut, lui aussi, embrasser la carrière dramatique et débuta en 1825 à la banlieue, dans le rôle de Nérestan de Zaïre, Après avoir rempli pendant quelque temps les jeunes premiers de la tragédie, qui n'allaient guère a ses allures burlesques et à son masque grêlé, il s'essaya k reproduire le répertoire de Brunet, de Vernet et d'Odry, et réussit, à la grande satisfaction des dilettauti du théâtre du Mont- Parnasse. Le bruit de ses succès retentit jusqu'au Palais-Royal, où il fut appelé et où il débuta le 6 avril 1833, dans le Valet de ferme, par le rôle de Maclou, Le public le reçut avec bienveillance et devina du premier coup tout ce que ce nez grotesque, comiquement effilé, cette voix éraillée, cette tête bouffonne, mais surtout ce regard niaisement langoureux, piomettaientde soirées amusantes. A compter de ce moment, chaque création nouvelle d'Alcide Tousez fut un succès. Son répertoire ne eompte pas moins de cent quarante rôles, qu'il a joués pendant son séjour de dix-sept années au Palais-Royal ; étrange collection de caractères, où le grotesque règne en souverain et où la nigauuerie s étale complaisaminent sous toutes ses faces. Aussi, comme ses personnages ont entre eux une parenté très-visible,
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a-t-on dit qu' Aleide était parfois monotone. Une des pièces où il s'est le plus distingué est Paris voleur; il représentait un provincial typique nouvellement débarqué dans la capitale, tellement infatué de lui-même que les supercheries dont il est victime, loin de diminuer ses sottes prétentions, ne font que les augmenter. L'effet produit par ses blondes boucles de cheveux, son air d'une suffisance indescriptible ne se peuvent imaginer; qu'on ajoute k cela la volubilité d'un débit dont le peu de clarté paraissait fort désopilant, puis cette façon particulière k l'acteur de chanter le couplet et qui semblait un défi jeté aux , oreilles. Tel était Aleide Tousez dans ses meilleurs jours, c'est-à-dire lorsqu'il était encore plus enroué et plus grêlé que de coutume. Alors il jouissait de tous ses moyens et aurait fait crever de rire l'Heraclite le plus atrabilaire. Aleide Tousez, moins naturel que Vernet et moins épuré qu'Arnal, se montrait sans rival dans le genre particulier des rôles où les bêtises les plus sublimes et le ridicule usurpent la place de l'esprit et de la satire. Il manquait parfois de verve, la finesse lui faisait défaut; mais il avait ce rare mérite de n'imiter personne. Dans son répertoire, nous citerons encore : la Pèche aux beauxpères, VAumânier du régiment, les Bains à domicile, les Pommes de terre malades, la Chambre à deux lits, le Camp de Saint-Maur, le Mobilier de Rosine, etc. Sa dernière création a été la Première lance de l'Allemagne. Il a signé quelques petits ouvrages, par exemple : la Vie de Napoléon racontée duns une fête de village (1834), qui est plutôt une scène épisodique qu'une pièce. Il était de cette classe -d'acteurs qui, par leurs mœurs et leur conduite, s'attachent k réhabiliter aux yeux du monde la famille théâtrale, que les préjugés d'une autre époque atteignent quelquefois encore. Après de longues souffrances et une agonie affreuse, il est mort âgé seulement de quarante-quatre ans, et le Vaudeville, qui n'a qu'une manière u'esprimer la'douleur, s'est écrié en agitant ses grelots en cadence :
• Aurait-on cru, toi qui nous fis tant rire,
• Qu'un jour enfin tu nous ferais pleurer?... — Sa fille, Mlle AlixTouSKZ. «été engagée au théâtre des Folies-Dr.miatiques en février 1863. Elle a joué dans Peau d'âne.
TOUSKAH, rivière de la Russie d'Europe, gouvernement de Koursk.EUe prendsasource dans le gouvernement de Koursk,sur la limite de celui d'Orel, arrose la ville de Koursk et se jette dans le Seim, par la rive droite, après un cours d'environ 150 kilom.
TOCS-KOUL, lac de l'empire chinois. V.
Touz-Koul.
TOUS-LES-SAINTS (baie de) [Bahia de Todos-os-Santos], baie du Brisil, province de Bahia, par 13» de latit. S. et 41» de longit. O. ; 40 kilom. de l'E. k l'O., sur 32 kilom. du N. au S. L'Ile d'Ilaparica occupe une grande partie de son étendue. Une plaine fertile s'étend sur ses bords.
TOUSSAIN (Jacques), en latin Toiunua, helléniste français, né à Troyes vers ia fin du xv* siècle, mort k Paris en 1547. 'Il se rendit de bonne heure à Paris, où il suivit les leçons de Guillaume Budè, acquit des connaissances approfondies en philosophie et en jurisprudence et s'attacha d'une façon toute particulière k l'étude du grec. Vers 1532, François Ia» nomma Toussain professeur de langue grecque au Collège royal. Cet érudit occupa sa chaire avec une grande distinction et forma, entre autres élèves, Turnèbe, Henri Estienne et Frédéric More!. Il fut longtemps lié avec Erasme, avec qui il finit par se brouiller. Outre des poésies latines, on lui doit un Dictionnaire grec et latin, publié par Fréd. Morel (Paris, 1552, in-fol.); des éditions des Lettres de Budé (1526), des Epigrammes de Jean Lascaris (1527), de la Sphère de Proclus, etc.
TOUSSAINT s. f. (tou-sain — de tous et de saints). Liturg. Fête catholique qui se célèbre le 1er novembre, en l'honneur de tous les saints.
— Prov. A la Toussaint, les blés semés, les fruits serrés, Au mois de novembre, il faut avoir semé son blé et enfermé ses fruits. Il Entre la Toussaint et Noël, ne peut trop pleuvoir ni venter, Les vents et les pluies qui régnent dans cette saison sont utiles aux récoltes.
— Encycl. Fête de la Toussaint. Rétablissement de cette fête dans l'Eglise romaine a son origine dans la dédicace que fit, en 607, le pape Boniface IV, de l'église du Panthéon, à Rome. L'ancien temple païen fut dédié à la Vierge et k tous les martyrs, et prit le nom de Notre-Dame-des-Martyrs.
Vers l'an 731, le pape Grégoire III érigea une chapelle en l'honneur de tous les saints, dans l'église de Saint-Pierre de Rome; depuis ce temps, la Toussaint ou fête de tous les saints a toujours été célébrée k Rome. En France, cette fête s'introduisit en 837, sous le rè^ne de Louis le Débonnaire, k l'occasion du voyage de Grégoire IV dans ce pays. Elle fut bientôt adoptée dans toutes les provinces.
L'Eglise grecque célébrait cette fête dès le îve siècle; elle était placée au premier dimanche après la Pentecôte, et l'un des sermons de saint Christophe roule sur ce sujet. Dans l'Eglise romaine, elle est fixée depuis I
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Grégoire III au 1" novembre. L'office, que Pie V a refait presque entièrement pov;r lui donner une plus grande solennité, contient quelques morceaux remarquables, tels que 1 oraison de la messe de Vigile, Ornlio de Spiritu-Sancto;les antiennes et les répons delà messe du jour, les leçons du second nocturne et l'hymne : Placare, Christe, servulis.
TOUSSAINT (Pierre), en latin Tossanus, un des premiers et des plus zélés partisans de la Réforme, né en 1499, mort en 1573. Toussaint commença' ses études à Bâte et trouva un protecteur dévoué dans la personne d'Erasme, dont il embrassa peu à peu les idées. Venu ensuite k Paris, il se lia avec Lefèvre d'Etaples. A l'exemple de ses maîtres, Toussaint ne voulut point rompre ouvertement avec l'Eglise romaine et, de retour à Metz, il accepta un canonicat du cardinal Jean de Lorraine ; mais, après la mort de Jean Leclerc et de Jeun Châtelain, il dut s'éloigner, comme partisan de Luther, retourna k Bâle, auprès d'Œcolampade, puis devint le compagnon d'œuvre de Furel dans une tentative d'évangélisation faite k Metz. Dénoncé en 1526, il fut jeté en prison, où il resta plusieurs mois. Par la suite, Toussaint fut un moment la chapelain de la duchesse d'Alençon (1528) et reçut le titre de surintendant des églises du comté de Monlbéliard, en 1539. En 1548, il quitta momentanément cette ville à causedes troubles qui y étaient survenus, fut destitué vers 1571 et rétabli après avoir souscrit k la formule de concorde de Wiliemberg (1573). On a de lui deux écrits dont voici les titres : les Choses qui seraient nécessaires à une bonne et sainte réformation; l'Ordre que l'on tient en "l'église de Montbéliard en instruisant les enfants et en administrant les saints sacrements, avec la formule du mariage et desprières (Bâle, 1559, in-16).
TOUSSAINT (Daniel), pasteur protestant, fils du précédent, né k Montbéliard en 1541, mort k Heidelberg en 1602. Il fil ses études à Tubingue et k Paris et se rendit ensuite k Orléans, où il donna des leçons d'hébreu. Eu 1562, il devint pasteur dans cette ville. Arrêté et enfermé dans le château d'Arqués pendant les troubles de la guerre civile, Toussaint dut k la conclusion de !a paix ■ boiteuse et mal assise > de ne pas marcher au supplice. Bien qu'Orléans fût tombé aux mains des catholiques, il n'en continua pas uiuins ' le ministère pastoral , qui offrait les plus grands dangers. En 1569, ceux-ci mirent le feu k une maison où étaient emprisonnés plus de 140 protestants, qui périrent dans les flammes. Toussaint n'eut que le temps de fuir et se retira d'abord k Sancerre, d où il partit pour Montbéliard, k la conclusion de la paix. Il reçut dans cette ville une place de pasteur; mais bientôt les luthériens le mirent en accusation, comme propagateur des doctrines calvinistes, et le sommèrent de coin paraître kStuttgard pour y rendre compte do ses opinions. Toussaint refusa de se présenter. Revenu k Orléans, il assista au terrible spectacle des massacres de la Saint- Barthélémy. Pendant toute une semaine, les catholiques y égorgèrent les protestants. Toussaint parvint à s'enfuir avec sa famille k Montargis, où Renée de France le cacha dans une tourelle de son château. Il gagna ensuite Heidelberg et devint prédicateur de l'électeur Frédéric III, qui le combla de bienfaits; mais, à la mort de Frédéric, l'éleote'ur Louis l'expulsa de ses Etals. Il se retirait "Neustadt, auprès de Jean Casimir, qui le nomma professeur de théologie k l'académie de Neustadt. Mais après la mort de l'électeur Louis, le réfugié fut rappelé k Heidelberg, et il y resta jusqu'à sa mort. Ses ouvrages sont assez nombreux. Nous citerons : Predigten (Neustadt, 1573, iu-4°); Paraphrasis, annotationes, tocorumque prxcipuorum methodica explicatioin Lamentationés Jeremis (Francfort, 1581, in-4°); l'Exercice de l'âme fidèle (Francfort, 1583, in-16); Pastor eoangelicus (Heidelberg, 1590, in-S") avec la Vie de l'auteur par son fils (Aniberg, 1604v in-8<>); Y Arche de Noé (1596); Opéra Ikeologica (Hanovre, 1604, 2 vol. in-4u); le Vray guidon d'un homme chrestien (Genève, 1621, in-8").
