TRANSFUSÉ
TRANSFUSER v. a. ou tr. {tran-sfu-zé — du prêt', trans, et du lat. fusus, part, passé de fuudere, verser). Faire passer un liquide d'un récipient dans un autre, Il Particulièrement, Opérer la transfusion du sang : Le peuple aurait voulu se faire tirer du su» g pour /«transfuser dans tes veines épuisées de Mirabeau. (Cortuen.)
— Fig. Faire passer : C'est lui gui signera votre liare? Parfait! Vous transfusez ainsi dans sa vie la quintessence de ta vôtre, (E.Augier.)
TRANSFUSEUR s, in. (tran-sfu-zeur — rad. transfuser). Partisan de la transfusion du sang; celui qui la pratique.
TRANSFUSION s. f. (tran-sfu-zi-on — rad. transfuser). Action de transfuser, de transvaser.
— Par anal. Mélange, fusion : La TRANS- . fusion de deux chapitres en un seul.
— Fig. Assimilation, union intime : Quand l'affection est mutuelle à un même degré, c'est l'union la plus étroite, c'est te plus parfait accord gui puisse régner' entre deux êtres sensibles, c'est enfin, s'it est permis de le dire, ta transfusion et ta coexistence de deux âmes. (Maimoulel.)
— Méd. Transfusion du sang ou simplement Transfusion, Opération considérée d'abord comme propre à rajeunir l'homme, h le rendre immortel, il Opération qui consiste à introduire dans les veines d un animal malade le sang d'un animal sain : La transfusion parait aooir eu quelque succès dans ces derniers temps. (Acad.)
— Encycl. Méd. Transfusion du sang. Les premières tentatives ont été faites au xvue siècle, peu après la découverte de la circulation, d'abord sur les animaux et ensuite chez l'homme. Elles furent suivies d'insuccès fréquents qui les firent proscrire en 1668, par un arrêt du parlement de Paris. On se servait dans ces expériences, défectueuses sous plus d'un rapport, de sang de veau, que l'on considérait comme le plus semblable au sang humain et par conséquent le plus convenable pour la transfusion. On ignorait alors, ce que l'expérience a démontré depuis, que cette opéraiion ne doit être pratiquée que d'homme à humilie, parce que le sang d'un animal injecté dans les vaisseaux d'un animai d'espèce différente devient mortel pour ce dernier.
Lorsqu'on a recours à la transfusion, il importe essentiellement que l'injection du sang1 dans les veines du patient soit faite aussitôt que ce liquide a été retiré des vaisseaux qui 1 ont fourni. Un retard d'une minute ou même de trente secondes suffit pour déterminer nu épaississemeut de la masse sanguine, et ce premier degré de solidification de ia tibrine suffirait pour produire dans les capillaires du poumon des arrêts de circulation rapidement suivis d'asphyxie. Ajoutons que le procédé de transfusion doit être tel qu'il rende impo:-sible l'introduction de l'air dans les vaisseaux. Ainsi comprise et exécutée, celle opération a fourni plusieurs fuis au médecin, dans des cas de mort imminente par hémorragie, une précieuse ressource. Lies observations authentiques paraissent prouver que divers malades lui ont dû leur. existence. 11 n'est pas nécessaire que la quantité de sang injecté pour rappeler le patient à la vie, k ta suite d'une hémorragie, représente la totalité du sang qu'il a perdu.
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S'il en était ainsi, on ne pourrait racheter une existence qu'aux dépens d'une autre, ou bien il faudrait pratiquer une foule de saignées, qui rendraient le procédé inapplicable. 11 suffit, pour obtenir un résultat favorable, d'en injecter une quantité suffisante pour réveiller momentanément la contractilitê du cœur et des vaisseaux. Le temps et une alimentation convenablement dirigée achèveront la cure ainsi commencée.
Pour pratiquer la transfusion, on commence par faire une saignée ordinaire à une personne saine et de bonne volonté. Au moyen d'un entonnoir, on recueille le sang qui s'écoule duns une seringue graduée placée dans un vase rempli d'eau à 37°, c'est-à-dire à la température du corps humain. On l'injecte ensuite avec lenteur et précaution dans l'une des veines du bras, qu'on aura ouverte préalnblement à la personne anémique. On aura dû s'assurer auparavant qu'il ny avait point d'il ir accumulé entre la face inférieure du pistou et le niveau supérieur du sang contenu dans la seringue*.
