CAUSE TRANSITOIRE
— Géol. Se dit des terrains qui forment le passage entre deux formations successives.
TRANSITION s. f. (tran-zi-si-on — lat.
transitio; de transire, aller au delà). Manière de passer d'un raisonnement à un autre, de lier ensemble les parties du discours : Transition heureuse. Passer à une nouvelle matière sans aucune transition. Les transitions doivent être ménagées. (Acad.)
— Passage d'un état à un autre : Il s'est fait dans l atmosphère une prompte transition du chaud au froid. (Acad.) || Intermédiaire, moyen terme : La véritable transition entre le blanc et le nègre est le mulâtre. (A. de TocqueviUe.) Le gouvernement représentatif est la transition naturelle des anciennes idées aux idées nouvelles. (Chateaub.)
— Astrol. Passage d'une planète dans un lieu du ciel de l'horoscope.
— Mus. Passage d'un ton à un autre, au moyen de la modulation : Préparer la transition d'un ton à l'autre, d'un mode à l'autre.
Il Transition régulière. Celle qu'on fait sur un temps faible, il Transition irrégulière, Celle qu'on fait sur un temps fort, il Transition enharmonique, Celle dans laquelle une ou plusieurs parties font ou sont censées faire un intervalle enharmonique.
— Géol. Passage d'un terrain à un autre. Il Terrains de transition, Terrains situés entre les terrains primitifs et les terrains secondaires.
— Encycl. Mus. Lorsqu'il y a simplement substituiion de tous sans modulation aucune, et par le fait d'une brusque succession d'accords placés sur deux toniques différentes, comme cela se pratique souvent et parfois avec un grand effet, à cause de la surprise éprouvée par l'oreille, il y a changement de ton, mais non pas transition, puisque ce changement n'a pas été préparé et qu'il s'est effectué d'une façon inattendue et pour ainsi dire brutale.
L'art de substituer convenablement un ton au ton qui le précède est une des parties essentielles et 1 une des grandes difficultés de l'étude de la composition. Mais l'étude ne fait pas tout, et le génie, qu'il observe ou non les règles établies, fait des siennes là comme ailleurs. Telle transition est un coup de maître et transportera les auditeurs d'admiration et d'étonnement, tout comme un beau chant ou une hardiesse d'instrumenta-
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tion. Mais nous n'avons pas à nous étendre ici sur ce sujet, qui est traité longuement au mot modulation, auquel nous devons nous borner à renvoyer le lecteur.
On appelle transition enharmonique celle qui se produit par la substitution de notes formant entre elles enharmonie (v. ce mot), et qui sont identiques, dans notre système musical, par le fait du tempérament. Les transitions de cette espèce sont surtout utiles pour passer d'un ton à un autre ton en apparence fort éloigné. «Les transitions enharmoniques, a dit Castil-BIaze, font beaucoup d'effet à la scène, surtout lorsque les personnages éprouvent une grande surprise et qu'un événement imprévu change tout iv coup leur situation. Le réveil de Juliette, dans la scène des tombeaux (Romeo e Giuletta de Vaceaj) est suivi d'une transition enharmonique. »
Les transitions enharmoniques ne sont ni moins heureuses ni moins utiles dans la musique dite de chambre, où elles sont souvent employées et où elles deviennent souvent la source d'effets nouveaux et délicieux.
TRANSITIVEMENT adv. (tran-zi-ti-veman — rad. transitif). Gramm. Avec le sens des verbes transitifs : Verbe intransitif employé TRANSITIVEMENT.
TRANSITOIRE adj. (tran-zi-toi-re — lat.
transi 'tarins; de transir e, traverser). Passager, qui ne dure pas : Toutes les choses de ce monde sont transitoires. (Aead.) Il y a des Etats où les lois ne sont qu'une oolonté capricieuse et transitoire au souverain. (Mon-' tesq.) Il Intérimaire, qui sert de transition, qui remplit l'intervalle d'un état de choses à un autre : Régime transitoire. Les monarchies représentatives ne sont qu'une forme transitoire. (Béranger.)
— Philos. Syn. de transitif.
TRANSITOIREMENT adv. (tran-zi-toi-reman — rad. transitoire). D'une manière transitoire : Un impôt établi transitoirement a mille chances de devenir définitif.
TRANSLATAGE s. m. (tran-sla-ta-je — rad. translater). Techn. Seconde mise en carte reproduisant, couleur par couleur et ligne par ligne, tous les lats confondus dans une première mise en carte ; On peut considérer le translatage comme étant le dépouillement général d'un dessin mis en carié, puisque cette opération reproduit successivement et un à un tous les lats compris dans le dessin et sur ta totalité de la carte. (Falcot.)
TRANSLATER v. a. OU tr. (tran-sla-té — d'un type lat. translatare, venu de translatum, supin de transferre, transporter). Traduire d une langue en une autre, a Vieux mot.
— Techn. Faire le translatage de : Translater un dessin.
TRANSLATEUR s. m. (tran-sla-teur — rad. translater). Traducteur, il Vieux mot.
TRANSLATIF, IVE adj. (tran-sla-tiff, i-ve — lat. translations ; de translatus, transféré). Jurispr. Qui opère un transfert : Acte translatif de propriété. (Acad.)
TRANSLATION s. f. (tran-sla-si-on — hit. translalio; de translatus, transporté). Transport, action par laquelle on fait passer d'un lieu à un autre : La translation d'un corps saint. La translation des reliques. La translation du siège de l'empire. La translation du parlement de Paris à Tours. (Acad.) La translation des restes de Napoléon est une faute contre la renommée. (Chateaub.)
— Dr. canon. Déplacement d'un évêque qu'on fait passer d'un évêché dans un autre.
— Liturg. Translation d'une fête, Action de remettre cette fête d'une date à une autre, il Fête de la translation d'un saint, Fête qu'on célèbre en mémoire de la translation des reliques de ce saint d'un lieu à un autre.
— Jurispr. Translation de legs, Déclaration par laquelle un testateur transfère un legs d'une personne à une autre.
— Gramm. Traduction : Il y a des translations de mots qui ne présentent leur nouvel objet que tel qu'il est en lui-même, (Marinontel.) Il Vieux en ce sens.
— Ane. mus. Point de translation, Point qui marquait le transport de la valeur d'une note k une autre note.
— Mécan. Mouvement d'un solide dont toutes les parties gardent une direction constante.
— Syn. Tranulntion , transport. Le premier de ces mots est le substantif correspondant au verbe transférer ; le second correspond à transporter. Ils diffèrent donc entre eux comme les deux verbes (v. transférer). On peut ajouter que translation, par cela même qu'il est moins vulgaire que transport, s'emploie quelquefois pour donner à l'action de transporter qu'il s'agit d'exprimer un caractère plus frappant, pour la présenter comme ayant quelque chose d'extraordinaire.
— Encycl. Mécan. On dit qu'un solide a un mouvement de translation lorsque, dans toutes les positions successives qu'il prend, les droites que l'on peut concevoir dans son intérieur conservent toutes des directions constantes. Tous les points d'un solide animé d'un mouvement de translation décrivent en même temps des courbes superposables, dont
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ils occupent a la même époque les points homologues et qu'ils parcourent avec la même vitesse variable ou constante. On peut encore caractériser le mouvement de translation d'un solide par cette circonstance que toutes les droites qui joignent les positions initiales de ses différents points à leurs positions nouvelles sont à tout instant quelconque égales et parallèles entre elles.
Lorsqu'on veut se rendre compte du mouvement d'un solide, on le décompose ordinairement en un mouvement de translation et un mouvement de rotation. Ayant fait choix d'un point particulier du solide, on suppose que ce solide prend un mouvement de translation égal au mouvement réel du point choisi et qu'il tourne eu même temps à cha- . que instant autour d'un axe passant par ce point.
Deux translations simultanées d'un même corps se composent en une seule par la règle du parallélogramme, c'est-à-dire que la droite qui joint la position initiale à la position finale du point dirigeant dans la translation résultante est à chaque instant la diagonale du parallélogramme construit sur les droites qui joindraient séparément la position initiale du même point à ses positions finales à la même époque dans les deux translations composantes.
Une translation instantanée, rectiligne par conséquent, équivaut à un couple de rotations autour d'axes contenus dans un plan perpendiculaire à la direction de cette translation, et dont la distance, multipliée par la vitesse angulaire commune, donne un produit égal à la vitesse de translation.
TRANSLIMITATION s. f. (tran-sli-mi-tasi-on — du préf. ira?is, et de limitation). Dr. des gens. Sorte d'intervention politique qui consiste a envoyer des troupes sur le territoire où la guerre est en activité, pour occuper les places et conserver le pays conquis par la partie belligérante que l'on assiste. Il Peu usité.
TRANSLUCIDE adj. (tran-slu-si-de — du préf. trans, et du lat. lucidus, clair). Physiq. So dit des corps qui laissent passer la lumière, sans permettre de distinguer la forme ni la couleur des objets : Un diamant brut n'est pas transparent , il est à peine translucide. (A. Karr.)
— Hist. natur. Se dit de certains insectes et de quelques plantes qui jouissent d'une sorte de transparence.
TRANSLUCIDITÉ s. f. (tran-slu-si-di-té
— rad. translucide). Physiq. Qualité des corps translucides : On fait à Florence, avec l'albâtre gypseux de Volterra,des vases ou de petites figures qui sont remarquables par leur TRANSLUCIDITÉ. (Brongniart.)
TRANSLUIRE v. n. ou intr. (tran-slui-re
— du préf. trans, et de luire). Etre translucide. Il Vieux mot.
TRANSMARCHEMENT s. m. (tran-smarche-man — du préf. trans, et de marcher). Action de faire passer des voitures, des troupes d'un lieu à un autre. Il Peu usité.
TRANSMARIN, INE adj. (tran-sma-rain, ri-ne — du préf. trans, et de marin). Situé au delà des mers : Contrées transmarines.
— Qui vient d'au delà des mers : Marchandises transmarines.
TRANSMETTEUR s. m. (tran-smè-teur — rad. transmettre). Physiq. Appareil qui sert à transmettre les signaux télégraphiques.
TRANSMETTRE v. a. ou tr. (tran-smè-tre — du préf. trans, et de mettre. Se conjugue comme mettre). Faire passer, faire parvenir : Je transmettrai vos ordres. Je lui ai transmis votre lettre. Il Faire passer par mutation : Transmettre un droit. Le donateur transmet au donataire la propriété des choses données. (Acad.) Il Faire passer par succession : Le pères transmettent souvent à leurs enfants leurs vices ou leurs verjus. (Acad.)
— Transmettre à la postérité, Faire passer jusqu'à la postérité : Transmettre son nom
k LA POSTÉRITÉ.
Se transmettre v, pr. Etre, devoir, pouvoir être transmis : Les vertus, et malheureusement les vices, se transmettent comme les manières. (P. Janet.)
— Se communiquer mutuellement : Les nations SB transmettent leurs lumières.
— Physiq. Se propager, passer d'un endroit à un autre. : La lumière SB transmet en ligne droite dans les milieux de même nature.
TRANSMIGRANT, ANTE adj. (tran-smigran, iin-te — rad. transmigrer). Qui transmigre, qui quitte son pays pour aller dans un autre : Des troupeaux de moutons voyageurs ou transmigrants parcourent le domaine agricole aussitôt la récolte terminée. (Pecqueur.)
TRANSMIGRATION s. f. (tran-smi-gra-sion — lat. iransmigratio ; de trans, au delà, et de migratio, marche). Action de transmigrer, d'abandonner un pays pour en aller habiter un autre : La transmigration des peuples amène des changements dans les tangues.
(Acad.)
— Hist. juive. Transmigration de Babylone, Transport du peuple juif à Babyloue ; séjour qu'il y fit.
— Philos. Transmigration des âmes, Pas-
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sage des âmes d'un corps dans un autre, selon l'opinion des pythagoriciens : Une des doctrines les plus répandues fut celte de la transmigration des Âmes.