TOUSSAINT (Paul), théologien protestant, fils du précédent, mort k Hanau en 1629. Lorsqu'il eut terminé ses études, il fut nommé principal de l'école de Deventer, puis de celle d'Amsterdam. A la suite d'un voyage en Angleterre, il prit à Bâle le titre de docteur en théologie (1599) et fut nommé pasteur cie l'église de Frankenihal. En 1608, l'électeur palatin l'uppeta k Heidelberg et le nomma conseiller ecclésiastique. Député au fameux synode de Dordreoht, il y défendit ardemment le dogme calviniste de la prédestination absolue. On a de lui : Viia et obitus Uanielis Tossuni, publié avec le Pastor evungelicus de son père (Heidelberg, 1603, in-8*>); Catechismus (Hanovre, 1604, in-8°); Phraseologia Terentiana (Oppenheim, 1613, in-8°) ; Inde!» in sucra Biblia locuplettssimus , etc. (Francfort, 1623. iu-fol.) ; Enchiridion locorum communium theotogicorum (Basil., l628,iu-8°),
TOUSSAINT (Samuel), pasteur protestant, frère de Daniel, né k Montbéliard vers 154Ï, Il fit sa théologie k Tubingue et remplit les fonctions du ministère à Vandoucourt, de 15GS a 1589. — Son fits aîné Jean, également
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pasteur, est auteur de : Manuel de dévotion contenant divers discour) des âmes pieuses, recueilli des prières des anciens Pères (Genève, 1620, in-80); Pain quotidien de l'âme dénote de l'amour de Dieu (1621, in-12). -— Un autre de ses fils, Daniel Toussaint, né à Montbéliard en 1590, mort à Heidelberg en 1655, devint, en 1631, éphore du collège de la Supience à Heidelberg, puis remploies fonctions pastorales à Franeenthal , a Bâle, et redevint éphore a Heidelberg. On a de lui : Panegyricus Fr. Spanhemio dictus (Basil., 1649, in-4°); Heidelberga constituta, destitua, restituai (Hanovre, 1650, in-4»), etc.
TOUSSAINT (François -Vincent), littérateur, né à Paris vers 1715, mort à Berlin en 177Ï. D'abord attaché au jansénisme, il se rapprocha du parti philosophique, contribua avec Diderot à la traduction du Dictionnaire de médecine de James, fournit les articles de jurisprudence dans les.deux premiers volumes de Y Encyclopédie et publia, en 1748, son fameux livre des Mœurs, qu'il compléta par des Eclaircissements (1762). Cet ouvrage est un des premiers où l'on ait exposé un plan de morale naturelle indépendant de toute croyance religieuse et de tout culte extérieur. 11 fut condamné au feu, et l'auteur dut se retirer en Belgique, où il fut chargé de la rédaction d'une Gazette française publiée sous' l'influence du cabinet autrichien. Frédéric de Prusse, à qui Toussaint était recommandé et dont les écrits lui plaisaient, l'attira à Berlin, bien qu'il l'eût traité dans sa gazette de brigand du Nord, et lui confia lu chaire de logique et de rhétorique à l'Ecole militaire, place qu'il ne remplit pas avec une grande supériorité. On prétend qu'il revint à la foi cathnlique à son lit de mort. Outre les écrits déjà cités, on a de lui : Essai sur le rachat des rentes et des redevances (Londres, 1751, in-8°); Histoire des passions ou Aventures du chevalier Shroop (La Haye, 17.">l, 2 vol. in-lï), roman philosophique, et diverses traductions.
TOUSSAINT (Claude-François), architecte, né ii Paris en 1781, mort vers 1845. Il établit à Paris une école d'architecture sur un plan nouveau et qui eut beaucoup de succès.
Toussaint devint ensuite contrôleur et inspecteur des bâtiments du roi et membre de la Société académique des sciences. On lui doit, entre autres ouvrages : Traité de géométrie et d'architecture théorique et pratique simplifiée (Paris, 1811-1812, 4 vol. in 8°), son œuvre capitale, dans laquelle il a exposé sa méthode d'enseignement; Mémento des architectes et ingénieurs (Paris, 1825-1830, 8 parties en 3 vol. in-18, avec atlas); Manuel d'architecture (Paris, 1827, 2 vol. in-18) ; Manuel du maçon plâtrier, du carreleur, au couvreur et du paveur (1834, in- 18), etc.
TOUSSAINT ( François - Christophe -Armand), statuaire, né a Paris en 1806, mort dans la même ville en 1862. Fils d'un serrurier, il fil d'abord son apprentissage dans l'titelier de son père; mais la nature l'avait fait sculpteur, et il obtint d'entier chez un ornemaniste, où son habileté instinctive fit rétribuer ussez vite son travail. De seize à vingt et un ans, il se prépara aux études plus sérieuses qui l'attendaient dans l'atelier d'un maître, David d'Angers, chez qui il entra en 1827. L'année précédente, il s'était fait recevoir à l'Kcole des beaux-arts. Menant de front l'école et l'atelier avec une activité sans égale, il arriva au second grand prix en 1832, et David l'encouragea à voler de ses propres ailes sans attendre le premier
frand prix de Rome. En 1836, il exposa au alon une statue eu plâtre, Jeune laboureur trouvant une épée! et un bas-relief funéraire. Des qualités éminentes signalaient ces deux morceaux, habilement exécutés. Ils furent suivis (1837-1838) de Sujets tirés de l'histoire de France, série de bas-reliefs d'une adresse peu commune et composes avec beaucoup de goût. Ed 1839, Jésus-Christ appelant à lui les petits enfants, bas-relief d'un bon sentiment, d'une forme très-sobre, valut à l'auteur une 3e médaille. L'année suivante, l'artiste exposa une Immaculée conception, figure un peu froide. Ces productions n'étaient que le prélude de deux œuvres hors ligne qui sont restées les meilleures de M. Toussaint, et dans lesquelles il se révéla tout entier; nous voulons parler des Deux esclaves indiens portant une torche, dont le succès unanime l'ut consacré par une 2e médaille. Acheté par le ministère, le modèle, fut coulé en bronze et reparut sous celte forme au Salon de 1850. Depuis les Esclaves indiens, Toussaint eut les bénéfices de la notoriété, c'est-â-dire des commandes nombreuses et lucratives. Citons : au grand portail de Sainte-Clotitde, le CArt'sl dans toute sa gloire découvrant les cinq plaies vives , le bas-relief Crucifiement du Seigneur; à Notre-Dame, plusieurs ligures et la restauration du Jugement dernier, tympan de la porte centrale ; la Loi et la Justice, au Palais de justice; au Louvre, un Trophée; à Marseille, un immense bas-relief destiné au palais de la Bourse, dans lequel on voit la Ville de Marseille recevant les produits apportés par les peuples océaniens et tes peuples méditerranéens; dans le couronnement du même édifice, les Armes de la ville, entre le Génie de l'ordre et le Génie de la paix. Le dernier travail du Btatuaire fut le buste en marbre de son maître, David d'Angers.
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La puissance et la correction sont les deux grands côtés du talent de cet artiste, dont le seul défaut serait peut-être d'avoir suivi de trop près David d'Angers.
TOUSSAINT (Anne-Louise-Gertrude), romancière hollandaise, née en 1812 à Alkmaar, où son père, qui descendait d'une famille de protestants français, exerçait la profession de pharmacien. D'une contplexion maladive, elle ne s'en appliqua pas moins assidûment à l'étude, et, bien que ses œuvres ne consistent guère qu'en romans et en nouvelles, on prétend qu elle passa plus de deux ans en recherches pour écrire l'une d'elles, travail préparatoire qui semblerait suffisant pour écrire un ouvrage d'histoire. Elle débuta en 1837 par le roman à'Almagro, que suivirent le Comte de Devonshire (1838) et les Anglais à Home (1840). Le succès de ces publications fut encore dépassé par celui qu'obtint la Maison de Lauernesse (1841 , 2 parties), roman historique de l'époque de la Réformation, qui a été traduit en plusieurs langues. Elle écrivit ensuite son ouvrage le plus remarquable, une trilogie de romans roulant sur l'histoire du comte de Leicester et de son époque et intitulés : Leicester dans les Pays-Bas, les Femmes de l'époque de Leicester et Gédéon Florensz (ensemble 9 volumes, 1851-1854). Mme Toussaint est un écrivain éminemment national, car elle n'emprunte pas seulement les sujets de ses romans à l'histoire de sa patrie, mais encore elle leur imprime le véritable cachet de la langue et des mœurs hollandaises. Douée d'une brillante imagination, elle sait se pénétrer à fond de l'époque et de la scène où se meuvent ses personnages et possède, en outre, un grand tact historique, qui lui permet de peindre avec beaucoup de vraisemblance les événements et les caractères. Elle a épousé en 1851 le peintre Bosboora de La Haye, dont les toiles sont justement estimées, même hors de sa patrie.
TOUSSAINT-LODVEHTURB, célèbre chef des nègres insurgés k Saint-Domingue. V. Loovbrturb.
Tausvaint-Lonweriure, drame de Lamartine. V. LOUVERTURK.
TOUSSAINT DE SAINT-LUC, carme français, mort en 1694. Il fit partie des carmes des Billettes de Bretagne et composa plusieurs ouvrages , notamment : Mémoire sur l'état du clergé et de la noblesse de Bretagne (Paris, 1691, in-8<>); Histoire de Conan de Mériadec (Paris, 1664, in-8°); Mémoire de l'institution de Notre- Dame-du-Mont-Carmel, 1666, in-12); Mémoires et recueils des bulles, édits,etc, du Mont-Carmel (1693, in-8»), etc.
Toussaint le mulâtre, roman de M. Antony Thouret (1834), Ce livre n'est pas un simple roman; il renferme, en dehors de la partie d'imagination, un côté réel, L'auteur l'écrivit sous les verrous, détenu pour plus de trois ans et condamné à plus de 50,000 fr. d'amendes, pour ses opinions républicaines.