On recommence depuis quelque temps, dit le Journal des Débats du 18 mai 1874, à s'occuper de la transfusion du sang. Cette opération si délicate, que n'avaient pas craint de pratiquer nos chirurgiens du xvn« siècle, reparaît, après une interruption de deux cents ans, dans la thérapeutique moderne, mais bien modifiée et fort hésitante. Si, en France, on a pu citer dans ces derniers temps les expériences heureuses de MM. Guérin et Béhier, et la plus grande fréquence des injections intra-veineuses, on ne peut guère voir là que des essais et l'on ne doit rien préjuger pour l'avenir. Cependant, la même timidité n'existe pas partout, et le Journal de Saint-Pétersbourg nous apportait dernièrement de fort curieux détails sur vingt opérations de, cette nature pratiquées en Russie par le docteur Roussel, de Genève, au moyen d'un transfuseur de son invention. Nous résumons ces détails.
On peut classer ces vingt opérations en quatre séries : dans la première de ces séries sont neuf transfusions palliatives d'un mal incurable, pour soulager le patient et prolonger sa vie. Un malheureux atteint d une tumeur inopérable à l'arrière-gorge reçut 240 grammes de sang de sa propre femme et devint assez fort pour pouvoir supporter l'opération, si elle avait été possible; une idiote très-anémique a vu son état s'améliorer grâce à 60 grammes de sang veineux. Chez tous ces opérés, il y a eu une période de résurrection, pour ainsi dire; mais, cetie période passée, le mal a repris sa marche fatale; la transfusion dans ces cas particuliers n'a été considérée que comme un mode d'alimentation héroïque, et non comme un mode de traitement.
Une deuxième série comprend trois transfusions palliatives, destinées à permettre, une opération impossible sans le relèvement des forces des malades : deux des opérations seront tentées prochainement, la- transfusion ayant amené un état satisfaisant; une autre, faite sur un homme de quarante-cinq ans, pour l'enlèvement d'un vaste cancer ulcéré de la cuisse, et suivie de la transfusion de 280 grammes de sang d'un infirmier, a eu un plein succès : la plaie s'est cautérisée rapidement.
Le docteur Roussel pense que ce sera surtout sur les champs de bataille, chez les blessés dont un projectile a arraché ou broyé un membre, et qui n'ont plus assez de force pour supporter une opération secondaire, qu'on devra employer son procédé. Il pense aussi qu'il pourra servir à combaitre la gangrène qui surviendrait à la suite d'une amputation, l'infection du sang par le pus et les conséquences d'une trop forte hémorragie.
La troisième série comprend neuf transfusions curatives. Elles ont été pratiquées sur des malades atteints d'anémie proronde, de carie des os, de scorbut grave, et elles ont parfaitement réussi. On pourrait sans doute espérer le même résultat duns les cas d'asphyxie par strangulation, submersion, gaz délétères, et, dans ceux qui paraîtraient désespérés , envoyer un courant d'électricité avec le courant de sang, de façon à réveiller les mouvements du cœur et du cerveau!
La dernière série ne rapporte qu'une transfusion faite dans un cas d'hémorragie foudroyante à la suite de tentative d'avortement. La convalescence fut rapide et sans complications.
Les expériences ont été faites par le docteur Roussel en présence des élèves des hôpitaux, à Vienne et à Saint-Pétersbourg.
Dans ces expériences sur des mourants, sans espoir de guérison, il s'agissait seulement de démontrer la manœuvre de l'appareil et la parfaite innocuité de l'opération. Il n'est jamais résulté d'accidents de son emploi, aucune bulle d'air ni aucun caillot n'ont pénétré dans les veines, et quelques-uns de ces mourants ont repris connaissance pendant un temps plus ou inoins long.
11 reste à M. le docteur Roussel à divulguer son manuel opératoire et les détails du procédé qu'il emploie depuis 1865; jusque-là, des doutes resteront dans, bien des esprits.
TRANSGANGÉTIQUE adj. (tran-sgan-jé-iike — du préf. t?-ans, et de. Gange, neuve de l'Inde). Qui est situé au delà du Gange : Contrée TRANSGANGÉTIQUE.
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TRANSGRESSÉ, ÉE (tran-s'grè-sé) part, passé du v .Transgresser. Enfreint, violé: Loi transgressée. Dans une région où le moindre manquement au devoir était regardé comme un sacrilège, les règles ne devaient guère être transgressées. (Rayn.)
TRANSGRESSER v. a. ou tr. (tran-sgrè-sé — du latin transgressare, fréquentatif de transgredi, qui signifie proprement marcher au delU.de trans, au delii, et de gradi, marcher. Transgresser signifie donc proprement aller au delà, aller au delà des prescriptions de la loi. Le supin transgressum, de transgredi, a donné transgresser, un français transgresser, et transgressio, en français transgression). Contrevenir à, enfreindre : Cet ambassadeur A transgressé les ordres qu'il avait. (Acad.) Elle craindrait de TRANSGRESSER ses devoirs. (Ch. Nod.) Ma nièce, je vous défends de jamais lui parler; et si vous transgressez mes ordres..., il suffit. (Sfribe.) Ceux qui ne se marient pas transgressant à la fois la loi divine et la loi sociale. (L.-J. Larcher.) J'ai Beula transgressé cet arrêt inhumain.