TRANSMIGRER v. n. ou intr. (tran-smi-gré — lai. transmigrare ; de trans, au delà, et de migrare, aller). Abandonner son pays pour aller en habiter un autre.
— Passer d'un lieu dans un autre : Les pythagoriciens croyaient que les âmes transmigrent à la mort.
TRANSMISSIBILITÉ s. f. (tran-Smi-si-bili-té — rad. transmission). Qualité, caractère de ce qui est transmisstble : La thansmissibilitÉ d'un privilège. Henri IV avait consacré la vénalité des offices de judicature, en obligeant les magistrats à racheter par une taxe annuelle la transmissibilité de leurs charges. (Ch. de Rémusat.)
TRANSMISS1BLE adj. (tran-smi-si-ble — du lat. transmissus, transmis). Qui peut être transmis : Il y a de certains droits gui ne sont point transmissiblks. (Acad.) Il est certain que plusieurs altérations ou aéfectuo^ sites morales sont transmissibles par hérédité. (Alibert.)
TRANSMISSION s. f. (tran-smi-si-on — du lat. Iransmissio; de transmittere, transmettre). Action de transmettre; résultat de cette action : La transmission d'un droit, d'un privilège. Chez les animaux, il ne se fait aucune transmission de ' connaissances. (Proudh.)
— Physiq. Propagation d'un milieu dans un autre : La transmission du son par les corps solides est beaucoup plus rapide que par l'air. (Dureau de La Malle.) Les lois de la transmission de la lumière sont depuis longtemps déterminées par les mathématiques.
(Cuvier.)
— Comm. Circulation et négociation des titres : Le mouvement des transactions commerciales aurait à souffrir d'un impôt établi sur la transmission des marchandises ou des effets de commerce.
— Mécan. Communication du mouvement d'un organe à un autre : Organes «(«transmission. Courroie de transmission. H Organe servant à transmettre le mouvement : Inventer une transmission ingénieuse.
— Encycl. Transmission télodynamique. La transmission télodynamique, inventée par M. Hirn vers l'année 1850, consiste essentiellement en un câble métallique dont nous donnerons plus loin la description, câble qui est destiné à transporter à une grande distance la force d'un moteur donné.
Voici dans quelles circonstances cette transmission fut imaginée par cet ingénieur alsacien.
La fabrique d'indiennes de MM. Haussmann, située au Logelbach, près de Colmar, présentait en 1850 une série de bâtiments épais, réduits au silence et à l'inaction depuis 1841; il s'agissait d'y installer le nouveau tissage mécanique. La pompe à vapeur qui était le seul moteur de l'ancienne usine se trouvait très-éloignée de tous ces bâtiments, car la moindre distance était de 80 mètres. Il y aurait eu de trop grandes dépenses à faire pour distribuer la force motrice entre ces divers points au moyen d'arbres de couche. Ce fut alors que M. Hirn eut l'idée remarquable d'un ruban d'acier reliant les divers métiers à la machine productrice de la force motrice.
Ce ruban, qui avait 160 mètres de longueur, fut enroulé à la manière d'une courroie sans fin sur deux poulies en bois de 2 mètres de diamètre, distantes de 80 mètres environ. Il avait om^Ol d'épaisseur et om,06 de largeur; mais.il présentait l'inconvénient d être, trop violemment agité par, le vent, d'user rapidement les poulies et de se déchirer aux endroits où il était rivé; il fonctionna cependant avec succès et fut remarqué par un Anglais, M. Tregoning: cet ingénieur conseilla à fil. Hirn de remplacer son ruban d'acier par un câble métallique. Ce câble métallique fut bientôt substitué au ruban d'acier. Il s'appuyait encore sur les anciennes poulies, qu'on remplaça d'ailleurs plus tard par des poulies en fer. Ce câble avait 0>a,OQ5 de diamètre. On en fit fabriquer dans la mémo usine un second portant la force motrice à une distance de 240 mètres, reposant sur des poulies de
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3 mètres de diamètre et ayant om,oi2 d'épaisseur; mais le câble étant trop long, malgré toute la' tension qu'on pouvait lui donner, devait traîner sur le sol dans une partie de sa longueur ; il était donc nécessaire de le maintenir en son milieu par des poulies-supports.
Ces poulies-supports donnèrent lieu à une série d'expériences tentées par l'ingénieux inventeur du câble télodynamique. Ces ten-' tatives multipliées furent souvent infructueuses, le but qu'on se proposait d'atteindre consistait à empêcher l'usure des poulies. Le3 premières poulies en bois s'usaient en très-peu de temps, un mois à peine, sous l'action des déchirements produits par un câble métallique animé d'une vitesse de 18 à 20 mètres à la seconde. On fit des poulies en cuivre,' en fonte parfaitement polie ; on les garnit de caoutchouc, de cuir, de corne, de bois de gaîac et de buis. Aucune garniture ne pouvait résister. Et quand la garniture résistait longtemps, c'était le câble qui s'usait alors avec une rapidité désespérante. Ce fut un peu plus tard que M. Hirn eut l'idée d'employer la gutta- percha enfoncée à coups de maillet dans une rainure en queue d'aronde, pratiquée dans la gorge de la poulie en fonte, en fer, ou en bois dur, comme l'indique la figure ci-contre ;
Fig. t.
Dès ce jour, le problème était résolu. Un, grand nombre d'industriels adoptèrent ce perfectionnement introduit si tard dans les transmissions et l'installèrent dans leurs usines. M. Hirn, en effet, ne prit jamais aucun brevet pour son invention et la laissa tomber volontairement dans le domaine public.
M. Henri Schlumberger l'employa pour transmettre la force motrice d'une turbine à une distance de 80 mètres, dans son exploitation agricole de Staffelfelden. En 1857, M. Jagd, capitaine ingénieur de la marine danoise, établit une transmission portant une force de 45 chevaux en ligne droite à une distance de plus de 1,000 mètres. A Cornimont (Vosges), près de Francfort et près do Colmar, des transmissions de ce genre furent installées sur une assez grande échelle. Mais les usines qui appliquèrent ce système dans son plus vaste développement furent les usines de Friboùrg et de Bellegarde.
A Friboùrg, la Sarine fournissant une force motrice considérable, il s'agissait de transmettre cette force à une série d'usines installées sur un vaste plateau.
A Bellegarde, le Rhône présentant une chute énorme (8 mètres) est conduit par un souterrain dans deux turbines situées dans le fond du ravin, et les usines doivent être disposées sur une longueur de plusieurs kilomètres dans une plaine qui domine le fleuve. On ne voit encore aujourd'hui que les supports intermédiaires et leurs poulies garnies d'après le système de M. Hirn; les usiniers viendront peu à peu s'établir près de ce siège d'une force motrice si considérable, et grâce au câble télodynamique, un grand centre industriel sera fondé dans un endroit autrefois complètement pauvre et sauvage.
En Russie, le général Constantinoff, chargé de l'installation d'une vaste poudrerie aux environs de Nicolaïeff, pour éviter les accidents qui n'ont lieu que trop souvent dans ces sortes d'usines, a imaginé d'éloigner les divers bâtiments les uns des autres et d'y faire marcher les machines au moyen de transmissions télodynamiques. On diminue ainsi considérablement la gravité des catastrophes ; car on n'a plus à craiûdre que des explosions partielles.
Une comparaison directe des deux systèmes peut donner une idée encore plus complète de la supériorité du système de M. Hirn -sur les anciennes transmissions.
Deux moyens se présentaient autrefois pour transmettre le mouvement à distance :
Fig. 2.
On pouvait disposer, comme l'indique la figure 2, une série d'arbres de couche parallèles réunis par des courroies sans tin, ne pouvant pas avoir une longueur de plus de 10 mètres. On pouvait aussi employer un seul arbre de couche AB réuni par deux roues d'angle aux arbres du moteur et du récepteur.
Le premier système était impraticable k
une distance de plus de 30 ou 40 mètres. La seul système à adopter était le second.
Or, on sait que quand une courroie est enroulée sur deux poulies la somme des tensions des deux brins est constante dans le mouvement et dans le repos.
Considérons la transmission établie par M. Hirn, à 240 mètres, avec trois poulies intermédiaires, en négligeant les résistances
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de l'air et les frottements aux poulies intermédiaires. Le câble affecte la forme d'une chaînette sur cette longueur de 80 mètres; on trouve par l'expérience que la meilleure
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tension à lui donner est celle qui fournit une flèche de 0">,85 sur cette longueur de 80 mètres. Le calcul montre que dans ce cas la tension est de 331 kilogrammes sur un des
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brins ; elle est donc sur les deux brins de 662 kilogrammes, et c'est la somme de ces deux tensions qui agit pour presser l'axe de la poulie motrice sur les coussinets. Le collet de la poulie avait 01°, 07 de diamètre; il faisait 92 tours par minute ; la vitesse était donc
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On admet généralement que le frottement est proportionnel à la vitesse et à la pression; on aura donc pour la valeur de la force absorbée par la poulie motrice
K X 662k X 0"?,33 = K218k,46, en appelant K un coefficient dépendant de la matière constituant le collet et les coussinets. La poulie qui reçoit la force, absorbera la même quantité de force par le frottement. Donc, en tout, il y aura K 436&, 92 perdus par le frottement.
Si nous «vions emplové un axe de 240 mètres, il eût fallu lui donner om,io au moins de diamètre pour empêcher la torsion. La vitesse à la circonférence eût été IXMX 0.1
et le poids de l'axe étant de 13,000 kilogrammes, le frottement eût été K 13,000 x 0,48 = 6,240 kilogr. environ.
Le rapport des deux quantités de force perdue est donc
= — environ.
On trouve que ce rapport est minimum dans la pratique.
Il ne f»m pas non plus oublier que les prix de ces deux systèmes de transmission sont bien différents ; la transmission par câble télodynamique ne coûte guère que le l/ft du prix que coûterait la transmission par arbre de couche.
Les câbles télodynamiques sont constitués ordinairement de la façon suivante :
' Fig.*.
Une âme en chanvre est entourée de huit ou dix torons en tîl de fer, qui se composent euxmêmes comme le câble principal d'une série de fils de fer entourantune ficelle intérieure.
Ou a employé successivement le fer et l'acier pour fabriquer ces câbles. Le fer est plus souple et résiste plus longtemps que l'acier; 1 expérience faite au plan incliné de la Croix-Rousse, à Lyon, a du moins paru confirmer ce fait. Cependant, dans les usines de Fribourg et de Bellegarde on emploie des câbles en acier.
Les poulies sont en fonte ou en fer,' avec une gaine en caoutchouc galvanisé ou en gutta-percha. Les poulies intermédiaires se font plus légères que les poulies extrêmes, puisqu'elles ne supportent que le poids des câbles.
Ces poulies sont soutenues par des échafaudages en bois, ou bien par des massifs de maçonnerie.
Les câbles télodynamiques sont répandus aujourd'hui dans les usines; ils commencent à s'introduire dans les exploitations agricoles, où ils sont sans doute destinés à rendre les plus grands services.
TRANSMONTAIN. AINE adj. (tran-smontain, è-ne — du préf. irons, et du lat. mons, montagne). Qui est situé au delà des monts. Il Yieux mot.
TRANSMUABLE adj. (tran-smu-a-ble — rad. transmuer). Qui peut être transmué :Les alchimistes croyaient que les métaux étaient
TRANSMUABLES. (Acad.)
TRANSMUER v. a. ou tr. (tran-smu-é — du iat. transmutare; de trans, au delà, et de mulare, changer). Changer la nature de : Les atchimiates chei'chaieui le secret de transmuer les métaux en or. lAcad.)
Fig. .S
TRANSMUTAB1UTÉ s. f. (tran-smu-ta-bili-té — rad. transmntable, forme inusitée de transmuable). Propriété rie ce qui est transmuabla : Les chimistes n'osent plus nier la TRANSMUTABiLiTB des corps. (Proudh.)