Entre Argenteuil et l'Ile Saint-Louis, une petite maison mire dans l'onde sa façade blanchâtre et ses volets verts ; un philosophe, un alchimiste, nommé Spielberg, occupe cette riunte habitation. Venu d'Allemagne en France vers la fin du siècle dernier, Spielberg, jeune, riche et rempli d'illusions , avait épousé une noble demoiselle. A cette époque, il avait pour domestique un nègre appelé Toussaint; des relations s'établirunt entre ce nègre et sa maltresse, et l'époux outragé croyait encore à la vertu de sa femme, lorsqu'elle lui donna un fils mulâtre. Désillusionné , Spielberg va chercher des consolations ailleurs et d'une seconde union, que ne cimente ni lu loi civile ni la loi religieuse , il a un autre fils, nommé Alvar, blanc et beau jeune homme, qui, au début du livre, sa trouve âgé de vingt-cinq anè et président d'une section de la Société des droits de l'homme. En sa qualité de patriote exalté et de chef de club, Alvar est traqué par la police et une primo de 1,000 francs est promise a qui trouvera le moyen de se défaire de lui. Pour gagner cette rétribution, un agent de lu police secrète le provoque dans un café, et, le mémo soir, ils se battent en duel. Légèrement blessé , Alvar tue son adversaire d'une balle dans la tête. Le témoin de l'agent, voyant son collègue mort, jure de le venger. Alvar est arrêté, et là commence à se uérouler l'émouvant tableau de ces persécutions politiques auxquelles l'auteur avait été lui-même en butte. Dans cette partie du livre, c'est sa propre histoire que Thouret raconte ; il y a mis tout ce qu'il avait vu, senti et souffert. Le roman, qui d'ailleurs n'est là que pour servir de cadre, est quelque peu oublié dans ces peintures; mais on le retrouve après la condamnation d'Alvar. Celuici se marie, et il arrive entre Toussaint le mulâtre et la femme de son frère ce qui était arrivé entre le nègre Toussaint et la femme de son maître, Spielberg. Ce crime héréditaire amène une terrible catastrophe qui termine le roman d'une façon tragique.
TOUSSENEL (Alphonse), écrivain français, né "à Montreuii-Beilay (Maine-et-Loire! en 1803. Lorsqu'il eut terminé ses études, il revint à la campagne, où il s'adonna à l'agriculture et commença ses curieuses observations sur les moeurs des animaux. Ayant lu les ouvrages de Fourier, il devint un enthousiaste partisan des idées et du système de ce célèbre socialiste. M. Toussenel se rendit
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alors à Paris (1838), se fit journaliste et devint en 1837 rédacteur en chef du journal la Paix. En 1841, il alla remplir a Bouffarick les fonctions de commissaire civil, dont il se démit l'année suivante à la suite d'un conflit avec l'autorité militaire. De retour à Paris, il prit part à la fondation de la Démocratie pacifique, organe du système phalanstérien, et en devint un des collaborateurs assidus. Après la Révolution de 1848, M. Toussenel fit partie de la commission du travail instituée au Luxembourg. Il publia ensuite, avec F. Vidal, le journal intitulé le Travail a/franchi; mais lorsqu'il vit le triomphe de la réaction et les attaques ardentes dont les socialistes étaient l'objet, il renonçai la politique militante et s'occupa k peu près exclusivement de travaux sur les animaux et sur la chasse, auxquels il doit sa réputation.
M. Toussenel est un écrivain ingénieux, spirituel et paradoxal , un observateur très-fin en même temps qu'un esprit doué d'une fantaisie charmante. Il ne faut pas chercher dans ses écrits de raisonnements suivis. Ce qu'on y trouve, ce sont d'ingénieuses dissertations, pleines d'imprévu, d'aperçus piquants, d<;s causeries fantaisistes, un grand art pour bien présenter le paradoxe , un style familier, où la grâce abonde ; c'est la conversation d'un homme d'esprit, qui, lorsqu'il s'élève, devient poétique par le sentiment. Outre de nombreux articles dans le Globe, dans la flibtiothèque des feuilletons , dans les journaux précités, etc., on doit à M. Toussenel : les Juifs rois de l'époque, histoire de la féodalité financière (1844, in-8», réédité en 1847,2 vol.); YEsprit des bêtes, vénerie française et zoologie passionnelle (1847, in-S"), plusieurs fois réédité, son chef-d'œuvre auquel nous avons consacré un article spécial (v. Esprit des bêtes); Travail et fainéantise (1819, in-8°); Programme démocratique (1849, in-85)-, le Monde des oiseaux, ornithologie passionnelle (l852,in-8°), plusieurs fois réédité etque nous avons apprécié à l'article oiseaux (Monde des); Tristia, histoire des misères et des fléaux de la chasse en France (1863, in-18), etc.
TOUSSENEL (Théodore), littérateur français, frère du précédent, né k Montreuii-Beilay (Maine-et-Loire) en 1806. Il s'adonna k l'enseignement. Longtemps professeur d'histoire au collège Charlemugne, il devint ensuite censeur au lycée Charleinagne (1857), puis fut nommé inspecteur d'Académie, membre du conseil académique et du conseil départemental de la Seine. Outre des articles publiés dans le Temps et dans la Revue de Paris, M. Théodore Toussenel a publié : Précis chronologique de l'histoire de France (1838, in-4°), servant de texte explicatif à des gravures faites pur le procédé Collas, et des traductions du Wilhem Meister de Gœthe (1829), des. Contes d'Hoffmann (1838, 2 vol.), des Traditions allemandes des frères Grimm, etc.
TOUSSER v. n. ou intr. (tou-sé — lat. tussire, rad. tussis, toux, d'où l'on a fait toussir et puis tousser). Chasser l'air des poumons convulsivement et avec bruit : On n'est pas plus le maitre des impressions que l'on reçoit, des sentiments que l'on a, que de tousser et d'éternuer. (M"" du Deffant.)
Il se moucha, cracha, toussa.
Et puis enfin il commença.
Scareon.
— Produire un bruit analogue k la toux, pour donner une sorte d'avertissement : Je tousserai trois fois et vous- sortirez alors.
Le soir, sous ma fenêtre, 11 demeure arrêté; Il tousse, il éternue, et moi, de mon coté,
J'éternue et je toussé
Leorand.
— v. a. ou tr. Fam. Expectorer en toussant : Tousser des crachats. Elle me toussa une de ses dents en plein visage.
Touiscx quand il faudra rougir; musique de Romagnési. Cette chansonnette sans pré-' tention, qui ne manque pas d'une certaine finesse, vaut mieux, k nos yeux, que beaucoup de romances éplorées qui l'ont écrasée de leur succès. Le refrain, particulièrement, nous semble très-heureusement trouvé.
Allegretto.
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le' couplet. Hé quoi! cema-tin, & la
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grand 'ma-itian, je vous pri - e; Tous
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sez,
Tous
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cent I
A lui
ton - gez
quand il fau • dra rou - girl
DEUXIÈME COUPLET. "'
Hier encore & la lecture, Au passage où Vulcain, si laid, Prend, en faisant sotte figure.
Mari et Venus dans son filet.
Voua rites, vous rite»! Fille qui se marie Plus prudemment devrait agirl Toussez, etc.
TROISIÈME COUPLET
Oh! quelle serait ma Goitre 1 Si, lorsque l'on vous ir.arlra.
On vous voyait rire, ma chère^ Au lieu de rougir, ce jour-là!
Je crains, je crains quelque plaisanterie.» Et dans ce coi, comment agir?
Toussez, etc.
TOUSSERIE s. f. (tou-se-rl — rad. tousser). Action de tousser, toux : L'abbé de Marsillac était dans un enrouement et une tousserie pitoyables. (Mme de Sév.)
TOUSSEUR, EUSE a. (tou-seur, eu-za — rad. tousser). Personne qui tousse fréquemment : Un ennuyeux TOUSSEUR.
TOUSS1ÉH, ville de la Turquie d'Asie. V. Tosia.
TOUSSOCL, petit lac de la Tartarie indépendante, dans le Badukhchan, au S.-S.-E. de Vachgherd. Il reçoit une rivière considérable et n'a pas d'écoulement apparent.
TOUSTAIN (Charles du), seigneur de La Mazurie, écrivain français, né a Falaise dans le xvie siècle, mort vers 1590. Il fut lieutenant général de la vicomte de .sa ville natale. Toustain cultiva la poésie et composa des Chants d'amour, des Chants de philosophie et une tragédie à'Agamemnon, publiée en 1557.
TOUSTAIN (Charles-François), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né au Repas en 1700, mort à Saint-Denis, près de Paris, en 1754. I) entra en 1718 dans 1 abbaye de Jumiéges, d'où il passa successivement dans celles de Kécamp, de Bonne-Nouvelle de Rouen et du Bec, et y acquit un savoir étendu. Au retour d'un voyage à Rome (1730), il entra à l'abbaye de Saint- Ouen et y connut le savant dom Tassin, avec lequel il travailla aux ouvrages suivants: Nouveau traité de diplomatique (Paris, 1750 à 1765, 6 vol. in-4", avec fig.); Traduction des œuvres de saint Théodore Studite ; Histoire de l'abbaye de Saint- Wandritle, restée manuscrite. Voici les titres de quelques-uns des ouvrages que composa seul dom Toustain : laVérité persécutée par l'erreur, ete. (La Haye, 1733, 2 vol. in-12); De l'autorité des miracles dans l'Eglise, etc. (in-4°),ete.
TOUSTAIN DE RICHEBOCKG (Gaspard- François DB), littérateur français, né à Richebourg, près d'Aubevoie (Eure), en 1716, mort à Saint-Martin-du-Munoir, près de Montivilliers, en 1799. H servit d'abord dans les gardes du corps, puis dans les mousquetaires, prit part aux guerres de 1741 à 1756, reçut une blessure à Dettingen en 1743 et devint lieutenant des maréchaux de France au département du Havre. Emprisonné pendant la Révolution, il recouvra la liberté après le 9 thermidor. Il avait été reçu à l'Académie de Rouen (1766) pour une Dissertation sur l'origine, la forme et tes changements successifs de l'échiquier et parlement ambulatoire de Normandie. Il a laissé quelques ouvrages manuscrits : Mémoire sur la Pucelle d Orléans ; Histoire du parlement de Normandie depuis son origine jusqu'en 1715, etc. Catalogue historique des vicomtes, baillis et sénéchaux de ta^Normandie; Recherches généalogiques et Historiques de la noblesse de Normandie.
TOUSTAIN DB BICHBBOPHG (Charles- Gaspard de), fils du précédent, né a, Pithiviers (Loiret) en 1746, mort à S&int-Martindu-Manoir en 1836. Également militaire, il devint officier supérieur et commissaire des
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états en Bretagne. On lui doit : Essai sur l'histoire de Normandie ; Généalogie de la maison de Touslain-Frontebosc et divers autres ouvrages.
TOUT, TOUTE adj. (tou, tou-te — du lat. lotus, qu'Eichhoff rapproche du sanscrit tathyas, même sens, mais qui se rapporte plutôt à la racine sanscrite tu, croître, être fort, laquelle se montre en sanscrit dans tavili, il croît, il est fort, dans tavisha, même sens, dans tuvi, beaucoup,- nombreux, ce dernier ne s'employant que dans la composition des mots). Se dit de ce qui comprend l'universalité des parties ou des objets composant l'ensemble : Tous les hommes. Toute l'assemblée. Toute la famille- L'erreur et la nouveauté se faisaient entendre dans toutes les chaires. (Boss.) Presque tous les autels de Jupiter étaient des asiles. (B. Const.) Tous les vices sont de tous les temps. (Mioh. Chev.) li Entier, comprenant l'intégralité de l'objet : Crains Dieu et observe ses commandements, car c'est là tout l'homme. (Boss.) La femme est toute piété, toute tendresse et toute croyance. (Michelet.) La beauté, c'est toute la femme. (Proudh.) Conversation toutb d'esprit, dîner tout de hors-d'œuvre.'[Boa^entt.)