RoTttou.
Jusques à quand, Seigneur, soutTrirez-vous l'ivresse
De ces superbes criminels,
De qui la malice transgresse
Vos ordres les plus solennels?
J.-B. Rousseau.
— Syn. Transgresser, contrevenir, désobéir, etc. V. contrevenir.
TRANSGRESSEUR s. m. (tran-sgrè-seur — rad. transgresser). Celui qui transgresse : // est dit dans la loi de Moïse : Le transgresseur de la loi sera puni de mort. (Acad.) Si quelque trantgresseur enfreint cette promesse, Qu'il éprouve, grand Dieu ! ta fureur vengeresse.
Racine.
— Adjectiv. :
La sont plongés les juges transgresseurt. De l'innocence infâmes oppresseurs.
J.-B. Rousseau.
TRANSGRESSIF, IVE adj. (tran-sgrè-siff, i-ve — rad. transgresser); Qui transgresse, qui enfreint.
— Géol. Stratification transgressive, Mode de stratification consistant eu ce qu'une couche est venue se déposer sur d'autres de nature différente, en montant par-dessus ces couches.
TRANSGRESSION s. f. (tren-sgrè-si-on — rad. transgresser). Action de transgresser : La transgression des commandements de Dieu. C'est une transgression manifeste de la loi. (Acad.) Les stoïciens établissent des limites au delà desquelles la moindre transgression est un crime. (La Mothe Le Vayer.)
TRANSHUMANCE s. f. ( tran-zu-inanse — du préf. trans , et du lat. humus , terre). Changement de parcours, émigration périodique des troupeaux de moutons de la plaine qui, pendant les grandes chaleurs, vont habiter les hautes montagnes et en descendent aux approches de l'hiver: La transhumance des mérinos n'est pas indispensable pour obtenir d'eux une laine de ta plus grande finesse. (Murog.)
— Encycl. Les vallées de tout le versant français des Hautes-Alpes nourrissent, ainsi qu'on te sait, d'innombrables troupeaux de bêtes à laine, mais seulement pendant à peu près six mois de l'année. Aux approches de ia mauvaise saison, qui commence de trèsbonue heure sur les pâturages élevés des Hautes-Alpes, des bandes de moutons, chassés par le froid, descendent des montagnes et vont chercher à vivre daijs la basse Provence et le bas Languedoc, le long du littoral de la Méditerranée. Ces émigrations périodiques sont ce qu'on nomme transhumance. Aussitôt après les vendanges, les bergers des troupeaux transhumants parcourent les fermes et vont s'assurer d'un parcours suffisant pour faire vivre leuis moutons. Dans toute la partie maritime du Var, les herbes d'hiver, comme on dit en Provence, se louent aux bergers des Hautes-Alpes au prix de A francs par hectare. Le berger retourne ensuite dans ses montagnes, toujours à pied, affuble d'un énorme manteau brun, ordinairement troué et rapiécé, même quand il ne manque pas d'argent pour s'en procurer un neuf; une culotte courte en velours brun, un. feutre à larges bords et une paire de guêtres de gros cuir montant jusqu'aux genoux complètent son accoutrement.
Après un ou deux jours de repos, le berger se remet en route, conduisant plusieurs centaines de moutons, soit seul, soit en compagnie de sa femme. Un àne porte le bagage ; il est rare, que ce ménage nomade soit accompagné d un chien. Les bêtes à laine n'appartiennent jamais toutes au berger qui les fait transhumer; le plus grand nombre lui est confié au prix modique ne 6 a 7 francs pour les six mois que dure la transhumance. Sur cette rétribution, il faut qu'il paye le loyer des parcours ; mais les agneaux à naître, et il eu naît toujou.s beaucoup, sont partagés entre lui et le propriétaire; c'est son principal profit.
Le voyage est lent et difficile. Les communes situées sur la route des moutons transhumants les font escorter par leurs gardes champêtres, pour qu'ils ne s'écartent pas du chemin qui leur est accordé, car ces animaux affamés dévoreraient tout sur leur passage. Pendant tout le temps que dure la transhu-
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mariée, le berger vit dans la famille de l'un des fermiers dont ses moutons parcourent la terre. Il y est traité, en géuéral, avec beaucoup d'égards; mais on n'a pour lui qu'une considération craintive, on le croit sorcier. Les bergers sédentaires ont une existence toute différente de celle des bergers transhumants. Prenons pour exemple la condition d'un berger dans une grande ferme de la Brie ou de la Beauce : il tient le premier rang parmi les serviteurs attachés à l'exploitation et va de pair avec le premier valet de charrue ; ses gages varient de ZOO à 300 francs, outre de nombreux profits sur les agneaux et la vente des moutons, profits légitimes, consacrés par l'usage. 11 a pour compagnons assidus ses chiens, toujours élevés et dressés par lui, qui ne connaissant que lui et n'obéissent qu'à lui.