TRANSMUTATEUR s. m. ( tran-smu-tatenr — r«J. 'ransmuer). Celui qui transmue ou cherche a transmuer les métaux.
TRANSMUTATION s. f. (trar.-smu-ta-si-on — rad, transmuer). Changement d'une chose en une autre : La prétendue transmutation des métaux en or. Dans l'ancienne philosophie, on établissait la transmutation réciproque des éléments. (Acad.)
— Encycl. Dans son remarquable ouvrage sur la chimie, M. Hoafer soutient que les recherches relatives à la transmutation des métaux remontent aux époques les plus reculées et affirme que cette science, sous le nom d'art sacré, fut cultivée, dès ies temps historiques, chez les Egyptiens. M. Louis Figuier, qui a publié un très-intéressant ouvrage sur les alehinistes et leurs travaux, n'est point 'de cet avis; il croit qu'il ne suftit pas qu'un mystère profond ait constamment entouré l'histoire des travaux auxquels se consacraient les prêtres de Thebes et de Memphis pour qu'on soit, de ce seul fait, autorisé à croire qu'ils cultivaient l'alchimie. Il avoue que les Egyptiens durent connaître mieux que tout autre peuple le travail des métaux, qu'ils étaient plus instruits en chimie que tous leurs contemporains; mais il affirme que l'absence de tous documents positifs propres à dévoiler la nature et l'étendue des travaux scientifiques de ces peuples permet de leur contester ces hautes connaissances que plusieurs se sont plu à leur attribuer, i En ce qui louche l'alchimie, ajoute M. Louis Figuier, comme tous les documents écrits qui la. concernent ne remontent pas au delà du ivû siècle de l'ère chrétienne, il est d'une saine critique historique de ne point fixer son origine plus haut que cette époque. > Nous n entrerons pas dans l'examen de cette question, ce qui nous mènerait trop loin; disons toutefois que, si avec M. Figuier nous pensons qu'il ne convient pas d'attribuer aux Egyptiens des connaissances aussi vastes, u'autant plus qu'on ignore à peu près complètement à quel degré ils étaient arrivés uans l'étude des sciences naturelles, il serait assez injuste de se montrer trup sévère à leur égard et de leur refuser la connaissance de certaines données générales qu'ils durent, leur civilisaiion étant ce qu'on sait qu'elle fut, nécessairement posséder. Ces réserves faites, les prêtres deThèbes et de Memphis firent-ils de l'alchimie sous le nom d'art sacré et cherchèrent-ils, eux aussi, à réaliser la transmutation des métaux? C'est fort possible. 11 se peut même qu'ils aient été, comme l'affirment presque tous les alchimistes du moyen âge, les pères de leur science et qu'Hermès Trismégiste, qui régna chez les anciens Egyptiens, soit le premier des alchimistes ; mais il serait fort imprudent de soutenir cette thèse en s'appuyant sur les adeptes récents de la science hermétique et de prendre au sérieux leurs assertions sur ce point.
Les premiers ouvrages qui parlent de la transmutation des métaux appartiennent aux auteurs byzantins. On sait que Byzauce fut, vers le ive siècle, le foyer des arts et des sciences du monde civilisé chassé de Rome par les guerres intestines et les perpétuelles invasions des barbares. C'est là que, durant plusieurs siècles, se centralisèrent les connaissances humaines; c'est là que se rencontraient les savants, qu'ils vinssent d'Egypte, de Grèce ou d'Italie. Aussi n'est-il point surprenant que les premiers travaux des alchimistes aient été exécutés dans 'ce milieu où se rencontraient tant d'hommes curieux de l'étude de la nature et, de plus, enthousiastes de tout ce qui était merveilleux. L'alchimie fut longue a prendre corps, car les. manuscrits qui parlent les premiers des travaux hermétiques ne remontent qu'au vil" siècle. Si l'on veut se souvenir qu'à cette époque l'Egypte passait pour être le berceau de toutes les sciences, on ne sera pus surpris de voir les premiers écrivains alchimistes mettre une science qui commençait sous le patronage des anciens Egyptiens et attribuer au dieu Hermès, non-seulement les préceptes et formules qu'ils enseignaient dans leurs livres , mais même la rédaction de ces livres. D'autres attribuaient leurs écrits à tel ou tel personnage plus ou moins ancien et fameux, tous se gardaient bien de les donner comme émanant de leur plume. Ce fut une fureur dans le monde savaut de l'époque, et tous les personnages un peu importants des
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mythologies égyptienne, juive on autres devinrent, grâce aux alchimistes de Byzance, les initiaieurs d'une science dont ses véritables créateurs n'osaient point s'attribuer l'honneur ou la responsabilité.
C'est donc à Constantinople que l'alchimie prit naissance. Au ive et au v« siècle, cette ville était en relations constantes avec l'école d'Alexandrie; aussi l'alchimie fut-elle rapidement cultivée dans cette école. Au vue siècle, lorsque l'Egypte fut envahie par les Arabes, la science nouvelle fut quelque temps abandonnée: mais dès que les conquérants se sentirent bien établis sur le sol et qu'ils eurent pris petit k petit le goût qu'avaient les vaincus pour l'étude, ils se lancèrens a corps perdu dans les sciences hermétiques et reprirent les recherches un instant abandonnées à la suite de la fuite des alchimistes.
L'étude de l'alchimie fut rapidement portée par l'Arabe Geber à un très-hautdegré de perfection, s'il est permis d'employer un pareil terme à propos d'un tel sujet. Ce savant, car il le fut en réalité, fit d'importantes découvertes dans le domaine des sciences naturelles et donna une série de préparations pharmaceutiques fort utilisées au moyen âge. C'est depuis lui et d'après lui que tant d'autres philosophes hermétiques cherchèrent le remède universel, en même temps qu'ils demandaient à toutes les substances qu'ils avaient sous la main la poudre qui devait transmuer les métaux. De l'Afrique l'alchimie passa, à la suite des conquérants arabes, en Espagne, qui devint en peu d'années le plus actif foyer des travaux alchimiques. On était alors au vine siècle et, depuis cette dernière époque jusqu'au xis siècle environ, c'est-à-dire pendant près de trois cents ans, l'Espagne, qui seule alors en Europe cultivait les sciences, vit s'exécuter sur son territoire les recherches et tes expériences les plus complètes. C'est à Cordoue et à Séville que travaillèrent les alchimistes les plus connus. Lorsque la puissance des Arabes prit fin en Espagne, la science hermétique avait de profondes racines sur ce sol où devait dominer si longtemps l'inquisition, et l'expulsion des Maures ne lit point disparaître l'alchimie avec ceux qui l'avaient importée. D'Espagne elle passa en France vers le xivb siècle, et c'est à cette date qu'elle commença à prendre une certaine importance en Europe. Albert le Grand et Raymond Lulle, par leurs écrits composés au xme siècle, avaient initié le monde savant aux premiers principes de l'alchimie. Vers le même temps, Nicolas Flamel contribua puissamment à vulgariser la science hermétique. On croyait alors partout en France, dans le peuple comme dans le monde savant, que la transmutation était possible et qu'elle s'exécutait dans les laboratoires des alchimistes. Quelques disciples des maîtres, ou se disant tels, parcouraient les Etats de l'Europe et exécutaient, soit auprès des princes qui les prenaient au sérieux, soit même en présence des amis de la science, des expériences qui semblaient donner raison aux théories des alchimistes. Au xvie siècle, les disciples de Paracel.se contribuèrent pour une large part à la diffusion de la croyance au grand œuvre. Us firent si bien par leurs publications et leurs discours que, depuis les souverains jusqu'aux paysans, tout le inonde croyait à la vérité de l'alchimie. Les moines ne furent pas les derniers à installer dans leurs couvents des fourneaux sur lesquels chauffèrent ballons et cornues. Les médecins fournirent aux cherchears un large contingent ; un d'entre eux, le savant docteur Jouchiin Taneke, proposa de créer dans toutes les universités une chaire d'alchimie. Un fait qui établit à quel degré d'autorité était arrivée la science hermétique est le suivant : au moyen âge et pendant la Renaissance, on agitait sérieusement devant les tribunaux allemands la question de savoir si l'or que fabriquaient les alchimistes pouvait être assimile k l'or naturel toutes les fois que la pierre de touche ii'otfruit aucune différence entre les titres de ces deux produits. La loi admettait donc la possibilité de fabriquer de l'or. Tous les jurisconsultes dj 1 époque étaient du même avis. Enfin les princes, dont l'intelligence et le savoir ne dépassaient guère le niveau moyen des connaissances de leurs peuples, croyaient fermement à la possibilité de fabriquer de l'or. Le roi d'Anyleterre Henri VI accordait de bonne foi l'autorisation de faire de l'or aux alchimistes Fauceby, liirkeby et Rogny, en 1440. Quelques aimées plus tard, le nié ine" prince accordait le même privilège, pour eu jouir dans ses Etats, à John Coblen, à Thomas Trutford et à plusieurs autres. Uu empereur d'Allemagne, Rodolphe II, s'enfermait, en 1530, dans le château do Prague, et, abandonnant la direction des affaires de son royaume à ses ministres, se consacrait exclusivement à la recherche de la pierre philosophale. Ce prince avait rapporté d'Espagne, où il avait été élevé, un ardent amour pour les sciences occultes. 11 avait eu pour professeurs d'astronomie un homme célèbre, Tycho-Brahé. Ses médecins ordinaires, Thaddeus de Hayec et Michel Mayer, l'avaient initié aux secrets de la science hermétique. Tant qu'il vécut, Rodolphe II s'occupa u alchimie, et son château de Prague devint le rendez-vous des adeptes de tous les pays. En 1612, au lendemain de la mort de cet empereur, on
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trouva dans son laboratoire 84 quintaux d'or et 60 quintaux d'argent, que la rumeur publique prétendit avoir été fabriqués au moyen d'une certaine poudre grise dont on trouva quelques restes dans le laboratoire. On essuya cette poudre de projection ; muU, comme de juste, elle resta sans effet. Rodolphe ne fut pas, du reste, le seul monarque qui s'adonna aux recherches alchimiques. Charles IX, le hideux auteur de la Saint-Barthélémy, donna 120,000 livres à un sieur de Pezerolles, qui se disait possesseur de la fameuse recette, et lui procura un laboratoire où il devait .exécuter ses expériences. Au bout de huit jours, l'adepte planta là monarque et fourneaux et partit avec les 120,000 livres. Il fut rattrapé et pendu. En 1616, Marie de Médicis fit remettre à Gui de Crusembourg, prisonnier à la Bastille, 20,000 écus avec ordre de faire de l'or. Gui corrompit ses gardiens av«c une partie de celte somme et parvint à s'échapper. On ne îe reprit pas. Hn Angleterre, les alchimistes furent également en grand honneur ; mais là, Henri VI, trouvant sans doute que le rendement fourni par les poudres de projection n'était pas suffisant, laissa de côté la recherche de l'or pur et se contenta de faire composer par ses alchimistes un amalgame de cuivre avec lequel il battit de la fausse monnaie.
