‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 319 sur 1042 · FEMMES · texte numérisé non relu

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'-Transportation à la Nouvelle-Calédonie.

Historique. L'idée de fuite un essai de la tranxport/ition en Nouvelle - Cftlédnuie prit nnixsanee à l'ppoque où les établissements «le la Guyane subissaient les plus rudes épreuves par suiie des fièvres paludéennes et de l'épidémie de lu fièvre jaune. Des études furent ordonnées dés 1859, et un décret du S septembre 1863 vint consacrer dérinitivement ce projet et ouvrir une nouvelle issue à la réforme pénale.

Le premier convoi, composé de Î50 condamnes aux travaux forcés astreints à la résidence perpétuelle, partit de Toulon le 2 janvier 186* et arriva le 9 mai en rade de Nouméa. Déjà le gouverneur avait choisi pour dépôt général l'Ile Nou, située en face de la rade de Nouméa et à une distance assez courte pour permettre des communications fréquentes et rapides. A leur arrivée, les transportés restèrent casernes k Lord le temps qui était nécessaire pour préparer des .installations à terre. Ce premier travail fut accompli rapidement; aucun neeident ne se produisit durant cette opération assez fatigume, et, huit mois après, des logements, des magasins, un hôpital et une chapelle, établis dans des conditions provisoires trèssnftisantes pour les premiers besoins, permettaient d'installer le personnel à terre; L'installation fut rapidement faite, grâce aux bâtiments qu'avait construits l'Anglais Paddon pendant qu'il occupait l'Ile Nou. Tous ces bâtiments furent utilisés et le sont encore. Le deuxième convoi, qui devait fournir les moyens de procéder k des installations plus importantes, partit de France le 6 janvier 1866 et iirriva dans la colonie en juillet; il comprenait 200 forçats, dont 3 moururent en mer. Pendant l'année 1867, trois convois partirent de Toulon pour la Nouvelle-Calédonie et arrivèrent en août et septembre dans la Colonie. C'est réellement à partir de celte époque que la décision fut prise de ne plus envoyer de forçais européens à Guyenne, Au 31 décembre 1867, l'effectif, en Nouvelle-Calédonie, était de 967 transportés ; jusqu'alors, il n'était pas arrivé de femmes condamnées. En 1867, après l'arrivée des trois convois, les transportés furent divisés en quatre catégories. Leux de la quatrième catégorie, comprenant les criminels endurcis, étaient condamnés aux. travaux d'utilité publique les Fins pénibles et privés des prestations que on accorde d'habitude pour encourager les hommes de bonne volonté. Dès te principe, lors de l'arrivée en Nouvelle-Calédonie des premiers convois, les transportés de la quatrième classe ont été internés à. Kanala, sur la côte est de la Grande-Terre; depuis 1808, ils ont été réintégrés à l'île Nou, où ils sont l'objet d'une surveillance plus active et toute spéciale.

Deux parts ont été faites des forces disponibles : un groupe a été conservé a l'Ile Nou pour les travaux du pénitencier, un autre a été prêté aux services publics. Ceux du premier groupe qui fournissent un bon travail obtiennent des suppléments de ration; ceux du second touchetit des gratifications en argent qui varient de 0 fr, 07 à 0 te. îî par jour, selon la catégorie k laquelle ils appartiennent. Bientôt, et lorsque l'arrivée du deuxième convoi eut permis de distraire une partie des transportés au prolit du travail prhé, les hommes de bonne conduite furent autuiii-éi à travailler pour les particuliers. L'engagement souscrit, eu pareil cas, est de deux années au minimum, pendant lesquelles l'eiitieiieii de l'engagé est à la charge de l'engagiste, sans préjudice du salaire déterminé tie concert entre ce dernier et l'administration ; ce salaire est île 0 fr. 40 par jour, dont 0 fr. 10 peuvent être donnés immédiatement i>ux transportés. Leur situation, au point de vue disciplinaire, a quelque analogie avec celle que Crée, en France, aux libères la surveillance de la haute police; mais l'engagisie est leiiuaiiue surveillance plus étroite et duit rendn- pério dque.ii eut compte k l'adiiiinistraiiun de la conduite de sou engagé.