— Complètement ressemblant à ; Vous êtes tout lui. C'est toutk ta figure de sa sœur.
— Chaque : Tout travail mérite un salaire. Tout homme souffre en venant au monde. Elle est bonne en toute manière. Il retourna cet objet en tout sens. Les paons sont comptés parmi les clioses précieuses que la flotte de Salomon rapportait tous les trois ans. (Buff.) Toute science est uccessible à tout homme. (Lamenn.)
Toute passion parle un différent langage.
Boileav.
L'homme est le même en tout temps, en tout lieu.
ÀNCELOT.
— Unique : Cet enfant est toute ma joie. L'amour est aujourd'hui toute l'ambition de la femme. (Mme d'Agout.)
— Accompli, parfait : Ce morceau est, à mon sens, de toute beauté. (Grimm.)
— Tous deux ou Tous les deux, Tous trois ou Tous les trois, Tous les onze, Tout les douze, etc., Les deux , les trois, les onze, les douze, etc., ensemble, à la fuis, pareillement : Les trois plus gros oiseaux que l'on connaisse sont tous trois attachés au climat de la zone torride. (Butf.)
Il est bon de parler et meilleur de se taire,
Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.
La Fontaine.
Tous trois vers ce palais ont pris un vol rapide, Et fous trois, dans les airs en fuyant devant moi, M'ont laissé pour adieu ces mots : ■ Tu seras roi. »
Ducis.
— Tout un, La totalité d'un : Il a mangé tout un pain et bu toute une bouteille.
— Tout outre, Un autre quel qu'il soit : Dans le fond s'élevait une masure sans caractère, ayant plutôt l'air d'une grange que de toutk autre chose. (Th. Gaut.)
— Somme toute, En résumé, au total :
Somme toute, c'est un bon enfant.
— A toutes sauces, De toutes façons ; à toute sorte de choses : Il a eu une fois une idée et l'a mise depuis k toutes sauces. Il emploie ses commis à tout faire, il les met À toutes sauces.
— A toute minute, A chaque instant, trè3fréquemnient : Il sort k toute minute.
— A toute force, Absolument, quoi qu'il puisse en être : // fallut k toute force lui accorder cela. Il voulait partir k toute forcis.
— A toutes jambes, De toute la vitesse de ses jambes, en courant très-fort : II partit À toutes jambes.
— A toute bride, En donnant toute la bride, de toute la vitesse de son cheval, et par extension De toute la vitesse de ses propres jambes.
— A tout hasard, Au risque de ce qui peut arriver.
— Tout à tous, S'accommodant au caractère, aux besoins, aux désirs de tous: Il faut se faire tout k tous. Comme vous savez, j'aime assez causer; je me fais tout à tous et ne dédaigne personne. (P.-L. Courier.)
— Etre tout à, Etre, à tous les points de vue, à la disposition, au service de : Disposes de moi, de mon temps, de ma maison, de mes gens : Je suis toute a vous.
— Se mettre à tous les jours, Se traiter soi-même comme un habit qu'on met tous les jours, se mettre à la disposition de toute sorte de gens, se prodiguer.
— A toutes mains, Bon à tout, propre à tout, décidé à tout : C'est un homme k toutes maîns. || Loc. vieillie.
— De toutes mains, De toutes personnes, a toutes manières, sans distinction ni scrupule : Il reçoit de toutes mains.
— De tout point, De toute façon, à tous les points de vue : C'était un de ces jeunes Anglais irréprochables de tout point. (Th. Gaut.) , — Une fois pour toutes, Une bonne fois ; d'une façon décisive, définitive : Je'vous le dis usa fois pour toutes et ne vous le dirai
plus. Il faudrait, UNE FOIS POUR TOUTES, lui
donner une bonne leçon.
— Tous les avec un nom pluriel expri-
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mant le temps, Chaque, une fois par, avec le même mot au singulier : Toutes Les heures. Tous les jours. Toutes les semaines. Tous les mois. Tous les ans. u Tous les avec un adjectif numéral suivi d'un nom de temps, Une fois dans un intervalle de : Il m'écrit tous les deux jours, toutes les trois semaines.
— Tout le monde, L'universalité des hommes en général, ou les gens d'une certaine catégorie : Tout le monde est mortel. A Paris, tout le monde est au courant de la politique. .
— Tout ce qu'il y a de, L'universalité, la totalité en fait de : Tout ce qu'il y a d'Aounétes gens en France. Il reçoit tout ce qu'il t a de plus distingué dans la ville.
— Tout-ci, Tout-ça, Diverses choses comme celles qu'on va dire : Il lui dit tout-ci, tout-ça, qu'il l'aimait bien, qu'elle était la plus belle du monde... (Mol.)
— En tout bien, tout honneur, Avec des intentions pures, honnêtes : Fréquenter une femme en tout biisn, tout honneur.
— Etre tout yeux, tout oreilles, Etre tout occupé à regarder, à écouter,
— Ce sont tous, ce sont toutes, Toutes ces choses ne sont que : Ce sont tous contes à dormir debout. Ce sont toutes fables ridicules. Ce sont tous discours inutiles. Ce sont toutes raisons peu convaincantes,
— Prov. A tout seigneur tout honneur, A chacun il faut rendre l'honneur qui lui est dû.
— Mar. Tout le monde, Tous les hommes de l'équipage; se dit par forme de commandement ; Tout le monde en haut! Tout le monde à la bande t
— Comin. Fromage de tous biens, Fromage fabriqué avec la crème-et le caillé.
— Pron. indéfini. L'universalité des choses : J'aime tout ce gui est bon. A tout prendre, il avait raison. La magnanimité méprise TOUT pour tout avoir. (La Rochef.) Qui sait tout souffrir peut tout oser. (Vauven.) On ose tout dire à ceux qui peuvent tout entendre. (J. de Maistre.) Tout se tait, tout dégénère, tout se dégrade chez une nation dont ta pensée est esclave. (B. Const.) Atalheur, en amour comme dans les arts, à qui doit tout. (Balz,) L'humanité embrasse TOUT, profile de tout, avance toujours et à travers tout, (Cousin.) Qui doute de tout est disposé à tout croire. (Lateua.)
Tout passe, tout s'écoule et tout se reproduit. Lefranc os Pompiokan.
— Chaque chose, chaque partie : Tout n'est pas bon dans ce qui est bon. Tout ce qui commence finit, tout ce qui nait meurt; tout, dans l'univers, subit de perpétuels changements. (Lamenn.)
— Tous, Tous les hommes en général, ou tous les hommes d'une certaine catégorie : Tous se levèrent comme un seul homme. Tous vous approuveront. Je me présente seul, mais je parte au nom de tous, il faut que tes bons vous aiment, que les méchants uous craignent et que tous vous estiment. (Fén.) La justice envers tous est l'intérêt de tous. (Turgot.) La justice est l'égide de tous et de chacun. (Mme Qe Staël.)
— Tous tant que, L'universalité des personnes que : Tous tant que nous sommes. Tous tant qu'i'J en viendra.
— Tout ou partie, La totalité ou une partie seulement.
— Après tout, En définitive, tout considéré : Je suis le maître, après tout, et 7i'ai pus de raisons à donner.
Il faut dans ce bas monde aimer beaucoup de choses. Pour savoir, après tout, ce qu'on aime le mieux. A. de Musset.
— Comme tout, Au plus haut point, extrêmement : Il est peureux comme tout.
— En tout, En comprenant l'universalité des objets : J'ai reçu bn tout cent écus. Cela fait en tout? — Cinq cents écus. (Mol.)
— En tout et partout, En toutes choses et dans toutes circonstances : // faut en tout et partout se souvenir que les hommes sont faillibles.
— Tout compté, En tenant compte de toutes choses, api es mûr examen : Tout compté, je n'ai pas lieu de me plaindre de lui.
— Tout ce qu'il y a de, Tous les : Tout ce qu'il y a de braves gens au monde.
— C'est tout, Il n'y a pas autre chose : /; travaille deux heures, et puis c'est tout. Il est riche, mais c'est tout ; je ne lui connais pas d'autre qualité.
— Ce n'est pas tout, Cela ne suffit pas ; il y a encore une autre chose : Ce n'est pas tout, t7 faut encore que vous me donniez de l'argent. Ce n'est pas tout, en voici encore.
— A tout prendre, En somme, en considérant toutes choses : A tout prendre, la situation n'est pas mauvaise.
— Avoir réponse à tout, Savoir résoudre habilement toutes les difficultés.
— C'est tout dire, On ne peut rien dire de plus, rien qui soit au-dessus :
Car Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier.
Eoileao.
— Prov. Tout nouveau, tout beau, Le changement plaît, ce qui est nouveau est généralement bien accueilli.
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— Tout y va, la paille et le blé, On n'épargne rien, on prodigue les moyens.
— Jeux. Tout d'une, En jouant au trictrac avec une seule dame les deux nombres amenés.
— Mar. Egal à tous, Pavillon égal en valeur aux dix-neuf autres.
— s. m. Ensemble, objet divisible pris en son entier : Plusieurs touts distincts. Entre l'esprit et le talent, il y a la proportion du tout à sa partie. (La Bruy.) Connaître te tout d'une seule chose, ce serait connaître le tout de toute chose. (Géruzez.) Il vaut mieux être avec le tout qu'avec la partie, Français que Picard, citoyen que privilégié. (Corme- 11 in.)
Que d'un art délicat les pièces assorties N'y forment qu'un seul tout de diverses parties.
Boileau.
II L'universalité des choses : La destruction insensible des êtres et tous les malheurs de l'humanité ne sont comptés pour rien dans le grand TOUT. (J. de Maistre.)
— Objet unique de l'affection : Son mari, c'est son roi, c'est son dieu, c'est son tout. Enfin, il en est fou; c'est son tout, son héros.
Molière.
— Le tout, Tout cela : Il a acheté trois maisons et deux campagnes, le tout pour 100,000 francs.
Elle bâtit un nid, pond, couve et fait éclore A la hâte. Le tout alla du mieux qu'il put.
La Fontaine.
Il L'essentiel, la seule chose nécessaire : Le tout est de ne pas se laisser surprendre. Le tout est de réussir. ("Volt.)
— Le tout pour le tout, Grand risque pour un grand avantage : Jouer lb tout pour le tout.
— Le tout ensemble, Le tout, l'ensemble, toutes les parties prises ensemble : Les parties valent peu de chose, et le tout ensemble ne vaut rien.
— Ce n'est pas le tout, Il y a, outre cela, autre chose à dire ou à faire : Merci de vos compliments; mais ce n'est pas le tout, il me faut de l'argent. Il Ce n'est pas le tout que des choux, il faut encore de la graisse, Ce que nous avons ne suffit pas, il faut encore autre chose.
— Jeux. Troisième partie qui se joue lorsqu'un même joueur a perdu partie et revanche : Perdre partie, revanche et le TOUT. Il Le tout du tout, Quatrième partie jouée après la partie, la revanche et le tout, et dans laquelle on joue tout l'argent précédemment perdu.
It Faire son tout, Risquer tout l'argent qu'on a devant soi.