Est-il exact, comme le prétend M. Louis Figuier dans son iniéressant ouvrage VAlcktmie et les alchimistes, que la science hermétique ait aujourd'hui encore, et dans les plus hautes régions scientifiques, des adeptes convaincus de la possibilité de transmuer les métaux au moyen d'une poudre spéciale, qui serait la pierre philosophale, autrefois possédée par Paraceise, Nicolas Flamel et autres? tëst-il vrai qu'il se rencontre des hommes qui, ayant étudié les sciences physiques et chimiques assez pour se trouver au Courant des dernières découvertes, cherchent encore la solution du problème que se posèrent les alchimistes? Tout permet de se prononcer pour .l'affirmative ; car on peut citer des faits connus de tous ou qui ont eu tout au inoins un grand retentissement. C'est en Allemagne surtout que l'on rencontre aujourd'hui encore des alchimistes. U y a soixante ans à peine, en 1815, il existait en Westphalie une société hermétique. Plus près de nous, en 1837, un alchimiste de la Thuringe présenta à la Société industrielle de Weunar une teinture qui devait opérer ta transmutation des métaux. A iaiiièiue époque, un professeur de Munich annonçait un cours public d'alchimie. En France, vers 1844, un professeur de nos Facultés du Midi prenait publiquement la défense de l'alchimie dans son cours et affirmait, dans un Traité de chimie publié vers la. même époque, • que la transmutation s'opérerait certainement, qu'il en avait le ferme espoir. ■ Ajoutons, pour en finir avec les alchimistes modernes, qu'ils ont singulièrement amoindri le rôle que leurs devanciers attribuaient à la pierre philosophale; ils la regardent comme un simple agent chimique capable de décomposer et de recomposer les métaux, c'est-u-dire de modifier le groupement de leurs molécules, et ne lui attribuent plus aucune des vertus supranaturelles que lui attribuaient les anciens. A eôté-de ces éliminations qui attestent quelque respect pour le sens commun, nos alchimistes modernes, gobeurs comme tous ceux qui ont une idée fixe, croient naïvement qu'Hermès, Salomon, Zoroasire, chez les anciens, Raymond Lulle, Paraceise et bien d'autres, chez les modernes, ont possédé le secret qu'ils s'efforcent de retrouver. Nous nous arrêterons là sur ce point et renverrons le lecteur curieux d'étudier eu détail la théorie actuelle des alchimistes au livre déjà cite de M. Louis Figuier. lis trouveront, sous ce titre : l'Alchimie au xixe siècle, le récit dramatique d'un entretien entre l'auteur et un alchimiste, et là pourront satisfaire leur curiosité.
— Les principes des alchimistes ; œurs travaux. Les métaux, au dire des alchimistes, peuvent se perfectionner, c'est-à-dire passer du rang qu'occupe le plomb au rang que tiennent l'argent et l'or dans la série, le tout sous l'influence des astres. L'opération s'exécute dauslesol. Paraceise a toujours soutenu cette thèse et avec lui, avant comme après, tous ies alchimistes connus. Sur ce point, tous furent d'accord ; ils se divisèrent sur In question de savoir si les métaux vils, arrives à l'état de métaux nobles, or et argent, subissaient une nouvelle iiiétamorphuse et repassaient par la série des métaux vils. Ru.iolphe Glaubercroyaità cette perpétuelle transformation. Paraceise allait plus loin et prétendait que les métaux nobles, avant de rentrer dans la série des métaux vils, passaient par la série des pierres précieuses. Partant de ces données, qu'ils croyaient suffisamment établies par la découverte des sels métalliques ou même de mélanges pierreux contenant des métaux que le feu ou quelques lavages mettaient en liberté, les alchimistes admirent comme indiscutable la transmutation des métaux dans le sol, et ils déclarèrent qu'il suffirait de trouver l'agent au moyen duquel opérait la nature poOr être, comme elle, capable d'opérer la transmutation Cette substance prit le nom de pierre ou poudre philosophale, grand élixir, etc. Mise en contact avec les métaux fondas, elle les
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changeait en or si elle était parfaite et en argent si sa préparation laissait quelque peu k désirer au point de vue de la perfection. Dans ce dernier cas, la fameuse pondre prenait le nom de petite pierre philosophale, de petit magistère ou de petit éiixir.
Quelle était la nature de cette poudre? Quel était son aspect? A ces questions, on ne sait vraiment que répondre; en effet, chaque alchimiste assigne à cette substance un poids, une couleur, un aspect général diffé-. rents. "Van Helmont, qui dit avoir vu et manié la pierre philosophale, prétend qu'elle a la couleur du safran en poudre; il ajoute qu'elle est lourde et brille comme le verre en morceaux. Paraceise affirme qu'elle se présente sous l'aspect d'un corps solide de couleur rubis foncé, transparent, flexible et cependant cassant comme le verre. Raymond Lulle la désigne par le mot carbunculus, petit charbon, escarboucle; Berigard de Pise prétend qu'elle a la couleur du pavot sauvage et qu elle offre l'odeur du sel marin cnàiiné. Helvétins lui donne la couleur du soufre. Enfin, le Traité des trois paroles, écrit émanant d'un alchimiste qui se cache sous le nom arabe de Kalid, prétend que cette pierre réunit en elle toutes les couleurs. La petite pierre philosophale, celle qui change les métaux en argent, est blanche, de l'avis de presque tous les alchimistes.
Les propriétés du grand éiixir ou pierre philosophale étaient, de l'avis de tous les souffleurs, de trois sortes. Elle changeait en métaux nobles, or et argent, les métaux vils ; elle guérissait les maladies et pouvait prolonger la vie au delà des limites naturelles.
Les propriétés de l'agent merveilleux étant admises, on en vint k discuter sur la question de savoir combien il fallait employer de celte pierre pour obtenir la transmutation d'une quantité donnée de métal. Ici, les avis se partagèrent presque k l'intini et chaque alchimiste eut son opinion sur ce point. Les uns prétendirent avec Kunckel qu'elle ne pouvait convertir que deux t'ois son poids de métal; ies autres, avec Germspreiser, affirmèrent que la pierre philosophale, employée au trentième, donnait un excellent résultat. Quelques-uns enfin prétendirent qu'un centième, un millième même, suffisait k opérer la transmutation. On alla plus loin , et quelques alchimistes affirmèrent que 1 or transmué par l'addition de pierre philosophale en quantité presque impondérablejouissuitkson tour de la propriété de convertir les métaux vils en or et argent. Salmon, dans sa Bibliothèque des philosophes chimiques, affirme que la puissance de la pierre est telle que, loin de s'affaiblir par l'emploi qu'on eu fait, elle va s'augmentant comme le carré des quantit-s d'or transmué, ce qui revient à dire que 10 grains employés k transformer 100 grains d'or peuvent, api es l'opération , servir à la transmutation de 10.000 grains.
Quelle fut l'origine do la croyance qui attribuait à la pierre philosophale la puissance de guérir les maladies et de prolonger l'existence? Faut-il, avec M. Louis Figuier, penser que cette croyance s'introduisit chez les alchimistes d'Occident ■ parce qu'on prit à la lettre les expressions métaphoriques qu'affectionnaient les aneiens auteurs et qu'on crut voir dans ces paroles de Geber : « Ap- • porte-moi les six lépreux que je les gué- » risse, » la preuve qu'il se prétendait capable de guérir cette maladie, si répandue au moyen âge, alors que cet alchimiste voulait parler tout simplement des six métaux vils et de leur transmutation?
Dès qu'ils furent lancés dans ce nouvel ordre d'idées et que les propriétés curatives de la pierre philosophale furent généralement admises, les médecins alchimistes se donnèrent libre carrière. Les plus sensés d'entre ces fous admirent qu'en prenant chaque semaine une petite quantité de pierre philosophale on évitait toute maladie et toute infirmité. D'autres prétendirent que cette bienheureuse substance prolongeait la vie au delà du terme naturel. Enfin, quelques-uns, Artephius entre autres, affirmèrent que, grâce au merveilleux éiixir, ils vivaient depuis près de mille ans.
Avant de dire comment les alchimistes préparaient la pierre philosophale, mentionnons une dernière propriété attribuée par eux k cet agent, celle de transformer le verre et le silex en pierres précieuses. (Jette propriété étant de fort peu d'importance après celles dont il a été plus haut question, nous ne nous y arrêterons pas.
Tous les écrivains qui se sont occupés de la question de savoir comment les alchimistes préparaient leur fameuse poudre sont unanimes & reconnaître que les formules étaient toujours données dans un siyle à peu près inintelligible. La seule chose certaine est que le mercure jouait iin grand rôle dans l'opération.
Nous allons emprunter à l'ouvrage de M. Louis Figuier quelques recettes.
En voici une qui est attribuée au grand Hermès :
• Il est vrai, sans mensonge, certain et très-véritable.
• Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est eu bas, pour faire les miracles d'une seule chose.
> Et comme toutes choses ont été et sont venues d'un, ainsi toutes ehoses sont nées dans celte chose unique par adaptation.
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* Le soleil en est le père; la lnne en est la mère; le vent l'a porté dans son ventre; la terre est sa nourrice ; le Thelème de tout le monde est ici ; sa force est entière si elle est convertie en terre.
» Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais, doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel et derechef il descend en terre et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen toute la gloire du monde et toute obscurité s'éloignera de toi.
» C'est la force forte de toute force, car elle vannera toute chose subtile et pénétrera toute chose solide.
• Ainsi le monde a été créé.
i De ceci seront et sortiront d'innombrables adaptations desquelles le moyen est ici.
» C'est pourquoi j ai été appelé Hermès Trismégi.ste, ayant les trois parties de la philosophie du monde.
» Ce que j'ai dit de l'opération du soleil est accompli et parachevé. »
A côté de cette recette, qui n'est qu'un pur galimatias, plaçons celle-ci, due k Jean d'Espagnet :
« Prends une vierge ailée qui soit bien lavée et purifiée et qui soit enceinte par la vertu de la semence spirituelle de son premier mari, sans que cependant sa virginité Soit lésée; marie-la sans soupçon d'adultère avec l'autre homme ; elle concevra de nouveau avec la semence corporelle du mari et elle mettra au monde un enfant honorable des deux sexes: la pierre philosophale.»
Donnons encore celle-ci, qui se trouve dans la Tourbe des philosophes : a Je vous commande, fils de doctrine , congelez l'argent vif; de plusieurs choses faites, 2, 3 et 3, 1, 1 avec 3, c'est 4, 3, 2 et 1. De 4 à 3 il y a 1, il y a 2, de 2 à 3 il y a 1, de 3 à 2, 1, 1, 1, 2 et 3. El 1, 2 de 2 et 1, 1 de 1 à 2, l donc 1. Je vous ai tout dit. ■
Après cette recette d'une limpidité si éblouissante, on pourrait, comme on dit, tirer l'échelle ; ce serait dommage, car il en est d'autres très-courtes qui prouvent nettement que certains alchimistes n'étaient pas ennemis d'une douce gaieté; qu'on en juge. Rhasès, parlant de la préparation du grand éiixir, dit : ■ Prends de quelque chose d'inconnu la quantité que tu voudras. » Pseudo- Déinocrite, qui ne peut être qu'un mauvais plaisant, donne aux adeptes une recette analogue; enfin, des alchimistes, plus discrets que les plus obscurs de leurs collègues, annoncent qu'ils vous donnent leur recette et se contentent de dire : ■ Prends I » sans rien ajouter à co mot.
Si de ce domaine vraiment par trop fantaisiste nous passons aux alchimistes qu'on peut considérer comme relativement sérieux, nous trouvons des recettes qui, sous leur apparence scientifique, sont aussi grotesques. Les uns demandent le fameux secret aux minéraux, les autres aux végétaux, quelquesuns au sang d'une vierge. Dans la plupart des cas, les étoiles, la lune et toutes les planètes, le soleil et toutes les influences imaginables jouent un rôle important dans les préparations. Pendant que le mari soufile sur le feu où grillent et cuisent ses mélanges, la femme et les enfants du soufrteur sont en prière. L'alchimiste, homme de précaution, n'a pas négl'gé de mettre telle ou telle planète dans ses intérêts; en un mot, toutes les influences sont requises de coopérer au grand œuvre, et le mélange «le toutes ces superstitions est au moins aussi curieux que celui qui s'agite dans la cornue du philosophe hermétique. A côté des alchimistes qui demandent aux- puissances célestes la réalisation de leurs espérances, il s'en trouve d'autres qui ne craignent point d'appeler à leur aide Satan et toute sa séquelle. Cette variété n'apparaît guère qu'au xve et au xvi» siècle; elle est ou du moins parait peu nombreuse, ce qui s'explique parfaitement si l'on songe qu'un alchimiste qui eût été soupçonné d avoir évoqué le diable eût été infailliblement rôti par ordre des inquisiteurs.