La grande utilité des troupeaux, dans les pays de grande culture, consiste à consommer, pour les convertir en viande et en engrais, des produits impossibles à recueillir sous toute autre forme, tels que les herbes croissant le long des chemins et sur les champs moissonnes, ou les dernières pousses des prairies naturelles et artificielles, trop courtes pour être fauchées. C'est au berger à juger des besoins et de la consommation pumculière de son troupeau, pour ne rien laisser perdre de ce qui peut servira la nourriture des bêtes à laine, sans gaspillage et sans prodigalité. Il doit aussi connaître tous les soins à donner aux brebis mères et aux jeunes agneaux et l'époque du sevrage- des agneaux. C'est encore lui qui décide du moment opportun pour la tonte, pour l'engraissement des moutons destinés à la boucherie; il doit savoir, eu tâtunt la croupe et les flancs d'un mouton, sou degré d'engraissement, et à très-peu près son poids net en graissa et en viande, qui décide de sa valeur. Tout cela suffit, comme ou voit, pour lui donner assez à penser au milieu de son oisiveté apparente; et c'est cet exercice continuel de sa réflexion qui lui donne sur les paysans une supériorité de sagacité, source de sa réputation de sorcellerie.
Pendant la saison du parcage, le berger couche dans une petite cabane contenant un lit composé dune paillasse et d'un matelas; c'est là qu'il dort sous^a garde de ses chiens. Cette cabane est posée sur trois roues qui permettent de la déplacer facilement chaque lois que le parc aux moutons change d'emplacement. Un bon fusil double, une paire de pistolets et une bonne provision de munitions de guerre niellent le berger en état de braver, avec le secours de ses chiens, les attaques des loups et celles des malfaiteurs.
TRANSHUMANT, ANTE adj. (tran-zu-man, an-te — rad. transhumance). Qui change de pâturage à chaque saison ; se dit surtout des troupeaux de moulons : Les troupeaux transhumants sont nombreux en Espagne. Sans le changement de pâturage, les mérinos, animaux transhumants de leur nature, prospèrent rarement. (Ch. de Bern.) Les brebis transhumantes se divisent en trois espèces différentes. (Morog.)
TRANSHUMER v. a. ou tr. (tran-zu-mé — rad. transltuiiiaitce). Mener paître des bestiaux transliuuiauis, et surtout des troupeaux de moulons.
— Hortic. Transplanter un arbre dans une autre terre.
— v. n. ou intr. Aller paître dans les montagnes : C'est surtout dans le midi de la France que les troupeaux de moutons TRANS- HUMENT. Il Quelquefois, en parlant des aoeilles, Changer de sBJuur, de résidence : En certains pays, on fait aussi transhumer les ruches, pour que tes abeiltes trouvent une pâture plus abondante. (Littré.)
TRANSI, IE (tran-sl) part, passé du v.
Transir. Saisi, glacé, immobile . Transi de froid. La philosophie est gaie, elle n'a pas la mine transie. (Montaigne.) Nous sommes toujours transis de peur. (Mme (je Sév.) Il était transi , frissonnant , immobile. ( Marin. ) Il tendait ses mains transies vers sa mère qui ne l'entendait pas. (Scribe.)
11 n'en peut presque plus, Transi de froid, immobile et perclus.
, La Fontaine.
— Fig. Perplexe, rempli d'inquiélude, d'angoisses :
. . . . . . . . Et j'ai le cûaur transi
De crainte que quelqu'un ne te découvre ici.
Corneille.
— Amoureux transi, Amant que l'excès de sa passion interdit et rend tremblant auprès de sa maltresse : On entend par amoureux transi un amant timide jusqu'au ridicule, taciturne, froid, embarrassé, platonique. Si la marquise ne se hâte pas de venir, elle ne trouvera plus qu'un amoureux transi. (Th. Gautier.)
Maudit soit le badaud et l'amoureux transi.
Scabroh.
Cela peut réchauffer notre amoureux transi. '
Destoucheb.
Et moi je reste ici.
Ployé dans une armoire en amoureux tmnri.
Bouiuiet.
TRANSIGER v. n. ou intr. (tran-zi-jé —
lat. transigere; de trans, au delà, et de agere,
pousser. Prend un e après le g devant aetot
Il transigea; nous transigeons). Accommoder
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un différend par des concessions réciproques : Transiger sous seing privé. Transiger pardevant notaire. (Acad.)
