‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 314 sur 1042 · TR\N · texte numérisé non relu

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tion, d'objectivation d'une notion d'abord existante dans l'intelligence humaine. Les arts et les sciences n'appartiennent, en conséquence, à l'histoire que d'uue manière indirecte; les récits da leurs progrès ne sont qu'accessoires à l'histoire proprement dite ; ils ne lui appartiennent qu'autant qu'ils ont aidé l'humanité à atteindre le but qui vient d'être indiqué. V. transcendant

TRANSCENDANTALEMENT adj. (transssan-dan-ia-le-inan — rad. transcendantal). D'une manière transcendantale : Problème

résolu TRANSCKNDANTALKMENT.

TRANSCENDANTALISME S. m. (transssan-dan-ta-li-sine — rad. transcendanlat). Philos. Système dont la base est en dehors de l'observation et de l'analyse; étude ayant pour objet la raison pure : Les restrictions proposées par les modérés du transcendantauSMiS sont de manifestes inconséquences. (Pruudh.)

TRANSCENDANTALISTE adj. (transs-sandan-ta-li-ste — rad. transcendanlat). Qui a rapport au transcendantalisme,

— s. m. Partisan du transcendantalisme : D'après tes transcendantalistes , l'homme est incapable par lui-même de sacrifier à la iustice son intérêt propre. (Proudh.)

TRANSCONTINENTAL, ALE adj. (trunsskon-ti-nuu-tal, a-le — du préf. trans, et de continental). Géogr. Qui traverse un continent : Chemin de fer transcontinental.

TRANSCORPORATION s. f. (tran-skor-pora-si-on — du préf. trans, et du lat. corpus, corps). Art milit.. Changement de corps.

— Encycl. Il y a plusieurs siècles qu'on a senti l'importance de rendre les transcorporations aussi rares que possible, car le colonel général de l'infanterie s'était réservé le droit de les autoriser. De même, de nos jours, elles ne peuvent avoir lieu que lorsque le ministre de la guerre a apposé sa signature sur un congé de passa délivré k cet effet, et encore faut-il que les chefs de corps que cette mesure intéresse y donnent mutuellement leur consentement. L'usage de la transcorporation ne saurait être trop modéré, en raison de la perturbation qu'elle apporterait dans l'organisation des corps si on en abusait.

TRANSCRÉATION s f. (ti an-skré-a-si-on

— du pref. trans, et de création). Philos. Sorte de création improprement dite , qui s'est qu'une transformation radicale.

TRANSCRIPTEUR s. m. (tran-skri-pteur — rad. transcription). Celui qui transcrit : Ses secrétaires n'étaient que des copistes et des transcripteurs. (Ste-Beuve.)

TRANSCRIPTION s. f. (tran-skri-psi-on

— lut. transcription ; de transcribere , transcrire). Action de transcrire : Faire la transcription au net d'un manuscrit.

— Jurispr. Copie littérale, sur un registre public tenu par le conservateur des hypothèques, de certains actes ou jugements soumis k celte formalité.

— Mus. Action de transcrire exactement un air, sans changement, pour le faire exécuter par un instrument autre que celui pour lequel il avait été écrit.

— Encycl. Jurispr. La transcription est destinée à procurer aux tiers, créanciers ou acquéreurs, la publicité matérielle, durable et facile à chercher, des mutations de la propriété immobilière et des démembrements ou charges qui peuvent en altérer la valeur.

La transcription avait été établie par la loi du 11 brumaire an VII et elle l'ut plutôt omise que rejeiéeparlecode. Les articles 941 et 1070 l'avaient élablie, le premier pour les donations, le second pour les substitutions, et l'article 1583, en disant que i la vente est parfaite entre les parties et la propriété acquise de droit à l'acheteur à l'égard du vendeur, dès qu'on est convenu de la chose et du prix, « disait virtuellement qu'en dehors des parties, à l'égard des tiers, la publicité était nécessaire pour donner effet à la vente. Au titre des hypothèques, l'article 2tsi prescrivait la transcription comme premier acte de la purge. Aussi, de bons esprits avaient continuéàpenserque la nécessité de la transcription n'avait pas été formellement exclue par le code; mais la jurisprudence s'établit dans un sens contraire. 11 en résulta de grands dangers. Un acquéreur de bonne foi, malgré la publicité et l'authenticité de son acte, malgré sa mise en possession, pouvait être éviucé, même au bout de plusieurs années, par un acquéreur précédent qui se serait laissé ignorer et dont l'acte sous seing privé, tenu secret, aurait acquis date certaine par un enregistrement clandestin opéré fort loin peut-être du domicile du vendeur et de la situation de l'immeuble; ou bien encore un prêteur s'était fait donner une hypothèque, il s'était assuré de la valeur de 1 immeuble donné eu gage, de la non-existence d'inscriptions antérieures, et, malgré sa prudence, il pouvait èire surpris par des alieuations faites la veille et qu il n'avait aucune raison de soupçonner! Et ce que nous disons pour l'aliénation pouvait se produire partiellement si l'on découvrait des droits d'usufruit, des servitudes ouéreuses, des baux à Jung terme que le nouvel acheteur ou le prêteur aurait été obligé de supporter à son détriment, quand ces charges provenaient d'actes antérieurs à son contrat.

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Aussi le besoin se fit bientôt sentir de remédier à ces inconvénients etd'organiserune publicité indispensable à la sûreté des relations civiles. En 1841, une enquête s'ouvrit dans toute la France; presque toutes les cours et les facultés da droit consultées se prononcèrent en faveur de la transcription. Mais ce fut seulement en 1855 que fut rendue la loi qui la rétablissait dans notre législation, et c'est surtout k l'organisation un peu antérieure de la société du Crédit foncier que cette amélioration est due. Cette grande société voyait retarder son développement par suite du caractère occulte de la propriété immobilière. Souvent même elle était victime d'actes multipliés d'une fraude d'autant moins scrupuleuse qu'elle s'attaquait a une grande compagnie financière. Aussi est-ce surtout aux instigations de ses administrateurs que nous devons la loi du 23 mars 1855 qui a rétabli la transcription.

L'article l«r de cette loi porte : • Sont transcrits au bureau des hypothèques de la situation des biens tous actes translatifs de propriété immobilière ou de droits réels susceptibles' d'hypothèque. » Deux conditions sont donc nécessaires pour qu'il y ait lieu à transcription ; il faut, en e'ffet : lu qu'il s'agisse soit d'une propriété immobilière, soit d'un droit réel susceptible d'hypothèque; 2° que l'acte intervenu entre toutes les parties soit un acte translatif. Nous avons donc à rechercher quels sont les actes qui réunissent ce double caractère. Tout d'abord se présente la vente, qui est comme le type des mutations à titre onéreux, et à côié d'elle l'échange, qui est aussi l'un des actes les plus fréquents du commerce foncier. Les promesses de vente syuallagmatiques, c'est-k-dire dans lesquelles, une personne ayant promis de vendre, une autre promet réciproquement d'acheter, doivent être immédiatement transcrites. Ces promesses équivalent à de véritables ventes ou tout au moins à des ventes conditionnelles subordonnées au consentement de l'une ou l'autre des parties. Il en serait de même, k notre avis, des promesses de vente uuilatérales, ventes soumises à cette condition que, l'une des parties ayant promis de vendre ou d'acheter, l'autre, réciproquement, manifestera sa volonté d'acheter ou de vendre. Comme, une fois la condition accomplie, elle aura un effet rétroactif, il est bon d'avertir par lu. transcription les tiers que le détenteur dej'immeuble n'en a plus qu'une propriété conditionnelle.

La vente où a figuré un gérant d'affaires doit-elle être transcrite? Si ce gérant d'affaires a agi pour le compte de l'acheteur, comme le vendeur sera des lors dépouillé du droit de disposer de la chose vendue au préjudice de ce dernier pour le cas où il ratifierait la vente, la transcription sera nécessaire aliu que le vendeur ne puisse tromper les tiers. Si, au contraire, le gérant d'affaires a vendu pour le compte d'autrui, celui dont la chose est vendue sans mandat de sa part conserve son droit de propr.éte absolu, et la transcription ne sera nécessaire qu'à partir de la ratification. Il faudra même transcrire ici à la fois l'acte de vente et l'acte de ratification.

La vente qui a tout k la fois un immeuble et des meubles pour objet doit être évidemment soumise à la formalité de la transcription, et l'acte qui constate la vente devra être transcrit eu son entier s'il n'a été stipulé qu'un seul prix. Si la somme à payer avait été divisée en deux partes appliquées séparément l'une à l'immeuble, l'autre aux effets mobiliers, il suffirait de transcrire la partie de l'acte qui aurait trait k la vente de l'immeuble.

Les cossions de droits successifs sont sujettes à transcription, en ce qui concerne les immeubles dépendant de l'hérédité, k moins que, consenties au profit d'un cohéritier, elles ne fassent cesser l'indivision d'une manière absolue. Dans ce dernier cas, en effet, la cession est l'équivalent d'un partage, et la partage, n'étant pas trauslatif de piopriélé, n'est pas soumis à la transcription.