En 1867, lorsque le nombre d'hommes devint uop considérable à 1 Ile Nou, on résolut de former des camps aux environs de Nouméa. l-.es premiers furent ceux de l'Orphelinat et de la vallée des Colons, à quelques kilomètres de la ville, pour les travaux de roule. Un détachement de transportés fut en v oyé à la ferme modèle u'Yahoue pour être employé aux travaux agricoles et à la confection des instruments armoires ; il en fut envoyé un autre à la baie de Prony pour l'exploitation des bois ; enfin, une colonisation pénale agricole fut étiiblie à BoUruil, sur la côle ouest de la Grande-Terre, où les meilleurs sujets doivent être envoyés et où il est accordé une concession provisoire de 2 hectares aux célibataires, de 4 hectares aux gei.s maries et de 6 heciares a ceux qui oui plus de deux enfants. Les concessionnaires ont la faculté d'acquérir de nouvelles terres avec leurs économies. On leur avance les outils et les vivres jusqu'à la première récolte. Dans cette situation , ils jouissent d'une sorte de liberté relative qui, tout en les relevant k leurs propres yeux, ajoute à Veur activité naturelle l'excitant de la responsabilité. Le transporté installé dans sa concession subit un régime disciplinaire trèsadouci. L'autorité surveille, conseille, protège et maintient la paix.

Après l'arrivée des nouveaux convois en

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1868, les travaux de route furent commencés et des camps formés; le premier fut installé à Koiitia-Konéta pour le percement de la route de Nouméa k Païta, au sud et k 46 kilomètres de Nouméa. De petits camps furent échelonnés sur la route du pont des Français, et d'antres furent crées ensuite k la Conception et à Saint-Louis, missions occupées par les marisies et les Canaques catéchisés, pour relier définitivement ces établissements à Nouméa par une route carrossable rejoignant celle du pont des Français.

En 1809, un camp fut établi au Montruvel, en face de la presqu'île Ducos, à 3 kilomètres de Nouméa, pour travailler aux rues de la ville et faire les trottoirs. Dans la même année, les transportés du camp de l'Orphelinat ouvraient la route de Nouméa à l'anse Vata. Vers la même époque, les transportés de la vallée des Colons perçaient la route du camp k celle du pont des Français.

De 1868 à 1870, les convois de transportés se succèdent avec rapidité, et l'effectif, au 31 décembre 1870, s'élevait, en Nouvelle-Calédonie, à 2,608 transportés, 8 femmes comprises.

Vers la fin de 1869, les camps de Tonghoué

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et de la Dumbéa étaient formés pour continuer la route de Païta. En 1870, pour occuper les transportés plutôt que pour défendre l'Ile Nou et les pusses de la rade de Nouméa, on construisit les batteries de l'ile-aux- Lapins, de la Pointe-Sud, de la Pointe-Lambert et de la Vacherie.

En 1871, les envois de déportés politiques étant annoncés, il fallut s'occuper de leur installation; on forma des camps à la presqu'île Ducos et à l'Ile des Pins. On s'occupa d'abord d'organiser la presqu'île Ducos, destinée k la déportation dans une enceinte fortifiée ; un détachement de 200 transportés y fut établi pour la construction du camp et des roules. Lorsque les déportés politiques arrivèrent k la presqu'île Ducos le 29 septembre 1872, tout n'étant pas terminé, les transportés continuèrent les habitations et la route de ceinture de la presqu'île, qu'ils terminèrent en 1874 seulement. A l'île des Pins, les travaux suivirent à peu près la même marche, et des transportés y restèrent aussi jusqu'en 1874. Depuis cette époque, les transportés sont rentrés au pénitencierdépôt.

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TABLEAU STATISTIQUE DES TRANSPORTES DIRIGES SUR LA NOUVET.I,IÎ-CAtÉDONlR DKPUIS Lli 2 JANVIER 1864 JUSQU'AU ]« OCTOBRE 1875.

Effectif des Convois .arrivés dans la colonie ....:....

A déduire sur ce nombre :

Morts, rapatriés, etc

Effectif au 1« octobre 1875 , .

Sont compris dans ce chiffre :

Evadés disparus \ f.n. c<?urs âe ?eme "

r ( Libères 17

Ueste au l« octobre 18'5

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