— Fig. Faire des concessions : Les avocats des préjugés sont souvent très-disposés à transiger par des intérêts personnels. (Mm« de Staël). Il n'y a jamais moyen de transiger en matière de foi. (G. Sand.)
— Transiger avec, Détourner, esquiver en usant d'une certaine souplesse : On ne transige point avec ses passions, il faut les dompter ou être asservi par elles. (Beauchêne). Il n'y a rien à gagner à transiger avec l'erreur ou l'injustice. (E. de Gir.)
TRANSIGIBLE adj. {tran-zi-ji-ble — rad.
transiger). Qui peut être l'objet d'une transaction,
TRANSIR v. a. ou tr. (tran-sir — rad.
transe). Pénétrer et engourdir de froid : Il fait un vent qui me transit. Le froid m'a. transi. (Acad.) Quand la frayeur de la mort le transira, se rassurera-t-elle par l'assistance des gentilshommes de sa garde? (Montaigne.)
— Fig. Faire frissonner par l'effet de la crainte ou de quelque autre sentiment: Cette pensée me transit.
— v. n. ou intr. Etre pénétré et engourdi de froid ou de peur : Laisser un enfant transir au milieu de la rue.
— Frissonner de crainte ou de quelque autre sentiment :
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
Racine.
TRANSISSEMENT s. m. (tran-si-se-man — rad. transir). Etat d'une personne transie : Il me prit un transissement universel.
— Frisson causé par la peur ou par quelque autre sentiment : On paraît fort touché à Paris de cette grande mort ; nous attendons avec transissement le courrier d'Allemagne. (Mme de Sév.)
TRANSIT s. m. (tran-zitt — du latin transitus, passage; de transire, passer, proprement aller au delà; de trans, au delà, et de ire, aller). Condition des marchandises, des denrées, qui traversent un Etat, une ville sans payer les droits d'entrée : Marchandises en transit. Droit de transit.
— Encycl. Le transit est une opération de douane, au moyen de laquelle les marchandises étrangères peuvent traverser un pays Sans payer de droits; il peut prendre naissance à une frontière et finir à une autre; il s'efl'eclue également de la frontière sur un entrepôt intérieur et d'un entrepôt, à l'étranger. L'institution du transit et l'institution de l'entrepôt se complètent ainsi l'une par l'autre; en France, elles furent fondées simultanément par Colbert, dès 1664, et organisées par une ordonnance royale de 1687 ; tuais les fermiers généraux, pour qui ces facilités étaient sans profit, en obtinrent la suppression en 1688. Depuis, des lois, rendues à diverses époques, rétablirent le transit successivement et partiellement; on ne le permit d'abord que pour les denrées coloniales et par un petit nombre de bureaux ; il a été étendu ensuite à certaines matières premières, puis aux objets fabriqués non- prohibés et enfin, par la loi du 9 février 1832, à toutes les marchandises, y compris celles qui sont prohibées. On a reconnu que si le transit offre quelques inconvénients en ce que les expéditeurs de mauvaise foi peuvent, malgré les précautions de la douane, s'en servir pour écouler en fraude des produits prohibés ou frappés de droits élevés, il présente des avantages considérables en ce qu'il favorise le roulage et la navigation intérieure et procure aux intermédiaires d'importants bénéfices de commission. La France est un des pays les mieux situés géographiquement pour ie développement du commerce de transit. C'est dans nos ports qu'arrivent la plupart des denrées coloniales destinées aux pays du centre de l'Europe, à l'Allemagne, à la Suisse, et c'est aussi dans nos ports que les articles manufacturés de ces pays viennent s'embarquer pour les autres parties du monde. Aussi, depuis quelques années, a-t-on compris l'utilité d'apporter les modifications les plus libérales au régime du tra)isit. Nous allons indiquer sommairement les principales règles auxquelles les opérations de iransit sont actuellement assujetties, selon qu'elles portent sur des marchandises non prohibées ou prohibées et qu'elles s'effectuent dans les conditions ordinaires de transport ou par transports internationaux.