Les cessions d'actions immobilières, telles que les actions en revendication, les actions en nullité de contrats translatifs de propriété immobilier*!, sont soumises k transcription. On ne conçoit ^uère de pareilles cessions que . comme des cessions virtuelles du droit que l'on a pour objet de poursuivre.

Dans les acquisitions en remploi faites par le mari pour la femme, conformément à l'article 1435, la transcription de l'acte de vente suffira pour garnit!.:? la vente contre les droits que le vendeur pourrait consentir à des tiers. Quant aux droits que consentirait le mari, l'acceptation de la femme les annulera, indépendamment de la transcription.

Les dations en payement effectuées avec des immeubles doivent être soumises k la formalité de la transcription; ainsi, par exemple, pour les .'■as où elles sont permises entre époux, conformément à l'article 1505. Le contrat de mariage est assujetti a la transcription, mais dans les cas seulement ou l'un des époux aurait, par la clause u'aiiieublissemeut, fait entrer un ou deux immeubles dans la communauté, ec cela sans limitation de somme. L'objet de la transcription est, dans ce cas, d'empêcher que l'époux, auteur de l'aiiieublisseuient, ne dispose plus lard des immeubles ameublis, au préjudice de son con-

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joint. Quant aux actes de société, ils sont soumis à la transcription lorsqu'ils contiennent des t.pports imuiob liers faits par les associés ou par l'un d'eux". Les cessions d'intérêts ou d'actions dans les sociétés commerciales ne sont pas soumises à transcription, et cela quand même l'actif de la société comprendrait des immeubles, car ces intérêts ou actions ne constituent que des meubles (art. 529). La même solution devrait être appliquée aux cessions d'actions dans des sociétés civiles, si l'on admet avec nous que ces sociétés constituent des personnes morales.

L'article 1er de la loi du 23 mars, n» 2, soumet encore à la transcription les renonciations aux droits de propriété ou k des droits réels immobiliers. Citons, par exemple, la renonciation à un legs immobilier, à une succession immobilière qui seraient déjà ac- •ceptés, ou encore la renonciation k une prescription admise par jugement. La loi déclare encore soumis k transcription les jugements constatant l'existence d'une convention verbale translative de propriété et les jugements opérant par eux-mêmes transmission de propriété immobilière, comme sont, en général, les jugements d'adjudication ; ainsi, les jugements d'adjudication sur expropriation forcée lorsque, k défaut de surenchère, l'adjudication est devenue définitive, ou encore les jugements rendus sur surenchère du dixième, ou les jugements rendus sur Imitation, lorsque c'est un étranger qui se rend adjudicataire. Remarquons que les jugements d'expropriation pour cause d'utilité publique, étant moins translatifs de propriété immobilière qu'extinctifsde toute propriété privée, ne rentrent pas sous l'application de la loi de 1855 et restent soumis k la loi du 3 mai 1841, c'estk-dire que ces jugements ne seront transcrits que pour faire courir le délai de quinzaine k 1 expiration duquel on ne peut plus inscrire les privilèges ou hypothèques acquis antérieurement au jugement d'expropriation.

Mentionnons enrin, parmi les actes soumis k la transcription depuis la loi du 23 mars, les baux d'une durée de plus de dix-huit ans et tout acte ou jugement constatant, même pour bail de moindre durée, quittance ou cession d'une somme équivalente à trois années de loyers ou fermages non échus. C'est lk une innovation importante et dont tout le monde reconnaîtra la justice.

— Quelles personnes peuvent ou doivent faire transcrire. La loi n'ayant rien dit sur ce point, nous devons nous référer aux principes généraux, et comme toute personne peut, en qualité de gérant d'affaires, faire un acte utile k un tiers, nous en concluons que la transcription d'un acte soumis à cette formalité peut être efficacement requise par toute personne, qu'il s'agisse du beneliciaire de l'acte, acheteur ou vendeur, ou u'uu mandataire ou d'un simple gérant d'affaires.

Il est certaines personnes qui, à raison de leur âge, de leur sexe ou de toute autre cause, sont inhabiles à veiller par elles-mêmes k la conservation de leurs droits. Dans ce cas, ce seront les mandataires légaux ou judiciaires, placés auprès d'eux pour les représenter .ians les actes civils qui les intéressent, qui devront requérir transcription, et qui, s'ils ne la re-quierent pasj seront responsables du défaut de cette formalité. Ainsi, l'obligation de faire transcrire incombera aux tuteurs des mineurs et interdits, au père administrateur légal des biens personnels de ses enfants mineurs, aux envoyés en possession provisoire ues biens d'un absent, aux syndics d'une faillite, au mari administrateur des biens de sa femme. Mais si la femme a conserve I administration du ses biens personnels, s'il existe entre elle et son mari une séparation de biens conventionnelle ou judiciaire, c'est à elle que reviendra le soin de faire transcrire. Disons encore que l'obligation da requérir transcription ne saurait être imposée à ceux dont la fonction est d'assister le mineur et non de le représenter; tels sont les conseils judiciaires des prodigues, les curateurs ues mineurs émancipes.

— Procédure de la transcription. La transcription est faite sur des registres publics tenus par le Conservateur des hypothèques et confiés a sa garde. Ces registres sont composés de feuillets timbrés; ils sont cotés par première et dernière page et parafes sur chacune d'elles par i'uu des juges du tribunal, afin de les mettre k l'abri ues additions, suppressions ou changements de feuillets. Les conservateurs doivent les arrêter k la tin de la séance de chaque jour, afin de prévenir les transcriptions de faveur. Au registre des transcriptions se rattachent deux autres registres, appelés l'un le registre des dépôts, l'autre le répertoire. Comme les réquisitions que reçoivent chaque jour les conservateurs sont très-nombreuses et qu'il n'est guère possible de transcrire un acte au moment où il est présenté, un mentionne sur le registre des dépôts la remise des pièces k transcrire, et plus tard, quand la transcription se fait, c est k la date et k l'ordre numérique des dépôts. Quant au répertoire, c'est, d'après l'article 18 Ue la loi du 21 ventôse an Vlll, un registre dans lequel sont portés par extrait, au fur et k mesure des actes, le nom de chacune des parties, et, à la case qui lui est destinée les inscriptions à sa charge, les transcriptions, les radiations et autres actes qui la coucer-

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lient, ainsi que l'indication des registres où chacun de ces actes est porté et les numéros bous lesquels ils sont consignés. Ce registre est divisé par cases, et la case en deux parties, dont l'une présente l'actif, Vautre le passif de l'individu désigné. Ainsi, pour un acte de vente, on le mentionne à l'actif pour Vac-

?uéreur, au passif pour le vendeur. De cette àçon, le conservateur n'aura pas à parcourir un à un ses registres pour trouver les actes dont on lui demanderait un état; il n'aura qu'à consulter son répertoire.

Nous ajouterons, comme complément à ces notions sur la transcription, que 'es actes soumis à l'accomplissement de cette formalité sont sujets, en général, à un double droit. L'un, le droit proportionnel de transcription, est perçu parle receveur de l'enregistrement et se trouve, depuis la loi du 2g avril 1816, confondu avec le droit de mutation. Ce droit est de 1 fr. 50' pour 100. Il est perçu au mo-> ment de l'enregistrement de l'acte, et peu importe que l'acquéreur fasse ou non transcrire son titre. L'autre, le droit fixe, qui est de 1 franc, est perçu par le conservateur des hypothèques lorsqu'on lui présente l'acte et qu on requiert de lui la transcription.

TRANSCRIRE v. a. ou tr. (tran-skri-re — du préf. truns, et de écrire. Se conjugue comme ce dernier verbe). Copier, reproduire par l'écriture : Transcrire un manuscrit. Transcrire une lettre.

— Transporterd'un registre ou d'un compte sur un autre : Le journal est à jour; il faut le transcrire au grand livre,

— Mus. Ecrire pour un autre instrument.

— SyO. Trnn«crire, copier. V. COPIER.

TRANSDANUBIEN, IENNE adj. (tran-sda-

nu-bi-ain, i-ë-ne — du préf. truns, et de danubien). Qui est au delà du Danube : Provinces TRANSDANUB1KNNES.

— Substantiv. Habitant des régions situées au delà, du Danube.

TRANSE s. f. (tran-se.— Diez croit quece mot, qui signifie en premier lieu les angoisses de la mort, répond à l'espagnol et au portugais trance, moment suprême, heure de la mort, lequel, suivant les lois phonétiques de la langue espagnole, correspond lui-même à l'italien transito, du latin transiius, passage ; proprement, passage de la vie à la mort ; transito aurait produit les formes trans to, trance, transe. Priscb cite même une forme allemande usuelle en Suisse, transi, transe. Scheler cependant donne une autre explication ; il part du verbe transire, qui signifiait au moyen âge trépasser, mourir, et d'où nous serait venu le verbe transir, anciennement mourir, puis s'engourdir, perdre le sentiment de la vie, et il regarde transe comme un substantif verbal de transir, signifiant proprement torpeur, frayeur ; de sorte qu'il ne serait pas nécessaire de supposer un emprunt direct h l'espagnol). Crainte, frayeur qu'on éprouve àla perspective d'un mal qu'on croit imminent : Etre dans des transes mortelles. C'est un spectacle singulier de voir les transks de celle pauvre nourrice. (Bulï.) Les yeux fichés sur l'avenue, j'attendais dans des transes mortelles d'y voir paraitre quel- , qu'un. (J.-J. Roush.) Quellevie occupée, pleine de transes, d'anxiétés! (Th. Gant.) L'un et l'autre est en transes.