— Littér. Mon tout, Le mot entier d'une charade.
— Turf. Homme qui exerce une sorte d'espionnage sur les chevaux de course.
— Adv. Complètement, entièrement : Elle se dit tout à vous. Ils sont partis tout contents. Il s'y prendra tout le premier. Il monta tout au sommet. Il a mangé un pain tout entier. Elle était tout en noir. De tout autres lois que celtes de nos révolutions modernes ont régi tes révolutions qui changèrent l'état de la Gaule, du vie au xv« siècte. (Aug. Thierry.)
Celle-ci St un choix qu'on n'aurait jamais cru, Se sentant, a la fin, tout heureuse et tout aise De rencontrer un malotru.
La Fontaine.
Il Complètement, devant un autre adverbe : Tout au moins. Tout de suite. Tout de bon. Tout de travers. Tout franc. Tout net. Tout au plus. Tout bonnement.
— Tout... que avec l'indicatif, Quelque... que avec le subjonctif: Tout savant Qu'il est, il a fait une bévue. Tout infaillibles qu'Us sont, les géomètres eux-mêmes se trompent souvent. (Pasc.)
Tout cassé que je suis, je cours toute la ville.
Corneille.
— Tout en avec un participe présent, Bien que avec le subjonctif : Tout en riant, il vous dit la vérité.
— Tout comme, Absolument comme, aussi bien que : Dans un gouvernement libre, quel qu'il soit, un noble n'est qu'un citoyen tout comme un autre. (Dumouriez.)
— Tout le premier, Le premier avant tous les autres, ou plus que les autres : On regrettera cela, et vous toute la première.
— Tout un, Identique, la même chose :
Pierre ou Jacques, c'est tout un. il Loc. fam. C'est tout un, mais ce n'est pas de même, Cela revient bien au même, mais ce n'est pas la même chose.
— Etre tout à, Etre tout à la disposition de : J'étais fort occupée, mais me voilà libre maintenant et ie serai tout à vous.
— Jeux. Tout à bas, Au trictrac, manière d'avertir qu'on joue les ceux nombres amenés avec les deux dames prises a la pile.
— Mar. La barre dessous, toutt Mettez la barre complètement sous lèvent. Il Sciez tout! Sciez autant que possible avec l'aviron.
— Loc. adv. Tout à fait, V. fait. Il Tout à coup, V. coup. Il Tout d'un coup, V. coup. U Tout de go. V. go, eto, U Tout à l'heure, Tan-
TOUT
tôt, il n'y a qu'un instant : Qu'est-ce que tu avais donc à bourrer tout a l'heure M. Valette? (L. Laya.) Signifie aussi Tantôt, dans un instant : Je reviens à vous tout à l'heure. Il Tout autant, Autant, tout n'étant qu'explétif, ou n'ajoutant qu'une certaine vigueur à l'expression, sans en modifier le sens : ... Mettez une pierre à la place, Elle vous rendra Joui autant.
La FONTAtNB.
Il rôti* plein, Beaucoup, une grande quantité : J'ai tout plein de projets en tête. Il Tout juste, Justement, exactement, précisément et pas plus : It est deux heures tout juste. Il a tout juste de quoi vivre. Il Tout d'un temps, Sans interruption : It expédia tout d'un temps deux ou trois affaires. Il Tout de même, Malgré cela, néanmoins : Je suis mal portant, mais j'irai vous voir tout de même. || Tout au plus, Au maximum, en portant la chose au plus haut point possible : // possède dix mille livres de rente, tout au plus. Il A tout le moins, Au moins : L'Eglise ordonne de communier À tout le moins une fois l'an. Il Tout doux, Avec douceur, avec ménagement : Prenez-le tout doux, ne l'irritez pas. It Interjectiv. :
Tout doux! un amené sans scandale suffit.
RaciisS.
I] Après tout, Dans le fond, après avoir pesé toute chose : Après tout, ce n'est pas moi qui ai tort. Il Du tout, Point du tout, En aucune façon : Etes-vous content? — Du tout. Mon grand voyage ne m'a point du tout fatiguée. (Mme de Sév.) u Du tout au tout, Complètement, absolument, sur tous les points, eD parlant d'une différence : Ils diffèrent du tout au tout.
— Syn. Tout, chaque, V. CHAQUE.
— Gramm. Tout devant un adjectif singulier est variable : 1° quand il signifie un... quelconque : Dans toute grande ville qui est en même temps une ville de guerre; Dans toute autre circonstance ; 2° quand il marque que la chose dont il s'agit est qualifiée par 1 adjectif dans toutes ses parties , sans en excepter une seule : Au langage près, la comédie chez les Romains fut toute athénienne.
Tout devant un adjectif pluriel est variable : l° quand il signifie les ou de... quelconques : Vous emploierez ta prière, la menace et tous autres moyens que vous jugerez convenables; 20 quand il marque que les objets dont il s'agit sont tous qualifiés par l'adjectif, sans en excepter un seul : Ils sont tous malades.
Tout devant un adjectif singulier ou pluriel est adverbe : l<> quand il veut dire tout à fait, entièrement, complètement : Des habits tout couverts de poussière; Aujourd'hui les circonstances sont tout autres, c'est-à-dire tout à fait différentes; 2» quand on peut, sans changer beaucoup le sens, le remplacer par quelque en mettant le verbe au subjonctif : Tout honorable qu'est la profession d'avocat, c'est-à-dire quelque honorable qu'elle soit.
Mais tout, adverbe, n'est pas toujours invariable; il varie, par raison euphonique, quand l'adjectif qui le suit est féminin et commence par une consonne ou un A aspiré : Elle était toute honteuse de sa faute, toute plongée dans sa douleur. 11 reste invariable devant une voyelle ou un A muet, comme on l'a vu dans circonstances tout autres, tout honorables.
Les règles précédentes s'appliquent également quand tout est suivi d'un substantif employé adjectivement sans aucun autre détermiiiatif, et dtivant certaines locutions que l'on considère comme adjectives : Le chien est tout ardeur quand il chasse; Une maison toute en flammes.
Tout est encore adverbe et reste invariable quand il peut être remplacé par quoique ~ce soit, quoique ce fût : Tout en écrivant, ils entendent ce que nous disons.
Tout reste souvent au masculin singulier devant un nom propre de ville : Tout Rome l'a vu, Tout Florence fut illuminée, c'està-dire tout ce qu'il y a d'habitants ou de maisons dans Rouie, dans Florence.
Tout précédé d'un déterminatf et pris dans le sens de chose entière devient un véritable substantif; alors il conserve le t au pluriel : Plusieurs touts distincts les uns des autres. (Acad.)
Tous deux, tous trois, tous quatre s'emploient ordinairement lorsqu'il s agit de personnes on de choses agissant simultanément ; quand il n'y a pas simultanéité, on dit plutôt tous tes deux, tous tes trois, tous les quatre. La même distinction peut se faire jusqu'au nombre dix; néanmoins, il arrive rarement qu'on supprime l'article au-dessus de quatre, et on ne le supprime jamais au delà de dix. Ainsi, l'on doit dire tous les vingt, soit qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas simultanéité. Tels sont les principes, assez arbitraires, que l'Acailémie a cru pouvoir déduire de l'u-age.
Toal cal bien qui Auii bien, comédie en cinq actes, de ihukapeare (1598). Cette pièce est tirée d<i Décameron. Une jeune fille, uoramee Hélène, violemment éprise d'un homme .fort au-dessus d'elle pur sa naissance, le comte Bertrand, obtient du roi la main de ce-ui qu'elle aime , en récompense de ca qu'elle a guéri ce prince au moyen d'un secret que son père, savant médecin, lui a laissé en mourant. Le jeune comte méprise
TOUT
les grâces et la vertu d'Hélène et ne cède que pour obéir au roi ; aussitôt marié, il abandonne sa "femme et s en va chercher les hasards de la guerre pour échapper à un bonheur qui offense sa fierté. Cependant Hélène, par une fidélité inébranlable et à l'aide d'une innocente supercherie, accomplit les conditions presque impossibles auxquelles le comte Bertrand a attaché la promesse de la reconnaître pour son épouse. « L'amour, dit Schlegel, se montre dans cette pièce sous un humble aspect. C'est sous les traits d'une femme qui implore la pitié. Il a contre lui le préjugé de la naissance, et il n'est point encouragé par un tendre retour. Mais dès l'instant qu'Hélène est liée au comte Bertrand par un nœud qui, pour être dédaigné par lui, n'en est paB moins sacré, sa faiblesse devient une vertu. Elle touche par sa profonde affliction et sa longue patience. ■ Johnson témoigne dans ses commentaires de son aversion pour le rôle de Bertrand, et, en ■effet, Shaks|ieare ne donne guère à ce personnage d'autre qualité que la fierté; mais Bertrand a cependant une excuse, c'est que le roi s'est pertnis un acte d'autorité qui, pour un objet aussi personnel que le choix d'une épouse, devient un acte de tyrannie. « Le style de cette pièce, dit Fariner, est fort simple, et l'on ne pouvait guère animer un tel sujet par les vives couleurs de l'imagination. • En-résumé, cette pièce a pour but de prouver que la fidélité et le dévouement d'une femme Unissent toujours par vaincre la fierté et'l'orgueil mal placé de son époux.
Toute lu Grèce OU Ce que peul la liberté,
tableau patriotique en un acte (théâtre de l'Opéra-National, 16 nivôse an II [5 janvier l79*])i paroles du Cousin Jacques, musique de Lemoyne. Ce tableau patriotique avait été imprimé avant sa représentation sous le titre $ Episode civique en deux actes, « fait exprès pour l'Opéra, reçuavec acclamation le 24 septembre dernier, pour y être représenté au plus tôt; ouvrage dédié à la Convention nationale, à la communs de Paris et aux sections de Guillaume-Tell et de Bonne-Nouvelle, d'où sont les deux auteurs. ■ {In-8°, an II.) On y chercherait vainement une fable uramatique; l'auteur n'a voulu présenter que le trait historique de toute la Grèce liguée contre Philippe de Macédoine, qui essayait de l'asservir. Les vaisseaux sont dans le port, les ouvriers font retentir les ateliers et embrasent les forges; les phalanges de douze villes principales arrivent au lieu du rendez-vous avec leurs .bannières, portant chacune une devise républicaine; jusqu'aux enfants qui ne croient pas que leur âge les dispense de servir la patrie et de mourir pour elle. Les femmes, impuissantes pour combattre, prouvent au moins leur patriotisme en sacrifiant leurs bijoux. Philippe envoie un ambassadeur; on ne veut pas le recevoir. Il offre la paix ; on n'en veut pas avec un roi, et la toile tombe sur le cri unanime de toutes les villes liguées : « La guerre ! la guerre! ■ Inutile de faire ressortir toutes les allusions que comportaient les diverses scènes de Toute la Grèce. On les devinera aisément si l'on se reporte aux événements qui préoccupaient les esprits à l'époque où parut sur la scène ce tableau patriotique. Il eut, si l'on s'en rapporte au Moniteur universel, un grand succès et produisit « tout l'effet qu'on en pouvait attendre sur des cœurs républicains. » <je journal ajoute : r La muse du Cousin Jacques, nui en est l'auteur, et qui s'était bornée jusqu à ce jour a des essais comiques, a pris un plus grand essor et a parlé un langage plus énergique. Le compositeur a partiitement secondé les- intentions de l'auteur, et sou talent connu (c'est le citoyen Lemoyne) a su ajouter beaucoup d'intérêt à celui que le poète a répandu dans tous les détails de cet ouvrage. • Sous le litre : Ariette de toute la Grèce, parut un morceau de musique, gravé et pubiie chez Frère, passage du Saumon, qui se composait de six couplets ayant pour refrain :
Mcteirir pour la patrie, C'est le sort le plus beau, Le plus digne d'envie...