Quelque triste que soit le tableau de toutes ces folies, c'est un fait admis aujourd'hui par les chimistes les plus distingués, comme par tous ceux qui se sont occupés de l'histoire de cette science, que les philosophes hermétiques ont beaucoup contribué à la création et au progrès des sciences naturelles, et particulièrement de la chimie et de la physique. En substituant aux vaines spéculations métaphysiques, faites par les écoles anciennes sur la composition des corps, l'étude expérimentale île ces corps, en les soumettant seuls ou mélanges à de hautes températures, en les mettant en contact avec les quelques réactifs qu'ils possédaient, les alchimistes ont amené, inconsciemment si l'on veut, d'importantes découvertes que n'eussent jamais fuites les métaphysiciens qui, depuis tant de siècles, cherchaient en dehors de l'examen de la nature le comment des choses qui nous environnent.
Gober, l'un des principaux écrivains de l'école hermétique, a donné une étude excellente sur le mercure, l'argent, le plomb, sur quelques- combinaisons du soufre et de l'arsenic avec ies métaux. On lui doit une méthode de préparation de l'eau -forte et de l'eau régaie. Il connaissait lés propriétés de l'acide i?u nitre sur les métaux et du mélange
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d'acides (eau régale) au moyen duquel on dissout l'or. Il donne la description exacte et la préparation du nitrate d'argent {pierre infernale), du sublimé corrosif et de plusieurs sulfures métalliques.
L'Arabe Rhasès, qui vivait un siècle après Geber, prépara plusieurs sulfures, quelques sels de mercure obtenus indirectement et commença l'application de la chimie k la pharmacie. Albert le Grand donna la préparation de la potasse caustique; dans un de ses ouvrages, il enseigne le moyen de purifier l'or et l'argent au moyen de îa coupellation ; il donne Ta recette de la préparation du cinabre. Il donne des renseignements trèsexacts sur les divers états que prend le soufre quand on le soumet k certaines températures, lorsqu'on le refroidit brusquement, etc. Enfin, il étudie les propriétés de l'eau-forte et, partant de ce fait que cet acide attaque l'argent sans dissoudre l'or, il indique qu'il peut servir à séparer l'un de l'autre ces deux métaux.
L'alchimiste Roger Bacon a laissé des travaux plus extraordinaires encore. On lui doit la rectification de l'erreur commise dans le calendrier Julien relativement k l'année solaire, l'analyse physique de l'action des lentilles et des verres convexes, l'invention des lunettes k l'usage des presbytes, des études très-complètes sur les propriétés du salpêtre, etc.
Raymond Lulle prépara le carbonate de potasse, au moyen du tartre et des cendres de bois; il donna un procédé pour la rectification de l'esprit-de-vin , prépara quelques huiles essentielles et perfectionna la méthode employée de son temps pour la coupellation de l'argent. On lui doit la préparation du mercure doux.
Basile Valentin étudia l'antimoine, qu'il découvrit, et fit connaître plusieurs de3 propriétés de ce corps; il trouva l'acide chlorhydrique, qu'il obunt au moyen du sel marin et de 1 acide sulfurique ; il enseigna le moyen de décomposer le sulfure de cuivre et d en retirer le métal; enfin il obtint le premier l'éther sulfurique en distillant un mélange d'espiit-de-vin et d'huile de vitriol (acide sulfurique).
Paraceise introduisit dans la thérapeutique une quantité de composés chimiques.
A cette liste déjà longue et dans laquelle nous ne faisons figurer que les alchimistes les plus connus, on pourrait ajouter des chercheurs du second ordre et qui ont, comme Brandt qui trouva le phosphore, légué d'importantes découvertes aux modernes. Parmi ces derniers, nous pourrions citer Porta, qui donna une méthode de réduction des oxydes métalliques ; Sethon et Sendwogius, qui donnèrent des procédés de teinture pour les étoffes ; tsanc le Hollandais, qui fabriquait artfficiellement des émaux, enfin Bôtticher, qui découvrit la préparation de la porcelaine.
En terminant cet article, il est impossible de ne pas se poser ces deux questions : A-ton fait de l'or? La transmutation des métaux est-elle possible?
A la première question, nous répondons hardiment: non, il n'a pas été fait d'or, et tous les alcliimi-tes qui ont prétendu posséder ce secret étaient des trompeurs; tous ceux qui ont affirmé avoir vu opérer des transmutations ont été trompés. L'état des connaissances humaines aux différentes époques <>ù l'on a successivement cherché la pierre philosophale, le petit nombre d'agents dont on disposait alors, le récit des expériences faites, tout enfin ne permet pas d'admettre un seul instant que la transmutation ail été accomplie. Les alchimistes se sont tout simplement contentés soil de précipiter l'or de ses sels, soit de le retirer de son amalgame, soit encore de préparer des mélanges métalliques où Ja proportion de cuivre était assez grande pour colorer l'alliage en jaune.
Ce premier point élucidé, la transmutation métallique est-elle possible? Nous ne voyons rien d'absurde à supposer que l'aspect, la densité, la malléabilité et toutes les propriétés des divers métaux tiennent à un groupement spécial de molécules identiques, considérées isolément. Rien d'absurde dans cette autre théorie fort admise aujourd'hui et qui considère les corps les plus divers comme le résultat du groupement de molécules identiques, animées de mouvements spéciaux. Rien d'absurde enfin k admettre que la matière est une et qu'il existe des atomes irréductibles qui, par leur agglomération soumise à certaines lois, peut-être k une seule, prennent toutes les formes.
Dans ces hypothèses rationnelles et fort acceptées aujourd'hui, la transmutation métallique et toutes les transmutations imaginables ne paraissent plus Impossibles; mais il faut d'abord découvrir le corps simple irréductible, puis les lois auxquelles il obéit pour prendre les formes multiples qu'il affecte. Ce n'est pas une mince affaire, comme on voit, et les chimistes pourraient se lancer k la poursuite de cet idéal sans risquer de le rencontrer de si tôt; aussi se contentent-ils, tâche pins modeste, mais beaucoup plus utile, d'étudier les substances que nous connaissons et de multiplier les agents et les forces capables d'arracher ses secrets k la nature.
TBANSMUTATOIRE adj. (tran-smu-ta-toire — rad. transmutation). Qui opère la transmutation ; Procède tkansmutatoirk. '
TRANSNOMINATION s. f. (tran-sno-mi-
TRAN
na-si-on — lat. transnominatio ; de trans, au delà, et de nomen, nom). Rhétor. Syn. de MBtonymik. il Peu usité.
Transnonalu (MASSACRES DE LA RUE). V.
AVRIL 1831 (journées d').
TRANSOCÉANIEN, 1ENNE adj. (tran-ZOsé-a-ni-ain, i-è-ne — du préf. trans, et de océanien). Qui est situé au delà de l'Océan : Région tRansocbaniknne. Il Qui se fait k travers l'Océan : Navigation tRaNSOCÉaniknnb. Télégraphe transockanikn, | On dit aussi
TRANSOCÉANIQUB,
TRANSON (Abel-Louis-Etienne), ingénieur français, né k Versailles en 1805. Il fut admis k l'Ecole polytechnique en 1823 et en sortit dans le service des mines. 11 fut, en 1830, l'un des principaux membres de la Société des saint- simoniens et suivit le Père Enfantin k Ménilmoiitant ; il se rangea ensuite sous le drapeau sociétaire de Ch. Fourier; il est devenu depuis catholique fervent et pratiquant. Nommé répétiteur d'analyse k l'Ecole polytechnique en 1841 et examinateur d'admission en 1848, il ne s'est plus occupé publiquement depuis lors que de questions scientifiques. Les mémoires assez nombreux qu'il a publiés dans le Journal de mathématiques de M. Liouville et dans les Nouvelles annales de mathématiques ont jeté un jour nouveau sur différents points intéressants de la théorie. Nous citerons, entre autres résultats de ses investigations, les perfectionnements qu'il a apportés k la méthode d'Euler pour la détermination du centre de courbure de l'enveloppe d'une courbe liée k une autre qui roule sur une courbe fixe. En désignant par R et R, les rayons de courbure île la courbe fixe et de la roulette, par p la distance du point de contact de ces deux courbes au point où la courbe entraînée touche son enveloppe, par i l'angle de la normale commune k la roulette et k son enveloppe avec la normale commune k la courbe entraînée et k son enveloppe, enfin par p le rayon de courbure de l'enveloppe, on obtient par la théorie d'Euler
KR, R + K,"
M. Transon remarquant que les rayons R et R, n'entrent dans la valeur de p que par la
fonction „ . t, , si on pose
R+R,' RRt R + Rt
d0Ù K + Ri=?
on pourra faire varier arbitrairement R et R„
pourvu que - -f- — reste constant, sans que
f éprouve aucune variation ; on pourra par exemple faire R = » et R, = a, c'est-à-dire substituer k la courbe fixe une droite et à la courbe roulante un cercle de rayon n. M. Transon a donné k ce cercle le nom de cercle de roulement et'k son centre celui de centre instantané du second ordre. C'est de ce centre instantané du second ordre que dépendent toutes les fonctions relatives k la courbure de l'enveloppe considérée, comme toutes celles qui se rapportent k ses tangentes dépendent du centre instantané de rotation. Les développements qu'à donnés M. Transon k toute celle théorie offrent un véritable intérêt; le mémoire qui les contient est intitulé : Méthode géométrique pour les rayons de courbure et a paru dans le journal de M. Liouville (t. X, 1845).
TRANSPADAN, ANE adj. (tran-spa-dan, a-ne — lai. transpadanus ; de trans, au delà, et de Padus, le Pô). Géogr. Qui est situé au uelk du PÔ.
— Hist. République Transpadane, République établie par Bonaparte en Lombardie.
TRANSPARAÎTRE v, n. ou intr. (transpa-rêrire — du préf. trans, et de paraître. Se conjugue comme paraître). Paraître, sa montrer k demi k travers un voile : Sa tête est belle et radieuse; la draperie est simple et modelée à grands plans qui laissent transparaître ta forme du corps. (Thoré.)
TRANSPARENCE s. f. (tran-spa-ran-se — rad. transparent). Qualité des corps transparents ; La transparence de l'eau, du verre. La transparence et la netteté sont tes qualités naturelles et essentielles du diamant. (Raynal.)
— Se dit souvent, par exagération, pour TRANSLUCiDiTB, et s'applique même k des corps dont l'opacité est presque complète : La transparence de la peau donne au teint une grande délicatesse.
— Encycl. Un corps est transparent quanti les rayons de lumière passent librement & travers sa masse. Lorsque ce corps est interposé entre un objet quelconque et notre œil, nous voyons l'objet d une manière d'autant plus nette que la transparence est plus parfaite. Les savants ont cherché à découvrir ia cause de la transparence; mais leurs recherches n'ont guère abouti qu'k une hypothèse : quelques-uns supposent que, pour qu'il y ait transparence, il faut que les pores soient parfaitement rectilignes, afin que la lumière puisse facilement passer au travers. Si le corps ne laisse passer qu'une lumière diffuse qui ne permet pas de distinguer ne lie nient
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les objets, il n'est plus transparent, il n'est que translucide. Parmi les corps doués de transparence, on distingue surtout l'air, l'eau pure et calme, le verre, le diamant, le cristal, etc.