IjA Fontaine.

Il S'emploie le plus souvent au pluriel.

— Syn. Tron«c«, nffre», au^olliei. V. AF- FRES.

TRANSEEÉMENTATION S. f. (tran-zé-léman-ta-si-on — <iu prêt', trans, et de élément). Syn. de transsubstantiation, dans la langue des écrivains calvinistes.

TRANSENNE s. f. (tran-zè-ne — du lat.

transenna, corde tendue). Archéol. Sorte de grille qui ferme certaines chapelles funéraires, dans les catacombes de Rome.

— Encycl, L'usage des transennes fut conservé pour la confession dans les basiliques supérieures. Les fidèles avaient coutume d'introduire, dans les interstices de ces grillages, des voiles, des pièces de linge, espérant ainsi qu'en approchant ces objets plus près des reliques ils seraient mieux imprégnés des vertus miraculeuses qu'ils attribuaient aux restes plus ou moins authentiques de tel ou tel saint. Après quelques jours de jeune, de prières, de veilles , on venait chercher ces linges, que l'on appliquait ensuite sur des malades pour les guérir. Les transennes des catacombes paraissent avoir été l'origine des barrières qui protégeaient le sanctuaire dans les basiliques primitives, s'étendant quelquefois à travers toute l'église, d'un mur à 1 autre. Les cancels étaient de bois, de pierre, de marbre ou de métal. Les laïques n'avaient pas le droit de les franchir, au début. Les magistrats et même les empereurs n'étaient point, à ce sujet, plus favorisés que les autres. Mais peu à peu les souverains, et à leur suite les personnages importants, pénétrèrent dans le sanctuaire avec les prêtres. Saint Ambroise obtint cependant de Ihéodose le retour à l'ordre de choses primitif. L'empereur consentit à repasser l'ancienne frontière du cancel.

TRANSEPT s. m. V. tr'aNSSEPt.

TRANSÉQUATORIAL, ALE adj. (tran-zétoua-to-ri-al, a-le — du prêt', traits, et de

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éguatorial). Qui est situé au delà de l'équateur : Région transéquatorialb.

TRANSFERABLE adj. {tran-sfé-fa-ble — rad. transférer). Qui peut être transféré : Valeur transférable.

TRANSFÈREMENT s. m. (tran-sfè-re-man —rad. transférer). Action de transférer, translation d'un lieu à un autre : Transfèrement de prisonniers.

— Encycl. Admin. Transfèrement des condamnés aux bagnes, aux maisons centrales et aux prisons départementales. Avant l'année 1837, le transport des forçats aux bagnes s'opérait à !a chaîne. Chuque forçat portait au cou un collier de fer rivé, auquel était suspendue une chaîne qui le rattachait à une autre chalye plus longue et plus pesante, séparant en deux files trente hommes environ. « Cette section de condamnés, dit M. Paul Buequet, s'appelait un cordon ; quatre, cinq ou six cordons composaient une chaîne. Les condamnés étaient placés sur de longues charrettes, dos à dos, et restaient exposés aux regards de la multitude. Un entrepreneur était chargé de les conduire; il était responsable et payait 3,000 francs pour chaque captif qui s'échappait et n'était pas Repris dans les six mois. Il était autorisé à faire voyager à pied, tour à tour, un tiers des forçats et donnait 0 fr. 25 par jour a ceux qui consentaient à marcher. C est ainsi qu'ils parcouraient des routes de 140 à 220 lieues en vingt-deux à trente jours. • Ce mode cruel et des plus affligeants pour l'humanité fut supprimé, sous Louis- Philippe, par l'ordonnance du 9 décembre 1836. Jusqu'au l« janvier 1853, le transport cellulaire en poste des forçats fut concédé à un entrepreneur ; depuis, le service est exécuté directement, par voie de régie économique, au compte de 1 administration.

Il existe un agent spécial du service du transfèrement, qui est chargé de l'inspection des voitures cellulaires, de la correspondance des transfêremenis,àe la rédaction des ordres de service, de l'itinéraire des voitures, du contrôle et du payement des dépenses. En outre, un agent préposé "au mouvement et à la garde du mobilier fait toutes les démarches qu'exige le service. Le lieu dans lequel chaque condamné doit subir sa peine est fixé par l'administration, d'après lu catégorie pénale dans laquelle il se trouve. Dès que l'itinéraire est réglé, le gardien comptable de la voiture cellulaire reçoit un ordre de service contenant la désignation des lieux où des condamnés doivent être pris. Les. préfets sont avertis du passage «les voitures, qu'ils ne peuvent faire arrêter à moins de circonstances extraordinaires. Ces voitures contiennent, pour les condamnés, douze cellules ; au centre se trouve un couloir dans lequel se tient un gardien chargé de la surveillance ; les cellules n'ont aucune fenêtre extérieure et elles reçoivent le jour par des tuyaux aboutissant au-dessus de la voiture. Les voitures cellulaires sont traînées par cinq chevaux au moins ou placées sur les chemins de fer. Leur prix de revient est de 1,000 francs.

Quand il s'agit d'individus arrêtés à domicile pour être conduits devant le juge d'instruction, le trajet, étant peu considérable, se fait le plus souvent a pied ; il serait presque impossible de recouru, eu pareil cas, à l'emploi des voitures cellulaires. Cependant, par une ordonnance du S mars 1845, une voiture cellulaire à trois places fut établie au chef-lieu judiciaire de chaque département. Cette voiture devait être spécialement affectée à la translation des prévenus et des accusés ; elle était employée, en général, soit à la translation, dans les prisons départementales, des accusés des divers arrondissements, soit k la translation, d'une prison dans une autre, des détenus en état d'arrestation préalable, suivant les exigences de l'instruction ; mais lorsque la voilure demeurait sans emploi, l'administration pouvait en user pour le transport des condamnés. Toutefois, il fut entendu qu'avant d'en disposer l'administration devait s'assurer auprès du ministère public que le service judiciaire n'éprouverait aucun préjudice. Les réquisitions des magistrats devaient être adressées directement, et sans aucun intermédiaire, au détenteur de la voiture. Si les trois places ne devaient pas être à la fois occupées par des prévenus ou accusés, le préfet ou le sous-prefet devait en être informé, atin que les places vides pussent, s'il y avait lieu, être utilisées pour la translation d'un ou de plusieurs condamnés. Un seul gendarme devait habituellement suffire pour la garde et la conduite des prisonniers. Dans les cas extraordinaires, et lorsque l'intérêt du service exigeait que le transport fût fait avec une grande célérité, on pouvait requérir l'emploi des chevaux de poste. (Circulaire du 20 mars 1845.) Mais le nombre insuffisant de ces voitures et leur mode de construction s'opposèrent à l'exécution de l'ordonnance du 2 mars 1845, et l'administration recourut à l'entreprise des convois civils et militaires.

Pour épargner aux jeunes détenus les lenteurs ordinaires du transfèrement, on les fait transporter à leur destination, ordinairement avec un rabais, par les moyens ordinaires de locomotion : bateaux à vapeur, chemins de fer, messageries et voitures publiques.

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TRANSFÉRER v. a. ou tr. (tran-sfé-ré — latin iraasferere, forme barbare pour transferre, qui signifie proprement porter au delà, porter d'un lieu dans un autre; de trans, au delà, et de ferre, porter. Change ê en è devant un e muet : Je transfère; qu'ils transfèrent ; excepté au fut. de l'ind. et au prés, du eond. : Je transférerai; ils transféreraient). Transporter d'un lieu à un autre : Transférer des prisonniers.

— Transmettre d'une personne à une autre : Transférer ses biens par testament.

— Transporter d'un temps dans un autre : Transférer une fête.

— Jurispr. Transporter, faire passer la juridiction , l'autorité d'un tribunal d'un endroit à un autre : On a transféré le siège de la cour d'appel dans telle ville.

— Pratiq. Opérer le transfert de : Transférer un immeuble.

— Syn. Trooiférer, transporter. Le dernier de ces verbes appartient au langage ordinaire et doit seul être employé quand l'objet qui change de lieu est réellement porté, comme un fardeau ou comme une charge : on transporte des meubles, un arbre qu'on déplante pour le planter ailleurs, etc. Transférer est un terme de jurisprudence et de liturgie ; quand il signifie porter réellement d'un lieu dans un autre, il présente au moins cette action comme faite d'après la décision d'une autorité supérieure, et le plus souvent il signifie simplement un changement de lieu sans transport matériel; c'est ainsi qu'on a vu le saint-siége transféré de Rome à Avignon, qu'une cour de justice peut être transférée d'une ville dans une autre, etc.