— J. Transit des marchandises non prohibées. Dans les ports, les marchandises peuvent être mises en transit soit immédiatement à l'arrivée de l'étranger, soit après leur séjour en entrepôt. Dans les bureaux de terre, la mise en transit doit être immédiate. Dans tous les cas, les conducteurs ou consignataii-es de marchandises destinées au transit sont tenus d'en déclarer à la douane les quantités, espèces et qualités. Les produits exempts de droits à l'importation et similaires des produits affranchis de taxe à la sortie ne sont pas soumis aux formalités prescrites pour le lra?isit. Ne peuvent être admis à transiter que sous Certaines conditions d'emballage, d'estampillage ou autres: les liquides et fluides de toute sorte, les matériaux à bâtir, les houilles, les minerais de toute sorte, les fontes brutes, les fers en barres, les viandes et
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les poissons en saumure, etc. Le transit dés armes et munitions de guerre ne peut avoir lieu, sauf les autorisations spéciales accordées par le ministre de la guerre. Celui des contrefaçons en librairie est interdit d'une manière absolue. Les fausses déclarations faites au bureau d'entrée pour obtenir irrégulièrement un iransit entraînent, suivant leur espèce, l'application de certaines pénalités, comme si les marchandises faussement déclarées étaient destinées pour la consommation intérieure.
Les marchandises déclarées pour le transit sont soumises à ta vérification de la douane. Cette vérification s'effectue généralement d'une manière approfondie, comme s'il s'agissait de produits déclarés pour l'acquittement des droits ; mais il n'est procédé qu'à une reconnaissance sommaire à l'égard des colis déclarés contenir des objets d art et accompagnés de certificats des consuls français à l'étranger, à l'égard des montres, à l'égard des fils et tissus expédiés en colis pressés, etc. Avant l'expédition, les déclarants sont tenus de réparer les futailles, caisses et emballages défectueux ou qui seraient propres à favoriser les soustractions. Un colis peut contenir des marchandises d'espèces ou de qualités différentes. La douane prélève, si la nature des produitsle permet, des échantillons qu'elle place dans des boites séparées, scellées de plomb, et que le conducteur de la marchandise doit représenter au bureau de sortie. Lorsque la vérification est terminée, les marchandises qui ont donné lieu au prélèvement d'un échantillon sont revêtues d'un simple emballage et d'un simple plomb; celles qui n'y ont pas donné lie*i reçoivent deux emballages et deux plombs. Des exceptions sont faites à l'égard de certains produits non susceptibles d être plombés ou pour lesquels 11 n'y a pas à craindre de substitutions en cours de transit.
Les expéditions que la douane délivre pour assurer le transit sont de deux sortes : les marchandises exemptes de droits à l'entrée et similaires de celles qui sont passibles de taxes à la sortie ne sont assujetties qu'à un simple passavant; les autres donnent lieu à la délivrance d'un acquit à caution. Dans ce dernier cas, les déclarants souscrivent au bureau d'ontrée une soumission cautionnée par laquelle ils s'engagent à justifier ultérieurement de l'exportation des marchandises en rapportant l'acquit à caution dûment déchargé par le bureau de sortie et, à défaut, à payer ie quadruple des droits de consommation et une amende de 500 francs. Les acquits à caution et soumissions indiquent le bureau de sortie, limitent, suivant la distance, le délai dans lequel les marchandises doivent y être conduites et exportées à l'étranger, énoncent leur nature , leur poids, leur origine et tous autres détails propres à en faciliter la reconnaissance. Le Trésor ne perçoit aucun droit pour le transit.
La douane de sortie ou de destination n'accorde les certificats de décharge des acquits à caution de transit qu'après reconnaissance de l'intégrité du plombage et de l'identité des produits, et après constatation du passage à l'étranger. En cas de perte de l'échantillon prélevé au bureau d'entrée ou de rupture du plombage, de nouveaux échantillons sont prélevés pour être soumis, suivant le cas, à l'examen soit des commissaires experts institués auprès du ministère du commerce, soit des employés du bureau de départ. Si'la vérification fait reconnaître qu'il y a eu soustraction totale ou partielle, avec ou sans substitution, les pénalités énoncées dans la soumission de l'acquit à caution sont appliquées. Les marchandises expédiées en transit peuvent rester en France en payant les droits de consommation, après vérification au bureau de sortie désigné par l'acquit à caution. Le transit, tant à l'entrée qu'à la sortie, ne peut s'effectuer que par certains bureaux de douafle déterminés par des décrets. Les bureaux actuellement (1876) ouverts au transit des marchandises non prohibées sont les suivants : Gravelines, Dunkerque, Armentièrcs, Halluin, Lille, Baisieux, Roubaix, Tourcoing, Vieux-Condé, Feignies, Blancmisseron, Valenciennes , Jeumont, Anor, Givet, Vireux, Sedan, Longwy, Xures, Emberménil, Nancy, Avricourt, Batilly, Pagny, Monce), Audun-le-Roman, Saint-Dié, Provenchères, Wisembach, Bussang, Belfort, La Chapellesous-Rougemont, Petit-Croix, Montreux-Château, Délie, Le Villers, Pontarlier, Verrières, Fourgs, Jougne, Les Rousses, Bois-d'Amont, Bcllegarde, Chambèry, Frangy, Pont-de-la- Caille, Le Plot, Modane, Fontan, Vintimille (bureau international), Menton, Nice, Cannes (bureau ouvert k l'entrée seulement), Toulon, Marseille, Arles, Cette, Agde, La Nouvelle, Port-Vendres, Perthus, Bourg- Madame, Urdos, Lescun (ouvert à la sortie seulement), Sain t- Jean- Pied-de-Port, Ainhoa, Béhobie, Hendaye, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Rochelort, Charente, Nantes, Saint- Nazaire, Lorient, Vannes, Morlaix, Brest, Saint-Servan, Le Légné, Saint-Malo, Granville, Cherbourg, Caen, Pont-Audeiner, Trouville. Rouen, Honfleur, Le Havre, Fécamp, Dieppe, Le Tréport, Saint-Valery-sur-Somme, Abbe ville, Boulogne, Calais, Paris, Lyon, Amiens (entrepôt), Orléans (entrepôt).