Mais on donne un autre sens au mot transparence quand on l'applique k des corps minces, dont la surface est chargée de dessins ou de peintures qui deviennent visibles par l'effet d'un foyer de lumière placé derrière ces corps minces , qu'on appelle alors des transparents. On peut d'abord placer au premier rang de ces transparents ses enseignes lumineuses, peintes tantôt sur toile, tantôt sur verre et éclairées, par derrjère, par un ou plusieurs becs de gaz. Le transparent peut eue confectionné avec diverses étoffes de coton, de fil ou de soie, pourvu qu'elles soient un peu légères ou un peu claires, et même avec du papier que l'on rend transparent en le mouillant d'huile. Le plus ordinairement, ces transparents sont montés dans des châssis qui prennent la forme de véritables lanternes de grandes dimensions. On les emploie aujourd'hui en guise d'affiches, ce qui permet de les voir et de lire . ce qui est écrit dessus aussi bien le soir que dans le jour, car le transparent étant peint sur la surface extérieure, lorsqu'il n'est pas éclairé il apparaît comme une affiche, une enseigne ou une peinture ordinaire. Au théâtre, on s'en sert pour produire certains effets décoratifs, semblables à ceux du diorama. Certains levers ou couchers de soleil et certains clairs de lune sont exécutés sur la scène à l'aide de ce procédé, très-simple d'ailleurs et qui peut facilement faire illusion. Le transparent est alors ce qu'on appelle au théâtre un rideau de fond, fait de calicot huilé ou apprêté à la gélatine suivant que les tons qu'on devra appliquer dessus seront sombres, vigoureux ou légers et lumineux. Sur l'une des faces, on peint le paysage et le ciel qui convient à l'effet qu'on veut obtenir. S'il se trouve dans l'effet obtenu par la transparence des tons qui ne doivent point se retrouver dans l'effet qui précède ou qui suit et qui est produit par l'celairage de la rampe et des herses, on peint les premiers à l'envers seulement, en s'arrangeant pour que les tons qui se trouvent à l'endroit à la place correspondante soient assez légers ou assez en harmonie avec eux pour ne point les altérer. Ainsi, lorsqu'on veut à la tin d'un acte obtenir un soleil couchant à l'aide du transparent, on peint les nuages jaunes et rouges qui le caractérisent à l'envers de l'étoffe, c'est-à-dire du côté des coulisses du fond, et on peint à l'endroit d'autres nuages d'un jaune, d'un rose ou d'un gris trèspâle ou même quelquefois blancs. De cette façon, tant que le rideau de fond est éclairé par le luminaire qui vient de la salle, de la rampe et des herses disposées derrière les châssis des coulisses, le ciel parait être celui du jour, bleu clair léger. Quand on veut simuler le soir, on baisse la rampe et les herses, le rideau devient plus sombre et on éclaire par derrière; les nuages jaunes et muges apparaissent alors; paur donner un grand éclat à l'effet, on tient les lumières qui éclairent le transparent assez rapprochées, puis on les éloigne peu à peu à mesure qu'on veut faire succéder la nuit au soir. Quand les dispositions sont bien prises, que les tons du transparent sont bien combinés et que l'opération est exécutée avec assez d'adresse, l'effet produit est magique. Les couleurs employées et la façon uo les employer jouent un rôle important dans la confection des transparents de théâtre ou de dioramas. Certaines couleurs seulement sont transparentes, les autres sont plus ou inoins opaques : le blanc de zinc ou de ploinb l'est extrêmement et il prête son opacité à tous les tons auxquels on le mélange. Ainsi, on peut, à l'aide d'un bleu quelconque et du blanc de plomb, obtenir un ton de ciel qui, éclairé en avant, sera très-pâle, très- clair, très-lumineux, et qui, éclairé en transparence, paraîtra noir. On voit quel parti on peut tirer de cette opacité. L,es rouges de plomb et de mercure sont également très -opaques, quoique d'une couleur très-éclatante. Les couleurs transparentes dont on peut se servir en les broyant soit à l'huile, soit à l'essence, sont : la laque jaune, le jaune degaude, le bleu minéral et le bleu d'outremer, la laque carminée et le carmin, la terre de Sienne naturelle et la terre de Sienne brûlée; le vert anglais, le vert-degris, la terre de Cassel et le noir d'ivoire. Le blanc est fourni par l'étoffe elle-même, qu'on s'abstient de peindre et sur laquelle on fait ce qu'en peinture et en teinture on appelle des réserves. Il est un autre genre de transparents employé au théâtre pour certains effets, tels, par exemple, que ceux de brouillards: ils consistent en gaze très-claire ou canevas fin k mailles larges, teints d'une nuance quelconque, et qu'on tire de bas en haut ou de haut eu bas, ou d'un côté à l'autre, suivant que l'effet l'exige. Après avoir ainsi étendu un voile de cette nature sur la scène, où il forme un léger brouillard, enveloppant les acteurs et la décoration, on peut en étendre un second, un troisième, successivement, ce qui arrive à produire un brouillard intense, qu'on fait disparaître, s'il est utile, comme on l'a amené. Ou simule également, au théâtre, les vitraux à l'aide de transparents peints.
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TRANSPARENT, ENTE adj. (tran-sparnn, an-te. — Ce mot, de formation moderne, est fait de trans, à travers, et du participe paretis, qui paraît, qui luit, de parère, paraître. Transparent est la traduction exacte du grec diaphanes, diaphane). Qui se laisse traverser par la lumière et permet de distinguer nettement les objets à travers son épaisseur : L'eau est un corps liquide, clair et transparent. (Fén.) Je suis comme les petits ruisseaux; ils sont transparents parce qu'ils sont peu profonds. (Volt.)
— Se dit souvent, par exagération, d'un corps translucide ou même presque opaque : Une peau transparente. La porcelaine est transparente quand elle est feu épaisse.
— Se dit d'une couleur qui, étendue sur une autre, laisse paraître plus ou moins celle-ci.
— Fig. Dont le sens, quoique caché, se laisse pénétrer aisément: A llégorie transparente. Intention transparente, il Qui laisse pénétrer sa pensée : Le vin rend l'homme transparent. (E. Augier.)
— s. m. Feuille où sont tracées plusieurs lignes noires parallèles, et dont on se sert pour s'accoutumer à écrire droit, en la mettant sous son papier lorsqu'on écrit : Cet enfant ne saurait écrire sans transparent.
(Acad.)
— Papier huilé derrière lequel on place des lumières dans la décoration : Une illumination en transparents. (Acad.)
— Sorte de tableau sur toile, sur gaze, sur papier huilé ou verni, derrière lequel on met des lumières pour faire paraître ce qu'il représente : // y avait au fond du jardin un magnifique transparent. (Acad.)
— Etoffe très-fine que l'on met par-dessus une étoffe d'une autre couleur, dont elle laisse voir la nuance : Sur son lit est un couvrepied bleu, recouvert d'un transparent de dentelle.
— Modes. Vêtement transparent que les femmes, auxvue sièule, portaient par-dessus d'autres vêtements d'une couleur éclatante.
— Peint. Préparation que l'on applique sur des couleurs, pour leur donner de l'éclat.
— s. f. Arboric. Variété de pomme.
— Moll. Syn. de vitrine.
— Syn. Transparent, diaphane. V. DIA- PHANE.
— Encycl. V. transparence.
TRANSPERCER v. a. ou tr. (tran-spèr-sé
— du préf. traits, et de percer. Prend une cédille sous le c devant a et o : Je transperçai ; nous transperçoits). Percer de part en pju-t : Le coup qu'il reçut le transperça. (Acad.)
Quand j'aurai faille brave et qu'un fer, pour ma M'eïurrt d'un vilain coup transpercé la bedaine, [peine, Dites-moi, mon honneur, en serez-vous plu? gras?
Molière.
— Fig. Pénétrer : Dès ma première enfance, lu. poésie a en cela de me transperckr et transporter. (Montaigne.) Il Vieux en ce sens. Il Pénétrer de douleur : Transpercer le cœur de quelqu'un. Cette nouvelle me transperça l'âme.
— Passer à travers : La pluie eut bientôt tranpercé nos vêtements.
Se transpercer v. pr. Se percer le corps de part en part : Il SB TRANSPERÇA d'un coup d'épée.
TRANSPIRABLE adj. (tran-spi-ra-ble — rad. transpirer). Physiol. Qui peut être éliminé par. la transpiration : Liquides transpihablks. Il Qui peut donner pass:ige à la transpiration : Membrane transpirable.
TRANSPIRATION s. f. (tran-spi-ra-si-on
— du pruf. trans, et du lut. sptrure, exhaler). Exhalation qui s'opère à la surface de la peau : Quand la transpiration est considérable, elle prend le nom de sueur. (Acad.) Il Liquide exhalé: Transpiration acide. \\ Transpiration insensible, Sueur très-peu abondante qui se produit à la surface de la peau sans pouvoir être recueillie. Il Transpiration pulmonaire, Exsudation qui se produit à la surface de la membrane muqueuse des voies pulmonaires.
— Fig. Propagation, transmission : // est des vérités que les gouvernements ne doivent répandre que peu à peu, et comme par transpiration insensible. (D'Alemb.)
— Bot. Exhalation d'eau liquide ou à l'état de vapeur, qui a lieu à la surface des plantes, par suite de leurs fonctions vitales : Dans les plantes, la transpiration est très-considérable. (Uosc.) La transpiration insensible s'opère par les pores corticaux. (De Candolle.)
— Encycl. Physiol. et pathol. V. sueur.
— Bot. La transpiration, dans les végétaux, se lie assez étroitement à la respiration. Elle consiste essentiellement, dans t'évaporation ou l'exhalation de l'excès d'eau contenu dans la plante, etinflue beaucoup sur l'ascension de la sève. Elle s'exerce presque entièrement par les stomates, bien qu'elle ait lieu sur toutes les surfaces exposées1 à l'air, mais si faiblement sur ces dernières, qu'on a pu la regarder comme insensible. Elle est donc analogue à l'exhalation pulmonaire plutôt qu'à la transpiration proprement dite, qui con-
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stitue la sueur chez les animaux. On s'est assuré que son énergie est toujours proportionnelle au nombre des stomates et à l'intensité de la lumière. Elle est encore en raison directe de la sécheresse et de la chaleur de l'atmosphère, et aussi de la jeunesse et de la vigueur du végétal.
L'influence de la lumière sur la Conspiration a été démontrée par des expériences comparatives sur des plantes exposées à la lumière vive, à la lumière diffuse ou placées dans une obscurité complète. On fait tous les jours des applications de cette loi, lorsqu'on met a l'ombre les bouquets ou les légumes que l'on veut conserver frais, tandis qu'on retourne soigneusement les foins pour en exposer successivement toutes les parties à la lumière vive et hâter ainsi leur dessiccation. On peut donc prévoir d'avance que les plantes vivantes doivent augmenter de poids pendant la nuit; mais ce dont elles augmentent est tout simplement de l'eau, qui, ne se fixant pas dans leur tissu, s'évapore plus tard aux rayons du soleil; si, au contraire, l'obscurité continue, ces plantes deviennent en quelque sorte hydropiques.
Il est facile de démontrer l'existence de la transpiration chez les végétaux. Si on met des plantes en pleine végétation sous une cloche de verre, on voit bientôt ruisseler sur les parois de l'eau qui s'est échappée de la plante à l'état de vapeur, puis s'est condensée sur une surface froide; on peut voir tous les jours Ce phénomène s'opérer sous les cloches de verre dont se servent les maraîchers. Pour arriver à une démonstration plus rigoureuse, Duhamel, ayant élevé déjeunes arbres dans des pots dont il bouchait exactement la partie supérieure, s'est ainsi assuré que l'eau des arrosages ne pouvant s'échapper par le sol, soit en dessus, soit en dessous, devait nécessairement s'évaporer par ce qu'il appelait les pores ou organes excréteurs du végétal, nommés aujourd'hui plus exactement stomates. Tous les physiologistes qui ont répété ces expériences sont arrivés aux mêmes résultats.