TRANSFEHT s. m. (tran-sfèr — rad. transférer). Acte par lequel on transmet la propriété d'un droit d'une personne aune autre. Bourse. Acte qui constate la transmission d'une valeur nominative des mains d'un détenteur dans celles d'un autre.

— Encycl. Le transfert s'applique soit à une rente sur l'Etat, soit à une action dans une société commerciale.

En matière de rentes sur l'Etat, le transfert est l'opération qui a pour objet de changer sur le grand-livre de la dette publique le nom de la personne au profit de laquelle l'inscription de rente existe. Il existe deux sortes de transfert t le transfert réel et le transfert de forme. Le transfert réel a lieu quand la propriété de la rente nominative a été, par suite d'une vente véritable, transmise d'une personne à une autre. Le transfert de forme a lieu principalement dans le cas où la propriété de la rente est transféréo autrement que par suite d'une vente, comme, par exemple, par succession ou par dona-

— Du transfert réel. Le transfert réel s'opère ordinairement au moyen d'une négociation faite en bourse par l'intermédiaire direct d'un agent de change. Les formalités du transfert réel sont d'ailleurs très-simples : l'acte est signé par le vendeur et par uu agent de change qui certifie l'identité du propriétaire, la vérité de la signature et les pièces produites. Le' transfert est même opéré par la seule signature du vendeur, et, si celui-ci ne veut ou ne peut signer, il peut se faire représenter par un fondé de pouvoir spécial. Les lois n'ont indiqué aucun délai pour la régularisation du transfert; mais, h 10 fructidor an X, la chambre syndicale des agents de change de Paris a pris une délibération qui fixe à cinq jours le délai pour la livraison du bulletin de transfert, sur la représentation duquel l'acheteur est toujours tenu de payer. Ce délai expiré, la partie lésée par le retard peut refuser l'accomplissement de la négociation en prévenant le syndic ou l'un de ses adjoints, ou bien l'exiger en vendant ou en achetant par leur entremise pour le compte de la partie en retard et aux risques de l'agent de change, sauf tout recours de droit contre ses commettants. D'après l'article 3 du décret du 10 thermidor an XIII, les payements des inscriptions transférées peuvent être valablement effectués par les acquéreurs sur la présentation de leur bulletin. Lors du retrait par l'acquéreur du nouvel extrait d'inscription, la décharge donnée par lui est mise au dos du bulletin. Les bordereaux présentés dans les bureaux de la dette inscrite, pour dresser les déclarations des transferts, sont faits sur un modèle uniforme détermine par le ministre des finances. Ces bordereaux sont certifiés et signes par l'agent de change qui a négocié la vente, tant pour l'indication et quotité des inscriptions dont les extraits sont rapportés que pour l'exactitude des noms et prénoms des acquéreurs et la quotité des portions de rente à attribuer à chacun d'eux. Ils sont vérifiés à la direction des Inutations et transferts et conservés à la direction du grand-livre comme preuve de la régularité des écritures passées pour l'exécution des ventes d'inscriptions. Aucune inscription ne peut être effectuée sur le grand-livre de la dette inscrite, pour transferts et mutations, sans le concours de deux agents comptables assujettis à un cautionnement et justiciables de la cour des comptes et sans que l'agent comptable des transferts et mutations ait admis, sous sa responsabilité, les titres de la partie, et que celui du grand-livre ait procède à une nouvelle immatricule. L'inscription d'une rente

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sur le grand-livre de la dette publique constitue, au profit du créancier nouvellement inscrit, un titre authentique de propriété contre lequel ou ne peut admettre en principe aucune preuve testimoniale ni aucune présomption. Par conséquent, on ne saurait être admis à combattre, par la preuve testimoniale, l'effet de ce transfert et de cette inscription qu'autant qu'on les attaquerait pour cause de dol ou de fraude, ou qu on produirait un commencement de preuve par écrit. — Du transfert de forme. De même que le transfert réel, le transfert de forme est signé par le titulaire transférant et par un agent de change certificateur. Cet agent encourt la même responsabilité que celui qui intervient dans (e transfert réel! L'agent de change qui veut faire opérer le transfert d'une inscription doit, aux termes de l'article 6 du 28 floréal an VII, produire un certificat de propriété ou acte de notoriété contenant les nom, prénoms et domicile de l'ayant droit, la qualité en laquelle il procède et possède, l'indication de sa portion dans la rente et l'époque de sa jouissance. D'après le même article, le certificat qui est rapporté, après avoir été dûment légalisé, est délivré par le notaire détenteur de la minute, quand il y a eu inventaire ou partage, par acte public ou transmission gratuite, à titre entre vifs ou par testament, par le juge de paix du domicile du décédé, sur l'attestation de deux citoyens, quand il n'existe aucun de ces actes en forme authentique. Lorsque la mutation s'est opérée par jugement, le greffier dépositaire de la minute délivre le certificat. Quant aux successions ouvertes à l'étranger, les certificats délivrés par les magistrats autorisés par les lois du pays sont admis, quand ils sont rapportés dûment légalisés par l'agent du gouvernement.

On emploie encore le transfert de formo quand il s'agit de remplacer un titre de rente perdu par le propriétaire, qui pouvait auparavant demander un titre par duplicata. Aux termes de l'article 1" du décret du 3 messidor an XII, il n'est plus délivré de duplicata des extraits d'inscriptions au grand-livre des cinq pour cent consolidés et de la dette viagère. Les rentiers qui ont perdu leurs extraits d'inscription en font la déclaration devant le maire de la commune de leur domicile. Cette déclaration, qui doit être faite en présence de deux témoins chargés de constater l'individualité du déclarant, est assujettie au droit fixe de 1 franc; elle est rapportée au trésor public. Le ministre des finances, après en avoir fait constater la régularité, autorise le directeur du grand-livre à débiter le compte de l'inscription perdue et à le porter à compte nouveau par un transfert de forme. Un extrait original de l'inscription de ce nouveau compte est remis au réclamant. Le transfert de forme, dans l'espèce actuelle, doit avoir lieu dans le semestre qui suit celui pendant lequel la demande d'un nouvel extrait d'inscription a été adressée au ministre des finances. Remarquons que le décret du 3 messidor an Xll, qui règle le mode de remplacement, en cas de perte des extraits d'inscription au grand-livre, ne concerne que les inscriptions de rente nominative, et non les inscriptions de rente au porteur. Quand le ministre des finances refuse de délivrer aux parties qui les réclament de nouveaux extraits d'inscription de rente, c'est à l'autorité administrative supérieure seule, c'est-à-dire au conseil d'Etat, qu'il appartient de statuer sur ce refus.

Ou emploie encore le transfert de forme pour convertir une rente nominative en une rente au porteur, ou une rente au porteur en une rente nominative. L'ordonnance du 29 avril 1831 régit l'espèce : ■ Tout propriétaire d'une ou de plusieurs inscriptions de rentes nominatives, 5, 4 1/2, 4 et 3 pour 100 sur le grand-livre de la dette publique est, dit l'article 1", autorisé à en réclamer la conversion en rentes au porteur. Pour opérer cette conversion, le propriétaire de l'inscription de rente nominative devra la déposer au trésor public (bureau des transferts et mutations), accompagnée d'une déclaration de transfert dans la forme ordinaire, signée de lui et certifiée par un agent de change (art. 2). Le propriétaire devra indiquer, en faisant le dépôt de son extrait d'inscription nominative, le nombre et la quotité d'inscriptions au porteur qui lui seront nécessaires, eu ayant soin cependant de ne pas demander de coupures au - dessous de 50 francs (art. 3). En échange du dépôt fait, le directeur de la dette inscrite fera opérer un transfert d'ordre du montant de la rente déposée au crédit d'un compte ouvert sous le titre de < trésor public, son compte de rentes au porteur 5, 4 l/2 pour 100, 4 ou 3 pour 100. » Les coupures demandées sont, le surlendemain du dépôt, remises à l'agent de change certificateur, à moins que le propriétaire n'ait exprimé formellement dans sa déclaration signée au bureau des transferts le désir que les valeurs lui soient directement remises, auquel cas elles seraient conservées à ta direction de la dette inscrite, qui ne s'en dessaisirait que sur un bulletin signé de l'agent de change et du propriétaire de la rente (art. 4). Les extraits d'inscription seront revêtus des signatures du chef du grand-livre et de l'agsnt comptable des mutations, visés au contrôle et signés par le directeur de la dette inscrite. Ils seront à talon, et les por-

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tenrs pourront, quand ils le voudront, les rapprocher de la souche qui restera déposée au Trésor {art. S). Les arrérages des rentes au porteur seront payables aux mêmes époques et de la même manière que ceux des rentes nominatives de même nature (art. s). Les rentes au porteur seront, à la première demande qui en sera faite, converties en rentes nominatives, sur le dépôt qui sera opéré au Trésor de l'extrait d'inscription dont la reconversion sera réclamée, accompagné d'un bordereau certifié par le déposant, indiquant ses qualités et son domicile et désignant avec exactitude les nom et prénoms auxquels la rente nouvelle devra être inscrite (art. 7). Le compte ouvert au Trésor public (son compte de rentes au porteur) sera débité du montant de la rente convertie de nouveau (art. 8). La conversion de rentes nominatives en rentes au porteur ne sera

fias admise par le trésor public pour toutes es inscriptions qui représenteront les fonds des cautionnements, des majorats constitués, ceux des établissements publics ou religieux, des caisses de retraite, ceux qui auront été produits par la vente de biens avec charge de remploi, qui proviendront de constitutions dotales, qui appartiendront à des mineurs ou à'des propriétaires absents, enfin pour toutes les rentes frnppées d'une cause légale quelconque d'immobilisation momentanée, à 1 égard desquelles les règlements en vigueur continueront à être exécutés (art. 9). Les rentes au porteur pourront être rachetées par la caisse d'amortissement comme les rentes nominatives ; mais, dans ce cas, la conversion en sera immédiatement opérée en rentes non transférables, au nom de la caisse d'amortissement (art. 10).