— II. Transit des marchandises prohibées. Les marchandises dont l'importation
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en France est prohibée peuvent être admises au transit par un certain nombre de bureaux, dont voici la liste : Gravelines, Dunkerque, Lille, Baisieux, Roubaix, Tourcoing, Vieux- Condé, Feignies, Blancmisseron, Valenciennes, Jeumont, Anor, Givet, Vireux, Longwy, Xures, Emberménil, Avricourt, Batilly, Pagny, Moncel,Audun-le-Roman, Provenchères, Wisembach, Bussang, Belfort, La Chapellesous-Rougemont, Petit-Croix, Montreux-Château, Délie, Le Villers, Pontarlier, Verrières, Les Fourgs, Jougne, Les Rousses, Bois-d'Amont, Bellegardo, Chambèry, Pont-de-la- Caille, Modane, Fontan, Vintimille, Menton, Nice, Marseille, Cette, Agde, Perthus, Bourg- Madame, Béhobie, Hendaye, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Saint-Nazaire, Brest, Sïiint-Servan, Saint-Malo, Granville, Oaen, Rouen, Honfleur, Le Havre, Fécamp, Dieppe, Saint-Valéry, Boulogne, Calais, Paris, Lyon.
Les marchandises prohibées admissibles au transit peuvent, comme les marchandises non prohibées, être dirigées*sur un entrepôt intérieur. Les déclarations, vérifications et formalités pour le transit du prohibé sont à peu près les mêmes que pour le transit du nonprohibé. Si l'acquit a caution n'est pas dûment déchargé en temps utile par le bureau de sortie, le commissionnaire est contraint au payement de la valeur des marchandises et d'une amende égale au triple de cette valeur.
— III. Transit international par chemins de fer. Les marchandises placées dans des wagons spéciaux, fermés au moyen du plomb de la douane, peuvent, par les voie3 ferrées qui relient la France à l'étranger ou qui d'un port de mer ou de la frontière conduisent à un bureau de douane et réciproquement, être transportées sans visite jusqu'à certaines stations de douane soit do l'intérieur, où sont appliqués les règlements généraux sur la mise en consommation, l'entrepôt, le transit, etc., soit du littoral ou de la frontière, pour être réexportées sans visite, à moins qu'elles ne soient alors admises en entrepôt ou à la consommation. Ce régime spécial, qui a été institué en 1848 et organisé en 1853, a pris dans ces dernières années un développement considérable. Le bénéfice en est subordonné à certaines conditions et formailtés concertées entre la douane et les compagnies de chemins de fer. A l'entrée en France, la compagnie remet à la douane, en double expédition, une déclaration portant soumission de représenter les marchandises et les bagages à la douane de destination où d'encourir, en cas de contraventions constatées soit en cours de transport, soit à l'arrivée, les pénalités édictées par la loi. Cette déclaration-soumission sert d'acquit à caution ; une des expéditions reste au bureau de départ, l'autre accompagne lo convoi jusqu'à sa destination. Le transit international ayant été institué en vue d'affranchir le commerce de certaines obligations qui auraient pu écarter de France le mouvement des marchandises, on y admet tous les produits prohibés ou non prohibés, à l'exception des armes et munitions qui n'ont fait l'objet d'aucune autorisation spéciale du département de la guerre, et des contrefaçons en librairie. Les convois de marchandises expédiées sous le régime du transit international sont généralement escortés par des préposés de douane.