Quant à l'intensité même de la transpiration, Haller a pu constater qu'un chou ordinaire perd, dans un jour sec et chaud, près de l kilogramme d'eau par l'exhalation de ses feuilles. Un soleil, haut de im,50 et dont les racines sont constamment abreuvées par les arrosement, évapore, d'après Chevreul, 15 kilogrammes d'eau par jour. La proportion est moindre pour les graminées, dont le système foliaire a moins de développement. Dans des essais de ce genre, M. Boussingault a reconnu que 1 hectare de terre planté en topinambours présente une surface foliacée de 4 à 5 hectares, et que certaines cultures ont une surface foliacée seize fois plus gran'de que leur étendue réelle.
La nutrition de la plante s'opère d'autant mieux que la transpiration est mieux en rap- • port avec l'absorption ; ce rapport doit être tel , que les deux tiers du liquide absorbé soient exhalés, tandis que l'autre tiers reste fixé dans la composition des tissus végétaux. Si l'on observe ce qui se passe dans la nature, on voit que les plantes des vallées et des lieux humides ont, en général, des feuilles larges et glabres ; elles absorbent beaucoup et ont aussi des surfaces évaporatoires très-étendues; il en est tout autrement pour las plantes des montagnes et dos lieux arides, qui, absorbant peu, ont des feuilles peu nombreuses, petites et plus ou moins couvertes de poils.
Puisque les plantes absorbent par leurs racines une quantité variable de liquide, dont une partie est évaporée, il s'ensuit que les feuilles agissent sur l'atmosphère et la climat de trois manières, par l'ombrage, l'évaporation et le rayonnement. On sait, en effet, que les grands massifs boisés contribuent à abaisser la température et à répandre de l'humidité dans l'air. Sous les tropiques, ta rareté des forêts augmente la chaleur et la sécheresse, en diminuant l'étendue des surfaces évaporantes.
TRANSPIRER v. n. ou intr. (tran-spi-ré — du lut. trans, au delà, et de spirare, exhaler). S'exhaler, sortir du corps par les pores : Les humeurs transpirèrent au travers de la peau. (Acad.)
— Exhaler des liquides : Il y a des corps qui transpirent plus facilement les uns que les autres. (Acad.) Les animaux qui transpirent beaucoup s'en portent mieux. (Lav.) La peau transpire et respire. (Raspail.)
— Etre divulgué, ne pouvoir être tenu secret : liien h'a. encore transpiré des projets du gouvernement.
TRANSPLANTABLE adj. ( tran-splan-table — rad. transplanter). Qui peut être transplanté : Tous les arbres ne sont pas transplantables.
TRANSPLANTATION s. f. (tran-splnu-tasi-on — rad. transplanter). Agric. Action de transplanter : Un arbre transplanté ne prend de nourriture que par les racines qu'il pousse depuis sa transplantation. (Moreri.)
— P"ig. Déplacement, action de transplanter et d établir dans un autre lieu : L'homme peut vivre partout, corps et âme; pourtant la transplantation lui enlève beaucoup de sa beauté propre et de sa vigueur naturelle. (Guizot.)
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— Ane. méd. Procédé par lequel on pensait faire passer une maladie du corps d'un homme dans un animal ou dans une plante : La transplantation fut une des rêveries de Paracelse.
— Encycl. Agric. La transplantation consiste à enlever un végétal de l'endroit où il se trouve, pour le replanter ailleurs. Dans la pratique, si la nouvelle place où on le met n'est que provisoire, l'opération prend le nom de repiquage, et on réserve le mot transplantation pour le cas où le végétal est mis à demeure, c'est-à-dire à la place définitive qu'il doit occuper. Il semble k première vue que la transplantation soit toujours une opération dangereuse, ou au moins propre à retarder la croissance des plantes; mais une longue expérience, qui se continue tous les jours dans les jardins et les pépinières, a constaté que cette pratique présente un avantage marqué, pourvu toutefois qu'elle soit bien exécutée et faitejfin temps opportun. La plante se trouve en effet dans une terre nouvelle, souvent plus riche, toujours plus meuble; elle y trouve donc et une plus grande abondance de sucs nourriciers et une plus grande facilité pour les absorber.
Il est des espèces qui gagnent plus que d'autres à être transplantées, parce qu'elles émettent alors une plus grande quantité de racines. Cela dépend beaucoup aussi de la manière dont le plant a vécu jusqu'alors; ainsi les arbres arrachés dans les buis n'offrent pas autant d'espérance de reprise à la transplantation que ceux qui sont pris dans un jardin ou dans une pépinière, parce qu'ils sont moins pourvus de racines et d'un arrachage moins facile. On peut néanmoins en tirer un bon parti, s'ils ne sont pas trop âgés, en les repiquant provisoirement en pépinière, où on les laissera, pendant un an ou deux avant de les planter à demeure.
En général, la transplantation réussit d'autant mieux que les sujets sont plus jeunes ou moins développés. Celle des plantes herbacées ou des végétaux de petite taille que l'on cultive dans les jardins ou dans les serres présente peu ou point de difficulté. Il en est de même, jusqu'à un certain point, des basses tiges ou des demi- tiges, qu'on transplante dans les jardins, les parcs ou les forêts. La difficulté augmente pour les hautes tiges. Enfin, elle atteint son maximum d'intensité quand il s'agit de grands arbres. L'opération devient alors pénible et surtout coûteuse ; on ne peut guère l'employer que sur une échelle assez restreinte, quand on veut avoir immédiatement des plantations en lignes ou en massifs d'une certaine force. On l'a vu pratiquer, dans ces dernières années, pour les avenues, les places et les jardins publics da la ville de Paris.
Quand on veut transplanter de grands arbres, il faut s'y prendre longtemps à l'avance. Un an ou deux avant la transplantation, on commence par cerner l'arbre, en creusant tout autour, à la distance de 1 mètre environ, une tranchée circulaire plus ou moins profonde, en rapport [avec la masse des racines. Cette tranchée doit se diriger obliquement vers le pivot de l'arbre, de telle sorte que la motte de terre conservée ait la forme d'un cône tronqué renversé. Cela fait, on comble la tranchée, en foulant bien la terre. Si l'on a été forcé de couper de grosses racines, on donne un arrosage copieux, que l'on peut sans inconvénient réitérer plusieurs fois dans le courant de l'été, surtout quand la terre est sèche et légère par sa nature. Si l'on a lieu de craindre que l'arbre ne soit renversé par le vent, on le maintient avec des cordes.
• Lorsque plus tard, dit M. Carrière, la moment est venu d'enlever un arbre ainsi préparé, ce qui doit toujours se faire pendant le repos de la végétation, c'est-à-dire d'octobre en mars, on ouvre de nouveau la tranchée pour mettre à nu la motte; mais, par précaution, l'arbre est retenu avec des cordages. La motte ainsi dégagée est entourée de claies, de branches, de planches, ou simplement de paillassons fortement serrés avec des cordes. Ce qui vaut mieux encore, c'est de faire construire par un vannier un clayonnage dont la force soit en rapport avec la volume de la motte. Si l'arbre à transplanter est gros, on a dû ouvrir une tranchée de la largeur au moins du véhicule sur lequel il doit être chargé. Cette tranchée doit être en pente douce, à partir du niveau du sol jusqu'à la base de la motte: on y fait entrer à reculons le camion attelé au moins d'un cheval. »
Pour enlever l'arbre, on attache des cordages à sa tige, après l'avoir d'abord enveloppée de tampons épais aux points d'attache, puur empêcher d'endommager l'écorce. En même temps, on coupe les racines qui se trouvent encore au fond de la tranchée. Enfin, on' soulève l'arbre à l'aide d'une chèvre, et, quand il se trouve à une certaine hauteur, on le laisse descendre doucement sur le camion, qu'on a préalablement fait reculer jusqu'à ce qu'il soit juste en dessous; il ne reste plus alors qu'a le fixer à l'aide de cordes, de cales et de tampons. On le transporte ensuite à sa place définitive, où l'on aura dû ouvrir une tranchée à double talus, afin que le camion puisse entrer en avançant. Dès qu'il est arrivé au point voulu, on soulève de nouveau l'arbre avec une chèvre; puis le véhicule continue d'avancer et sort par l'autre côté
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de la tranchée, laissant ainsi l'arbre isolé et suspendu.
On fait alors descendre doucement celui-ci à la place qu'il doit occuper; on débarrasse la motte de son entourage, et on achève de combler la tranchée, en lassant fortement la terre. Les cordes servent à fixer encore l'arbre pendant quelque temps. < Il faut, autant que possible, ajoute M. Carrière, exécuter ces sortes de travaux e'n hiver, lors- j qu'il n'y a pas de neige et que la terre n'est pas trop humide; car, à part la facilité qui en résulte pour le travail, la transplantation est encore favorisée par la gelée, et voici comment. Lorsque la motte est préparée, on la mouille largement le soir ; la gelée de la nuit suivante la transforme en une masse presque aussi solide qu'un bloc de pierre ; on peut alors la transporter avec beaucoup plus de sûreté, et, lorsque les arbres ne sont pas excessivement gros, ce procédé évite quelquefois l'emploi du clayonnage. •
Pour les arbres de moyenne grandeur, et à plus forte raison pour ceux d'une dimension inférieure, on peut employer l'appareil Mac- Glashen. Il consiste essentiellement en un cadre rectangulaire, auquel sontfixées quatre ou huit bêches, suivant la dimension de l'instrument. Le cadre étant disposé autour de l'arbre à transplanter, on enfonce les bêches, soit a l'aide du manche dont elles sont quelquefois munies, soit, dans le cas contraire, avec un marteau. Quand elles ont pénétré a une profondeur suffisante, on les fixe entre elles au moyen d'un cadre formé de barres de fer unies et consolidées au moyen de pas de vis et d'écrous. On écarte alors la partie supérieure des bêches; on rapproche par cela même leur partie inférieure, qui comprime lu motte de terre et lui donne la forme d'une pyramide quadrangulaire tronquée et renversée.
Ensuite, des ouvriers, en nombre suffisant, soulèvent, k l'aide de leviers, l'arbre, qui se trouve renfermé entre les fers des bêches comme dans une caisse. Il ne reste plus qu'à le transporter à sa place, soit à bras d'hommes, soit avec des véhicules, suivant sa dimension. Ce procédé de transplantation ne peut, du reste, être employé avantageusement que dans les sols assez compactes, mais dé-
fiourvus de pierres. Quel que soit d'ailleurs e moyen mis en usage, il faut, aussitôt après la transplantation, avoir soiu de donner un bon arrosage. On répète ensuite cette opération de temps en temps, et, pour empêcher l'évaporation trop prompte de l'humidité, on étend un bon paillis autour de la tige»
TRANSPLANTER v. a. ou tr. (tran-splanté — du prêt', trans, et de planter). Arracher de sa place et replanter dans un autre liuu : Transplanter des arbres. Transplanter des rosiers.
— Fig. Transporter et établir dans un autre endroit : Probus fut obligé de transplanter de la Germanie des hommes et des bœufs pour cultiver la Gaule. (Miohelet.)
Se transplanter v. pr. Etre, pouvoir être transplanté : Tous les arbres ne se transplantent pas avec la même facilité.
— Se transporter et s'établir dans un autre lieu : Il semble qu'il faille SB transplanter pour réussir. (Volt.)
TRANSPLANTEUR s. ra. (tran-splan-teur). — rad. transplanter), Hortic. Celui qui transplante.
TRANSPLANTOIR s. m. (tran-splau-toir — rad. transplanter). Hortic. Instrument propre à la transplantation des arbres.
TRANSPONTIN, INE adj. (tran-spôn-tain, i-ne — du préf. trans, et du lat. pons, pont). Qui habite au delà des ponts, de l'autre coté de la rivière.