TRANSFERT-RECETTE S. m. Opération par laquelle une caisse d'épargne charge ses livres d'un compte de déposant qui lui est transmis par une autre caisse.

TRANSFERT-PAYEMENTS, m. Opération par laquelle une caisse d'épargne annule le compte d'un déposant et le transmet à une autre caisse.

TRANSFIGURATION s. f. (tran-sfi-gu-rasi-on — rad. transfigurer). Changement soudain d'une figure en une autre. Il Transfiguration, changement d'état : La mort n'est qu'une transfiguration ylorieuse.(Cha\.enuh.) Les révolutions sont des transfigurations. (V. Hugo.)

— Hist. relig. Etat glorieux dans lequel, suivant l'Evangile, Jésus-Christ se montra à trois de ses disciples.

— 'B. -arts. Tableau qui représente la transfiguration de Jésus : La Transfiguration de Raphaël. Le tableau de la Transfiguration par Raphaël.

— Encycl. Hist. relig. L'Eglise catholique donne ce nom a l'une des scènes capitales de la vie de Jésus, scène ainsi racontée par saint Matthieu (ch. xvu, î et suiv.) :

« Six jours après (après le voyage de Cesarée de Philippe), Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, frère de ce dernier, et les conduisit sur un mont élevé.

• Et il fut transfiguré devant eux, et sa face resplendissait comme le soleil; ses vêtements devinrent blancs comme de la neige.

» Et alors leur apparurent Moïse et Elie, discourant avec lui.

» Or, Pierre, répondant k Jésus, lui dit : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; » si tu veux, faisons ici trois tentes, une pour » toi, une pour Moïse et une pour Elie. •

» Il parlait encore lorsqu'une nuée éclatante les couvrit d'ombre, et voici qu'une voix s'échappa de la nue disant : » Celui-ci » est mon fils bien-aimé, en qui j'ai mis tou-

• tes mes complaisances; écoutez-le. »

• Et en entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre, pjeins d'épouvante.

« Et Jésus s'approcha d'eux et les toucha et leur dit r « Levez-vous; n'ayez aucune » crainte. •

» Et, levant les yeux, ils ne virent plus personne, si ce n'est Jésus seul.

» Et en descendant de la montagne, Jésus les instruisit en leur disant : • Vous ne ra- « conterez à personne la vision jusqu'à ce que

• le Fils de l'homme ressuscite d'entre les

• morts. »

» Et les disciples l'interrogèrent, disant : « Que disent donc les scribes, qu'il faut qu'E-

• lie vienne d'abord? »

» Mais Jésus leur répondit : « Elie aussi

> doit venir, et il remettra tout à sa place.

» Or, je vous le dis, Elie est déjà venu et

- » ils ne l'ont point Éecounu, et ils ont fait de

» lui tout ce qu'ils ont voulu. Le Fils de

» l'homme doit souffrir d'eux les mêmes

> choses. >

• Alors les disciples comprirent qu'il parlait de Jean-Baptiste. »

La même scène est racontée sans variantes remarquables par Marc (ix, 1 et suiv.) et par Luc (îx, 28). L'Evangile selon saint Jean l'a passée sous silence.

L'Eglise fête la Transfiguration le 6 août; cette solennité a été instituée seulement au xva siècle, par le pape Calixte III (1457). ■

Les écrivains font de fréquentes allusions à ces mots : « Nous sommes bien ici, batissons-y trois tentes, ■ qui se disent pour exprimer le bonheur que l'on éprouve dans un lieu quelconque, mais principalement dans

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un endroit enrichi de toutes les beautés de la nature.

«0 ma reine I qu'il fait bon avec vous!» s'écriait à toute heure son frère d'Alençon, tout ravi des raille imaginations gracieuses par lesquelles elle se mettait en frais pour lui varier et lui embellir ce séjour en sa maison de La Fère.Et elle ajouta naïvement, en y mêlant son érudition, chrétienne : • Il eût » volontiers dit comme saint Pierre : Faisons » ici nos tabernacles, si le courage tout royal » qu'il avait et la générosité de son âme ne • l'eussent appelé à choses plus grandes. » Sainte-Beuve.

« Chez Béranger, il y a eu progrês.'et progrès immense. Dans son premier volume, il chante le. vin et les filles; dans le second, il chante la gloire et la nationalité; dans le troisième, il chante la France et le peuple ; dans le quatrième, comme Jésus au Thabor, il se transfigure, et, au lieu de chanter, il crie : « Humanité 1 humanité! ■

Alex. Dumas.

i Tout cela était si riant, si clair, si en Heur, que machinalement je posai une main sur le bras du conducteur, en lui disant : ■ Arrèlons-nous ici, dressons-y trois tentes. » Le conducteur dormait. Je fus obligé de le secouer avec force pour l'éveiller. »

Charles Monselbt.

« Quand il se vit arrivé, sans le savoir et sans le vouloir, dans ce beau lieu d'harmonie et de parfums, quand il se vit au milieu de toute cette vie a la fois calme et bruyante, passionnée et joyeuse ; quand il entendit tous ces hommes qui chantaient, qui riaient, qui parlaient, qui se tendaient leurs mains, leurs âmes, leurs femmes et leurs verres, il fut sur . le point de s'écrier, comme dans l'Evangile : o Seigneur, nous sommes bien ici, dressons -y, » s'il vous plait, trois tentes. •

J. Janin.

— Iconogr, L'église de Sainte-Catherine, au mont Sinaï, est décorée d'une série de mosaïques du m siècle, où Moïse est représenté dans les principaux événements de sa vie et, en dernier lieu, dans le mystère de la Transfiguration. D'Agincourt a publié une sculpture qu'il croit de la même époque et où ce sujet est aussi retracé. Fossati affirme avoir vu la Transfiguration représentée sur une lampe recueillie par lui à Corneto, dans uii hypogée étrusque qui avait été occupé par des chrétiens. Une mosaïque de Saint- Apollinaire de Ravenne nous offre ce sujet sous des formes allégoriques très-ingénieuses. Le Christ y est nguré par une croix dessinée dans un cercle étoile, avec les lettres A et Û à chaque extrémité des bras, et les mots Salus mundi au pied ; une main, celle de Dieu le Père, sort du ciel et montre cette croix, aux côtés de laquelle se tiennent Moïse et Elie, à mi-corps dans un nuage. Les trois apôtres que le Sauveur avait choisis pour être les témoins de sa gloire, Pierre, Jacques et Jean, sont figurés par des moutons placés sur la hauteur voisine de l'apparition, parmi des arbres et de petits coteaux. D'autres moutons, placés au bas de la composition, désignent les autres disciples; ils ne devraient être qu'au nombre de neuf, mais l'artiste en a dessiné douze. Dans une autre mosaïque, qui décore l'église desSuiiUs-Nérée-et-Achillée,'àRome, le Christ en personne, vêtu d'une tunique rouge et d'un manteau blanc, étend la main droite et bénit; Moïse et Elie sont à ses côtés ; un peu plus bas, deux apôtres, que l'on croit être Jacques et Jean, relèvent un pan de leur manteau blanc à la hauteur de leurs yeux éblouis par l'éclat du visage de leur divin maître. Le même sujet est représenté sur un sarcophage d'Ostie, publié par Millin,et dans une mosaïque du baptistère de Florence, décrite par Gori {Mon. Bapt. Flor.,p. 23, iv, i). Stefano, élève de Giotto, a exécuté dans le couvent du San-Spirito, à Florence, une fresque où se trouvent rapprochées la Transfiguration et la scène de la Guérison du possédé; il se pourrait, comme l'a fait remarquer Passavant, que cette fresque eût donné à Raphaël l'idée de l'admirable composition qu'il, peignit, à la tin de sa vie, pour le cardinal Jules de Médicis, et qui se voit aujourd'hui dans la galerie du Vatican. On a prétendu que le grand artiste avait copié servilement cette composition d'après une peinture qui orne le vestibule de l'église Kan-Miniato, près de Florence, et qui a été publiée par G.-B. Noccht, comme datant du xve siècle; mais il a été reconnu depuis que cette peinture était postérieure à Raphaël. Nous consacrons ci-après un article spécial au chefd'œuvre du Vatican, ainsi qu'à une Transfiguration de Giovanni Bellini, qui appartient au musée de Naples.