Les bureaux actuellement ouverts au transit international sont les- suivants : Dunkerque', Godewaersvelde, Ghyvelde, Armentières, Lille, Tourcoing, Baisieux, Douai, Vieux-Condé, Valenciennes, Blancmisseron, Feignies, Jeumont, Anor, Vireux, Givei, Longwy, Audun-le-Roman, Batilly, Moncel, Pagny, Avricourt, Emberménil, Nancy, Saint-Dié, Petit-Croix, Belfort, Délie, Pontarlier, Bellegarde, Modane, Vintimille, Marseille , Arles (pour les farines seulement), Cette, Aiguës-Mortes (pour les sels seulement), Port-Vendres, Toulouse, Hendaye, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Saint-Nazaire, Cherbourg, Caen, Honlleur, Rouen, Le Havre, Dieppe, Le Tréport, Boulogne, Calais, Abbeville, Amiens, Paris (gares de l'Ouest, du Nord, de l'Est, de Lyon et d'Ivry).
— IV. Importance des opérations de transit. Les opérations de transit par la France ont présenté des accroissements continus. Pendant les quatre années qui ont suivi l'inauguration du régime, libéral institué en 1832, c'est-à-dire de 1833 à 1836, la moyenne annuellu des quantités de marchanuises étrangères expédiées en Iransit a été de 24,875 tonnes (de 1,000 kilogr.), représentant une valeur totale de 148,622,000 francs, dont 35,391,000 francs pour les marchandises réexportées par navires français, 54,736,000 francs i pour les marchandises réexportées par navires étrangers et 58,495,000 francs pour les marchandises sorties par la frontière de terre. De 1837 à 1846, la moyenne a été de 37,956 tonnes, d'une valeur totale de 194,447,000 francs (23,562,000 francs par navires français, 92,278,000 francs par navires étrangers et 78,607,000 francs par terre). De 1S47 à 1856, la moyenne a été de 57,621 tonnes, d'une valeur totale de 306,582,000 francs (43,504,000 francs par navires français,- 176,058,000 francs par navires étrangers et 87,020,000 francs par terre). De 1857 à 1866,
TRAN
j la moyen ne annuelle s'est élevée à 206, 537 ton-
! nés, d'une valeur totale de 597,164,000 francs (59,508,000 francs par navires français, 122,116,000 francs par navires étrangers et 415,540,000 francs par terre). En 1874, les marchandises étrangères expédiées en transit par la France ont eu un poids total de £30,751 tonnes, représentant une valeur totale de 643,193,000 francs; 16,264 tonnes sont sorties par navires français, 16,681 tonnes par navires étrangers et 197,806 tonnes par terre.
Les marchandises qui alimentent principalement les opérations de transit sont : les pierres, terres et combustibles, les minéraux, les fers et aciers, les grains et farines, le coton en laine, les ouvrages en métaux, les tissus de coton, les huiles et autres sucs végétaux, le café, les tissus de laine, les machines et mécaniques, les boissons, le sucre, les fils, les vitrifications, etc., puis les tissus de soie qui figurent au premier rang parmi les marchandises étrangères qui ont transité par la France en 1874; ils représentent une valeur de 157 millions de francs. Viennent ensuite les tissus de coton (63 millions), les tissus du laine (50 millions), les soies (39 millions), l'orfèvrerie et la bijouterie (35 millions), les céréales (32 millions), le tabac fabriqué (22,500,000 fr.), l'horlogerie (16 millions), etc. Les principaux pays de provenance, si l'on envisage la valeur des produits, sont la Suisse , l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie, la Belgique , la Russie, le Mexique, l'Espagne, etc. Les pays de destination se classent dans l'ordre suivant : Angleterre, Suisse, Etats-Unis, Italie, Espagne, Turquie, Allemagne, Brésil,
! Rio-de-la-Plata, Algérie, Belgique, Indes
I anglaises, Chili, etc.
! TRANSITAIRE adj. (tran-zi-tè-re — rad. { Iransit). Connu. Qui a rapport au transit : Commerce transitaire.
— Pays transitaire, Celui que traversent des marchandises en transit.
— s. m. Commerçant, commissionnaire en marchandises qui fait le transit.
TRANSITER v. a. ou tr. (tran-zi-té — rad. transit). Passer en transit : Transiter des marchandises.
— v. n. ou intr. Etre passé en transit : Les marchandises qui transitent par la France.
TRANSITIF, IVE adj. (tran-zi-tiff, i-ve — lat. transitions; de transire, aller au delà). Gramm. Se dit des verbes qui marquent une action passant directement du sujet sur l'objet : 2'ous les verbes actifs sont transitifs. (Acad.) n Se dit de certaines conjonctions qui marquent un passage ou une transition d'une chose à une autre : Or, au reste, cependant sont des conjonctions transitives. (Acad.)
— Philos. Cause transitive, Cause dont l'action se transmet du sujet à un objet distinct de celui-ci.: L'âme est à ta fois cause immanente et CAUSE transitive. Il On dit aussi