Tous le» vaudevilles OU Chacun elle» «ol,
à-propos en un aclH, de Désuugiers et Soribe, pour la réouverture du ihéâtre du Vaudeville (16 août I8l7j. Au lever du rideau, on voit Arlequin occupé à diriger les réparations de la salle. Il fait débarrasser les magasins d'un lourd ballot, contenant toutes les pièces mortes à ce théâtre ; il n'en a conservé qu'un petit nombre :
C'est notre Afficheur Arlequin, Piron, la Danse interrompue ; C'est Colombine mannequin, Barcdoimrtte et V Entrevue; Les Vendangeurs, et caetera.
El je veux, en artiste habile, Ëtayer de ces pièces-la Les colonnes du Vaudeville,
Arlequin reçoit plusieurs visites : c'est d'abord Al. Pont-Neuf, qui n'a pas quitté ce théâtre depuis sa fondation. Impatient de retrouver sou petit ami, il voit arriver un grand liambin à l'air niais ; c'est le Vaudeville Saint-Martin. Il est suivi de ses frère et sœur, M. l'Ambigu et M«>« la Gattè. Ces concurrents, que M. Pont-Neuf suppose être ce qu'on appelle poliment des enfunts naturels, veulent s'emparer du domaine du Vaudeville, dont M. Pont-
TOUT
Neuf se constitue le défenseur. Il survient bientôt de nouveaux prétendants. Un artiste limonadier, l'Apollon du café qui porte ce nom, arrive armé d'une cafetière. C'est un garçon qui connaît la division des genres; il chante :
J'en ai chez moi de toutes sortes, Du punch, du rack et des bons mots, Des pointes et des liqueurs fortes, Des glaces et des madrigaux.
Cher ûtix gourmets et cher aux gr&ces, , Sans jamais me tromper, je mets Du sucre dans mes demi-tasses Et du sel dans tous mes couplets.
Cependant le véritable Vaudeville est revenu de son voyage. Il reçoit à son tour l'Opéra-Comique qu'on a mis aux couplets par régime et qui les brode par habitude. Marton, son interprète, demande :
Où trouverons-nous, je vous prie, Ce favori de Polymnie?
Tous nos regrets sont superflus; Grdtrj n'est plus.
Le Vaudeville lui répond :
Ranimez la lyre féconde Qui fît le Calife ou Joconde; Leurs chants vous prouveront encor Que Grétry n'est pas mort.
Enfin, l'Odéon, appuyé sur son vaudeville intitulé : la Petite rose, vient en chevrotant faire valoir ses droits. Tous ces usurpateurs sont reçus à coups d'épigrammes par le Vaudeville, qui s'écrie :
Pourquoi prenez-vous mes bons mots?
Vais-je prendre vos mélodrames?
Pourquoi prenez-vous mes pipeaux?
Vais-je prendre vos fers, vos flammes?
Bornez-vous à peindre a nos yeux
L'horreur, la haine, l'épouvante.
Et ne chantez qu'aux jours heureux Où toute la France chante.
La pièce se termine par de3 couplets qu'adressent successivement au public tous ,les personnages en faveur auprès de lui.
Tout est bien qui Onlt bien, Opéra-COmique
en un acte, paroles de M. Jules Malherbe, musique de M. J.-B. Wekerlin ; représenté pour ia première fois.au palais des Tuileries le 28 février 1856. Les membres du Congrès de la paix assistaient à cette représentation. La scène se passe en Normandie, dans une maison de campngne. Félix, cousin de M1^ Claire de Belmont et son fiancé depuis l'enfance, revient en Normandie après une longue absence. Les futurs ne se connaissent que de souvenir. Félix, pour mieux éprouver les sentiments de sa cousine, s'introduit au château sous les habits d'un jeune fermier; tout ce rôle est écrit en dialecte normand des environs de Caen. C'est une peinture de mœurs normandes plutôt qu'une pièce. Les rôles ont été remplis par Lefort et Mme Gaveaux-Sabatier. Cet ouvrage a été joué plusieurs fois dans des concerts.
TOUTACATA s. m. (tou-ta-ka-ta). Ornith.
Nom vulgaire du toucan, au Brésil.
TOUT-BEAU interj, (tou-bô). Véner. Cri par lequel un chasseur arrête un chien.
TOUTCHKOV, ville de la Turquie d'Europe, près d'Ismaïl, sur la Kilia, bras du Danube; 20,000 hab. Elle était comprise dans le gouvernement russe de Bessarabie lorsqu'elle fut cédée à la Turquie par le traité de Paris (30 mai 1856).
TOUT-COI interj. (tou-koi). Véner. Avertissement par lequel on empêche un chien de crier dans les voies.
TOUT-CONNAISSANT, TOUTE-CONNAIS- SANTE arij. Philos. Qui connaît toute chose : Dieu, d'après les théologiens, est la substance
TOUTE- CONNAISSANTS.
TOUTE-BONNE s. f. Bot. Nom vulgaire de la sauge sclarée ou orvale, et de l'ansérine ou blète bon-henri. il PI. toutes-bonnes.
— Arbor. Variété de poire.
TOUTE-BONTÉ s. f.Théol. Bonté suprême, bonté infinie de Dieu.
TOUTE-ÉPICE s. f. Bot. Nom vulgaire de la nigelle cultivée et du myrte piment, n PI.
TOUTES-ÊPICES.
TOUTEFOIS adv. (tou-te-foi — de l'ancien fiançais toutes-voies, de toute manière. Quelques-uns croient que, dans ce composé, voies représente le latin vios, accusatif pluriel de via, chemin, voie; d'autres le tirent de vices, fois). Néanmoins, cependant : Le fait n'est pas vraisemblable ; toutefois, il est vrai. Je lui parlerai, si toutefois il veut m'entendre.
Vous pourriez, sur ce point, apprendre quelque chose Que je meurs de vous dire, et toutefois je n'ose.
CORNEU.LB,
— Syn. Toutefois, cependant, néanmoins, etc. V. CEPENDANT.
TûUTENAGUE s. f. (tou-te-na-gbe).Techn.
Alliage blanc de cuivre, de zinc et d'arsenic, mais celui-ci en très-faible quantité.
TOUT-ENSEMBLE s. m. B-arts. Ensemble, effet général : Tous ces détails un peu confus produisent un tout-ensemble admi~ rable. il On dit plutôt ensemble.
TOUTE-PRÉSENCE s. f. Théol. catholique.
Ubiquité, présence de Dieu en tout lieu.
TOUTE-PUISSANCE s. f. Théol. Pouvoir
TOUT
infini de Dieu : Nonobstant sa toute-puissance, Dieu ne peut rien produire qui ne soit imparfait à son égard, (Fén.)
— Pouvoir souverain , pouvoir politique qui n'est limité par aucun pouvoir ni aucun droit : Aspirer à la toute-puissance. Là où il y a une représentation nationale, là est la toute-puissance. (Royer-C'ollard.) La toutepuissance enivre les nommes, et la servitude les énerve. (Duvergier de Hauranne.)
— Autorité qui n'est point limitée :
Du côté de la barbe est la (ouie-putssance.
Molièrb.
TOUTE-SAINE s. f. Bot. Nom vulgaire dé l'androsème officinal, il Syn. de toute-bonne. Il PI. toutes-saines.
— Encyci. Aux détails que nous avons donnés sur cette plante à l'article androsèmb nous ajouterons les suivants, qui les complètent. La toute-saine est une belle plante, qui atteint quelquefois 1 mètre de hauteur. On la cultive fréquemment dans les jardins, à cause de la beauté de ses grandes fleurs, qui sa succèdent pendant la plus grande partie de la belle saison. On la multiplie de graines, semées aussitôt après leur maturité, et mieux encore parla division des vieux pieds, qu'on peut pratiquer durant tout l'hiver. Originaire du midi de l'Europe, elle supporte assez bien nos climats et n'est pas difficile sur le sol. Le nom de toute-saine lui vient de ce qu'on l'a regardée, assez gratuitement, comme vulnéraire, vermifuge, résolutive, etc. C'est encore une sorte de panacée populaire.
TOUTE -SCIENCE s. f. Théol. Science, connaissance universelle, un des attributs de Dieu, 11 On dit plutôt OMNISCIENCE.
TOUTE-TABLE ou TOUTES-TABLES s. f.
Jeu de trictrac dans lequel chaque joueur met de ses'dames dans chacune des quatre tables: Au jeu de toutes-tables, appelé aussi jeu du gammon, le but que se propose chaque joueur est faire passer toutes ses dames dans la table qui est à sa gauche. (Maigne.)
TOUTE-VIVE s. f. Ornith. Nom vulgaire du proyer. il PI. toutes-vives.
TOUT-FÉCOND, TOUTE-FÉCONDE adj.
Théol. Qui possède la fécondité suprême, universelle ; Dieu tout-fécond.
TOUT-GRAIN s. m. Comm. Qualité de vin de Bourgogne.
TODTHMOS1S, nom de plusieurs rois d'Egypte. V. Thouthmosis.
TOUTIER s. ta. (tou-tié — rad. loue). Navig. fluv. Celui qui dirige une toue.
TOUTOU s. m. (tou-tou — onomatop. imitant les aboiements). Nom enfantin où familier du chien : Un petit toutou. L'hôtel de ville n'a de remarquable que quatre énormes toutous en pierre, accroupis formidablement devant la façade. (V. Hugo.) il se faisait paresseusement traîner par trois ou quatre roquets, véritables toutous, pour nous servir d'un mot emprunté au dictionnaire des bébés. (Th. Gaut.)
TOUT-OU-RIEN s. m. Techn. Partie d'une répétition de montre ou de pendule qui règle la marche de l'appareil de répétition, et qui est ainsi nommée parce qu'elle peut sonner l'heure complète si l'on pousse convenablement le bouton, ou rien dans le cas contraire. Il PI. TOUT-OU-RIEN,
TOETOURKAÏ on TOUTRAKAN, ville de la
Turquie d'Europe. V. Totorkan.