Parmi les peintures exécutées sur le même sujet, nous mentionnerons : un tableau du Pérugin, qui décorait autrefois l'église Santu- Maria-Nuova, de Pérouse, et qui est aujourd'hui au musée de cette ville; un tableau de Francesco Bissolo, daté de îsiï, dans l'église Santa-Maria-Mater-Domini, à Venise; un tableau de Leaiidro Corona, à la pinaco-

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thêque de Vérone; un tableau de Louis Carraehe, a la pinacothèque de Boulogne ; un beau tableau du Garofalo, au palais Chigi, à Rome; un tableau du Rosso, à la cathédrale de Citta-di-Castel!o; un tableau de Rubens, à Mantoue; un tableau de Mantegna, au musée Correr, à Venise; un tableau de Simone Cantarini, au musée Brera, à Milan (gravé par Michèle Bisi) ; une fresque de Giovanni Carlone, dans l'église de Saint-Ambroise, à Gènes, etc. Citons encore les gravures de Jean Audran (d'après Louis Galloche et d'après Séb. Le Clerc), C. Procaccini (eau-forte), L. Kilian (d'après P. Véronèse), Ch. Albert! (1575), Altdorfer (gravure sur bois, d'après A. Durer), G. Pencz, Augustin Carrache (1588), Léopold Màssard (d après Bida), etc.

Transfiguration (la), tableau de Giovanni Bellini, au musée de Naples. Le Christ, yêtu de blanc, apparaît au sommet de la montagne, la face rayonnante, les bras levés; à ses côtés, les prophètes Elie et Moïse se tiennent debout et de profil, dans l'attitude du respect et de l'adoration. Au-dessous, les trois apôtres paraissent frappés a la fois d'étonnement et d'admiration ; saint Jean est assis, les deux autres sont prosternés. En avant de ce groupe, un chemin est taillé dans le roc ; à une petite croix en bois est accroché un cartelhno où se lit la signature : loannes Bellinus. Dans le fond se déroule un joli paysage, avec des arbres, des coteaux, des fabriques, un paysan conduisant des bœufs. Le ciel est très-lumineux. Cette peinture est remarquable par la richesse et l'harmonie du coloris, en même temps que par le beau dessin des draperies et le caractère noble et majestueux du Christ. Elle est placée au musée des Studj, dans la salle des chefs-d'œuvre.

Transfiguration (la), chef-d'œuvre de Raphaël, au musée du Vatican. La composition de ce tableau célèbre se divise en deux parties. Dans la partie supérieure, le Christ vient de s'élever du mont Thabor et se montre à ses apôtres, au centre d'une lumière éblouissante et surnaturelle dont il est lui-même le foyer; ses yeux et ses bras sont élevés vers le ciel; ses pieds sont nus; son manteau se soulève derrière ses épaules. A ses côtés, les prophètes Moïse et Elie sont suspendus dans les airs et semblent l'adorer. Sur le sommet même du Thabor, les apôtres Pierre, Jean et Jacques, qui avaient suivi Jésus, sont pro- .sternés et cherchent à protéger leurs yeux contre l'éclat de la transfiguration ; c'est à ce moment qu'ils entendent la voix mystérieuse qui leur dit : « Celui-ci est mon fils; écoutez-le! » Toujours sur la hauteur, à une petite distance des trois apôtres, près d'un arbre, se tiennent deux jeunes diacres, saint Julien (ou saint Etienne) et saint Laurent, à genoux, dans l'attitude de l'adoration. Si, de la scène que nous venons de décrire, nous abaissons les regards vers la partie inférieure du tableau, nous y voyons la nature humaine représentée dans sa plus triste réalité. Un jeune garçon .possédé du démon , les yeux hagards, la bouche écumante, les bras tordus par d'horribles convulsions, est amené par sa famille éplorée, qui demande aux disciples restés en bas de la mqntagne de le guérir; son père le soutient par les épaules; sa mère, agenouillée au premier plan, le montre avec une expression pleine de douleur et de supplication; d'autres parents et des amis implorent la délivrance du malheureux enfant. Les disciples, saisis de compassion, semblent dire : < Nous ne sommes que les serviteurs de celui qui, après avoir enseigné aux hommes le moyen d'éviter le péché, est monté glorieusement dans le ciel pour s'asseoir à la droite de son Père. Lui seul a le pouvoir d'opérer des miracles. Adressez-lui vos prières. ■

Le cardinal Jules de Médicis (depuis Clément Vil) avait commandé ce tableau à Raphaël pour son église ôpiscopale de Narbonne; il avait chargé en tnèine temps Sébastien del Piombo de peindre une Résurrection de Lazare pour la même destination. On raconte que Michel-Ange, qui ne cessait d'opposer Sébastien à Raphnël, fit plusieurs dessins pour cette Résurrection de Lazare; Raphaël eu ayant été informé s'écria gaiement : « Michel-Ange me témoigne un grand honneur, puisque véritablement c'est lui-même qu'il m'oppose comme rival et non pas Sébastien, i Le divin artiste se mit d'autant plus résolument à l'œuvre et y apporta d'autant plus de soins. Il fut malheureusement surpris par la mort avant d'avoir entièrement terminé cette grande page. Placée a côté du catafalque sur lequel son corps fut exposé, cette dernière production de son génie fit mieux comprendre que toutes les paroles humaines la grandeur de la perte que venaient de faire l'art et l'Italie. Jules Romain acheva ensuite l'œuvre du maître, et le cardinal Jules de Médicis, au lieu de la faire parvenir à Narbonne, en fit présent & l'église Siin-Pietro-iti-Montorio, où elle resta jusqu'en 1797 ; à cette dernière date, elle fut transportée en France, nettoyée avec soin et placée au musée du Louvre. Après 1815, elle retourna à Rome et devint un des plus beaux ornements de la galerie du Vatican.

On a longuement disserté sur les mérites de la Transfiguration, que beaucoup d'écrivains appellent le chet-d'eeuvre des chefsd'œuvre ; des études spéciales lui ont été

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consacrées par lo général espagnol Benito Pardo de Figueras (Examen analitico del quadro de la Transfigaracion, Paris, 1804, traduit en 1805 par Croze-Magnan) et par l'Allemand Karl Morgenstern (Uber Rafaël Sanzio's Verktârung, Leipzig, 1822). On a reproché à Raphaël d'avoir représenté dans un même tableau deux scènes du Nouveau Testament, la Transfiguration et la Guérison du possédé, n'ayant aucune relation entre elles ; mais c'est là une de ces licences tout à fait permises aux peintres, aussi bien qu'aux poètes. Los gestes si vifs et si pleins de foi des apôtres montrant le Christ, sauveur îles hommes, relient les deux sujets et en forment une seule composition d'une richesse et d'une profondeur admirables. Il serait plus difficile de justifier la présence des deux diacres sur la montagne ; mais on croit que ce fut le cardinal de Médicis qui imposa a. l'artiste ces deux figures, saint Julien et saint Laurent étant les patrons de son père et de son oncle (d'autres disent de ses deux neveux). Pour ce qui est de l'exécution du tableau, elle est au-dessus de tout éloge. « Cet ouvrage, dit Mengs, renferme infiniment plus de beautés q^ue tous les autres ouvrages de Raphaël;

I expression y est plus noble et plus délicate, le clair-obscur meilleur; la dégradation des tons y est plus savante ; lu louche y a plus de finesse et de perfection. Il y a plus de variété dans les draperies, plus de beau idéal dans les têtes, plus de majesté dans le style. » Le docteur Passavant, dans son livre sur Raphaël, exprime l'avis que le grand artiste, tout en sacrifiant au pittoresque quelque chose de sa correction accoutumée, a déployé néanmoins dans cette page merveilleuse des qualités incomparables. « La Transfiguration, dit-il, est un témoignage éclatant de la science extraordinaire que Raphaël avait acquise duns toute la partie technique de la peinture et notamment dans le coloris.