TRANSPORT s. m. (tran-spor — du préf.
trans, "et de port). Action ou manière de transporter, de porter d'un lieu à un autre : Le transport des voyageurs, des marchandises. Transport à dos de mulet. Transport par bateau. Moyens de transport. Ce malade n'est pas eu état de souffrir ta transport. ( Acad. ) // n'y a récolte si moisie , fourrage si avarié qui ne vaille le transport. (1C. About.)
— Pig. Passion violenta qui met hors de soi celui qui en est possédé : Eprouver un transport de joie. Se livrer à un transport de colère, a un transport d'amour. Ne faites rien dans le transport de la passion. (Boss.) Qu'est-ce aimer, ei ce n'est abandonner son fine
A tous les pars transports du divin sentiment ?
A. Babbier.
Il Yiolente manifestation inspirée par la passion : // avait peine à contenir, à modérer ses transports. (Acad.) Modérez les transports qui soulèvent vos sens. N. Leme&cier.
— Enthousiasme : Transport poétique, prophétique. Divin transport.
Sentez-vous, dites-moi, ces violents transports
Qui d'un esprit divin font mouvoir les ressorts?
— Jeux. Action de jouer, au trictrac, toutes les dames qui sont abattues des piles, et d'en faire des cases et des demi-cases.
— Jurispr. Action d'une personne qui, par autorité de justice, se transporte sur les
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lieux où sont les choses sujettes à un examen, à une vérification, aune visite: Transport d'un juge, d'un commissaire, d'un expert sur les lieux. (Acad.) || Acte par lequel on substitue une personne à une autre pour la jouissance d'une créance : Faire le transport d'un billet, d'une rente. Je n'ai point consenti au TRANSPORT qu'il voulait me faire. (Acad.)
— Art milit. "Voiture servant à transporter les choses nécessaires à une armée : La roule était couverte de transports. (Acad.) Leroulier conduit de lourds transports. (Droz.)
— Mar. Bâtiments de transport ou simplement Transport, Navire propre à transporter des troupes ou des munitions.
■ — Physiol. Mouvement des liquides circulatoires : Le transport du sang vers le cœur.
— Pathol, Transport au cerveau ou simplement Transport, Délire, égarement d'esprit causé par la fièvre.
— Géol. Terrain de transport. Syn. de terrain li'ALLUVION.
— Syn. Transport, translation. V. TRANS- LATION.
— Transport, extase, ravissement. V. EX- TASE.
— Encycl. P. et chauss. Dans les travaux de terrassement, le transport est une des parties principales de la dépense ; c'est pourquoi on doit chercher autant que possible à diminuer la distance à parcourir. La distance moyenne du transport est souvent plus grande que celle du déblai et du remblai ; cela arrive, par exemple, quand on est assujetti a faire passer les chemins de transport en des points déterminés et aussi dans les cas analogues k celui où le déblai est pris h l'intérieur du remblai ; mais, dans les cas ordinaires de la pratique, lorsqu'il s'agit de routes , de chemins de J'er ou de canaux qui s'exécutent suivant une ligne continue, on peut prendre comme distance moyenne de' transport la distance des centres de gravité. Avant de passer en revue les différents modes de transport employés, posons d'abord quelques principes généraux applicables à ce sujet : 1» si l'on a deux volumes égaux, l'un en déblai, l'autre en remblai, disposés de telle sorte que les transports des éléments de la masse de déblai aux parties correspondantes du remblai puissent tous s'effectuer suivant des parcours parallèles, il est clair que la longueur moyenne des transports, relatifs k cette masse, sera égale à la distance des centres de gravité, et qu'au contraire, si les transports ne peuvent être parallèles, la moyenne longueur des transports sera plus grande; 2° si les parcours ne peuvent être parallèles, il faudra au moins, pour que la distance moyenne reste la plus petite possible, que les parcours soient dirigés de manière à ne pas s'entre-croiser; 3° si, pour se rendre du déblai au remblai, il y a plusieurs points de passage obligés, tous les transports auront un parcours commun entre le premier et le dernier point obligé, convergeront des diverses parties du déblai vers le premier point de passage et divergeront du dernier point de passage vers les différentes paMties du remblai; 4° si une même masse du déblai doit être partagée en deux parties destinées à être portées en deux points différents, la surface suivant laquelle devront être séparées ces deux parties sera tell : que chacun de ses éléments divisera en deux parties égaies l'angle formé par les directions menées aux deux points d'arrivée de chacun des points de cet élément. La recherche des distances de transport et la répartition des déblais constituent, ce que l'on- appelle le mouvement des terres. Il existe plusieurs méthodes pour se rendre compte des dépenses du transport dans un projet de route, de chemin de fer ou de canal ; mais la plus exacte, celle qui rend le mieux compte de tous les détails, est la méthode graphique qui consiste k rechercher, par les méthodes de la géométrie, les centres de gravité des triangles ou des quadrilatères par Jesquels les masses de déblai et de remblai sont respectivement représentées , tant en position qu'en volume ; puis à mesurer k l'échelle les distances qui existent entre les centres correspondants; ceci à la condition que l'épure soit faite dans de justes et convenables proportions, afin d'éviter les calculs longs et pénibles que nécessiterait leur recherche mathématique. Déterminant ensuite, suivant le mode de transport adopté, le prix applicable à l'unité de masse pour chacune de ces distances, et appliquant ces prix aux masses correspondantes , on obtient une suite de produits partiels dont la somme exprime la dépense totale du transport. Dans la pratique, on se dispense de tracer cette épure graphique,, qui pour une grande longueur de projet demanderait un temps précieux; on se sert seulement des profils en long et en travers et des tableaux de calcul des déblais et des remblais, en prenant approximativement le centre de gravité des figures. Les rampes ont une influence sur la distance des transports ; car elles augmentent le travail, puisque, outre le travail dépensé pour le transport horizontal, il faut encore élever les matériaux. Des ingénieurs admettent que le travail est le même pour monter une rampe de 30 mètres de base sur 2m,50 de hauteur (inclinée au 1/8) que pour parcourir une
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distance horizontale de 30 mètres. La pente de 1/8 exigeant un travail au-dessus des forces de l'homme, il convient d'adopter, comme dans les travaux du génie militaire, une rampe de 1/12 et de considérer comme équivalent de la distance horizontale de 30 mètres une rampe de 80 mètres de base sur l<n,65 de hauteur.
Le transport des terres se fait en les jetant à la pelle, lorsque la distance n'est que de quelques mètres; mais, quand elle est plus considérable, on fait usage de brouettes, de camions, de tombereaux, de panier3,de wagons et de wagonnets. Le transport à la brouette s'effectue au moyen de brouettes ayant 1/25 de mètre cube de capacité. Le reluis est à peu près constant dans toutes les localités; il est de 30 mètres sur un plan horizontal et de 20 mètres sur les rampes de 0™,0S par mètre. Ce mode de transport s'emploie avantageusement et présente une économie dans la dépense lorsque les terres à transporter ne doivent pas parcourir plus de 100 mètres de distance. Le transport au camion s'effectue au moyen d'une espèce de petit tombereau traîné par trois hommes et pouvant contenir om,20 de terre. Les relais pour ce mode de transport sont variables ; ils peuvent être fixés k 30, 60, 90 et même 100 mètres, selon que la terre est moins ou plus facile à charger. Jusqu'à 140 mètres de distance, le camion est plus économique que la brouette et le tombereau. Le transport au tombereau s'effectue au moyen de voitures traînées par un cheval, lorsqu'elles ne cubent que O^^O, et par deux ou plusieurs chevaux lorsqu'elles ont une capacité de 1 mètre cube k im,50. Les relais sont de 100 mètres, et la limite de la distance d'emploi sur les grands travaux est de 500 mètres. Les transports au couffin, fréquemment employés en Algérie et dans le midi de la France, où ils remplacent la brouette, s'emploient quand les déblais doivent être transportés k de petites distances. La banaste est un panier on bois de châtaignier, cubant omo,oi. Le couffin, qui a la même capacité que la banaste, est un panier en jonc. Ce mode de transport s'effectue en chargeant ces paniers sur les épaules des hommes, k la manière des coltineurs de charbon.
Le transport k dos d'âne est beaucoup employé en Corse et en Algérie, où il rempluce souvent le transport au camion et au tombereau. Il se fait çn chargeant sur le dos de l'âne deux bannes ou deux couffins d'une capacité de om,04 chacun; ce /raiwpori devient plus économique que la brouette à partir de70 mètres, ei que le camion à partir de 90 mètres ; à 80 mètres, le tombereau lui est préférable. Pour effectuer les transports verticaux, on se sert de la pelle, du bourriquet et de la hotte. Dans le premier mode, on place des ouvriers k des étages différents, espacés de lIO,65, et l'on compte que chaque ouvrier, en dix heures de travail, peut jeter 15 mètres cubes de terre d'un étage à l'étage supérieur. On dispose aussi des rampes s'élevant de im,65 pour 20 mètres de base, ce qui équivaut à un relais horizontal de 30 mètres; ces
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deux manières d'opérer font voir que l'on doit adopter la hauteur verticale de lm,65 pour relais. Le transport au bourriquet s'effectue au moyen d'une caisse ou d'un panier ayant une capacité de 0<n,033; le^ relais est do 5 mètres. Ce bourriquet est mû par un treuil a hommes ou a manège ; jusqu'à la hauteur de trois relais, l'emploi de la pelle est plus avantageux et plus économique. Le transport k la hotte s'emploie lorsque 1 on est obligé de faire passer les déblais par un passage étroit, soit à l'aide d'une échelle ou d'un escalier; la hotte cube om,03. Un manœuvre pouvant en une heure faire 27 voyages à une hauteur de 3 mètres, il en résulte que le volume élevé en 10 heures k cette hauteur est de 8mc,10. Les transports par chemins de fer s'effectuent au moyen de wagons traînés par des chevaux ou par des locomotives. Au point de vue de l'économie, il y a avantage, pour transporter 1 mètre cube à 1,000 mètres, à remorquer les wagons par les chevaux ; mais les travaux s'exécutent avec moins de rapidité. D'après MM. Perdonnet et Polonceau, l'usage des wagons n'est plus avantageux que celui des tombereaux que pour des volumes de déblais considérables et pour des distances de transport supérieures à 1,000 mètres; cependant on y a souvent recours pour des distances moindres, à partir de 500 mètres, parce que les chemins en terre sont impraticables avec des tombereaux par les temps humides, au lieu qu'avec des wagons et des voies en fer, on est rarement obligé d'interrompre les travaux. Le plus habituellement, pour les grands -terrassements, on fait usage de la brouette pour les distances de transport de moins de 100 mètres , du tombereau pour celles de 100 à 500 mètres, des wagons traînés par des chevaux pour celles de 500 a 2,000 mètres, et de wagons remorqués par des locomotives pour les distances de 2,000 metrès et au-dessus. Pour faire ressortir la différence de prix du transport de 1 mètre cube de jléblai par les différents moyens qui viennent d'être examinés, on a dressé le tableau suivant, en admettant: t°que, pour les transports antres que ceux en wagons, les prix comprennent la fourniture du matériel, qui est du reste relativement très-faible, le temps de la voiture pendant le chargement, le roulage, le temps et les frais de déchargement, mais non les frais de chargement; 2° que, pour le transport en wagons traînés par des chevaux les prix comprennent le transport proprement dit, lé graissage des wagons, l'entretien, le renouvellement des pièces usées et la dépréciation du matériel, mais non l'acquisition des wagons et rétablissement de la voie-, 3° que les chemins sont horizontaux; dès que la penteatteint 1/6 pour les transports à la banaste et à dos d'une et l/l ! pour ceux k la brouette, au camion ou au tombereau, l'étendue des relais doit être diminuée de 1/3; i° que le prix de la journée de dix heures de travail est de : pour le manœuvre, 2 fr. 50 ; pour une voiture à un cheval, conducteur compris, 6 fr. 50; k deux chevaux, 12 francs; pour un âne, un homme conduisant six à douze ânes compris, 2 fr. 50 :