TOCTOUSCH (Tadj-ed-Daulah), fondateur d'une branche de la dynastie des Seldjoucides en Syrie, mort en 1095 de notre ère. Il était frère du sultan de Perse Melik-Schah, qui l'envoya, en 1076, en Syrie pour y achever la conquête de ce pays; mais il se laissa gagner par les présents du général Atziz, et lui laissa la gloire de la terminer. Deux ans plus tard, Atziz ayant été investi dans Damas par les Egyptiens, Toutous'ch alla a son secours, mais ne le délivra des mains de l'ennemi que pour le faire périr. Poursuivant alors la guerre, il s'empara de Balbek, soutint, en 1083, un siège dans Damas, contraignit l'ennemi à se retirer et prit, en 1086, le château d'Alep. Cependant une nouvelle armée égyptienne ne tarda point à pénétrer en Syrie et à s'emparer des principales villes de ce pays. Toutousch, aidé par les émirs d'Alep et de Roha, parvint à reprepdre Baalbeck; mais, par sa hauteur et ses injustices, il révolta ses alliés, qui l'abandonnèrent, et il dut quitter lui-même la Syrie. Après la mort de son frère Melik-Schah (1092), il demanda au calife de Bagdad de le proclamer sultan de Syrie, fit prononcer la khothbah en son nom, gagna à sa cause plusieurs émirs, mais trouva une vive résistance dans son neveu Barkiarok, allié avec l'émir d'Aiep. Il marcha contre eux, prit et mit à mort ce dernier, puis fut vaincu k son tour près de Reï et tué dans la bataille.
TOUT-PUISSANT, TOUTE -PUISSANTE adj. Qui possède la toute- puissance : Dieu
TOUT-PUISSANT. Il PI. TOUT-PUISSANTS.
— Qui jouit d'une puissance absolue ou trèsgranue : Un roi tout-puissant. Etre tout-puissant sur l'esprit du souverain.
— s. m. Dieu, considéré comme tout-puissant : Adorer le Tout-Puissant.
TOUTTÉË (Antoine-Augustin), érudit et bénédictin français, né à Riom (Auvergne)
TOUX
en 1677, mort à l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés, à Paris, en 1718. Il professa la philosophie et la théologie dans diverses maisons de son ordre et prépara une édition estimée des œuvres de saint Cyrille sous le titre àeSancli Cyrilti opéra qux exstant omnia (Paris, 1720, in-fol.).
TOUT-VENANT s. m. Comm. Houille prise sans choix, avec la poudre et les gros fragments.
TOUT-VENO s. m. Bot. Nom vulgaire du séneçon commun.
TOCVET (le), bourg et commune deFrance (Isère), ch.-l. de canton, arrond. et à 27 kiiom. de Grenoble; pop. aggl., 983 hab. — pop, tôt., 1,595 hab. Patrie de François de Beaumont, baron des Adrets, qui mourut au château de la Frette. ■ De ce manoir, situé sur la hauteur, un peu avant, le bourg, du côté de Grenoble, dit M. Michal-Ladichère, il ne reste plus qu'un bâtiment, badigeonné en blanc, servant de cellier. Plus haut et sur la sommet d'une colline pointue qui est séparée par une étroite vallée du massif même de la montagne, sont les ruines d'un château plus ancien, celui qui a donné le nom à la famille du baron. Le château de Beaumont ne consiste plus qu'en quelques pans de murs noircis par les orages et envahis par des bois d'une végétation luxuriante. •
TOUVRE, rivière de la Charente. Elle prend sa source dans l'arrondissement d'Angoulême, entre les villages de Dignac et de Beaulieu, dans un bassin resserré entre des rives escarpées et incultes et divisé en deux parties, dont l'une présente une eau dormante et l'autre une eau jaillissante. Ces bassins s'appellent l'un le Dormant, l'autre le Bouillant. « Le Dormant, gouffre sinistre, aux eaux assombries par une profondeur de 24 mètres et par l'ombre du demi-cercle de collines escarpées qui l'environnent, donne silencieusement naissance à une large rivière, dit M. Ad. Joanne. De beaux arbres trempent leurs racines dans ses ondes glacées; mais l'espèce d'entonnoir formé par les coteaux voisins est d'une stérilité désolante. Au sommet de ces coteaux, presque perpendiculairement au-dessus des eaux verdâires, se dressent les ruines majestueuses d'un château fort, appelé dans le paysc/id/eau deltavaillac, bien qu'il n'ait jamais appartenu au régicide, né d'ailleurs sur le territoire du village de Touvre.
1 A 100 mètres à peu près du Dormant, près du moulin du Pontil, le Bouillant, profond de 1S mètres, vomit avec bruit une autre rivière qui en reçoit immédiatement une troisième plus petite, la Lèche, née à quelques centaines de mètres de là dans un vaste bassin entouré d'arbres, où vient se jeter le ruisseau dé l'Echelle. Après 100 mètres de cours distinct, le Bouillant et le Dormant se rejoignent; à leur jonction, un grand nombre de sources extrêmement abondantes jaillissent dans le lit même de la rivière et viennent bouillonner à la surface. La Touvre a dès lors S0 mètres de largeur dans toutes les saisons, et, bien qu'elle ait un peu moins d'eau en été, elle semble pourtant alors plus considérable, parce que les joncs dont elle est encombrée plus bas forment en grandissant comme une espèce d'écluse qui élève son niveau. Ces sources admirables sont, à n'en pas douter, le canal de dégorgement de lacs souterrains formés par les pertes du Bandiat et de la Tardoire, éloignées de 12 et de là kilom. »
La Touvre, qui, dès son origine, aune largeur considérable, coule à l'O. pendnnt 10 kilom., arrose Touvre, Magnac et Ruelle, où se trouve une fonderie nationale de canons, et se perd dans la Charente, au-dessus d'Angoulême, après un cours d'environ 30 kilom.
TOUX s, f. (tou — latin iussis. Pott rattache ce mot au rad. tud, qui est dans tundere, frapper. Pictet le fait venir d'une racine tus, résonner,retentir, d'où aussi, selon lui, l'ancien haut allemand doson, haut allemand moderne tosen. Cette dernière explication paraît d'autant plus rapprochée de la vérité'que le sanscrit kasa, toux, et l'ancien haut allemand huosto, vieux Scandinave hosii, haut allemand moderne husten, viennent d'une racine qui signifie aussi retentir, résonner, savoir la racine kas, rendre uu son désagréable). Expiration brusque, bruyante, convulsive de l'air contenu dans les poumons : Une toux violente. Un accès de toux.
— Quinte de toux, Accès de toux long et fatigant.
— Toux humide ou grasse, Toux accompagnée d'expectoration de crachats.
— Toux sèche , Toux non accompagnée d'expectoration de crachats.
— Encyci. Physiol. et pathol. La toux consiste dans une expiration volontaire ou non qui expulse, avec ou sans bruit, l'air et les liquides contenus dans les voies aériennes. Elle survient généralement à l'occasion d'un sentiment d'irritation ou de gène sur un point de l'appareil respiratoire. Quelquefois, c'est à peine si le nialuda perçoit cette sensation interne; souvent aussi elle consiste en un chatouillement ou en une douleur véritable qu'il rapporte à un point limité du conduit aérien. Sous l'influence de cette stimulation, les puissances musculaires respiratoires entrent en jeu. L'homme qui va tousser fait
TOUX
une inspiration profonde plus ou moins longue et sibilante ; c'est comme une sorte d'élan qu'il prend pour balayer, par le courant rapide de l'expiration, les mucosités des bronches. C'est alors que les lèvres de la flotte, mises en vibration par l'air chassé fortement de la poitrine, produisent le bruit habituel de la toux.
Le mécanisme de ce phénomène est, en effet, très-simple ; il se produit une occlusion ^passagère ou un rétrécissement considérable de la glotte; l'air que tend à chasser le mouvement expirateur est momentanément arrêté, e.t, lors de la dilatation de la glotte, il s'échappe avec force, détermine le bruit et entraîne les mucosités qui sont amassées dans les diverses parties des voies qu'il parcourt. Le son produit n'est, au reste, qu'un phénomène accessoire. Rien n'est si commun que de rencontrer la toux aphone chez les phthisiques ou les' individus atteints d'affection chronique du larynx. Quoique silencieuse, cette toux n'en est pas moins efficace et peut très-bien être suivie d'une expectoration facile et copieuse. Ce n'est pas toujours une irritation, un picotement ou un chatouillement dans les bronches et le larynx qui précède le phénomène de la toux et le détermine; c'est quelquefois un sentiment de plénitude dans la poitrine, accompagné de suffocation, comme dans l'hémoptysie.
Les différences que présente la toux, selon qu'on l'étudié sous divers points de vue, sont assez nombreuses et méritent d'être signalées. Si elle existe seule, sans maladie appréciable soit de l'appareil respiratoire, soit des autres organes, elle est dite idiopathique. Cette affection, en quelque sorte toute fonctionnelle, est assez rare ; on l'observe particulièrement chez les enfants, chez les temmes, chez les sujets nerveux. Quand la toux est provoquée, comme il arrive le plus ordinairement, par une maladie soit aiguë, soit chronique du poumon ou des bronches, elle est dite symptomatique. Enfin, on appelle sympathique celle qui est sollicitée par les affections ordinairement chroniques de certains viscères plus ou moins éloignés ; elle prend alors un nom emprunté de celui de l'organe qui la détermine. Ainsi, les gastralgies et quelques autres lésions de l'estomac produiront la toux gastrique ou stomacale. Certains désordres du côté de l'utérus, la grossesse, par exemple, donnent lieu à une toux particulière. Chomel donne le nom d'hépatique à une toux qui accompagne diverses maladies du foie. La présence ou l'absence de matières fluides k expectorer donnent à la toux des caractères fort différents d'humidité ou de sécheresse, que les auteurs ont signalés de toute antiquité. Ici, les nuances sont très-variables, et ces caractères peuvent se succéder, alterner dans le cours d'une même maladie. Les secousses de roux peuvent être rares et éloignées,' ou bien trèsrapprochées les unes des autres, se prolonger ainsi pendant un temps qui varie de quelques minutes à une heure et plus, en constituant ce que l'on désigne sous le nom particulier de quintes. Une taux violente, opiniâtre est appelée toux férine; cette toux se rencontre surtout dans le cours de la rougeole. Le bruit que détermine l'air en s'échappant ainsi à travers le larynx, seul ou chargé de matières fluides, est très- variable : tantôt il est éclatant, sonore, métallique ; tantôt aigu, strident; tantôt enfin sourd, rauque et voilé. On donne le nom de toux amphorique ou caverneuse à celle qui rappelle par son timbre le bruit qu'on produit en soufflant fortement dans unvase résonnant. On la rencontre dans le cas d'excavation plus ou moins large des poumons ou d'épanchement d'air dans la plèvre, et quelquefois dans la pleurésie.
Terminons cet article en signalant un moyen pratique conseillé par M. Brown Sequard pour arrêter la toux. Ce médecin affirme qu'il résulte de beaucoup de faits que les phénomènes morbides de la respiration peuvent toujours être arrêtés par une compression. La toux, par exemple, dit-il, peut être arrêtée par la compression des nerfs de la lèvre près du nez. Une pression exercée sur ce point arrête une toux qui commence. On sait généralement que l'éteruumeut peut être arrêté de cette manière ; mais ce qui est nouveau pour beaucoup de monde, c'est qu'où puisse arrêter de même la toux. M. Brown Sequard, dont l'autorité scientifique est universellement reconnue, l'affirme. Il a ajouté qu'une pression près et en face de l'oreille arrête de même la toux. Ou arrête aussi par le même moyen le hoquet, mais moins sûrement que létermiment et la toux. On suspend encore la toux en pressant très-fortement l'intérieur de la bouche, au sommet du palais. Pour montrer que la volonté exerce aussi une très-grande influence, M. Brown Sequard a rappelé ce mot d'une garde-malade française : « Le premier malade qui toussera sera mis à la diète. • Il était rare qu'un malade toussât après cet avertissement.