II semble avoir cherché ici surtout une large distribution des masses d'ombres et de lumières. Il a donc placé duns la demi-teinte quelques figures de la partie inférieure du sujet, afin d'accentuer plus vivement encore le contraste de cette partie avec le lumineux éclat de la partie supérieure. C'est là que Raphaël a voulu prouver qu'il excellait dans cet art du clair-obscur que le Corrége et les Vénitiens, surtout le Giorgione, ont porté a un si haut degré de perfection. Malheureusement, l'admirable clair-obscur qui existait originairement dans la Transfiguration a presque entièrement disparu, puroe que Jules Romain, en terminant le tableau après la mort de Raphaël, se servit de noir de fumée, couleur perfide, qui donne au premier moment un ton vigoureux et transparent, niais qui, au bout de quelques années, pousse au noir. Cependant, si nous ajoutons foi au témoignage du baron Boucher-Desnoyers (dans sou appendice à l'Histoire de Raphaël par Quairemère de Quincy, p. 55), les glacis seuls auraient poussé au noir, car lorsque le tableau fut restauré à Paria, du temps du premier Empire, il prit un ton lumineux et brilla de tout son éclat. 11 y a, du reste, quelques morceaux dont les couleurs n'ont rien perdu de leur force primitive, entre autres la figure de saint André, si admirablement peinte, les épaules nues de la femme agenouillée au premier plan et sa belle tête aux magnifiques tresses de cheveux blonds. • Cette dernière figure, vue de dos, a une tournure superbe; su robe rose et son manteau bleu sont drapés , de main de maître; son visage, de profil, rappelle assez bien le type de la Foruariiia et a été gravé par Raphaël Morghen comme étant le portrait de cette maîtresse du divin Sanzio.

11 existe plusieurs copies anciennes de la Transfiguration. Le .musée national de Madrid eu possède une que Passavant croit être celle qui, au dire de Vasari, fut exécutée par Francesco Penni et apportée par lui a, Naples, où elle orna pendant quelque temps l'église du Sau-Spirito; elle diffère, en quelques endroits, d'une manière assez marquée du tableau original; le Christ et les deux prophètes planent dans une auréole circulaire qui les entoure tous trois ; la femme agenouillée au premier plan est entièrement vêtue de rouge; il n'y a pas d'arbre derrière les deux diacres. Au palais Soiarra-Colonna se voit une bonne copie par Carlo Sai ace.no, qui décorait autrefois la galerie Barberini. Des copies de petite dimension existent dans plusieurs autres palais de Rome, notamment au palais A Ibani. La basilique de Saint- Pierre possède une très-belle copie en mosaïque exécutée, au siècle dernier, par Stefano Pozzi. Une copie attribuée à Jules Romain appartient à l'église San-Doraenico, de Spolete ; une autre, peinte par Schiavone, orne la pinacothèque de Venise. Les copies modernes sont très-nombreuses ;ilyenavait une, avant la Révolution, dans la sacristie de Saint-Germaiu-dcs-Prés, à Paris ; le musée de Toulouse en possède deux, etc. Le pape Clément XI acheta, moyennant un prix très-éleve, un préteudu carton original de la Transfiguration, dans lequel ou a reconnu depuis une copie fabriquée par un habile faussaire. Un célèbre dessin à la plume, dont l'attribution à Raphaël même parait indiscutable, figure dans la collection Albertine,à Vienne; il a été lithographie par J. Pilizotti. Le Louvre possède une étude à la sanguine pour deux figures d'apôtres ; il en a été fait une gravure par Caylus.

La Transfiguration a été gravée par une

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foule d'artistes , notamment par Marco di Ravenna, par le Maître au dé, par Cornelis Cort (1753). M.-A. Marelli (1602),Simnn Thomassin (1680), S. Valé, Arn. van Westerliout feau-fone), J.-B. Lenardi (d'après un dessin de Hubert Vincent, 169i), Nicolas Dorigny (1705), Beneiletto Brerti (17781, A. -P. Tardieu, P.-L. Bombelii, Jae. Simon, Raphaël Morghe» (1795 et 1811), Abraham Girardet (pour le Musée Na/ioléon, 1806), Queverdo et Pigeot (pour le Musée Filhol), Ign. Pavon, Dissard, Thouvetiin (au pointillé), Aug. Spiess (sur acier), Kiningt-r (à la manière noire, 1836), le baron Boinher-Desnoyers (Salon de 1840), etc. Gustave Planche a dit de l'estampe de ce dernier : « M. Desnoyers a traité avec soin le contour et l'expression de chaque tète, et sous ce rapport sa gravure me pHralt trèssupérieure à celle de Raphaël Moi ghen; elle se distingue surtout par une admirable clarté. >

. TRANSFIGURER v. a. on tr. (tran-sfl-guré — Int. trans figurare ; de Irans, au delà, et de/Si/ura,figureJ. Changer la ligure, la forme, la nature, le caractère de : Ce voyage vous a transfiguré. Ces réformes transfigurèrent l'administration, L affection élève ce qui est bas pour le transfigurer en soi. (I.acordaire.) La grande douleur est un rayon divin et terrible qui transfigure les misérables. (V. Hugo.)

Se transfigurer v. pr. Changer de figure, de l'orme, de caractère : Jésus-Christ, d'après l'Evangile , SB transfigura sur le mont Tkabor.

TRANSFIL s. m. (tran-sfil — du préf. trans, et de fil). Techn. Gros fil de laiton que l'on place à droite et à gauche des deux extrémités de la forme a papier.

TRANSFILAGE s. m. (tran-sfi-la-je — rad. transfiler). Mur. Action de translater,

TRANSFILER v. a. ou tr. (tran-sfl-lé — du pref. trans, et de filer). Mur.. Joindre bord à bord, à l'aide d'une ligne passée dans des œillets : Transfiler des toiles.

TRANSFiXIÛN .s. f. (iran-sfi-ksi-on — iat. transfixio; de transfixus, percé d'outre en outre). Cliir. Procédé d'amputation des tumeurs, qui consiste à les transpercer d'un seul coup au-dessous de leur ba>e, avec un bistouri ou un couteau à amputation, qu'on fait ensuite agir successivement à droite et à gauche.

TRANSFORMATEUR, TRICE adj. (transfor-iua-ieur, tri-se — rad. transformation}. Qui transforme, qui est propre à transformer.

TRANSFORMAT1F, IVE adj, (tran-sfor-matiff, i-ve — du lut. transformatus, transformé). Qui a la puissance ne transformer : Influence

TRANSKORMATIVE.

TRANSFORMATION s. f. (tran-sfor-ma-sion — lai. tran&l'urmatio ; de transformare, transformer). Action de transformer ou de 8e transformer, passage d'une forme à une autre : La transformation de la chrysalide en papillon. La tran'SKOHMation de l'eau en glace. Il Changement complet de caractère, de manière d'eue : Les TRANSFORMATIONS politiques sont un travail. (I .Minait.) Le christianisme est ta transformation du paganisme. (Pruudh.) Le manichéisme fut la dernière transformation de la religion de Zoroastre. (A. Maury.J

— Palhol. Transformation morbide , Travail particulier qui transforme des tissus organiques en d'autres tissus.

— Geoin. Réduction d'une figure ou d'un corps en un autre de la même superficie ou du même volume , mais non de la même forme. Il Transformation des axes des coordonnées, Changement de position de ces axes.

— Algèbre. Transformation des équations, Changement de la l'orme d'une équation qui ne détruit pas l'égalité.

— Logiq. Transformation des propositions, Moditii.ai.iun des termes des propositions, qui n'en altère pas le sens.

— Encycl. Pathol. La transformation d'une portion île peau ou de tissu cellulaire en une muqueuse, celle d'une membrane muqueuse en peau, 1 ossification des cartilages sont autant d'exemples de transformations morbides. L'irritation est une des causes des transformations morbides, mais elle n'en est qu'une cause éloignée. Le plus grand nombre s'opère sans le concours de la plus légère irritation; telles sont : la conversion des muscles eu tissu graisseux dans les membres livrés longtemps a l'inaction, ou en tissu fibreux autour des luxations 'non réduites; l'ossification des cartilages par les progrès de l'âge, etc.

Tous les tissus ne sont pas au même degré susceptibles de transformation. Le lissu cellulaire peut subir tous les moiles de transformation connus; mais les autres tissus ne sont susceptibles que d'un, deux ou trois modes de ce changement d'organisation. 11 est quelques tissus en lesquels jamais les autres ne se transforment; on n'en voit aucun, par exemple, se changer eu tissu nerveux, musculaire, glanduiaue- ou lymphatique. Enfin, quelques transformations sont beaucoup plus fréquentes que les autres; telles sont les transformations graisseuses, muqueuses et osseuses. L'illustre médecin Amiral a essayé d'exprimer en formule» générales les conditions principales de lu transformation, et il a

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établi les lois suivantes, qui peuvent être considérées jusqu'ici comme exactes : 1° les tissus, autres que le tissu cellulaire, susceptibles de se transformer, sont seulement ceux qui , dans le cours de la vie embryonnaire ou dans la série animale, présentent également des transformations constances; 2° les transformations accidentelles que ces tissus peuvent subir sont de la même nature que les transformations normales qu'ils éprouvent, soit chez l'embryon humain, soit chez d'autres animaux adultes; 3» les tissus qui, chez l'embryon ou dans la série animale, ne subissent pas de transformation cqnnue n'en présentent pas non plus dans les cas morbides; 4° tout tissu qui s'atrophie tend à subir la transformation cellulaire , c'est-à-dire à rétrograder vers son organisation primitive. Nous allons examiner maintenant chacune des transformations en particulier.

— Transformation graisseuse. La transformation graisseuse ne se montre, en général, que dans les tissus qui cessent de remplir leurs fonctions. Ainsi, dans les muscles qui s'atrophient autour des articulations affectées de luxations non réduites, ou dans les membres soumis a une longue inaction, soit par un ulcère, soit par un état semi-paralytique, soit par toute autre cause, ou bien encore aux lombes et aux mollets des vieillards, ces muscles passent assez souvent à l'état graisseux. Dans plusieurs cas, cependant, cette transformation s'opère sans qu'on puisse l'attribuer à la vieillesse des sujets ; elle paraît dépendre d'un état d'obésité générale de l'individu. C'est ainsi que l'on a trouvé le cœur en grande partie transformé en tissu graisseux, et les mamelles ayant subi complètement cette conversion, chez des individus d'un embonpoint très-considérable. Quelquefois, enfin, cet état paraît être l'effet d une altération du sang; telle est la transformation graisseuse du foie. La transformation graisseuse a toujours pour effet de rendre de moins en moins facile et d'abolir enfin la fonction de l'organe qui en est affecté, quand elle n'est pas elle-même le résultat de la cessation de la fonction. Mais tant de causes peuvent produire les mêmes effets, qu'il n'est jamais possible dé diagnostiquer une de ces transformations, et par conséquent on ignore complètement quel traitement il faudraitieur opposer.

— Transformations cutanées. Plusieurs auteurs, M. Cruveilhier en particulier, regardent les cicatrices comme de véritables transformations cutanées ; et comme tous les tissus peuvent concourir à la formation des cicatrices, ils en ont conclu que tous étaient susceptibles de cette conversion. Mais il y a une trop grande différence entre la constitution intime des cicatrices et celle de la peau, pour que l'on puisse voir dans les premières une transformation des tissus en derme, ni, par conséquent, admettre que toutes nos parties soient susceptibles de cette transformation. Les membranes muqueuses en paraissent seules susceptibles; elles la subissent lorsqu'elles restent longtemps exposées au contact de l'air et soumises à des frottements répètes. C'est ce qui arrive à la membrane muqueuse du gland quand le prépuce cesse de la recouvrir; à celle du vagin et du rectum lorsqu'ils sont depuis longtemps renversés et exposés, par conséquent, au frottement continuel des cuisses et des vêtements. On voit, dans ces trois cas, la membrane muqueuse perdre peu à peu sa couleur rouge et prendre la teinte de la peau, cesser de sécréter des mucosités, se recouvrir d'une couche épidermique, devenir moins impressionnable au contact des corps étrangers et augmenter d'épaisseur et de densité. Il en resuite pour le gland une moindre aptitude à absorber le virus vénérien, et pour le vagin et le rectum la nécessité d'avoir recours à des astringents plus énergiques que ceux que l'on applique ordinairement aux surfaces muqueuses si l'on veut tenter la réduction de ces renversements par médication.

— Transformation muqueuse. La transformation de la peau en membrane muqueuse est bien plus fréquente que la conversion contraire. 11 suffit de dépouiller la peau de son épiderme et de l'exciter pour la voir devenir plus sensible, plus rouge et sécréter de l'albumine, en un mot pour la voir revêtir les caractères des membranes muqueuses. On sait, d'ailleurs, que la plus grande analogie de structure existe entre ces deux tissus, et l'on ne doit pas s'étonner de la facilité avec laquelle ils se convertissent l'un dans l'autre. On peut donc dire, et ici l'analogie n'est pas forcée, que dans toutes les plaies superficielles il y a transformation de la peau en membrane muqueuse. On peut le dire aussi de tous les tissus qui suppurent, car rien ne ressemble plus à une membrane muqueuse que la surface d'une plaie. Mais ce n'est pas dans celte seule circonstance que la peau se convertit en membrane muqueuse. On observe encore cette transformation chaque, fois que deux points de la surface cutanée sont en contact immédiatement et éprouvent des frottements l'un contre l'autre. C'est ce qui arrive chez les femmes extraordinairement grasses, et dont les mamelles sont trèsvoiuimneuses; on remarque qu'au-dessous de chaque sein la peau est d'un ruse vif; elle est plus sensible et s'irrite par le seul contact de la sueur, ce qui prouve que l'épidémie y

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est détruit ou à peu près ; enfin, elle sécrète continuellement un mucustblanc et concrescible qu'il ne faut pas prendre pour de la sueur ; on observe la même chose encore chez les individus des deux sexes très-replets, entre les deux fesses. Cette surface est même, chez quelques-uns de ces individus, le siège habituel d une sécrétion blanchâtre , fort incommode par l'humidité continuelle qui en est le résultat.

— Transformations fibreuses. La transformation fibreuse ne s observe que dans un petit nombre de circonstances. Le tissu cellulaire, les cartilages, les membranes synoviales et les muscles sont seuls aptes à se convertir en tissu fibreux. Ce n!est guère que dans les fausses ankyloses, dans les luxations non réduites et dans les fausses articulations que cette transformation se rencontre. Cependant, on a vu les muscles psoas convertis en deux canaux fibreux, tapissés par une membrane muqueuse, et transportant jusqu'à l'aine le pus provenant d'une carie vertébrale. On sait, en outre, que les colonnes charnues du cœur se transforment quelquefois en cordes tendineuses. Les extrémités des muscles, dans les amputations, se changent aussi en tissu fibreux. On voit, par ce peu de mots, que la transformation fibreuse n'est jamais par elle-même un état morbide ; elle est souvent, au contraire, un moyen de guérison dans quelques maladies; on n'est jamais appelé a, diriger contre elles des moyens thérapeutiques.

— Transformation cartilagineuse en général. On voit quelquefois des plaques cartilagineuses se développer dans l'épaisseur des parois d'une artère; les orifices auriculo-ventriculaires deviennent assez souvent cartilagineux; l'intérieur des excavations tuberculeuses se tapisse quelquefois d'une sorte de membrane cartilagineuse; les parois de certains kystes acquièrent parfois la densité, la résistance et tous les caractères des cartilages. Nous pourrions citer beaucoup d'autres exemples de cette transformation, car elle n'est pas très-rare. Mais, soit qu'elle devienne un moyen de guérison pour une autre ma-

- ladie , soit qu'elle constitue elle-même un véritable état maladif, elle n'est jamais la source d'aucune indication thérapeutique; il est même excessivement rare qu'on puisse la diagnostiquer.

— Transformation osseuse en général. Presque tous les tissus sont susceptibles d'éprouver la transformation osseuse, et quelquesuns même subissent presque constamment ce changement d'organisation par le seul effet des progrès de l'âge : tels sont le tissu cartilagineux et les tuniques artérielles. Ainsi, on rencontre très-souvent ossifiés, chez les vieillards, les cartilages articulaires, ceux du larynx et les cartilages costaux ; il est trèsfréquent aussi de trouver des ossifications de l'aorte et d'autres artères dans les cadavres des personnes qui meurent à un âge avancé.

TRANSFORMÉ, ÉE (lran-sfor-mé) part, passé du v. Transformer. Changé, métamorphosé : La neige transformés en pluie est encore très-froide.

— Philos. Sensation transformée. Dans le système de Condillac, Sensation changée en idée par l'intellect.

— s. f. Géom. Courbe déduite d'une autre courbe suivant une loi quelconque.

— Encycl. Géom. Les projections ou perspectives d'une courbe en sont des transformées; le développement d'une courbe tracée sur une surface développable en est une transformée ; les lignes -planes dont on se sert pour figurer sur une carte les contours des continents ou les lignes idéales de la sphère en sont des transformées , etc. Les transformations les plus usitées dans un plan sont le redressement des ordonnées obliques, ou in versement, ia réduction de toutes les dimensions dans un même rapport , la transformation par rayons vecteurs réciproques, etc. Les arts mécaniques présentent de fréquents exemples de l'emploi rationnel de transformées de courbes géométriques. Une transformation très-usitée, par exemple, consiste à raccourcir tous les layons de courbure d'une courbe d'une même quantité, dans tous les cas où un axe idéal qui devrait rester en contact avec ia courbe théorique doit nécessairement être remplacé dans la pratique par un fuseau capable d'offrir une certaine résistance.

TRANSFORMER v. a. ou tr. (tran-sfor-mé — Iat. transformare ; de trans, au delà, et formare, former). Paire changer de forme à: Homère dit que Circé transforma tes compagnons d'Ulysse en pourceaux. (Acad. ) Il Changer la nature, le caractère, la manière d'être de : L'imprimerie transforma l'humanité en une vaste école. (E, Pelleun.)

— Algèbre. Transformer une équation, Y introduire des changements de forme qui ne détruisent pas l'égalité.

Se transformer v. pr. Changer de figure, prendre une autre forme : Insensiblement le têtard su transforme en crapuud. [J. Macé.) Il Changer de caractère, de nature, de manière d'être : Que l'ancien monde SB transforme économiquement, et il ne tardera pas à su transformer politiquement sans réaolutions et sans guerres. (E. de Gir.)

— Se déguiser; prendre un aspect, des de-

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hors différents -' SB transformer selon les circonstances.

— Syn. Transformer, mltAmorpuoser. V.

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