— Art vétér. Chez les animaux domestiques à l'état normal, la toux offre dans son timbre des différences remarquables importantes a connaître. Pour les constater, comme aussi pour reconnaître les diverses espèces de toux anomales, il faut faire tousser artificiellement tes animaux. Voici les procédés qui peuvent être employés. Dans le cheval, on exerce une pression avec le pouce, l'index et
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le médius entre le premier cerceau de la trachée et le larynx. Le contact qui s'opère alors entre les deux parois muqueuses et sensibles de la partie postérieure du larynx détermine aussitôt la toux, qui peut se répéter deux et trois fois, selon l'intensité et la durée de l'excitation qui a été provoquée. Dans le cas où la toux n est pas produite par cette manipu-, lation, il faut serrer brusquement et avec assez de force les premiers cerceaux de la trachée. Dans certaines circonstances, il est même nécessaire, afin de provoquer la toux, de rapprocher fortement les parois de la trachée d une main, tandis que 1 on enfonce fortement l'index de l'autre main entre le larynx et le premier anneau trachélien.
Les mêmes manipulations peuvent être mises en pratique pour l'âne, le mulet, les bêtes à laine et le chien. Dans les bêtes ovines jeunes, on peut provoquer artifidellenien t la toux par la pression forte des premiers cerceaux de la trachée; mais sur les animaux adultes, et notamment chez le bœuf, cette manipulation ne donne pas des résultats satisfaisants. Le professeur Lafosse, de Toulouse, conseille d'opérer une pression saccadée sur les cer- • ceaux formant la région moyenne et cervicale du tuyau respiratoire, au lieu de comprimer la partie antérieure du larynx. Cependant ce procédé ne provoque pas toujours la loux.
Les différences du timbre de la toux dans les divers animaux sont très-remarquables. Le cheval adulte et vigoureux fait entendre une toux brusque, forte et sonore, répétée deux à trots fois et accompagnée généralement de la sortie par les naseaux d'une petite quantité de liquide clair. Cette toux est moins forte et sonore dans le jeune cheval. Elle est généralement plus courte et plus sèche dans le cheval âgé. La toux du bœuf, et particulièrement de la vache, est sèche, faible, traînée et généralement peu accentuée; elle est toujours accompagnée d'une violente et brusque secousse de l'abdomen, avec allongement de la tête. Celle des bêtes à laine est petite, courte, sèche et très-peu sonore. Le porc a une toux courte et rauque, qu'il fait rarement entendre. La toux du chien est sèche, petite et peu sonore.
Les animaux domestiques toussent rarement lorsqu'ils se portent bien, et la toux n'entraîne jamais d'expiration. Lorsqu'elle se fait entendre, elle est généralement provoquée par des causes accidentelles, telles que l impression sympathique du freid, les poussières irritantes des fourrages moisis et poudreux, une compression trop forte exercée sur le larynx par la sous-gorge du licol, de la bride, et quelquefois aussi sur la trachée par le collier.
A l'état pathologique, la toux fournit de très-précieux renseignements au diagnostic des diverses affections qui ont leur siège dans les organes respiratoires. Mais ces toux, quelles que soient leur espèce et les maladies qui les occasionnent, so font entendre et se répètent généralement dans diverses conditions qui favorisent leur production. Ces conditions sont : îo le séjour des animaux dans des habitations chaudes, encombrées par du fumier et où se dégagent des vapeurs ammoniacales qui, respirees avec l'air, titillent et agacent la muqueuse laryngienne; 2° l'impression de l'air frais et surtout froid au dedans et à l'extérieur des écuries, étables ou bergeries ; 30 l'ingestion de l'eau froide dans l'estomac ; ■jo l'action de se lever après un certain temps de décubitus ; 5* la percussion de la poitrine ; 60 la pression, quelquefois même très-légère, du larynx.
Relativement au timbre, on distingue la toux en :
Toux forte, encore appelée grande, sonore, creuse; cette toux est rare dans les maladies. Elle existe cependant dans la laryngite légère, où elle est accompagnée alors d'une sensibilité anomale du larynx, et se produit par la plus légère pression sur cet organe.
Toux faible, déterminée par une moyenne expiration et se faisant entendre à peu de distance de l'animal ; elle se manifeste souvent pendant la dernière période des phlegmasies de la poitrine. On l'entend fréquemment pendant le cours des affections chroniques du poumon et des plèvres.
Toux courte, encore nommée avortée, caractérisée par une expiration subite et comme interrompue, produisant une vibration rapide et plus on moins marquée. Elle appartient au début de la pleurite, de la pleuro-pneumonie et de la péritonite de tous les animaux ; elle est un des signes caractéristiques de l'invasion de la péripneumonie contagieuse du gros bétail.
Toux sèche; c'est la toux qui, pendant sa manifestation, est accompagnée d'un timbre sec et parfois rude. La toux sèche et répétée appartient à la laryngite et à la bronchite aiguô au début, à la période d'invasion du typhus contagieux, au début de la maladie dite des chiens. Elle est sèche, petite, courte et sans rappel dans l'emphysème pulmonaire de tous les animaux, et est surtout remarquable dans celui du cheval. Elle est sèche, rauque et truluée dans la seconde et surtout dans la troisième période de cette maladie.
Toux humide, qui s'accompagne d'un timbre peu sonore accompagné d'humidité. Elle annonce toujours l'existence de liquides ou
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de mucosités dans le larynx et les bronches. Lorsqu'elle succède à la toux sèche, elle signale le retour de la sécrétion suspendue de la muqueuse des voies respiratoires et par conséquent la résolution de la laryngite ou de la bronchite. On l'appelle grasse lorsque l'air expiré détache et entraîne par son passage des mucosités plus ou moins épaisses qui, dans les animaux de l'espèce bovine et ovine, ainsi que chez le chien et le porc, sont rejetées par la gueule, un peu par la bouche et'surtout par les cavités nasales chez le cheval. Dans ce dernier cas, on lui donne aussi le nom de toux grasse avec expectoration. Cette variété de toux caractérise la laryngite, la bronchite et la pneuinonite parvenues à leur période de résolution. La loux humide s'accompagne, dans quelques cas, d'un sifflement et d'un gargouillement particulier, dont le larynx est le siège dans la laryngite aiguë croupale.
Quant à la fréquence, on distingue :
La toux fréquente, qui se répète souvent quel que soit le timbre qu'elle affecte. Elle se fait remarquer dans le début de la laryngite et dp la bronchite aigus de tous les animaux, dans le début et durant le cours de la rougeole du porc . de la maladie dite des chiens, de la phthisie tuberculeuse et de la bronchite chronique.
La toux quinte use, qui, lorsqu'elle commence à "s'exécuter, se continue et Se répète six, huit, dix et quelquefois vingt fois de suite, à des intervalles différents. Cette toux existe fréquemment dans la bronchite chronique du cheval.
La toux rare, qui ne se fait entendre que de temps en temps et parait s'effectuer avec hésitation, difficulté et douleur. De là, les noms de toux hésitée, avortée, difficile, douloureuse dont on l'a aussi qualifiée. La toux est rare dans la pleurite aiguë au début, alors que le frottement des plèvres détermine de vives douleurs pour sa manifestation.
Enfin, on reconnaît, relativement au siège et aux causes de la toux ;
La toux idiopathique, qui se produit sous l'influence d'une cause qui agit dans l'étendue des organes respiratoires, selon le siège du mal qui l'a fait nalire; on a nommé cette toux laryngienne, bronchique, pneumonique ou pleurétique,
La toux symptomatique, qui n'est point la conséquence d'une maladie ayant son siège dans la muqueuse des voies respiratoires, îrniis dont la production se rattache à un effet sympathique produit par une maladie éloignée. Les toux symptomatiqnes sont généralement petites, courtes et sèches. Elles accompagnent parfois l'hépatite, la gastrite et l'entérite aiguës, et quelques affections vermineuses du tube digestif.
TOUYOU s. m. (tou-iou).Ornith.V.TH0UYOU.
TOUYOUYOU s. m. (tou-iou-iou). Ornith.
Syn. de jabiku.
TOUZARD s. m. (tou-zar).Techn. Sorte de peau préparée par les mégissiers. Il Vieux mot.
TOUZER, ville de la Tunisie. V. Tozer.
TOUZ-KOUL ou 1SS1-COUL, appelé par les les Chinois le-Hai, lac de l'empire chinois (Dzoungarie) ; 180 kilom. sur 50 ; par 40° 30' de latit. N., et 72° de longit. E.,à 200 kilom. N. de Kacheyhar. Il reçoit plusieurs rivières. Le Tcheoui en sort à l'O.
TOt'Z-KOOKMATV, bourg de la Turquie d'Asie, dans le Turkestan, à 70 kilom. S.-S.-E. de Kerkouk, au pied d'une chaîne de montagnes. Beaux jardins ombragés do dattiers; mosquée. Sources salées aux environs.
TOUZLA, cap de la Turquie d'Asie (Anatolie), sur la côte orientale de la mer de Marmara, à 35 kil. S.-E. de Constantinople,près d'un bourg de même nom.
TOUZLA, rivière de la Turquie d'Asie (Arménie). Elle prend sa source dans l'Ak-Dagh, coule au S.-E. et se jette dans le Mourad- Tchaï, par la droite, après un cours d'une centaine de kilom.
TOUZLA ou SALATO,lac salé de la Turquie d'Asie (Koniéh) , 80 kilom. sur 10 seulement de largeur. En été, il offre l'aspect d'une vaste plaine couverte de sel. 11 reçoit plusieurs ruisseaux, mais ce n'est que dans la saison des pluies qu'il communique avec le Kizil- Irinak.
TOUZLA-INFÉR1EUR, ville de la Turquie d'Europe (Bosnie), a 100 kilorn. E. -N.-E. de Trawmk, sur l'idalla. Elle a une enceinte en bois, une abondante source salée et une grotte remarquable. Ses environs sont très-fertiles.
TOUZLA-TCHAÏ, rivière delà Turquie d'Asie (Anatolie). Elle descend du versant occidental du mont Caz-Dagh, coule d'abord au S.-O., puis au N.-O., et se jette dans l'Archipel par deux branches, après un cours d'environ- 85 kilom. Sur ses bords s'élevaient Pedasus et Smynihium.
TOVA, île de l'Amérique du Sud, sur la côte E. de la Patagonie, à a kilom. de l'embouchure du rio de los Camarones, par 45° 12' de latit. S., et 68<> 30' de longit. O.
TOVARIB s. f. (to-va-rl — de Touaro, savant espagnol). Bot. Genre de plantes, de la famille des capparidées, dont 1 espèce type croît au Pérou.